Skip to main content

Full text of "Batailles navales de la France"

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



BATAILLES NAVALES 



LA FRANGE 




Paiii. — Impriaé par B. Tnmor «l C*, nit latlat, t6. 



BATAILLES NAVALES 



LA FRANCE 



O TROUDE 



P.. P. LEVOT 

Gomi|>aad(M Ja «lakltn i* riiiitnctHa pikUfM pmr la li 



TOUB PRBMIBR 



PARIS 
CHAUAMEL AINE, EDITEUR 



Tu 3U,n 







AVAKT-PROPOS. 



Depuis vingt-cinq aas que je me livre à des Iravani 
coDcernant notre histoire maritime, j*ai, dans une foule 
de circonstances, recouru à l'assistance de H. Troude, 
sans qui je n'aurais que trop souvent encouru le re- 
proche mérité d'inexactitude. Ce que je lui dois, je 
me suis fait un devoir et un plaisir de le proclamer 
dans les Euaù de biographie maritime, dans la Bio- 
graphie bretonne, et dans toutes les occasions où il m'a 
été donné de loi témoigner ma reconnaissance. Tout 
récemment encore, lorsque H. Doneaud et moi Dout 
avons publié les Gloiret maritimes, mon collalKirateur 
s'est associé aux témoignages de gratitude justement 
inspirés par les communications que nous avions ob- 
tenues de M. Troude dans le cours de notre travail. 

Hais quelque nombreuses et étendues qu'aient été 




▼I AVANT-PROPOS. 

ces diverses communications, elles ne forment que les 
fragments, sans liaison entre eux, d*un vaste travail 
d*ensemble dont la publication était d*autant plus dé- 
sirable qu*il manque à la France. Bien des écrivains 
ont tentée il est vrai, de se faire les historiens de la 
Bfarine; mais ou les uns n*étaient pas marins, ou ceux 
qui l'étaient D'avaient traité que certaines périodes ou 
même quelques épisodes de nos guerres maritimes. Un 
travail complet était à faire, M. Troude l'a fait. Cédant 
enfin à mes instances réitérées, il a consenti à le pu- 
blier et m'a adressé dans ce but la lettre suivante 
accompagnée de son manuscrit : 

a Mon cher monsieur Levot, vous m*avez entretenu 
a de votrç projet de vouç occuper d'uo ouvrage sur 
« les combats de mer, dans le geqre de celui que le 
« contre-amiral Kerguelen a publié en 1796, mais sur 
« une plus large échelle. Plusieurs fois vous avez eu la 
« boBté de parier, dans vos écrits, d'un travail auquel, 
a pendant plus de vingt ans, j'ai consacré tous les 
« loisirs que me laissait le service. Je vous offre ce 
n résultat de ipes études, Et si vous ne craignez pas 
a d'attacher votre nom à un ouvragei que vous eou- 
«•naissez en partie, je vous autorise à faire tel usage 
« qu'il vous conviendra de mes Batailles navales^ que 
« des circonstances douloureuses et, par suite, des 
c< obligations nouvelles, m'ont fait enfouir dans un 
€ carton. 

J'ai usé avec d'autant plus d'empresieroeot de la li- 



AVâMT-PKOPOS. VII 

b«rlé que m'accordait M. Troude, qu'entre lui et moi 
il ) a une commuDaulé complète de seulimeots et d'o- 
pinioDs quant aux appréciations et aux jugements que 
suggèrent les foits, et qu'en ce qui concerne les récits 
de l'auteur, ils m'inspirent, comme ils inspireront au 
lecteur lui-même, une parfaite sécuritt^, puisés qu'ils 
sont à des documents irrécusables, les rapports des 
commandants en chef eldesofliciers stiusleursordres 
pour les combats généraux, et pour les combats iso- 
lés, dans ceux des officiers qui les ont livi-és ou sou- 
tenus. Ces sources d'informations n'ont pas seules été 
consultées; M. Tniude les acomparées aux relations 
anglaises, les a contrôlées les unes par les autres, les 
a réciproquement reproduites ou anaylsées quand le 
sujet le commandait, cl a ainsi fourni aux hommes 
du métier les moyens do se former une opinion rai- 
sonnée. Le plan de l'ouvrage est le même que celui 
de l'Histoire natale if Angleterre par William James ; 
il a été adopté en vue de faciliter le contnMe de cet 
ouvrage et de signaler les erreurs trop souvent volon- 
taires commises par son auteur au préjudice de la Ma- 
rine française. La précision du récit n'exclut chez 
l'auteur des Batailles navales ni l.t \iguour du style ni 
la netteté et l'impartialité des jugements qu'il est ap> 
pelé à formuler. It est de tous points celui qui convient 
à la nature du sujet, et il eût été téméraire à moi d'y 
apporter la moindre modilicalion, re que je n'avais 
d'ailleurs ni le droit ni le désir de faire. 

L'uuvrage est donc exclusivement l'œuvre de 




VIII AVANT-PROPOS. 

M. Troude, etjen ai eu qu'à m'occuper des soins ma- 
tériels de sa publication. Mais quelque modeste qu'ait 
été mon concours, il a été pour moi une cause de satis- 
faction puisqu'il avait pour résultat de m*offrir une 
nouvelle occasion de témoigner mes sympathies à 
l'auteur et de procurer à la Marine française This- 
toire de ses fastes militaires écrite par un homme com- 
pétent, 

P. Levot. 



PRINCrWUX OUVRAGES CONSULTRS. 



« (Jmb <■'). — Ckraiiqaw. 

I [Robert f). — IliiloriaEriwardi Ut. 
BitTWM. — Vaial idiI militarj nKDuir* ot (imt Bnltin 
Biircjkiu. — K«nim Rallicanun conmiaUn*. 
BtixAT (di). — Utmoint- 
Bwuut. — Tb« Daval bialorr <>' Brilain. 
Bkro.i. — Huloire d« la diplonalia. 
Bonmtii (de). — Itialoirr génaralF da la nurior. 
Boocn. — Charofnpbia el d«>cnpl)On da la Proi(Br«. 
BaAiDT (Ctrard). — La \it it Hirb«l dr Hurtcr. 
Pai'i. — Hulotn da la marine IraoraiM. Part da Toslan. 
BnrjHTT 'Jaaiaa). — lli«lorr nt Ibc mMl rrBarLaUa lrani«rlinn- .1 
Cimntu. (Jaha). — l.ii» ol Ibc l)rili*h 44BiiraU. 
CAituvi (GirsIaMo). — Emniai dr bonbardicn. 
CttxVKtoi. — Hittarj et manir iRhilFCtart 
Cutii aad M'Atnca. — Litt af NcIm*. 
Cuici. — A mHbodiral ««mt an ibr «aial tartkkt. 
Conm (Aim). — AaM-CeMaas* poifhTraftaii». 
Cl xiT (Cb.). — Hiiloirr da bailli d« Saflna 
Dtiiii (I* P.). — RiMwrr it la nilirt traDraiM. 
|>i»nK. — HitUira U* aipédilioai sanlia»* dti Caalai* norman 
DnanL aO MoKitc. — EUacat* d'artbilMlaia Daiaia. 
Dmu* (Haïkiavl. — Prwit hiitariqae det »TtaaM«aU p>1i1iqar<, 
Drn* (r^ariaa). — Voyafe daat la Craada BrataKae. 
EsiK* (a). — TiM aatal baUlM ol iirtal tlriUin 
Kinui. — DicliMMir* FM(raplii<|«r, birlonqM «1 faliliqiK dr^ *i 

laPtSMa- 
Foi-aiiaalbp.). - HrdracraptiH- 



lit un (l-aea). — Holoirrdr la Banar 
iiltiNiapt*. — Hi'Iatrr dr* tnarm d'il 




X PHiNCIPAUX OUVRAGES CONSULTÉS. 

HKHiNcroRD (Walter). — Hisiorit de rebu8 gestis Edoutrdi 1, II, 111. 

Jal (A.). -^ Archiologie natale. 

Jambs (William). — The naral history of Great Britâin. 

Jamk8. — Natal arcbitectare. — Military dictionary. 

JuaiKN DC Lacbaviébe. — Guerres maritimes de la France sous la Répablique 
et l'Empire. 

KiFnviT. — Compleat history of England. 

Lapitbouse (de). — Histoire de la marine fruiçaise. 

Leboucheb (0.). — Histoire de la guerre de l'indépindaBce des Et«t»->UBis 

Lediaro (Th.). — The naval history of England. 

IIaissin. — Etades historiques sur la marine militaire. 

Mabtiii (H.). — Histoire de Fraoco. 

Mémoibes de Toonrille. 

— Forbin. 

— Dnguay-Troain. 

— Jointille. 

— Villette-Mnrsay. 
MoNsoN (William). — Naral tracts. 
PA5TEBA (Pantero). — Armata natale. 
Pabis mathew), — History of Eigland. 

PiETRO (Dominique de). — Voyago historique en Egypte. 

Poi'GET (le comte). — Précis historique de la fie et des campagnes du tice-ami- 
ral Martin. 

Qi'i5CT (Setin de). — Histoire militaire du règne de Louis XIV. 

Recueil historique et chronologique des faits ménorablos, ele. 

RmtRE (Henri). ~ Histoira de la flurine française sous Louis XV. 

SaoLLET (Toh.). — A complète history of EofUnd. 

SrE (E.). — Histoire de la BMrine française. 

TiLLET. — Rtcuoil 4m traités. 

Vie pritée de Louis XV. 

ViLLAHi. — Storio fioroBtine. 

WalsiAKHAU (Th.). — Vpodigroa Neu»ln«r, etc. 



INTRODUCTION. 



C'mi Qoe cbose digne de remarque qoe, dans le nombre 
des hisioires de la marine qui ont été publiées depuis une 
TiDgiaine d'années, il n'y en a pas ane seule qui ait été 
écrite pour la classe la plus intéressée à connaître le détail 
des faits, pour la marine proprement dite (1). L'aridilé du 
sujet a probablement effrayé les uns, tandis que ta difG- 
cullé des recherches aura rebuté les autres. C'est cette 
lacune que j'ai entrepris de combler. Toulerois, je m'em- 
presse de le dire, ce n'est pas une bistoire de ta marine 
que j'ai écrite; ce travail, tel que je l'entends, était au- 
dessus de mes forees ; je n'en donne qu'un démembrement. 
Sous le titre de Balaillet navale$ de la 'Frantt, je décris 



(Il J* data (lir* ■■• «icipiiM «a faïaïf 4m Gtttrr*! maritimei mw 'a 
Ml^li^^ rt fEmfiirr f« aal Ité Mntai «tm aUul *• ftttittt ^i 4'é 
ffiM* fi \t t«f»ma« da MfiaUa, antpard'tai nra-iKînl. Jartta da la 
CimtN. 




2 INTRODUCTION. 

les batailles navales et les combats particuliers qui ont été 
livrés depuis la création d'une marine de TÉtat jusqu'à la 
dernière guerre avec la Russie. 

Ayant écrit surtout pour les marins, je me suis naturel- 
lement placé au point de vue tactique. Non cependant, 
qu'à rinstar de Clerck (1) ou d'Ekins (2), j'aie fait une 
tactique dont les règles sont appuyées sur des exemples 
empruntés aux guerres maritimes. Par point de vue tac- 
tique, j'entends une description faite de telle sorte que 
tout homme compétent puisse suivre chacun des combat- 
tants pendant la durée du combat et apprécier sa manœu- 
vre. Cette description n'était possible, on doit le compren- 
dre* qu'en langage maritime. 

Pour arriver à ce degré de clarté et de précision que 
je me suis efforcé d'atteindre, j'ai pris les bâtiments isolés, 
les divisions et les escadres à leur sortie du port, et, après 
avoir fait connaître leur mission, j'ai décrit le combat ou la 
bataille qui était le but ou qui a été la conséquence de leur 
sortie; enfin, j'ai suivi ces escadres, ces divisions et ces 
bâtiments isolés jusqu'à leur rentrée au port. Toutefois, 
l'exécution de ce plan n'a été possible qu'à partir de l'épo- 
que où les archives de la marine m'ont donné les docu- 
ments qui m'étaient nécessaires, c'est-à-dire non-seulement 
les rapports des capitaines, mais encore des rapports 
circonstanciés. 

Contrairement au mode suivi par mes devanciers qui se 
sont plus ou moins préoccupés de faire prévaloir leur opi- 
nion, je me suis borné, sauf quelques rares exceptions, à 
relater sans faire de commentaires (3). Je crois être entré 



(t) Essai méthodique sur la tactique navale. 
{%) The naval baltles of Great-Britain, 

(S) Je parUge eotièremeot, sur f point, TopiDi^o de M. E. Sue. deasTilu* 
toire de la mari fie duquel oo lit : « Je doit déclarer que j'ai répadié toute ap • 



IffTRODUCTION. 3 

dus assex de détails et avoir assez précisé les faits pour 
que chacun paisse juger arec parfaite connaissance de 
cause. J'ai laissé à chacun son libre arbitre. Il m'a semblé 
qa*eD mariae on ne saurait agir avec trop de discrétion 
lorsqu'il faut porter on jugement sur une alTaire qui, sou- 
vent, a été conduite par plusieurs personnes. I/idëe du 
chef, enlevé par un boulet, peut n'avoir pas été connue, 
ou avoir été mal saisie par l'oflicier que le sort a appelé i 
lui succéder. Ce qui devait d'abord donner la victoire oc- 
casionne alors une défaite, et. sans connaître le^ intentions 
du commandant au moment où il a été abattu de son banc 
de quart, on dit : a Tel n'eût pas été le résultat si on eût 
fait telle manœuvre. » D'autre part, il est évident qu'on 
amiral n'est que la tête d'une escadre et qu'il ne lui est pas 
toujours possible, ainsi que cela a lieu sur terre, d'em- 
ployer les divers membres de cette escadre à l'accoaipliR- 
sèment de son œuvre. Si, dans les guerres continentales, 
il est parfois arrivé que quelque corps d'armée n'ait pas 
rallié i temps le centre des opération», ou n'ait pu le faire, 
combien cela n'a-t~il pas dû ^e présenter plus souvent sur 
mer, où le commandaot en chef doit se servir des hommes 
et des éléments I 

Les récits qu'on lira ont été empruntés à des documenta 
puisés aux sources les plus authentiques. Cependant ces 
documents m' ont parfois manqué, et il m'a fallu avoir re- 
cours, mais trés-exceptionnellement, aux ouvrages qui me 
permettaient de combler c«s lacunes. 

Un dernier mot. Je l'ai déjà dit, le lecteur trouvera ici 
moins on livre à lire tout d'une haleine qu'un ouvrage à 



frttuUoB iRditidatlt* coamt l'i*"' auroM tiliai pmbaal* il fonliit. en 
c*U ^«'«llf fcit Hn alte par q*i tcoI la bi*(. Auii |e craii ^aa l'buloirt dail 
ttra laW d'ulita, timùt da r»uaaDe>i*al,caraa paal louiMn aiir ViMlanlt 
du rwaMMMMi tl il «M tafaMiM* d« awr l'aOoniè d'aa tut. ■ 




4 INTRODUCTION. 

consulter. Aussi m'a-t-il paru uécessaire d'adopter une 
classification qui rendit les recherches faciles. Dans ce 
but, j'ai classé les combats en trois grandes divisions, par 
année et par ordre chronologique. La première division 
contient les batailles, la deuxième les combats isolés et U 
dernière tous les épisodes qui se rapportent aux colonies. 
Dans chacune de ces divisions, les faits sont eux-mêmes 
groupés par mers : mers du Nord, Océan Atlantique, Mé* 
diterranée, mers d'Amérique, et mers des Indes et de 
Chine (1). 

Afin de rendre facile la lecture des combats et surtout 
de batailles dans lesquels le nombre des combattants est 
souvent très-grand, et de permettre de reconnaître à pre* 
mière vue la nationalité des bâtiments portant parfois le 
même nom, j'ai indiqué la qualité de l'ennemi par une 
espèce particulière de caractères typographiques. Ainsi, 
alors que les noms des bâtiments français et des alliés de la 
France sont toujours écrits en italique^ ceux des bâtiments 
ennemis sont toujours aussi écrits en caractères dits petites 

CAPITALES. 

Quelques abréviations pour la désignation des ûres de 
vent autres que les quatre points cardinaux ont été adoptées : 
N.-E. signifie nord-est, N.-O. signifie nord-ouest, S.-E. est 
mis pour sud-est et S.-O pour sud-ouest. 

Enfin, des personnes peu familiarisées avec la langue 
anglaise trouveront peut-être étrange que j'aie supprimé 
daos la désignation des bâtiments de la marine britannique 
l'article qui précède les noms des bâtiments anglais. En 
cela, je me suis conformé à l'usage suivi par les Anglais, 



(1) En ▼«• d'tider, de pins es ptoi, à la facilité das recherchât, j'ai placé, 
eo tète de chaqoe page, qb litre conrast iadiqoaat la aatim det opérations 
mantiiDes que j'y raconte, et l'annéo où elles ont es lies. 



INTRODUCTIOH. B 

usage qui, d'ailleurs, se généralise roaiotenant en France 
quand il s'agit des bâtiments des autres nations. 

Il n'est guère possible de juger du résultat et du mé- 
rite d'un combat, à les forces des bâtiments qui out corn- 
battu n'ont pas été d'abord parfaitement établies et si l'on 
ne connaît pas la nature de leurs avaries et le nombre des 
tués et des blessés. Deux choses constituent la force d'un 
bâtiment : l' effectif de son équipage, le nombre et l'espèce 
de ses canons. En temps de paix et conséquemment dans 
les circonstances les plus favorables, il est rare qu'un bâti- 
ment prenne la mer avec son effectif réglementaire; les tadpi- 
tanx retiennent toujours quelques bommes. Si à cette cause 
on ajoute celles qui sont la conséquence naturelle de l'état 
de guerre, c'est-à-dire la pénurie des marins, l'obligation 
de donner des équipages aux prises, les pertes à la suite 
du combat, etc., on arrivera à une diminution d'effectif 
que les rdles de bord seuls pourraient faire connaître quand 
encore ils font exactement mention de ces mutations. Dans 
tous les cas, en admettant que ces divers mouvements 
pussent être connus pour l'un des combattants, cela n'est 
pas possible pour l'autre. Indiquer l'effectif réglementaire 
serait donc donner un document Inexact. J'ai préféré ne 
pas parler de cet élément de la force des bâtiments. Pour 
moi, la comparoJsou des forces consistera uniquement dans 
l'indication de l'artillerie de chaque bâUmeut. On trouvera 
plus loin les documents auxquels j'ai emprunté ces don- 
nées. L'exposé de la composition de l'artillerie n'est pas 
sans offrir de nombreuses difficultés. II est souvent arrivé, 
en effet, que l'armement réglementaire de telle ou telle 
classe de bâtiment a été modifié pour quelques-uns sans 
que pour cela le principe général ait été détruit; puis. 
l'introduction des carooades est venue jeter une perturba- 
tion d'autant plus grande dans la nomenclature que, pen- 




INTRODUCTION. 

iUuH lUuiiieurH aaoée9« elles ont été placées à titre d'essai 
un kd bàùuieat^ des deux marines de la France et de 
I Vi»gl^*^^'i*^i ^^^ lorsqu'elles devinrent réglementaires, on 
lie \oului pas les considérer comme des canons et elles ne 
vtKUtg^^t^i^^ en rien la classification. Les chiffres que je 
avuiuo ^nt toujours des nombres réels et non une quantité 
ticiive de canons. 

Je mentionne avec soin les avaries de chacun des com- 
Uavauts lorsqu'elles ont quelque importance, mais je aie 
iiuiM généralement abstenu de parler des tués et des bles- 
sés. Les documents que j'ai consultés sont tellement con- 
traiiictoires, qu'il m'a été impossible d'arriver à quelque 
chose de positif. Les bulletins se ressembl nt, qu'ils soient 
les comptes rendus d'une bataille entre deux armées de 
terre ou d'un combat sur mer, et l'on connaît la valeur d'un 
bulletin. Pour ne citer qu'un exemple : après la bataille 
irOuessant, en 1778, l'amiral anglais Keppel déclara cent 
trente- trois tués et trois cent soixante-treize blessés, tandis 
que les états dressés par les capitaines de son armée font 
monter à quatre cent quatre le chiffre des tués et à sept cent 
quatre-vingt-douze celui des blessés. 

Avant de donner les divers règlements qui ont régi 
l'artillerie des marines de la France et de l'Angleterre, il 
ne me semble pas sans intérêt d'exposer succinctement les 
progrès qu'a faits cette arme depuis son invention jusqu'à 
nos jours. 

On trouve la trace des premières armes à feu au com- 
mencement du XIV* siècle. Eu 1323, la ville de Metz en 
possédait plusieurs dont on se servit avec succès Tannée 
suivante (1). 



(1) J'empninte ces dèUil9 toi Études hisioriquet sur la marime da capi- 
taine de corvette K. Maissin. 
C'e.<«t à une cbroDique maoufcrite de la bibliolhèqoe d*Ëpiiial qae Poo doit 



INTHOUUCTION. 1 

Ces premières armes, destinées & lancer de petites 
balles, prirent le nom de eannei ou catiotu, et aussi de lear 
propriété de lancer un projectile, celui de ^ringaltes, 
d'où l'on a fait eipingoUt. On nommait celles de ces armes 
qui lançaient ded pierres, pierriirei ou pitrrieri. 

Ces canons, springalles ou pierriëres, se composaient do 
deux parties, la botte ou la culasse, dans laquelle se pla- 
çait la charge; la volée ou canon proprement dit, qui con- 
duisait le projectile. Ces deux parties étaient assemblées, 
au momeol du tir, au mof en de brides. Pour chaque tube, 
il y arait ordinairement deux boites dont l'une se char- 
geait pendant que l'autre tirait. Ces canons pesaient dt^ 
20 à SO kilogr., bien qu'ils ne Tussent pas destinés à tancer 
des projectiles de plus de quatre à la livre Ils étaient en- 
castrés dans un tréteau, ou montés sur une fourchette; 
il fallait deux hommes pour les manœuvrer. Ces armes 
étaient ea usage en Auvergne dès 1338. 

Malgré leur volume, ces canons étaient appelés cdnoru 
à main. En se perfectionnant, ils changèrent de dénomi- 
nation. Il y en eut où la culasse se vissait à la volée et 
dont le poids était d'environ 80 liv.; on les nomma ler- 
pentitui. Mais ceux dont on ût le plus d'usage éuient 
montés sur un fût de bois prolongé et furent nomméa ar- 
quebuses. On Ht successivement des canons en cuivre qui 
pesèrent AO, 00. HO et jusqu'à 'IW kilogr. ; mais ceux-ci 



tt r**Mifa«B«ii. Lm trcbifM d* Florttu foDi ■■•iioo d« tuftit ii ISM 

■. C«<iUMr Moral. d'Ary, * doaté, dl*t Mt \<.lrt htitnriquf lUr ta mai- * 
mm lit Couci^, de, rtBKicMBtiU prtoeat tôt «■ cmod p«rual «oa éalt 
WiKMp flu «■(>*■■•. C* uiDB ttl Ktof oai «1 ffl iMiTra ; Il eM uu« *bi 
UanllMi. Smw diuHtn * li iMocb* *>l i» tu ■lUimMn»; il ddul a<oi( 
f.M d* 1m|mv. Il pMta («tu iBMriipUoi : 

Fut la • Bin ISM. 
RmuI , . . r«i* . . , d* Cmc*. 
Ca tUM a M* inné du* «a fmtU t* l»l«. 




8 INTRODUCTION. 

cessèrent de faire partie des canons à main pour entrer 
dans la classe des bouches à feu destinées à lancer de 
grosses masses. 

On ne peut préciser l'époque à laquelle on se servit de 
la poudre pour lancer des projectiles d*nn gros volume. 
On suppose qu'une certaine quantité de poudre ayant été 
laissée dans un mortier où elle avait été triturée, et ayant 
été couverte d*une pierre, le feu se mit à la poudre par 
accident et lança la pierre. Ce qu'il y a de certsdn, c'est 
que les premières bouches à feu prirent le nom de mor* 
tiers et, en même temps, la forme évasée de cet instrument. 

Telles étaient les premières pièces d'artillerie qui por* 
taient le nom de mortiers^ de bombardes ou de vases à feu. 
On trouve qu'elles furent mises en usage, par les Génois 
d'abord en 1311, et en France en 1338 (1). 

Les bombardes se perfectionnèrent ; on diminua Téva- 
sement ; on allongea la pièce ; on rendit la chanibre cylin- 
drique ou du moins très-peu conique. En 1362, il y avait 
des bombardes dont le poids allait à 2,000 liv. ; en 1370, 
on en coula, à Augsbourg, qui lançaient des boulets de 
pierre de 60, 70, et 126 liv. 



(I) Voltaire Oa Tactique, satire) oe croit pas que l'osage de rartillerie re- 
mODte à une époque ao^si éloignée. 11 n'a pas foi dans du Drach, qai était tré- 
sorier des guerres en 1S58, et dans les comptes duquel, d'après Dacange, oa 
trouve la noie suifaote : À Henri Faumechon, pour avoir poudre et autres 
choses nécessaires aux canons devant Puisguiilaume, en Périgord. Voltaire 
fonde ses doutes sur ce qu'il n'y a pas eu de guerre en Périgord eo 1S58 et qu'il 
n*y afait pas de Puisguiilaume dans cetle partie de la France. Il existait un pe- 
tit hameau de ce nom dans le Bourbonnais, mais il n'avait pas de château. 

Plusieurs historiens français ayant assuré qu'il existait dans la fille d'Am- 
M berg. — haut Palatinat, -^ un canon fondu en ISOI, et que cette date était 
gravée sur la culasse, l'illustre philosophe fit écrire au gouTemeur de cêtta 
province pour être fixé à cet égard. Celui ci répondit qu'il y avait effectivement 
un canon, portant la date de 150t, sur le tombeau d'un fondeur Dommé Artia, 
mort eo 1501. Voltaire en conclut qu'on a fait 1301 de 1M)1. 

Il ne croit pas davantage que les Anglais se soient servis de canon à la ba- 
taille de Crécy, en lSi6, et à celle de Poitiers en 1S56. Les actes de la coor 
de Londres n'en font nulle mention et Voltaire obserre, avec raison, qie U 
chose avait une importance trop grande pour avoir été passée sont silence. 



INTRODUCTION. > 

liais le mouTement décisif pour l'amélioratioD dans la 
coDStrucUoQ des pi&ces d'artillerie ent liea à l'époque à 
laquelle on commenta à employer des métaux faûbles. Les 
premières armes que l'on coula d'une seule pièce furent 
des armes à maio. La forme générale et la couleur du mé- 
tal firent donner le nom de etmlevrine à cette arme nou- 
velle; on l'encastra dans un fût d'environ S pieds de 
longueur, et un seul homme put la manœuvrer. Elle pesait 
de 20 k 26 Ut. L'usage s'en répandît très-rapidement au 
commencement du xv* siècle. Bientôt on en augmenta les 
dimensions, et il fallut distinguer les coulemnes à mûn 
des grandes coulevrines. 

Avant que l'on fit usage de la foute, les premières 
bouches i feu étaient composées de pièces de fer soudées 
entre elles; on cerclait ces barresi'une contre l'autre et l'on 
augmentait parfois leur wlidité par un recouvrement de 
pièces brasèes par-dessus les cercles. 

Depuis l'emploi de la fonte, les pièces changèrent rapi- 
dement de formes. L'arme fut formée d'un seul cylindre 
et la pièce eut plus de longueur. Les bombardes, qui 
constituaient en quelque sorte la presque totalité des bou- 
ches i feu, furent alors remplacées peu à peu par ces nou- 
velles armes qui prirent le nom générique de canon. A 
cette époque parurent, ainsi que je l'ai dit, les coule- 
vrines auxquelles on donna quarante, cinquante et jus- 
qu'à doquante-huit calibres de longueur. 

C'est vers l'année 1387 que l'on trouve, sur l'Océan, le 
premier exemple de l'usage de l'artillerie, dans le combat 
livré par l'amiral Jean de Vicq au comte d'Arundel, à 
l'embouchure de la Tamise (1). Pan^ la Uéditerranée, 
l'usage en était antérieur; on s'en était servi dans un 



II; FrauMrt, Ckmu^w. 




*♦ INTRODUCTION. 

ctMubQil MYa) qui avait eu lieu en 1333, entre le bey de 
Tunb n le roi maure de Séville. Les Vénitiens en avaient 
1^1 u$9^ en 1380 (1 ) . Quoi qu'il en soit, ce n'est que vers 
U ;fBiKtMHi« moitié du xiv* siècle, sous le règne de Charles VI 
^W FnuKT, que l'on peut fixer avec quelque certitude 
Ti^l^tte à laquelle on a généralement commencé à faire 
u^M^^ai de l'artillerie sur mer. Suivant quelques dessins 
\\\\\ existent encore, les Anglais en avaient à bord de leurs 
navires, sous les règnes de Richard III et de Henri VII (2). 
A l>ord des nefs de haut bord, les pièces d'artillerie étaient 
placées sur le pont ou sur les châteaux, comme les an- 
ciennes machines qu'elles remplaçaient ; elles jetûent leurs 
projectiles en bombes par-dessus le bord. 

C'est à la France qu'était réservée la gloire de l'inven- 
tion des sabords. Tous les historiens s'accordent à dire 
que, vers les premières années du règne de Louis XII, le 
constructeur français Descharges pratiqua pour la pre- 
mière fois des sabords à un navire, la Charente^ qu'il fit 
construire en Bretagne. Suivant Jean d' Au ton (3), la Cha-- 
rente portait 200 pièces d'artillerie, dont li à roues, 
« tirant grosses pierres, boulets de fonte et boulets ser- 
pentines. » Mais, ainsi que le fait observer M. Maissin (A), 
un pareil navire ne doit pas être le premier auquel on eût 
tenté de pratiquer des ouvertures dans la muraille pour y 
placer des pièces d'artillerie. 

Le premier navire qui, en Angleterre, porta des sabords, 
fut le Henry Grâce de />t>u, qui fut construit à Edith 
en 1515. Il avait 2 batteries et paraît avoir porté 80 pièces 
d'artillerie de toutes les espèces connues-, 5A au plus 



(1) James, Military dictionary. 

(S) De l'aDDèe 1483 à 1509. 

(5) Chronique de Louis XII. 

(i) Eiudef historiques sur ta marine. 



uithoductiom. ii 

étaient au sabord ; les autres étaient placées sur une plate- 
forme à l'avaDt et à l'arrière. 

Lea pièces d'artillerie n'étaient pas désigoées, à cette 
épofjue, par le poids du boulet; cela n'était pas possible, 
les boulets n'étant pas tous faits de la même matière. Les 
uns étaient eo fer, les autres en pierre, quelques-uns en 
plomb, tous corps d'une pesanteur spécifique différente. 
Il parait qu'on se servait aussi quelquefois de boulets en 
fer creux remplis de matières combustibles (1). Les ca- 
nons étaient désignés par des noms de convention qui 
n'indiquent rien, quant à leur calibre. Voici une liste 
dressée par le trésorier anglais W. Honaon qui vivait sous 
le régne d'Êlisabetb. 



•tiiauTimi. 


Buanmi 
daU 

.B poacu. 


M1M 

d*ia 


KM 
dB bMlBt 


MIttI 

daU 
thtrf 
d. ■»»!». 




CuoB r.r»l 


• il* 
» 

T 
7 

«S/i 

• 
s 

î'" 

t 

S m 
s rt 

« i/« 

t 
1 il» 


«.000 
e.DOD 
SJOO 
(.500 
i.OOO 
t.OM 
(.000 

(.aoo 
s. «M 
s.aoo 

1.400 

MO 
SOO 

MO 
SOO 


M 

W 
Ul/t 

(1 

» t/1 

M 1,1 
IS 

n !■« 
* 1 1 

i 
s l,f 

( 
1 1/ï 

S( 

1.1 


SO 
17 

«S 

IR 
l( 
10 
11 

% 
i S t 

S t/a 

ï 11 
s 
1 M 




CaBoa MrprntiB* 

BatUrd casoB OB canoa VII 

l»ï«i-(aBûB 

CaBDB Ptlro. . 








Orni.cal.tha 

Battarl nlitrio 





























Eu Fruice, en 1572, Charles IX réduisit aux suivants 
les calibres de canon qui existaient aulérieuremeot (2) : 




i% 



INTRODUCTION. 



DtSICHAnOH. 



Canons de siège 

Grande couleTrine 

CoaleTTÎne b&tarde. . 

CoaleTrine moyenne 

Faucon 

Fauconneau 



POIDS 
da 

boulet 
en lirres 
angliÏMf. 



SS 1/f 

16 l/t 

7 i/% 

1 1/i 



roios 
de U 
pièce. 



S.700 

1.850 

800 

050 

S50 



LOHCOBiri 

de lapièee 

en pieds. 



lore» 

11 

9 e 

8 e 

7 e 

e 



La charge égalait les deux tiers du poids da boulet pour 
les canons , la moitié et quelquefois plus pour les conle- 
vrines. 

Les nomenclatures antérieures faisdent mention de 6a- 
silics , de carthaunes , de trois espèces de chanteuses ou 
siffleuses^ de serpentines^ de trois espèces de mortiers, 
quatre espèces de pierriers, etc. 

Le nombre des pièces d'artillerie des navires augmenta 
rapidement après l'invention des sabords; il n'était plus 
rare d'en compter 60 et 70, dont un tiers de gros calibre. 
Les armements en artillerie étdent d'ailleurs fort irrégu- 
liers et différaient, non-seulement selon la grandeur des 
navires, mais encore suivant l'opinion des capitaines. 
Beaucoup d'officiers pensaient que toutes les pièces devûent 
être sur le pont, parce que celles qui étaient placées en 
dessous tourmentaient le vidsseau par suite du défaut 
d'air, et que d'ailleurs elles l'encombraient (1). 

Voici comment Pantero Pantera, dans son Traité sur les 
naves de la fin du seizième siècle^ décrit la distribution de 
TarUllerie (2). 



(1) Maissin, Études historique* sur la marine, 
(S) Jal, Ârc'éologie navale. 



INTBODUCTIOCt 13 

m Sur le pont des galions ei des naves, on place 20 pièces 

« d'artillerie, savoir : 2 coiileuvriDes ou 2 canons de 

• 60 livres de fer, chaque boulet, de l'un et de l'autre 

■ c6të du gouTemail; à l'avant, de chaque cdté, 2 pièces 
« semblables et, de chaque c6té, au milieu, dans la partie 
M la plus large du pont, encore 2 pièces semblables, de 
I chaque cdté. Depuis ces canons jusqu'à la poupe, 2 ca- 

■ DODS pierriers et deux autres, de chaque bord, jusqu'à 

■ l'avaot, sous le pont, on met au moins 12 autres pièces 

• dont 2 au milieu du navire, bien que quelques-uns pen- 
€ sent qu'à cause du bruit et des secousses qu'elles don- 
f nent au vùsseau, ces pièces doivent être seulement des 
« sacres, des sacres moyens ou autres semblables; néao- 

■ moins, il sera meilleur d'y placer des demi-couleuvrines 

■ et des demi-canons, parce que le lieu où ils sont situés 
<t leur donne un tir en ligne droite avantagetu. On met en 

■ outre, de chaque cAté, 2 canons pierriers en arrière des 

■ canons du milieu et 2 pareils en avanL En garnissant 
« ainsi le navire en dessus et en dessous du pont, un capi- 

■ taioe prudent aura sullisamment approvisionné d'artil- 

■ terie une nave ou un galion ordinaire. Uats, si te vaisseau 

■ te comporte, on pourra augmenter l'artillerie de beau- 
i> coup de pièces sur les côtés, et sur les châteaux d'avant 

■ et d'arrière, en plaçant sur chacun 6 ou 8 pierriers ou 

■ éméritlons, se regardant de cap en cap pour défendre le 

• pont, Urant de la poupe à la proue, comme font les ca- 

■ noQS des bastions pour défendre les courtines. ■ 

Voici l'éDumération des pièces d'artillerie que donne Gi- 
rolamo CaUneo dans ses Ettamini dt bombardier i : 1660, 
• Le mousquet porte une tulle d'une livre- 

■ Le raaconneaii. de S livres. 

■ Le faucon, de livres. 

■ Le sacre. t2 livres. 




U INTRODUCTION. 

u t*a2«i>ic» 1â livres. 

I. U canon. 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 100 livres. 

u U coulevrine, 14, 20, 30, 40, 50, 00, 70, 80 et 

100 Uvrea- 

u Le canon pierrier, de 20 à 250 livres. 
^ La demi-coulevrine renforcée, 25. 
« Le demi-canon, 30. 
\x Le quart de canon, 12. » 

Manilio Orlandi, artilleur romain, a aussi donné la liste 
den pièces les plus usitées de son temps, 1602 (1) . 

H L'émérillon est une pièce longue de 3P Op ; il porte une 
(I balle de 9 à 24 onces. 

(I Le mousquet, plus long, porte une balle de fer de 
« 2 livres environ. 

fc Le fauconneau, qui a en longueur trente fois le dia- 
(f mètre de son calibre, porte une balle de fer de 2 à 3 livres 
« et demie. 

« Le faucon, long comme 2S fois environ le diamètre de 
« son calibre, porte un boulet de 4 à 6 livres. 

(c Le sacre, long comme 28 fois la largeur de sa bouche, 
<c porte un boulet de 9 à 12 livres. 

« L'aspic, plus court que le sacre, a un boulet du même 
c poids. 

(( La demi-coulevrine ou coulevri nette, longue de 32 fois 
u son calibre, a un boulet de 12 1/2 à 30 livres. 

«La coulevrine, longue de 33 fois son calibre, a on 
u boulet de 20 à 50 livres. 

« Le canon, long de 17 à 22 fois son calibre, porte un 
« boulet de 20 à 100 livres. 

« Le canon double, moins long que le simple, porte un 
ff boulet de 120 livres. 

(!/ Jal, Archéologie navale. 



IHTRODUCTION. I» 

m Le plus court des caoons pierriers est long de 6 fois 

■ soa calibre environ et porte un boulet de pierre de 20 à 
I 100 livres. 

■ Les pierriers qui sont ouverts à la culasse sont longs 

■ comme 10 fois environ le diamètre de leur calibre, sans 

■ compter la partie où s'encastre la botte à charge. Ceux- 

■ là portent un boulet moindre que ceux des canons 

■ chambrés. Les pierriers cliarabrés en portent de moin- 

> dres aussi que les canons pierriers. Les pierriers ouverts 
K k la culasse s'appellent pierriers k mascolo ou à bottes. 

a 11 y a encore le passe-volant, long de AS il âO fois 
n le diamètre de sa bouche et ayant un boulet en fer de 

■ 6 livres; 

a Et le saute-Harlin, qui porte un boulet de h livres et 
<■ mesure, en longueur, 15 fois son calibre. » 
Enfin, d'après le P. Fournier (1). » les canons étaient 

■ des pièces longues et de fort calibre. Les coulevrines, 
des pièces longues, mais de moindre calibre ; c'est dans 

■ cette classe que se rangeaient les dragons, les basilics, 
X les couleuvres, les sacres et tes faucons. Les pierriers 
u étaient des pièces courtes et de gros calibre, avec les- 

> quelles on lançait des pierres, des clous, des chaînes, 

■ des grenades, des bombes même, car les mortiers étaient 
•I rangés parmi les pierriers. 

■ Le canon, double canon ou canon de batterie, était 

■ du calibre de il livres; il avait 10 pieds de long et le 
• diamètre de l'àme était du i)r(lr2' Il en existait aussi 
« quelques-uns du calibre de lii, 20, 2A et même 30. 

« La coulevrine, qui était un demi-caoon, portait un 

■ boulet de 10 livres; elle était longue de à 10 pieds. 

■ La coulevrine bâtarde avait S pieds de longueur; son 



« INTRODUCTION. 

* )««M pesait 8 liTies. La moTenne avait 7 1/2 et 8 pieds 

• «t lançait uo boulet de A livres. Le Taucon avait 7 pieds 
' de Itng; son boulet était de 2 livres. Le faacoDneaa 
< avait 6 pieds i,'2 et lançait des balles de 1 livre. 

N Les canons et les coulevrines étaient montés sur des 
■ affûts & deux roues; les pierres étaient sur des cbe- 
« valets. ■ 

La force des b&UmeDts augmenta en raison des progrès 
it l'art de la construcUon. En 1661 , il y avait en France 
trus rangs de vaisseaux : 

Ceux do 1" rang portaient de 60 à 70 canons, 
2' rang 40 à 50 

3' rang 30 & hO 

I^ projectiles en usage étaient : le boulet rond formé 
de deox demi-globes joints ensemble; le boulet à deux 
têtes, qui coosistait en deux demi-globes fixés aux extré- 
mités d'une barre de fer ; le boulet à chaîne, qui ne dilTé- 
nit du dernier qu'en ce que, au lieu d'être fixés aux ex- 
trànités d'une barre, les deux demi-globes étaient attachés 
1 une chaîne. Enfin, les paquets de fer consistaient en 
morceaux de fer carrés liés ensemble. 

Le règlement du h juillet 1670, sur la construction des 
vûsseaux, donne une idée exacte de ce qu'étaient les bi-*' 
tioients de guerre & cette époque. 

• Les navires de premier rang, qui portent 70 pièces de 
u canon et au dessus, jusqu'à six-vingts, dit ce règlement, 
i< auront trois ponts entiers et non coupés; et dans leur 
u château de poupe, deux chambres l'une sur l'autre, sa- 
« voir, celle des volontures et celle du capitùoe, outre la 
« s^nle-barbe et la dunette, laquelle suivra le couronne- 
« ment et tenture dudit navire. 

■ U sera observé que les navires soient régulièrement 
■ percés dans les chambres pour y tenir autant de canons 



INTRODUCTION. 17 

€ qu'il coDvient, aQa que la hanche et te derrière soient 

• bien armés. 

tt Les sabords sont grands, ouverts et taillés en embra- 
<• sures, particulièrement à la hanche et h l'épaule du vais* 

■ seau, et la distance de l'un à l'autre sera de 7 pieds. 

a Les navires du second rang, de 56 à 70 pièces de 
« canon, auront leurs trois ponts entiers ou le troisième 

■ coupé (1), et dans leur château de poupe, les mêmes 
> chambres outre la sainte-barbe et la dunette, de lon- 

■ gueurs proportionnées à la grandeur du vaisseau, obser- 

< vant pour tes sabords ce qui a été dit ès-articles précé- 

■ dents. 

■ Les navires du troisième rang, de AO à 60 pièces de 

■ canon, seront construits, à l'avenir, avec deux ponis 
«seulement et auront d.(n3 leur cbâtean de poupe, la 
« chambre du capitaine et la dunette au-dessus, laquelle 
a suivra la tonture du navire, ainsi qu'il est ci-dessus dit. 
>■ Le corps de garde courra jusqu'au cabestan, avec des 

■ galeries de cdté, pour monter i, la dunette et pour mettre 

■ la soldatesque en occasion de combat 

<i Les navires du quatrième rang, de 30 à AO pièces de 

■ canon, auront deux |>onts courant avant arrière. 

u Les navires du dernier rang, de 18 à 28 pièces de 

■ canon, auront deux ponts courant devant arrière; dans 

• leur chAteau de poupe, la chambre du capitaine, corps 

< de garde et dunette proportionnés à la grandeur du vais- 

• seau. 

■ Les frégates légères de 8 À it3 canons n'auront qu'un 

• lillac. Les plus grandes pourront avoir un petit château 

• sur l'avant. 




U\ INTRODUCTION. 

% U «iK% obmné dans tous les vaisseaux que la hauteur 
.V \iMj^ Utm^ el plats bords soit telle que les mousquetaires 
sk yMi»'jM<fiil tirar commodément par-dessus pour rendre leur 
N. ;«#i^kN^ Utile tt 

>^ viM» de parler de frégates pour la première fois. On 
là'^l pas bien fixé sur ce qu'était cette espèce de navire 
^l^'gji confondait souvent avec les vaisseaux du dernier 
mugi quelques-unes portaient jusqu'à 60 canons (1). Ce- 
ndant, en général, les frégates étaient des bâtiments 
\^n qui ne combattaient pas en ligne. La distinction pro- 
YMait plutôt de l'emploi que de la force du bâtiment Voici 
et) qu'en dit M. Maissin dans ses Études historiques : 

« On a vu que dans la marine à rames, on se servait de 
« petites galères qui portaient le nom de frégates, et que 
« ces bâtiments légers étaient employés dans toutes les cîr- 
« constances où il fallait plus de vitesse que de force : pour 
« éclairer la marche d'une flotte, porter des ordres et des 
t avis, etc. C'est par analogie d'usage que les navires à 
« voiles classés, pour la force, immédiatement après les 
a vaisseaux, reçurent le nom de frégates. Uo même motif 
« a fait, plus tard, donner le nom de brigs à des navires à 
« voiles dont l'usage fut analogue & celui des brigantios à 
a rames du moyen âge. » 

La classification des bâtiments de guerre fut de nouveau 
changée en 1683. Le tableau suivant donne la* répartition 
de l'artillerie. 



(1) Fotfiiier, Bfdrographû. 



INTRODUCTION. 



^■H^^ 


^^ 


i~ 


r 


1* 








TAU8BAV. 










évattau. 








Htmii. 


umut- 


lATTUU. 












Cww. 


Ctuu. 


CUMU. 


ClBOO*. 


BôaiDM. 








MdaM 


Itl* Il 


tidtii 


tiiii 


lOM 








M M 


Il II 




Il t 


IN 






IM 


U M 


u II 


n 1 




MM 






M 




tl II 


t« I 










M 


tl M 


u 11 


t« 1 


Il 1 


TM 




' "M- ■ 




tl M 


u II 


M 1 




7M 






M 




tl II 


M I 




•H 






H 


M M 


Il II 




1 I 


•M 






li 


« |î! 


1« Il 


» 1 


* « 


ni 






T( 


» M 


n II 




u 1 


4M 










tl II 






«M 




r>u|.. . 


U 


M 14 


u 11 














M M 


u 11 












M 




M It 




1* 1 


IW 






M 


» îi 


U II 




l« 1 


M« 






M 


" S 


" t'! 




Il • 


)H 




r^i... 


W 


" 1!! 


» 1'! 




1 1 


m 






H 


" \" 


u l'J 




1 t 


tt« 






M 


SI ■• 


SI • 




« • 


lU 






W 


M 11 


M 1 




« « 


tu 




*•!!■■.. . 


M 


te M 
toî » 


10 1 

11 * 






IM 

lt« 






M 


Il 1 


Il • 






IM 




l*nat.. . 


M 

tl 

W 


H 1 

n * 

t* 4 


":* 






110 




Prtni»-- 


tl 


t» 1 
Il 4 








'ÎJ 





L'année 1768 vit une nouvelle classification des bâti- 
ments de gaem français, qui restèrent cependant divisés 
en cinq rangs : 

(ll« cuou, l.tSO hewRM l*qaipi|o. 
IM - t,«N — 

M MO — 

) " — U» 




A* rtng, 



50 canons, 500 hommei d*éqaipige. 

46 i70 — 

40 850 — 

5S 180 — 

50 170 — 



20 INTRODUCTION. 

■I 

y rang, J 

Les vaisseaux de premier rang avaient trois ponts et trois 
batteries ; ceux de 50 à 90 canons deux ponts et deux bat- 
teries ', ceux de AO à 50 canons, qu'on appelât aussi fré- 
gates^ avaient deux ponts et deux batteries (1) ; les frégates 
de 30 à 32 canons avaient deux ponts et une seule batterie ; 
celles de 28 canons avaient aussi deux ponts; il n'y avait 
que à canons de chaque bord sur le premier. Cette espèce 
de frégate fut bientôt abandonnée et remplacée par une 
autre de même force, avec un seul pont. Les frégates de 
22 à 2à canons n'avaient qu'une batterie. 

Les bâtiments au-dessous de 20 canons étaient appelés 
corvettes; il y en avait de 16 et de 12 canons de à. 

L'ordonnance de 1765 modifia encore cette classification . 









Vajsfeau de 116 canons. 

100 

90 

80 

74 


!*• lArmu. 


t* BAmaiB. 3* lATTiau. 

1 


gAlIAâiM. 


sr de 56 
5i 56 
50 56 

50 56 

S8 56 


S4« de S4 
54 U 
50 U 

»^ ir. 

30 18 


54<de U 
54 11 
50 11 


16* de 8 

m 
» 

16 • 


64 ~ 


S6 i4 


" lis 




10 6 


50 


14 ^ 

'* 18 


i6 11 




» 


Frégate de 50 


*• 8 


♦ lî 




a 


Si 

iO 


S4 8 






» 


Corrette de 16 

li 


16 6 
IS 4 






» 
m 



Quelques années plus tard y en 1776, un nouveau règle- 
ment vint changer cette classification. Enfin, en 1779, on ré- 



I Duhamel do Monceau, PAémentf de t* architecture navale. 



INTRODUCTION. SI 

duisit à quatre les rsDgs des vaisseaoz, et i deux ceux des 
frégates et des corvettes. Oo vit cependant pendant long- 
temps encore des b&timents ancien modèle. Voici, du reste, 
la oomenclature des b&timeDts dont on se servit encore : 







." 


r 


I* 






TllMMld*. 


ClDODt. 

M 
M 


«™«. 


urm». 


""»" 


'*■-*-■ 


toonuo. 


Ciuu. 

M H 
M U 
W H 
10 M 


aMu. 

5'!! 

» 14 

M 14 

n u 


Cuwu. 

Il tt 

M 11 


ClIUHU. 

i«d« ■ 
u ' ■ 

11 1 


Hsnuui. 
lU» 

IIM 




to 


U U 


» t" 




Il 1 


»4« 




u 
u 

M 
M 


» M 

S i*. 

I* 14 
U U 


N 'h 
Il II 

M 11 
U 11 




1» 1 
Il > 


-M 

fit 






" !" 


M 11 








yr4ttt* 4». . 


M 

n 

u 


M W 

lÎ! ri 






Il t 

'î!ti 
• Il 


«M 

iMoBiie 
Uï tu 


rwiMudt. 


H 
U 


14 4 

Il 1 








IID 



Un grand perfeclioanement fut apporté dans l'artillerie 
de la marina en 1782. Une dépêche du M juin prescrivit 
l'emploi des platines k silex; la mëcbe devint dès lors un 
moyen secondaire de mettre te fen aux canons. 

Le h janvier 1780, on réduisit le nombre des rangs des 
vaisseaux aux trots suivants : 



M 

Tt - 


,~m™. 


r uTmii. 


r».TTi»a. 


•tiuiu*. 




ir d*u 

u M 
tu u 


U' Il » 
M ■( 
U II 


SI- u 11 


■■• d* ■ 
la II 
» ■ 






22 INTRODUCTION. 

Le 8 octobre 1787, on fit un nouveau classement des bâ- 
timents des rangs inférieurs. 

Les frégates de SO canons de 8 prirent 281 hommes. 
_ 24 — 8 — 198 — 

Les corvettes de 20 canons de 6 prirent iZà hommes. 
_ 16 _ 6 — 115 ~ 

Les brigs de 16 canons reçurent 102 hommes. 

— 8 — 76 — 

— 4 — 61 — 

Les règlements de 1786 et 1787 sur la classification et 
l'armement des bâtiments de guerre françûs, continuè- 
rent à être en vigueur jusqu'à 1790. Cependant, en 1788, 
on mit 2 canons de plus sur les gaillards des vaisseaux, 
2 aussi de plus dans la batterie des frégates de premier 
rang et le même nombre sur les gaillards. 

En 1790, il fut arrêté qu'on ne construirait plus que 
trois espèces de vûsseaux : 118, 80 et 74 canons; il en 
restait encore 39 de l'ancienne construction. Les frégates 
furent réduites à deux rangs : 28 canons de 18 et 24 ca- 
nons de 12 en batterie. 

On s'écarta bientôt de la lettre de ces règlements» car, 
en 1798, nous trouvons la classification suivante : 





!»• 


V 


3* 






loaci 


»tSI6!«AT101l. 








6AILU11M 








lATTimiB. 


BATTHIB. 


lATniii. 








1 


Cuons 


Canons. 


Canoni. 


Ganûu. 






:VaiH«aa2dtlfOntMi. 


Stde36 


34dat4 


UdalS 


tOda 8 


4di3e(tj 


tt4 


1 110 — 


30 16 


3t 14 


3S «î 




4 l« 


114 


hO - 


10 U 


3t t4 




18 II 


6 36 


86 


74 — 


t8 M 


30 14 






4 36 


7t 


Fr«ffatot dt 40 - 


M 18 








4 36 


44 


U ~ 


te II 








4 36 


4t 


!• — 


t6 It 








4 36 


40 


St " 


U It 








4 U 


36 


U — 


t4 8 








6 36 


n 


(1) Ltt cirooadM 


étaient m hrooai. 


1 



l.^TBODtJCTlo^. u 

Le 12 février 170A, le comité de salut [tublic aiTÊU que 
les frégates de 28 canons de 18 ne porterueot que K pièces 
sur les gaillards. Ces frégates qui, en outre de leurs caro- 
nades, portaient &U c&noDS, furent donc réduites à S6, 
c'est-i-dire qu'oD leur retira autant de canons qu'on leur 
avait ajouté de caronades. 

En l79i, pour compenser l'iDrérioritô numérique de nos 
forces sur mer, la Convention prescrivit l'emploi de pro- 
jectiles ioceDdiaires; tes boulets rouges furent les premiers 
employés. Les fourneaux k rougir les boulets étaient à l'a- 
vant, dans l'entrepont. Il fallait une heure ou une heure et 
demie pour faire rougir un boulet de S6 à couleur cerise. 

I/expérience prouva qu'il n'y avait rien à attendre de 
cette innovation. En 1700, on démolit tous les foumeuix k 
bord des bâtiments et l'on n'employa le tir i boulets rouges 
que pour la défense des cdtes. 

Dans la vue d'augmenter la force de la marine sans aug- 
menter le nombre de ses bâtiments , le comité de salut 
public eut tout d'abord l'étonnante Idée d'agir en quelque 
sorte comme on l'avait fait lors de l'invention de l'artillerie;' 
c'est-â-dire d'en surcharger les navires. Cette application 
eut lieu principalement sur les bâtiments de rangs infé- 
rieurs. Ainsi, les corvettes de 12 canons de 12 en prirent 
A ou 8 de 24. La surchai^ qui en résulta et les avaries 
occasionnées par le tir de ces pièces firent revenir au règle- 
ment en juillet 170&. 

Un décret du 2& septembre 17M (S brumaire an IV) fixa 
romme il suit la force des équipages : 

Les vaisseaux de 118 canons prirent 1 ISO hommes. 

— 110 — 1070 — 

— 80 — 8«6 — 

— 74 — 70« — 




INTHODUCTION. 

^ ^^Mi^ portant du 18 reçurent 540 hommes. 
_ 12 _ 282 — 

^^^1^^ Ue 20 canons de 8 prirent 224 hommes. 
''^\. 24 — — 189 — 

20—6 — 142 — 
^ 18 — _ 125 — 

\s<^ brigs de 16 canons prirent 94 hommes. 
— 8 — 77 — 

_ 4 — 65 — 

4^ Il août 1799, il fut décidé que les yaisseaax de 
^\ ^H^nous prendraient 28 canons sur les gaillards au Uea 
^ IH. Quoique, par dépêche du 17 juin 1782, remploi 
^^ platines pour canons eût été ordonné daiis la marine, 
(vm «expériences et la fabrication marchèrent lentement, el 
i^^ fiit seulement le 22 mars 1802 que le boute-feu fat dé- 
lliillivement remplacé et devint un moyen auxiliaire. 

liien que l'usage descaronades fût devenu général dans 
lu marine anglaise, la France recula longtemps devantrem- 
ploi de cette arme; on se servait cependant de caronades 
en bronie, espèces d'obusiers placés, du reste, en fort 
petit nombre sur la dunette des vaisseaux et sur le pont 
des frégates. Un r^lement du 22 décembre 1804 (1** ni- 
vôse an Xlll) tout en maintenant les caronades en bronxe 
sur la dunette, ordonna remploi de caronades de 36 en fer, 
daiiS le rapport suivant : 

Les vaisseaux de 100 en prirent 14 à la place de 8 canons. 
Ceux de 80 et de 74 — 12 — 4 
Les frégates — 10 — 8 

Ou doit dire toutefois que, depuis 1799, quelques bâti- 
ments avaient des caronades à titre d'essaL 

Le 16 décembre 1805 (25 primaire an XIV) et le 13 
février 1800, parurent deux règlements sur Tarme- 




INTRODUCTION. «5 

ment des gaillards des bAtiments de la flotte. Le premier, 
qui prescrivait d'armer les corvettes et les brigs avec des 
caronades de 24, fut modifié, le 26 mars 1807, dans ce 
sens qu'on rendit aux brigs 2 canons de 8, et 2 de 12 
aux corvettes. Le second ordonna de placer sur les gail- 
lards des vaisseaux de 

118 canons 12 caronades de 36 et 1& canons de 8 

80 — 10 — de 36 et lA — de 12 

74 _ 10 — de 86 et 14 — de 8 

des frégates de 18 8 — de 36 et 8 — de 8 

Le 30 octobre 1807, la composition de l'artillerie des 
bâtiments de la flotte fut modifiée de nouveau. 



t 




I^^BSBK 








V* 


f 


3« 




MOBIIATIOII. 








4AtllAKH 




•Annri 


tATTClIl. 


lATTIttt 






Canon». 


Caocio». 


Canooi. 




;VAi.«Maid« ItO à IIOc. 


Hàêi^ 


34 de 14 


34d«ll 


Ile. de 1 et 11 car. d« II. 


— I»0 & fO 


31 34 


34 14 


34 11 


^ 


— »0 


30 34 


31 14 






UcdellellOcar. d«)«. 


- 74 


ts U 


30 IS 






14 r. da • et 10 cir. dt M. 


— 61 


H 14 


Il II 






10 c. de6. 


1 — so 


14 14 


U 11 






-1» 


[Fr^catcf pnrUnt éo l« 


1« Il 








• c. de • et t car. dt H. 


— 11. 


!• Il 








« c. de 1. 


CorffUtt àê U 










le. delletlf Car. d«14. 


1 — 19 










> le ~ 


— U 










- 14 — 


Ikift àA U 










~ 14 - 


iMm 










11 c. de 4. 


llo«i|rr««. . . ..... 










4 r. de 4. 


i^lùi*» 










10 c. de 1. 


GAluT«t 










14 c. de 6. 
Il c. de 4. 








B^ 



On s'aperçut bientôt que les gaillards des frégates 
étaient trop chargés avec des caronades de 36, et le 
6 août 181 9, les capitaines de la Clorinde et de la Benom- 
mèe obtinrent d'armer les gaillards avec 1 h caronades de 24 
et 2 canons de 8. Cette exception devint la règle, le 31 dé- 
cembre de la même année; cette disposition ne put cepen- 
dant être appliquée à toutes les frégates armées. 




2A INTRODUCTION. 

Le IS juin 1811, on arma quelques flûtes de la manière 
suivante : 

Cêllei dt 16 caooni de 8 prirent Si caronades de fi et t cmobs dt IS. 

— n - 80 t — it. 

- 16 — 14 S — t. 

Le 29 décembre 181 2, les canons de 18 remplacèrent les 
canons de 1 2 dans la troisième batterie des vaisseaux dei 18. 

Le lA janvier 181S, on remplaça 2 canons de 8 des 
vaisseaux de 7& par 2 caronades de 36. 

En mai 1817, on donna l'ordre de construire des fré- 
gates destinées à porter 30 canons de 2A, 2 de 12 et 18 ca- 
ronades de 36. L'eflectif de leur équipage éXaii fixé à i50 
hommes. Il n'en était encore sorti aucune des chantiers 
lorsque, le 13 juillet 1819, il fut décidé que leur artillerie 
serait augmentée de 8 caronades de 36, ce qui en fit des 
frégates de 58 bouches à feu. Leurs 2 canons de 12 furent 
remplacés par 2 de 18 et leur équipage fut élevé à 459 
hommes. 

A cette même époque du 13 juillet 1819, il fut aussi 
décidé que les vaisseaux de troisième rang, dits de 7i, 
prendraient 28 canons de 36, 30 de 2A, et 36 caronades 
de 36, soit 9A bouches à feu. Les vaisseaux dits de 80 en 
avaient 96. 

Cette manie de dissimuler la force réelle de Tartillerie 
des bâtiments avait gagné le ministère de la marine en 
France. Dès 1793, nous voyons que les caronades en 
bronze, dont le nombre allait jusqu'à 6 à bord de quel- 
ques bâtiments, ne sont pas comprises dans l'énumération 
des bouches à feu. Plus tard, les vaisseaux de 80 canons 
qui, de fait, en portaient 86, en prirent 10 de plus. Enfin, 
ii*à la fin de la guerre, et notamment à l'époque à la- 
1 rarona \ en fer furent introduites, la çlassifica- 
[a bien que le nombre réel des bouches à 

lifié. Aussi, pour éviter les recherches, pour 




INTRODUCTION. tl 

bien arrêter les idées sur la force réelle des combattaDts, 
ai-je abandonné la classification oflScielle pour désigner 
chaque bâtiment d'après le nombre des bouches à feu qu'il 
portait en réalité. De là la différence qu'on pourra remar- 
quer fréquemment entre les indications que je donne sur 
la force des b&timents et celles qu'on trouve dans les 
divers auteurs qui ont écrit sur la marine : à la fiction, j'ai 
substitué la vérité. 

Je dirai actuellement ce qui avait lieu dans la marine 
anglaise aux différentes époques que je viens de parcourir. 

La classification des bAtiments anglais, par rang, parut 
pour la première fois dans une liste dressée en i 626 par 
ordre de Charles I*' (1) . Il y avait six rangs, partagés cha- 
cun en plusieurs classes. Les vingt trois divisions qu'elle 
comprenait furent réduites comme il suit en 1616. La 
classification par canons ne fut adoptée qu'en i652. 



• 


ftArrtirt. 


r 


UTTimit. 


OAUXAIM. 


MmTTI. 


tOUtPAftU. 


Btailict 


Coolt- 

rrioM 

d« Il P. 


Caooiu 

dt • llT. 


1 ■■ 

Faicott- 

PtAOI 

dt5 P. 


Coalt- 

TrïBtt 

dt II P. 


HomoMt. 


1- rioff. 


M 
U 

14 

( 11 

DmdU 

euoot 

dt 11 liT. 


M 
M 
U 
14 

n 

Caooiit 
dt • liv. 


M 
M 
M 

14 
10 


14 
10 
11 

S 

• 


4 
1 

• 
• 
• 

Cédom 
dt ) Ut. 


815 
7)0 
040 
i 
400 


rruf. . . 


le 
14 


M 
14 


• 
• 


II 
à II 

à 10 

MioiMU 
dtSP. 


4 
1 


400 

no 


é'nat . . 


14 
11 
U 


It 

10 
II 


• 


10 
à 

4 

MiAkMM 

dt 4IM. 


• 
• 


110 

IftO 






FlOCAO- 

BAaos 

âêhf. 




t 


IM 


Vnmg, . . 




!• 


• 
• 


4 

4 


• 
• 


III 

M 

















fl) Chmrnodk't àrtkiiftiwrt. 



M INTRODUCTION. 

On tâtonDÙt encore; le oombre des unoDS qu'on plsr- 
çait à bord des bâtiments variût incessamment. L'état 
suivant parut en 1677. 



Le canon VU dont il est fait mention dans ce tableau est 
probablement une variété du canon dont le cylindre avait 



INTRODUCTION. » 

7 pouces de diamètre. Ce doit élre le canon serpentine 
ou le canon bastard de sir William Honson. Le diamètre 
de la bouche de cette pièce s'accorde non-seulement avec 
celui du canon serpentine et du canon bastard, mais en- 
core avec celui du 42 dont on se sert aujourd'hui. Le poids 
de &S livres et demie donné par Monson au boulet du ca^ 
non serpentine semble, par suite, erroné. Ce poids doit 
être à peu près de 42 livres. Le boulet en fer plein qui 
convient à un cylindre de 7 pouces pèse un peu plus 
de &8 livres. Mais le diamètre du boulet devant être un 
peu moindre que celui de la bouche de la pièce, le bou- 
let, ainsi diminué, ne dépassera pas 42 livres. S'il fallait 
d'autres preuves pour démontrer que le canon serpentine, 
le canon VH et le A2 étaient la même pièce sous dénomina- 
tions différentes, on les trouverait dans ce fait, que les 
premiers rangs des b&timents de la liste de 1677 qui ont 
subeioté pendant les cinquante premières années du siècle 
suivant ne différent, quant à l'artillerie, des rangs qui leur 
correspondent dans la classification suivante que par la 
substitution des canons de 42 aui canons VU dans leur 
batterie basse. 

Le demi-canoo était, sans aucun doute, le S2 actuel. Le 
canon Petro avait, dès 1677, changé son nom en celui de 
canon de 24. Le 12 — probablement les anciens basilics — 
devint d'un usage assez fréquent. Le 18 et le doivent 
èire la coulevrine entière et la demi-coulevrine. Le stker 
correspondait aa 6 et le minion au 4 (1). 

Dès le commencement du iviti* siècle, une grande ré- 
duction eut lieu dans le nombre des rangs des bAtimeols 
anglais. La classification suivante, ordonnée en 1716, eut 



\l hitloryof GrMl Bnlaim 




30 INTRODUCTION 

cours jusqu'en i7AS. La force des équipages fut déterminée 
par ordonnance de 1719. 





i" 


V 


3* 


•AIILAIM. 


ÈQBaàam. 


Gtnonf. 


BATrniE. 


BâTTItlS. 


■àrmii. 






Canons. 


Canons. 


Canons. 


Canons. 


Bommm. 


100 


18 de 41 


18 do U 


18 de 11 


16 de 6 


780 


VO 


16 31 


16 18 


16 9 


Il 6 


680 


80 


16 31 


16 11 


14 6 


4 6 


510 


70 


16 14 


16 11 




18 6 


480 


60 


14 14 


16 9 




10 6 


365 


50 


11 18 


11 9 




6 6 


180 


40 


10 11 


10 6 




■ 


190 


30 


8 9 


11 6 




• 


135 


l - 


10 6 


• 6 




t 


115 



En 17A0, les Anglais construisirent deux autres espèces 
de bâtiments. Les premiers avaient 20 canons de 18 à la 
première batterie , 20 de 9 à la deuxième et A de 6 sur les 
gaillards, en tout hh canons. Les autres portaient 22 ca- 
nons de 9 en batterie et 2 de 3 sur les gaillards, en tout 
24 canons. Ils placèrent bientôt h canons de 6 en plus sur 
les frégates de àO canons qui n'en conservèrent pas moins 
leur dénomination primitive. En 1765, toutes les frégates 
avaient reçu cette augmentation d'artillerie. 

En 1718, parurent des frégates portant 2A canons de 9 
en batterie et i de 3 sur les gdllards. 

En 1767, on créa deux nouvelles classes de frégates; 
les unes portaient 26 canons de 12 en batterie et 6 canons 
de 6 sur les gaillards, en tout 32 canons. Les secondes ne 
différaient des autres qu'en ce qu'elles avaient 10 canons 
de 6 au lieu de 6 sur les gaillards. Ce fut sur une de ces 
frégates de 32 canons que, pour la première fois, on essaya 
le doublage en cuivre, en novembre 1761. Cet essai fut 
renouvelé en 176A et, en 1783, il existait à peine un bâti- 
ment qui n'eût pas reçu cette importante amélioration. 

Pendant l'année 1767, on construisit des bâtiments de 




INTRODUCTION. 3i 

lA à 18 caDODS, qui furent d* abord classés parmi les fré- 
gates, et qu'on désigna sous le nom de corvettes 
après i 702. On donna le nom de potî-skips aux bAtiments 
de 2A, 22 et 20 canons» et celui de ihip-sloap$ à ceux de 18, 
16 et lA. 

Les frégates de 26 canons — 22 de 9 et A de 3 — paru- 
rent en 1776. Les canons de 3 furent remplacés par des 
pièces de 6 en 1 780. 

Jusqu'à l'année 1775, il n'y eut aucune différence 
entre le nombre des pièces dont les bAtiments étaient 
armés et le chiffre qui indiquait la force ou le rang de 
ces b&timents sur les listes officielles. Plus tard, le rang 
n'indiqua plus la force, et ces deux expressions cessè- 
rent d'être synonymes. La confusion qui en résulta fut 
due à l'introduction de Tanne à laquelle on donna le nom 
de caronadi. Au commencement de Tannée 1779, on 
coula à la fonderie de la compagnie Caron, sur la ri- 
vière Carron, en Ecosse, une pièce nouvelle de Tinvention 
du général Melville. On lui donna d'abord le nom de 
ifMsher^ et on ne Temploya que sur quelques frégates et 
les bâtiments d'un rang inférieur. C'est cette arme que, 
plus tard, on nomma caronade. Son usage se répandit ra- 
pidement, et une liste officielle constate que, le 9 jan- 
vier 1781, A29 bâtiments anglais en portaient. Cependant, 
malgré la bonté reconnue des caronades, malgré leur force 
et leur emploi multiplié, on ne voulut pas les considérer 
conune des canons. On n*en fit pas mention lorsqu'on cita 
le rang nominal; on les considéra comme des menues 
armes. Pour excuser cette anomalie, ou plutôt cette petite 
tricherie faite pour éblouir les personnes non compétentes 
et les étrangers, les Anglais ont prétendu que la classifica- 
tion des bâtiments n'était faite que pour faciliter le travail 
de Tadministration, et que l'emploi des caronades, quoique 




*^ IMRODUCTiOiN. 

^v^^jo^ S'iiNr^». i^laùl encore trop indéterminé pour justi- 
vi^i suà ^;iMai;^<tt^t dans l'ordre établi et pour devenir la 

t/tt nà^liHiMNit du 18 juillet 1779 distribua, ainsi qu'U 
x^u, lîuùJUwie des bâtiments anglais : 




u 

34 

36 

3S 

S8 
ti 

to 

18 
16 
14 



1 


k'* 


V 


iKiriiàit. 


UTTEtlE. 


Cimoii». 


CtnoDs. 


I« U« Si 


28 de 24 


U 


3i 


30 18 


«6 


32 


26 18 


U 


30 


30 24 

28 18 


16 


24 


26 18 


ti 


24 


22 12 


20 


18 


22 12 


18 


18 


9 


tô 


18 
12 


• 


26 


18 
12 


• 


24 


9 


• 


22 


9 


• 


20 


9 


• 


18 


6 


■ 


i6 


6 


• 


14 


6 


• 



3- 

BATTEllB. 



Canons. 
28 de 12 



30 
26 



)I8 
12 






GAILLAKDS. 



Canons. 
16 de 12 



10 
10 
16 
12 
6 

2 

10 

10 



4 
2 



1 



• 



ÉQUIPAGES 



Hommes. 
841 

743 

743 

594 

494 

345 

297 

297 
^277 
f247 

257 

198 
158 
138 
124 
124 
124 



CARONADES 

non 
comptées. 



Caronades. 
10 de 12 



10 

10 

8 

8 



12 
12 
12 
12 



tHt 



10 
10 



6 
8 
8 

8 



18 
18 

18 

18 

18 
12 
12 
12 
12 
12 



POBCB 

réelle. 



Canons. 
110 

108 

100 

82 

72 

•0 

54 
48 

44 

40 

34 
34 
28 
26 
24 
22 



Les caronades portées à l'avant-demière colonne de ce 
tableau avaient été mises à bord des bâtiments avant la 
fin de Tannée 1779. Toutefois, nous le répétons, l'usage 
n*en était pas encore général. Celles dont on se servit 
d*abord étaient presque toutes du calibre de 18. En 1781, 
on commença à faire usage du 32. Au mois de décembre, 
on mit des caronades de (58 sur le gaillard d'avant des 
grands bâtiments, du A2 et du 32 sur ceux de moindre 
force. 

En 1780, les Anglais construisirent des frégates de 
38 canons portant 28 canons de 18 en batterie et 10 de 6 
sur le pont. Le 25 avril, les canons de 6 furent remplacés 




INTRODUCTION. 33 

par dQ 0, et bientôt 2 canons de 12 furent mis à la place 
des deuK canons de 9 de Tavant. 

Cette année 1780 vit aussi reparaître les frégates de 
86 canons, mais plus fortes qu'elles ne l'étaient en 1757; 
elles portaient du 18 et du 9 au lieu de 12 et 6. 

En 1782, on remplaça les caronades des frégates de S8 
et S6 canons par le même nombre de caronades de 2A. 

Avant d'examiner les modifications apportées depuis la 
paix de 1783 à l'armement des bâtiments de la marine an- 
glaise, je dirai que les calibres anglais de 

Linw. 
4t SS S4 18 tf • • 

Lirrcft. 
répoBdtot à SS.M, M.«t, tt.ti, UM, ll.lt, S Si. 7.41, 

poids français. J'ajouterai que les boulets anglais étaient 
remarquables par leur pesanteur spécifique, supérieure à 
celle des boulets français. ^ 

Umt. *^ 

BMlf U aagUii. . . . . St tl IS 11 • • 

PtMBUv tpédiqve. . 7.43», 7.43i. 7.431, 7.434, 7.431, 7.410, 

Lifrft. 

BovIfU fraiçaU. ... 86 t4 It 11 S 4 

pM«aU«r fféciiqie. . 7.011. 6.903. 7.08S, 7.040, 7.000, 7.030. 

Ce résulut a été obtenu en divisant le poids du boulet 
de chaque calibre par le volume que donne ce calibre. 

Le 1" janvier 179S, 17 vaisseaux anglais, 17 frégates et 
con^ettes reçurent des caronades ; leur nombre varia de 
2 à 12; il n'y avait pas encore de règle fixe ; la plupart des 
bâtiments en avaient cependant sur les gaillards. Le règle- 
ment du 13 juillet 1779 fut maintenu en vigueur, à cela 
près de la modification apportée à l'armement des gaillards 
par l'emploi des caronades et de l'augmentation du nombre 
des classes dans divers rangs. 




34 



INTRODUCTION 





!'• 


V 


3« 


•AILLA EOS. 


BonrAfiE. 




BATTEAIE. 


BATTBIIE. 


BATTBBIE. 






Canons. 


Canons. 


Canons. 


Canons. 


Can. Gar.(l) 


Hommes. 


Yaisseaoxde. 120 


30 de 32 


32 de 24 


32 de 18 


18del2et8 


841 


112 


30 32 


32 14 


30 18 


12 12 8 


841 


110 


30 32 


30 24 


30 18 


12 12 8 


841 


80 


39 32 


32 24 


» 


18 12 


724 


7» 


30 32 


30 18 


• 


19 9 


eu 


52 


22 24 


22 12 


■ 


8 6 


» 


là\ IV. «o L «• ...uii.1 


k>WI^~,»4 A 


'..^mium l's^mJtm. 




Ai^M.m»l,mm àlQ 


1 



Vers la fin du mois de novembre 179A, ramiraaté ordon- 
na un nouvel emploi des caronades. Peu de bâtiments pu- 
rent recevoir les modifications prescrites. D'autre part, 
quelques capitaines mirent à terre autant de canons qu'ils 
prirent de caronades. Ce règlement ne peut par conséquent 
pas être pris pour guide. On peut dire cependant, qu*à 
l'exception de deux canons de chasse, l'artillerie de tous 
le!f petits bâtiments fut exclusivement composée de ca- 
ronades de 18. 

En 1795, quelques vaisseaux prirent des canons de A2 
à la première batterie : le Britannia, qui combattit au cap 
Nolis, était de ce nombre. 

Le 19 novembre 179A, parut le règlement sur l'arme- 
ment des bâtiments avec des canons et des caronades ; la 
quantité donnée, à titre d'essai en 1779, devint réglemen- 
taire. La classification n'en changea pas et l'on continua à 
considérer les caronades comme de menues armes; un 
vaisseau de 100 canons, qui prit 10 caronades en sus de 
son artillerie primitive, fut toujours un vaisseau de 100 ; 
une frégate de 32 canons à laquelle on ajouta 8 caronades, 
resta encore frégate de 32 canons. 

Écoutons parler M. James, l'un des historiens de la 




INTRODUCTION. 35 

marine anglaise (1) : « Les étrangers parleront souvent, et 
avec une acrimonie presque pardonnable, de cette habitude 
que nous avons de faire contraster le rang de nos bâti- 
ments avec le nombre effectif des bouches à feu des leurs. 
Et comment un anglais pourra-t-il répondre? Comment 
pourrons-nous blâmer les Américains d'avoir agi de la 
même manière à notre égard ? » 

Les lords de l'amirauté tinrent plus tard un langage 
semblable au Prince Régent, dans leur rapport sur la clas- 
sification des bâtiments de guerre, c Nous pensons, dirent- 
ils, que votre altesse royale nous excusera de lui faire ob- 
server qu'il est tout à fait indigne de la marine de ce 
royaume, de maintenir l'ancien système qui, bien qu'intro- 
duit par des causes accidentelles et sans aucun dessein de 
tromper, pourrait cependant donner aux nations étrangères 
le sujet de nous accuser de fausseté. i> 

En 1795, les Anglais avaient des bâtiments portant ii 
canons dont les uns avaient deux batteries couvertes et les 
autres une seule ; ces derniers, qui étaient des vaisseaux 
de 64 canons rasés, conservèrent les 26 canons de 2i de 
leur batterie basse et prirent sur les gaillards 12 canons de 
12 et 6 caronades de A2. Leur équipage fut fixé à 330 hom- 
mes. On les appela frégates de 38 canons. 

On appela gun*6riyi, des brigs portant 10 caronades de 
18 et 2 canons du même calibre, auxquels on ajouta pres- 
que aussitôt 2 canons de 3 ou de &. Les brigs de 18 re- 
çurent 16 caronades de 32 et 2 canons de 6 ; quelques-uns 
prirent des caronades de 24. 

Au commencement de l'année 1797, les frégates dites de 
30 et de 38 et 1^ vaisseaux remplacèrent leurs canons de 



(1) Hittmre de ia dtrmére guerrt d' AngUttrrt avtc Ut ÈtaU-Vnii 




36 INTRODUCTION. 

9 par des caronades de S2 ; ils ne conservèrent que deux 
canons de chasse. En 1799, toutes les frégates firent ce 
changement. 11 devint dès lors impossible de rien recon- 
naltreàla classification. Les vaisseaux de7A, en prenant 12 
caronades à la place de 12 canons, devinrent des vaisseaux 
de 62 ; les frégates de 38, 36 et 32 devinrent des frégates 
de 30 et de 28, bien qu'elles portassent A8, hh et àO ca- 
nons. 

Les frégates dites de AO canons prirent du 2A en batte- 
rie en 1797. 

Le 21 février 1800, Famirauté prescrivit de remplacer 
les canons de 9 par des caronades de 82 sur les bâtiments 
de 2A et de 20 canons. 

En 1809, elle fit construire des gun-brigs portant h ca- 
ronades de 32 et 2 canons de 18r. 

Les Anglais sentirent promptement les inconvénients de 
la multiplicité des calibres et, à la fin de Tannée 1806, ils 
armèrent plusieurs vaisseaux de 7A, rien qu'avec des ca- 
nons et des caronades de 2A. 

En 1807, parurent les corvettes de 22 canons ; elles 
avaient 22 caronades de 32, 8 de 18 et 2 canons de 6. 

En 1808, on arma des corvettes avec 8 caronades de 18 
et 2 canons de 6. 

Le 26 janvier 1813, l'équipage des frégates de 88 ca- 
nons fut porté à 320 hommes. 

Celui des frégates de 36 à ?8A. 

— —82 à 270. 

— — A0de2Aà350 
Corvette de 18 à 135. 

Déjà, au mois d'octobre 180A, l'équipage des frégates de 
38 avait été porté de 28A à 300 lionunes, mais en juin 
1806» elles avaient repris leur ancien efiectif. 

Pendant cette même année 1813, les Anglais firent subir 




INTRODUCTION. 17 

à plasienrs de leurs petits vaisseaux de 7A canons. Topé* 
ration tentée en 1795 sur ceux de 64 : ils les rasèrent. 
Ces vaisseaux conservèrent leurs 28 canons de 82 ; mais on 
remplaça les 28 de 18 de la 2* batterie par le même nom- 
bre de caronades de A2, auxquelles on ajouta 2 canons de 
12; cela leur fit 58 pièces. Leur équipage fut fixé à A96 
hommes. Grâce à cette modification et malgré la diminu- 
tion de 22 canons, le poids du fer lancé par bordée fut 
augmenté. On donna à ces nouveaux bâtiments le nom de 
frégates, ainsi qu'on l'avait fait précédemment pour les 
vûsseaux de 6â rasés. Ceux qui subirent plus tard cette 
opération reçurent 60 canons. 

On ne tarda pas à construire des frégates de 26 canons 
de S2 en batterie, 26 caronades de â2 et A canons sur le 
pont, soit 56 canons. 

Et d'autres de 50 avec 28 canons de 2A ; 20 caronades 
de 32 et 2 canons de 0. On leur donna 350 hommes d'équi- 
page. 

Plusieurs frégates de 36 et de 38 prirent du 2â en place 
de 18 

Les deux classes principales de corvettes étaient alors 
celles de 20 caronades de 32 et 2 canons de 0; c'étaient 
des frégates rasées et celles de 18 caronadesde 32-, 6 de 12 
ou de 8 et 2 canons de 6. 

Enfin, en 181 A, les Anglais adoptèrent la classification 
d-après. 

J'avais d'abord eu l'intention de continuer à indiquer les 
modifications apportées à l'armement des bâtiments de 
l'État jusqu'à nos jours ou, tout au moins, jusqu'à l'épo- 
que à laquelle s'arrêtent les récits que Ton va lire. Deux 
raisons m'y ont fait renoncer : l'artillerie a subi de si nom- 
breuses transformations depuis quelques années et, par 



3S INTRODUCTION. 

suite, le nombre et l'espèce des canons placés sur les b&- 
timents ont tellement varié, que j'û jugé inutile de donner 
des r^teoients dont pluûeurs étaient tombés en désaéta- 
tude, avant même d'avoir été efficacement appliqués. J'ai 
d'autant plus facileaieDt renoncé à ce projet que, depuis 
la date de la promulgation du dernier règlement que j'u 
rappelé, les affaires que j'aurai & décrire sont, en grande 
partie, des eipéditions pour l'exposition desquelles le dé- 
tail de la composition de l'artillerie n'a qu'une importance 
trës-secondtûre. 




BATAILLES NAVALES 



DE 



LA FRANGE. 



L'État n'eut ea réalité une marine que sous le règne de 
Louis XIIL C'est aussi de cette époque que date la lutte 
debitimentà bâtiment Jusque-là, le navire n'avait guère 
été qu'une place forte flottante, bastionnée et défendue par 
des archers, des frondeurs et des soldats armés de toutes 
les armes dont on se servait alors. Quoique le récit des 
affaires maritimes de cette époque appartienne plutôt à 
l'histoire de la marine qu'à celle des batailles navales, 
je vais donner un résumé aussi succinct que possible de 
ces premiers essais des luttes sur mer. 

Sous les deux premières races et même sous les premiers 
règnes de la troisième race des rois de France, on donnait 
le nom de vaisseau à tout navire disposé pour combattre. 
Ces navires étaient ceux dont les commerçants se servaient 
pour leurs voyages. 

Jusqu'à Philippe de Valois (IS28), les flottes se tirèrent 
ainsi des villes maritimes. Ce souverain adopta une autre 
méthode; il eut recours aux étrangers pour former les 
flottes royales; l'Espagne les fournit jusqu'à Charles VII 




40 BATAILLES. 

m 

(1A22); Gènes, jusqu'à François I*' (1515). Depuis lors, 
sauf pendant la ligue, époque à laquelle Henri IVdeasanda 
quelques navires à la Hollande, la France n'eut plus de 
bâtiments étrangers à son senice ; les villes maritimes les 
fournirent de nouveau. Lorsqu'il fallait tenter ou repousser 
quelque agression, le roi prévenait les villes maritimes 
qu'elles eussent à fournir un certain nombre de navires et 
les matelots nécessaires pour les manœuvrer ; le monarque 
complétait les é^juipages avec des troupes. Cet état de 
choses dura jusqu'à Louis XIII (1610). 

L'invention de la poudre et l'emploi qu'on en fit dans 
les combats sur mer, obligèrent les peuples à construire 
des bâtiments de guerre de plus en plus grands, de plus eo 
plus solides. Construire et surtout armer de pareils na- 
vires exigèrent des sacrifices qui dépassèrent la portée des 
fortunes particulières. Dès lors, les gouvernements furent 
contraints, par les progrès de l'art même, de devenir con- 
structeurs et propriétaires des vaisseaux nécessaires à la 
défense de leurs États. 

La marine fut cultivée avec soin par les premiers Gau- 
lois, et leur habileté dans la navigation les servit utilement 
pour le commerce et pour la défense de leurs côtes. Trop 
resserrés dans un pays qui ne pouvait plus les contenir, ils 
entreprirent des navigations hardies pour aller s'établir tu 
delà des mers. Rien ne fait mieux voir combien la marine 
a été florissante dans l'ancienne Gaule, que le grand nom- 
bre de ports célèbres que ses habitants possédaient sur 
l'Océan et dans la Méditerranée. 

Les plus célèbres navigateurs parmi les Gaulois étaient 
les Marseillais qui prirent de leurs fondateurs le goût de 
la navigation. Les habitants de Vannes n'étaient pas moins 
puissants sur mer que ceux de Marseille ; tous les ports des 
côtes voisines étaient sous leur domination. César fut 
obligé d'avoir recours aux habitants de la Saintonge et du 
Poitou pour les combattre. 




BATAILLES. — 510-716. ii 

620. — Sous la première race de nos rois, le royaume 
était partagé entre plusieurs frères. La guerre n'ayant lieu 
que sur le territoire même de la France^ dans le but d'aug- 
menter le patrimoine de tel ou tel prince régnant, on ne 
sentit pas la nécessité d'une marine. La puissance des rois 
se trouvait d'ailleurs limitée par celle des grands vassaui 
de la couronne qui possédaient la Bretagne , la Normandie, 
la Guyenne et la Provence; de sorte que, selon l'expression 
d'un chroniqueur (1^ nos rois furent longue saison sans 
commander en aucune mer. 

Depuis le commencement de la monarchie jusqu'à Char- 
lemagne, il n'y eut que deux événements maritimes. Le 
premier eut lieu en 520 sous Théodoric. Ce prince, fils de 
Clovis, jouissait tranquillement de TAustrasie (2) qui lui 
était échue en partage, lorsque son repos fut troublé par 
un essaim de pirata danois qui vinrent ravager son 
royaume. ||i#vaient pour chef un roi danois que Grégoire 
de Tours ap^lle Cochilaicus et que les historiens danois 
ont prouvé être Guillach ou Godieik, roi tributaire de Fio- 
nie. Les pirates entrèrent dans la Meuse avec une flotte 
considérable, et portèrent la désolation chez les Hattevvares 
ou Attuaires, tribu franke entre le Rhin et la Meuse. Théo- 
doric envoya contre eux son fils Théodebert avec une armée 
de terre et une flotte. Ses navires, mieux équipés que ceux 
des Danois, attaquèrent l'ennemi avec tant de résolution^ 
qu'ils lui enlevèrent presque tous ses bâtiments et le butin 
dont ils s'étaient chargés (S) . 



7S5. — Le second événement maritime se passa en 735. 
Charles Martel, qui n'avait encore combattu les Frisons 



(Il TilUl, liecuêU étitrmtéi. 

;t) 0M«r hit, Oflm m AMlranf. reyatoM U VÏM. LAstlrati* éUil U 
Hrti« •»€ aUJa i% U 6iil« it^atrioaala f«i, ttttia, pnt U %wm i% Frtica. 
'X) Da^iac. Htitotre dti expiédititmi fmanitmêê àêi Sormmmds. 




42 BATAILLES. — 735-987. 

que par terre, soit du côté de la Belgique, soit par la France 
germanique, résolut de les attaquer du côté de la mer. A cet 
effet, il arma uue flotte nombreuse, fit une descente dans 
les lies de Westracbie et d'Austrachie, noms qu'on donomit 
aux cantons oriental et occidental de la Frise proprement 
dite, que des marais et des rivières isolent de la terre 
ferme. La bataille fut livrée sur les bords de la rivière de 
Burde. Le duc Popon fut tué et les siens furent mis en dé- 
route. 



771. — La marine prit un grand développement sous 
Gharlemagne. Ce puissant monarque, qui avait reculé les 
limites de son empire an delà du Danube et du Rhin, prévit 
sagement que ses côtes allaient être exposées aux incursions 
des barbares. Dans le but d'empêcher leurs déprédations, 
il établit une marine et plaça des gardes-côtei lien armés 
à l'embouchure des rivières. Ses bâtiments hftftirent plu* 
sieurs fois ceux des Normands et des Sarrasins. 



81 A. — Louis le Débonnaire et ses successeurs eurent peu 
à cœur l'entretien d'une marine ; aussi virent-ib leurs États 
désolés par les incursions des Normands et des Sarrasins. 
Ceux-ci entraient dans les rivières et ravageaient les pro- 
vinces qu'elles traversaient. Il fallait capituler avec eux 
pour les faire se retirer, et cela n*avait jamais lieu qu*à 
prix d* argent. Finalement, les Normands forcèrent les 
Français à les laisser s'établir dans le royaume de Neus- 
trie (1), auquel ils donnèrent leur nom. 



987. — Les derniers Carolingiens, réduits par le mouve- 



(1) Ni-0iter-ri1[f , Neatlrte on roytome de l'Ooe«t. 




BATAILLES. - 987-M90. 43 

ment féodal qui s'organisait, à la seule ville de Laon« furent 
impuissants à s'opposer aui incursions des Normands et des 
Sarrasins. Il en fut de même des premiers rois capétiens 
qui, n'ayant d'autorité que sur l'Ile de France et TOrléa- 
nais, ne pouvaient avoir de vaisseaux. La terre fut donc 
le seul théâtre des guerres qui agitèrent leur règne. Sous 
cette race, comme sous la précédente, l'oflicier de marine 
le plus élevé en grade se nommait d'abord préfet de la 
mer et des côtes, et ensuite capitaine de la mer et des 
vaisseaux. 



lOdft. — Les croisades, qui commencèrent sous Phi* 
lippe I*", obligèrent les Français à équiper des navires et la 
marine parut se rétablir en France. Toutefois, la majeure 
partie des navires et des marins qui furent employés à ces 
expéditions étaient Génois, Espagnols ou Vénitiens. Phi- 
lippe n'entra pas personnellement dans la première croi- 
sade, mais il laissa à ses sujets la faculté de s'y engager. Un 
grand nombre de seigneurs français se croisèrent ; ils pas- 
sèrent l'hiver en Italie et, au printemps, ils s'embarquèrent 
avec les troupes qui les avaient suivis dans les ports de 
Bari, de Brindesetd'Otrante. 



1 1 A9. — Dans le courant de l'année 11 iO, Louis VII qui 
s'était croisé, revenant en France avec quelques bAtiments 
qu'il avait réunis au port de Saint-Jean-d' Acre, fut attaqué 
par là flotte des Grecs qui assiégeaient Corfou. Le navire 
que montait ce monarque fut pris, mais il fut délivré par la 
flotte de Roger, roi de Sidie, qui, à son tour, battit les 
Grecs et leur prit plusieurs navires. 



1100. — Touché des misères qui accablaient les chré- 
tiens de la terre sainte, Philippe-Auguste résolut d'aller en 




44 BATAILLES. — ii 90-1)1 4. 

personne les secourir. Il se croisa avec Richard, roi d'An- 
gleterre, et le 2& juin 1190, il alla prendre roriflamme à 
Saint-Denis. La flotte sur laquelle il s'embarqua à Gènes foi 
dispersée par un coup de vent qui le força de relAcber en 
Sicile, où il passa l'hiver; il en repartit à la fin du mois de 
mars 1191. Le mauvais état de sa santé ne tarda pas à né- 
cessiter son retour en France. 11 mit à la voile le SI juillet, 
après la prise de Sain t-Jean-d' Acre, qui fut la première 
opération des croisés. 



121 A. — Plus tard, voulant profiter du différend sunrenu 
entre Jean sans Terre et le pape, ce souverain fit on arme- 
ment considérable pour faire la conquête de l'Angleterre. 
Ce projet n'eut aucune suite, le différend entre le roi Jean 
et Innocent 111 ayant cessé par Thommage que le premier 
fit de son royaume au pape. Le comte de Flandre, qui de- 
vait se joindre à Philippe pour cette expédition, conclut alors 
un arrangement avec Jean sans Terre. Justement irrité de 
cette conduite, le roi de France entra sur les terres do 
comte, prit et saccagea plusieurs villes. Ses navires, placés 
sous le commandement de Savary de Mauléon, mouillèrent 
dans le canal de Dam, au nord de Bruges, et cette ville, qoi 
était le grand entrepôt de commerce de l'Angleterre, fot 
mise à sac. Le roi d'Angleterre envoya cinq cents bâtiments 
au secours de son nouvel allié. Le comte de Salisbury, qoi 
les commandait, fit reconnaître la flotte française par des 
soldats déguisés en pécheurs. Ayant appris que les éqoi- 
pages étaient à butiner à Dam, le comte de Salisborj 
fondit sur les navires français dégarnis et fit couper leurs 
câbles. Trois cents furent enlevés et envoyés en Angle- 
terre; cent autres furent détruits. Désespérant de saover 
le reste de ses bâtiments, Philippe-Auguste les livra aox 
flammes. 




BATAILLES.— Itl6. 45 

1216. — La tyrannie du roi d'Angleterre et sa réconci- 
liation avec Je pape lui aliénèrent entièrement la princi- 
pale noblesse de son royaume. Celle-ci prit une résolution 
désespérée : elle fit offrir la couronne d'Angleterre à Louis, 
fils de Philippe- Auguste, qui accepta et se dirigea de suite 
sur Sandwich avec sept cents navires. Jean sans Terre se 
porta à la hauteur de Douvres pour s'opposer à son pas- 
sage; mais à la vue d'une flotte si considérable, il se retira 
et les Français purent effectuer leur débarquement 

Par une de ces révolutions si communes dans l'histoire» 
i la mort de Jean, Henri son fils fut proclamé roi d'Angle- 
terre et les Anglais se tournèrent contre Louis. Une trêve 
conclue entre les deux princes permit à ce dernier d'aller 
demander des secours à son père, et il reprit bientôt la mer 
avec 80 gros vaisseaux qui avaient été placés sous les or- 
dres du religieux défroqué Eustache le Moine. Les com- 
mandants des cinq ports (1) reçurent l'ordre d*aller à 
leur rencontre et de les empêcher d'approcher des côtes 
d'Angleterre. En conséquence, 40 bitiments montés par 
l'élite des chevaliers anglais, sortirent de ces ports sous 
le commandement de Philippe d'Albenly. Le 27 août 
1217, ils rencontrèrent la flotte française. Au lieu de l'at- 
taquer de front, ainsi que cela se pratiquait d'habitude, 
ils manœvrèrent pour gagner le dessus du vent. Le 
combat s'engagea alors. La victoire ne fut pas longtemps 
douteuse : la supériorité du nombre ne fut d*aucun se- 
cours aux Français. Peu exercés à la manœuvre et atta- 
qués par des marins éprouvés, ils ne purent qu*opposer 



(I) G«illM«« It C«»qiiénal, ^ai ttait apprit par la victoîrt néoif eombita 
U farct lavait laportail à la coBicrtaltoa de ta coa^ élt . tl la d^feate dta 
c4U« as Mlat da Urriioirt, avait rtcoonu daat It* hvafa» da Heal le biiulevard 
dt l'Aaf leltrra da edié fit refarde la Fraace. Il foada aJon, poar protéger ree 

Cita, «at lètdAlitt Baritint dte ciaq porU dt Dot vite, lla»ljafi, llfUit, 
aty tt Saadwtcli. tl fbroui ai corpe ptliUqit aaqael il accorda dt |raaéa 
priviltfaa, à U étala coadilioa dt loi (tirair po«r qoiast joan tl dèt qa'il It 
ttadrall, daqaaalt dt« laTtrte araèe al portail ckacoa via|l-qualro Bariof. 
WiacàtUoa, Rye el Staloft fort ol, plot lard, ajoutée aat ciaq ports 




46 BATAILLES. — iSi6. 

une grande valeur. Les Anglais abordèrent les b&Uments 
français et en coulèrent un grand nombre. Les balistes 
placées sur les bâtiments ennemis criblaient en outre les 
Français de traits; ces derniers n'en avaient pas» Toutefois 
cette arme donna moins d'avantage aux Anglais que l'em- 
ploi d*une grande quantité de cbaux en poudre qu'ils jeté* 
rent en l'air et qui, poussée par le vent dans les yeox des 
Français, les aveugla* Presque tous les navires français 
furent pris ou coulés. Le commandaut en cbef fut pris ; et, 
par une cruauté dont on retrouve plus tard un exemple, 
les Anglais lui coupèrent la tète sur son propre Tais* 
seau(i). 

A cette époque, les grands navires de guerre étaient 
parfois armés à l'extérieur d'une ceinture de fer qui leur 
composait une espèce de cuirasse. Us portaient aussi un 
éperon, — le rostrum des Latins. — • Cette arme consis- 
tait en trois pointes ou en trois pièces de bois pointues 
armées de fer par le bout et appliquées à fleur d'eau sur la 
proue. Attaquer le vaisseau, le désemparer, le briser, lui 
faire dans le flanc une large ouverture qui le mettait en 
danger de couler bas, telle parait avoir été la tactique des 
premiers marins lorsque, la marine grandissant transfor- 
ma le radeau ou le tronc d'arbre creusé en un navire al- 
lant porter ou attendant le combat. La manœuvre de Fatr 
taque se faisait au moyen de rames, car, bien qu'on seservlt 
de voiles dans la navigation, leur manœuvre était encore 
trop peu connue pour que, dans les combats, on ne préfé- 
rât pas employer les rames à l'aide desquelles on donnait 



(I) l^s historiens oe sont pas d'accord sur la date de la bataille perdie par 
l'ex-moine Eustache. Matbew Paris, Hûtory of Eugland^ dit qu'elle enl Imi 
le jour de la Saint BarlbéleBy 1917. Trivelb Annales^ la place la même aiiBét. 
Cet auteur dit qu'Eustacbe fut mis à mort en punition des brigandages qa*il a? ail 
commis antérieurement comme pirate. La Chronique d'Holingtkead aTaaoa 
que la bataille fut linée en 1S18. Mézeray, Abrégé de Chittoire de Fremn. 
donne l'annéa ISltt. Rjmer, Fœderùy fait obsener qu'il y a toot lita de coMi- 
dèrer Tannin 1S17 comme la téritable, puisque le traité de paii qii siifit «• 
roédiatemeot la bataille porte la date du 11 septembre ltl7. 




BATAILLES— iS16-U48. 47 

au navire la direction que Ton voulait. Aussi la principale 
manœuvre de Tépoque consistait-elle à empêcher les na* 
vires de gouverner en brisant leurs rames. Voici comment 
cela s'exécutait. L'assaillant courut sur une ligne à peu 
près parallèle à celle que suivait le navire qu'il voulait atta- 
quer; et, lorsqu'il était sur le point de le joindre, il don- 
nait au sien la plus grande vitesse possible. Il laissait aller 
ou retirait alors ses rames et, passant très-près du navire 
ennemi, il rencontrait les siennes qui étaient infaillible- 
ment brisées. L'attaque avec l'éperon devenait alors facile, 
puisque la fuite était impossible. 



1248. — Louis IX ne parut songer & la marine que pour 
ses expéditions d'outre-mer. Après avoir reçu l'oriflamme 
à Saint-Denis, ce souverain partit d'Aigues-Mortes, le 
25 août I2i8, avec 38 gros vaisseaux génois, outre les 
transports, et relâcha à Chypre, où la flotte fut renforcée 
d'un grand nombre de barques et de bateaux plats qui fu- 
rent construits pendant l'hiver qu'on passa dans cette tle. 
Ce long séjour fut forcé, la plupart des navires n'ayant été 
affrétés que jusqu'à Chypre. Cette flotte était placée sous 
le commandement de Hugues Lastaire et de Jacques de 
Levant. Ce dernier était Génois. Lorsqu'on remit à la voile, 
à la mi-mars 12A9. la flotte comptait 1800 navires, tout 
compris, portant au moins 2. 800 chevaliers, sans parler 
des sergents d* armes, des archers, des arbalétriers et des 
piétons (1). Surprise par un coup de vent, cette flotte fut 
dispersée et, en arrivant df^vant Damiette, Louis IX n'avait 
guère plus qu'un tiers de ses navires. Le débarquement 
n'en eut pas moins lieu imméiliatement, quoique bon nombre 
de navires ennemis fussent mouillés à l'embouchure du 
Nil et que les rives du fleuve fussent couvertes de troupes. 



( I) Mémmrt de JmmmUe 




48 BATAILLES- 1248-1270. 

Les canots furent assaillis par une nuée de flèches qui 
n'arrêtèrent pas les croisés. Les Égyptiens furent battus; 
mais leur flotte se sauva en remontant le fleuve; ils ne per- 
dirent que quelques navires. Ce succès fut, on lésait, sans 
résultats; cinq mois et demi plus tard, décimée par les 
maladies, l'armée des croisés fut obligée do se rembarquer 
Le roi, qui était tombé entre les mains des infidèles, resta 
leur prisonnier pendant 32 jours. Rendu à la liberté, il 
partit pour la Palestine et retourna en France au mois d'a- 
vril 1250. 

Ce fut sous ce règne que la France, par l'accession da 
Languedoc, commença à affirmer sa. puissance sur la Mé- 
diterranée et que la nécessité de concentrer l'autorité ma- 
ritime dans une même main fit créer la ^charge d'amiral 
de France qui, toutefois, ne comprit d*abord que les côtes 
de Normandie et de Picardie. 



1270. — Le peu de succès de l'expédition de 12A8 n'avait 
pas déconcerté Louis IX. Au mois de juillet 1270, il arma 
une nouvelle flotte, composée en partie de bâtiments génois, 
s'embarquaencore à Aigues-Mortes, et fit route pour Tunis, 
où il mourut. L'armée comptait alors un très-grand nom- 
bre de malades. Philippe 111, qui remplaça Louis IX dans 
le commandement de l'expédition se disposait à se retirer 
d'un pays qui était si fatal aux croisés, lorsque Charles I**, 
roi de Sicile et frère du feu roi, arriva avec sa flotte. Les 
deux souverains firent ensemble quelques attaques heu- 
reuses et, au mois de novembre, le bey de Tunis leur ayant 
demandé la paix, ils firent voile pour la Sicile. Au moment 
datteindre le port, leurs navires furent dispersés par un 
coup de vent qui en jeta beaucoup à la côte ; A,000 hommes 
périrent dans les flots. Philippe, qui était parvenu à attein- 
dre Trapani avec son navire, 'prit la route de France au 

emicr vent favorable. Ce début lui donna peu de goût 




BATAILLES. — 1270-1993. 49 

pour la marine, et il n'arma, plus tard, que pour faire la 
guerre à Pierre d' Aragon. 

1285. — Voulant ^venger le ^ sang de ses sujets répandu 
en Sicile dans cette^ journée à laquelle on donna le nom 
de Vêpres Siciliennes^ Philippe^ marcha sur le royaume d'A- 
ragon avec une puissante armée de terre, pendant que sa 
(lotte, dont Enguerrand de Bailleul avait le commande- 
ment, attaquait et prenait le fort de Roses. 

En retournant en France après cette expédition, les 
Français furent attaqués par Masquet, amiral de Barcelone, 
qui prit ou coula une trentaine de leurs bâtiments. Quel- 
ques-uns qui étaient restés sur la rade de Roses furent dé- 
faits par Roger de Loria, amiral aragonais, et Enguerrand 
de Bûlleul fut fait prisonnier. 



129S. — Edouard, roi d'Angleterre, devenu vassal^de la 
France pour les terres qu'il y possédait, trouva ce titre trop 
iiumiliant pour ne pas chercher' à s'en affranchir. Ce fut, 
selon quelques historiens, Forigine de ces longues guerres 
qui, dans la suite, agitèrent les deux royaumes. D'autres les 
attribuent aune autre cause que nous répéterons après eux. 
Un matelot normanci et un marin anglais s'étant pris de 
querelle à Rayonne, se battirent et intéressèrent les marins 
des deux nations ; il s'ensuivit un combat général. Les 
Normands qui avaient été maltraités portèrent plainte à Phi- 
lippe le Bel qui leur permit de se faire justice. Ils firent 
alorsun armement, et ayant rencontré un navireanglais, ils 
le prirent et pendirent un de ses matelots. Ce fut un signal 
pour les deux nations ; leurs navires se cherchèrent et se 
battirent toutes les fois qu'ils se rencontrèrent. Cette pe- 
tite guerre prit chaque jour de l'importance (1). 



(I) D'ftfrèf U Yfr*iM 4% Hiitloriea ang Itit Walltr Htaisflonl, Bistoriû d^ 
L 4 




60 BATAILLES.— 1293-1896. 

Deux cents petits navires normands qui allaient en 
Guyenne prirent tous les Anglais qu'ils rencontrèrent sur 
leur route. A leur retour, ils furent eux-mêmes attaqués 
par une flotte anglaise de soixante voiles. Embarrassés 
de leur chargement, les navires normands n'opposèreni 
qu'une faible résistance : ils furent tous pris ou coulés. 
Fiers de ce succès, les Anglais allèrent insulter la Rochelle. 
Les hostilités devinrent alors plus sérieuses, et après quel- 
ques négociations infructueuses, les deux rois se disposèrent 
à une guerre ouverte. 



1295. — Edouard mit en mer une flotte puissante qui 
incendia les villes et les villages de l'Ile de Ré. Les navires 
anglais remontèrent ensuite la Gironde et commirent de 
nouvelles exactions dans cette rivière. 



1296. — Pendant que les Anglais combattaient pour 
conserver les places qu'ils possédaient ou pour rentrer en 
possession de celles qui leur avaient été enlevées en 
Guyenne, Philippe envoyait sur les côtes d'Angleterre une 
flotte nombreuse sous la conduite de Mathieu de Montmo- 
rency. Cet amiral fit une descente auprès de Douvres et 
brûla une partie de cette ville. Il y eut alors un accommo* 
dément entre les deux rois, mais il fut de courte durée. 
Jean d*Harcourt, en faveur duquel le grade de lieutenant 



fTbus gestis Edouardi l. II, III, le marin anglais aurait été tué à terrt pti- 
dant qu'il allait chercher de l'e.iu. Le» équipage» de deux naTires aagliif fm 
daDA une renrontre auraient également été mis À mort et les corps des numM 
pendus à la grande tergue. Lch Anglais^ usant de représailles, auraient agi dt 
la même manière dans un débarquement qu'ils tirent à Swyn. L'auteur qae Je 
cite ajoute que, Toolant mettre fin à cette guerre de forbans, on coiTiot de part 
et d'autre d'une rencontre nu milieu de la Nincbe, pour décider, par les armes, 
qui avait lort ou raiM>n. Le U avril ISOS, un combat eut lieu entre les Aegleit 
et les Normands. Ijk Tirioirc resta aux premiers qui, sans compter les MTiref 
coulé* OQ locendiA*, en emmenèrent deux cent quarante en AsfIelerTe. 




BATAILLES. — f St6-1Sf ft. 51 

général des armées navales venait d'être créé, fit cette 
campagne sous les ordres de Tamiral (1). 



1S04. — Au mois d'août ISOA, Guy de Namur se porta sur 
Zifictée en Zélande, et laissant sa flotte à l'embouchure de 
l'Escaut, il mit le siège devant cette ville. Jean, comte de Hol- 
lande et de Hainaut, à qui cette ville appartenait, demanda 
des secours à Philippe le Bel qui lui envoya 20 bâtiments 
et 16 galères génoises sous les ordres de Régnier de Gri- 
maldi. Fiers de quelques succès qu'ils avalent obtenus, les 
Flamands se crurent capables de tenir tète au plus puissant 
monarque de l'Europe. Guy de Namur alla à la rencontre 
des Français avec 80 bâtiments, et profitant de sa position 
au vent, il lança d'abord sur eux une hourque remplie d'ar- 
tifices et de matières inflammables. Mais le vent ayant, 
sur ces entrefaites, changé de direction, ce brûlot revint 
sur ses propres navires et Jeta la confusion parmi eux. Les 
Français et les Hollandais en profitèrent pour commencer 
l'attaque ; toutefois, le renversement de la marée les força 
de se retirer pour ne pas échouer. Malgré cette prudente 
précaution, quelques-uns de leurs navires touchèrent et 
furent capturés. Le combat recommença à la marée sui* 
vante. Grimaldi ordonna l'abordage, genre d'attaque en- 
core peu connu des Flamands. Les lourds bâtiments de 
Guy essayèrent vainement de l'éviter en cherchant un re- 
fuge dans l'R^caut : le vent les en em{)écha. Le navirt^ 
monté par Guy de Namur fut enlevé par h galères. Cette 
capture importante eut pour rCsulut la dispersion complète 
de la flotte flamande. 



1S28. — La marine parut prendre un nouvel éclat sous 



(I) C# inàê ht Mip^rtaié •• ISOt à U mort àm UUiUir*. 




52 BATAILLES.— 1328-4340. 

^ Philippe de Valois. A la sollicitation du pape Jean XXII, ce 
prince entra dans un projet de croisadeet se ligua avec les rois 
de Bohème, de Navarre, avec les Génois et les Vénitiens. Ces 
derniers devaient fournir les galères nécessaires au trans- 
port de A ,000 hommes de troupes et de l'artillerie. Philippe, 
nommé généralissisme de la croisade» arma à Marseille 
une des plus puissantes flottes qu'on eût jamais vues. Quoi- 
que le nombre des navires n'en soit pas connu, on doit 
admettre qu'il était considérable puisqu'il s'agissait de 
transporter 50,000 hommes et 1,000 chevaux. La mort du 
pape Jean empêcha cette expédition d'avoir lieu. Toute- 
fois, cet armement ne fut pas inutile ; les démêlés survenus 
entre la France et l'Angleterre permirent de l'utiliser. 

Philippe de Valois et Edouard 111 s'étaient disputé la 
couronne de France ; le droit et la force avaient décidé en 
faveur du premier, mais Edouard n'avait pu voir sans ja- 
lousie le triomphe de son concurrent. Comme il possédât 
alors la Guyenne et le Poitou qui étaient des fiefs mou- 
vants de la France, il fut obligé d'en faire hommage à Phi- 
lippe. Cette démarche parut humiliante à la fierté d*iiQ 
tel rival. Ces dispositions, jointes à l'humeur guerrière des 
deux rois, maintinrent les deux pays dans un état conti- 
nuel d'hostilités. 



1330. — En 1330, la flotte de France, commandée par 
Tète-Noire, et celle d'Angleterre se rencontrèrent dans la 
Manche et se livrèrent un combat dans lequel les Anglais 
furent battus et perdirent plusieurs navires. Pendant que, 
profitant de leur victoire, les Français saccageaient la ville 
de Portsmputh et l'Ile de Guernesey, les Anglais se por- 
tèrent sur Boulogne, brûlèrent les faubourgs et pluneors 
navires qui se trouvaient dans le port. 

i 3 AO. -> Vers le milieu de Tannée 1 S AO, ayant appris qa*É- 




BATAILLES. — 1340. M 

douard m se disposait à soutenir le comte de Hainaut avec 
lequel la France était encore en guerre, Philippe-Auguste 
arma àOO navires et les réunit dans une anse étroite entre 
rÉcluse et Blankenberg ; la plupart de ces navires étaient 
génois ou espagnols, 120 avaient une grande dimension. 
Barbavera, corsaire ligurien, le trésorier Nicolas Béhuchet 
et l'amiral Hugues Quiéret commandaient. Dès que le roi 
d'Angleterre eut connaissance de ces dispositions, il se 
porta au-devant des Français. 11 remplit ses plus forts bâ- 
timents d' archers et les plaça aux deux extrémités de la 
ligne. De deux en deux bâtiments d'archers, il en mit un 
monté par des gens d*armes. 11 forma une autre ligne sur 
le cdié comme corps de réserve, et remplit également d'ar- 
chers les b&timents qui la composaient et qui devaient sou- 
tenir et secourir ceux qui en auraient besoin. La flotte 
anglaise, commandée par les amiraux Morley et Crabbe, 
s'avança dans cet ordre sur celle des Français qui l'atten- 
dit au mouillage. En voyant les Anglais tourner pour 
gagner le vent, on crut tout d'abord qu'ils prenaient la 
fuite, mais on revint bientôt de cette erreur. Barbavera 
seul ne s'y méprit pas, et n'ayant pu obtenir de ses collè- 
gues qu'on prit une position moins désavantageuse que 
celle qu'ils avaient choisie, il sortit de la baie avec toutes 
les galères d'Italie. Une nuée de flèches obscurcit bientôt 
l'air et, en un instant, le tillac des navires français fut 
couvert de morts et de blessés. Profitant de la confusion 
qui en résulta, les Anglais allèrent & l'abordage au moyen 
de leurs grappins en fer. Un renfort de navires flamands 
qui arriva dans ce moment décida la victoire eu leur fa- 
veur. Commencé à six heures du matin, le combat cessa à 
trois heures du soir. Les pertes étaient considérables des 
deux côtés, mais particulièrement parmi les Français. I^urs 
deux amiraux avaient été pris et furent mis à mort; Hugues 
Quiéret fut a&sassiné de sang-froid, Béhuchet fut pendu au 
mit de son bâtiment. 

Les hi^tonens sont unanimes à attribuer la défaite des 




54 BATAILLES.— i340. 

Français à la jnésintelligence qui régna entre leurs cbeCi 
et au peu de talent du trésorier de la couronne Bébucbet 
lequel, disent les grandes chroniques, itoit plu$ capabU 
ùc se mêler de comptes que de guerroyer sur mer. Il avait 
( on)posé les équipa(;es des bâtiments français de pècbean 
et de marins sans expérience, el ne voului oncq^e$ saufnr 
'jenlilhomme ou bon sergent^ parce qu^U lui sembloU quiU 
vouloietit avoir de trop grands gages el, pour avoir bom mot* 
rlii^ prit pauvres poissonniers et pauvres mariniers ; et de tels 
fjetkn fut son armée (1). Barbavera avait.ezprimé l'avis que 
la flotte ne restât pas à l'ancre auprès de la côte el qu'elle 
se portât à la rencontre des Anglais; mais les amiraux fran- 
< aU séuieiit obstinés à rester au mouillage près de terre, 
ontasMfs dans une anse. Cette mauvaise disposition les em* 
l>ëclia de faire agir toutes leurs forces ; leurs bâtiments se 
génèrent mutuellement et ne purent se porter secours. Les 
chefs et les équipages français montrèrent dans cette dé* 
sastreuse journée à laquelle on donna le nom de combat de 
rivcluse, autant d'ignorance que décourage. Lasupériorité 
dont les marins anglais firent preuve est facile à expliquer. 
Ln conimerce maritime déjà étendu et protégé par des in- 
stitutions libérales, formiût les habiles et audacieux navi» 
i^ateurs des ports d'Angleterre. En France, au contraire, 
r industrie languissait étouffée par la fiscalité insatiable 
d'un pouvoir sans frein légal, et les vieilles provinces anno* 
licaines n'abritaient guère dans leurs pons que des ba* 
teaux pécheurs. De grosses nefs construites & la bâte et 
intuitifs par des matelots qui n'avaient jamais navigué que 
iluii.^ de> embarcations de pèche, telle était la flotte de 
Pliil.ppi^leBeK 

I. s Anglais perdirent A,<H>0 hommes dans cette journée 



/Vift.iiiyii-»^ «/. Fr.fj'V. - On voit i]uc lr<i rhraniqutiir? de TépoqM •*•> 

' !••&• «ur le rorruîi m-nt maiiUiiio W'i n\te^ qui ont cODtribie à immortiliMr 

i* iiioi!»tration lie r.oiiiofi 




^ BATAILLES. -1340. 

dimeû^onsi et la force des bâtiments étaient déjà telles, que 
1^3 cimiraux sentirent la nécessité de prendre un ordre 
de marche propre au combat et de faire» préalableineiii, 
uu lH>n dis|X)sitif de défense. Malheureusement, ces idées 
av;uicêes qui étaient celles de Barbavera,' ne purent pre- 
Y^Uoir sur l'obstination de ses collègues. La première appii- 
oaiiou de cette idée appartient donc à Edouard III et à ses 
amiraux. Jusqu'à cette époque, Tordre de front était seul 
en usage pour les vaisseaux ronds, et voici comment Piui- 
tero Pantera (1) rend compte de la raison qui faisait pré- 
férer cet ordre à tout autre : « Quant à l'ordonnance des 
u vaisseaux ronds, dit-il, celle qui les range sur un seul 
« front étendu fut toujours regardée comme la meilleure 
u ))ar tous les habiles praticiens de la marine et par les 
« hommes qui se sont battus sur mer, non-seulement parce 
« qu'elle occupe un grand espace, et qu'ainsi les nefs ne 
« s'embarrassent pas l'une l'autre, et que la flotte ne peut 
« être attaquée par le flanc, un seul navire pouvant re- 
« cevoir le choc, mais encore, parce que sous Tin- 
« fluence d'un même vent, toute l'armée peut se porter à 
«•la fois sur l'ennemi. Et cela, elle ne pourrait le faire*» 
« elle était rangée en demi-lune, parce que les nefs des' 
a deux cornes n'ayant pas le corps dans la même direcUoo 
u que la bataille, et les proues se trouvant opposées l'une 
Cl à l'autre, le même vent ne pourrait servir les cornes et 
(t la bataille dans une attaque contre une flotte ennemie 
k qu'on voudrait envelopper. Pour cette raison, dans Tor- 
u donnance des vaisseaux ronds, les deux cornes ne seront 
« d^aucun secours, ne pouvant envelopper Tennemi à cause 
u du vent qui, bon pour l'un, serait contraire à l'autre; 
u elles seraient une cause de désordre et de confusion pour 
n une flotte qui voudrait adopter cet ordre. Quant aux 
<i bâtiments à rames, au contraire, l'ordre en demi-lunie 



(1) Armata uawUe. 




BATAILLES.— 4340. 57 

• est estimé le meilleur parce que, portant poar ûnsi dire 
le vent en main, c'est-à-dire, pouvant naviguera la rame, 
a ils peuvent, par diverses routes et dans le même temps, 
u aller attaquer de front et sans obstacle le corps d'armée 
« de la flotte ennemie et, avec les cornes droite et gauche, 
<c le prendre en flanc. Ils peuvent aussi l'envelopper et se 
u retirer de la mêlée si le danger devient trop grand, n 

' Voici maintenant, selon le même auteur, l'ordre que les 
vaisseaux ronds devaient tenir dans une armée navale, u Si 
« les vaisseaux ronds sont nombreux, il faut que ceux de 
« chaque escadre suivent leur chef et soient répartis selon 
Cl leurs qualités particulières. Au besoin, on pourra per- 
(I mettre que les vaisseaux s'entremêlent, grands et petits, 
a quand ils seront de la même corne ou du corps de ba- 
u taille. Et comme le front sera très-étendu quand l'armée 
u sera nombreuse, l'amiral qui doit être au centre ne 
u pourra donner des ordres à toute sa flotte. U mettra 
« alors loi navires les plus forts et les plus grands sous It^s 
u ordres de personnes graves et prudentes qui les guidr- 
<i ront, conformément aux ordres émanés du bâtiment ami- 
« rai, pour le plus grand bien du service. Les navires les 
a plus grands et les mieux armés seront placés aux deux 
n flancs et particulièrement à celui qui est au vent ; ils se- 
u ront comme des remparts défendant les navires moins 
a forts de toute agression. On fera en sorte que, dansl'or- 
« dre de bataille, les vaisseaux ronds se tiennent éloignés 
a les uns des autres d'une distance égale seulement à trois 
« ou quatre fois la largeur d'une nef. Cet espace est à la 

• fois nécessaire pour rendre les mouvements faciles et 
a pour que, dans la mêlée, un seul vaisseau n'ait pas affaire 
« à deux ennemis, et l'on gardera en réserve quelques na- 
« vires, en dehors de la ligne de bataille, pour aller pen- 
« dant l'action porter secours à ceux qui pourraient en 
u avoir besoin. Les petits navires, comme les patacbes, les 
u caravelles, etc., ne devront jamais prendre place sur le 
m front de bataille, mais rester derrière la ligne principale. 




hH BATAILLES.— i340. 

a ttoit au centre, soit aux cornes. Comme ce sont des bftti- 
u ments légers* ils pourront se porter partout où le besoin 
il les appellera, inquiéter Tennemi, le harceler, quelqpie 
u vent qu'il fasse, et pendant le combat lui faire beau- 
c coup de mal sans porter le trouble dans la ligne. » 

(( S'il arrive qu'une flotte de vaisseaux ronds prévoie 
« qu'elle sera attaquée en calme par des galères, et û ses 
< navires sont épars et fort éloignés les uns des autres, 
u ellr devra mettre promptement ses cbalou|)es à la mer, 
« ainsi que ses autres embarcations, et se faire remorquer 
u par elles pour se rapprocher d'un centre commun. Eu- 
H suite, chacun des navires ralliés se mettra en ligne de 
a flanc, présentant le travers à l'ennemi, afin de le tenir à 
« distance avec l'artillerie. Chaque vaisseau portera aide 
c et secours aux autres, et par ce moyen la flotte des bâ- 
<i timents ronds pourra lutter avec avantage contre les 
(( galères dont le tir, voisin de l'eau et s'attaquant à la 
c^ flottaison des nefs, est dangereux pour elles(l).» 

La piace des gros navires variait cependant selon les 
circonstances et, lorsqu'on combattait près de terre, on 
avait grand soin que la corne la plus rapprochée du ri- 
vage serrât la côte d'assez près pour que l'ennemi ne pût 
passer entre la terre et la flotte. 

L'ordre de bataille pour les nefs variait, du reste, sui- 
vant Toccurrence. Tite-Live raconte que Scipion ayant à 
repousser une attaque de bâtiments de guerre contre 
lesquels il ne voulait pas commettre imprudemment les 
navires à rames qu'il réservait pour la fin du combat, fit 
placer ses navires de charge sur quatre files de profondeur, 
en avant de ses galères, afin que leur quadruple épaisseur 
fût comme un mur protecteur entre lui et l'ennemi. Mais 
il ne les abandonna pas un à un aux caprices du vent et de 
la mer; il eut soin que ces quatre rangs ne fissent qu'une 



f 1) J*ai emprunté cé$ HéUiU ft plaM^om aatr^^ rcUliff «qx siviree dtt pn- 
kretèfoqaei' à V Architecture navo/e d« M. JaI. 




aeute IM8M; et pour que tous les navires de charge rea* 
tiiwent bien à leurs postes respectifs, il fit jeter de l'un à 
Tautre les mils et les vergues de chacun. Sur ces mâts et 
vergues fortement attachés aux plats bords, il fit poser des 
planches, de telle sorte que ce corps de navire fût comme 
une vaste place d'armes où les machines à jet fussent com- 
modément placées et où les soldats pussent agir coomie 
sur les larges plates-formes des fortifications. 

La tradition de cet ordre de bataille n'était pas perdue 
au quinzième siècle, et nous voyons les Vénitiens en appli- 
quer les principes à la bataille de Durazzo. Anne Com* 
nène (1) décrivant les apprêts des grandes nefs de Venise 
dit que, le vent leur ayant manqué, elles se mirent sur un 
rang et se lièrent l'une à l'autre. Cette manière de combat- 
tre se trouve également consignée dans Torfeus(2). 

L'ordre de bataille choisi par Edouard 111 au combat de 
l'Écluse devint pour ainsi dire la règle. C'était encore celui 
en usage au commencement du xvii* siècle. Nous verrons 
cependant qu'on dérogeait parfois à cette habitude et que 
l'amiral d'Annebault, en 1545, marcha à Tennemi sur 
trois colonnes. 



1SA2. — La guerre était à peine terminée en Flandres, 
qu'elle fut transportée en Bretagne. Jean de Montfort et 
Charles de Blois se disputaient cette province, et chacun 
des deux compétiteurs mit la France ou l'Angleterre de 
son parti. Edouard se déclara pour le comte de Montfort 
et Philippe pour Charles de Blois. On sait que lorsque le 
comte de Montfort eut été fait prisonnier, la comtesse sa» 
femme, bloquée dans Hennebon par les Français, défen- 
dit cette ville jusqu'à ce qu'une flotte anglaise fût venue la 



(I) Amm/r Ctmmemr Porpkyrogemiim , etc. 
b) ttiftona 




60 BATAILLES. — i34S-137t. 

dégager. Voyant le parti de Charles de Blois supérieur an 
sien dans toute la Bretagne, elle alla en Angleterre solli» 
citer un nouveau secours qu'elle obtint facilement et revint, 
à la fin de juillet^ avec i6 bâtiments dont le coniaïaiide- 
ment avait été donné à Robert d'Artois. A la hauteur de 
l'Ile Guernesey, elle rencontra la flotte française composée 
de 32 voiles dont 9 gros vaisseaux ; Louis d'Espagoe la 
commandait et sous lui, Aitbon Doria pour les Crénois et 
Charles Grimant pour les Français. Le combat fat opinii- 
tre ; la nuit le fit cesser ; les Anglais avaient perdu h na- 
vires. De part et d'autre on avait l'intenUon de recommen- 
cer le lendemain ; mais un coup de vent sépara les deux 
flottes; les Français prirent le large et les Anglais purent 
atteindre Vannes. 

1346. — Les Français ne furent pas heureux dans une 
rencontre qu'ils eurent cette année avec les Anglais. Le 
12 juillet, Edouard entra à la Hougue avec une flotte de 
plus de 1000 navires, s'empara des principales villes de 
Normandie, gagna la bataille de Crécy et mit le siège de- 
vant Calais. Cette ville arrêta un moment le cours de ses 
succès. Forcé d'avoir recours à l'Espagne, Philippe de Va- 
lois conclut avec l'amiral de Castille un traité d'après le- 
quel celui-ci s'engageait à lui fournir 200 bâtiments mon- 
tés chacun par 100 hommes de guerre dont 25 devuent 
être arbalétriers. Il ne put cependant envoyer au secours 
de Calais que 70 bâtiments et 12 galères qui furent défaits 
par la flotte anglaise. Philippe ne réussit pas mieux sur 
terre ; il fit retirer ses troupes, et Calais capitula. 

1372. — Edouard 111 qui appréciait l'importance de la 
Rochelle alors occupée par ses troupes, ayant été informé 
que Charles V allait faire le siège de cette ville, chargea le 
comte de Pcmbroke de la ravitailler. L'épuisement du 
royaume ne permettait pas au roi de France d'avoir un ar- 




BATAILLES.— I37M 177. 61 

mement permanent. Instruit à temps des intentions de 
rAngleterre, il fit avec Henri, roi de Gastille, un traité par 
lequel celui-ci s'engagea à lui fournir 5S bâtiments dont 
AO de grande dimension ; ces bâtiments reçurent des équi- 
pages français, mais ils furent placés sous le commande- 
ment de l'amiral castillan Ambrosio Boccanegra. Dès que 
les Anglais parurent, les Français appareillèrent, gagnè- 
rent le vent et fondirent sur eux. Le choc fut trèsfrude. 

. ..,11» 

Les bâtiments français lançaient des pierres d'une énorme 
grosseur avec leurs machines et fracassaient les navires 
anglais. La nuit mit fin à la lutte. Les Anglais avaient perdu 
2 navires. 

Les Anglais, qui avaient été ralliés par quatre navires 
rochellois, recommencèrent le combat le lendemain. Anglais 
ou Rochellois furent tous pris ou coulés et le comte de 
Pembroke fut fait prisonnier. 



1377. — Au commencement de Tannée 1S77, une flotte 
de 1& gros vaisseaux et de S galères, commandée par Ro« 
drigues Le Roux, amiral de Castille, établit le blocus de la 
Rochelle et l'obligea, ainsi que la plupart des villes du 
Poitou et de la Guyenne, à ne plus reconnaître les Anglais 
pour maîtres. Edouard d'Angleterre mit de suite en mer 
une flotte de 400, ou selon d'autres de 800 navires, et em- 
barqua sur ces bâtiments une armée nombreuse dont il 
prit lui-même le commandement. Contrarié par les vents, 
il erra pendant deux mois le long des côtes sans pouvoir 
aborder nulle part et retourna en Angleterre. Charles pro- 
fita de ces circonstances pour armer un grand nombre de 
bâtiments qui, réunis à ceux de Castille, formèrent une 
flotte de 120 navires. Jean de Vienne, amiral de France et 
Ferrand Sausse, amiral castillan, en prirent le commande- 
ment. Au mois de juin, les alliés firent plusieurs débarque- 
ments sur les cAtes d'Angleterre et brûlèrent l'Ile de Wight, 
les Tilles de Dartmoath, de Plymouth et plusieurs antres. 




$t BATAILLES. — 1 ÎTT.iW?. 

Ces deux batailles eurent de grandes conséqtieiiees, tm 
elles entraînèrent la soumission du Poitou, de rAngomnob 
et d'une partie de la Guyenne. Ces faits et raocession de 
la proyince maritime du Dauphiné atténuèrent un ^ea le» 
résultats du désastre de Grécy. 



1S86. — Charles VI forma cette année un projet d'ex- 
pédition gigantesque contre TAngleterre. Dans ce bot, il 
réunit à TÉcluse 1287 bâtiments de guerre; 72 autres, ar» 
mes en Bretagne, devient rallier plus tard. Des matériMi 
travaillés pour établir une grande quantité de maiMDS en 
bois araient été embarqués sur ces bâtiments ; ces maiaoDS 
pouraient être montées facilement lorsqu'on le Jqgenit 
convenable. Mais cette entreprise avait été combinée coii- 
tre l'avis du duc de Berry qui avait un grand aeeendint 
sur l'esprit du roi, et ce prince la fit avorter par des retards 
et des délais affectés. Le temps favorable à la navigation se 
passa, et lorsque le connétable Olivier de CUsson, qui avait 
le commandement des navires bretons, mit à la voile pour 
se rendre à TÉcluse, la saison était trop avancée pour qne 
la traversée ne fût pas plus ou moins contrariée. Quelques- 
uns de ses bâtiments firent côte, d'autres sombrèient et 
ceux qui arrivèrent avaient des avaries qui les rendaient 
momentanément incapables de rendre de bons services. Le 
reste de l'année se passa dans l'inaction. 



1387. — Rassurés sur les projets du roi de France, les 
Anglais établirent des crobières sur les côtes de Bretagne 
et de Normandie. La dernière rencontra une divirion de 
navires flamands conduits par Jean de Buch , amiral de 
Bourgogne, et l'attaqua. Les Anglais furent reçus avee 
une vigueur qu'ils ne devaient pas s'attendre à rencontrer 
dans des navires du commerce et perdirent beauooop de 
monde. Les Flamands combattirent en continuant 




BATAILLES - 1 3t7-i 405. 63 

route, et leurs petits navires se réfugièrent à la côte au 
milieu des bas-fonds. La lutte dura quatre heures et cessa 
à la nuit; on avait perdu plusieurs navires de part et d'an- 
tre. Le combat recommença le lendemain, à U hauteur de 
r Écluse, avec la même ardeur que la veille ; mais le navire 
que montait Jean de Bucb ayant été pris, sa perte décida 
le sort des autres. Le comte d'Arundel qui commandait la 
flotte angliuse voulut profiter de sa victoire pour brûler 
tous les navires qui étaient à l'Écluse. A cet effet, il trans- 
forma quelques-uns de ceux qu'il avait capturés en brûlots 
et les lança dans le port Cette tentative échoua. Après 
quelques exactions sur la côte, les Anglûs rentrèrent dans 
lei^ pèrts. 

Le fllOOTement qui s'opérait en Angleterre , à cette épo- 
que, ^tre le roi Richard , détermina le roi de France à 
tenter une expédition contre ce royaume. Hais afin d'éviter 
les embarras d'un grand armement, il forma deux flottes, 
l'une à Tréguier, sous le commandement du connétable 
Olivier de Clisson , l'autre à Harfleur, sous les ordres de 
l'amiral Jean de Vienne. L'arrestation du connétable par 
le duc de Bretagne (juin 1S87) fit avorter cette entreprise. 
l^ flotte (le Normandie sortit seule, battit celle des Anglais 
commandée par Hugues Spencer et lui prit 6 bâtiments. 

IftOS. — Au mois de juillet, SO vaisseaux, commandés 
par les sires Guillaume du Chatel et de Penhoêt, père et fils, 
livrèrent aux Anglais, près de Saint-Mathieu, un combat où 
ils leur prirent àO vaisseaux, tuèrent ôOO hommes et firent 
1,000 prisonniers. 



1A05. — Jean de Penboét, amiral de Bretagne, attaqua 
de nouveau les Anglais, il leur prit ou coula un grand 
nombre de vaisseaux et fit 2,000 prisonniers. 




.j4 JATAILLES.-1 457-1601. 

^jux-y ^ |j^ marine fut languissante sous Charles VII et 
*;(ia$ Liwi* XI ; *^ '*^** excepte un armement fait en 1 457 
iatu^ itit bac d eicursions sur les côtes d'Angleterre, elle ne 
prit aiucttoe part aiu guerres de ces deux règnes. 



ll*,!^, Le duc d'Orléans se rendant à Naples avec 

TTtAùmmts ou, selon quelques historiens, avec 18 ga- 
l^r^« $ galéasses et 9 au très, navires, pour attaquer cette 
place et s*eD emparer au nom du roi Charles VIII, apprit 
(Mte D. Frtdéric d'Aragon, frère du roi de Naples, tenait 
U 0^ *vec 18 bâtiments et 35 galères et qu'il s'était em- 
para de Rapallo, petit port du golfe de Gènes. Les Français 
# portèrent à sa rencontre ; mais le prince Frédéric ne 
Youhit pas courir les chances d'un combat et se retira à 
Utooroe. Le duc d'Orléans attaqua Rapallo par terre et 
par mer et s'en rendit maître. 

Ce fut au siège de Rapallo que, suivant Guichardin (1), 
00 se servit pour la première fois de canons à bord des 
bâtiments dans la Méditerranée. Il dit que les Français en 
rendirent l'eiïet plus terrible en employant des boulets en 
fer à la place des boulets en pierre dont on s'était servi 
jusque-là. Froissart (2) parle pour la première fois de 
canons dans la description du combat qui eut lieu dans la 
Manche, en 1387, entre le comte d'Arundel et l'amiral de 
Flandres Jean de Buch. Cet historien dit que le vaisseau 
amiral flamand avait 3 canons. 



i 501 . — Louis XII, dans le double but de seconder l'armée 
de terre envoyée à la conquête de Naples et de tenter une 
croisade contre les Turcs, arma un grand nombre de vais- 
seaux dans les divers ports de France. Au nombre de ceux 



(I) Uixioirt' tiei guerres (T Italie. 
(S) Chroniques. 




RATAILLBS.— 150f-i5it. «5 

qui furent armés à Brest étaient la Cordelière et la Charente 
que la reine Anne avait fait constraire par l'inventeur des 
sabords, l'ingénieur Descharges, qui leur avait donné des 
proportions jusqu'alors inusitées. Chacun de ces vaisseaux 
poruUt 200 canons dont 1& à roues, et 1200 hommes 
d'équipage. Le commandant en chef de la flotte était Phi- 
lippe de Cléves de Ravestein. Parvenu le 16 août devant 
Metelin (l'antique Lesbos) il y débarqua ses troupes qui, 
jusqu'au 29 du même mois, livrèrent à cette ville trois as- 
sauts infructueux. L'expédition avorta par suite de la tra- 
hison des Vénitiens, alliés de la France ; non contents de 
livrer passage à la flotte turque, ils refusèrent des vivres 
aux vaisseaux français. 



1512. — Le 10 août de cette année, une grande 
navale eut lieu à la hauteur de Saint-Mathieu, non loin de 
Brest. Louis XII, voulant arrêter les déprédations des An- 
glais, avait fait armer des vusseaux français et bretons, et 
il en avait confié le commandement en chef au breton Jean 
de Thénouénel. Ce commandant, informé qu'une flotte an- 
glaise, aux ordres de Thomas Kemevet, approchait avec 
l'intention d'entrer dans le port, alla à sa rencontre. Le si- 
lence d'une partie des historiens contemporains, Tobscurité 
ou les contradictions des autres ne permettent pas de pré- 
ciser rigoureusement l'eflectif des deux flottes. Toutefois, 
si les historiens anglais varient quant au nombre des vais- 
seaux de leur nation, que les uns portent à 80, les autres 
à S9 seulement, il parait y avoir accord entre eux et les 
écrivains français pour reconnaître que l'armée commandée 
par Jean de Thénoo^el, indiquée le plus généralement 
comme composée de 20 navires, était, quelle que fût sa 
force réelle, Inen inférieure à celle des Anglais. Obligés de 
suppléer au nombre par l'adresse et la valeur, les franco- 
bretons employèrent une tactique qui leur donna Tavan- 
tage. Ils combattirent d'abord au vent, et laissant porter 




66 RATAILLES. — 161t. 

aor rennemi, iis rabordërent. Plas de la moitié des bftti<- 
rnents anglais fureut coulés. La Cordelière^ capitaine Heiré 
de Pùrtsmoguer (1) , prit une part glorieuse à raction. U 
semblerait, d'après les diverses relations du combat, jrap* 
[MYicbéee les unes des autres, que le vaisseau français, après 
avoir coulé ou forcé à fuir quelques navires de mmndre 
importance, se trouva aux prises avec les deux forts vais- 
seaux RfiGENT, capitaine Keraevet, et Soveeeign, capitaîM» 



(1) Son lOBBy Irinsforroè en celui de Frwumguet par le chrenineir Allia 
Ponchard et par ses copistes Martin du Bellay, d'Argenlré, D. LobÎBeai et 
B. Herke, a encore été plus on moins alléré par Belcariuk, Pa«l J«vo, le ce»- 
tinuateur de Monstrelety Mézeray, le P. Daniel, le P. Leiong, Dam, •!«., fu 
l'appellent Primoguer^ Priinaugny, Prima udet , Primauget , Portemo- 
guer, etc. L*inexactitode de ces variantes dn Tèritable nom da capilAÎne bre- 
ton e»t démontrée : 1* par Tépitaphe que lui a consacrée on de ses coalempo- 
rainsy Germain Brice, secrétaire de la reine Anne, dans le poCne lain 
■amerit iatitilé : cUmÊigenr navit conflâgralio iBibliolbèqve iwpÉffialf, 
0* 7,568); S* par les papiers de famille dont le TÎce-amiral Thiè?eB«rri tTait 
eu commonicalion et où il avait acquis la preuve que le commandant dq Taie- 
seao la Cordelière était Henré de Portsmoftver, gentilbomme du Rm I>m 
{Mémoires relatifs à la marine. L 11. p. 5t) ; 5* par ce paasage de rècîl 4i 
combat de la Cordelière, inséré par M. Miorcec de Kerdanet, p. •• de ta ee»- 
▼eHe Notice sur Soire-Dame du Folgoèt e sur ses emtinms: m Le jev êê 
saioct Laarent l'an mil cinq centz douze, s'entrerencontrerent U carragee 4e 
Bretaifcne nommée la Cnrdelyèrr et la carrugue d'Angleterre nommée U Ht- 
MirrR bien prêt da Raz de Saint- Mahé et combattirent jesqees à la iMt» 4a 
sorte qu'ilz s'cutrebrusierent tous deux, et bruslerent comme cbeeet eUes ; el 
tous ceux qui dedans estoient moururent, sinon bien peu qui s'échappèrent à 
force de nager. » Or ce Henré de Portsmogoer auquel M. de Kerdanet denM 
pour demeure le manoir do Coatjuoval, près la cbapelle de Folgoét, éUiC 
l'oncle de Pierre du Louët, auteur du récit qu'on fient de lire. Il n'y m denc 
pas de dente possible eor le véritable nom du capitaine de la Cordelière, On 
doit croire que ce marin appartenait à la famille de Portmiogner de Pleanr» 
zel, dans le Ba^1>on, qui comptait sept générations à la réformation de fSTt 
et avait peur devise t Var vor^ ha vtir zouar {sur terre et sur mter). En ITVl, 
il y avait dan» la marine militaire un enseigne de vaisi^eau du nom de tata- 
môgueur. En IKn, deux matelots de ce nom étaient embarqués sur In frégate 
/« Néréide. En 1«U. il existait à Saint Pol-de-Léon un habiunt dn nés de 
Portmogueur. Enfin, les registres de l'hospice civil de Brest font mentien d*nn 
don de Christophe de Portsmogueur et de René de Portsmogoer, een Ib, en 
1719. 

Le combat du 10 août 1.SI8 a fourni à M. Jal le sujet d'une intimMinln 
étude qu'il a insérée dans les Annalet maritimes du mois de décembre IBU 
et tirée à pnrt sont ce titre : Marie la Cordelière (xvr siècle). — Kirnde pmsr 
unf histoire de la marine française, Paris Imprimerie royale, IS4S, h ep^ 
in-g. il a complété ce travail par un errata de 15 pages inséré dans lee 4m^ 
nulea mariâmes de 1845. 




RàTAILLRS. — IMt-filS. 01 

Ghtrles Biudoii, qui le placèrent entre dec» fmx, la €<fl^ 
àeUèrê ayant TaTantagre du vent sur le RBORirr, mfaiflrélatt 
aaoa le feut du Sotbiki^n. La camimade dura ainsA qQ€^ 
q«e tenpa ¥i?eet bien somenue; mais un des mftts du Sd>^ 
nraii€ii ayant été eoupé par l'artillerte de la CarddUrt. 
Ciiariee Branden ftit obKgé de laisser arriver ce qui le 
sasva. Privé de Tappui du SoveaciGii , Thomas Kemevet^ 
qs'aviJl rejoint mi petit navire continna le combat. Bientôt 
il Ait reofercé d*un second auxiliaire qui, évoluant au- 
tour du navire français, parvint à lui faire plusieurs voies 
dtemâ. Cependant Portsmoguer serrait de près et canon- 
Mût saiMi relâche RBeEirr qui fuyait sous le vent. Il réussît 
enfin à Taborder* Thomas Klemevet fit alors jeter sur ht 
fordêUére dee artifices et toutes sortee de matières inffam^ 
mablee. L'incendie se propagea rapide m en t et se commu- 
niqua au Rer.Birr dont Portsmoguer ne votrfut pas se d^ 
tacher afin qu*il partageât son sort. Les deux vaisseaux ne 
tardèrent pas à s* engloutir. 



IMS. — Ce que les Anglais n'avaient pu» fUre en fMS; 
ils le tenlfereni, mais sans plus de succès, au prtntenlt» 
de Tannée suivante. Henri VIII ayant ordonné à Edward 
Howard de prendre la mer avec AS vaisseaux de guerft et 
un ceruin nombre de frégates et de bâtiments de trans> 
port, cet amiral se dirigea sur Brest d*où une flotte n'atten- 
dait pour sortir que ranlvée de Prégent de Bidout qtt 
venait de battre une flotte génoise dans le port de h 
Sipetzia, et auquel il avait été enjoint de conduire^ dins 
rOcéan six galères, les premières qui soient venues de li 
Méditerranée dans cette mer. Après avoir fait une descente 
dans le port et ravagé les environs (1), Howard était allé 
mouiller à rentrée de la rade. Prégent de Bidouz appra* 



i IMtêtà, Bùtoire m&^ê é'àu fh Utft, I. If^ 




lUTAlLLES.— 1613-1524. 

icTiv^ Avec ses six galères et qaatre fusles, 

. ^ ^ )i^ forces des Anglais, jugea pmdent de se 

*%)ri t)^ l^ur attaque dans la baie des Blanc8-Sa- 

***** ^^ ^ Oonquet, sous la protection des batteries 

^jiii,v>*r *îwi* rochers. Dans l'espoir qu'il en aurait bon 

^>^ r^Miral anglais se détacha de son année arec deax 

^^^^^^ fifm^ges , deux chaloupes et deux galères dont 

X%^ ,?«àt montée par lui, et l'autre par lord Ferrers. 

xv^M^^Ai^^' le 25 avril, vers la galère que commandait Prft- 

\^ ^ Bidoux, il l'aborda et sauta sur le pont» saÎTi de 

^\ c^^t anglais et d'un chevalier espagnol nomaié Garroi. 

( A $^r^ anglaise s' étant écartée de celle de Prégent de Bi- 

^|^\« w>it par suite d'une manœuvre de ce dernier, soit par 

i^i« autre cause, Howard et les siens se troarèrent à la 

m^ des Français qui les précipitèrent à la mer. La mort 

^ l*amiral détermina les Anglais à s'éloigner (1). 



162A. — 33 bâtiments de diverses grandeurs sortirent, 
cette année, de Marseille pour concourir à la défense de la 
Provence attaquée par le connétable de Bourbon aaqoel 
Charles-Quint en avait promis la souveraineté. Le comman- 
dant en chef était Lafayetie, amiral des mers du Levaot; 
le génois André Doria servait en sous-ordre. Un combat 
eut lieu devant Nice ; les ennemis y perdirent 3 galères, 
et Doria fit prisonnier le prince d'Orange. La grosse tour 
que Louis Xli avait fait bâtir à l'embouchure de la petite 
rade, se défendit vigoureusement; mais, abandonnée par 
l'armée navale qui s'opiniâtrait à garder les lies de Mar- 
seille, elle subit le sort du reste de la Provence. Le comiA* 



(t) Paul JoTe (p. IM) dit qoe le corps d'Howard, rejeté par lee ItCs wm U 
rïTage. fot reconoo parce qae cet amiral portait taspeoda ai col m cocmI 
d'or « qui e»t pour honoorable marque du capitaine de mer ainsi qit Im f^ 
trons et oilatf s des nau«, souflDant dedans tels cornets comme en im i«lt, mI 
nccoustume d'aTaocer ou arrêter les nantonniers en leurs elMrgit ptr tfviit 
svns et «iblements, faictti quand il est besoing. m 




68 BATAILLES. —1543-4524. 

nant, à son arrivée avec ses six galères et quatre fustes, 
la position et les forces des Anglais, jugea prudent de se 
mettre à l'abri de leur attaque dans la baie des Blaocs-Sa- 
blons, près du Conquet, sous la protection des batteries 
établies sur deux rochers. Dans l'espoir qu'il en aurait bon 
marché, l'amiral anglais se détacha de son année avec deux 
grandes ramberges , deux chaloupes et deux galères dont 
l'une était montée par lui, et l'autre par lord Ferrers. 
S'avançant, le 25 avril, vers la galère que commandait Prô- 
gent de Bidoux, il l'aborda et sauta sur le pont, suivi de 
dix-sept anglais et d'un chevalier espagnol nommé Carroz. 
La galère anglaise s'étant écartée de celle de Prégent de Bi- 
doux, soit par suite d'une manœuvre de ce dernier, sent par 
toute autre cause, Howard et les siens se trouvèrent à la 
merci des Français qui les précipitèrent à la mer. La mort 
de l'amiral détermina les Anglais à s'éloigner (i). 



152&. — 33 bâtiments de diverses grandeurs sortirent, 
cette année, de Marseille pour concourir à la défense de la 
Provence attaquée par le connétable de Bourbon auquel 
Charles-Quint en avait promis la souveraineté. Le c(Hnmao- 
dant en chef était Lafayette, amiral des mers du Levant; 
le génois André Doria servait en sous-ordre. Un combat 
eut lieu devant Nice; les ennemis y perdirent 3 galères, 
et Doria fit prisonnier le prince d'Orange. La grosse tour 
que Louis XII avait fait bâtir à l'embouchure de la petite 
rade, se défendit vigoureusement; mais, abandonnée par 
l'armée navale qui s'opiniàtrait à garder les lies de Mar- 
seille, elle subit le sort du reste de la Provence. Le conné- 



(1) Paul iof e (p. 1S8) dit qii« le cohm d'Howird, rejeté par les lots s«r It 
rîTage. fut reconoa parce que cet amiral portait Mipeada an col m cotmI 
d'or « qai e«t poor hoonorable marque da capitaiDO de mer alaii q«o loi pa- 
troos et Dîlotftfl det naos, •oafflaat dedaat tels coraets comme oa «ao iaHo, oat 
accoostamè d'afaocer oa arrêter les oaatooaiers oa loart cbargot par éknn 
•«Bt et siblemeats, faictt qaaad il est botoiaf . • 




BATAILLES. — 1584-16S8. 69 

Uble, selon Bouche (1 ) « en tira a de très-gros et épouvan- 
tables canons » dont il se servit au siège de Marseille que 
Prégent de Bidoux contribua à faire avorter. 



1528. — La victoire que Charles-Quint venait de rem- 
porter à Pavie détermina les souverains de l'Europe les plus 
menacés à former une coalition pour s'opposer aux progrès 
d'un vûnqueur qui pouvait les accabler. En exécution des 
engagements que prirent les confédérés, i vaisseaux fran- 
çais, h galions et 16 galères; 11 galères du pape et 13 ga- 
lères vénitiennes furent réunis à Livoume sous le comman- 
dement supérieur de Pedro Navarre. La flotte alliée 
rencontra 26 bâtiments espagnols à la hauteur de Sestri et 
les attaqua; le vice-roi de Naples les commandait. A la 
nuit, les Espagnols se retirèrent très-maltraités à San Ste- 
fano; un de leurs bâtiments avait été coulé. 

Cependant le roi de France poursuivait ses projets sur 
le royaume de Naples. Pendant que Lautrec faisait le siège 
de la capitale. Philippin Doria la bloquait par mer avec 
8 galères génoises et 2 vaisseaux de guerre français. Le 
mauvais temps ayant obligé ces bâtiments à chercher 
on abri à Saleme, le vice-roi de Naples forma le projet 
de les y surprendre. II lit embarquer 1000 arquebusiers 
espagnols sur 6 galères, A fustes et 2 brigantinset, quoi- 
qu'il se fût embarqué lui-même sur la Capitane, il donna le 
commandement de l'expédition à un capitaine expérimenté 
nommé Gobbo. Cette division, qu'on avait renforcée d'un 
grand nombre de barques de pécheurs, se djrigea sur Sa- 
leme. Mais les Français et les Génois étaient sur leurs 
gardes, et une surprise n'était pas chose facile. Doria crut 
devoir cependant user de ruse. Il fit sortir deux de Bes ga- 
lères en leur prescrivant de simuler une retraite du côté 



(1) Ckoroçraphie êi descriptiom de U hravemee, tic. 




du iê£ge. Qobbo les fit poursuivre. Sortant dors luMutet 
avec le$ 4eux vaisseaux et ses autres galères, Doria douia 
la chasse à la divinloo uapolitaiDe, et ayant réussi à «t» 
teindre la galère montée par le vice-roi, il l'attaqua. Les 
deux galères qui gouvernaient au large pour diviser les 
forces ennemies cbaogërent alors de tactique et« prenant 
l'offensive, elles engagèrent le comiiat avec les MtftmeDte 
ennemis ks plus avancés : la lutte devint générale. La ga^ 
1ère du vîce-rei fut désemparée et celle de Gobbo Ait 
coulée; deux autres furent prises. Les fustes et les ancres 
navires restèrent au pouvoir des Français ; 2 galèras seules 
rentrèrent à Naples. Le nombre des tués et des blessés étMl 
considérable. Le vioe-<t», qui cotfiptait pami les denMrs, 
mourut de ses Ueesures. 



1ÔA6. — François l**, au début de son règne, avût porté 
riigards sur la marine, fin 161&, il avait fait faire une visite 
des cdtes de France, afin de reconnaître l'endroit le plus pro- 
pre i l'établissemeni d'un port. Le Havre, alors simple bour- 
gade, fut choisi, et Tannée ne s'était pas écoulée qa'on y 
commençait les travaux. Sa longue lutte avec GluirleB* 
Quint obligeât il est vrai, le roi de France à s'occuper plue 
spécialement de ses armées de terre. Toutefois, il ne perdît 
pas entièrement de vue la marine. Nous en avons la preuve 
dans la construction de magasins pour le service du port de 
Brest et dans la canalisation de la Vilaine, afin d'en fadliler 
l'approvisionnement; dans le soin qu'il prit, en lôU, de 
fortifier le Havre où des navires entraient depuis lètO; 
dans le traité qu'il conclut avec la Porte Ottomane et qui 
assura à la France le monopole des échelles du Levant, en 
mèuie temps qu*il lui confirma le protectorat des chrétiens 
de Syrie qui lui était dévolu, de fait, depuis les croisades; 
kiuiiïi dans Tappui qu*il prêta au célèbre armateur Ango et 
aux expéditioiiï» qu'entreprirent Jacques Cartier et Ro- 
b<>: val, exp/niitions qui devaient, dans sa pensée, réaliser 




BATAILLES. --15U. 71 

ioo détir d'obtenir sa part dans l'héritage d'Adam, dé}à 
démembré au proGt des Espagnols et des Portugais par ke 
découvertes de Vasco de Gama, de Christophe Colomb, 
d*Améric Vespuce, de Cabrai, de Femand Certes, etc. En 
1641 1 il reporta ses pensées sur la marine et semble avoir 
alors plus particulièrement songé à lui donner un caractère 
de fixité et de permanence dont il n*^vait que trop senti la 
nécessité, obligé qu'il avait été jusqu'alors de confier la dU 
rection des opérations navales à des personnages sans 
expérience de la mer ou à des marins étrangers dont les 
services n'étaient rien moins qu'assurés. Son premier pas 
dans cette voie fut l'édit du 19 mars 16A1« confirmant 
celui de 1517 en laveur de Philippe de i«habot, qualifié 
d'amiral de FVance, de Bretagne et de Guienne dans lea 
lettres d'abolition qui lui avaient été ex{)édiées au mois de 
février précédeiiL 11 fit plus. Après avoir pourvu Claude 
d'Aonebaut de rullice d'amiral, le 5 février lôA3, il lui 
donna pour lieutenant le capiuiiie Polain, baron de la 
Garde, déjà éprouvé dans maintes entreprises maritimes. 
Au mois de juillet 15Aô, il rassembla dans le port du Havre 
160 gros vaisseaux de guerre, 00 petits bAtiments et 23 ga* 
1ères; celles-ci avaient été amenées de la Méditerranée par 
la baron de Lagarde (1). Le commandement en chef fut 
donné à l'amiral d'Annebaut qui reçut l'ordre d'aller at- 
taquer la flotte anglaise et de pretîdre pied em AngUiêrrw ûà 
foeeoêion le présenterait. Le roi se rendit au Havre pour 
ioapecter son armée navale. Pendant qu'il était sur le vais- 
seau de 1(H> canons de fonte (2 • le Caraquon, la feu prit à 
bord et il fut impossible de l'éteindre. Ce vaisseau fut «i- 
tîèremeut consumé. L'armée navale arriva devant l'Ile da 



(t)C'éUJt U »«C0B<ie foi» que le» gAkre » fraarhi<^»AieDt U détroit àê 6i* 
ImUar. Pté^Bi dt Bi4««i (V. p. «7) Tavâil pêMé atM ^lalro talèrw fSM 
It fétM ^ecAdattt. 

(t) Dtt HelUy, Mèmotrtt. Heattcaire, Ktrum ^aihcarum commeniaria, 4ll 
fti tM easMft o'élaje«l, m f ra»d« lurti*, ^at idmim titillant. 




72 BATAILLES.— 1545. 

Wight, le 18 juillet; la flotte anglaise y était au mouillage. 
Le baron de Lagardç reçut l'ordre d'aller la reconnaître 
avec ses galères : il compta 60 bâtiments. Les Anglais, 
commandés par John Dudley, comte de Lisle, s'avancèrent 
de suite à sa rencontre; mais, après une longue canon- 
nade à grande distance, ils se retirèrent en dedans des 
bancs qui se trouvent à l'entrée de la rade de Portsmouth. 
Cette escarmouche fut sans résultats. 

L'amiral d'Annebaut disposa l'ordre de bataille pour le 
lendemain. Il se plaça au front avec 30 bâtiments, mit le 
sieur de Boutières à la droite avec 36 autres et le baron 
de Curton à la gauche avec le même nombre de bâtiments. 
Au jour, proGtant d'un calme plat, les galères attaquèrent 
les vaisseaux anglûs à leur mouillage. I^ vent s'étant 
élevé de terre dans la mattnée, les vaisseaux anglais appa- 
reillèrent et poursuivirent les galères, mais sans dépasser 
les bancs ; et lorsqu'ils virent les dispositions prises par le 
commandant en chef de l'armée française, ils retournèrent 
à leur mouillage. Perdant l'espoir de les décider à accepter 
la bataille au large, l'amiral réunit les capitaines et les pi- 
lotes en conseil et proposa d'aller les attaquer. Le conseil 
émit Topinion (|u'il y aurait témérité à s'exposer au feu des 
Anglais dans des parages où la manœuvre était si diflBcile. 
On se borna à ravager l'Ile de Wight. Après ce coup de 
main, l'armée fit route pour Boulogne, mais un gros vent 
la força à aller jeter l'ancre sur la côte d'Angleterre. 100 bâ- 
timents anglais vinrent l'y reconnaître. Le commandant en 
chef les fit chasser et canonner par ses galères jusqu'à l'en- 
trée du port. 300 coups de canon au moins avaient été tirés 
dans cette escarmouche de deux heures. Le lendemain, 
l'armée entière se dirigea sur la flotte ennemie, mais trou- 
vant sa pasition inattaquable, l'amiral reprit la route du 
Havre. 

On a pu remarquer que dans cette affaire l'amiral d'An- 
nebaut avait apporté une modification à la tactique suivie 
dans les combats sur mer. La disposition de son armée 




BATAILLES. — i54M55ft. 73 

préaenUit trois colonnes dauaque très-régulières. On com- 
mençait à comprendre qne le résultat d'un combat naval 
dépendait autant, sinon davantage, de la disposition des 
bâtiments et de leur manière de combattre, que de leur 
nombre. 

L*artiUerie devenait aussi l'arme principale des combats. 
Le nombre des canons n*était pourtant pas encore bien 
grand, puisque Martin Du Bellay (1), auquel nous avons 
emprunté les détails de ce combat, remarque, comme chose 
extraordinaire, qu'il ne fut pas tiré moins de SOO coups de 
canon, dans l'espace de deux heures, dans l'engagement 
qui eut lieu entre 25 galères françaises et 100 bâtiments 
anglais. 



16â9. — - l^dant que, au mois de juillet, Henri II de 
France faisait le siège de Boulogne qui était alors au pou- 
voir des Anglais, une flotte anglaise se présenta pour se- 
eoorir cette place. Prise de calme devant le port, cette 
flotte fut attaquée par 12 galères françaisei. Léon Strozsi 
qui les commandait sut neutraliser l'effet de l'artillerie des 
bâtiments ennemis en se tenant très-près d'eux, et coomie 
ils ne pouvaient manœuvrer, la lutte fut toute au désavan- 
tage des Anglais. Plusieurs de leurs bâtiments furent cou- 
lés; les autres prirent le large dès que la brise s'éleva. La 
restitution de Boulogne à la France fut la conséquence de 
ce combat. 



1666. — Un combat sanglant fut livré dans la Manche, â 
la hauteur de Douvres, dans le courant du mois d'août. Les 
armateurs de Dieppe ayant appris qu*un riche convoi fla- 
mand devait passer dans ces parages, firent sortir 16 na- 



<i) ËÊémotren, 




74 Batailles. -4555. 

▼ires auxquels 2 vaisseaux du roi s'adjoignirent. C'étaient 
YÊmériUon^ capitaine Denis Guillas ^ et le Faucant capi^ 
taine Desbigas. Louis de Bures« sieur d'Espineville, coin* 
mandait en chef avec commission expresse d'amiral. Le 11« 
les Français eurent connaissance des navires qu'ils tbêt* 
chaient : les Flamands avaient 2& bourques dont l'artillerie 
était plus Torte que celle des bâtiments nonnanids. Les 
capitaines de ces derniers délibérèrent sur le mode d'at- 
taque; les uns redoutant une affaire générale contre des 
forces aussi disproportionnées, voulaient se borner à bai> 
celer Tennemi; les autres désiraient un combat dans les 
formes. Le commandant en chef trancha la question eo 
attaquant de suite le plus gros des navires flamands. Il fut 
suivi d'abord par trois des siens et peu après par deux 
nouveaux; les autres capitaines continuèrent à tenir con- 
seil; ces derniers, sauf trois, finirent oepefidant par se 
décider à combattre ; ceux-ci regardèrent de loin en ma* 
nière de passe-temps. « Terrible passe*temps toutefois, 
« dit l'un des acteurs de ce drame auquel on doit les détails 
« de ce combat, car rien que sur les quatre bâtiments qui 
a étaient allés les premiers à l'abordage, on comptait déjà 
« une foule de morts et de blessés. C'était une rode peine 
« aux navires dieppois, si inférieurs en grandeur et en 
« armement à leurs adversaires, de forcer les bourques des 
a Pays-Bas qui semblaient des colosses auprès d'eux ai 
« qui, bien closes, bien munies, rendaient un combat des 
(( plus meurtriers du haut de leurs hunes. Cependant, ils 
u vinrent à bout de li, les seules qui eussent pris part à 
« la bataille, et s'en emparèrent. La cupidité des vain- 
« queurs faillit leur être funeste : les bourques enlevées 
« renfermaient de grandes richesses, et pendant que les 
« Dieppois se livraient au pillage, arrivèrent les bourques 
fi qui n'avaient pas combattu. L'BmèriUon et les trois 
(( navires dieppois les plus désemparés furent d'abord le 
(( but de leur attaque. De ce nombre étsût celui d*Espine- 
« ville qui tomba frappé d'un coup d'arquebuse. Denis 




MTAILLE8. -- IM5. TS 

CuMIai, 4 npâ rarenait alors de droit TofOeiB d*Ufiif«l« 
o*avait plus à son bord que 8 à iO bonnnea capables et 
combattre. Cependant, les A navires attaqués sortirent 
de nouveau vainqueurs de cette lutte et prirent les bour- 
rés Mnemes à Texoeption de 8 ou A qui auraient eu 
le sort eommuii sâtts Taftrettx événement dont nous 
«IloM parler. Le feu fut mis à l'une des hourques psr 
4ès artifices lancée d*un des navires dieppois qui l'aYi&t 
«bordé; ONdhevreosesseut celui-ci ne put se dégager as^ 
•Si t6t poar n'être pas embrasé lui-même. Les autres 
ttftfirss, qm étaient tous pêle-mêle et encore accrochés 
les uns aux autres, furent bientôt couverts de flammé- 
«bss^ Ce tat en vain qu'on vouhK les sépâlw. Le feu se 
ooMBuniqva kit d'enire eux. Le désordre était à son 
«>irt>le ; et sans le secours du courant qui fit ce qu'on 
n'osi^t pas entreprendre, tous eussent été consumés. 
Ce fut alors à qui se jetterait sur les navires que le OM*» 
rant entraînait loin de ce vaste foyer d'incendie. Un grand 
nombre d'hommes parvinrent à atteindre un des plus 
fpetils «avires de la flotte dieppoise, mais celui-ci ne 
poQtaat supporter une pareille surcharge, s'abtma dans 
km lois. 2 autres navires dieppois et VË^ériUan furent 
la pcxNe des flammes. » 
LscafNtaine Guillas s'occupa des prises dés que cela de- 
fiot ponible : on s'aperçut alors que 5 s'étaient sauvées; 
les t be«rq«es qui n'avaient pas été prises s'étaient égale* 
neot retirées : oes 8 bâtiments parvinrent à atteindre un 
port d'Angleterre. Le combat qui avait commencé à huit 
dtt matin éiait terminé à quatre heures du soir. Les 
rentrèreat à Dieppe avec 6 grandes hourques. 



Al OMNS de septembre de la même année , le baron de 
lig^rdftt revenant de Civita-Veccbia avec 18 galères, ss 
sur k nord de la Corse où il savait que 41 bàli- 
•apagnols étaient au mouillage. A la vue des Fraa- 
(aîit les Espagnols appareillèrent et prirent chasse. Ls 




7e BATAILLES. — 1555.4581. 

baron de Lagarde les poursuivit et ayant réussi à les at- 
teindre, il leur coula 2 bâtiments. 



1573. — La marine fut totalement négligée en France 
depuis le règne de Henri II jusqu'à celui de Henri IV 
(1610). Les successeurs du premier de ces deux rois, oc- 
cupés par les troubles intérieurs du royaume, songèrent 
peu à disputer l'empire des mers aux autres puissances 
maritimes. Aussi, de 1567 à Louis XIII, l'histoire ne men- 
tionne-t-elle que deux expéditions maritimes de quelque 
importance. 

La première de ces expéditions fut le siège de la Ro- 
chelle, sous Charles IX, en 1673, siège pendant lequel il 
n'y eut pas, à proprement parler, de bataille navale et qui 
fut terminé par l'élection du duc d* Anjou au trtoe de 
Pologne. 



1581. — L'autre affaire maritime eut lieu en 1681, sous 
le règne de Henri III. Après la mort du cardinal Henri, 
Catherine de Médicis renonça à ses prétentions à la cou- 
ronne de Portugal , mais elle appuya celles de D. Antoine, 
duc de Portugal. Ce prince ayant exprimé le désir de se 
retirer à Terceire, l'une des lies Açores, la France arma 
une flotte de 60 bAtiments qui l'y transporta avec un corps 
de 6,000 hommes. La ville de Villefranche de l'tle Saint- 
Michel fut facilement prise par le corps expéditionnaire. 
Une flotte espagnole de 50 gros navires, 6 petits et 12 ga- 
lères, sous les ordres du marquis de Santa-Cruz, ne tarda 
pas à être signalée. Le 26 juillet, après plusieurs jours 
d'hésitation, les deux flottes s'avancèrent l'une contre l'au- 
tre. Léon Strozzi commandait les Français ; Brissac était 
son vice-amiral. On se canonna d'abord vigoureusement; 
mais le vent qui était très-variable, contrariant constam- 
ment les combattants, ils en vinrent à l'abordage. Le suc- 




BATAILLES. — 1 5ii -i 5S9. 77 

ces an combat foi longtemps douteux. En abordant un ga- 
lion qui ne put être enlevé, Strozzi reçut une blessure dont 
il mourut. Le bfttiment que montait Brissac eut prompte- 
ment des avaries telles, que le vice-amiral se vit dans la 
nécessité de porter son pavillon sur un autre ; le premier 
eoola peu de temps après. La grosse artillerie des Espa- 
gnols finit par avoir raison des bâtiments français : 8 furent 
pris oo détruits. Les pertes de ces derniers s'élevèrent à 
StOOO hommes y compris 600 prisonniers que Santa-Cruz 
fil mettre à mort, sur Tordre qu'il prétendit avoir reçu du 
roi d'Espagne, de traiter les Français comme des pirates. 
On fut unanime à attribuer cette défaite à la m^intelli- 
gence et à l'indiscipline qui régnèrent à bord des bAti- 
ments français, dont un fort petit nombre prirent part an 



iS80. — Lorsque Henri IV monta sur le trône , la ma- 
rine était dans l'état le plus déplorable, et le prince se 
trouva de suite exposé aux insultes de ses voisins. On sait 
eommeot le baron de Rosny fut traité par le vice-amiral 
an^ais qui vint le prendre à Calais pour le conduire à sa 
cour en qualité d'ambassadeur de France, et comme le ûre 
de Vie, vice-amiral et gouverneur de Calids, qui l'accom- 
pagna à quelques lieues en mer, fut obligé de baisser le 
pavillon français devant l'amiral anglais qui menaça de le 
eonler à fond s'il ne le fusait pas. 

n n*7 eut pas jusqu'au duc de Toscane qui, s'étant em- 
paré des lies et du cbAteau d'If, sous prétexte d'empêcher 
qn*ib ne tombassent au pouvoir des Huguenots, refusa de 
kt rendre lorsqu'on les réclama. 

Henri IV tenta, comme François 1", de créer un corps 
de marine nationale en France. Cet essai n'eut pas de suite 
ei« à la mort de ce monarque, la marine tomba dans un 
anéanfifiormnnt tel* que les États-Généraux crurent de- 
voir demander un armement permanent. 




78 BATÀIUES. -^ ItiMMIt 

1620. -^ Toujoara retoUe el comim ipdépwrianÉi 
puis que Churlea IX itsàt eolré on campositioti «vee 
U viUë de la RocbeUe éuît noD^Muleme»! Taaîle dn pro» 
tesUals, mais encore le refuge de tous les méeoiitBnlads 
royaume. Le 28 Doverahre IttSAt elle s'érigea m R^mbM** 
que, imposa des taies aux pays voisiss, leva des Iro^MS 
et déclara la guerre aux oatheUquea. Louis XIII fit alors 
investir la ville; mais les Hocbelais n'en désslaal pas 
moins les Iles voisônes et les oAtes de l' Aunis et de la Ire^ 
tague, il les bloqua par mer avee cinq bâtinsenta finnlioili 
en Hollande et armés à Dlieppe. Ces biiîmeola temit die» 
perses par un coup de ve»! et doux d'entM oux^ faiiD%|Btés 
à lac6le. 



1621. — Un an plus tard, pendant le mois de novembre 
1621, les trois bâtiments qui avaient continué le blocus 
de la ftocbeUe fursAiiMaqués par ift bAlinsots rooÉisbis ; 
un d'eux fut capturé et un autre coulé. 



16S8. — L'insuccès de la premièpe teatalMPe eu blocas 
de la RocbeUe nécesaila un armement plus ocosidérable 
que celui qui avait été jugé d*aboid suffisant. Le 83 oetebre 
1622, le duc de Guise arriva devant ce port avec 3& bfttî^ 
ments el 10 galères. Cette flotte était divisée en t esoa* 
dres. Timoléon d'Épinay , seigaeur de Saînt-Luo, était plsoé 
comm^ vice-amiral à l'avaul^garde ^ le sieur de Maaty 
avait été désigné comme contre*aaiiral à farrière* garde et 
I9 duc de Guise s'était réservé le commandement du corps 
de bataille. Le 26, Emmanuel de Gondy, comte de Jeîgoy, 
géuéral d^ galères, reçut l'ordre d'aller atlaquev in flotte 
ennemie qui comptait 39 navires sous les ordres du rt^ 
cbelaia Guitton. Le mouvement des galères déterorân 
l'appareillage immédiikt des Kochelais» On se canonna ifMl» 
que temps à distance; iwsle duo 4n Guise, venisnt mg^v 




RATAILLRS.— int. 7f 

ger âne affaire géuénJe, plaça ses galères de front et les 
fit •outenir par l'escadre du vice-amiral de Saiot-Luc Les 
RocheUis qui s'étaient tenus devant Saint-Martin de Ré, 
s'étendirent jusqu'au Plomb et, après avoir gagné le vent 
par une manœuvre habile, ils partagèrent leurs navires eu 
S divisions et acceptèrent franchement le combat. A 3 beu^ 
res de l'après-midi, ils assaillirent l'escadre du vice-amiral 
de Sainlr-Luc. Quelques-unes des galères du roi parvinrent 
à regagner le dessus du vent et attaquèrent l*ennemi en 
lanc Le duc de Guise ayant voulu imiter cette manœuvre 
avec son vaisseau, fut enveloppé par plusieurs navires ro- 
ebelaîs. Après une lutte acharnée, désespérant de vaincre 
sa résistance, ceux-ci lui lancèrent deux brûlots qui l'ae- 
crocbèrent et mirent le feu aux voiles et aux cordages. 
Satisfaits de ce résultat, le» Rochelais se retirèrent, lais- 
sant l'équipage du vaisseau français travailler librement à 
éteindre Hncendie. Le combat cessa à la nuit. Les Roche- 
lais avaient perdu 10 navires et plus de 1000 hommes. 
20 autres navires s'étaient jetés au plain pour ne pas couler 
à fond (1). 

Quoique la paix eût été signée à Montpellier le 22 octo- 
bre, et que \&i deux partis en eussent probablement con- 
naissance, le duc de Guise et les Rochelais voulurent es- 
sayer de nouveau leurs forces. Le 27, ces deruiers étaient 
mouillés à Aiguillon, vis-à-vis la Fosse de fOie, au milieu 
des bancs et des ruriies ; ils n'avaient plus que 30 bâti- 
ments : la flotte royale, au contraire, avait été augmentée 
de 10 navires de Rrouage amenés par le marquis de Rouil- 
lac. Le sieur de Saint-Luc conserva le commandement de 
Tavant garde; le chevalier de Razilly fut placé à l'arrière- 
garde et le duc de Guise prit la direction du corps de ba- 
taille. Le marquis de Rouillac reçut le commandement 
d'une eecadre légère com|msée des sept plus grands bàti- 



tH MHièlé. MiMPtn §émérmie de ia mmnme. 




80 BATAILLES. —i62i-1 625. 

ments de l'armée. Placé au vent da corps de bataille, il 
devait assister les corps qui seraient trop pressés par Ten- 
nemi et ramener les fuyards. Tous les bâtiments ayaieni 
ordre de laisser tomber l'ancre lorsqu'ils ne trouveraient 
plus assez d'eau pour naviguer avec sécurité. Le sieur de 
Saint-Luc devait alors prendre la gauche du duc de Guise 
avec son escadre ; le sieur de Razilly, doubler sur la gauche 
de celle-ci avec la sienne» et le marquis de Rouillac, se 
placer à la droite du duc de Guise. L'armée française 
mouilla à portée de canon de l'ennemi, l'entoura comme 
dans une enceinte et le foudroya avec une artillerie bien 
servie. 12 navires seuls échappèrent; les autres furent 
presque tous coulés. 






ANNÉE 1695. 



L'établissement de la marine en France était réservé an 
cardinal Richelieu. Ce ministre put se convaincre, en as- 
siégeant la Rochelle, que, sans marine, il lui serait impos- 
able d'atteindre au degré de supériorité qu'il rêvait pour 
la France. 

Les protestants français avaient souvent sujet de se 
plaindre; le gouvernement n'exécutait pas de bonne foi 
le traité de Montpellier ; les engagements pris étaient élu- 
dés. En exigeant la démolition des fortifications élevées 
pendant la guerre dans les places réformées, il avait pro- 
mis, de son côté, de raser le fort Louis, bâti à quelques 
centaines de mètres des murs de la Rochelle et du canal 
qui y conduisait. Les Rochelais ne purent obtenir la réali- 
sation de cette promesse, fort importante pour eux, et ils 
regardèrent l'obstination du gouvernement à ce sujet com- 




BATAILLES. -^4625. 81 

me une preuve de ses intentioDS malveillantes. La réanion 
de 6 bâtiments dans le port du Blavet, réunion faite dans 
on but de croisière contre les Turcs, augmenta leurs dé- 
fiances ; ils se crurent sur le point d'être attaqués, et ils ré- 
solurent de prévenir cette attaque par un coup d'éclat. 
Cédant à leur impatience, au mois de janvier 1625, Sou- 
bise s* empara de Ttle de Ré et se dirigea ensuite sur le Bla- 
vet avec 12 navires armés en guerre et 10 barques. La 
promptitude avec laquelle cette expédition Tut conduite lui 
permit de surprendre les bâtiments qui étaient dans ce port 
et de s'emparer du fort ; mais le château résista assez long- 
ttmps pour donner au duc de Vendôme la possibilité d'ac- 
courir avec quelques soldats et les milices du pays. Les 
Rocbelaîs furent obligés de se rembarquer et de se retirer 
avec perle de 6 de leurs navires qui échouèrent ou furent 
coulés. Ils emmenèrent néanmoins A des bâtiments du 
roi. Soubise se dirigea alors sur l'île d'Oléron dont il 
sTempara, et il continua à tenir la mer, grossissant son es- 
CMbne par la capture des navires qu'il rencontrait. Les Ro- 
cbdais désavouèrent d'abord ce chef rebelle contre les 
actes duquel les députés généraux des réformés et les 
grands seigneurs de la religion protestèrent vivement. 
Mais lorsque Soubise se fut rendu maître des côtes de la 
Guyenne et du Poitou, les Rochelais levèrent le masque. 

Cependant les expéditions de Soubise avaient causé tant 
do nuteontentement en Angleterre et en Hollande, que les 
Aurais promirent 8 vaisseaux à Louis XIII, et le prince 
Maurice l'autorisa à employer contre les Rochelais 20 bâ- 
timents prêtés à la France par les Provinces-Unies pour 
la guerre de Gènes. Le roi profita de ces offres pour cher- 
cher à éteindre entièrement ces nouvelles étincelles de 
désordres. Il mit en mer une armée de SO gros vaisseaux, 
dont 10 français et 20 hollandais, et en donna le comman- 
dement à l'amiral de France, duc Henri de &lontmorency, 
et sous lui, à l'amiral de Zélande Haustein. Incapable de 
résister i une pareille force avec la faible escadre qu'il 
I 6 




BATAILLES. -HiS. 

Sévisse eut recevra à la ruse. D fildire à < 
vii»t%I li^ibtBdêis que son intention était de ne pas corn- & 
W|Li^ i(i<^lii>UaiM)ais qui professaient la même religion qœ 
Xik #( ^ "^ demanda d'en user de même à son égard. Ce- 
iik ^ I consentit et promit de sauver seulement les appik 
^^^ Tenant peu de compte de ses engagements, Soubise 
jUlni'P par attaquer Famiral aélandais et lui lança deut 
IfAbts qui le réduisirent en cendres. Il voulut ensuite is- 
cundier le vice-amiral français; mius n'y ayant pas réussi* 
a $e retira vers $aint*Mariin« accompagné par les boulets % 
<le t^armée du roi qui alla mouiller aux Sables d'Oloime* i 
ti navires du paya et 7 anglais armés par des matelett < 
ft des soldats anglais se joignirent à elle sur cette rade. 
1^ 1«' septembre, l'amiral de Montmorency fit voile pour j 
l*tle de Ré. Le lendemain, Soubise quitta son mouillage et | 
plaça ses navires derrière les bancs dans la Fosu de fOtc; , 
On se canonna vivement de A à 5 heures du soir; l'état de 
la marée et la difficulté de la i mœuvre dans ces paragea 
décidèrent alors les Rocbelais à s'échouer au fond de l'anacb 
Reconnaissant l'impossibilité de les attaquer dans cette po* 
iition, Vamiral de Montmorency les y bloqua étroitement et 
attaqua l'île qui capitula le 15. Contraint dès lors de quitter 
la position qu'il avait prise, Soubise songea à gagner le 
port de là Rochelle, en forçant le passage que l'année 
royale lui barrait. On se battit avec acharnement jusqu'à 
la nuit; mais 1< Rocbelais ne purent réusûr à passer; 
9 de leurs navir furent pris ; 2 s'échouèrent : les autres 
parvinrent à attei (Néron* Un des deui navires échooés 
se rendit apr \ • irte résistance; mais l'autre, nommé 
la Viivge, va iu amiral des Rocbelais, et l'un de ccui 
qui avaient été is dans le port du Blavet, soutint bra* 
vement l'attaq de b&timents qui l' abordèrent; et 
lorsque la ré i e fut i e impossible, son capilaÎM 
le fit sauter. La c< ut ^e que les bâtiments fnuÉ- 

çais qui l'avaient abo tnt s ^ L ^ Uea de Ré 

et d'Oléron rentrèrent s( i » et Sombiii 




BATAILLES. — 1685- 1628. fl { 

m Ht Héwà à se retirer en Angleterre avec une tingtaine 
iiaavMW. 



.VNNÉE 1637. 



Aftèê avoir déeapprouvé la conduite de Soubise, le 
té Charles d'Angleterre finit par ee laisser émouvoir à 
li we des échecs qu'il venait d'éprouver ; et voulant 
ses coreligionnaires d'une ruine assurée, il leur 
QD secours de 10,000 hommes. Le duc de Buck- 
qui le leur apportait mouilla, le 20 juillet, sur 
la nie de llle de Ré avec 90 navires parmi lesquels figu- 
niSBl cou que Soubise avait conduits en Augleterre, à la 
\ is de ramfe I6i6. Après avoir, pendant quatre mois, 
■atOement le siège de la ciudelle de Saint-Martin, io 
m vit obligé de retourner en Angleterre où il arriva, 
qoTon le dit alors, saiis avoir fait de bien àla Rochelle , 
M dt «mJ é i'I/e de Ré^ couvert des lauriers de la Fratiee et 
ée V Angleterre. 



ANNÉE 1628. 



VmtféMû^m do duc de Buckingbam n'avait cependant 
M eODtnriée en rien du côté de la mer. L'attente de 
t7 Bsvires espagnols placés sous les ordres dr Taniiral 
dOD Frédéric de Tolède, î^ecours promi?» par un 
raoDée précédente, avait retenu h: duc de Gui^e 





tt BàTÂlLLES.-*i6tS. 

commandait, Soubise eut recours à la ruse. fil dire à 
l'amiral hollandais que son intention était de ne pas com- 
battre les Hollandais qui professaient la même religion que 
lui, et il lui demanda d'en user de même à son égard. Ce- 
lui ci y consentit et promit de sauver seulement les app^ 
rences. Tenant peu de compte de ses engagements, Soubise 
débuta par attaquer l'amiral lélandais et lui lança deux 
brûlots qui le réduisirent en cendres. Il voulut ensuite io- 
cendier le vice-amiral français; mais n'y ayant pas réussi, 
il se retira vers Saint-Martin, accompagné par les boulets 
de Tarmée du roi qui alla mouiller aux Sables d'Olonne. 
22 navires du pays et 7 anglais armés par des matetoll 
et des soldats anglais se joignirent à elle sur cette r»de« 
Le 1" septembre, l'amiral de Montmorency fit voUe pour 
l'Ile de Ré. Le lendemain, Soubise quitta son mouillage et 
plaça ses navires derrière les bancs dans la Fosê$ de tOiê. 
On se canonna vivement de A à 5 beures du soir; l'état de 
la marée et la difiiculté de la manœuvre dans ces parages 
décidèrent alors les Rocbelais à s'écbouer au fond de Tanaei 
Reconnaissant l'impossibilité de les attaquer dans cette p(h 
sition, Tamiral de Montmorency les y bloqua étroitement et 
attaqua l'île qui capitula le 15. Contraint dès lors de quitter 
la position qu'il avait prise, Soubise songea à gagner le 
port de là Rochelle, en forçant le passage que l'armée 
royale lui barrait. On se battit avec acharnement jusqu'à 
la nuit; mais les Rocbelais ne purent réussir à passer; 
9 de leurs navires furent pris ; 2 s'échouèrent : les autres 
parvinrent à atteindre Oléron. Un des deux navires échoués 
se rendit après une courte résistance; mais l'autre, nommé 
la Fier jf#, vaisseau amiral des Rocbelais, et l'un de oeut 
qui avaient été pris dans le port du Blavet, soutint brt* 
vement l'attaque de h bâtiments qui l'abordèrent i et 
lorsque la résistance fut devenue impossible, son c^itaÎM 
le fit sauter. La commotion fut telle que les bâtiments fnà- 
çais qui l'avaient abordé coulèrent sur place; Les Usa de Bé 
tt d'Oléron rentrèrent soualadomtnatkMi du roî, el 




BATAILLES. — 16tS-1688. n:\ 

m vit rédoil à te retirer en AngleUrre avec une vinguâne 
denaTÎrea. 



ANNÉE 16S7. 



▲près avoir désapprouvé la conduite de Soubise, le 
roi Charles d'Angleterre finit par se laisser émouvoir à 
la Toe des écbecs qu'il venait d'éprouver; et voulant 
sauver ses coreligionnaires d'une ruine assurée, il leut* 
coVoyaun secours de 10,000 hommes. Le duc de Budk- 
iogham qui le leur apportait mouilla, le 20 juillet, sur 
la rade de llle de Ré avec 90 navires parmi lesquels figu- 
raient ceui que Soubise avait conduits en Angleterre, à la 
fln de Tannée I6i6. Après avoir, pendant quatre mois, 
ËÊXi inutilement le siège de la citadelle de Saint-Uartin, le 
duc se vit obligé de retourner en Angleterre où il arriva, 
ainsi qu'on le dit alors, latu uroir fait de bien àla RoeheUe^ 
iif iê fnal à file de Ré^ couvert des laurien de la France si 
éêê cfprie de V Angleterre^ 



ANNÉE 1628. 



L'eipédition du duc de Buckingham n'avait cependant 
été contrariée en rien du côté de la mer. L'attente de 
17 navires espagnols placés sous les ordres de l'amiral 
easiillan don Frédéric de Tolède, secours promis par un 
traité signé l'année précédente, avait retenu le duc de Guise 




84 BATAILLES.— 1628. 

dans le Morbihan, et l'année navale y était restée toute 
l'année 1627 ; elle ne parut devant la Rochelle qu'au mois 
de janvier 1628; la flotte anglo-rochelaise n'y était plus 
alors. La cour d'Espagne, loin de se montrer disposée à 
seconder franchement Louis XIll contre les Anglais et les 
huguenots, nouait de secrètes intrigues avec les uns et les 
autres. Les navires qu'elle avait envoyés à son allié étaient 
en fort mauvais état; et après quelques jours de station 
devant la Rochelle, l'amiral espagnol trouva un prétexte 
pour se retirer, annonçant toutefois son retour avec des 
forces plus considérables. Il ne reparut plus. La paix qui 
fut signée entre le gouvernement et les Rochelais rendit 
du reste la coopération des Espagnols inutile (1). 

Richelieu s'était sérieusement occupé de réduire la Ro- 
chelle. Il avait d'abord complété l'investissement de cette 
place en faisant bloquer le port et, pour rendre le blocus 
par mer plus efficace, il avait arrêté un projet gigantesque : 
il avait résolu de barrer l'avant-port au moyen d'une digue i 
laquelle il avait donné 1 A&2 mètres de longueur ; un passage 
de 58 mètres, laissé à chacune de ses extrémités, devait 
être défendu par 2 batteries. Cette digue fut terminée au 
mois de décembre 1627. On l'entoura d'une estacade, et 87 
navires armés de forts éperons, formant un angle saillant 
qui regardait la ville, furent placés en dedans, tandis qu*un 
grand nombre d'autres la défendaient du côté du large. 
Ainsi renfermés, les Rochelais n'eurent plus d'espoir que 
dans l'Angleterre. Humilié du mauvais succès de ses armes, 
l'année précédente, et ne pouvant résister aux instances de 
Soubise et des autres réfugiés huguenots qui avaient suivi 
le duc de Buckingham dans sa retraite, Charles I*' venait 
de prendre l'engagement de ravitailler la Rochelle et de ne 
point faire la paix avec la France sans la participation des 



(1) Voltaire, Kswi sur les mœurs et l'esprit des nations, dit qie TaBinl 
•spagDol M retira parce que Louis Xlll n'avait pas voulu lui pemettre 4% M 
couvrir en sa présence. 




BATAILLES— 1628. 85 

Rocheliûs. Ceax-ci firent la même promesse et s'obligèrent, 
en outre, à donner assistance aux Anglais contre les Fran- 
çais. En conséquence de ce traité, lord Denbick parut de- 
vant la Rochelle, le 1*' mai 1628, avec 50 gros vaisseaux 
et AO navires chargés de vivres; il mouilla à Ché-de-Bois. 
Uarmée navale que le roi de France tenait alors dans ces 
parages était composée comme il suit : 

Hemommée, commaBdev de Valaacêy, amirtl. 
ùragon^ conuDAodear de Poiaiy, Tke-amirii. 
Fetite-Sotre-Dame, cht Talier de Maillé, contre-amiral. 
Suiùnne, de Lafotse, tergeat-nijor de l'année. 

Espérance capitaine chefalier de Poatac. 

HtUe-tktmberge. . . — cbeTalier de MiranlfflODt. 
Ua natire SainaBd. . — chevalier de MoBticay. 
Draçom, a* 1 ... . — de Conar. 
Drag<m^ n* t. . . . . — de CoiipeaoTille. 
Drc^ofi. 0* S ... . — chevalier de Pif arreaa. 
Dragon, a* i . . . Roltier. 

Samte-Afu^ — chevalier de Décroches. 

(kan-Marin — de Lavoisse. 

Saint-François ... — Régnier. 

Griffon — de Treilleboii. 

FetUSaint'Jean. . . chevalier de MonUut. 

Demoiteiie - de Latooche. 

Caihtrine — chevalier de Jalesne. 

Ckù$9ewr — ChaperoB. 

Angt — chevalier Goitaat. 

Un navire anglais . . — Caaihelon. 

Dragon^ n* & . . . . ~ de Rairemare. 

Dragon, n* • . . — de Raitré.. 

Dragon, n* 7 • . . . — chevalier de ConpeaaTille. 

Dragon, n* 8 . . . — de Pinnéde. 

Tne palache ^ Lavane. 

Troi« barques olonDaiM.<(. 

Vin|titi galiote« , travemini et aotret petitei embarcatioat. 

Les dispositions que les Français avaient prises étonnè- 
rent les Anglais ; ils virent bientôt que leurs vaisseaux ca- 
laient trop d'eau pour s'approcher de la digue. Les abords 
de la ville étaient d'ailleurs trop bien gardés pour qu'on pût 
songer à une attaque par terre. Le Ib mai, lord Denbick tira 
quelques bordées sur l'estacade et retourna en Angleterre. 

La famine devint bientôt à son comble dans la ville de 
la Rochelle ; les Rochelais mouraient, mais ils repoussaient 
les propositions d'arrangement qui leur étaient faites. Vi- 
rement sollicité par Soubise, le gouvernement anglais con- 




8H BATAILLES. — 4 «18. 

sentit à faire une dernière tentative en leur faveur. One 
flotte de liO navires portant 6,000 bommes de troupes, 
partit de Plymouth sous le commandement du comte de 
Linsay et arriva à Ché-de*Bois le 29 septembre. Trois na* 
vires maçonnés à l'intérieur et remplis de poudre étaient 
destinés à rompre la digue; trois autres contentent du fu- 
mier : on pensait qu'en mettant le feu à ces derniers» la 
fumée qui s'en dégagerait aveuglerait ceux qui voudraient 
s'en emparer. Dans la nuit du 3 octobre, les Anglais lan- 
cèrent quelques pétards et tentèrent de rompre i'estacade 
au moyen d'un bri^lot* Cet essai fut infructueux. La flotte 
anglaise mit alors sous voiles le lendemûn. Après trois 
heures d'efforts impuissants contre les batteries de la digue, 
elle se dirigea sur l'armée navale. Cette attaque ne réussit 
pas mieux que la pr^édente. Les Anglsds Ii^ssèrent tom- 
ber l'ancre à la nuit : ils avaient perdu 1 vaisseau et 2 bar- 
ques. Le 5, ils appareillèrent et recommencèrent le com- 
bat, mais avec moins d'ardeur que la veille et de plus loin. 
9 brûlots qu'ils lancèrent purent être détournés. Re- 
connaissant alors l'impossibilité d'entrer dans la Rochelle, 
le comte de Linsay alla mouiller à l'Ile d'Aix. Sonbise et le 
comte de Laval le conjurèrent en vain d'essayer de forcer 
les passes ; vainementiis offrirent de conduire l'avant-garde 
et d'aller attacher des navires explosibles à l'estacade et à 
la digue. L'amiral anglais fut aussi prudent que Ron prédé- 
cesseur; seulement, il ne quitta pas le voisinage de la Ro- 
chelle, et il entama des négociaUons avec Richelieu. Les 
marins huguenots se décidèrent, de leur c6té, à envoyer 
une députatioo au cardinal. La capitulation de la Rochelle 
fut signée le 29 octobre et, suivant l'énergique expression 
des assaillants, cette ville fut rendue « sans terre, sans mer, 
sans lie, sans soldats et sans vaisseaux. » 

Cette expédition fut la dernière opération maritime de 
cette guerre entre la France et l'Angleterre, et cependant 
la paix entre ces deux puissances ne fut signée que l'aonèa 
«^uîvanlo. 




BATAILLES.— 1616. 87 



ANNÉE 1638. 



Aprte la prise de la Rochelle, la Méditerranée devint le 
théâtre des principaux événements maritimes. Le cardinal 
de Richelieu expose ainsi, dans un manifeste, les causes 
de la guerre qui fut déclarée à l'Espagne par suite de 
rallianee que le roi Louis XIII conclut, en 1685, avec la 
république des Provinces-Unies. 

« Sa Majesté fit, le 8 février, un traité de ligue offensive 
et défensive avec les Hollandais pour prévenir les mal- 
heurs qui pouvaient arriver de l'injuste procédé des Es- 
pagDols qui se servaient de tous les moyens pour s'agran- 
dir aux dépens de leurs voisins, les tenir divisés entre 
eox, et rendre la guerre immortelle dans la chrétienté. Il 
y avait longtemps que lesdits Hollandais sollicitaient cette 
alliance de S. M. et avaient depuis quelque temps 
laissé entendre asseï clairement qu'étant las de conti* 
ouer la guerre, ils feraient trêve, à quelque prix que ce 
fftt, si le roi ne se déclarait ouvertement. Sa Majesté avait 
toujours différé den venir à cette extrémité ; mais enfin 
elle s'y sentit obligée et convint avec les Hollandais que, 
m les Espagnols ne se disposaient à des termes conve- 
nables d'accommodement, mais continuaient dans les 
flMOivais desseins qu*ils avaient contre la France et les- 
dits sieurs États-Généraux, elle romprait à ciel ouvert 
avec lesdits Espagnols comme lesdits sieurs États. Le 
traité passé, le 12 mai dernier, avec M. le duc d*OHéans 
peur mettre la guerre dans la France > la prise de don 
Juan de Menesses trouvé, le 11 septembre dernier, visi- 
tant à minuit les entrées et passages du royaume du côté 
da Languedoc; l'armement naval qui avait été fait à Na- 
plea l'année dernière pour descendre en Proveoce, et 




88 BATAILLES. — 1635. 

« plusieurs autres desseins coqdus par voies indubitables, 
(c la justifiaient au respect du royaume, et les pernicieux 
( desseins qu'ils avaient continuellement entrepris et /o- 
(( mentes de tous côtés k la ruine des Provinces-Unies, avec 
tf ce refus qu'ils avaient fait de conditions qui, même de 
(( leur part, avaient été proposées auxdits sieurs États-Gé- 
« néraux, les justifiaient à leur égard. De leur part, les 
c États-Généraux continueraient à leur faire la guerre de 
« toutes leurs forces, sans qu'ils pussent faire ni paix ni 
« trêve que d'un commun consentement. Qu'ils mettraient 
(( en campagne, chacun d'eux, une armée de 25,000 hom- 
« mes de pied et 5,000 chevaux avec canon et l'attirail 
c( nécessaire à un tel corps et que les deux armées se join- 
a draient dans les Pays-Bas, en un lieu dont il serait con- 
« venu, et que, pour garder cependant les côtes de France 
a et de Hollande, le roi et les États mettraient en mer 
« chacun 15 vsdsseaux pour nettoyer la mer Océane 
c( et tenir les côtes libres^ afin que le commerce n'y fût 
« troublé. » 

La guerre fut donc déclarée. Le 1& septembre 1635, les 
Espagnols prûrent l'initiative en s'emparant des lies Lérins, 
sur la côte de Provence ; ils les fortifièrent inmiédiatement. 
Louis XIII ordonna de mettre de suite en mer toutes les 
forces navales de la France. Il nomma Henri de Lorraine, 
comte d'Harcourt et d'Armagnac, généralissime des ar- 
mées de terre et de mer du Levant et lui donna pour sou^ 
ordre le marquis du Pont de Courlay, généralissime des 
galères. Henri d'Escoubleau de Sourdis, archevêque de 
Bordeaux, fut nommé chef des conseils du roi en l'armée 
navale prèsle comte d'Harcourt, pour V auisier dans tous les 
conseilê qui se tiendront, et en toutes les affaires concemani le 
fait de ladite charge^ et aussi avoir la direction de la subits^ 
tance defarmie^ vivres, munitions de guerre, équipages, for- 
tifications de places^ règlement des dépenses^ jugement des 
prises, avec pouvoir de faire poudre et fondre artillerie et 
tout ce qui sera nécessaire. Le sieur Desgouttes, capitaine de 




BATAILLES. — 4635-1636. 89 

pâTiUon de Tamiral, devait commander en son absence. 
Voici les instractions que le roi donna à Tarchevèque de 
Bordeaux : 

ChântUly, le SO aTril 1636. 

a Les trois escadres de Guyenne, de Bretagne et de 
Normandie étant jointes ensemble à la rade de Saint- 
Martin de Ré, les 2000 hommes du régiment des lies 
avec les victuailles nécessaires à leur subsistance pen- 
dant huit mois, l'artillerie de terre avec son train et 
oiRciers étant ohargés à bord des 12 flûtes et autres 
vûsseaux que le roi a ordonné être affrétés pour les 
porter, et les 6 brûlots avec les feux d'artifice étant pré- 
parés, Tannée fera trois corps auxquels le sieur Des- 
gouttes, commandant le vaisseau amiral, commandera 
aussi en Tabsence dudit général ou d'autres à qui Sa 
Majesté aundt donné pouvoir. Le sieur Manty en sera le 
viœ-amiral; le sieur de Poincy, le contre-amiral, jus- 
qu'à ce que l'escadre du Levant ait joint l'armée. Après 
laquelle jonction le sieur baron d'Allemagne, chef d'es- 
cadre du Levant, sera contre-amiral, comme plus an- 
cien chef d'escadre. Le sieur de Poincy se rangera près 
de l'amiral pour reprendre son poste, quand l'escadre 
du Levant se séparera. Le sieur Decaen fera la charge 
de sergent-major général et de bataille de l'armée, con- 
formément aux règlements faits par le cardinal de Ri- 
chelieu, pair, grand-mattre, chef et surintendant gé- 
néral de la navigation et commerce de France. » 
Après avoir pris une peine incroyable à contenter les ca- 
pitaines des vaisseaux « qui avaient accimiumé à atoir 
targent du roi pour u promener de port en port du 
royaume, et être retombé dam les crieriee des gens de pied 
qui croyaient avoir leurs cammodith ([uand ils logeaient 
chez le paysan t » (1) l'archevêque de Bordeaux mit à la 
voile, le 2S juillet 1030, avec l'armée navale ci dessous : 



(1) CorrtspondwKe de Jtf. de bourdtt. 




.0 BATAILLES.— 1636. 

Canons. Rommei (I). 

5a Sii Nttvirê'dkhRêi. ....... câ^taiM I^Mgolillit. 

30 135 Fortune — de Poiocy. 

30 S35 Saint-Michel — DecMD. 

50 iS5 Licorne — de MoDtigBj. 

50 65^ Troii'Roiê — de MiraulaML 

30 235 Coraii — RigaolL 

50 t35 Coq — Lafayette. 

?M i5^ Cf/gne — Caafé. 

30 235 Sainte-Geneviève — Beaoliea alaé. 

94 147 Madeleine .. .i ..... . - cbeTalier OniUit. 

Si 147 Per^e. - Bo^jolf. 

\i 115 Iferpfiine -r- Coorsoo. 

19 115 Sainte-Marie -^ Pertenoire. 

5 99 Royale. ........... — de P^iMy iWf • 

» » Grande-Frégate — n^é. 

» » Petite-Fréyate ^ LaTaisêVP. 

E8C4MI DK GUYUnri. 

54 955 Europe, capitaine llaotj. 

96 955 Saint-Louis de Èotni-Jean- 

de*Lia •..,«.... t *r CiirdD» 

24 147 LiondOr — Qeanliea-PrMeae. 

94 147 Henommée — de ConpeaiTillt. 

94 147 Saini'LQuit de Holiandê. • - Traill«^i4« 

24 147 Saint-Jean — Vaslia. 

94 Ï9f Intendant — Ar^eatigBy. 

94 115 Eepérunce-en-Dieu — ÇAirtraa. 

24 115 Salamandre — Caienac. 

16 118 Saint' François -- ' Régnier. 

16 115 Lionne — BaaiUi#i} Jeiwa. 

14 115 Marguerite — Latreille. 

6 99 Cardinale — Laritière d'Aim? . 

» m Frégate — 

uciaiB »B BOttunaii. 

Canons. |loiames. 

94 147 Madeleine capitaine Dnmay. 

2i 147 Marguerite - de ClUtfUUtf. 

24 147 Sainte-Anne — PoiDCtnMQOiV 

94 147 Aigle — Seoaotet. 

94 m Levrette — DaDÎtl. 

16 115 Neptune, ~ Duquesoe. 

16 115 Griffon •* Lacbesoaye. 

• br6loto. 

19 lÉUi de 10 tt 19 caooM parlait des vifres. 



(1) Ce n'est pas comme indication de force que je donne ici le chiffra des 
équipages. Je présente senlement on terme de comparabon avec ca qai se 
fait aujonrd'liiii. 




BATAILLES. — I6S6. 91 

L'amét navale arriva à Toulon dans les premiers Jours 
du mois d'août Le 18, elle parut devant les tles Lérins, 
■MÔs elle ne put atteindre le mouillage parce que le vent 
était contraire. A quelques jours de là, elle laissa tomber 
Tancre sur la rade de Gourjan où M. de Beauveau, évèque 
de Nantes, la rallia avec 12 autres vaisseaux et une ga- 
lère. Le Ô septembre, à défaut du vent qui lui refusait son 
assistance, l'amiral se servit des bras des chiourmes pour 
remorquer 20 vaisseaux qui, sous les ordres du vice-amiral 
llanty, devaient attaquer les galères espagnoles retirées 
dans le port de Morgues (Monaco). Peu confiantes dans le 
canon de la place, celles-ci sortirent dès qu'elles aperçu- 
rent les vaisseaux français. Il n*y eut toutefois pas d'enga- 
gement; un fort coup de vent obligea les Français à se re- 
tirer à Villefrancbe d'où, plus tard, ils rallièrent le reste 
de l'armée à Menton. 

Le 19, vers heures du matin, 32 galères d'Espagne et 
de Florence furent aperçues se dirigeant vers ce port où 
eUss croyaient probablement surprendre les Français. Mais 
leur ebef se trompait; ceux-ci étaient disposés à les rece- 
voir, et 12 des grands vaisseaux , pris à la remorque par 
les galères, se portèrent à leur rencontre. Les rôles chan- 
gèrent alors: les galères espagnoles prirent chasse sous les 
boulets des vaisseaux français qui les canonnèrent pen- 
dant deux heures, mais ne purent les empêcher d'atteindre 
Saint-Rémi. Alors que, le lendemain, l'amiral français se 
di^lposait à les y attaquer, elles coupèrent leurs cibles et 
•e prirent à fuir dans le plus grand désordre, en abandon- 
nant un grand nombre d'embarcations. L'armée française 
ne les poursuivit {>as et laissa tomber l'ancre. Changeant 
alors de tactique, l'ennemi se présenta, vers midi, à l'ou- 
vert de la rade et manœuvra pour enlever quelques petits 
navires attardés. 11 faisait calme plat; mais lorsqu'il vit les 
galères prendre plusieurs vaisseaux à la remorque, il se 
relira de nouveau. Larguant de suite la remorque, les ga- 
lèfw françaises les poursuivirent : elles rallièrent les vais- 




n BATAILLES. — i 636-1637. 

seaux après leur avoir envoyé une bordée. Le commandant 
en chef fit voile pour Arassi ( Arache) , d'où les vaisseaux se 
rendirent à Villefranche ; le défaut de vivres fit renvoyer 
les galères à Toulon. 

Les dissensions fâcheuses qui divisèrent les chefs appelés 
à prendre part aux opérations retinrent l'armée navale 
dans l'inaction la plus complète depuis le mois de septembre 
jusqu'à la fin de l'année 1636. 



ANNÉE 1637. 



L'armée navale de la Méditerranée reprit la mer au 
commencement de l'année 1637. Elle débuta par prendre 
et saccager la ville d'Oristan en Sardaigne et se dirigea 
sur les lies Lérins. Sainte- Marguerite fut attaquée le 
2A mars. 8 vaisseaux canonnèrent les batteries de 5^ du 
matin à 7^ du soir; un vent très- fort, accompagné de 
pluie, s'opposa au débarquement des troupes, et une 
partie des embarcations destinées à cette opération furent 
jetées à la côte. Quatre jours plus tard, le 28, les troupes 
furent mises à terre sous le feu protecteur de 10 vaisseaux, 
et l'attaque fut conduite avec vigueur. L'Ile capitula le 
6 mai. 

Le gouverneur de Saint-Honorat fut immédiatement 
sommé de se rendre. Sur sa réponse qu'il ne pouvait traiter, 
l'amiral attaqua l'Ile du côté du Nord avec 7 vaisseaux, 
pendant que le vice-amiral Manty et le contre-amiral Poincy 
canonnaient les batteries du levant avec leurs escadres. 
Les fortifications furent bientôt rasées : c'était le 12 mai. 
Le lendemain, les troupes furent mises à terre. L'Ile capi- 
tula le lA. Après ces expéditions, l'armée navale se retira 




BATAILLES. —1637.i63S. 93 

dans les ports de Toulon et de Marseille. A la fin du mois 
de mai, Tarchevèque de Bordeaux reçut l'ordre de repasser 
le détroit de Gibraltar avec 15 ou 20 vaisseaux, et de 
laisser les autres sous le commandement du sieur Manty. 
La conduite des Espagnols envers la république de Gènes 
fit ajourner l'exécution de ce mouvement (1). 



ANNEE 1638. 



Le A mars 1638, l'archevêque de Bordeaux fut nommé 
lieutenant général et commandant en chef de l'armée 
navale destinée à coopérer à la prise de Fontarabie dont 
le prince de Gondé avait entrepris le siège. L'armée na- 
vale q>pareilla de Tlle de Ré, le 29 juillet, et le 2 août, 
die mouilla devant Fontarabie. Le 7, le sieur de Gange la 
rallia avec une division qui était allée détruire quelques 
navires dans le port du Passage. L'arrivée de 11 nouveaux 
bâtiments porta Tarmée navale à 64 voiles dont kk galions; 
les autres étaient des frégates, des flûtes et des brû- 
lots. Le 17, vers 8^ du matin, le chevalier de liontigny, 
eootre-amiral de l'armée» qui croisait au large avec une 
divisicm, signala 14 galions espagnols et A frégates; ces 
bâtiments, commandés par l'amiral Lopez, portaient des 
tnmpes à Saint-Sébastien. Le conseil de guerre réuni par 
ordre du commandant en chef émit l'avis que l'amiral de- 
vait sortir avec 10 galions et ô brûlots, tandis que le vice- 
amiral Delaunay Razilly resterait au mouillage avec le reste 
de Tannée. L'amiral appareilla à 11^ du soir; mais la 



(1) Cûr ru pomdtiH et de M. de Stmnht. 




94 BATAILLES.— 1638. 

brise de terre manqua quelque temps après, et^ dirossé 
par le courant, puis menacé d'être entraîné à la côte, 
il fut forcé de laisser tomber l'ancre. Cette contrariété 
permit aux galions espagnols de mouiller sous les batteries 
de Gattary (GuelaHa) . Le calme retint l'armée Ihmçaisé 
dans l'inactioD pendant trois jours. Le 22, à midi^ las bat- 
teries et les bâtiments ennemis furent attaqués par la Licorne 
de 30 canons, capitaine de Montigny, le Cygne de 30» capi- 
taine de Cangé, la Marguerite de 16, capitaine de Cbas- 
tellus, la Madeleine de 24, capitaine Dumay, la Salamandre 
de 2A, capitaine Gazenac, le Griffon de 16, capitaine La- 
chesnaye. Le peu de profondeur de la rade empêcba 
l'emploi d'un plus grand nombre de bâtiments; mais ceux 
qui purent prendre place dans la ligne étaient accompagnés 
chacun par un brûlot que les capitaines Mata, Mole, Collo, 
Brun, Jamin et Vidault commandaient. Ces brûlots étûeiit 
eux-mêmes soutenus par V Aigle de 16 canons, capitahie de 
Senantes; le Neptune de 16, capitaine Duqœsne; la Parle 
de 2A, capitaine de Boisjoly, et 8 autres bâtiments doni 
le nom n'est pas donné, mais qui étaient commandés par 
les capitaines Linières, Gamier et Paul. La lutte fol 
acharnée ; Tartillerie des Français eut le dessus, et les 
brûlots complétèrent la victoire : tout ce qui ne fut pas 
coulé devint la proie des flammes. Le succès de cette affûrs 
fut attribué au commandeur Deegouttes, hquel, écrifiil 
M. de Sourdia, a $u $i hien ménager tordre de eomèm, te 
mouaiagee et l* avantage dû veni^ qu'iU ont camei k fite Ai 
combat. 

Les Français n'eurent pas plus de àO tués ou blessée. 
7 de leurs bâtiments avaient seuls des avaries de quel- 
que imponance. Les pertes de l'ennemi montèrent à 
5,000 tués (1) . 

Le 16 août, le comte d'Hareourt, qui avait timjottrs le 



(1) Corrtsp(mdance de M. de Somréiê. 




HaTAILLBS. — 4638. 9f> 

MWMiâadMHsIit de Tartnée des toéi^ do Levaiit, r^ricmitri, 
ienmt Stint-Tropes, 26 galères espagnoles commatidées 
par don ioan d'Oreillanos et les poursoÎTit atec 24 gros 
sairlret. Ces galères étant entrées à Gènes, le comte d'ttar- 
ooiin alla mouiller aux lies d'Hyères et y fut rallié par 
Ci galtees. Le marquis du Portt de Courlay, général des 
galèree^ qui les commandait, fut envoyé à la recherche des 
l^iagoolâ; il les rencontra le 1** février, à S milles de 
GêMS. Le nombre des galères était le même des deux 
cStéê, et elles étaient disposées de la même manière : les 
daox Capiiaa«i étaient au centre. Les forces n'étaient 
pourtant pas égales : des troupes avaient été embarquées 
soir les galères espagnoles pdur une expédition tenue se * 
eiMô. Atissi, voulant s'assurer quelques chances de succès, 
kl Barqois du Pbnt de Courlay, quoique placé au vent, ni- 
tMidit pour commencer l'attaque que le soleil fût de son 
Wté; Il ordoiina d'abord n que toutes les galères se missent 

• Mnr une ligne droite ;— que chacune ne fit que les mêmes 
é choaes et en tnème temps que la Capitane les fbrait : — 
m que leur canon ne tirât qu'à l'heure même où le sien li* 
a ren^l; et quand sa mousqueterio jouerait, que la leur 
m fit de même ;— que, lorsqu'elle aborderait la Camtaiie 

• ennemie, chaque galère aborderait celle des Espagnols 
« qui lui serait opposée, et qu'enfin, la première qui aurait 
t remis celle qu elle combattrait, vint aider celle qui en 
m aurait le plus besoin. )> En conséquence de cet ordre, 
chaque galère se dirigea sur celle qui lui correspondait 
dans la ligne ennemie, et lorsqu'on fut sur le point de s'a- 
border, il se fit une décharge générale de canons chargés 
avec des balles, des chaînes et des clous. Son eiïet fut ter- 
rible, mais il ne ralentit pas l'ardeur des combattants qui 
engagèrent une lutte recherchée depuis longtemps par les 
capitaines des galères françaises. La Capiîam de France, 
ilte auparavant la GuiMrdêt sur laquelle se trouvait le gé- 
néral des galères, aborda la Capitane de Sicile. Elles res- 
tèrent enferrées par leur éperon pendant plus d'nne déni- 




96 BATAILLES. - 4638-4639. 

heure. La mort du lieutenant général des galères de Sicile 
mit fin au combat. La Vinceguerre^ capitaine commandeur 
Bellée, aborda la Bassanb et Tenleva. La Patronne attaqua 
la Henriquez, patronne de Sicile; le capitaine Montho- 
lieu fut tué. La Cardinale prit la Patronne reaie d'Es- 
pagne; mais le capitadne Desrocbes perdit la vie. La£îck#- 
lieu fut plus heureuse en enlevant la Sainte- Francisque. 
UÀiguebonne et la Générale emportèrent la Santa-Maru 
d'Espagne. La Valbelle allait s'emparer de la San Antonio, 
lorsque la Claire qui combattait à côté d'elle s'étant retirée, 
elle fut attaquée par 2 autres galères et prise, après xm 
combat furieux dans lequel le capitsdne de Valbelle fat tué. 
La retraite de la Séguirane et de l'fipér onne, qui se |)oriè- 
rent au secours de la Cardinale^ causa la perte delà Jbré- 
ehale et de la Servienne. Attaquées par des forces supé- 
rieures, celles-ci cédèrent lorsque leurs capitaines eurent 
été blessés à mort La MontriaU et la BaiUibauâe eurent 
un engagement très-chaud avec la Santa- Anna et la Canne. 
Malgré les quelques échecs partiels que je viens de rap- 
porter, la victoire resta aux Français. Les Espagnols bat- 
tirent en retraite sur Gènes lorsqu'ils virent l'étendard 
de la France arboré sur leur CAPrrANE. 

La nuit qui suivit ce combat fut très-mauvaise ; la Réale 
d'Espagne fut jetée à la côte. Les galères françaises entrè- 
rent à Marseille le 13 octobre (1). 



ANNÉE 1639. 



Au printemps de l'année 1639, l'archevêque de Bor- 
deaux prit le commandement d'une armée navale qui 



(I) Corrtip<mdance de M. de Sourdie, 




BATAILLES. ^1639. 97 

était réunie sur la rade de Belle-Isle. Une série de 
mauvais temps retint cette armée au mouillage jusqu'au 
1^ juin. Ce jour-là, elle put mettre à la voile, et le 8 
elle parut devant la Corogne. S5 navires espagnols ou 
portugais se trouvaient sur cette rade, protégés par deux 
batteries et une estacade. Le commandant en chef jugea la 
position trop forte pour qu'elle fût attaquée, et n'ayant 
pu réussir à décider les Espagnols à sortir, il rentra à 
Belle-Isle dans les premiers jours de juillet. 

L'armée navale reprit la mer le 7 août, et se porta de 
nouveau sur la côte d'Espagne. Voici quelle était sa com- 
position. 

bscâdab m l'amiral. 

VmsêeoM-^U'Rûi .... capiuioa DesgooUet, 1 brùloU . 

Trûmq^ke ^ Decaen, Mrg.-naj. 

de rtmiée. 

Saimt'Lomi — de Saint- EstieoDe. 

âffmc — cheTalier ialesae. 

B tpér a mee m - Dieu , . . ~ Rocbslar, 1 brAlot. 

Jfoetirft — Daqoesoe, 1 brûlot. 

8mml-MiKrtin - Croiset. 

Ewùpê . . — commaadear de 

Cbastellas. 

^trU — Roalerie, 1 brûlot. 

Fort w m — Caieoac. 

Triton — Montootré, f brûlot 

Vietoirt. — de SeaaBtai. 

Cûrdimalt. — LescbaMerie, 1 brûlot. 

tltCADai DO ^ICB-AMIIAL. 

Ctmnmme capilaioe Delannay-Raxilly. 

PHii-Saimi'JeoH .... 1 brûlot. 

Cardimai — Coopeantille. 

tUnumumie, » cbetalier Ganier, 1 brûlot. 

Ùiitarti — Raxè. 

Gfyimi'Smimi-Jean, ... — Beauliea jeoDe, t brûlot 

Dotguemio » Gaiton. 

Mfpagnoi, ...... > Luxfraye, 1 brûlot. 

CÔroU — Lirhetoaye. 

ùmtphin Boiitioly, 1 brûlot. 

Fûueom — de MeDillet. 

Nfpimme Villcmoulio**. 1 brûlot. 

k»CAOaE DO COTRB-AMIDAL. 

rieryr . capitaioe de Caogé 

Mʧéêittmt. .... — SaiDl-Georceft, 1 brûlot 

L 7 




96 BATAILLES. — 1689. 

Cocq • . . • capitaïDa Porfeooire. 

Marguerite — LatireTille, 1 brûlot. 

Amirantt — Daniel. 

Turû — Brocq, 1 brtloL 

Cygne — Dumay. 

Éinérillûn — Marsty, t brûlot. 

Licorne — ckoTalier PmU. 

Intendant — de Conflans, 1 brûlot. 

Saini'Charieê — Régnier. 

Hermine — do Lioièrtt, 1 brûlot 

FLons. 

Trois- Moulins capitaine CleroB, poiUntde TaftiUeno* 

Terre-de-Promission . . — Porte, Id. 

Turc — Anbery, fKirtaBt dM tgf^. 

Bache-Dorée — RolaogeliA» — naU, boriagoo, Ole. 

Anglais — Desjardins, — des vivres. 

Fluste — BoorgarooDe^ — dn pain. 

Fluste — Basse (Jean), — les vivres de l'amiral. 

Corneille — Basse, — da vin. 

Fortune — Lemaistre (Louis), bôpital (1). 

M. de Sourdis apprit bientôt la présence de 2 galions 
dans la Colindre, rivière qui se jette dans la baie, sur 
les bords de laquelle les villes de Saint-Oigne et de 
Larrède sont bâties. 11 résolut d'aller les enlever Oa les 
détruire. L'entrée de cette rivière était défendue par 3 
batteries comptant ensemble 30 canons ; une barre en 
rendait en outre l'accès fort difficile. Le 13, après avoir 
fait reconnaître la barre, le commandant en chef mit les 
troupes à terre, sous le commandement du chef d^escadre 
de Cangé et du maréchal de camp comte de Tonnerre, 
soutenus par les chaloupes ; ceux-ci marchèrent d'abord 
sur Larrède ; à la fin du jour ils étaient maîtres de la ville 
dont ils rasèrent les fortifications. Le 16, 5 frégatee^ lA 
chaloupes et A brûlots entrèrent dans la rivière, tandb 
que les troupes se dirigeaient sur Saint-Oigne. Le caloie 
profond qui survint et la vivacité du feu de l'ennemi firent 
douter un moment de la réussite de l'entreprise en oe qui 
concernait les galions. Mais l'attaque de Saint-Oigne fat 



a. Six noro<i manquent a cet riai, car larnée navale était de 40 Vi 
on frégate», SI billots et IS Aûtes. 




BATAILLES. --i 689-1 641 . 99 

dirigée àvao tant de vigueur que les troupes entrèrent 
promptement dans la ville ; et le double rempart derrière 
lequel les galions avaient cherché un abri n'existant plus, 
leurs capitaines les abandonnèrent en les livrant aux flam- 
mes. On sauta à leur bord, mais un seul put être préservé 
d'une destruction complète: le second était trop loin 
dans la rivière pour que des secours. efllcaces pussent ar- 
river A temps. Le manque de vivres nécessita la rentrée de 
Tannée navale en France A la fin du mois de septem- 
bre (1). 



ANNÉE 1640. 



Ls 22 juillet 1640, le vice-amiral marquis de Brézé, 
t de l'Océan dans la Méditerranée avec 21 bAti- 
ils de guerre et brûlots, aperçut 36 galions espa- 
gMlls, à environ 9 milles de Cadix, et les attaqua à S^ 
de Taprès-midi. Lanuit mit fin au combat : 5 galions enne- 
mis avaient été coulés. Les Français n'avaient pas perdu 
«n navire; mais le capitaine Jamain aîné avait été tué 
et les capitaines Jamain jeune, Martin, Lebrun et Borie 
Alaient blessés. 



ANNÉE 1B41 



Les hostilités continuaient toujour» avcc TEspagne, 
et pendant que le général de La Mothe-Houdancourt 



<l) Cmrttfmimket éê M. de S^iurdu. 




100 BATAILLES. — 1641. 

faisait le siège de Tarragone, rarcbevèque de Bordeaux 
bloquait cette ville par mer avec 12 vaisseaux, 6 pa- 
taches, 1 frégate, 5 brûlots et 12 galères. Dans la nuit 
du 10 mai, les capitaines commandeur de Gbastellus, 
Duquesne, Garnier, Daups et le capitaine de brûlot Giret 
réussirent à détruire 1 navire réfugié sous les batteries de 
la ville. 

Le 13, l'armée navale fit une expédition contre les lies 
Alfages. £lle retourna ensuite devant Tarragone, malgré 
l'avis d'un conseil réuni à bord de la CapUane, lequel avait 
émis l'opinion qu'il était inutile de bloquer par mer une 
ville dont l'investissement par terre n'était pas complet 

Plusieurs engagements partiels de galères eurent lieu 
pendant le blocus de Tarragone. Le h juillet, il galères 
de Naples, de Gènes et d'Espagne, tentèrent d'entrer dans 
le port. Une d'elles, la San Feupe, fut prise ; 29 rebrous- 
sèrent chemin. Les 11 autres qui avaient réussi à attein- 
dre le port y furent immédiatemeni attaquées. Ges galères 
et ces batteries, sur la protection desquelles elles avaient 
compté, furent presque immédiatement abandonnées. Mal- 
heureusement la brise, en fraîchissant du large, força les 
vaisseaux français de s'éloigner. Le lendemain, le ca{Â- 
taine Duquesne détruisit celles des galères ennemies qui 
avaient résisté à la canonnade de la veille. 

Le 19 août, 35 vaisseaux espagnols et 25 galères, sons 
les ordres de l'amiral général Don Antonio d'Oguedo, paru- 
rent devant le port de Tarragone. Les galères et quelques 
barques tentèrent de forcer le blocus pendant que les vais- 
seaux engageaient la canonnade avec l'armée française; 
elles n'y réussirent pas. Après quatre heures d'engagement 
que la nuit vint interrompre, les Espagnols se retirèrent 
fort maltraités; les Français avaient aussi beaucoup 
souffert. 

Le calme maintint les deux armées en vue, mais en de- 
hors de la portée du canon pendant la journée du 21 ; le 
lendemain les Français étaient à grande distance sous le 




BATAILLES. — 1641-1643. 101 

fent L'areheTêque de Bordeaux assembla un conseil. 11 
fîit reconnu que la supériorité numérique de l'ennemi, 
jointe an manque prochain de viWes et d'eau, nécessitidt 
le départ de l'armée. Le 25, elle était sur la côte de Pro- 
Tence (1). 



ANNÉE 1643. 



L'état de prospérité de la marine militaire de la France 
fut un moment interrompu par la mort de Louis }HI1. 
One minorité pendant laquelle le pays fut déchiré par la 
guerre civile, ne pouvait qu'être fatale à la marine. 
Mais dès. que Louis XIV prit la direction des affaires, 
et que la tranquillité eut été rétablie dans le royaume, 
la marine atteignit un degré de splendeur inconnue, et 
la France prit sur les puissances maritimes la supériorité 
qu'elle avait déjà sur ses autres ennemis; elle put lutter 
contre les forces réunies de l'Angleterre et de la Hollande, 
de la Hollande et de l'Espagne. 

Le premier combat naval de ce règne eut lieu peu de 
■UH8 après la mort de Louis XIII. Armand de Maillé, duc 
de Brézé, surintendant des mers (2), commandant l'année 
navale de France, forte de 20 vaisseaux, 2 frégates et 2 
brûlots, attaqua le 30 juin, devant Gibraltar, l'armée 
d'Espagne qui comptait 20 vaisseaux et 5 galions ; celle-ci 
fut battue après quelques heures de combat, et de ses 
Tiiaseaux furent capturés (5). 

Le 8 septembre de la môme année, le duc de Brézé at- 



(1) Cùrr tt p on danct de M. fie Sotir^if. 

(fl) La diirg0 d'Miiral, tapprimée ea I6t7, ne fot rétablie qa'eo 1669. 

(S) BoÏMiélé, Uistotrt générale de la ttmnne. 




103 BATAILLIS. ->.|64S-4646. 

uiqua de nouveau l'armée d'Espagne, à la hauteur de Car* 
thagène, et quoique -celle-ci comptAt un plus grand nombre 
de vaisseaux, il la battit après un combat opiniAtre. Le 
vice-amiral fut pris i l'abordage ; l'amiral de Naples «t 
deux autres vaisseaux furent brûlés, et l'année ennemie •• 
sauva en désordre dans le port de Carthagène. 



K>>e^ 



ANNÉE 164». 



Li^ guerre continentale n'avait, pour ainsi dire, été 
portée encore qu'en Allemagne et en Flandre \ le car- 
dinal Mazarin obtint d'attaquer l'Italie. L'importance 
d'Orbitello, place maritime située entre la Toscane et les 
États du pape, ne lui avait pas échappé, et il résolut de 
commencer les opérations par l'occupation de cette vU1q« 
Le 20 mai, le duc de Brézé, qui commandait toujours Far* 
mée navale, parut sur la côte de Toscane avec 36 vaia- 
seaux, 10 galères, 70 tartanes, et débarqua 6,000 aoldati 
dans la province inférieure de la Sienne, Le prince Tho- 
mas de Savoie, sous les ordres duquel les troupes éuûent 
placées, mit le siège devant Orbitello, tandis que Tannée 
navale complétait l'investissement en bloquant ce port du 
côté de la mer. Les opérations étaient poussées avec vi- 
gueur, et la ville était sur le point d'être réduite loraquOt 
le 14 juin, 25 galions espagnols, 31 galères et plusieurs 
brûlots, sous les ordres du marquis de Pimentel, furent 
signalés au large. Le duc de Brézé n'hésita pas à les at- 
taquer, et bientôt il eut sur eux un avantage marqué; 
mais après trois heures (1) de combat, alors qu'il pouvait 



'1) M. de Lapeyrou^e. daiiA «on Hist9ire fie la marine, dit tr»if ]Mni. Jt 
pref(*rp la version de Roi»fDélé auquel j'emprunte ee récit. 




BATAILLE8.«-iM6^647. iê$ 

conœyoir Tespoir de rendre leur déroute complète, il fut 
emporté par un boulet. Sa mort ralentit l'ardeur des 
Françids. Le vice-aroiral comte du Dognon, qui prit le 
commandement de Tarmée, ne sut pas profiter des avan- 
tages qui avaient été obtenus. Contrarié plus tard par le 
mauvais temps, il jugea ne pas devoir tenir la mer plus 
loDgtampit et il retourna en France. Son départ força le 
prince Tbomaa à lever le siège d'Orbitello. 



ANNÉE 1647. 



Fatigués du joug sous lequel les tenait l'Espagne, les 
Napolitains se révoltèrent et donnèrent le commandement 
de leurs troupes au duc de Guise qui, ayant quelques pré- 
tentions au trône de Naples, leur avait promis l'assistance 
de la France. Après s'être longtemps fait attendre, le se- 
cours annoncé arriva. Le général des galères, duc de Ri- 
chelieu, entra dans la baie de Naples, à la fin du mois de 
décembre de l'année 1647, avec 29 vaisseaux et ô ga- 
lères ; à2 vaisseaux espagnols et 20 galères appareillèrent 
de Castellamare et se portèrent à sa rencontre. Le combat 
•^engagea bientôt ; il dura t\x heures. La nuit empêcha 
qoe la défaite de l'ennemi ne fût complète : 3 vaisseaux 
espagnols avaient été coulés ou brûl6.s. Quelques muni- 
tiona furent laissées aux Napolitains^ et l'armée navale de 
France fit route pour l'Ile d'Elbe (1). 



(f ) MisMé, Hitf&f'rt gMémff tie h marine. 




i04 BATAILLES. — 4652-4654. 



ANNÉE 1688. 



Le 7 septembre, quoique la France et T Angleterre fussent 
en paix et que leurs rapports n*eussent donné aucun pré- 
texte d'agression, Tamiral Blake attaqua et prit 7 vais- 
seaux, une frégate et un brûlot commandés par le duc de 
Vendôme, donnant pour raison qu'il les supposait destinés 
à ravitailler le port de Dunkerque. Le 17 du même mob, 
il prit aux Hollandais et aux Français 16 bâtiments mar- 
chands. Peu de jours après il fit encore 16 prises. D'après 
un auteur anglais, la cargaison de 12 de ces navires aurait 
eu une valeur de & millions de livres. 



ANNÉE 1654. 



La paix de Westphalie, signée le 12 octobre 1648, donna 
un peu de repos à la France ; TEspagne seule refusa d'y 
adhérer. Avant de signer, le 7 novembre 1659,1e traité des 
Pyrénées par lequel les deux puissances se promirent ami- 
tié et alliance perpétuelles, et qui fut, on le sait, précédé 
du mariage du roi de France avec l'infante d'Espagne, les 
deux marines eurent encore une fois l'occasion de se me- 
surer. Le 29 septembre 165i, pendant que le prince de 
Condé cherchait à reprendre la Catalogne, le 4uc de Ven- 
dôme qui commandait l'armée navale de la Méditerranée, 
battit complètement les Espagnols auprès de Barcelone, 
après un combat de quelques heures. Une partie de TboD- 




BATAILLES. — 1654-1 66S. i05 

neor de cette affodre fut attribuée au commandeur Paul, 
Yuù des oflBciers généraux de Tannée française. Le capi- 
taine Forant fut aussi cité. 



ANNÉE 1683. 



Poussé par le désir de se distinguer, le chevalier de Halte 
d'Hocquincourt avait Mi construire une frégate de 36 ca- 
nons avec laquelle il courait contre les pirates algériens, 
tomsiens et tripolitains. Cruviliier, autre chevalier de 
Halte, qui commandait aussi une frégate, s'était adjoint à 
loi. Ces deux officiers avaient débuté par un brillant com- 
bat contre A bâtiments algériens et tripolitains et s'étaient 
emparés de l'un d'eux. 

C'est pendant les croisières de ces officiers intrépides 
qu'apparaît pour la première fois la grande figure de Tour- 
ville. Cet officier fit ses premières armes sous le capitaine 
d'Hocquincourt. 

La paix des Pyrénées permit à Louis XIV de coopérer à 
l'oBuvre à laquelle travaillaient les particuliers. Le comman- 
deur Paul, parti des lies d'Hyères, le 3 mars, avec 6 vais- 
seaux, s'empara d'abord de plusieurs navires qui étaient 
au mouillage sur la rade de Tunis ; et après une croisière 
pendant laquelle il prit un grand nombre de pirates, cet 
officier général rentra à Toulon, à la fin du mois de juin. 




iO€ BATAILLES. --i66MM^. 



ANNÉE 1664. 



Jugeant que le meilleur moyw d'arrêter la piraterie 
était de former un établissement sur la côte d'Afrique, le 
roi chargea François de Vendôme, duc de Beaufort, chef 
et surintendant de la navigation, de s'emparer de Gigeri 
(Gigelli). 16 vaisseaux portant 6,000 hommes de troupes 
furent, à cet effet, placés sous ses ordres. Le 22 joiBet 
166A, les Français se rendirent maîtres de cette place; 
mais ils y furent bientôt attaqués par les Arabes, et au- 
cune disposition de défense n'ayant été prise, il fallut éva- 
cuer la position. Les troupes se rembarquèrent le 30 oc- 
tobre. 



ANiNBB ft(t6{$. 



L*année suivante, le duc de Beaufort qui tvait été rais 
en demeure de réparer l'échec de Gigeri, s'étaUit en croi- 
sière sur la côte nord d'Afrique. Son escadre prit ou dé- 
truisit un grand nombre de navires algériens. Ces pertes 
répétées mirent ces intrépides forbans dans l'imposribilité 
de faire de longtemps aucun armement. 




lATAILLIS.— 4M«. 



i9n 



ANNÉE 1666. 



Dans le courant de l'année 1005, l'attention de LooisXIV 
fut attirée par dea événementa d'une haute importance : 
TAngleterre a? ait déclaré la guerre aux Provinces-Unies. 
En même temps que celles-ci réclamaient du roi de France 
rezécution du pacte offensif de 1662, le roi d* Angleterre 
offrait à ce souverain, mais secrètement, de lui laiaser tout 
entreprendre sur les Pays-Bas espagnols, s*il vouliut con- 
sentir à ne pas lui ôtre hostile. La Hollande l'emporta sur 
l'Angleterre; ce ne fut toutefois que le 19 janvier 1600 
que Lottia XIV se prononça pour les Provinces-Unies et 
déclara la guerre à l'Angleterre. 

Le 29 avril, une armée navale, composée comme il suit, 
et au commandement de laquelle le duc de Beaufort avait 
4té nommé, partit de Toulon pour se réimir aux Hollan- 
dais dans la Manche (1) : 

GatM lloniia^ (t) 

i Fréd&ic \ ftju» **• i-ATOcbe, chef d'Mcadrt . 

•* I 9oph%e ) **" capitaiBf ForiBl. 

*' I Sefiwte » — rberalier de Boom. 

iS Invincible 550 — rhevalier de BotilloB. 

IBouréom i50 ^ dt RâbeMière*. 

Primruf &00 — marquin de Martel. 

Cnmquéfrant , — (labare t jeuoe. 

^ I S^iml'Lomtt ^ conmaDdear de Vf rdille 

' lutrtptde :&50 - DumeU d'AplenoDt. 



(ti Lee docQBettt!» qie j'ai eat entre les naÎDf ooMttent de dètifuer le tan* 
fir leqoel l'aiBlfal arbora «on pat illon. Cette oiBiii»ioo laitue po«r moi BOi 
ré«*lM la qoeMioB de Miroir »i le dur de Beaufort partit a^ec 1 année ftavale. 
M ei le ckef dVtcadre de Laroche pnt le commaBdeneDl au nooMBt de l'a^ 
partillaie. 

(D $• fféfète ^it )• M 4oBB« l'ef edif dea èfotmfte fio t w mm ê ptitl de 
I— ifâraieoB avec eo f«i et fait aaiesrd'bm. 




408 

58 
56 



4a 



40 



38 



so 



28 

96 

8 



{ 

1 



BATAILLES.— 1666. 

Royale | ^_ capitaine de Verdille. 

Navarre t — de Tnrelle. 

Justice 450 — de Maogard. 

Jules ) — de Belle-Isle, major ëe l'ar- 

> 550 mèe. 

Triomphe ) — de BoailloD. 

Saint-Charles 300 ~ Michaad. 

Mazarin 350 — de Villepan. 

Grand-Anglais 308 — d'Infreiille. 

Grande- Infante MO — de Coadé. 

Saini-Jean-de-Bayonne. 300 — Daclos. 

Sauveur 350 ~ de Lamoignoa. 

Tigre 300 — d'EëUTal. 

Anna ) — Cbateanreaaiill. 

Saint-Antoine ) *^ — de Virier*. 

Saint-Augustin 300 — de Bardean. 

Vierge S50 — Cabaret (Louis). 

Saint-Sébastien 260 — de Paidejea. 

Notre-Dame 250 — de Vaodré. 

iMm-drOr • — d'EUeooe. 

Marguerite j xw _ Lecordick 

Concorde l «rn "" ^* Boorselle. 

Aigle-d'or ( '^ — Perotteao. 

PetitC'lnfante 206 — cbeTalier d'OloaM. 

Aurore 50 « DuriTeao. 



ACn de prévenir toute contestation après la jonction des 
deux années, il avait été convenu que l'amiral des États 
saluerait d'abord l'amiral français ; que celui-ci aurait la 
première voix dans les conseils et son vice-amiral la troi- 
sième. Ces précautions furent inutiles ; l'armée des États 
attendit vainement celle du duc de Beaufort, et elle livra 
sans elle aux Anglais les batailles des 11, 13, li juin et 
h août. Elle rentra ensuite au Texel (1). L*armée fran- 
çaise s'était portée d'abord à la hauteur de Lisbonne, afin 
de favoriser le passage de la nouvelle reine de Portugal que 
les Espagnols voulaient enlever, et avait ensuite fût route 
pour la Rochelle où elle n'arriva qu'à la fin du mois 
d'août. Le 2i septembre, elle parut devant Dieppe, et ne 
trouvant plus les Hollandais, elle se dirigea sur Brest. 
L'armée anglaise fut aperçue au mouillage de Ftte de 



(t) Gérard Braodt, Vie de Ruyter. M. de Lapeyroose, Histoire de ta 
f)rimçaise, dit qae cet batailles fareat lÎTrèes les 2 juia et 4 aoét 




BATAILLES. — 1966-1669. 109 

Wight, muselle ne flt aucun mouvement, et les Français ne 
se dérangèrent pas de leur route. 



L'amitié tacite de la France et de l'Anglttorre ne traver- 
sait pas les mers. La compagnie des Indes venait d'acheter 
rUe St-Christophe, l'une des Antilles, qui éUài alors la 
propriété des chevaliers de Halte. Les Français et les An- 
glais s'y établirent le même jour et, de ce moment, nour- 
rirent la pensée de l'occuper en entier. A la suite d'un 
combat livré le 20 août, les Anglais furent expulsés de la 
partiede l'Ile qu'ils possédaient. Après avoir plusieurs fois, 
mab en vain, tenté de rentrer en possession de cette co- 
lonie, ils la bloquèrent. Le lieutenant général Delabarre 
les attaqua et les battit. Les pertes des Anglais étaient 
conûdéiâbles. 

Le traité de paix signé à Bréda, le 13 juillet 1667, entre 
la France, la Hollande et le Danemark d'une part et l'An- 
gleterre de l'autre, rendit aux Anglais la partie de Tlle 
Str-Christophe qui leur avait été enlevée (1). 



ANNÉE I6«9. 



Dans le courant de l'année iôhh, plusieurs galères de 
Malte avaient attaqué 2 navires turcs qui portaient des 
pèlerins à la Mecque et s'en étaient emparés. Sur l'un de 
ces navires, se trouvait une des femmes du Sultan. Con. 
duite à Halte, elle était morte peu de temps après, laissant 
un petit enfant qui fut élevé dans la religion catholique et 



(t) JtM^élé, Buiotrt fémérmlÉ de la mmrtmê. 




110 BATAILLES. - If 69. 

qui embrassa plus tard la vie monastique dans Tordre de 
St- Dominique. Le Grand Seigneur avait fait demander k 
liberté de la mère et de l'enfant; mais la réponse qui lui 
fut faite ne l'ayant pas satisfait, il avait pris la résolution 
d'attaquer Gai|die, île vénitienne^ dont les habitants, en 
qualité de chrétiens^ devaient, dans son opinion, partager 
la punition que méritaient leurs coreligionnaires de Malte. 
En conséquence de cette détermination, il avait fait trans- 
porter une armée à Candie en lôi5. Le soccés le plus 
complet avait couronné son entreprise et, moins d'an an 
après, il mettait le siège devant Candie, capitale et seule 
ville de l'Ile qui ne fût pas alors en sa possession. Là 3 
trouva toutefois une résistance inattendue et qui se prolon- 
gea pendant vingt-trois années. Hais le nombre des vail- 
lants défenseurs de Candie diminuait tons les jonrs et ils 
touchaient au terme de leur résistance héroïque, hnqoe 
Venise fit un appel à toute la chrétienté pour avmr des 
secours ; en 1069, le Pape obtint la coopération delà France. 
Louis XIV y mit une condition. Craignant que les Turcs 
ne prissent prétexte de cette coopération pour molester le 
commerce des Français dans le Levant, il exprima le désir 
que l'armement qu*il allait préparer se ftt sous le nom du 
Pape ; la Capitane de la France deviendrait alors patronne 
de la Capitane de Sa Sainteté. Cette expédition ne coûta du 
reste à la France que la vie des hommes qui y périrent ; les 
frais furent, en grande partie, couverts par le produit des 
quêtes faites pour cette espèce de croisade. Voici la com- 
position de l'armée navale qui fut envoyée il Candie sous 
le commandement du duc de Beaufort, et sur laquelle 
7,000 hommes de troupes furent embarqués. 

Câiums. Hummetd). 

7t 500 Couriùan marquis de Martel, tice^iairiL 

40 tst StoUe cipiUioe de Geartey. 



J) Je répète une dernière feis que je oe donne pas le chiffre des éqiipifit 
comme éfâluation de force, au moment du comlMay mais comne siaple ii4iea- 
tion au règlement en Tigueur à l'époque. 




•ATAILLES.^46t9. 



4fi 



m 


MO 


u^^_^^. 


. Câ^itiiM chofdi9r Oo BMdttoo. 


•0 


S50 


Provençal,. . . 


. . ^ 


comte de Bonillé. 


94 


000 


Monarque . . 


— 


de Lafavette, 








doc dt Btaofort, aiunl. 


&• 


S50 


Thérèze 


. . Capitaine 


d'Hectot. 


IS 


000 


Toulon, . • . . 


. . — 


de Belle-hle. 


71 


600 


Plewnm* 


■Ma 


dnTiffoUt. 


40 


000 


Sirène 


— _ 


doCoféUn. 


Ti 


990 


Princesit 


— 


Gabtret (Lonis). 


4t 


100 


Cbmif . ••..•• 





cbetalier de Keijeii. 


M 


178 


Dunkerquois . . 


. . 


d'InfreTtlle. 


44 


995 


Croissant 


— . 


cheTalier de ToonilU. 


40 


oso 


Lié * • . 


— 


narrait de Graacey. 


8S 


100 


Soleil-d Afrique 


. . — 


cheTalier de BeannioiL 


4t 


900 




•— 


de Breteail. 


m 


00 


Comeorde 


— 


de Beniliei. 


to 


M 


Grande-Flûte. . . 


, — > 


de Bressan. 


!• 


S9 


9aini^ Antoine 'é 


'c- 








Pmkme 


— 


Leron. 


10 


80 

. Soldat! 


Brigantin 

G 


ALtlIE^. 


CharleL 


410 


100 


Générale 


. Viclor de lUcbMbiNuri» conte de Mor- 
temart et de Yi? ooae, prioce de Tod- 
My-Cbareote, K4aèral dM ftières et 
lieoteMnt géDèral ès-orarf da LeTiai. 


S40 


9S 


Force 


. capitaine 


chevalier de Berthoma». 


•44 


90 


nenontti%e^ . . • • 


— 


de Follevillo. 


S47 


99 


Victoire 


— 


chefaJier de Tonnerre. 


no 


00 


Couronne 


— 


commandeur de .Gardanne. 


400 


tio 


Capitane 


— 


deManM. 


sso 


90 


Dauphine 


— 


cbefalier de Yilleneafe. 


sot 


105 


Patronne X\. . . 


— 


de Labrossardière. 


no 


900 


Croix -de-Unite., 


— . 


comma«de«r d'Oppède. 


uo 


104 


Fleur-de-Ltt . . . 


— 


commandeur de Labrestècbe. 


SSl 


94 


Fortune 


— 


commaodear de Jan«oo. 


wêm 


00 


8mni'Lom>.. . 


— ' 


de MeotaoUei. 


»7 


96 


Valeur 

r.Ai.101 


ms A lASta. 


de Vivier». 


104 


40 


Vigilante. . . . 


. capitaine 


Kapanet. 


100 


40 


SuUtle 


• "" 


comte de BoeniL 


110 


40 


Volante 


• ^"^^ 


deForttIât. 



foMrti de Pnpo, 7 de Malle , 4 oaléasees et filieoMB de Veoiso nt Joigni- 
rnnl à l'armée (raaraise. 



i\i On ne reconnai»sait qn'ane Renie rt une ('afMtane dan» le corps des ga- 
thÎHde France; mais comme le» force» natalf» destinées 4 reipêdition de 
Coaéin Otomnt iMm lit ecdres ém fèaèriJ des g alerte ém ptpn, on ndepu» 
4mm celte cireenstance, les déterminations bierarcàiqnes de la marme romaine 
Oil eoaoïâlt «nn HM/e, ime Capitmie et nne Htranre. 




142 BATAILLES.— 1669. 

Voici les instructions que le roi donna au duc de Beau- 
fort: 

« Le sieur duc est informé que ledit armement est des- 
f( tiné pour le secours de Candie et que S. M. ne voulant 
tt pas déclarer ouvertement la guerre au Grand Seigneur, 
a elle a décidé qu'elle agirait sous le nom du Pape et pren- 
if drait l'étendard de Sa Sainteté, à quoi ledit duc doit se 
tt conformer. » 

c En cas que Sa Sainteté envoie des vaisseaux ou des 
(( galères, S. M. est persuadée qu'elle fera porter le pavil- 
u Ion de la sainte Église sur le principal et, en ce cas, 
(( S. M. désire que ledit duc porte le second pavillon, qui 
« sera celui de Sa Sainteté, et qu'il obéisse et prenne les 
tt ordres de celui qui sera établi par elle général de Tar- 
tt mée. » 

« En cas que Sa Sainteté n'envoie pas de vaisseaux, mais 
tt seulement des galères, la navigation des vsdsseaux étant 
tt fort différente, S. M. désire qu'il donne promptement 
tt avis de sa partance de Toulon et du rendez-vous qu'il 
tt estime devoir être pris pour se joindre, et qu'alors qu'ils 
« seront joints, il obéisse pareillement audit général et 
tt prenne son avis en toute rencontre, n 

tt S. H. veut, qu'en toute occasion, il obtienne le rang 
tt dû à sa dignité de fils aîné de l'Église et qu'il ne soufib^ 
tt jamais qu'aucun vaisseau d'une autre nation prenne le 
tt rang d'bonneur entre l'étendard de la sainte Église et 
» celui qu'il portera; en quoi S. M. ne veut pas qu'il souf- 
tt fre aucun ménagement. » 

tt Elle observe seulement que comme la différente navi- 
tt gation des vaisseaux et des galères ne lui donnera peut- 
<( être aucune occasion pendant la campagne de prendre 
tt rang après l'étendard de la sainte Église, ce sera au capi- 
tt taine général des galères de S. H. à soutenir et conser- 
tt ver le rang de Patronne^ en quoi le sieur duc l'assistera 
tt et le soutiendra s'il en a besoin. Ledit sieur duc cooh 
tt mandera également les vaisseaux et les galères suivant 




BATAILLES. — 1669. 113 

le pouvoir que S. M. lui a donné. Elle veut qu'après avoir 
pris Tordre du général de la sainte Église, il le donne 
ensuite au général des galères pour tout ce qui concerne 
son corps. » 

« En cas que ledit sieur duc de Beaufort et le sieur duc 
de Vivonne se trouvent ensemble dans les galères qui 
pourraient être commandées par ledit général de la 
sainte Église, S. M. veut qu'ils tiennent le second et 
le troisième rang sans souffrir aucune séparation ni au- 
cun ménagement. 

« Comme la seule intention de S. M. pour l'emploi de 
mm armée navale pendant la présente campagne est le 
secours de Candie, S. M. veut aussi que ledit sieur duc 
règle toute sa conduite à bien faire réussir cette impor- 
tante entreprise et, pour cet effet, qu'il agisse en toute 
choee de concert avec le sieur duc de Navailles, lieute- 
nant général de ses armées, commandant le corps de 
troupes qu'elle envoie pour ledit secours, et garder en- 
semble une parfaite union et correspondance. » 

« S. M. veut, de plus, que ledit sieur duc de Beaufort 
tienne toujours les vaisseaux de son armée navale en état 
de recevoir et d'embarquer les troupes de l'armée de 
terre, soit en cas que les Turcs soient chassés et que le 
ttége soit levé et la place en sûreté, soit en cas d'acci- 
dent contraire, ou que la place soit prise par composition 
ou par force ; et, pour cet effet, S. M. veut que ledit 
sieur duc demeure toujours dans les ports et rades de 
l'Ile de Candie, ou les plus proches où il pourra tenir les 
vaisseaux de S. M., et qu'il n'en puisse partir par aucun 
autre effet, qu'après avoir été tenu conseil où le sieur 
duc de Navailles sera appelé et, soit qu*il soit présent ou 
absent, le départ de Tannée navale ne sera point exécuté 
qu'après avoir pris sou consentement par écrit (1). » 



1/ Bthitotk^fue imftériùl^. — Je ne do«B« é9% iMtriclJOB* 4« ëir à% 
L 8 




414 BATAILLES.— 4669. 

Les vaisseaux et les transports mirent à la voile le 5 juin, 
et mouillèrent le 19 sur la rade de Candie. Les troupes 
furent mises à terre pendant les nuits du 20 au 28, et l'at- 
taque des ouvrages des Turcs eut lieu pendant la nuit du 
SA au 25. Le duc de Beaufort, qui avait voulu voir de près 
cette première affaire, descendit à terre etse mêla aux com- 
battants : il disparut dans cette sortie, sans qu'on ait ja- 
mais pu savoir ce qu'il était devenu. Les Français furent 
repoussés dans la place. Les galères n'étaient pas encore 
arrivées. Le duc de Vivonne s'était dirigéd' abord surCivita 
Vecchia pour rallier les galères du pape, mais celles-d 
étaient déjà en route, et Une les rejoignit qu'à Zante, oA il 
trouva également les contingents de Malte et de Venise. 
Les galères arrivèrent à Candie le 3 juillet; le duc de Vi- 
vonne prit de suite le commandement en chef de l'armée 
navale. Après avoir vivement et longuement discuté le 
poste que les vaisseaux et les galères devûent occuper, le 
bailli Fra Viœniode Rospigliosi, généralissime des fentes 
navales de Sa Sainteté, contrairement à l'avis du duc de 
Vivonne qui voulait que les galères fussent chargées de 
l'attaque des ouvrages des Turcs, arrêta que les vaisseaux 
français mouilleraient vis-à-vis le camp desTurcs, à l'ouest 
de la ville ; que les galères françaises s'intercalendeot, une 
entre 2 vaisseaux ; que les galéasses de Venise et la moitié 
des galères du pape se placeraient à l'aile droite, c'est-à- 
dire plus à l'ouest encore, tandis que le reste des galères 
de Sa Sainteté et les galères de Malte mouilleraient à la 
gauche avec les vaisseaux vénitiens. Le 25 juillet, au jour, 
chaque bâtiment prit la position qui lui avait été assignée. 
Les vaisseaux, remorqués par les galères dans l'ordre domié 
plus haut, s'embossèrent à portée de fusil sous le feu des 



Beaufort que ce qui a directement trait à 1 expédilioD de Candie. J'ai 
omis ce qui est relatif à l'approf itionDemeot du corps d'trméo en mrtt tl tn 
■oiitioat. 




BATAILLES.— 1169. i45 

ennemies, car les Turcs avaient suspendu leurs 
travaux de siège pour s'occuper de repousser l'attaque de 
Tannée de mer. L'espèce de confusion qui régna pendant 
que les bâtiments faisaientleur mouvement, et la mauvaise 
disposition des vaisseaux de l' arrière-garde qui mouillèrent 
trop près les uns des autres, empêchèrent les galères qui 
leur étaient affectées de prendre leur poste. Ne voulant 
pas rester simples spectateurs du combat, les capitaines 
de la plupart d'entre elles jetèrent l'ancre entre la ligne 
d'embossage et la terre et masquèrent en partie les batte- 
ries turques* Il faisait presque calme et la fumée était si 
épaisse qu'il était déjà fort dilGcile d'apercevoir ces batte- 
ries. A peine rendus à l'extrémité de l'aile gauche, les vais- 
seaux vénitiens mirent à la voile et allèrent mouiller hors 
de la portée des boulets, dans un endroit d'où ils purent 
suivre facilement toutes les phases du combat sans y pren- 
dre âocone part Le feu qui avait commencé k 6^ 46"* du 
■latio cessa à 11^. Une jolie brise du Sud ayant alors dis- 
sipé la fomée qui couvrait les ouvrages des Turcs, on vit 
que leurs batteries étaient fort peu endommagées et que 
leurs revêtements étaient presque intacts. Vaisseaux et 
galères appareillèrent alors et retournèrent prendre leur 
premier mouillage. 

Pendant le combat, le feu avait pris aux poudres de 
la Thèféze^ et ce vaisseau avait sauté : 3 hommes seuls sur- 
Técurent à ce désastre. 

Ce fut la seule action navale à laquelle l'expédition de 
Candie donna lieu. Réduites à 2,000 hommes, les troupes 
se rembarquèrent le 3 août, et l'armée navale retourna 
m France. Trois jours après son départ, la place se rendit 
sm Turcs. 




i 16 BATAILLES.— i67(M672. 



ANNEE 1670. 



Le 12mai, lelieuteoaDt général marquis de Martel sortit 
de Toulon avec une division composée comme il suit : 

Thérèze capitaine — 

marquis de Martel, lieateiaat géaèral. 

Saint-Esprit capitaine marquis d'Almeiras. 

Brusque — de Lafayette. 

Joliy — Cbâteaiineaf. 

Sirène — de Comtay. 

Croissant — de Lamothe. 

i flûte et 1 brûlot. 

Cet officier général se rendait à Tunis pour demander 
satisfaction de quelques exactions récentes. Après avoir 
bloqué la baie pendant un mois, il embossa sa divisicm de- 
vant la Goulette. La conciliation parut au bey le meilleur 
moyen de se tirer d'affaire ; il fît sa soumission aux con^ 
tions que le lieutenant général de Martel voulut lui im- 
poser. 

ANNÉE 1672. 



Louis XIV était décidé à combattre le protestan- 
tisme par tous les moyens en son pouvoir ; mais avant de 
s'occuper de l'anéantir dans ses États, il voulait porter 
un grand coup à la réforme au dehors, par la destruction 
d'une république qui, depuis sa formation, avût été 
l'alliée naturelle de la France. La ruine de la Hollande 
était devenue l'idée fixe du roi ; c'était à la fois le répu- 
blicanisme et l'hérésie qu'il prétendait frapper au cœur. 




BATAILLES.— 1872. i17 

Giiarles U« roi d'Angleterre, s'était complètement livré à 
Louis XrV après deux années de sourdes intrigues dont 
Madame (Henriette d'Angleterre) et l'ambassadeur de 
France à Londres avaient été les principaux agents. Ce 
fut au mois de mai 1670 que les deux souverains mirent 
la dernière main à leur accord secret, à peu près convenu 
à la fin de l'année précédente, et le traité fut signé le 
1« juin 1671. Charles II s'engageait à seconder énergi- 
qoement les droits que le roi très-chrétien pourrait avoir 
sur la monarchie espagnole et à faire la guerre en commun 
aux États-Crénéraux. Il devait agir avec toutes ses forces 
navales et 6,000 hommes de troupes, et se contenter, pour 
sa part, des lies Walcheren, Cadzand et du port de 
rÉcluse. Louis prenait l'engagement de payer à Cbarlep 
800,000 livres sterling (20 millions) par an, tant qm 
dureraient les hostilités. L'époque de la déclaration 4e 
guerre était laissée à la disposition du roi de France. Cette 
formalité fut publiée à Paris et à Londres le 7 avril 1672. 
Me voilà arrivé à l'époque où, cessant d'être une 
mêlée dans laquelle l'avantage restiût plutôt aux plus 
nombreux qu'aux plus habiles, les combats sur mer devin- 
rent un art spécial. On sentit la nécessité de suppléer à la 
force effective par un emploi judicieux de la force relative ; 
et le besoin d'un langage conventionnel qui permît d*obvier 
à la diflBculté et souvent à l'impossibilité des communica- 
tions avec de gros bâtiments à voiles, fit inventer les si- 
gnaux. La tactique navale devint une science qui exigea 
des connaissances profondes. Cet art était resté à peu près 
siationnaire depuis la bataille livrée aux Anglais par 
l'amiral d'Annebaud en 1545. En 1665, le duc d'York 
avait publié un livre de signaux, et, à la bataille du Texel 
qui fut livrée cette même année entre les armées navales 
de l'Angleterre et de la Hollande, on adopta un nouvel 
ordre de bataille sur une seule ligne. Dès lors, la dénomi- 
nation de vaisseaux de ligne fut exclusivement donnée 
aux bâtiments qui étaient assez forts pour combattre en 




148 BATAILLES.— 4871 

ligne. L'usage de l'abordage fut aussi presque complète- 
ment abandonné dans les escadres, parce que l'on comprit 
le danger auquel on s'exposait en sortant de la ligne (1). 
L'ordre de bataille qu'on adopta généralement consistût à 
placer tous les vaisseaux sur une ligne et au plus près. 
On considéra comme un grand avantage de se trouver au 
vent de l'ennemi, position qui permettait en quelque sorte 
de régler le moment et la distance du combat. L'emploi 
des brûlots qui devint général nécessitait d'aiUeurs cette 
position. On reconnut cependant bientôt que tous les avan* 
tages n'étaient pas du côté de celui qui combattait au 
vent, et les désavantages signalés par les ouvrages de l'è» 
poque sont généralement ceux que Ton reconnaît aujour- 
d'hui (2). 



Le lieutenant-amiral Michel Adrianz de Ruyter, nommé 
au commandement de l'armée navale des États-Généraux, 
fit toute la diligence possible pour empêcher la jonction 
des escadres de la France et de l'Angleterre ; retenu devant 
le Texel par des vents contraires, il ne put y réussir. 
L'armée française, commandée par le vice-amiral d'Estrées, 
mouilla le 13 mai sur la rade de Ssdnte-Hélène de l'Ile de 
Wight et se rangea sous les ordres du duc d'York, grand 



(1) C'est à partir d« cette époque qu'on comneoce à conprt ndrt let fraste 
batailles et qu'il derieot possible de les décrire. On ne doit pourtant pat s'aUea- 
dre à trouver encore ces détails cireoDstandés qui sont indispensablM à la par- 
faite intelligence des situations. Let rapports des amiraux se bornaient à ne 
relation, habituellement fort laconique, à laqnelle il faut suppléer par Tappli- 
cation de« principes admis. Ce laconisme se continue jusqu'à la 8n du dhi-liui- 
tième siècle. Je n'entre donc pas encore dans cette partie de umni programme, 
d'âpre» lequel le lecteur doit pouvoir déterminer la position des bâtiments d'une 
fiioadre à un moment donné : cela ne sera possible que lorsque }e serai rea4« 
au régne de Louis XVL 

(2 Je mo borne à indiquer d*nne manière sommaire les changeiMnts appor- 
tés k la tactique navale qui. à proprement parler, ne date que du règue du 
Louis XVL On peut consulter le P. Fournier et le F. Daniel, tous dau 4e k 
compagnie de Jésus, qui s'étendent longuement sur ce sujet, le premiar 4au9^ 
>on Ht/drographie, l'autre dans sou Histoire </« /a miike françtÙM, 




BATAILLES. -*ie7t. 119 

•mirai d'An^terre. Voici les iDstructions que le roi avait 
données aa Tice-^miral d'Estrées: 

« Ledit sieur comte d'Estrées doit être informé que Sa 
Majesté a fait un traité avec le roi d'Angleterre pour 
déclarer la guerre en commun aux États*Généraux des 
Provinces-Unies ; que Sa Majesté doit faire cette guerre 
par terre avec un secours auxiliaire dudit roi d'Angle- 
terre, et qu'il doit la faire par mer avec un secours de 
10 vaisseaux français et de 8 brûlots. 
« Ledit comte d'Estrées est de plus informé que Sa Ma- 
jesté voulant savoir au vrai le temps que la flotte anglaise 
pourra être mise en mer, et tout ce qui serait à faire 
tant pour le lieu d'assemblée des deux flottes que pour 
leur jonction, a envoyé le marquis de Seigneley en An- 
gleterre pour conférer avec les commissaires du roi d'An* 
gleterre et convenir de tout ce qu'il y aurait à faire par 
les deux flottes. Sur quoi ils sont convenus d'articles si- 
gnés de part et d'autre dont copie, ainsi que l'extrait du 
traité mentionné plus baut, seront joints à la présente 
instruction. 

« Sa Majesté veut que ledit sieur comte parte prompte- 
ment et se rende en diligence à Rochefort, où il exami- 
nera avec soin l'état auquel sont les vaisseaux de Sa 
Majesté t donnera son avis au sieur Colbert de Terron, 
intendant de la marine de Ponant et prendront ensemble 
les mesures nécessaires pour rendre cet armement le 
plus complet et le plus fort qu'il ait jamais été mis en 
mer, et penseront tous deux k tous les moyens possibles 
pour le rendre tel qu'il puisse soutenir difçnement la 
gloire des armes et du règne de Sa Majesté, particuliè- 
rement dans cette occasion où elles vont être jointes avec 
r la nation du monde qui a toujours été la plus forte en 
. mer et qui a le plus de piaiique et frexpèrience , et 
« contre une autre nation qui est aussi fort puissante et 
c qui a fait de M\ei^ action^. 

«Sa Majesté veut quo Irdit sieur comte d'Entrées prenne 




i20 BATAILLES. — 4672. 

a des mesures, tant pour les vaisseaux de Rochefort que 
(c de Brest, pour exécuter ponctuellement les articles si- 
« gnés à Londres, c'est-à-dire pour être en état de partir 
« de la rade de Bertheaume ou de la baie de Brest au 
c( 25 avril prochain. 

(( S. M. pi-endra soin de le faire avertir de tout ce qm 
« se passera dans la Hanche, et il verra dans les articles 
u arrêtés à Londres que le roi d'Angleterre s'est chargé 
€ du même soin par des petits bâtiments qu'il doit en- 
« voyer de Plymouth et de Falmouth à Brest, soit pour 
(( lui donner avis en cas que la flotte hollandaise entrât 
« dans la Manche, soit pour lui faire savoir le temps au- 
(( quel sa flotte sera assemblée aux Dunes. » 

tt Aussitôt qu'il saura, ou par les avis que S. IL loi fera 
« donner, ou par ceux qui lui viendront d'Angleterre, que 
« la flotte anglaise sera assemblée aux Dunes, Sa Majesté 
(( veut qu'il entre dans la Manche avec toute sa flotte et 
(( qu'il se rende aux Dunes avec toute la diligence que le 
« vent lui pourra permettre. 

« En cas que, par la contrariété des vents ou par quelque 
« autre accident imprévu, ou que ledit sieur vice-amiral 
a ne pût se rendre aux Dunes, ou que les Hollandais fus- 
« sent entrés dans la Manche avec toute leur flotte et le 
« missent en état d'empêcher la jonction des vaisseaux de 
« Sa Majesté avec ceux d'Angleterre, il pourra se retira, 
u s'il le juge nécessaire pour le bien du service de Sa Ma- 
te jesté, ou à Falmouth, ou dans la baie, ou dans le port 
a même de Portsmouth, où il recevra toute assistance et 
tt bon traitement, suivant les ordres que le roi d'Angleterre 
« a donnés en exécution desdits traités et articles. » 

(( En cas que la flotte anglaise ne soit obUgéé^entrer 
« dans la Manche pour joindre celle de France, M en 
« quelque lieu que la jonction se fasse, ledit sieur vice- 




BATAILLES. - i67t. iti 

iminl exécutera les ordres qui lui seront donnés par le 
duc d'York, ou par celui qui commandera l'armée an- 
glûse et qui montera le vaisseau portant le pavillon 
rouge amiral ; et soit que la jonction se fasse dans la 
Manche ou aux Dunes, Sa Majesté veut que ledit sieur 
vice-amiral salue le pavillon rouge d'Angleterre de treize 
coups en le rendant de même nombre de coups, sans 
plier ni ferler le pavillon de part ni d'autre ; et même 
que Sa Majesté lui permet, à cause de l'inégalité des pa- 
villons, de se départir du même nombre de coups et de 
se contenter d'en recevoir deux de moins. 
« Et comme il tiendra le rang de pavillon blanc d' Angle- 
tarre qui est le second, Sa Majesté ne doute point que le 
roi d'Angleterre ne donne ordre au pavillon bleu, qui est 
am troittéme pavillon, de saluer le pavillon de Sa Ma- 
jestét et en ce cas, elle veut qu'il rende coup pour coup. 
Mais si ledit roi demande que ces deux pavillons ne se 
saluent pas réciproquement. Sa Majesté veut que ledit 
iieur vice-amiral en convienne. 
« Pour le surplus, Sa Majesté estime qu'il sera de l'a- 
vantage du service commun, tant de Sa Majesté que du- 
dit rm d'Angleterre, que tous les autres vaisseaux ne se 
saluent point réciproquement, 
« Dans tous les conseils, ledit sieur vice-amiral, le lieu- 
tenant général et le chef d'escadre tiendront le rang 
porté par ledit traité. 

« Sa Majesté ne désire point qu'aucun autre capitaine y 
asrâte, si ce n'est par Tordre exprès de l'amiral an- 
glais. 

« Elle veut que ledit sieur vice-amiral évite, autant qu'il 
loi sera possible, les détachements et qu'il fasse en sorte 
que tous les vaisseaux de sa flotte demeurent toujours 
ensemble. Mais en cas que la nécessité du service oblige 
à faire des détachements, elle désire.qu'il fasse en sorte, 
sTil est possible, que les vaisseaux des deux nations ne 
•oient point mêlés, afin d'éviter le commandement des 




\n BATAILLES. — 4071 

a Anglais. Mais en cas qu'il ne le paisse éviter, elle Yeoi 
c qu'il observe que le vaisseau anglais soit toujours supé* 
a rieur en rang à ceux qu'il détachera. 

d Dans toute la suite de la campagne, et pendiDl le 
temps que la flotte de Sa Majesté sera jointe avec les An- 
ft glais, elle veut qu'il s'applique particulièrement à éviter 
c( toutes les querelles et qu'il fasse en sorte que tous les 
(( officiers de l'armée de Sa Majesté vivent en boni» et 
(( parfaite intelligence avec les Angliûs, en sorte qu'il ne 
u puisse jamais y avoir aucun autre différend entre eu que 
(( celui qui proviendra de l'émulation qu'il y aura de faire 
a les plus belles actions; et comme Sa Majesté s'assure 
qu'en une occasion aussi importante que celle-ci pour la 
« gloire de ses armes et la grandeur de son règne, ledit 
tt sieur comte d'Estrées donnera des marques âgnalées de 
« sa valeur, de son expérience et de sa bonne conduite, elle 
« désire aussi qu'il se serve de tous les moyens qu'il pourra 
(( pratiquer, pour exciter dans les esprits de tous les offi* 
H cier» de l'armée l'envie de donner les mêmes marques 
(( de leur courage et une forte résolution de faire connaître 
« aux Anglais qu'ils ne leur cèdent point, et même, qu'ils 
(( les surpassent en valeur et en fermeté et en connais- 
« sance de tout ce qui concerne la guerre maritime (i). » 



Fait à Versailles, Jêàtm U7S. 

L'armée combinée appareilla le 18 mai, et alla attendre 
devant Douvres l'arrivée de quelques vaisseaux qui n'a- 
vaient pu encore sortir de la Tamise ; cette jonction opérée, 
elle remit sous voiles. Le 29, l'armée des États fut sign»* 
lée, mais elle disparut bientôt dans la brume. Des rensei- 



(1) Archives d€ la marine* *- Jt «• »aif abeUva 4e IrMierirv Itit t% ^ 
n'a pait directenent trait à la présente campagoe, comme aussi les pêSM|tt re- 
latifs à rapproYisioonemenl des fainéant. 




BATAILLES.— i67t. 193 

goements que Ton croyait être certains ayant fait connaître 
aa rentrée an TexeU alors qu'elle avait seulement été rap- 
prochée de ce port par la violence du vent, le comman- 
dant en chef se décida à entrer dans la rade de Soutbwood (1) 
pour y faire de l'eau. 

La baie de Southwood est située sur la côte orientale de 
TAngleterre, à 90 milles environ dans le Nord de l'embou- 
chure de la Tamise. Une langue de terre, qui s'avance vers 
l'Est jusqu'aux deux tiers de sa profondeur, partage cette 
baie en deux bassins. Les Français mouillèrent dans la par- 
tie Sud, tandis que les Anglais laissèrent tomber l'ancre 
dans le bassin du Nord. 

L'année des États fut de nouveau signalée, le 7 Juin au 
point du jour, par le capitaine Cogolin, de VÊoU, qui avait 
été placé au large en éclaireur ; elle arrivait grand largue 
avec une brise d'Est très-faible. Les alliés appareillèrent de 
suite, laissant à terre quelques embarcations encore occu- 
pées à faire de l'eau. Les Français prirent la bordée du 
Sud, ainsi que l'arrière-garde ennemie ; les Anglais, au 
contraire, gouvernèrent au Nord ; l'avant garde et le corps 
de bataille de l'armée des Provinces-Unies prirent égale- 
ment les amures à tribord. L avant-garde ennemie, placée 
80U8 les ordres du lieutenant-amiral Van Gent, était de 15 
vaisseaux, h frégates, 6 yachts et 6 brûlots. Le corps de 
bataille, commandé par le lieutenant-amiral de Ruyter, 
comptttt 16 vaisseaux, h frégates et 6 brûlots. Enfin l'ar- 
rière-garde, dirigée par le lieutenant-amiral Van Trappen, 
dit Bankert, était de 20 vaisseaux, 3 Trégates et 6 brûlots. 
frégates et brûlots se tenaient en outre sur le flanc de 
chaque escadre et formaient une espèce d'escadre légère. 
Cela faisait en tout 51 vaisseaux, 20 frégates, 35 brûlots 
et yachts. Les diverses divisions de l'armée des États 



(I) Mémoire du VKt-umirai dKttré^t au roi. — BoUmèléy Hittùirt §éné- 
rmiê ée la marvm, § C £. Sot écnveol SoU bay.— M. de UpeyrottM, Hutoirt 
é^ ta mnrtne fntngaim^ dit SMUvold. 




iU BATAILLES.— 4673. 

étaient commandées par les lieutenants amiraux Yan Nës 
et Van Aylua ; les vice-amiraux de Liefde, Sweers, Evert- 
zen et Doedezen ; les contre-amiraux Jean Van Nés, Shram, 
MathyzeB, Vluget Bruneveldu Voici maintenant la compo- 
sition et Tordre de bataille de l'armée combinée. 



E8CA0RB BLAMCHC OU ATAHT-CAEDI. 

Canons. 

70 Illustre capitaine marquis de GraMej. 

50 Téméraire — de Lareon. 

68 Admirable — deBeaoliea. 

70 Terrible — — 

Daqvetne, lieutenant général. 

70 Conquérant capitaine de Thiras. 

50 Prince — marquis d'AmfreriUe. 

50 Bourbon — de Kerrin. 

S8 Hazardeux — de LaTÎgerie. 

40 Alcyon — BiUotde Bléor. 

50 Vaillant — cheTalier de NeoMid. 

70 Foudroyant — Gabaret (Loais), 

54 Brave — cheTalier de YalbeUe. 

50 Aquilon — chevalier Daily. 

58 Tonnant — Desardans. 

78 Saint-Philippe — de Coo. 

comte d'Estrées, Tice-amiraL 

70 Grand capitaine Gombaat. 

50 Duc — cheTalier de SepTiUe. 

38 Éole — cheTalier de Cogolin. 

50 Oriflamme — de Keijean. 

• 50 Excellent — de Magnon. 

S8 Arrogant — de VilleneuTe-Feniére. 

60 Fort — comte de Blénac 

46 Rubis — de SaiDtAnbin dlidkmUe. 

46 Galant -. cheTalier de Flacovt. 

66 San<-pfireii — de Laclocheteri6. 

70 Superbe - de Rabesnièr^, chef de* 

cadre. 

50 Sage — chevalier de Tonnrille. 

58 Hardy — de Laroqne Garstral. 

50 Heureux — Pannetier. 

70 Invincible — commandeur de Yerdille. 

Frégates : Aurore, Gaillarde, Subtile, Tempeste, Bâilleuse. 
8 brûlots, 5 flûtes. 

ESCAnaa aouci ou corps dk lATAiLu. 

Canooi. 

80 York capitaine — 

50 Greenwich — — 

70 Anne — — 

96 Charles — — 

sir John Haiman, contre-amiral. 

50 Rainbow capitaine Story. 



BATAILLES. — 1«7S. 



n Cambridtt 

H Fmrfax 

H Firtory 

M* Itoya/ Prinet. . . . 

M SamMKcAM/ . . 

M JfonaM^A 

U Aéttitm* 

M Roys/ (Mktrim. . 



•iFVïwb.hTiU* Mellii. 



tir loba CbitebiUi. 
Berri. 



r Edoowd SpnfgB, *)c«-MBinl 




































Sai^-Dand 












tl4*nl-AmdFtr 







«ir lt«E«r SIncUMd. 



rtpiUii* Fiucii Di|bT. 
— W«twu|. 




il6 BATAILLES. ^ iCTS. 

66 Warspite capitaine — 

48 Antelope — — 

8i French Ruby — — 

toal 83 vaisseaux, sans compter les frégates^ les brùlets «t !•• 
légers. 

La bataille comihefiça entre sept et huit heures da ma- 
tin. Vers 9^, le capitaine du Royal-Prince fut emporté 
par un boulet, Ce vaisseau, combattu par l'amiral bol- 
landais les Sept-Provimges, était alors tellemttil mal- 
traité, que le duc d'York se vit forcé de le quitterai d'ar- 
borer son pavillon sur le Saint-Micfiael. Le voisinage de 
la terre lui fit faire de suite le signal de prendre les amures 
à l'autre bord; l' avant-garde hollandaise avait déjà viré. 
La nouvelle route suivie par l'amiral anglais faisait passer 
une partie de ses vaisseaux au vent du corps de bataille 
des Hollandais et les plaçait entre celui-ci et leur avant- 
garde. Dans le but d'éviter cette position, plusieurs capi- 
taines laissèrent porter et passèrent sous le vent La brise, 
déjà très-fa'ible au commencement de la bat^Ue, tomba 
entièrement, et il s'ensuivit un pèle-mèle dans lequel An- 
glais et Hollandais firent des prodiges de valeur. Le Hdyal- 
JameSf déjà combattu par le Dauphin sur lequel le lieate- 
liant amiral Gent avait son pavillon, fut attaqué par la 
Grande-Hollanoe de 62 canons, capitaine Braakel, et 
tomba sur ce vaisseau. L'Anglais mouilla une ancra pour 
se dégager et il y parvint après 1^ 1/2 ; il oonpa alors 
son câble. Hais si cette manœuvre permit à l'amiral Mon- 
tagu d'obtenir le résultat qu'il se proposait, elle l'isola aussi 
du reste de son escadre. Devenu le but des brûlots, son 
vaisseau fut accroché et incendié vers midi : AOO hommes 
sur 7S0 se sauvèrent ; l'amiral Montagu périt dans les flots. 
Le capitaine Haddock fut plus heureux ; il fut recueilli par 
un canot, mais il était blessé. Le lieutenant-amiral Van 
Gent ne put jouir de son triomphe ; il avait été tué an 
moment où le vaisseau anglais avait réussi à sa dégager. 
\je capitaine Braakel était blessé. Le vûsseau la GiAinns- 
HoLUifDE, désemparé, s'en alla en dérive et fut pris à la 




BATAILLES. - 4871. 127 

remorque per une frégate. Le lieutenant-amiral Van Nés 
attaqua le Royal-Cdikerinê qui était complètement dégréé ; 
le Taiseeau anglais amena son pavillon. Le capitaine et une 
partie de l'équipage furent conduits à bord de la frégate 
Uraicirr et du yacht Rotterdam. Le Royal-Caiherine fut 
repris par les Anglais qui avaient été laissés à bord et 
rentra dans un port d'Angleterre. La brise fraîchit dans 
l'après-midi. Le combat continua toujours sanglant entre 
les A escadres, un peu moins en désordre, mais cependant 
toujours coofondues par suite de la nécessité dans laquelle 
ellesse trouvaient de faire de fréquents virements de bord, 
tant à cause cl:i voisinage de la terre, que iK)ur éviter les 
bancs. Le vaisseau du contre-amiral Van Nés se trouva un 
Momeat fort compromis ; il fut dégagé par la division de 
son frère; mais, entièrement désemparé, il fut remor- 
qjsé en Zélande: le contre-amiral Van Nés passa sur un 
autre vaisseau. De son côté, le commandant en chef de 
raronée des alliés fut obligé une seconde fois de changer 
de Tsisseau ; le Saint^Michael coulait bas d'eau et ne pou- 
vait plus tenir en ligne : à 5** 5/^, il arbora son pavillon 
sur le £.aiidon. Le Henri fut accroché \wc un brûlot — 
c'était le sixième — au moment où le capitaine Digby 
et SfiO premier lieutenant venaient d'être frappés & 
mort. Le deuxième lieutenant ne put empêcher une par- 
tie de réqui|)age de se jeter à la mer. Le Henri fut 
alors abordé |>ar un vaisseau ennemi, et son pont fut en- 
vahL Le Piymouih le dégagea et les Hollandais qui 
avaient sauté à bord se trouvèrent prisonniers. A 7^, 
le commandant en chef de l'armée des États signala d'i- 
miter sa manœuvre et prolongea sa bordée au Sud pour 
rallier l'escadre de Zélaude qui était aux prises avec les 
Français. 

Le combat avait commencé avec vigueur sur cette der- 
nière partie de la ligne ; mais, ainsi que l'écrivit Tamiral 
français, soit que les Zélandais ne voulussent pas essayer 
d'enfoncer la ligne française, soit qu'ils eussent ordre 




128 BATAILLES.— 1672. 

d'en agir ainsi, ils serrèrent le vent à bonne distance* En 
voyant les Anglais courir au Nord, le vice-amiral d'Estrées 
avait eu tout d'abord l'intention de virer de bord poor 
les rallier ; mais trouvant que sa première division n'avait 
pas assez serré le vent pour qu'il lui fût permis d*attdndre 
les Anglais à la bordée, il continua de courir bâbord 
amures. Le combat entre les Français et les Zélandais ne 
fut, à proprement parler, qu'une longue canonnade. 
Lorsque Ruyter rejoignit son arrière-garde, le duc d'York 
était au vent avec 25 ou 30 vaisseaux ; les autres étaient 
sous le vent Le soleil, en se couchant, mit fin à la ba- 
taille. 

La nuit fut belle. Dans la prévision d'une seconde ba- 
taille, on travailla de part et d'autre à faire les réparatioDs 
les plus urgentes. Au jour, le duc d'York reporta son pa- 
villon sur le Royal-Prince et convoqua le conseil de guerre. 
Il fut décidé que, les munitions étant presque en totalité 
épuisées, l'armée navale devait rentrer à Sheemess. liais 
celle des États ayant été aperçue sous le vent qui souflhit 
du N.-O., le commandant en chef ordonna les disposi- 
tions du combat et laissa arriver sur l'ennemi qui prit 
chasse de suite. Les munitions des vaisseaux hollandais 
étaient réduites au point que cette retraite était en qiiel«- 
que sorte forcée. Ruyter, qui venait d'éprouver les incoo- 
vénients de combattre sur une côte ennemie, était désireux 
de se rapprocher des ports de Hollande afin que, en cas de 
nouvelle bataille, ses vaisseaux dégréés pussent y trouver 
un refuge. La mauvûse apparence du temps le détermina, 
le 9, à mouiller à l'Ile Walcheren. L'armée combinée qui 
Tavait poursuivi jusqu'à Ostende fit route pour l'Angle- 
terre. 

Les pertes étaient considérables des deux côtés. Le Aoyal- 
Janui avait été incendié. Le Charles^ le Sainî-Miduui 
avaient tant souffert qu'il avait fallu les renvoyer en An- 
gleterre; le Victary, le Henri, le Fairfax, le Aoyol-Calki- 
rine, le Dunkirky le York et le Greemoick les y avaient 




BATAILLES. — 1672. 1S9 

précédés. Le yaisseau hollandais Staveen, capitaine Elze- 
▼ier, a?ût été capturé, et le Westergo, capitaine Hilkes 
Rolaart, avait sauté pendant la nuit qui avait suivi la ba- 
taille. Le JosuÉ, capitaine Jean Dick, avût été coulé. 
Deux autres vaisseaux avaient été obligés d'aller chercher 
des secours dans un port En outre de l'amiral comte de 
Sandwich, 1* Angleterre eut à déplorer la mort des capi- 
taines Cox, Digby et Hollis. La France perdit le chef d'es- 
cadre de Rabesniéres qui, blessé mortellement, mourut 
à Londres, quelques jours après y avoir été transporté. T^s 
capitaines de Cou, Desardanset du Magnon étaient blessés. 
Du côté de l'ennemi, le lieutenant amiral Van Cent avait 
perdu la vie; le lieutenant amiral Bankert et le capitaine 
Aarsen étident blessés. 

Et maintenant, que penser de cette aflaire qui fitdire aux 
Anglais que les Français n'avaient pas combattu, et à l'ami- 
ral de Ruy ter, que le but des Français avait été de regarder 
le combat de loin pour conserver leurs vaisseaux, en lais- 
sant les deux nations de T Europe les plus importantes 
sur mer consumer leurs forces et s'entre-détruire; enfin, 
au marquis de Grancey qui commandait un des vaisseaux 
français : On eicarmoucha d! assez loin pour que jaie regret 
à dtx-Auil cents coups de canon que je tirai pour faire comme 
fax auires* 

Je n'ai nullement l'intention de faire la critique de la 
relation que M. E. Sueadonnée de la bataille du 7 juin 1672 
dans son Histoire de ta marine française. Je ne termine- 
rai cependant pas sans dire un mot des assertions de cet 
écrivain. L'idée prédominante de M E. Sue est celle-ci : 
le vice-amiral d'Estrées avait des instructions secrètes |)our 
engager le moins possible ses vaisseaux. Il part de là pour 
voir un déni de secours dans la conduite de cet oflicier 
général. L'accusation est grave. M. E. Sue [)rétend trouver 
la preuve de ce qu'il avance dans ce passage des instruc- 
tioos du roi : • Elle (S. H.) veut que ûdit sieur rtre-umtraf 
Mie, autant qu'il lui sera possible^ les détachements^ et 
I. 9 




430 BATAILLES. ^4678. 

quil faut en iorie que tous Us vaiêuaux de sa floliê iêmeW' 
rent toujours ensemble; mais en cas que la nécessité du ser- 
vice oblige à faire des détachements^ elle désire quil fasse 
en sorte^ s il est possible y que les vaisseaux des deux neh 
lions ne soient point mêlés, afin d'éviter le commandement 
des Anglais, n II faut, ce me semble, vouloir épiloguer 
pour trouver à ces instructions le sens que H. Sue leur 
donne. Cet historien, à l'appui de son dire, cite encore ce 
passage de la relation du duc d'York : « Malgré les ordres 
que f avais donnés , ï escadre française et f escadre Mélan^ 
daise gouvernaient au Sud. » J'ai vainement cherché cette 
phrase dans la relation précitée. On y lit : « Tandis que 
les choses se passaient ainsi sur le point où le duc étaii 
en personne, les Français gouvernaient vers le S., orientés 
auui prés du vent qu'ils le pouvaient. Mais Banksrt et (es- 
cadre zélandaise ne les pressèrent pas autant quils auraiêni 
pu le faircy car à peine Us approchaient^U à portée de ea- 
non^ ce qui ne diminua pas peu la réputation des iélan- 
daiSy Sitre les plus braves marins entre les Uollandais. » 
Il n'y a rien là que ne dise le vice-amiral d'Estréee lui- 
même dans son rapport « LaiU qui était opposée à tes^ 
cadre française, écrivait cet officier général, tint le vent 
davantage. Le duc d*York donna au comte d'Estréee Tordre 
de tenir U vent autant que possible. Jugeant quil me jmiu- 
vait tenir U vent avantageusement que du bord que T escadre 
de lélande courait^ différent de celui de son armée^ U vie^ 
amiral prit le parti de la combattre, de la percer enec son 
escadre pour aller joindre U due et le dégager. » Le vice* 
amiral d'Estrées n'avait évidemment pas reçu Tordra de 
prendre la bordée du Nord. 

Que conclure de ces versions contradictoires, sinon qu« 
l'auteur de lUisloire de la marine française a interprété 
dépêches et rapports au point de vue particulier qu'il n 
choisi, et qu'il a cru démêler la vérité, plus heureax en 
cela que Colbert de Croissy , ambassadeur de Franoe à 
Londres, qui écrivait au ministre Colbert, sous U àmi% 




BATAILLES. — ir7fi-4673. 434 

do 90 juin 1679 : « Je trouve les sentiments de tons ceux 
« qui composent notre escadre si différents, que je ne 
« puis faire un jugement bien certain (1). » 



ANNÉE 1«73. 



Quoique chaque parti se fût attribué l'honneur de la 
bataille de Southwood, les États-Généraux demandèrent la 
paix à Louis XIV. Les exigences du roi de France rele- 
▼èrent le courage des Hollandais, et Guillaume d'Orange, 
qui venait d'être porté au stathoudérat, se disposa à une 



(I) J*ai II tvM Waof oap d'ittenlioB len rapport» «|ii ••! été fiiu »ar celle ba- 
lidUa, •! je les ai trouvé» si pao précia qu'il m me Mrait paa pêaaiMe de porter 
■■ joieaient antre q-io relui qui fut fonoulé par l'arolMuiadeor de Fraore. Le 
UMtMâal-«airal do Rifter dit po^itivemeat qoil eoonil d'a^rd au Sud avec 
fOtt c«rpe do bêtailte et «oo afaat garda. Il D'e*t dooc paa •■rproBaiit que le 
▼ico-aniral d'Entrée», dont les faii^^eaux furent les premier» sou» Toile», ait 
pria là bordée du Sod. Pourquoi le« faiMaaoi aoglaia qui •orUieot mina ordre 
éê U baie ■aKirent-iU paa de même? Lea iualnictioaa de l'amirol qui preicrt- 
vaioot à leore capitaine» de »errer le f ent autant que pOMible, entraloaient-elle» 
émc rabaolie oéreaaité de eoorir au Nord, quoique relie bordée, aiofi que le^ 
kiU le orouvéreot, le pût être tenue que fort peu de temps 7Taot que je bo ror- 
rai pas l'ordre qu'on prétend avoir été donné de prendre le» amure» a tribord en 
BfpariillaBt pour courir au Nord, je coaaidérorai k juftemoat porté par l'avleur 
éê ÏHiêioirt de la mahme comme bâtarde, car il e»t baaé tor «ae ioterpreta- 
tioa. Eb aitissaot ain»i. je me conforme 4 la régie que je me sui» tracée au début 
êê tat oanago f p. t) et je suis complétemeBl daaa lea idées do M. E. Sue lui- 
■ ! ■ > , qui dit avoir réyudié toyie tnytct de tyttème ou de point de vue, parce 
qu'tme appréciah'on purement induiifu^lle n*oynnt aucune valeur prohante, 
WJe peut Are mUe pmr qui erut ta nier. la rondaito du Tieo-amiral d'Eatréen 
a fu paraître «UJ>pecte; il n'en e>l pa» moin» vrai que lr« m.irin> rrroonjltront 
^0 cet officier général agit avec »agacilé en prriiaDt la tordi*c du Sud et qu'il 
Mit le mérite de tenir »r» vai««eaui parfaitrro^nl en ordre. Si le rumbat fut 
■MÏBS rude à la partie de la ligne ou il commandjit qu'aux autre», »'il n*y egi 
palal de mêlée, oa ae peut l'en rendre re»poof4ble. Serrer le tobI éuit tout co 
fs'll paufait faire; c'était aui Zelaadaïaà sa rapprocbar s'ils desiraioat oa 
ro«bai plas ▼igoureax. 

Qaoïqae l'attaqua de M. Sue soit dingee plotAl contre la politiqu«> dr |aai« XIT 




132 BATAILLES.— 4673. 

résistance désespérée. La rupture des écluses et TiDonda- 
tioD complète de la Hollande rendant les années de terre 
impuissantes à agir, les puissances alliées durent encore 
recourir à leurs escadres. Le vice-amiral d'Estrées partit 
de Rochefort avec les vaisseaux français et arriva, le 20 mai, 
à l'embouchure de la Tamise. Les Provinces-Unies firent 
des efforts extraordinaires pour mettre leurs vaisseaux en 
état de reprendre la mer. Elles arrêtèrent d'abord le plan 
d'une expédition qui pouvait être mise à exécution sans 
grande effusion de sang : le lieutenant-amiral de Ruyter 
fut chargé de couler plusieurs navires à rentrée de la Ta- 
mise pour obstruer les passes et empêcher l'armée anglaise 
de sortir. Cet officier général se dirigea sur les côtes 
d'Angleterre avec 31 vdsseaux, i2 frégates, 18 brûlots, 
plusieurs yachts et galiotes. Le 12 mai, il mouilla devant 
Harwich et détacha les contre-amiraux Van Nës et Vlug 
pour exécuter le projet d'obstruction des passes de la Ta- 
mise. Mais les Anglais avaient probablement eu connais- 
sance du motif de la sortie de l'armée hollanduse, et ils 
avaient mouillé une partie de leurs vaisseaux dans les 
passes mêmes. Informés de cette circonstance, les deux 
contre -amiraux hollandais rejoignirent leur armée qui, 
elle-même, rentra en Hollande. De nouvelles dispositions 
furent prises, et il fut décidé que a comme aprii Dieu cette 
armée était un des principaux instruments par lequel on pût 
défendre et couvrir TÊiat par mer^ (armée se tiendrait postée 
dans le plus avantagetix passage de Shooneteldt^ ou un peu 
plus au Sud versOstende^pour observer t ennemi ; €l, si elle 
était attaquée ou voyait Cannée ennemie disposée à faire une 
descente sur les côtes des Provinces-Unies^ se mettrait en de- 
voir de lui résister vigoureusement, de s* opposer à ses desseins^ 



que coDlre le Tice-amiral d'Eslrées, j*ai cru devoir quitter on noMtit le réiê 
de Mmple narrateur pour examiDer si la mancMiTre du commaiidâBt m dUC es 
larinee fraoçai»e nèrito réelkoMut la critique doot êlU a été V9hj0L Oi ajp» 
préciora. 




BATAILLES. — 4673. 433 

é$ diiruin eu brûler m vaUnaus par îouiet lei tùia qui 
lut seraient possibles (1) . » Ruyter prit le commandement 
de la première escadre forte de 19 vaisseaux, h frégates, 
8 brûlots, h yachts et 3 galiotes; le lieutenant-amiral Aart 
Van Nés et le vice-amiral de Liefde étaient placés sous ses 
ordres. La deuxième escadre, composée de 18 vaisseaux, 
6 frégates, 8 brûlots , 5 yachts et 2 galiotes, fut donnée 
au lieutenant-amiral Bankert; cet officier général était se- 
condé par les vice-amiraux Evertzen et Star. La troisième 
escadre qui comptait 18 vaisseaux, 5 frégates, 9 brûlots, 
6 yachts et 2 galiotes était commandée par le lieuteoant-ami- 
nîl Tromp ; les vice-amiraux Sweers et Shram }\i\ étaient 
adjoints. L'armée hollandaise comptait donc 55 vaisseaiu, 
11 frégates, 25 brûlots, lA yachts et 7 galiotes. 

L'armée combinée anglo-française, dont le prince Rupert 
avait pris le commandement, appareilla de la Tamise, le 
2 juin ; le mauvais temps la fit mouiller sur les bancs de 
Flandre. Voici sa composition ; les Français étaient, cette 
fois, au corps de bataille. 

CSC4MIB ftOrCE OC AVà-TT-CAftW. 

4t JfaTjf lîoit, capiUise -^ 

m Vietory — — 

41 Asturamce — — 

M Fuir fax .......•••.. -~ 

te Charles — — 

John Hermaa, cotlrt-tnirtl. 

•t Mottmouih capiUîne — 

M SewcoMtle — - 

Tt Hevenge — — 

M Yormouih — — 

M Hùyal Catherinr — Logg. 

M GloctsifT, ..• — — 

iSO nf^fi. ••...■•• " 

M Croiofi - CuUr. 

11 Ed^r — — 

Itt HoyûlCharlet — - 

{trioce Raport, amiral. 

70 HMpert capiUioo Joha HolBOf. 

Si ^tmeeu . 



• • 



• • • • • • 



(1) GèranI Praa^l, Vte dt Ruyter. 



134 BATAILLES. — 147S. 

S> Conttani Warwich — — 

U Anne - _ 

•4 Hvitch AkAy — — 

U Btiolution — Jobi BtrTT- 

•6 london — — 

M Waripitt — Sloal. 

M Happy rtfum — — ■ 

70 Tn'umph — Duid. 

ncimi luiicn on cokfi k utiilu. 

upiUlM — 

- i» KirtiR. 

■ Fortuite — — 

TO Ttrfiblt — DcMrdMW, chef A'mmbt. 

TO Ulutlrt — chCTilitr de Béihuf. 

M Duc. — ehcTiliar d« Septill*. 

■ Grand — P«ut. 

50 Excellait — da HagaoD. 

s Apollon — d« LugtrM. 

TO iHvintible — 

H Tonnant — Preuillf d'BtuiièrM. 

• KnM. — — 

cMilfl d'Eitrtti, tiM-anin). 

70 Foudroyant c«piUiu Gibant (Lonii). 

■ G/onnuc — ebe*4li«t d* ValbcUt. 

» Fier - cbeTtlitr Dallj. 

» Aimable — — 

M Vaillant — — 

■ Précieux — — 

ee Sant-pareil. — cbarilier d« TannilU. 

■ Orgutilleux — nurquii de CnMf|, (h* 

d'aicadre il}. 

TO Conquérant — de TbiTW. 

» Aquilon — — 

50 Prince. — ourqui* d'AnfrcTîHe. 

M L màmre — d« LaCMO. 

40 Sujc — - 

M Oripainnu — d« KetjuB. 

tS Diamond. 

M Vnicom. . 

a RtAy - - 

«0 Mont - — 

•* Sainl-AndifU! — — 

KempiberDe, TiM-uiir«l. 



(1) La liile drennte pir 
Ituj; ■ Il «• diTiiion «t le 

d> Yilballe coDit&UDl qse la uetarau 

laide, j'ti pJacé la marqui* de Gnacey t l'anltrt-faTdt 



afffim*s«ïï' 




• •••■••• 



• • • • 



BATAILLES. ^ mi. ISft 

M Plftmomth CAfitaiBf -^ 

il Pttuleon — — 

•i Mary — John Tvûlkj. 

A9 Botwéoenturf — — 

•1 Dreadnought — — 

70 Saint-George — 

a AnUiope — - 

M Henrieita — — 

1#0 Frincf •...•...••... — — 

sir Edouard Sprafg^i fict«uiiril. 

7t Cambridge câpiUine — 

19 Advicê ^ — 

100 Sovereiom — ^ 

•0 Dunkirk — - 

♦0 Hampihire, 

60 York 

41 Sweepttaket,, . 

7t SmiftMun* . . . 

90 Saint-Michael . 

comte d*Ofsory, cootrt-aminL 

•0 Cretnmieh capiUioe -^ 

iO Foretight — — 

40 Rainhow — — 

• Sinaftoro — — 

L'armée combiaée remit à la voile le 7 au matin, areo 
une jolie brise de S.-O., et se dirigea vers Ostende. Le 
commandant en chef n'avait pas Tinteniion d'attaquer les 
Hollandais dans la position qu'ils occupaient; il ne voulait 
que la leur faire abandonner. Dans ce but, il détacha eo 
avant une escadre légère de 30 vaisseaux, dont 9 français 
et 8 brûlots (1). Les Hollandais ne Tattcndirent pas; ils 
mirent sous voile dès qu'ils l'aperçurent et ils la poursuis* 
virent. Leur appareillage fut si prompt, qu'ils purent at- 
teindre les vaisseaux détachés avant qu'ils eussent rejoint 
leur armée ; les alliés se trouvèrent, par suite, asoei nuil 
formés. Les Hollandais étaient en ordre de bataiile ren- 
versé, les amures à tribord. La nouvelle avant^anle en- 
gagea le combat la première, à une heure de raprëa^midi, 
avec les vaisseaux qui s'étaient portés en avant et l'oHcadro 
du prince Rupert. Le vice-amiral Shram, qui commanduit 



^*1fc»^— ii*^»*— *ii».o^M— ii*— ^i I ■ ■ ■■ I !■■ 



;t} Rapport d« ra|.iUiM dt VAlbelIt. Lo prioco Kiport dil U fréfitt* tt 
iSMIoli. 




436 BATAILLES.— 1673. 

la première division de cette escadre» fut emporté par on 
boulet. Le capitaine de Tbivas, du Conquérant^ un des 
vaisseaux détacbés, eut le même sort. Le vice-amiral d'Es- 
trées put bientôt combattre le corps de bataille ennemL 
Trouvant que les Anglais ne pressaient pas assez vivement 
l'arrière-garde, le marquis de Grancey laissa porter avec 
sa division sur les vaisseaux de tète de cette escadre. En- 
traînés par leur ardeur, les capitaines du Glorieux^ du 
Duc, du Fier et de Y Excellent l'imitèrent. Cette partie de 
la ligne ennemie fut rompue. Ce fut en vain que le lieu- 
tenant-amiral Bankert soutint le choc avec ardeur, il loi 
fallut aussi se retirer ; 1* arrière-garde hollandaise se trouva 
ainsi séparée du reste de son armée. Le lieutenant-amiral 
de Ruyter vira avec une partie de son escadre dès qu*il s'en 
aperçut, et, passant au milieu des vaisseaux français, il 
parvint à la rallier ; il revira alors pour se rapprocher de 
son avant-garde qui était à grande distance, toujours com- 
battue et vigoureusement pressée par les Anglais; il la 
rejoignit à 6**. Le lieutenant -amiral Tromp avait été 
obligé de changer deux fois de vaisseau. La brome fit 
cesser le feu à 9^. Le capitaine Cabaret, du Fmi- 
droyant , avait abordé le vaisseau bollandûs Devemtei, 
capitaine Kuilembourg, mais son équipage avait été 
repoussé. Le Jupiteb, capitaine Bakker, avût été 
abordé aussi par un vaisseau anglais dont l'équipage 
avait également été repoussé après un combat de deux 
heures. 

L'armée hollandaise mouilla sur le lieu même de la ba- 
taille, à 12 milles dans l'O.-N.-O. de West-CapeL Les 
alliés laissèrent tomber Tancre à 6 miUes de là le len* 
demain. 

Les avaries étaient considérables de part et d'aotre» 
mais les pertes étaient peu importantes ; et^ bien qoe les 
Hollandais aient prétendu qu'une frégate anglûse de 50 eût 
sauté, que le vaisseau français le Foudroyant et la frégate 
la Friponne eussent coulé» ainsi que plusieors autres bâti- 




BATAILLES. --4873. i37 

ments, en tout li vaisseaux ou brûlots (1), les brûlots 
seuls avûent été détruits. Le capitaine Tbivas avait perdu 
la vie ainsi que les capitaines anglais Fincb, Fowles et 
Worden. Du côté des Hollandais, le vice-amiral Shram, 
le contre-amiral Vlug, les capitaines Van Borgen et Boer 
avaient été tués ; les capitaines Nassau et Meegang étaient 
dangereusement blessés, i vaisseaux durent être envoyés 
eo Zélande; l'un d'eux, le DevBirrEE, se perdit en entrant 
à Vlakke. 

Si à la bataille de Soutbwood la manœuvre des Français 
avait pu jeter quelques doutes sur la sincérité de la cour 
des Tuileries, leur conduite, cette fois, leur mérita les plut 
grands éloges de la part du prince Rupert 



Qnq jours après la bataille que je viens de relater, le 
12 juin, le lieutenant-amiral de Ruyter proposa d'aller 
attaquer l'armée des alliés qui était toujours à l'ancre. 
Cette détermination ayant été approuvée par les députés 
des États, il mit à la voile, le I A, avec une bonne brise de 
N.-E. et se dirigea sur l'armée combinée : celle-ci appa- 
reilla de suite; toutes deux gouvernèrent au N.-O., en 
ordre renversé, et les avant-gardes engagèrent la canon- 
nade à h^ du soir. Les deux corps de bataille se trouvè- 
rent aussi bientôt en position d'échanger des boulets ; les 
arrière-gardes donnèrent peu. Le combat, ou plutôt la 
canonnade, continua ainsi en chasse jusqu'à ce que 
les ténèbres fussent venues envelopper les deux armées. 
Royter ne voulant pas s'éloigner de la côte, fit virer la 
sienne et, le lendemain, il mouilla à Sbooneveldt Les 
alliés rentrèrent dans la Tamise. 



Après avoir réparé ses avaries, l'armée anglo-française 
sortit de la Tamise et alla mouiller devant le Texel ; son 

(t) ^émà SraAét, Vie ée Huyter. 




Ud BATAILLES. — 4671. 

grdre de bataille avait été changé : les Français Ataient à 
Tavant-gardot Famiral sir Edouard Spragge commandait 
l'arrière-garde avec le vice-amiral Kemptbomeet le contre- 
amiral d'Ossery; le prince Rupert était an centre avec le 
vice-amiral Herman et le contre-amiral Ghiceley. Le 
20 août, Tannée des États fut aperçue sous le vent ; Tannée 
combinée appareilla, mais la proximité de la côte fit re- 
mettre Tattaque au lendemain. Ce jour^là, le viol ajrant 
pa^sé du N.-O. à TE.-S.-E., les Hollandais prirent Tinitia* 
tive et laissèrent porter sur les alliés ; ceux«ci étaient en 
bataille, les amures à bâbord. Le lieutenant-amiral Ban* 
kert tenait la tète de la colonne, Ruyter était au centre 
et le lieutenant-amiral Tromp à Tarrière-garde. A 8^ do 
matiu, les Hollandais serrèrent le vent bâbord amures 
et le combat s'engagea sur toute la ligne. L*avant-garde 
ennemie gouvernant très-près du vent, les Français s*en 
fussent bientôt trouvés à grande distance si, prenant Tini- 
tiative d'une mesure qui allait lui être ordonnée, le lieute- 
nant général de Martel, alors commandant de la deuxième 
division de Tescadre française, n'eût viré pour séparer les 
Zélandais de leur armée. Cette manœuvre, imitée par le 
vice-amiral et par les autres vaisseaux français, pouvait 
placer le corps de bataille de Ruyter entre deux feux. 
Mais une brume épaisse, qui ne se dissipa qu'à 11^, fit 
prendro au commandant en chef de Tescadre française 
le parti c!u continuer cette bordée, et le lieutenant-amiral 
Bankert se dirigea sur son corps de bataille. Ce mouve- 
ment décida le prince Rupert à se rapprocher ltâ*mème 
do son arrière-garde qu'on apercevait à peine, et il fit 
lo signal de ralTiement à Tavant-garde. Cet ordre était 
inutile, car, dès 1'', prévoyant que la réunion des Zélan* 
dais au corps de bataille allait créer de sérieux embar- 
riui à la première et à la troisième cbcadre de Tarmée 
combinée, le vice-amiral d'Estrées avait laissé arriver sur 
h* vaisseau amiral. Le combat était rude entre les deux 
arrière-gardes. Le lieutenant-amiral Tromp s'était at- 




BATAILLES. - 1078. 139 

tadié au Prmeê-Royal, nooté par ramiral Spragge* 
et il le combattait depuis 8^ 12' sans qu'une seule 
manœuvre eût été faite» car tous deux avaient mis 
en panne. Leurs vaisseaux étaient alors complètement 
désemparés, et les deux amiraux furent obligés de porter 
leur pavillon sur deux autres. L'amiral Spragge se vit 
encore bientôt contraint de quitter ce vaisseau. Pendaqt 
qu'il se dirigeait sur un troisième, le canot qui le portait 
fut coulé et cet officier général se noya. Drossée dans le 
N.-O. par le vent et par le courant, Tarrière-garde fut 
promptement à grande distance du corps de bataille, et il 
était h^ lorsque le commandant en chef la rejoignit. Les 
Hollandais étaient aussi ralliés à cette heure. Le combat 
continua avec vigueur jusqu'après 6**; l'approche de l'es- 
cadre française, que la faiblesse de la brise avait empê- 
chée d'arriver plus tôt, décida alors Ruyter à faire route 
à TEat. Les deux armées se perdirent de vue pendant la 
nuit 

Les vaisseaux des deux arrière-gardes étaient très-mal- 
traités ; les autres avaient peu soulTerL Les brûlots jouè- 
rent un grand rôle dans cette bataille , et ils furent 
presque tous détruits. Le capitaine français d'Estival 
avait été emporté par un boulet. Les capitaines anglais 
Reeves et Heyman avaient perdu la vit*, et les capi- 
taines Courtney , Ilaward et W illiani Jennings étaient 
blessés. Du côté de l'ennemi, les vice-amiraux Van 
de Liefde et Sweers avaient été tués, ainsi que les capi- 
taines Van Gelder, Sweerius, Visscher et kiela. Les capi- 
taines Dick et Lejeune étaient bleiîsés. 

Ruyter avait rempli son but; l'armée des alliés s'éloigna 
des côtes de Hollande. 

Le prince Rupert se plaignit de la conduite de plusieurs 
capitaines anglais et de celle que le vice-amiral d'Estrées 
avait tenue à cette bataille: Il prétendit que cet officier ^<^né- 
ral n'avait pas oh^i an signal d'arriver qui lui avait été fait 
lorsque l'escadre de Zélande avait cessé de le combattre. 




440 BATAILLES. — 4673. 

Le vice-amiral d'Estrées répondit que le signal qui lui avait 
été fait n'avait pas la signification que le commandant en 
chef lui donnait; que d'ailleurs, bien qu'il n'eût rejoint le 
corps de bataille qu'à 6^, il avait laissé arriver vent arrière 
dès IK 

Une enquête fut faite par ordre de Louis XIV, et tous 
les capitaines furent entendus. Je donne plus loin cette 
pièce historique. Beaucoup de charges s'élèvent cer- 
tainement contre le vice-amiral d'Estrées; elles ne me 
satisfont ni ne me convainquent entièrement. Cet officier 
général lûssa entendre, il est vrai, que le roi Toolait 
qu'on ménageât sa flotte et qu'on se défiât des Anglais. 
Louis XIV avait-il tort de ne pas compter sur la sincérité 
de l'alliance anglaise lorsque, de toutes parts, on l'avertis* 
sait que le peuple et les grands murmunûent contre cette 
alliance et que Charles II était peut-être le seul de son 
royaume qui la désirât? Je dirai donc avec M. de La- 
peyrouse-Bonfils (1) : a Le comte d'Estrées, pour avoir ma- 
te nœuvré une ou deux fois d'une manière équivoque, 
(( peut-il être soupçonné d*ètre de connivence avec l'en- 
« nemi, ou d'avoir voulu ménager son escadre aux dépens 
a de celle des Anglais? Spragge, le prince Rupert loi- 
« même n'ont-ils pas fait d'aussi grandes fautes? Dans ces 
1 gigantesques batailles, lorsque la connaissance des n- 
f( gnaux était peu répandue, et que l'on combattait sur 
c des mers pleines d'écueils et de peu d'étendue, il devait 
« souvent arriver des erreurs excusables, souvent même 
« tout à fait indépendantes de l'habileté humaine. » 

Voici l'information secrète et le rapport de II. de 
Seuil (2) sur cette bataille : 

A Sceau, le 10 septembre ItTS. 

« Comme il est très-important que le roi soit informé 
c véritablement de tout ce qui s'est passé dans le dernier 



• 1) Histoire de la marine française. 

<%) M. de Seuil était intendant de la marioe à Brett. 




BATAILLES. — i673. iil 

combat qui a été donné, le 21 du mois d*août dernier, 
entre les flottes royales et celle des Hollandais, il a été 
nécessaire de s'appliquer avec soin à faire parler et in- 
terroger tous ceux qui s'y sont trouvés et de voir tout 
ce qui en a été dit en Angleterre et en Hollande, et tout 
ce qui s'est passé dans le combat. Pour cela, j'ai vu et 
examiné toutes les plaintes que le prince Rupert a faites 
de l'escadre française, tout ce qui a été dit en Hollande, 
et j'ai interrogé avec soin le sieur Cbappelain, secré- 
taire du vice-amiral; le sieur de Laborde, capitaine fort 
entendu, qui était sur le bord du chevalier de Tourville ; 
le aieor Ferancourt, commissaire de marine, qui était 
sur le bord du sieur de Martel, et M. le comte de Li- 
moges qui était sur le bord du vice-amiral ; et comme il 
eei nécessaire, avant que d'entrer en aucun raisonnement, 
d'être bien informé du fait, le voici, ainsi que toutes les 
parties en conviennent. 

« Les flottes royales avaient couru les mers depuis leur 
sortie de la Tamise jusqu'au 20 août pour chercher la 
flotte des États ; enfin, ce jour-là, ils la trouvèrent sur 
leurs cAtes, entre le Texcl et la Meuse; et comme les 
flottes royales avaient le vent sur leurs ennemis, le 
prince Rupert avait résolu de les attaquer dès ce jour- 
là. Mais, d'autant que les vabseaux hollandais tirent 
moins d'eau et que Ruyter et les autres chefs connais- 
sent leurs cdtes, leurs vaisseaux étaient si proches de 
leurs côtes, et il était déjà si tard, que le prince Rupert 
résolut d'attendre au lendemain pour les attaquer; et 
pour cela, il revira et donna l'ordre à l'escadre de 
France, qui avait l'avant-garde, de soutenir et de gar* 
der l'avantage du vent Pendant la nuit, le vent chan- 
gea et de N.-O. qu'il était et favorable aux flottes 
royales, il devint E.-S.-Ë , favorable aux Hollandais. 
Rojler, profitant de cet avantage, mit toutes ses voiles 
el vint fièrement au combat dès la pointe du jour. 
« L'escadre de Zélande, commandée par Bankert, se 




us BATAILLES. — 4073. 

« trouvait opposée à Tescadre de France, Ruyter avec son 
u escadre au prince Rupert, et Tromp au chevalier Spragge. 
« L'escadre de France ayant ordre de soutenir le vrat et 
n de le gagner, le sieur de Martel, qui commandait la di- 
te vision de la droite du vice-amiral, et par coDaéqnent qui 
(( avait la tôte de toute l'armée, gagna le dessus du vent de 
f( la longueur de trois à quatre vaisseaux. Dans ce moment, 
« Bankert, qui n'avait que 10 à 12 vaisseaux de l'escadre 
c de Zélande, voyant qu'il allait être enfermé entre deux 
« feux, prit la résolution de percer les vaisseaux de Tes- 
tt cadre de France qui lui étaient opposés, et, comme il 
l'exécuta, ce fut là où il y eut un combat fort opiniâtre. 
« Les vaisseaux se canonnërent de fort près ; le vice-amiral 
« évita deux brûlots. Il commanda le capitaine Goillotin, 
(( commandant un de ses brûlots, pour s'aller attacher à 
« Bankert. 11 y alla, évita la rencontre de deux autres 
« vaisseaux, n'en voulut qu'au pavillon de Bankert il 
(( essuya toute Tartillerie et la mousqueterie de trois 
« vaisseaux, aborda ce vaisseau, s*y attacha par ses 
(f grappins ot mit le feu à son brûlot. On vit tout Téqui- 
« page du vaisseau se jeter à la mer. Guillotin, voyant 
(( que sa mèche ne faisait pas eifet, retourna et y mit le 
« feu une seconde fois. Mais comme vingt hommes qui 
• étaient restés de l'équipage sur ce vaisseau eurent le 
« temps de séparer le brûlot, ils le sauvèrent. Cette acUon 
(( ayant paru des plus hardies qui aient jamais été fUtes 
« par aucun capitaine de brûlot, on estime nécessaire de 
« la rapporter ici. Bankert, après ce combat, s'en alla avec 
« le vent à toutes voiles pour joindre Ruyter. 

n Le vice- amiral ayant perdu dans ce combat, un mit, 
(I une vergue et l>eaucoup de manœuvrer, et les autres 
H vaisseaux de son escadre ayant été fort incommodés, il 
u employa quelque temps pour se raccommoder et aussitôt 
« revira et mit toutes ses voiles pour aller joindre Tes- 
(. cadre du prince Rupert qui étût aux mains avec Ruyter. 
n Le chevalier Spragge, qui avait été attaqué |>ar Tromp» 




BATAILLES. --1673. US 

prit la résolution de se mettre ea panne pour l'attendre. 
et l'autre venant fièrement sur lui avec le vent, le com- 
bat fut fort chaud et fort opiniâtre. Spragge ayant mis 
en panne dériva beaucoup pendant le combat et séloi- 
gna fort du prince Rupert ; son vaisseau fut désemparé 
et celui de Tromp aussi. Us en changèrent tous deux de 
suite, et au troisième, Spragge passant d'un vaisseau 
sur l'antre, sa chaloupe reçut deux coups de canon dont 
elle fut renversée et se noya. 

« Le prince Rupert, attaqué par Ruyter, voyant qu'en 
pliant il éloignait Ruyter des côtes de Hollande, et que 
le vent pouvant changer le jour, comme il avait changé 
la nuit, si cet avantage lui arrivait, il serait en état de 
défaire entièrement Ruyter, plia et s'éloigna beaucoup 
en combattant toujours contre Ruyter qui avait le vent 
sur lui à pleines voiles. Cet éloignement fut tel que le 
▼iee*amind de France , qui avait mis toutes ses voiles 
pour venir enfermer Ruyter entre deux feux, ne put 
jamais le joindre qu'à 7^ du soir; et comme Ruyter 
vit le risque où il était, il prit la résolution de finir le 
combat; et comme il n'y avait presque plus de jour, le 
prince Rupert fit signal au vice-amiral de France de ve- 
nir mouiller dans ses eaux. Ruyter se retira à la nuit, 
et ainsi le combat fut entièrement fini, 
c Le prince Rupert se plaint de Spragge et dit quil s'é- 
tait entièrement séparé de lui et qu'au lieu de .se tenir 
en ligne, ainsi qu'il lui avait ortlonné, il avait dérivé et 
a*était laissé aller sous le vent. 

« Il se plaint du vice-amiral de France et dit que 
n'ayant que 10 à 12 vaisseaux contre lui, et ayant 
gagné le vent, il devait les emporter a\ec vigueur et le 
venir joindre et qu'en ce faisant, Tarniée des ennemis 
était entièrement défaite |)arce qu'elle .se serait trouvée 
entre deux feux. 

« Le vice-amiral dit qu'il a fait ce que le prince Rupert 
avait ordonné; qu'il a gagn^ le vent, enfoncé, percé Po- 




144 BATAILLES. - 1673. 

(( cadre qui lui était opposée, et qu'aussitôt qu'il s'est pu 
« raccommoder, ce qui n'a duré que fort peu de temps, il 
« a mis toutes ses voiles pour rejoindre le prince ; mais, 
c qu'il s'était si fort éloigné en pliant, qu'il n'a pu le 
c joindre qu'à 7** du soir, et qu'il n'a point voulu conobat- 
« tre, encore qu'il y eût assez de temps pour bien in- 
« commoder l'ennemi. 

a Le vice-amiral, en particulier, se plaint de H. de 
(( Martel et dit qu'il devait enfoncer les ennemis dès 
« lors qu'il eut gagné le vent de la longueur d*un on deux 
'( vaisseaux, i 

(( M. de Martel dit qu'il a eu l'ordre de gagner le vent; 
a qu'il l'a fait et, qu'en ce faisant, il a obligé Bankert à 
« prendre la résolution de percer l'escadre de France qui 
c était dans ce passage ; qu'il devût périr vu qu'il restait 
H encore 21 vaisseaux au vice-amiral et même, que pour 
(f faire ce qui se devait, dès lors que le vice-anû- 
c rai avait vu que l'escadre de Zélande qu'il devait com- 
(( battre n'était que de 9 vaisseaux, il devait le lusser 
(( avec sa division pour le combattre et s'en aller avec la 
u sienne et celle du chef d'escadre à toutes voiles pour 
(I joindre le prince Rupert. 

(( Voilà le fait et les raisons de toutes les parties. 

(( Il paraît, dans tous ces combats sur mer, que Ruyter 
(C n'a jamais voulu s'attacher à l'escadre de France et, 
« qu'en cette dernière action, il avait détaché les 10 vais- 
(I seaux de l'escadre de Zélande pour l'amuser. > 

Cette action navale fut la dernière de l'année. L'An- 
gleterre fit la paix avec la Hollande au commencement du 
mois de février 167i, et Charles II resta neutre à l'égard 
de la France. 



— »o}e:&*— ^ 




BATAILLES. — 1674-1 675. i 45 



ANNÉE 1674. 



Les Hollandais profitèrent du répit qui leur fut laissé 
sur mer pendant Tannée 1 67A pour commettre quelques 
déprédations sur les côtes de France. Cette mission fut 
confiée au lieuienant-amiral Tromp. Au mois de septembre, 
cet officier général débarqua des troupes à Belle-Isle, à 
Groix et sur les Glenans. Ces détachements brûlèrent les 
églises ; et après avoir enlevé le peu qu'ils trouvèrent dans 
ces lies, alors presque inhabitées, ils se rembarquèrent, et 
l'escadre hollandaise quitta ces parages. 



-><<•;< '-i— 



ANNÉE l«7î>. 



Les vastes manœuvres de la diplomatie de Louis XIV 
avaient généralement réussi. Presque tous les princes et 
États du Nord et de TAllemagne avaient promis à ce mo- 
narque leur appui contre la Hollande ; ceux qui n*y avaient 
point consenti s'étaient astreints à une neutralité complète. 
Les agents de la France n'avaient échoué qu'à Berlin et 
à Madrid. L'Espagne avait promis sou concours à la Hol- 
lande, et elle tint parole ; il n'y eut pas rupture déclarée 
avec la France, mais elle secourut ses anciens sujets. La 
conquête de la Franche-Comté |)ar les armées françaises 
foi la conséquence de cette conduite. La guerre existait 
alors de fait. 

Je ne donnerai pas l'histoire de la révolution à la suite 

de laquelle eurent lieu les bataille:^ navales qui furent 
I. 10 




i 46 BATAILLES. — 467M675. 

livrées sous la Sicile ; je dirai seulement que, las du joug 
de l'Espagne, les Messinois ayw( demandé à Louis XIV 
de les prendre sous sa protection, ce monarque consentit à 
leur envoyer quelques secours. 

Le capitaine chevalier de Valbelle partit de Toulon avec 
6 vaisseaux, 3 brûlots, 1 tartane et une barque çbaj^ée de 
blé, et mouilla à Messine le 27 ^ptembre 167i. Ce faible 
secours n'empêcha pas la disette de se faire sentir bientôt 
dans la ville, et après avoir coopéré à la prise de quelques 
forts, le capitaine de Valbelle appareilla pour France, le 
là octobre, afin d'aller exposer lui-même au roi la situa» 
tion de Messine. 

Bloqués dans leur vUle par les troupes espagnoles, les 
Messinois ne tardèrent pas à éprouver la famûie la plus 
horrible ; le capitaine de Valbelle reçut de nouveau Tordre 
d'aller les ravitailler. Cet officier supérieur partit, le 18 
décembre, avec les vaisseaux 

GanoDS. 

• Pompeux qu'il commandait. 

» Prudent capitaioe cbeyalier de Lafayetto. 

» Fortuné — GraYÎer. 

j Téméraire — chevalier de Léry. 

i Sage — chevalier de Lasgeioa. 

m Agréable — chevalier Daily. 

Frégate Grodeuse^ 
5 brûloU. 

Cette division se présenta, le 1** janvier i67ft, à Centrée 
du détroit de Messine où 2S vaisseaux espagnols et 19 ga- 
lères, sous les ordres du capitaine général D. Melcklor de 
la Cueva, se tenaient en croisière. Le capitaine de Val- 
belle resta tout le jour en vue de Tarmée ennemie sans 
être inquiété. La journée du lendemain se passa de la même 
manière. Cette canduite de Vvnnemi le décida à tenter de 
forcer le passage pendant la nuit : i) Be lui fut en quelque 
sorte pas disputé, et la division française put aller mouiller 
devant la ville ; les Espagnols se bornèrent à laisser ton- 

r l'ancre à l'entrée du détroit et à la bloquer de ce cdié, 
B ii que Messine, (irnce au secours feumi par la garnison 




BÂTAILLB&. — 1675. f 41 

det taitaaaiix, 1m forts de là ville forent bientôt au ponvoir 
des Ikirinois ) miia ce succès n'empèchs pas la famine de 
sa faire sentir de nouveau. Un troisième secours fut en- 
voyé. Louis^Victor de Rocbecbouart, duc de liortemart et 
de Vivoone, prince de Tonnay*Gharente, pair de France, 
gouverneur et lieutenant général des provinces de Cham- 
pagne et de Brie, général de toutes les galères de France 
el lieutenant général de Sa Majesté es mers et armées du 
Levant, nommé vice-roi de Sicile pour la France, parut, le 
11 février an matin, avec 9 vaisseau, 1 frégate et S brû- 
lots, à bord desquels S,600 bommes avaient été embarqués. 
Un convoi de blé suivait Tescadre. Favorisée par une joUe 
brise de S.-B., l'armée espagnole mit sous voiles, se 
rapprocha quelque peu de l'escadre française et se rangea 
en bataiUe aux mêmes amures qu'elle ; elle comptait alors 
20 vaisseaux (1) et 49 galères. L'escadre française tenait 
le plus près, bâbord amures, dans Tordre suivant : 

Canoiuk 

m FidèU capiUioe cbeTalier de Cogolio. 

70 SaùU'Esprit .... — de Yaodricoart. « I brûlot. 

I>u<|ii«iiie, lieuieiABi géA4r«L 

m Aimable capiUioe de Labarre. 

ftS ihmrtwi — Labrttaeche. 

• SctpU9 — Gabarel (Lottia). » t brûlot. 

de Vivonne, amiral. * 1 frégate. 

m Parfait capitaifte de CbAteaiaeif. 

• Apoii<m — de Forbia. 

• Saimt-Èlichet. ... — Prt uilly d'Humière», rbef d excadro. 

• VmiUmi, — ée Sept^nei». - I brûlot (f ). 

Le chef d'escadre Preuilly reçut Tordre de se placer 
sous le vent avec sa division pour couvrir le convoi. Mais, 
jugeant bientôt que les transports ue seraient pas attaqués, 
le duc de Vivonne fit rallier sa troisième division et com- 



(t) BoifBélé, Hitiùirt yétémie t/e In nmrime, éH IS yiîmmmii. — N. 4e U- 
p0yVMM, HiHoirt de /« mnrme ^«if»f«t&#, 17. 

(t) WÊ. B. Sm tt de LapeyrMte. Hint. tàe tm méÊtime frmitçttis^, wê doMMKl 
fm S vaiMtMt MOI brûkU ai fréfrale, et «Mltoai ÏA$foHom, \h prétoadMl 
ta octrt qae le capitaine Labretr^t he < uiMMaadaillr yorlmté el ao* i I k m remM . 




148 BATAILLES.— 4675. 

mença le combat. A la première bordée, les Espagnols 
virèrent et gouvernèrent au N.-E. sous toutes voiles. La 
vue des vaisseaux du commandant de Valbelle, qui dou- 
blaient le phare, motivait probablement cette détermina- 
tion. Sans attendre les ordres du commandant en chef, le 
lieutenant général Duquesne signala à sa diviaon de 
chasser Tennemi. Deux des vaisseaux qui sortaient de 
Messine, le Téméraire^ capitaine de Léry, et le Sage^ capi- 
taine de Langeron, imitèrent cette manœuvre. Après une 
poursuite de &**, pendant lesquelles la canonnade ne dis- 
continua pas, le vaisseau espagnol Haoona del Populo, de 
hi canons, amena son pavillon. Ne perdant pas de vue que 
le but de l'expédition était l'approvisionnement de Mes- 
sine, le duc de Vivonne fit signal de ralliement, et, le 12, 
il entra dans ce port. Le lendemain, il prit possession du 
gouvernement. Les Espagnols allèrent mouiller à Naples. 
Deux de leurs vaisseaux avaient coulé pendant la nuit qui 
avait suivi le combat (1). 



Le duc de Vivonne ne tarda pas à s'apercevoir que les 
forces dont il disposait ne lui permettraient pas de se main- 
tenir en Sicile, et il demanda des renforts qui lui furent en* 
voyés, au mois de mars, par les vaisseaux de : 

Caoons. 

7i Magnifique capitaine cheTalier de Monbros Sev* 

nom. 
d'Almeiru (1), lieutenant général. 

ii Sirèttt.' capitaine chetalier de Toanrille. 

ii Comte — d'InfreYiUe Saint-Aobia. 

Avant l'arrivée de cette petite division, le vice-roi arbora 



(I) Boismèle, Hist, générait de la marine, dit quatre. 

(iy Colbert, dun» «es dépêche:», et Boismélé, dan« «on Histoire de la w^arme, 

tKtiyeuKAlnœrui. La relation officielle dît Almeirus. C'ebt ainsi, da refto,fie 

le noni de cet ofUcicr (:enèral est orthographie dans la liste des offlcien 

le roi pour servir »ur ces tai&^AUx. 




BATAILLES.— 4675. 449 

son paYÎUoD sur le Sceptre et mit sous voiles arec une 
partie de Tescadre pour aller brûler les vaisseaux espa- 
gnols dans le port de Naples. Après quelques jours de 
croisière, il rentra à Messine sans avoir même paru devant 
la baie de Naples. 

Pendant cette courte sortie, le Téméraire , de 50 canons, 
capitaine de Léry, et la Sirène ^ de AA, capitaine de Tour- 
ville* avaient été envoyés dans le golfe de Venise pour 
empêcher que les ennemis ne fissent passer des troupes 
par mer dans la Fouille. Ayant appris en route que ces 
troupes avaient été déjà débarquées et que les navires qui 
les avsûent portées s'étaient retirés à Barbette, ces deux 
oflSciers résolurent d'aller les y attaquer. Ils mouillèrent à 
portée de fusil des fortifications de la ville;, et, après une 
canonnade fort vive, un vaisseau vénitien de 50 canons et 
une frégate espagnole de 20 furent enlevés par les embar- 
cations des deux vaisseaux français. Un second bâtiment 
espagnol fut brûlé le lendemain. Les deux capitaines allè- 
rent ensuite à Raguse pour menacer les jurats du courroux 
de la France, s'ils continuaient à fournir des marins et des 
vivres aux Espagnols. En rentrant i Messine avec la fré- 
gate la Grac\eu$e^ capitaine Gassonville, la petite division 
fut prise de calme plat, et le courant entraîna les vaisseaux 
et les frégates dans des directions différentes. Grâce aux 
galères qui étaient arrivées depuis quelques jours , les 
vaisseaux et l'ex-frégate espagnole purent atteindre Mes- 
sine, mais la Gracieuse fut portée sous Reggio. Le 21 juin, 
à la pointe du jour, 10 galères espagnoles l'attaquèrent et 
l'enlevèrent. Profitant d'un vent favorable qu ils atten- 
dirent une semaine entière avec impatience, les capitaines 
de la Sirèiie et du Téméraire se dirigèrent, le 28, sur Reg- 
gio, et les deux vaisseaux ouvrirent de suite leur feu sur 
la citadelle. Pendant ce temps, un brûlot dirigé par le ca- 
pitaine Serpaul fut lancé sur la Gracieuse^ accrocha celte 
frégate et l'incendia, ainsi que 11 navires qui se trouvaient 
dans le port. Le feu se propagea à terre et gagna une pou- 




150 BATAILLES.— 4876. 

driëre dont l'explosion fit sauter une partie des fortifica* 
tiona. La consternation produite par cet érénement fot 
telle, que Tourville assura qu'il eût pria la Tille s'il atait 
eu quelques troupes. 



Lorsque la ville de Messine s'était soulerée, l'Espagne, 
aux termes d'un traité conclu en 167S avec les Provinces* 
Unies, avait réclamé l'appui des forces navales de cette ré- 
publique. Après quelques délais, leurs Hantes Puissances, 
qui étaient en paix avec l'Angleterre depuis le mm de 
février 167 A, avaient consenti à envoyer une escadre dans 
la Méditerranée ; le commandement en avait été donné ao 
lieutenant-amiral général Adrians de Ruyter. Cet ofllder 
général avait reçu l'ordre de se rendre à MelaiBOt en Si- 
cile, et de se ranger sous le commandement do prinœ de 
Piombino, général des galères d'Espagne, ou, en son ab* 
sence, de prendre ses instructions de D. André d'Avola, 
prince de Montesarcbio, général de l'armée navale d'Es- 
pagne. L'escadre des États ne trouva qu'un vaisaeaa espa* 
gnol à Melazzo ; le prince de Montesarcbio était à Païenne; 
le vice-amiral de Haan alla l'y trouver avec une partie de 
l'escadre bollandûse. 

L'inaction dans laquelle le duc de Vivonne idvait dqpuis 
son arrivée avait considérablement refroidi Tardear qui 
avait porté les Messinois à se jeter dans les bras de la 
France. En effet, si l'on excepte une expédition contre Me- 
lazzo, le vice-roi s'était borné à occuper Messine, et, 
comme l'écrivait un des capitaines de l'escadre (i), il 
restait dans un assoupissement qui n'était ni paix, ni 
guerre, ni trêve. L'arrivée de Ruyter tira le vice-rtM de sa 
torpeur. Sur l'avis du consdl de marine, qui insista sur lanè- 
cessité d'avoir un port dans le Sud du détroit, il se décida à 



(1) Lettre da cheTJilier de ValMIe aa minîMrf' do la marine. 




âATAILLB8.^l6t5. 15! 

Atiaqaer k TiUt d' Agoeta, située à 00 lieues dâus le Sud de 
Heeeine. Le 10 août, il mit sous colles atec 20 taisseauji, 
2A galères et 12 brûlots, et arriva le 17 devant ce port. 

La ville d'Agosta est élevée d'eftviron 10 mètres au- 
dessus du niveau de la mer; une pente douce y conduit 
du rivage. Un parapet en terret d'un peu plus d'un mètre 
d'épaisseur, la protège de ce côté; la partie Nord est dé- 
fendue par un fbssé et par un ouvrage à couronne. La 
citadelie, de forme carrée et commandée par la ville, s'é- 
lève un peu plus dans les terres* La rade est spaeieuse et 
bien abritée, malgré la grandeur de son ouverture. Les 
débarquements y sont faciles, car, sur plus d'un demi- 
■lUle, OM plage plate, la seule^ il est vra), qui ne soit pas 
bordée de rochers, n'offre d'autre obstacle qu'un petit 
muretin en pierres sèches, en fomoe de retrancheitoetit, 
dans Teau. Trois batteries élevées sur le Hvage, deux au 
fond à gauebe, et la troisième à l'entrée, du côté opposé, 
battent la rade. 

Contrarié par le vent, le duc de Vivonne expédia les ga- 
lères en avant et désigna six vaisseau! pour éteindre le 
feu de la tour d' Avalas qui défend l'entrée de la raddi Ces 
vaisseaux étaient t 

GiSfms. 

i4 9tréme • . eapitaiM dit TAlier ëa Toomlle. 

• Fidèle. — cbeYftlier de Cogolin. 

• Apollon — de ForbiH. 

et trois autres ctont la relation officielle ne désigne que les 
capitaines; c'étaient MM. Cabaret, de (lou et de La- 
niothe (1). Un changement dans la direction du vent per- 
mit & Tarméc entière d'entrer dans la baie et d'y laisser 
tomber l'ancre. Les vaisseaux du capitaine de Tounille en> 
trèrent cependant les premiers, et ils remplirent pai faite- 



(1 1 Ce4 tfoi* TAi«feao\ devaient ^trf le Scei^rr ,i\}ït If raf iUint Cabartl rooi 
■aadâit ai mois de jantier de la pré!>eoU anDce ; VÉciaiani, ^ue Von «•il 
fàêté MU let ordre 4 da capitaine de Cou, eo jaoTier de t'aBiee PVtfaale, et le 
itnmqrtff, comiDâodé par le capitaine de I^mothe . au oioi« d'avril 1671». 




452 BATAILLES. — 1675. 

ment leur mission . Quelques troupes dirigées par le tieo- 
tenant de vaisseau de Goëtlogon firent capituler la batterie 
de l'entrée. L'avant-garde de l'armée eut mission de ca- 
nonner les batteries Victoria et Piccolo placées à gauche ; 
le corps de bataille et l'arriëre-garde dirigèrent leurs bou- 
lets sur la viUe. Un débarquement fut effectué sous ce feu 
protecteur. Les deux batteries furent enlevées par le ca{û- 
taine de galères de Labretescbe et le lieutenant de vaisseau 
Pallas, tandis qu'un détachement d'infanterie de marine 
marchait sur la ville sous la conduite du lieutenant général 
d'Almeiras et du chef d'escadre des galères de Hanse. 
Agosta capitula. Après avoir réparé les donunages causés 
par l'artillerie des vaisseaux, avoir élevé quelques nou- 
velles fortifications et avoir établi une garnison, en grande 
partie composée d'habitants que la domination espagnole 
avait aigris, le duc de Vivonne retourna à Messine, las- 
sant quatre vaisseaux à Agosta pour compléter la défense 
de la rade (1) . 

Au mois d'octobre, le duc de Vivonne, qui venait d'être 
élevé à la dignité de maréchal de France, expédia le lieu- 
tenant général Duquesne en France avec 20 vaisseaux 
pour chercner les vivres nécessaires à la subsistance des 
Messinois, car, après une année d'occupation, la France 
était encore obligée de nourrir Messine. Ces vaisseaux 
avaient à peine pris le large que, le 2i, 15 v^sseaux es- 
pagnols, 3 brûlots et 9 galères mouillèrent sur la c6te 
de Calabre. Le lieutenant général d'Almeiras reçut l'ordre 
d'aller les attaquer avec les 8 vaisseaux et les 2 frégates 
qui étaient restés à Messine. Les Espagnols ne l'attendi- 
rent pas. La division française leur donna la chasse jusqu'à 
Melazzo et rentra ensuite à Messine. 



(1) Boifinélé, Hist. générale de la marine, fait erreur en disant qiele liet- 
tenant général Duquesne commandait cette expédition. Le rapport du Tico-roi 
constate qn'ii la dirigeait en perranne. 




BATAILLES. — 1676. i53 



ANNÉE 1676. 



Craignant que les lenteurs et les tergiversations du 
prince de Montesarchio ne finissent par donner aux vais- 
seaux expédiés en France le temps de revenir, le lieute- 
nant-amiral général Ruyter rappela le vice-amiral de Haan 
et, le 2 janvier, il mit sous voiles avec 18 vaisseaux, iS fré- 
gates, A brûlots et 2 navires de charge (1), plus galères 
commandées par D. Bertrand de Guevarra, lieutenant et 
directeur général des galères de Naples. Il confia l'avant- 
garde au contre-amiral Verschoor et l'arrière-garde au 
Tice-amiral de Haan. L'intention de Ruyter était de passer 
le détroit et de s'établir en croisière dans le Sud de la Si- 
die. Mais, contrarié par le calme et ayant appris qu'un 
grand nombre de voiles avaient été aperçues à la hauteur 
des lies Lipari, il resta devant Melazzo. Ces voiles n'étaient 
antres que l'armée navale de France qui, sous les ordres 
dn lieutenant général Duquesne, était chargée de l'escorte 
d*an convoi de vivres pour Messine. Le 7 janvier, au 
matin, l'amiral hollandais se dirigea sur l'armée française 
qni tenait le plus près, tribord amures, avec une jolie 
briae du S.-S.-O. A 3^ de l'après-midi, il serra le vent 
à ces mêmes amures , mais hors de portée de canon. Le 
vent joua du S.-S.-E. au O.-N.-O. pendant la nuit. Le 
commandant en chef de l'armée française sut profiter de 
ces variations et, le 8, au point du jour, il était au vent 
des Hollandais. Son parti fut de suite pris ; il signala au 



(1) Gknxi BrtBdl, Vte de Uuyîer. — M. de Lap«yrou>e, Hitt. de la marine 
r, ëii 19 taisMAUx, 4 frègatet^ 1 brûlot et i navirei de charge. 




154 BATAILLES. -1676. 

convoi de faire route pour sa destination et, à heures, 
il laissa arriver sur l'ennemi avec un ensemble tel, que 
Ruyter déclara « tC avoir jatnaiê vu de combat où les enne- 
mis eussent arrivé dans un meilleur ordre (1). » Voici la 
disposition des vaisseaux français : 

Canons. 

» Prudent capitaine chevalier de Lalayelte. 

M Parfait » de Ch&teaooenf. 

M Saint'Michef — marquis Preailly d'Huyèm, 

chef d'eicadre. 

» Fier — de Chabert. 

» Mignon — de Relingne. 

1» Assuré — de Yittette Mirwf é 

S brûIoU. 

50 Sage — chetalier de LattgeroB. 

M Sirène -< cheTalier de Bétkiiie. 

M Pomfieux — cheTalier de Valbelle, chef 

d'escadre. 

70 Saint-Esprit — .— 

Duqaesne, lieateDant général. 

)> Sceptre capitaiDe chefalier de Toiiniltoy chef 

d'eicidre* 

» Éclatant — de Coa. 

.'lO Téméraire — chevalier de Léry. 

» Aimable -- de Labarre. 

a brûloU. 

» Vaillant — ChcTalier de Septénes. 

» Apollon — chetalier de Ferfain. 

» Grand — de Beaulieo. 

» Sans-pareil — Cabaret (Loaii), chef ifes • 

cadre* 

)> A(fuilon — de VilleDeaTe-Ferrières. 

7i Magnifique — Gravier. 

8 brûlots. 

Le combat commença à 10^ entre les avant-gardes 
des deux années, rangées en bataille, les amures i tribord 
entre les tles Stromboli et Salini ; la ligne entière ne tftfdâ 
pas à êlre engagée. Pressées avec vigueur, les deux pre- 
mières escadres de Tarm^'c ennemie plièrent incessamment. 
L'arrière-gardc, qui tenait toujours à son poste primitif, 
pouvait alors être facilement prise entre deut fetut. Le 
commandant en chef signala au chef d'escadre de Tour^ille 



[\) r.érard Brandi, Vi^dr n^yter. 




BATAILLBS.— 1676. 186 

d'exéCttler cMè manciavre aveo les trois viûsseau qui le 
suivaient ; mais le calme qui survint y mit obstacle et les 
galères parent dégager cette arrière-^garde qui continua de 
combattre jusqu'à la nuit» bien que le feu eût cessé à 
h^ 30* sur les autres parties de la ligne. L'armée hol- 
landaise sa dirigea sur Palerme ; les Français restèrent 
aotts Stromboli où, le 10 au matin « ils furent rejoints par 
la division du lieutenant général d'Almeiras avec laquelle 
ils entrèrent à Messine. 

Les pertes étaient considérables de part et d'autre et les 
vaisseaux très-maltraités. Les Hollandais avaient à re- 
gretter la mort du contre-amiral Verschoor. Le lieutenant- 
amiral général Ruyter, dans son rapport, dit que le vais- 
seau FiESNE coula avant d'avoir pu atteindre le port (1). 
Le capitaine français Villeneuve Ferrières avût perdu la 
vie. Le lieutenant général Duquesne, le chef d'escadre 
de Valbelle et le capitaine Chabert étaient blessés. 

Quoique cette bataille n'eût rien de décisif, on peut ce- 
pendant la considérer comme ayant été gagnée par les 
Français, puisqu'ils purent entrer à Messine et remplir leur 
mission. Les Espagnols publièrent que les Français avaient 
été complètement battus. 

Une partie de la tactique de cette bataille consista dans 
le jeu des brûlots; on tenait plus alors à détruire les vais- 
seaux qu'à les prendre. 

Un point remarquable de la tactique de l'époque se 
trouve dans l'opiniâtreté des manœuvres pour se placer au 
vent Le combat commençait rarement sans avoir été pré- 
cédé d'évolutions nombreuses faites dans ce but. et sou- 
vent il finissait parce qu'on était sur le point de perdre 
cette pomtiœi. Les rapports des officiers les plus distingués 

mratkmnent tous Timportance. 



(I) M«iélé, lUtt. générale de fn marine, prilcsd qie let BolUa4âi« per- 




156 BATAILLES.— 1676. 

Quelques fautes furent commises à cette batulle; le 
lieutenant général Duquesne, les chefs d'escadre Cabaret 
et Preuilly d*Humières les imputèrent aux capitaines, par- 
ticulièrement aux capitaines des brûlots. 

Toutefois, les Français montrèrent que, condmts par 
un chef habile, ils pouvaient lutter contre la première 
puifeance maritime du monde. Et cependant, le lieateoant 
général Duquesne se plaignit au ministre de la marine da 
peu de connaJssances tactiques que possédûent les ofB- 
ciers français et il lui signala leur infériorité à Tégard des 
Hollandais. Il demanda l'appui du roi pour réduire les 
capitaines et les officiers à la stricte observation de leurs 
devoirs. 

Voici sa lettre : 

(( Je vous avouerai ici, Monseigneur, que les oflBders et 
« capitaines qui n'ont servi qu'es mers du Levant, ne sont 
f( pas intelligents à l'observation des ordres de marche et 
(f de bataille, comme il se doit faute de l'avoir exercée et 
a même, pour n'avoir pas cette expérience, ils ont peine 
c de l'approuver, ce que nous reconnaissons être aoz Hol- 
t landais l'avantage qu'ils ont sur nous de naviguer pres- 
c que de tous temps, notamment en présence de l'ennemi, 
(( jour et nuit en bat^Ue*, aussi, ils évitent les abordages 
« entre eux, ce à quoi Ton est trop sujet parmi les vais- 
« seaux du roi. Si Sa Majesté me fait l'honneur de me 
« continuer le commandement de ses armées, je suis 
« obligé de lui demander une forte protection pour ré- 
a duire ces officiers et capitaines à la stricte observa- 
<( tion de cet exercice de marine et même, quand il es- 
te chera d'être en mer l'hiver, en présence des ennemis, 
« d'avoir agréable que j'indique les vaisseaux et les capi- 
« taines propres à tels services qui seront d'autant plus 
a agréables à Sa Majesté, car souvent peu de vaisseaux, 
« même un seul, qui sera méchant à la bouline, obligera 
« une armée à perdre Tavantage du vent ou «\ Tabandon- 
« ner ; et, quoique dans le grand nombre des vaisseaux 




BATAILLES. — 1676. i57 

« da roi« il De se peut éviter qu'il y en ût de moins bons 
« voiliers les uns que les autres, ils ne seront pas inutiles 
« cependant, si on les emploie à ce à quoi ils seront pro- 
« près. (1) » 

Signé Duquesne. 

Quelques mois plus tard, le 6 mai, cet officier général 
disait dans son rapport sur la bataille d'Agosta : 

« J'espère que dans peu, Sa Majesté aura la satisfaction 
de voir sa marine en réputation, si elle a agréable de la 
purger de quelques esprits brouillons et autres merce- 
naires qui causent de la division dans le corps; au reste, 
il y a de très-braves gens qui commeocent à avoir de 
l'application et de qui on doit tout espérer. 11 y en a 
quelques-uns accoutumés au libertinage quand ils soot 
dans les rades et dans les ports et qui ne sont pas assex 
exacts à l'observation des signaux et ordres de marche 
pour éviter les abordages, à moins d'une sévérité extra- 
ordinaire de laquelle je suis obligé de me servir avec 
regret, afin d'éviter d'être contraint de donner pour 
excuse un manquement à l'exécution de mes ordres dans 
une occasion importante. » 



Cependant l'époque fixée pour la reiuice de l'escadre 
des Etats dans les ports de Hollande était arrivée, et l'a- 
miral espagnol restait toujours dans l'inaction. Ruyter 
mit sous voiles le 22 janvier; mais alors qu'il se disposait 
à sortir de la Méditerranée, il reçut l'avis que de nou- 
velles négociations étaient entamées pour la prolongation 
de son :Ȏjour dans ces parages, et l'autorisation de rester 
eo Sicile. Le 20 mars, il rallia l'escadre espagnole à Pa- 
ïenne. Le vice-roi pour l'Espagne se décida alors à diri- 



(1) Mimûtèrt de la marim. Dépôt du cartes et pians. 




158 BATAILLES. — 1076. 

ger contre Messine une attaque par terre et par ner. 
L'armôe navale hispano-batave , forte de 27 bitiments 
de guerre dont 10 vaisseaux espagnols, entra le 37 dans 
le détroit et laissa tomber l'ancre sur la côte de Calabre; 
Tespoir d'attirer au large les vsdsseaux françûe dont les 
équipages prêtaient un grand secours aux troupes de 
terre, fit bientôt prendre à son commandant en chef le 
parti d'aller mouiller dans la bade d'Agosta. Le lende- 
main, il tenta, mais vainement, d'incendier la Sirine qui 
se trouvait dans ce port. Dès que le mouvement de l'en- 
nemi ftit connu, le duc de Vivonne ord(mna au lieatenaDt 
général Duquesne de mettre sous voiles pour aller le 
combattre. Averti à temps, Tamiral espagnol ne Fattradit 
pas à l'ancre ; il appareilla et, le 22 avril au tnatlo, les 
deux armées se trouvèrent en présence, mus sans qu'elles 
pussent agir, car le vent tomba entièrement. La SMne^ 
qui avait immédiatement quitté son mouillage, avait pu 
cependant rallier la sienne. La brise, en s'élevant plus tard 
au S.-S.-E., plaça les Français sous le vent; Us prirent le 
plus près, tribord amures. A S^ Tennend fit la m6me ma- 
nœuvre, mais il se maintint à grande distance. La lieute- 
nant-amiral général Adrianz de Ruyter commandait Fa- 
vant-garde; le vice-amiral Don Francisco Pereira Freire 
de la Cerda était au centre et le vice-amiral Haao à Far- 
riëre-garde. La faiblesse de la brise empêcha les deux 
armées de se rapprocher assez pour conmiencer le combat 
avant A^ du soir. Voici la liste des vaisseaux français (1) : 



1) M. E. Suc cl aprÙ!) lui M. de Lapeyrouse oot publié, dani lear Hisioirt de 
la tnarine française, an ordre de balailU que je ereis erreoé : 1* Le HMrtff- 
moi général d'Almeiras commandait l'auni-garde et non tarièn-sardn, aîné 
qu'ils le prétendent. S» Duques^ne était au corps de bataille sor le StUu^EspÊfii ; 
iN placent re vai^^eau à rarrière-fKarde et le rempinceni par le S mu pv ti J . 
5 " Lo S*iint Mirhel était le matelot d'arnèrc da commandant en chef, et cm den 
histurieo!* dunocnt À ce vaibscau un poste â l'arrière -garde. 4* Enfin» ilt mnOmI 
le hflHf, et répondant lo cipitaine de ce vaisecau fut bleue. Tont cela efl écrit 
dans le rapport du commandant go cbef et dans Tcoquète qû fat laito aprèfla 
hiilaitlt*. 




u Fidèle 

id Hfumu* 

Vermêmkuê 
Lys, . . . 



79 P<mpiu9 

Magnifique. . . . 

ApoUom 

Çimoi mcrtii . . 
Tf^dent, . . . . « 
tkrAloU. 

Gtxtmi 

Fier 

Sceptte» f « « • • 
Samt'Etprit . . . 



70 



• • • 



BATAILLES. -.1676. 

c^piUiDo chevalier de Cogolio. 

— Labretescbe. 

— Tamboiaeau. 

— Gentet. 
d'Almeiru, lienteBant géaértl. 

cai^ilaiika clieTalier 4e VaU^Ue^ chef d'escadre. 

— Gravier. 

— ekevalier de Ferbia» 

— Saiat-Aobio. 

— chevalier de BelteroBlaiDe. 



159 



Smnt'MicM. . . 
Aêtwré 



• • • • 



U 



9O0€ • • • t « 

Brusque . . . 



Aitmable 



• • • • • • 



Prudent . 



< • • . 

• • • • • 

• < • • 



-^ da Beaiiliea. 

— de Chabert. 
^ ohevalier Daily. 

— chevalier de To«niUe« chef d'escadre 

Doquesoe, lieateaaat géoèral. 

ca|iiuiae Preuilly d'Uiiaiièrefi diel d'escadie. 

— de VilleUe-Marsay. 

— chevalier de Lèry. 

— chevalier de Laageroo. 

— de Lamothe. 

— ehevalier de Béthue. 

— de Coa. 

— de Labarre. 
-» ■ar^vU d'AsIrefUla. 
-* Gaharel (Looia), cheC d'escadre, 

— commandeur de Lalayetle. 
-i» de Moatreiil. 

— Sepldme«« 
^ Be]il»-Erard. 

— de ReUafiia. 

Qaoiqoe l'avant-garde hollandaise se ffti plus rappro- 
chée des Français que le reste de Tamiée ennemie « elle 
oommença le feu la dernière, mais le conbat y devint 
bientôt des plus meurtriers. La canonnade fut si nourrie 
que Buyler avança qu'il n'eût pas été possible de tirer 
plus vile avec des mousquets. Le lieutenant général d'Aï- 
meiras ftit tué après une heure de lutte acharnée. Les ava- 
ries do lyf , que cet officier général montait, foroèrent le 
capitaine Gentet à sortir de la ligne. Le chef d'escadre de 
Valbelle ayant été informé de la mort du lieutenant gêné* 
rai d'Almeiras assex tôt pour douner les instructions né- 
au maintien de Tordre (!)• la maouiuvre du 



JoH. 



I C'%A â tort que Bol^méll•, //i it. '/f'nnnh '/c /a mannf, a écnl «|M U Btrt 




160 BATAILLES.— i676. 

Lys ne fut pas imitée par les autres vadsseaux. Le FidiU 
seul» dont le capitaine quoique blessé s'était fait porter 
sur le pont, ayant eu sa barre de gouvernail brisée, sortit 
de la ligne ; mais il y rentra peu de temps après. Le vais- 
seau hollandais le BIiroir, capitaine Shey, perdit son grand 
mât de hune et sa vergue de misaine ; il fut retiré du feo 
et remorqué à Syracuse par une galère; le DAHifiTTS» ca- 
pitaine Uitterwych, l'y suivit de près. Le Lion, capitaine 
Stymm, fit aussi route pour ce port. Le lieutenant-amiral 
général Ruyter voulut alors rallier le corps de bataille; 
mais il ne put réussir à faire virer son vaisseau et masqua 
toutes ses voiles. Le mouvement d'acculée qm résulta de 
cette manœuvre le mit par le travers du corps de bataille 
de l'armée française dont il eut à soutenir le feu. Loin de 
manœuvrer pour venir en aide à son avant-garde, et qum- 
que Ruyter lui eût envoyé un canot pour lui fîBdre con- 
naître sa situation, l'amiral espagnol n'avait cessé de ser- 
rer le vent et avût combattu à grande distance. H ne se 
rapprocha que lorsque Tavant-garde chercha à virer de 
bord ; il faisait presque nuit quand il rejoignit cette es- 
cadre. L'arrière-garde, en grande partie hollandaise, dut 
imiter la manœuvre du corps de bataille, et elle ne put 
engager sérieusement le combat que lorsque le comman- 
dant en chef se décida à laisser arriver. A 7^ c'est-&-dire 
après 3^ de combat, l'armée ennemie, fort maltraitée, fit 
route pour Syracuse. Un événement d'une haute impor- 
tance, et qui ne fut connu que plus tard, avait eu lieu 
à l'avant-garde hollandaise. Une heure environ après le 
commencement de la bataille et à peu près au moment 
où le lieutenant général d'Almeiras perdait la vie, Ruyter 
avait reçu à la jambe une blessure grave qui l'avait fait 



du lieataDtnt géièral d'Almeiru ne fat pis conooe et qoe raTaat-far4« iitti 
sans direction. Le rapport officiel dit positivemeDt qae le chef à'tc&àn 4ê 
Yalbelle donna des ordres et, entre autre», celoi de reniplic«r le npiUMi éi 
\>rm<mdois. 




BATAILLES. — 1676. 161 

tomber de la dunette sur le pont; cette chute lui avait 
occasioDoé une autre blessure à la tète. 

Du côté des Français, en outre du lieutenant général 
d'AImeiras, les capitaines Tambonneau et de Cou avaient 
été tués; les capitaines de Cogolin, de Labarre et de Bé- 
thune étiûent blessés. Plusieurs vaisseaux avaient de 
grandes avaries ; il fallut donner une remorque au Lys et 
kY Aimable (1). Le chevalier de Valbelle conserva le com- 
mandement de Tavant-garde et le marquis de Laporte 
garda le Vermandois, sur 4equel il avait remplacé, pen- 
dant le combat même, le lieutenant Cyprien Serraire, qui 
avait pris le commandement à la mort du capitaine Tam- 
bonneau. Le chevalier de Coëtlogon fut nommé au com- 
mandement de Y Éclatant à la place du lieutenant Saint- 
Germain, qui avait momentanément remplacé le capitaine 
de Cou. 

Le lieutenant général Duquesne se présenta, le 25, de- 
vant Syracuse pour défier Tamira! osnagnol : r«^lfii-ci n*en 
tint aucun compte, (ietie nuit-I«\ même, l'armée reçut un 
coup de vent d'Ouest qui lit prendre au commandant en 
chef le parti d'aller mouiller à Agosta, où il reçut l'ordre 
de rentrera Messine. Le 29, il s'approcha encore de Syra- 
cuse; l'armée hispano-batave ne bouj^ea pas davantage. 
C'est que, ce jour-là, la tristesse était dans tous les cœurs 
et sur tous les visages, surtout à bord des bâtiments hol- 
landais : Ruyter venait de mourir cle ses blessures ! 

La conduite des Espagnols fut taxée de lâcheté par les 
Hollandais, qui seuls, pour ainsi dire, avaient combattu à 
la bataille d'Agosta. Cette conduite semblait, au reste, 
avoir été prévue par Ruyter; cet officier général avait 
deamndé, mais inutilement, que les vaisseaux fussent tous 
placés dans la même escadre. 



(1) Lt commandant en chef èrrivit qu'il elaii impoiiant qui» S. M. fât in- 
^« tou9 «en vaiff^eaoi fieraient bor* A'vUi de navi^ui^r a^âol !>!(* «ni- 
à caa»e de la i^rande quantité de boulfU qu'il» avaient reru)» d«n« leart 
tt irandtf ferguet, el qu'il t en avait qui faisaient beaucoup d'eau. 

L fl 




i6S BATAILLES.— 1676. 

La conduite des capitaines français fut belle et exempte 
de blâme, dit l'enquête qui fut faite sur cette bataiUe; 
l'ordre y fut parfait et la discipline bien observée. Cepen- 
dant le chef d'escadre de Valbelle avoua que, croyant 
pouvoir envelopper l'amiral boUandùs, il avait tenté mi 
virement de bord sans en avoir reçu l'ordre, mais qo*il 
n'avait pas réussi. « Vespoir d'être fait lieutenant gènireA 
et la certitude détre pardonné^ écrivait-il au ministre, me 
firent oublier un instant mon devoir. » M. de Valbelle était 
coutumier du fait, si j'ai bonne mémoire. 



Quelques jours après la mort de Ruyter, l'armée naTale 
bispano-batave alla mouiller à Palerme ; l'amiral général 
D. Diego Harra commandait en chef. Le vice-amiral de 
Haan avait pris le commandement des vaisseanx hollan- 
dais et, sous lui, les capitaines Rallembourg et Middelandt 
faisaient fonction de vice-amiral et de contre-amiraL 

L'inaction dans laquelle restait le duc de Vivonne avait 
déterminé Louis XIV à lui écrire avec sévérité. Désireux 
de retourner en France, le maréchal voulut se réhabiliter 
dans l'opinion publique avant de quitter la Sicile, etQ 
résolut d'aller attaquer l'armée ennemie dans le port 
même où elle s'était retirée. A cet effet, il appareilla de 
Messine, le 28 mai, et arriva, le 31, devant Palerme avec 
une armée dont voici la composition : 

Gtooofl. 

» Fortuné capitaioe mtrqois d'AmfreTiUe. 

» Aimable -« de I^arre. 

» Joli — d« BeliU-Ererd. 

» Grand — de Beaulieu. 

» Érlatnnt — ' chef alier de CoitlogOD. 

70 Saint-Ei^prii , . . — — 

DuqaesDe, lieutenant général. 

» Mignon capitaine de Beltnfme. 

» parfait. .... - Duquesne GU. 

M Aquilon — de Montreuil. 

M Vaillant — de Septèmen. 

S brûlot<K. 

* Agrtahle — cberalier Daily. 

50 Timirûire .... - ck«f alier de Lèry. 




BATAILLES. — 1 676. i 63 

U Siréte Câpitaia« cbeTilimr dt BéUnt. 

» Pompeux — chevalier de Valbelle, chef d'escadre. 

• Seepire — chevalier de Toarrille, chef d'escadre. 

maréchal doc de YïToaDa. 

» Saint-Michel. . . capilaioe marqoisPreuillyd'HamièreSy chef d'escadre. 

» Atiuré — chevalier de Villeito-llorsay. 

m Brusque, — de Lamotha. 

» Fier — de Chabert. 

•0 Sage — Ban|iii» de Laageroi. 

S brûlots. 

SO Heureux — Labretesche. 

a Apollon ~ chevalier de Forbia. 

» Trident — chevalier de BeUefoaUiae. 

» Sans-Pareil ... — ChAteauneuf. 

» iyt — Cabaret (Lotis), ehef d*escadra. 

71 Magnifique, ... — Gravier. 

a Vermandois ... - narqois de Laporte. 

a Prudeni — eonmaBdeor de LafafVlla. 

» Fidèle — chevalier de Gogolia. 

8 brùlotf. 
M filères soos les ardres des chefs d'escadre de Lahroseardière et de Haase. 



Pâtenne qui aviât autrefois, avec Meâsine , le droit de 
poaaéder le vice-roi de Sicile pendant six mois de l'année, 
est plaeée au fond d'une baie dont l'ouverture regarde le 
Nord. Cette ville, d'une lieue et demie de circonférence, était 
à peine défendue par une muraille en mauvais état, droite, 
•MM angles saillants ni rentrants. Son château, à quatre 
bastions, situé sur le bord de la mer, avait ses remparts 
transformés en jardins et en promenades. Le port était 
fermé par un môle à sngle droit s'avançant d'environ 
800 mètres vers TEst et de 400 vers le Sud. Un phare et 
une batterie de 10 pièces étaient placés à son extrémité. 

Las chefs d*escadre de Tourville et Cabaret, le capi- 
taine de Langeron et le chevalier de Chaumont, major des 
▼aisseaux, reçurent l'ordre d'aller reconnaître la force et 
la position de Tennemi ; cette reconnaissance se fit sous 
le feu des vaisseaux hollandais et espagnols. !/ armée en- 
nemie comptait 27 vaisneaux, à brûlots et 19 i;alères. Les 
vaisseaux étaient mouillés en demi-cercle à l'entrée du 
port, la gauche appuyée sur le môle et sa batterie, le 
centre couvert par le château et la droite protégée par les 
fortifications de la ville. Les galères étaient dans les inler- 




BATAlLLES.~i676. i65 

Quelque brillante qu'eût été cette affaire, les suites 
pouvaient en être bien autrement désastreuses pour les 
enneoiis de la France, si le duc de Vivonne ne s'était pas 
tant bâté de retourner à Messine. 7 vsdsseaux bollandais 
ou espagnols seulement sur 27 étaient détruits ; les autres 
étaient entassés en dedans du môle ou écboués à la côte ! 
Mais le marécbal pensait que tous les moments enlevés aux 
plaisirs étaient autant d'heures perdues dans la vie, et il 
se souciait fort peu de l'avenir. 

A quelque temps de là, le lieutenant général Uuquesne 
fut de nouveau envoyé en France pour chercher des 
troupes et des vivres. Cet officier général était de retour 
au milieu du mois d'août. 

Pendant le reste de l'année, l'armée navale fut employée 
à canonner quelques places du littoral, mais ces attaques 
ne furent jamais poussées jusqu'à une prise de possession. 



Au commencement de cette année 1676, le viçe-amiral 
d'Estrées proposa au roi de diriger une expédition contre 
les colonies hollandaises de T Amérique. Son projet fut 
adopté, mais avant que l'exécution en eût été ordonnée, 
les Hollandais prirent l'initiative et, plus heureux qu'ils 
ne Tavaient été au mois de juillet 167 A dans une attaque 
dirigée par Ruyter contre la Martinique, ils enlevèrent la 
Tille de Cayenne au mois de mars. Le vice-amiral Binkes 
se dirigea ensuite sur Tabago, dont il s* empara aussi, et 
commit toutes sortes de déprédations sur cette lie. Il agit 
de même à l'égard des lies de Marie-Galante et de Saint- 
Domingue. La division hollandaise fut rencontrée près de 
U Guadeloupe par le vaisseau français l'Apollon, capitaine 
marquis de Grancey. Ses vaisseaux étaient tellement en- 
combrés des dépouilles des colonies françaises, qu'ils se 
laissèrent canonner pendant plusieurs heures sans riposter. 




iM BATAILLES. --4 676-1677. 

La nouvelle des exactions connnises par tes Hollaiiëais 
dans les colonies de l'Ouest fit hftter le départ da Tice- 
amiral d'Estrées. Cet officier général partit de Brest le 
6 octobre avec une division composée des vaisseau : 

Canons. 

Glorieux capitaine éê Mérkaw. 

comte d'EstréeSj Tice-aniral. 

^ , Fendant capitaine comte de Blénae. 

Précieux — Mascaranj. 

Intrépide ■ — Cabaret jeune. 

Marquis — de Lhérine. 

M Laurier — Pannetier. 

» Soleil d'Afrique — Grand-Fontaine. 

Et des frégates Fée et Friponne. 

• 

Le 8 décembre^ la division arriva devant Cayenne et, 
le 17, les frégates et les petits vaisseaux ayant été embos- 
ses devant les batteries, 800 soldats et marins conduits 
par les capitaines de Blénae, Pannetier et Grand-Fontûne, 
furent mis à terre dans l'anse Miret ; le vice-amiral d*Es- 
trées prit le commandement supérieur de l'expédition. La 
ville de Cayenne fut reprise, mais ce succès coûta cber 
aux Français. Les trois capitaines de vaisseau qui comman- 
daient les troupes furent blessés. 



ANNEE 1677. 



Après avoir repris Cayenne, le vice-amiral d'Estrées se 
rendit à la Martinique, où il apprit que les Hollandes ras- 
semblaient de grandes forces à Tabago. Le 12 février, 
remit à la voile, après avoir pris trois nouveaux bfttimeots 
et plusieurs compagnies d'infanterie à la Martinique et àk 
Guadeloupe ; mais, quelque diligence qu*il eût faite, Tes- 
cadre hollandaise, au nombre de 10 vaisseaux, 3 bitimeuts 
de rangs inférieurs et i brûlot, était ralliée lorsqu'il arriva 




BATAILLBS.— 1677. «67 

devant cet tle« La divisioD française jeta l'aoore en dehore 
de la rade. Après beaucoup d'hésitatiou occasionnée par 
la diversité des opinions des capitaines, il fut décidé en 
conseil que l'attaque de la ville se ferait simultanément 
par terre et par mer. Le 20 février, la division appareilla 
et se rangea dans l'ordre suivant : 

CiaoBt. 

10 Intrépide opitâiit Gabârel jettM. 

ié Galant — de Montortier. 

50 Fftidant — comte de BlèBie. 

10 Marquis — de Lbèiiae* 

M Glorieux — de Mèricoar. 

comte d'Estrèe», vice-tmiral. 

M Précieux capitâÎM lUtcâniDy. 

40 Jeux ^ de CaMinière. 

» Emétilkm — Hérouard de Lapioftrie. 

• Laurier — Paaaetier. 

• Soleil (T Afrique — Graod-Footâine. 

La voilure de r/nlrépûU était à peine établie que ce vais- 
seau toucha sur une roche. Cet événement jeta une con- 
sternation telle parmi les équipages, qu'il fit suspendre le 
mouvement et modifier le plan d'attaque. La coopération 
d« la marine, ou du moins celle des vaisseaux, fut ajournée. 
Le 21, les troupes furent mises à terre sous le commande* 
neot des capitaines de XÈmériilon et du SoUik d'Àfriq%»ê^ 
pendant que les chaloupes se dirigeaient sur un vaisseau 
hollandais mouillé en tète de rade et dont le feu contrariait 
le débarquement ; ce vaisseau coupa ses câbles et rentra 
dans la baie. Les bâtiments ennemis ouvrirent une canon* 
nade soutenue contre les troupes dès qu'elles furent à 
terre: celles-ci réclamèrent alors Tintervention de la ma- 
rine. Les capitaines des vaiss(*aux répondirent qu'il fallait 
que les troupes s'emparaient d*abord d*un fort qui battait 
ik rade. L'accident arrivé à V Intrépide avait produit une 
impression telle, que tous déclarèrent être prèu à signer 
qu'il ne fallait pas eiposer les vaisseaux à périr sur les 
rocbers et sur les bancs qui rendaient l'entrée de la rade 
si difficile et si dangereuse. Grâce aux offres et aux assiH 
raoces d'un pilote du pays, l'attaque simultanée fut cepeiH 




168 BATAILLES. — 1677. 

dant de nouveau résolue. La division appareilla le S mars, 
et entra dans la rade sans répondre au feu des batteries de 
terre. Bien qu'il ne fût pas venu à l'idée du vice-amiral 
Binkes que les Français pussent entrer dans une baie dont 
il n'était possible de sortir que vent sous vergues, il avait 
embossé ses vaisseaux en croissant et établi deux batteries 
sur le rivage. Le commandant en chef pensa qu'il fallait 
attaquer d'abord l'escadre hollandaise» afin de laisser les 
troupes débarquées libres de toutes préoccupation de ce 
côté. Le 3Iarquis aborda de suite un des vaisseaux enne- 
mis. 

Le Glorieux fit la même manœuvre et enleva le Tauimn- 
GER ; on s'aperçut bientôt que le feu était à bord de ce vais- 
seau. Ce fut en vain qu'on chercha à l'éloigner; rincendie 
fit des progrès si rapides qu'on n'essaya même pas de s'en 
rendre maître. Le vaisseau hollandais sauta et couvrit 
le Glorieux de débris enflammés qui y mirent le feu. Le 
vice-amiral d Estrées, qui avait reçu deux blessures à la 
tête, s'embarqua alors dans un canot avec son capitaLie 
de pavillon qui était blessé lui-même et tous les officiers, 
et promit à l'équipage de l'envoyer sauver. Il se dirigea 
sur r//i/n^pidf; mais l'embarcation faisant beaucoup d'eau, 
il se fit mettre à terre, et se rendit plus tard à bord de ce 
vaisseau. Le combat engagé sur toute l'étendue de la ligne 
cessa par la nécessité de s'occuper d'un sauvetage devenu 
indispensable. Le Glorieux n'avait en effet pas été seul 
couvert des débris du Truiningeb ; tous les vaisseaux en 
avaient reçu une quantité plus ou moins considérable et 
l'incendie s'était développé d'une manière effrayante. Les 
vaisseaux hollandais les Armes de Leyde, I'Etooe d'oi, le 
PopiMBouRG, le Sphera MUNDif le Duc d'York et le Moua 
d'or devinrent la proie des flammes. Les vaisseaux français 
le Glorieux^ le Marquii, X Intrépide^ dont le capitaine avait 
été tué, furent aussi réduits en cendres. Aucun moyen ne 
fut du reste em|)loyé pour arrêter ou éteindre l'incendie; 
capitaines et olliciers ne songèrent qu'à gagner la terre. 




BATAILLES i677. i69 

Cet affreux désastre fut encore augmenté par une circon- 
stance particulière. Ne pensant pas que la division fran- 
çaise pût entrer dans la rade et ne redoutant que Tattaque 
par terre, un grand nombre de familles avaient cherché un 
abri à bord de quelques transports : ces navires furent 
entièrement consumés. L'attaque par terre échoua complè- 
tement, et le commandant eu chef prit le parti de faire rem- 
barquer les troupes lorsque, après trois jours, les vaisseaux 
eurent réussi à se touer en dehors des passes. Le Précieux 
fut abandonné à la côte sans qu'on eût seulement essayé 
de le relever. Le capitaine Lapiogerie avait été tué et le 
capitaine Grand-Fontaine blessé dans l'attaque par terre. 
Après une relâche de quelque jours à la Martinique, le vice- 
amiral d'Estrées retourna en France. 

Une enquête fut faite sur cette affaire. Elle constata que 
dès que le feu s'était déclaré à bord des vaisseaux français, 
les officiers les avaient jugés perdus; qu'ils n'avaient dès 
lors songé qu'à se sauver, abondonnant les équipages, 
sans s'en occuper en aucune manière ; que quand le Pré- 
cieux était allé à la côte, le commandant en chef avait 
ordonné de le livrer aux flammes ; et que le capitaine Mas- 
carany allait exécuter aveuglément cet ordre, sans songer 
au grand nombre de blessés qu'il sacrifiait sans nécessité, 
si quelques uiatelots ne lui eussent arraché la torche des 
mains. 



Le coup porté à la marine des États au combat de Palerme 
avait été si rude, que le vice-amiral Evertzen reçut l'ordre 
de rallier l'armée hispano-batave avec 11 vaisseaux, 
6 brûlots et une flûte. Dès que cette détermination fut 
connue en France, le chef d'escadre comte de Chàtaure- 
nault reçut la mission de s'opposer à l'entrée de ce renfort 
dans la Méditerranée avec les vaisseaux (1). 



(1) B«iMiélè, liist. géméraie de ta mariné', te ëoBie qit 4 îtiMMii. 




ilO BATAILLES. — 1677. 

CâlMHU. 

70 Courtisan qu'il monUit. 

I Foudroyant capiUioe Canmakle. 
Superbe — cbevtUtr de Réalt. 
Invincible — de Bellefontaîie. 
Saint' Lrw's — de BeUl*-Eiird. 

El 3 brûloU (1). 

L'escadre hollandaise fut aperçue sous le yent et sans 
ordre, à l'entrée du détroit de Gibraltar ; elle coorait au 
S.-S.-E. avec des vents d'Est. Dès qu*il se vit cbasaé, le 
vice-amiral Evertzen essaya de la former en croissant; mais 
le chef d'escadre de Ghâteaurenault tomba si précipitam- 
ment et avec tant de vigueur sur les vaisseaux de tdte, qo'O 
ne leur laissa pas le temps d'exécuter cette manoBuvre. h vais- 
seaux ennemis furent tellement maltraités qu'ils coalèrenl, 
et la défaite des Hollandais eût été complète, sans la Boh 
qui leur permit d'entrer à Cadix. 

Ce combat, dont je ne puis douner la date, fut livré 
au commencenient de l'année. 



Mécontent du résultat de l'expédition de Tabago,Loui8XlV 
ordonna au vice-amiral d'Estrées d'en tenter une noavette. 
La division française, augmentée des vaisseaux le Heur» 
bon. le Belliqueux, le Brillani, YHercule^ des frégates 
VEtoile, le 3îaligne et de la corvette YHinmdelk^ s'em- 
para d'abord des tles d'Arguin et de Corée sur la côte oc- 
cidentale d'Afrique et ruina quelques comptoirs hollandais. 

Les difficultés qu'il avait éprouvées au mois de mars 
déterminèrent le vice-amiral d'Estrées à s'emparer du fort 
qui défend la rade de Tabago avant do faire paraître ses 
vaisseaux et, afin de cacber leur arrivée, il alla jeter l'an- 
cre le (3 décembre, dans une baie située à 6 milles de la 
ville. Les trois journées suivantes furent employées à débar- 
quer 950 hommes de troupes, 3 mortiers, S canons, des 
munitions de guerre et des approvisionnements, puis on se 
mit en marche par des sentiers à peine frayés et délayés 
|)ar des pluies abondantes emportant, en quelque aerte 




BATAILLES.— 4077. 171 

bras, tout le matériel qui avait été mis à terre. Cette mar- 
che fut d'autant plus pénible qu'il fallut traverser quatre ou 
cinq rivières ou ruisseaux débordés. Le lendemain , les 
troupes campèrent à moins de AOO pas du fort, et l'on tra- 
vailla à mettre les canons et les mortiers en batterie. Le 12 
seulement, l'ennemi eut connaissance du mouvement et 
des travaux des Français; il voulut alors les contrarier par 
le feu de ses canons, mais ce jour-là même les batteries 
françaises purent lui répondre. La troisième bombe qui fut 
lancée tomba sur la poudrière du fort -, une explosion terri- 
ble annonça ce résultat : il étaitenviron uneheure après midi. 
Les troupes marchèrent alors en avant et elles entrèrent 
dans le fort sans éprouver de résistance : on y trouva A4 
canons. L'explosion de cette poudrière avait coûté la vie à 
plus de 260 personnes, dans te nombre desquelles se trou- 
vait le vice-amiral Binkes; elle entraîna la reddition immé- 
diate de la ville. La division entra alors dans la rade; un 
vaisseau hollandais de 5&, une flûte et l'ex-vaisseau fran- 
çais le Précieux, abandonné lors de l'expédition du mois de 
mars, devinrent la propriété du vainqueur. 

Le vice-amiral d'Estrées, dans son rapport, omet de don- 
ner le nom des officiers qui commandaient les vaisseaux 
adjoints à sa division. Il se borne à dire que les troupes 
marchèrent sous la conduite du comte de Blénac et du mar- 
quis de Grancey, et que deux capitaines de vaisseau com- 
mandaient alternativement sous ces officiers généraux. Les 
oflicierscités sont les capitaines comte de Sourdys, de Bléor, 
Saint-Aubin, de La Harteloire, de Montortier, de Chabois- 
sière, d'Amblimont, Dudrot et Brévedant. 




172 BATAILLES. — 1678. 



ANNÉE 1678. 



Pendant l'année 1677, il n'y eut en Sicile aucon éréne- 
ment maritime qui mérite d'être relaté. Satisfûtdes succès 
qu'il avait obtenus l'année précédente, le duc de Vivonne 
se laissa aller à son insouciance habituelle et, à la fin de 
de l'année, il demanda et obtint l'autorisation de rentrer 
en France. Au mois de février 1678, le maréchal duc de 
Lafeuillade fut envoyé à Messine pour le remplacer, ou plu- 
tôt pour mettre à exécution un projet que Louis XIV nour* 
rissait depuis que l'alliance de l'Angleterre avec l'Espagne 
et la Hollande lui faisait craindre quelque entreprise de la 
part de cette puissance ; ce projet était l'abandon de Mes- 
sine et des autres pomts de la Sicile occupés par les Fran- 
çais. L'évacuation eut lieu le 16 mars. Les Espagnols re- 
prirent de suite possession de la ville, et les exactionsqu'Us 
commirent furent telles, que les habitants épouvantés 
furent sur le point de se placer sous la protection des Turcs. 



La réussite inespérée de la dernière expédition contre 
Tabago donna au vice-amiral d'Estrées l'idée d'en tenter 
une contre Curaçao. Dans le courant du mois de mai, il se 
dirigea sur cette lie avec 15 vaisseaux et S brûlots. De 
fausses indications firent échouer cette entreprise : l'armée 
entière se jeta sur le récif de Tile Aves (1). Voici l'appré- 



t1) Boismélé, Hiit. générale de la marine, et M. de Lapeyrotse, Hitt, de lu 
marine frauçaisç, donnent à entendre qu'un taisi^eau, uoe flûte, l'kftpital de 
rarmée et deux brûlot» échappèrent «culs à ce désastre. Tonnrille, dliae Mt 
Mémoires, dit que 7 Tai>!(eaui seulement i^e perdirent. Le capitaine de llén* 
rour, en disant que 12 b&timents échout^rent, se borne & meDtioDMr la pvrtt di 
îaisseaa amiral le Terrible qu'il commandait. 




BATAILLES. — i678-i6li . 173 

cîatioD d'un des acteur8 de ce drame (1) sur cet événe- 
ment : « Ce naufrage, dit Toflicier au rapport duquel j*em- 
m prunte cet extrait, fut la conséquence de la ligne de 
« conduite tenue par le vice-amiral d'Estrées ; c'était tou- 
« jours l'avis de ses domestiques, ou de gens étrangers au 
« vaisseau qui prévalait. On conçoit, en quelque sorte, 
« cette façon d'agir du comte d'Estrées qui, dépourvu des 
« connaissances nécessaires à uu métier qu'il avait em- 
« brassé si tard, embarquait toujours d'obscurs conseillers, 
« afin de s'approprier les avis qu'ils lui donnaient pour 
« éblouir le petit peuple sur sa capacité. » 

Je retrouve , dans le fragment que je viens de trans- 
crire les charges et les attaques, fondées ou non, dont 
le comte d'Estrées n'a cessé d'être l'objet pendant qu'il a 
servi dans la marine. Cette animosité des ofliciers de vais- 
seau avait très-probablement sa cause dans l'avancement 
extraordinaire de cet officier qui, embarqué pour la pre- 
mière fois en 1667, avait été fait lieutenenant général en 
1668 et vice-amiral en 1669. En 1681, il fut élevé à la 
dignité de maréchal de France. 

L'expédition projetée de Curaçao fut la dernière affaire 
maritime de la guerre. La diplomatie française obtint cette 
année ce que la vaillance des armées n'avait pu procurer, 
la paix avec l'Angleterre, la Hollande et l'ivspagne. Le 
traité fut signé à Nimègue le 10 août 1678. 



-*o:*:c-.- 



ANNÉE 1681. 



Dans le courant du mois de juin 1861, le lieutenant gé- 



(1) H. d« MèricMr, eaptuiat dt fttilloB dt l'aatral. 




474 BATAILLES.— l6M«-itta. 

Déral Duquesne fat envoyé avec 7 vaisseau à Ift poumole 
de corsaires tripolitains qui veDaient d*eDle?er plvaienn 
Davires français dans la Méditerranée. Le 2S juiUel, œt of- 
ficier général aperçut ces corsaires, mus ils se réfugîèRDt 
à Scio, lie qui appartenait à la Porte Ottomane. Le pacha de 
Scio ayant répondu par un refus à la demande qui ha fut 
faite de les faire sortir, la division française oanit acm fea 
sur la ville et détruisit une grande partie des fortifications 
et des édifices. Après quatre heures de canonnade, le padui 
envoya un parlementûre au lieutenant général Doquene; 
celui-ci consentit à faire cesser le feu, mab il tint le poit 
étroitement bloqué jusqu'au commencment de ramée 
suivante, époque à laquelle il reçut Tordre de rentier à 
Toulon. Cette affaire coûta à la France 80,000 éens qui 
furent souscrits par Tambassadeur français à Constantî- 
nople et payés par le commerce français de cette ville. 



ANNÉE 1688 



Quoique le gouvernement eût désapprouvé le lieutenant 
généial Duquesne à propos de l'affaire de Scio, cet officier 
général n'eu fut pas moins chargé de diriger une expédition 
contrôla ville d'Algerdont les corsaires, forts de l'impunité 
dans laquelle on les avait laissés, s'étaient emparés de plu- 
sieurs navires français qu'ils refusaient de rendre. Duquesne 
émit lopinion qu'il fallait couler des navires chargés de 
pierres à l'entrée du port« ou, mieux encore, faire un débar- 
quement et incendier la ville. Ces deux moyens furent reje- 
tés et l'on s*arréta à l'idée de Bernard Renau d'Biçagaray, 
surnommé le Peiit Rena^^ qui proposa de bombarder k ville 
l>ar mer avec des galiotes à bombes. Ces bitimentSt d*es- 




BATAILLBS.— iesa. 175 

pèce Douvellet dont il était rioyeDteur et qu'il fut aatorisé 
à faire construire, avaient 122*" de longueur; leurs fonds 
étaient plats et ils n'avaient que deux mâts comme les ga- 
liotes actuelles. Leur artillerie consistait en 2 mortiers éta- 
blis sur une forte charpente en avant du grand mât et en 
8 canoas placés sur Tarrière de ce mât 11 vaisseaux, 5 ga- 
liotes et 2 brûlots appareillèrent, partie de Brest, partie de 
Toulon, en même temps que 15 galères commandées par 
le duc de Mortemart, général des galères, et arrivèrent le 
23 juillet 1682 devant Alger. Voici la composition de cette 
escadre. 



capitaine — 

Daqaesiie, lieiteoanl géoéra]. 

capitaiM — 

cheTalier de Toonrille, liaaleDast gèoéral. 

capitaine df Beaulieo. 

— che?alier de Lèry. 
-^ de Septémef. 

— Daqeesne lin. 

— cbevalicr d'AnfreTille. 

— de Belile-Erard. 

— de ForaaL 

CALIOTU A »0»t5. 

capitaine de Goitoa. 
^ de Peiotif. 

— chevalier de Combef. 

— de Boifliè. 

— de Beaatfier ^Félii). 



7t Saini*Eqrrii. 
Vigiiami . . . 



1 



Vm'fttmi . . . 
Pruéeni.. . . 
SO AintahU . . . 

ÎLmrier, . . . 
imditm». . • . 
ïï»0*t . • . • • 
I Chetmi nmrin 
\ Àuyré .... 
Étoile 



Se 



Menaçamte . 
Crmite. . . . 
Bombarde . . 
Ftmffrfjfonte 
BnUéme . . 



La ville d'Alger, située à la partie occidentale de la baie 
à laquelle elle a donné son nom, est bâtie sur un coteau, en 
forme d'amphithéâtre. Voici, d'après une relation ancienne, 
quelle était sa force à cette époque. A la partie supérieure 
se trouvait le château, nommé aujourd'hui Casbah, qui 
servait de demeure au dey. Un autre châ'eau, bâti sur un 
roc qui s'avance dans la mer, couvrait le port; il était armé 
de 50 canons. Au bout de cette lie était la tour du f. nal 
avec 27 pièces de canon étagées en 3 batteries. Cette Ue 
était reliée à la terre par un môle qui fermait le port du côté 
du Nord. Un fortin de 12 pièces de canon, dit Fart de$ An- 



476 BATAILLES.— 16SS. 

gtais^ et plus près, à l'entrée même de la ville, le fort Ba- 
balouet avec 1 5 canons constituaient la défense de ce côté. 
Une chaîne fermait le port au Sud et le fort Barbazan, bâti 
sur le rivage et armé de 12 pièces de canon, en défendait 
l'entrée. En dessus de la Casbah, sur le sommet de.la mon- 
tagne, il y avait encore un fort nommé Fort TEmperenr. 
Le mauvais temps força plusieurs fois l'escadre à appa- 
reiller avant de pouvoir commencer ses opérations; le 
besoin d'eau nécessita plus tard le renvoi des galères en 
France. Le 20 août, après avoir défllé devant les batteries 
pour essayer les portées, l'escadre mouilla en croissant 
devant la ville et, pendant la nuit, lesgaliotes prirent poste 
à portée de pistolet des fortifications. Quelques bombes qiû 
éclatèrent toutes en l'air furent lancées les jours saivants, 
mais le feu ne commença sérieusement que le 30 au soir 
et il occasionna des désastres considérables. Les Algériens 
tentèrent plusieurs fois d'enlever les galiotes : ils furent 
toujours repoussés. Le i septembre, le P. Levacher, consol 
de France à Alger, fut envoyé par le dey en parlementaire 
au commandant en chef pour demander la paix. Le lieute- 
nant général Duquesne ne voulut pas accepter les condi- 
tions qui lui étaient offertes et il fit continuer le bombar- 
dement. Le lendemain, l'ennemi entama de nouvelles 
négociations, mais sans plus de succès. Cependant rap- 
proche de Téquinoxe faisait redouter le mauvais temps. 
Le 12, le commandant en chef mit sous voiles, sans avoir 
obtenu satisfaction, et il laissa au capitaine de Léry le soin 
de bloquer le port avec à vaisseaux. 




BATAILLES.— 16tô. 177 



ANNEE «683. 



Une nouvelle attaque fut dirigée cette année contre la 
ville d*Alger. Le lieutenant général Duquesne partit de 
Toulon le 16 juin, avec 6 vaisseaux, fut rallié en route par 
2 autres et 7 galiotes à bombes, et arriva devant Alger 
le 20 ; 6 nouveaux vaisseaux s'y joignirent à lui. L'escadre 
se trouva alors composée comme il suit : 



7t Saini'Btprit . . . capitaine Daqaesoo Goittoo. 

DuqaesDe, lieateoant général. 

•0 Ferme capitaine de Pallas. 

chevalier de Tourville. lieutenant général. 

M Kxcellent capitaine de Villette-Mursay. 

Vigilant — de Cbampigny. 

marquis d'AmfreTille, chef d'e«cadre. 

Pmdeni «. capitaine de Lagalissonnière. 

• chevalier de Léry. chef d^escadre. 

^^ îAimahie capitaine.^de Septème^. 

\ Fleuron — comte d'ïl^tlrées. 

44 Launer — Duque^^ne fil». 

ChewU marin . . — Belile-Erard. 



44 l Sirène. . . . 
Hasardeux, 

Bizarre. , . 
Étoile.. . . 



de Sfpvtlle. 
Colbert-Saint-Hars. 
du Mené, 
commandeur Desgonttef. 



CAL10Tt.S A BOMaCH. 



Bombarde capitaine chevalier de Corobep. 

Brûlante — de lieauMier (Félu). 

Cruelle — de l*oioti!i. 

Poudroyante. . . - chevalier de Lamotte d'Airan. 

Menaçante .... — de t^oilon. 

Ardente — Duqueitne llo<nier. 

Fulminante. ... — de Chengny. 

L'escadre mouilla hors de la portée du canon, le Ferme, 
le Fleuron^ la Sirène^ le Prudent, Y Aimable, le Vigilant et 
le Laurier formant une ligne avancée parallèle à la côte. 
Chacun de ces vaisseaux porta une ancre à 1 ,200 mètres du 
m6le, pour donner aux galiotes la facilité de s* en rappro- 
cher et de rentrer dans la ligiif à volonté. Le Cheval marm 
I 12 




et Y Étoile furent placés sur les ailes pour soutenir les gi- 
liotes si elles étaient attaquées. Le temps que ces dispo- 
sitions exigèrent et la force dii'vent ne permirent pas de 
commencer l'attaque avant la nuit du 26; elle cessa an 
jour pour reprendre la nuit suivante. Le 28, des négocia- 
tions furent entamées; les dégâts occasionnés par le bom- 
bardement étaient si grands que le dey étidt dbtAMé'à ac- 
corder tout ce que le commandant en éherbeitiaiidermit.^11 
consentit à mettre de suite tous les eschiVes en liberté; 
chaque jour il en arrivait à bord des vaîdâëaiix.'Le 2S Joillett 
des otages furent désignés ; mais un nonittlélféxzo Morto, 
qui devait en faire partie, parvint à soulever llss bffiders 
de la milice et,. marchant à leur tête à la demeure do^'d^jr 
Baba Assan, il le poignarda et se *fit (proclamer à sa place. 
Le lieutenant général Duquesne* ne voyant pas ses otages 
arriver, fit recomnoencer'fe'feu àl'entrée de la imitât ré- 
duisit la ville en cendres. Les Algériens étaient exaspérés. 
Ils attachèrent le cônsttr de'France4i' la' bouche ffnn^'eaDOD 
et lancèrent son corps mutilé dans la direction de Taicadre 
française (1). Les bombes n'en continuèrent pas'ttMiinsà 
pleuvoir toutes les nuits; aussi la fureur des Algériens 
était-elle à son comble, et ils voulurent renouvelerilfr t'en- 
seigne de vaisseau de Choiaeul Beaupré qui avait été pris 
dans une embarcation, la sanglante exécution JE|iii avait 
coûté la vie au P. Levacher. Cet officier fut sauvé par le 
capitaine d'un navire algérien, naguère prisortnfer en 
France. Les mauvais tempsoummençaientàse faÛKhsentir; 
les munitions des galiotes étant d'ailleurs éptt!sées/if fallut 
encore s'éloigner sans avoir rien terminé : l'eseadie était 
de retour le 15 octobre. Cette expédition eut cependant un 
résultat important : 600 esclaves avaient été-nis^éoifbérté 
et presque tous les navires qui se trouvaient daas*te )ien 
avaient été bizutés ou coulés. Aussi, incà^les deTlteii^ 



(1) Ob peot^oir lujovd'bui ce canon « Tentren 4e Vm 
4 fmt nn trnpb^e H#«tin^ « rapp#Ur 1>Tp^Hitton d^ Alger. 



antaal ën-Bnit. Ui «■ 




treprendre de longtqiy^, les Algémeps signèr^K^-ils un 
traité de '{mûk pour cent ane, au mois de mars de l'aonj^ 
suivante. 



i^flfl|ifei ^iPolMI* 



Avide d'essayer sod autorité, le marquis de Seiguelay, 
qui avait remplacé son père au ministère rie la marine, 
profita du repos occasionné p^r la paix de Nimë^ue pour 
décider le roi à riirip^erune ^ejipédition contre.Géneo. Les 
motifs qu'il alléguait étaient l)asès sur le double refps fait 
par la République d'autoriser le passage des sels deJÇrance 
pour Mantoue, et dépiter une indemnité réclamée par un 
Génois dont la famille habitait la France (1). Le comman- 
dement de l'armée navale fut donné au lieutenant général 
Duquesoe. Jlaîs,.Don content d'ordonner rex|)édition,.le 
ministre voulut la diriger en personne. Cette prétention 
coolC^riiL Duquesne; il ne consentit pas à accepter la po- 
aîiîon qu'on voulait lui faire et déclara qu'il commanderait 
•n chef et selon ses vues, ou qu il ne mettrait pas le pied 
hors de sa chambre.. Le ministre ayant maintenu sa réso- 
lution, Duquesoe tint parole : il ne prit aucune part à l'at- 
taque. L'armée oavale partit de Toulon le 6 oiai et arriva 
letlT devant Gènes. Voici sa composition : 



7i Àrdeni capiUine DaqaeitDe-GaïUoD. 

Doque^oe, lieatenAOI fcéoéral. 



(1) 11 f'MÏl i^i da comte de Fiem|ue. Le romie Franroii de Fieique était Tliè- 
fftier d'AfpBODfine Stroui, couvine de la reioe Marie de Médicif ; il pérît aa 
ilÉft é«^lliMtaiiiMOv •» IHt, «M< afoir rtnoace a »«§ préltntiot!» Mir Gèaet^ 
éott M taniUe «était ▼« ehaMer, âpre» a^oir eu »ei bt€ii> rob&»queik, à la ^ite 
d'Mt caaJQratioD eatreprij^e dan^ riotèrétde la Fraae«. Et ISt5» Ana^Lete- 
■Mr»iA vtvfe, «hlbt 4a rûi oae déciaratitii par U^elU Sa Mi^iMla prtMÏt 
lit aalaila da comte «oat aa proleetioa et (aiêail det droiU da Chartae téta, 
ttàêé 4a e»* enfaat*, rar G^hm la ea««« de Ir Fraaea. 




180 BATAILLES.— 1684. 

i Ferme capitaine chevalier Daily. 
cheTalier de Tonnrille, lieataunt gtoéral. 
Parfait capitaine commandeur Deegoottes. 
Assuré — de Belile-Erard. 

( Fortuné — chevalier dn Mené. 

^ ) Saint'Jacques . . -* de Septémes. 

I Vigilant — de Laroqae Pérent 
marquis d'AmfreTille, chef d'eicadre. 
Fleuron capitaine marqois de Laporte. 
Aquilon — chevalier de Bellefontaine. 
Vaillant ^ chevalier de Villar». 

50 Aimable — de Saint-Aubin. 

f Capable — de Lamothe. 

I Bizarre — de Chanmont 

54 Indien — de Forant. 

CALIOTES A BOMBES. 

Fulminante. . . . capitaine Goobaut. 

Brûlante — Lapéandière. 

Cruelle — de Pointia. 

Bombarde .... — chevalier de Combes. 

Menaçante .... — de Goiton. 

Foudroyante. . . — de Lamotte d'Airan* 

Ardente — Duquesne Mosnier. 

Belliqueuse. ... — de Beaussier (Félix). 

Terrible — Patoulel. 

Éclatante — do Grandprè. 

ao galères soos les ordres da Kénèral des galères doc de Mortenart; 1 kt* 
lots; 8 flûtes et iO tartanes. 

Le chef d'escadre chevalier de Léry était sur Teacadre, 
mais je ne saurais dire quel vais.seau portait son pa- 
villon. Le lieutenant général chevalier de Noailles, les 
chefs d'escadre chevalier de Berthomas, chevalier de Bre- 
teuil et de Labretesche étaient sur les galères. 

Les galiotes furent placées en première ligne* à portée 
de canon de la ville, et à partir de la rivière Biscagno; les 
vaisseaux prirent poste à AOO mètres derrière elles ; les ga- 
lères s'établirent en denti-cerclc autour du fanal, du l'autre 
côté de la baie : les lliiu^s et les tartanes qui contenaient 
les munitions de guerre furent mouillées hors de Tatteinie 
des projectiles de la plact*. Le lendemain de l'arrivée de 
l'armée navale, le sénat reçut communication du désir du 
roi de France ; vingt-ciuatre heures lui furent données pour 
acquiescer à Sti demande. Le 1$), à V 30" de l'après- 
midi, le bénat répondit à cet api)el en ordonnant aui 




BATAILLES. — 1684. i8i 

batteries de faire feu sur les bâtiments français. Les 
galiotes ripostèrent et, de ce moment, elles ne disconti- 
nuèrent pas de lancer des bombes jusqu'au 22. Ce jour-là, 
le marquis de Seignelay provoqua de nouveau une réponse : 
on ne tint aucun compte de sa démarche ; le feu recom- 
mença le lendemain. Le 24 pendant la nuit, 2,500 hom- 
mes, sous la direction du duc de Mortemart, furent débar- 
qués à rOuest du fanal, dans le faubourg d'Arena, qui fut 
ravagé et incendié. Le ministre Seignelay borna là la 
leçon qu'il voulait donner aux Génois et, le 28, il fit route 
pour Toulon avec l'armée navale. Près de 3,000 bombes 
avaient été lancées sur Gènes ; les dég&ts qu'elles avaient 
occasionnés étaient énormes ; on les estima à 100 mil- 
lions. Tous les Français établis dans cette ville furent 
ruinés, car, afin de tenir l'expédition secrète, on ne les 
avait pas prévenus. 

Les bâtiments français avaient éprouvé de grandes pertes; 
le chef d'escadre de Léry avait été tué à terre. Le chef d'es- 
cadre d'Amfreville était blessé. 

L'expédition de Gènes fut sans résultats pour la France; 
les indemnités demandées, obtenues plus tard, furent 
données au comte de Fiesque ou employées au rétablisse- 
ment des églises qui avaient été incendiées. 

Le S février 1685, un traité fut conclu avec la républi- 
que de Gènes et, le 29 du mois suivant, le doge partit 
avec quatre sénateurs pour aller faire des soumissions au 
roi de France de la part de la république. 



Bien que depuis l'emploi des bâtiments à voiles et sur- 
tout des vaisseaux de ligne, les galères ne jouassent plus 
qu'un rôle auxiliaire, on les employait cependant parfois à 
l'attaque, lorsque le défaut de vent pouvait leur donner 
Tavantage. 

Dans le courant de cette année, le vaisseau le Bon, ca- 
pitaine de Relingue, se trouvant en calme sous l'tle d'Elbe, 



i 82 BATAILLES. ^ 1 684-i 686. 

fut attaquée par 12 galères espagnoles. Le vaisseau les 
couvrit de mitraille pendant cinq beures et, par un fea 
continuel et bien dirigé, parvint à rendre leurs lenfadTes 
d'abordage inutiles; 23 nouvelles galères vinrent alors eo 
aide aux premières. Le capitaine de Relingue soutint 
vaillamment cette seconde attaque; mais il eût fini par 
succomber si la brise, en s'élevant, ne lui eût permis de se 
dégagea des galères qui l'entouraient 



ANNÉE letftf. 



Les Tripolitains oublièrent promptemettt letf édiècs llilri- 
tipliés qui, en 1681 , les avaient forcéà de conclure au tmté 
de paix avec la France et ils recommencèrent à courir sOr 
les navires du commerce. Le maréchal d'Estrëes, Cbargé 
de mettre fin k leurs déprédations, mouilla detaot Tripoli, 
le 19 juin, avec une escadre composée de vidMsaoz, de 
galiotes à bombes et de brûlots. Le bey ayant repoussé les 
propositions qui lui furent faites, le bombardement eom- 
tnença, le 22, et Tut continué les deux nuits suivantes. 
Effrayés des d<^sa<ftres occasionnés par des projectllea qu'Us 
ne connaissaient pas encore, les Tripolitains se soumirent 
et acceptèrent toutes les conditions que le maréchal voulut 
leur imposer. Lorsque celui-ci eut touché Tindemnité ré- 
clam<^e pour les frais de la guerre et pour les pertes que 
les coi saires avaient fait éprouver au commerce, il mit à 
la voile et se dirit^ea sur Tunis. Il y obtint du l)ey que la 
pèche du corail serait rendue aux Français auiquels elle 
avait été enlevée pour être concédée aux Anglais* et 
<|u'une indemnité serait donnée aux pécheurs dépossédés. 
Ijl division française rentra à Toulon, le 16 septembre, 
après une apparition devant Alger, afin de déployer defMt 




l66 Miiiaoui>ito»qette nUe, exécutaoïm trte^pea fidèles du 
vnité^à» I6M1, Ito forces. avec lesquelles leurs corsUgâon* 
Dairea^eattent d^Acre mis à bu rsisoo. 



ANNÉE M8ft. 



L^ lîetloosnt géoéral de Tounrille , dooi le pa^^loa 
floiiaîti à horé du vaisseau de 50"* le dmimUi^ se ceoditf^» 
avee des veois d'Ouest, d'AIicaateà Alger, où il allait se pW 
cer sous les ordres du marécbal d'Estrées, reoooDlra, le 
%îmn tfiSS^ i 46 milles dans le ^ud de oeoe ville% tes dfeua 
laisaeaux espagiols Capiîtahe de 66 *" monta par le viosir 
amiral Papecbio, et Si^N Jesonimo de 5& qui ae <Mrigemem 
set le por^ qu*U venait de quiuer. Deux petites (régates» le 
SeWi al XEmforté (1), commandées par les capitamesde 
CliileSMiePeMJit e4 comte dEstrées, accompaguaieui le 
^9nHmL C'était la. première Cois que se présentait Vooca- 
mum de mettre à exécution les instructions du roi sur le 
Siktf 091 mer : lies commaedaut^ des bètimeuts fraoçais 
devaient. exiger le salut de tous les bâtiments qu'ils ifi^ 
Ç4lDtraîiioit ceuJt de l'Angleterre eJtceptés; ils ue devaient 
oè Va demander m le daj»uer à ceuvci. Lorsque les deui 
divisions sa trouvèrent à portée de caooo , le lieuteaaat 
gèi^iraJ^de TourvilW, qu^ èlait au yeut, fit mettra U sienne 
ea^ patme et envoya une embafcatiou au vice-amiral Pa- 
pichÎA ppiMr riuviter k saluer le pavilloa de la France; cet 
9l&cier général a'y refusa. Ia %^Mnt fit servir immédiate- 
«MiiiV «A« 9aiw ttrer hu a^^iwp de canon, il aborda le 



it Content, \a% Dooift niaiculioâ de rei bâtiment* peuveol fAirf «u^fioiff ^«e 



184 BATAILLES. — 1688. 

vaisseau amiral espagnol par l'avaDt ; quelques coups de 
fusil furent cependant tirés, malgré la défense qui en avait 
été faite. La Capitane ayant riposté par une décharge de 
tous ses canons, le Coûtent fit également usage de son ar- 
tillerie. Après une demi-heure, les deux vaisseaux se dé- 
crochèrent et le combat continua à portée de pisiolet. Le 
capitaine de Châteaurenault qui, ainsi que le comité d*Es- 
trées, s'était adressé d'abord à l'autre vaisseau, vint en 
aide au Content lorsque, après une heure de défense, le 
San Jeronimo eut amené son pavillon. Le vice-amiral Pa- 
pachin ne pouvait lutter lonj^temps contre ces deux com- 
battants; il Gt amener son pavillon, mais il l'avait ▼aillaro- 
ment défendu pendant trois heures. Une nouvelle sommatioa 
le décida à se rendre à l'invitation qui lui avait été faiie : 
le pavillon de la France fut salué de neuf coups de canon 
qui furent rendus coup pour coup par le Content et le lien- 
tenant général de Tourville envoya ensuite offrir ses ser- 
vices au vice-amiral espagnol. Les avaries étaient nom- 
breuses de part et d'autre; le Content était entièrement 
dégréé et la frégate du capitaine de Châteaurenault avait 
perdu son petit mât de hune. Le vaisseau amiral espagnol 
avait été démâté de son grand mât. Le lieutenant géoéral 
de Tourville avait reçu une blessure à la figure et une autre 
à la jambe. 

La France et l'Espagne étaient en paix depuis Tan- 
née 1678. Cette afiaire altéra, mais ne rompit pas, les re- 
lations de bonne amitié entre les deui puissances. 

Le rapport du vice-amiral Papachin au roi d'Espagne 
diffère, sur quelques points, de celui que le lieutenant gé- 
néral de Tour\'ille adressa au ministre de la marine. Le 
vice-amiral espagnol dit qu'au moment où les vergues se 
touchèrent, le Content lui envoya une bordée à laquelle il 
riposta. Le rapport français ne mentionne que quelques 
coups de fusil ; l'emploi de l'artillerie n'eut lieu que comme 
riposte. Le vice-amiral Papachin dit ensuite que lorsque 
les 2 vaisseaux furent décrochés, le sien fut combattu par 




BATAILLES.' 16S8. i85 

les 8 TÛsaeauz français qui lui envoyaient successivement 
leur bordée, s'éloignaient pour revenir le canonner de nou- 
veau « et cela pendant trois heures et demie. Il termine en 
disant que la prompte reddition du San-Jeronimo fut le 
résultat d'une erreur. Le pavillon de la Capitane ayant été 
amené par suite de la rupture de la drisse, le capitaine de 
l'autre vaisseau pensa que Tamiral cessait de combattre, et 
ne croyant pas pouvoir résister aux forces en présence des- 
quelles il allait se trouver seul désormais, il amena égale- 
ment son pavillon. Il reconnut trop tard son erreur pour 
pouvoir la réparer. 

Les historiens ne sont pas d'accord sur l'époque à la- 
quelle eut lieu la rencontre du lieutenant général de Tour- 
ville et du vice-amiral Papachin. Le marquis de Quincy 
qui a le premier rapporté cette affaire dans son Histoire mi- 
Uiaire du régne de Louis le Grande dit qu'elle eut lieu au 
mois de juin 1688, avant le bombardement d'Alger. Bois- 
mélé, dans son Histoire générale de la marine, la place im- 
médiatement après le bombardement de Tripoli en 1685. 
Les mémoires de Tourville parlent comme le marquis de 
Quincy. Graincourt, dans ses Hommes illustres^ dit aussi 
que ce combat fut livré en 1688. M. Hennequin, dans l'ar- 
ticle biographique qu'il a consacré à Tourville, prétend 
également que cette rencontre eut lieu en 1688. L'Histoire 
de la marine française de M. E. Sue la fait remonter à 1685. 
M. Léon Guérin raconte le fait comme M. de Quincy dans 
son Histoire de la marine. Enfin M. Chassériau, qui semble 
avoir emprunté son récit à Boismèlé et à E. Sue, dit, dans 
Y Histoire de la marine qu'il a publiée, que ce combat re- 
monte à l'année 1685. 

La rencontre du lieutenant général de Tourville et du 
vice-amiral Papachin eut lieu le 2 juin 1688. Cette date 
est constatée : 1* par un bordereau qui se trouve dans le 
dossier de Tourville aux archives du ministère de la ma- 
rine, avec l'inscription suivante : Traduciian d'une lettre 
de t amiral Papachin^ du 7 juin 1688, au sujet de sa ren- 




186 BATAILLES:— IMfl. 

eofUTB aïoec Taurmilie. Retatûm amiogrmfhm éê. CkàÊmmm' 
nauU, du idjum. 16%%^ autujet^du omnbaA Iferéà Cmmmt 
etpagnoi' PapaoUi^ Làr traduction et lailettre amtÎDDnta 
o^existfiDt malheureuseoieot plus au dossier de XouifvUle ; 
mais IL le capitaine de frégate Ortolaa a pa ae* pnoconr 
lapremièrOfc et il l'a insérée dans l'appendioe du/posaûer 
volume de la DipUmaiie de la mer^ aioei qn^uiiB: leUn de 
Tourville auministi^ Seigoeiay,. sous ladaiedu 8 juUiii688c 
2* par une lettn de Tintendant de Toulon oendant nempu 
àSeignelay^ le IS juin 1688, de l'affaire da-ToandUe^ de 
Papachin. M. de Vauvré écrivait au mîoialve : « Jb» dois 
a vous dire que le Contml ayant étâ acmé pouc kii couse* 
n'aviît point de canons de 2i et que la SoUids et VA»* 
parié n'en ont que de 12 en bas et ds 6 à la seooade kA> 
terie, et que le vaisseaui de Papachin. a sa. battarii bans 
de ià livres de balles » ; 8* pac le numéiio^ dfl. ift* «i 
18 juin 1688 de la Gazette de France qpwrendoomptftds 
cette affaire ; h* par une lettre dans laquelle te aiaréchal 
df EslFées» informant le ministre de la, asacina daa diifflK 
sitiens qu'il prend pour bombarder Alger, djyt : « S m 
reçu par le retour de la Tarlane qu^ IL de ïourviUa Mail 
eevoyée à Toulon après le combat» les letUe» que «on» 
m* avez fait Tbonneur d^ m'écrira du & et du 7 da oe 
moi9; elles nous trouvèrent occupes 4 raconunodsc k 
C^nieni et le SoKde. u Et plus loin : « La ^*MrT"^iTida»î 
aidera par quek]ues détacbements de matalota YSmpOfft 
et le Soiide faibles d'équipages et plus encem depaia 
leur combat* » Le maréchal écrivait oetia IMM li 
28 juin 1688, à bord du Magnifiée devant Alger. 



Les Algériens, qui avaient semblé écouter les fSiMi^ 
trances qui leur avaient été faites en 108i aprèa la bon- 
bardement de Tripoli, ne tardèrent pas à recomiMBcar 
leurs brigandages. Le marécbal d*£airéea reçut l'urdru 
d'aller le» cbàtier 8tt dans U il^roiéri quimain» du IMM 




tf9 

èB jataiK, f# rtlnuiwi; M gàlimw à tomlieyet cpieMioei 
gaièvevfiiMintlRnvdiiqKMitkn^ olnmir chf dsylm 
réparttiM à laqwUe IsFrAiise iraîv le droit (te^Mteiidri; 
Gii retard dm TaOïKioe, reurdt oceamonni par la ftircadt 
rtnt et pÊX Vàlmnas ée 9 ranseavt phds sous fe9 ordres 
dfû fienfecodst gtfnértf de Totnrvilîe, ftit pris pour âb rh#- 
rftstiod par les Algériens. Le marèeftd d'Estrées Aitateril 
((tm éd&t (jMStioif de ftwsftftXet sur Vps frança^ résMiaiH 
à Aîget Pacte barbare qui, en f 68S, avait coAté Ik vie M 
conaol d!e France, c'est-à-dîre de les attacher i la boucte 
d'tiii caaoïL Le martehal fit partir tut une madUne- que fdi 
tmèé Mi k quoii à terre un eecrii aitaclU à une pImdUtem 
eu purehemin par lequel on dédarait ee que tèrth/ tmtli ttr^ 
d&unipar $e$ inefruetitme pnur préteHhr lee etuauiê$ qui ee 
ê&M ixerdee t7 9 a quatre une contre lee f¥miçaff(f) . Leeë* 
liHafaie d'an nattre anglais mcofflé fMt près êe la fiRè 
fort diarg< d'apporter la réponse. Cette réponse ëteàî si 
giMiière que, fê 39 juin, on fit avancer 9 galfofes et le 
Miiibaf defSeot commença, i cbadoopes armées de canon, 
(Micées sous lesordres du steur de Pb?nâif, forrent cbargfes 
de protéger celles qui trataillaîenf k porter tes aneves ées 
galiotes. Une de ces chaloupes appartenant au Modéré^ 
capitaine Rocbalar, montée par le sieur de Laguièze, 
fut coulée par on boulet. Cette première dêmoostratiotf fut 
courte et presque Infructueuse. Le vent, en s'élevam ut 
N.-E. , obligea de cesser le feu ; presque toutes les bouiNe 
avaient éclaté en Tair. Un individu, se disant chargé de 
traiter de la paix, se rendit alors à bord du Magnifique^ Sur 
lequel flotuit le pavillon du commandant en dief. Lei 
propositions dont 11 était porteur ne furent pas agréées. Le 
lendemain, on recommença à jeter des b om b e s et le feu 
Continua, toutes les nuits, jusqu'au 14 Jolilet. Malbeoicu- 
Éément les galiotes étaient vieilles, et elles ne purent 



(t) UUrt 4i saréeàftl d'C*tré#« m miiUirt. Ànké9€9 du minntèrt dt h 




188 BATAILLES.— 4688. 

ter à un tir aussi prolongé. II avait fallu réduire successi- 
vement le nombre de celles qu'on pouvait mettre en ligne. 
A cette date, toutes étaient hors de service. Trompés dans 

leur attente d'intimidation et furieux de ne pouvoir se pré- 
server des moyens de destruction employés contre eux, les 

Algériens mirent à exécution l'affreuse menace dont on 
avait entretenu le maréchal. Le & juillet, ils mirent à mort 
le P. Vicaire, consul de France, et ià Français. Les offi- 
ciers généraux de Tescadre, réunis eu conseil, décidèrent 
qu'il fallait user de représailles. 16 Turcs furent passés 
par les armes et leurs corps, placés sur un radeau, forent 
portés sous les murs de la ville par les courants. Le 18, le 
maréchal d'Estrées fit route pour France avec Fescadre, 
sans avoir obtenu le redressement qu'il demandiût et, grâce 
à la mauvaise qualité de la poudre qui avadt été embarquée, 
sans avoir occasionné les dommages auxquels aurait dA 
donner lieu le jet d'une quantité considérable de bombes. 
Cette expédition fut la dernière que la France dirigea 
de longtemps contre la régence. Ramenés à de meilleors 
sentiments, les Algériens demandèrent la paix, et le traité 
fut signé à Paris au mois de juillet 1689. 



L'état de tranquillité de la France ne se prolongea pas 
au delà de l'anné 1688. Louis XIV ne tarda pas à savoir 
que les États-Généraux étaient entrés dans la ligue d'Augs- 
bourg. Prenant pour prétexte leur attitude hosUle à l'égard 
du cardinal de Furstemberg, évëque de Strasbourg, qu'il 
voulait faire nommer archevêque de Cologne, il leur dé- 
clara la guerre le 26 novembre 1688. Peu de temps après, 
il fit la même déclaration à l'Empire. 

Le jour même de la rupture de la paix, le 26 octobre, le 
capitaine Jean Bart de la frégate de SO** la Railleuêe^ s'em* 
para dans la Manche, après un combat sanglant, de la flûte 
hollandaise le Cheval marin. 




BATAILLES. — i689. 189 



ANNÉE 1689. 



J'ai dit que Guillaume de Nassau, prince d'Oranget 
exploitant avec habileté les mouvements qui avaient 
agité la Hollande en 1672, s'était fait élire statbouder. 
La haine qu'il portait à la France le détermina à travail- 
ler presque immédiatement à la formation d'une vaste 
coalition qui prit le nom de ligue (tAugsbourg. Les vues 
de ce prince sur le royaume d'Angleterre parurent bien- 
tôt à découvert A la fin de l'année 1688, il publia un 
manifeste dans lequel il énumérait tous les griefs des An- 
glais contre leur gouvernement, et jetait des doutes sur la 
naissance du prince de Galles, que beaucoup de protes- 
tants regardaient en effet comme un enfant Bupposé. Le 
29 octobre, le prétendant se dirigea sur l'Angleterre avec 
50 vaisseaux, 20 frégates et AOO transports portant IS à 
1A,000 soldats (1) ; le vice-amiral anglais Herbert com- 
mandait l'armée navale, mais tous les capitaines étaient 
Hollandais. Un coup de vent dispersa cette flotte, qui fut 
rejetée sur les côtes de Hollande, Guillaume remit à la 
voile le 11 novembre, et débarqua le 15 à Torbay. La ré- 
volution qui fit monter Guillaume de Nassau sur le trône 
d'Angleterre plaça toutes les forces de ce pays entre les 
mains du plus dangereux ennemi de la France. La Grande- 
Bretagne se mil à la tète de la ligue d'Augsbourg. 

L'accommodement au(|uel la cour d'Espagne fut forcée 
dans l'affaire de Tlndult ('J et les prétentions de la France 
à l'égard du salut en mer, motivèrent l'association de l'Es- 



(i; Martin, Ht*t. de France, d'après Thutaneo Rapia de Tkoyra». 
(fl) Il »'agi><ait d'obliger la c«ttr d'E^pagot d'abolir on d« rédair* an uipèl 
«itraordinaire quelle avait mii Mir le« marehaodhf^ ètraa|èr»i tavoTéat a« 




pagne à la ligue et, le 15 avril 1689, la France lui dédira 
la guerre. Un mois piu0 «lard, -le i.7 mai, celle-ci essuya 
elle-même de Guillaume III, en qualité de roi de la Grande- 
Bretagne et dlrlande, une déclaration semblable. LaFrance 
eut donc contre elle les trois premières puissances mari- 
times de l'Europe. Louis XiV ne désespéra cependant ni 
de sa fortune ni de celle de son prot^ Tei-voi ffAo^- 
terre Jacques il, qui 8*étût réfugié enYranee;-il aeeeplala 
guerre contre «ces puissances conjurées pour dêtraire ta 
prépondérance. L'autorité du roi détrdné seniblalt se-Bnin- 
tenir en Irlande. Par suite d'une convenUon arrêtée entre 
Louis XIV et lui, 7,000 .'hommes -de troupes 
durent être envoyés dansœtte^He, en échange -dan 
nombre* de troupes irlandaises qui viendraiettt en 9nmet^ 
Le chef d'escadre Gàbaret conduisit Jacques -H en IHaofc 
et le capitaine 'Duquesne Hosnier resta à ses orSres «V6C 
3 frégates. S mois après, le 6 mai, une année n a i^ éle ' l ie 
2A vaisseaux, 2 frégates et 6 iirfliots, portant on* eorpo'ik 
6,000 hommes, partit de Brest sons le commandemeni Ai 
lieutenant génénQ de Cbftteaurenault. Le-0,eetle arofiée 
jeta l'ancre à quelques milles de l'entrée de la baieée 
Bantry.'On fit passer de suite les troupes i bord des fré- 
gates et des brûlots pour les diriger du cAté de k'Tttle. 

La bûe de Bantry est située sur la c4te 6.-0. de Plr^ 
lande ; elle a plus de 5 milles de profondeur sur 8 daM*aa 
plus grande largeur. La ville et le port de Bantry^ soBtvi 
foad de la baie sur la côte orientale. 

Le transbordement était presque terminé lorsqw. 



MtKiqoe. dont f ellei den Frinrais faisaient la meiltoire part, %i à'i 
la répartition do l'impôt i|ui i^ubaiiiterail, fût faito ègalemant avr lot 
dïft^ df toate« Im nilionti. et non rar colleti de Franre on parttcalitr. ea MH 
ploya forceit^iTement le« raisooii r( la force; on fit partir de* ambiHadMr», •■ 
envoya dr> escadres devant Cadii poor bloquer te port et pour «aimr l«f vt- 
Tires; on menaça et on m mit mémo en de\oir de bombarder la ^ilto. Eaia» 
U cour d'Eipagao roda, doiaa anatooèe dti effoU MSaii o»rtqMilrtt «141, 
PMT UM aMMo «odiq«i. no* «pèco-.d'MCMUMdMMat «waû. 
IrMfaie. €ttto JraaMCtion rat lM»tR ifM. 




llnfliklL<lnK9a ^'''IWv* Wl 



A' da soir, 22 vaisseaux ai^glais et 6 yachts (1) 
gnalés au large. Le vMtiêoéflhût alors de l^Bêl;»il«veDik, 
par conséquent, de (erre. 'Oès que l'armée ^iglfiîf^ iRit 
aperçue, 4e ««(kiMaiidmiC en ^^ef de l'armée 'fltoliftise^t 
mettre à la terre 'ta ^plus «proche les troupes qui restaiiJDt 
encore à bord des vaisMM»; ei, certain de n'élre «pas le- 
quiété de la journée puisque Tennemi avait le vent âebout 
pour entrer daii8*to*baie,>il prît le parti de passer 4a nttit 
au mouillage. Le lendemain au! jour, les b&timents qui por- 
taient les troupes n'avaient pas encore atteint l'endroit où 
ils devaient les débarquer. Ualgré cela, le lieutenaut^éné- 
ral de Cbàteaureoauk mit-soas voiles; mais, désimntue 
pas perdre ces biiiments àe vue, il laissa les Anglais te 
rapprocher davantage et ne 'fit qu'à 11^ le sigMl d'arri- 
ver ^ 2). 

Aussitôt que le débarquement de son coropétiieur à 
KJngsale lui fut connu, le roi Guillaume ne négUgia rien 
pour s'opposer au passage des secours qu'il supposait de- 
voir kti-éire'envoyés' par la «France, et il donna Verdre à 
IVMniial Herbert de tenir tameravec son armée. *^t èéfr- 
eier général s'établit d'aboitl en^croisiére devant Oueiiaiit; 
flHÎs, • ittfbfoié par des découvertes, qui avaient ^aptf^ 
Vannée^ française À son atterrage, de sa «nrtie et rie^adi- 
MClîon' qi/eHe avait prise, 'il se dirigea hii-mèoie >«ir«k 
cèle dHriande, et il reconnut bientôt l'armée française 
énn»4n4>aîe4leBantry. Lorsque ta dislance fut !j«gée«nn- 
venaUe, le lieutenant général de Obàieanrenault rangna 
negvnincaox en bataille aux mêmes amures que les Anglais 
4pir étaient eux«4Rénies dans cet oitire. «Voici le^pnele ëes 
français : 



(1) Ln kiflorieiK angltif nv^oot p«« <r accord sir l« iMibra U* t ii na i ti 
Mf toit. JotMU BvfckeU, Hntory of th^ moH rftmaitkMe transmet toms «I Mm, 
ëit fi'U y en itau 19. L évèqae kenoet porte et nombn à tt. Go 4f roitr cbiffro, 
éMié tsfsi par le HeuUftaoi ftèftAfàl ChUeaarotaill, ett col«i ao^itl Jo nt 

mÉi'Afoié. 

{%) CMipbell , Ui^t of tkf Bntuh nthmmls, «Mifiie à eo coabat la 4aU it 




i9S 



BATAILLES. — 1689. 



Ganoiift. 






48 François 


capiUÎDe 


Paooetier. 


60 Vermandùis . . , 


^ 


de Micbaiilt. 


50 Duc 


— 


CoU»ert-SaiDt-llan. 


52 Pendant 


— 


de Réels. 


SO Samt'Michei, . . 


— 


Geberet (Louis)» ehef d'aecain. 


50 Fort 


— 


chevalier de Rosmadee. 


iO Uger 


— 


cberalier de Forbia. 


b% Précieux 


— 




48 Capable 


— 


de Bellefontaiae. 


58 Arrogant 


— 


de la Harteloire. 


51 Diamant 


~ 


cbeTalier de CoCtlogoa. 


66 Ardent 


— 


Desnos CbampmesliD. 




RoosMlel 


i, comte de ChAteaureBaalt, lleatouit ko 




néral. 




60 Furieux 


CApitaine 


DesDOK. 


40 Faucon 


— 


cbevalier d'Herrailt. 


50 Modéré 


— 


marqois de Saiet-HeraiiBe. 


56 Entreprenant, • 


— 


de Beanjen. 


56 Courageux. . . . 


— 


de Forant, cbef d'atcadri. 


46 Septune 


— 


de Pallière. 


44 Aro-en-Ciel. . . . 


— 


de Perrinet. 


60 Excellent 


— 


de LaTïgerie. 


5S Sage 


— 


de Yaodricoort. 


: 40 Oiseau 


— 


Duqoesne Gaittoa. 


4i Emporté. . • . 


— 


Roussel. 


58 Apollon 


— 


MoDtorlier. 



Le passage de l'ordre de convoi à Tordre de baudlle fîil 
mal exécuté et le feu commença avant que les vaisseanx 
fussent bien formés; il était 11^ 30". Les vaisseaux do 
corps de bataille doublèrent ceux de l'avant-garde et jMi- 
rent leur place parce que, dit le commandant en chef dans 
son rapport, ceux-ci ne serrant pas Tennemi d'assex près* 
il craignit d'être doublé par la tète. La division du chef 
d'escadre Cabaret se trouva par suite au centre, mais non 
sans que ce changement eût occasionné une grande per- 
turbation dans la colonne. Un virement de bord, néoessité 
par la proximité de la terre, contribua à augmenter la con- 
fusion. Bientôt il devint évident que l'amiral anglusma- 
DfLUvrait pour attirer les Français au large, et les éloigner 
du lieu où le débarquement avait été effectué; on était 
déjà à 21 milles de l'endroit où le combat avait com- 
mencé. Celte tactique n'échappa pas au commandant 
en chef qui ne devait pas perdre de vue l'opération pour 
laqnplle il avait rtr on\o\(;' rlans « ( > parajjes; à 5* SO*. il 




BATAILLES. — i 689. i9.i 

cessa de poursuivre les Anglais et rentra dans la baie de 
Bantry. Maïs, dès qu'il eut acquis la certitude que toutes 
les troupes étaient à terre, il n*bésita pas à faire mettre le 
cap au large pour se porter de nouveau à la rencontre des 
Anglais; il ne les trouva pas. Satisfait du résultat qu*il avait 
obtenu, l'amiral Herbert était retourné à Spithead. L'armée 
française poursuivit sa route sur Brest, où elle mouilla 
après 11 jours d'absence. 

Les avaries des vaisseaux français étaient considérables. 
Le feu avait été mis par un boulet aux poudres destinées 
aux pièces de la chambre de conseil à bord du Diamant. La 
dunette avait été presque entièrement démolie par l'explo- 
sion qui en était résultée, et bon nombre d'ofliciers et de ma- 
rins avaient été tués ou aiïreusement mutilés. Le capitaine 
de Coétlogon, blessé lui-même, était revenu au feu après 
avoir réparé de son mieux les avaries occasionnées par 
cette catastrophe. Les Angles avaient perdu un vaisseau, 
et les autres étaient si maltraités, qu*il leur eût été impos- 
sible de combattre plus longtemps (1). 

Si l'on songe aux résultats que pouvait avoir une bataille 
navale livrée pendant que le prince d'Orange marchait sur 
Londres, on doit regretter que celle que je viens de rela- 
ter n'ait pas été décisive. Quoique le lieutenant géné- 
ral de ChAteaurenault se fût probablement conformé à la 
lettre de ses instructions en discontinuant le combat pour 
surveiller le débarquement des troupes, l'aflaire eût peut- 
être eu un tout autre résultat, si les deux chefs d'escadre 
de l'armée française n'eussent cédé à un petit sentiment 
de rivalité. Le lieutenant général de Ch&teaurenault déclara 
qu'au lieu de répondre au signal d'arriver sur les ennemis, 
le chef d'escadre Cabaret avait viré de bord, ce qui l'avait 
obligé de se placer à l'avant-garde. Le commandant en 
chef attribua cette manœuvre, que je ne trouve men- 



(1) Campbell, Uvti oftke Bntuh admirais, 

L 13 




194 BATAILLES.— i6S9. 

tioonée nulle part ailleurs que dans son rapport, à rintmi- 
tii du chef d* escadre Cabaret qui^ n étant poi de ses amii, ne 
vùuluit pas que taition fût trop glorieuse. 11 ajouta que 
le chef d'escadre de Forant ne s'était pas tenu daus ses 
eaux (1). Le chef d'escadre Cabaret répondit à cette s^cco- 
sation en disant que les chefs de division ne soot pas maî- 
tres de leurs mouyements ; que le coipmandant eu chef 
les ordonne et que, dans ce cas, il est imité par ses sous- 
ordres. De son côté, le chef d'escadre de Forant rejeta 
sue le commandant en chef la confusion qui régna dans 
l'armée par suite du mouvement qui mit le corps de ba- 
taille à rivant-garde, et il soutint que le signal d'arriver 
davantage n'avait été fait pi à Tavant-garde ni à l'arrière- 
garde. 

Les deux partis s'attribuèrent la victoire. Pour la Frauce, 
toute la question était dans le débarquement. Je laisse 
aux lecteurs à apprécier qui réussit, de celui qui put 
remplir sa mission ou de celui qui, envoyé pour s'oppoaer 
à son accomplissement, se retira sans y avoir apporté le 
moindre obstacle. L'amiral Herbert, qui avait été un des 
premiers à embrasser la cause de Guillaume de Nassau, 
n'eu fut pas moins créé comte de Torrington. 



La flûte de AO' le Profond, capitaine d'Amblimont, les 
frégates de 20 la^orciVrc et la5(*r/>fiilf, capitaines Herpin et 
de Selingue, et la Trompeuse de 12, capitaine de Lamothe, 
en croisière dans la mer du Nord, rencontrèrent, le 27 juil- 
let, à 45 milles duTexel. 2 bâtiments hollandais de 2&% 
une frégate de 18 et 2 galiotes deO. Les Français laissèrent 
arriver sur les Hollandais qui les atltnilirent en ordre de 
bataille et, arrivés a [)ortëe de pistolet, ils su rangèrent 
dans le même ordre que Tenucmi, la Sorcière en tête ; re- 



(1) Rapport du lieutenant gênerai do ChateaureoaoU. 




BATAILLES.— 1689. 195 

naient ensuite le Profond^ la Trompeuêe et la Serpente. Le 
feu commença alors. La Serpente foudroya son adversaire 
avec tant de vigueur et le serra de si près pour Taborder, 
qu'elle le força de chercher un abri sous le vent de son chef 
de file; la frégate française dirigea alors ses coups sur 
celui-ci. Ce bâtiment, qui était déjà combattu par la Trom- 
peuse^ fit vent arrière. Pressés de la même manière sur toute 
la ligne, les Hollandais furent écrasés. Après trois heures 
de combat, un de leurs b«^timents brûlait, un deiuiëme 
était coulé ; les autres avaient amené leur pavillon. 



Dans le courant du mois de mai, le lieutenant général 
de Tourville reçut Tordre de se rendre de Toulon à Brest 
avec 20 vaisseaux. Au moment d'cirriver à la hauteur de 
Ouessant. à la fin de juillet, cet officier général apprit 
qu'une armée ennemie de 70 voiles croisait dans ces pa- 
rages pour s'opposer h son entrée «\ Brest. Le vent soufllait 
alors du N.-E. Il eût été imprudent de continuer une roule 
qui conduisait au milieu de l'arme'"» ennemie; il y avait 
eu efi'et tout lieu tl(»penspr '[navrrlf! v«'nt régnant les An- 
glais se tenaient sous la icne. Il fallait temporiser et at- 
tendre qu'une circonstance favor iLle, en forçant l'ennemi 
de s'éloigner de la cote, KV^sàt le passage libre. Ix» lieute- 
nant général de Tourville se tint dune au large de la sta- 
tion supposée delà croisière qu'il voulait éviter. Le 4 août, 
le vent soudla à l'Oursî, îj;raiHl fiais. Il n'y avait |>lus à 
hésiter. L'armée Iraiir li^e :nit le cap à IKst et elle entra 
à Brest à la vue des Anglais ([ui étaient trop éloignés pour 
lui barrer le passade, 

L'aimte navale ne lU qu'un court *?éjour sur la rade de 
Brest; elle sortit avant la lin du iiioisa\er un renfort de 
25 vaisseaux. Le capitaine tlu Mené, du vaisseau de f)S* le 
.tfar^uM, qui avait reçu l'or !re de se porter en avant en dé- 
couverte, aperçut un vaisseau anglais de 70 canons placé 
en éclaireur à l'entrée de 1 l(ui>e. iielui-ci n iicdita paià 




196 BATAILLES. — i6S9. 

laisser arriver sur le Marquis qui était sous le vent et à 
engager avec lui un combat des plus meurtriers à portée 
de pistolet. Démâté de son grand» puis ensuite de son mât 
de misaine, le vaisseau anglais amena son pavillon ; son 
capitaine était blessé mortellement. Le capitaine du Mené 
avait eu un bras emporté et il mourut le lendemain. Le 
lieutenant de vaisseau, chevalier de Combes, auquel le 
commandement du Marquis était écfau, prit le vaisseau an- 
glais à la remorque. Poursuivi par une division ennemie, il 
mit le feu à sa prise et rentra à Brest avec Tarmée. 



La frégate de 30" la Railleuse^ capitaine Jean Bart, et la 
frégate les /eux, capitaine chevalier de Forbin, sorties du 
Havre pour convoyer lA navires du commerce qui se ren- 
daient à Brest, rencontrèrent, le 22 mai, 2 vaisseaux anglais, 
l'un de 42, l'autre de 48 canons. Les deux capitûnes con- 
vinrent de diriger leur attaque sur le plus fort, et ils char- 
gèrent les 3 navires marchands les mieux armés de com- 
battre l'autre. Jean Bart, sans tirer un coup de canon, 
laissa porter sur l'Anglais pour l'aborder; mais le vent 
étant tombé subitement, il manqua son abordage, et il ne 
peut empocher une partie de son équipage, effrayée de la 
force de l'ennemi, de so jeter dans la chaloupe qui était à la 
tiatne. Le capitaine de Forbin fut plus heureux: il réussit 
à aborder l'Anglais. Quant aux navires du commerce dési- 
gnés pour combattre le second vaisseau anglais, ils ju- 
gèrent plus prudent de continuer leur route que d'engager 
une lutte qui n'entrait pas dans leurs habitudes. Libre dès 
lors de ses mouvements, ce vaisseau se porta en aide à son 
compatriote: la Railleuse lui prêta le côté. Après deux 
heures de lutte acharnée, les deux capitaines français étaient 
blo<sOs et leurs fréf^ates étaient rase^^ comme des pontons; 
leur |)aviIlon fut amené, mais le convoi fut sauvé. 

Les capitaines Jean Bart et de Forbin, en vo\ es prison- 
niers en Angleterre, parvinrent à s'évader après oDie jours 

détention. 




BATAILLES. —4689-1690. 

BATIMENTS PRIS, DÉTRUITS OU NAUFRAGÉS 

pendant Tannée 1669. 

rRAlfÇAlS. 

*r UWm!x 'I ^*^ ^ ^•" ▼tiiteaii anglais. 

70* Un TaiiMaa Prit par un ▼aisyéao. 

» Un takMan Coalé à la bataille de Raatiy. 

HOLLAKD4IH. 

1 bâtiment de 14* Coulé. 

t — de ti Brillé. 

1 - .^-J." I Pris par une dimion. 

t galiotet de 6< ) ^ 

aftCAPITULATlON. 



197 



f 



mAUÇAlS. . 
A9ICLAUI. . . 
■OLLAXnAlil. 



Vaisseaux . . 
BAlimrnl» inf. 
Vaiffteaux. . 
Bitinieotji inf. 
YaiftMaui. . 
BAtiBMBU iof. 





Détmiu 






Pli» 


N. nfra>;e> 


loc«ndié« 


TOTAL 


M 


II 


» 


i 


â 


u 


M 


t« 


1 


1 


• 


4 


It 


u 


• 


• 


1» 


M 


m 


M 


S 


t 


• 


S 



ANNÉE 1090 



Le 23 juin, le vice-amiral comte de Tonrville sortit de 
Brest avec une armée navale qui atleîçrnait le chiffre énorme 
de 70 vaisseaux, 5 frégates, 16 brûlots et 15 galères, pour 
chercher et combattre Tennemi partout où il le reiicontre- 
rail. Le vent favorable, qui avait permis à ceiir^ armée de 
sortir, lui devint contraire à l'entrée cle In Manrhe; les ga- 
lères relâchèrent «^ Camaret. Le 2 juillet, on aperçut l'armée 
anglo-hollandaise au mouillage sur la rade de Sainte-Hélène 
de l'Ile de ^Vight. Le vice-amiral de l'ourville résolut d'al- 




19S 



BATAILLES. — 1690. 



1er i'y attaquer; mais, contrarié par le vent qui soufflait 
(lu N.-E., il se vit contraint de laisser tomber l'ancre. Les 
Anglais mirent sous voiles le lendemain matin et tinrent 
le plus près du vent : les Français les imitèrent Le 10, 
après avoir manœuvré pendant sept jours pour se mainteuir 
au vent, le commandant en chef de l'armée ennemie se dé- 
cida à laisser arriver sur les Français: ceux-ci étaient alors 
sur deux colonnes, parce que, pendant la nuit, le lieutenant 
général de Chàteaurenault, ayant cru apercevoir le signal 
de mouiller, avait fait exécuter cet ordre à l'avant-gardeet 
s'était ainsi trouvé séparé, mais au vent du reste de rarmée. 
Cette séparation momentanée n*eut aucune suite fâcheuse; 
cet officier général appareilla dès qu'il vit l'ennemi laisser 
arriver, et sa position au vent lui permit facilement de re- 
prendre son poste en tête de la ligne. L'armée, qui l'at- 
tendait en panne, se trouva alors formée en bataille, les 
amures à tribord, dans l'ordre suivant : 

ClDOD>. 

80 Fier de Ri'lincuc chef d'estcadre. — I brûlot 

6i Fort rapitaine do La ilarleloire. 

58 Maure — ilicx aller de LagalissoDoière. 

7ti É'-iatant — de Septome:». 

8C Cofiffuêrant, ... — 

ma^qui^ de VilleUe-Mur»ay^ lieut. gèD. 1 brûlot. 

68 Courtisan .... capitaine de Pointië. 

50 Intiif'n -* de RousseL *— Solide, cip. de Fer?iUe. 

58 Trident — de Riberet. 

58 Hardi — commandeur De^goalte». 

IM) S"iNt-Loui.s. ... — de l^roque-Percin. 

6i i:.r-t>iiefit — clie\ aller de MoolbroD. 

74 l*'>fnprux — d'Allure. — I brûlot 

\0i J)nuphin-Rijy(ii. . — 

comte de Ctiàteaurenaull, lieut. géo. I brûlot. 

tiC Ardent capitaine d'infretille. — I brûlot 

58 Itou — chevalier de Uigoine. 

00 Prerieuj — de Perrinet. 

GO At^uilon — de Bcaupeay. 

40 Alcyon — Jean Bart. 

56 Fendant — l.avifterie. 

60 C'Htrnijeus. ... — de Sevi^ny. 

80 C'Htronnp miiri|ui« de taii}:eron. chef d'esG. ^ 1 brûlot 

64 Ferme cipiiaiiio de Vaudrii-ourl. 

lîO Téméraire — Durivault- H uet. — Ifo/e, Capitaioo DotML 

54 Itntstfu*' — de Riruui. 

6i Arnftjnnt ~ chevalier de» Adreli». 




KÀTAILtfe^. — tè90. 



\%9 



so 


Arr-enCiel,. . . 


7S 


//enn 


90 


Souverain 


6( 


Brillant 


&0 


Septune.» . . . . 


6i 


Stins- Pareil, . . 


&1 


/^iV/<*/r 


60 


Uinmant 


AS 


Sérieux 


M 


Tonnant 


ito 


Soleil -Roy al. . , 


•i 


Saint Philippe, . 


M 


Marquis 


•S 


Furieux 


•0 


Fortuné 


•0 


Apollon 


•0 


Saint-Michel. . , 


•1 


Entreprenant. . , 


te 


Magnifique, . . . 


•• 


Content. . . . . . 


ei 


Vermandois. . . . 


M 


Cheval 'Marin.. . 


•4 


Fougueux 


a 


Comte 


M 


Vigilant 


U 


Parfait 


M 


Triomphant.. , . 


611 


Bourimii 


»4 


Due 


%M 


%'mllant 


Si 


Cttftfttjfe 


6t 


Brave. . , 


5t 


Françni». . . . 


C( 


Agréable 


76 


Florissant. . . 


fO 


(Irand. 


HO 


H^lhqueus. . . , 


^Uh 


1 Prtnce. ..... 


§1 


( Uger. . 


60 


prudent . 


&i 


M"*lrrr . . . 


60 


Fleuf't'i. . 


70 


Atttuthie 


•0 


Intrépide. . . 


6t 


(ilorirux. ... 


74 


Illuttre. ..... 


M 


Terrihlf . . 



— cke? ilier de Saibte-liliH. 
r" d'AmblimODt. 

de Ne^mond. chef d'escadre. — ^ 1 brûlot 

cipitaioe de Heaujea. 

— de Forbin-Gardanae. 

— chevalier de Laroogère. 

— chefalierde Forbio. 

— de Serquignf. 

— chevalier de BellefonUine. 

inar(|ai8 de Laporte, cbef d'esc. t brAlot. — Foiedii, 

cap. MoaibaalL 



brûlot 



comte de Toarvllley tire-aminl. 
chevalier de Coétlogoo, ch. d'eM. — 1 
rapilaine chevalier de CbAteaomoraot 

— DesDos. 

— De pale*. 
^ DridauU. 

* — de Yillar». 
«— de Sepfille. 

*"■ ■ • • • • 

marquis d'Amrreville. lieot gèi. — t llrûHt. 
capitaioe comte de Saint-Pierre. — t brûlot. 

— buchalUrd. 

— chevalier d'Amfreville. 

— Colbcrt Saint Man. 

— marquin de Blènac. 
^ chevalier de Cbalaif. 

— Mathault. 

rhof alier de Flacourt, chef d'esc. — t brilet 

capitaine chevalier d'Hervaolt. 

— lie Pallière. 

— chevalier de Feaqoière^. 

— Laboi!i»ière. 

— de Champagny 
~ chevalier Daily. 

— Ijimotbe. 

— chevalier de Cogolin. 

comte d'R^tr^e*. vice-amiral. — ! brûlot, 
capitaine De»franc». 

— barun de» Adrets. 

— de Roovfot. 

— l)e^berbler!» de IXtanduère. 

— UeMSgem. 
Cbobert 

— D» lfi||û«B- 

Cabaret ,Looi») lieutenant géoér. -- 1 brûlot, 
capitaine Itelile-fclrArd. 

— chevalier iie Romadec; 

— Pinnctjer, rhff d'etc — 1 brûlot (I). 



(1) Boi^mélè, Hftotre générale de tn manne, ÛH qo'il j avait 7i tiMUaai. 
Les mémoires de Toor^ille donnent le mhtie nombre. Je n'ii troovéutit Hil 
•t ntionnant plu» île» 70 vai^^caui, j frcgate» et 16 brûlol« cilèt. 



SOO BATAILLES. — 1690. 

L'armée aDglo-hoUandaise, commandée par ramiral an- 
glais Herbert, était forte de 00 vaisseaux» dont 21 hollan- 
dais. L'avant-garde était commandée par le lieulenam 
amiral hollandais Evertzen, qui avait sous ses ordres les 
contre-amiraux Van Dick et Brakel ; le vice-amird Ralph 
de Laval et le contre-amiral George Rooke étaient au centre 
avec le commandant en chef; rarrière-garde obéissait au 
vice-amiral Sir Edouard Russel et au vice-amiral Sir John 
Ashby (1). Le feu commença à l'avant-garde vers 9^ 30* 
du matin; l' arrière-garde engagea ensuite; les corps de 
bataille ne tirèrent que lorsqu'ils furent à petite portée. 
Les Hollandais n'ayant pas assez prolongé la ligne fran* 
çaise, la deuxième division de l'avaift-garde de cette der- 
nière escadre se trouva sans adversaires. Le lieutenant gé- 
néral de Gbâteaurenault fit signal à ses vaisseaux de forcer 
de voiles, et ensuite de virer par un mouvement successif 
sur l'avant de l'ennemi pour mettre les Hollandais entre 
deux feux. Hais la brise, déjà très-faible, mollissait inces- 
samment, et lorsque les six premiers vaisseaux eurent exé- 
cuté cet ordre, il crut devoir virer lui-même et ordonna 
la même manœuvre à l'avant-garde entière. On combattait 
alors vigoureusement sur toutes les parties de la ligne, et 
des deux côtés les avaries constataient Tardeur des com- 
battants. Malheureusement le vent tomba totalement et 
déjoua toute tactique. Il n'y eut d'autre manœuvre que 
celle que firent les vaisseaux de tête pour envelopper l'avant- 
garde ennemie; chacun dut accepter la position que le 
courant lui faisait; on finit cependant par se senôr des 



i I ; 6oii»roélè. Hist. générale ai IsnmKiv, donne le connaadcntit àm cwpt 
de bataille au yice-amiral YaoderkiUtA il eiloî de rarrière-garde an ritê-tminX 
Herbert. M. E. Sue, HM. de la marine françaixe, netraniiral VaBétrkalesM 
centre et l'amiral Herbert à l'arrière-garde. M. de Lapeyroute, HIH. de ia tma* 
rine frnnçni-f, dit que l'arrière-garde était commandée p»r l'amiral MlMdaU 
Vanderkulcn. Knfin. M. l>on lîin'rin, Histoire fie la marine^ place le ?ict*am- 
rai boliauHdi» V.iti liiTfUttt-a .\u centre. Lee indication» que j'ai doiAéM aMt 
emi)runtce> un r.i{|ioti. fiaiir i*, nCèm^Mï, Uves ofthe Britùhadmirmiê,^ 
^ (jerard l^iundt, V e de li'ytrr. 




BATAILLES. — i 690. SOI 

embarcations pour gouverner. A 5^^ la plupart des vais- 
seaux hollandais étaient hors d'état de combattre -, quel- 
ques-uns étaient rasés comme des pontons ; les Anglais se 
faisaient retirer du feu par leurs canots. La canonnade con- 
tinuait cependant encore» et elle ne cessa que lorsque les 
deux années furent hors de portée de canon. Cela tarda 
peu, car le commandant en chef de l'armée française ne 
s'aperçut pas que les vaisseaux ennemis avaient laissé tom- 
ber une ancre en conservant toutes voiles hautes, et les 
siens furent drossés par le courant. 

Le vaisseau hollandais Frisland avait été pris et incendié 
par le Souverain; un autre vaisseau avait été brûlé et un 
troisième coulé (1). Les deux contre-amiraux hollandais 
avaient été tués. 

Quelques-uns des vaisseaux français avaient de grandes 
avaries. La poupe du Terrible avait été emportée par l'ex- 
plosion d'une bombe. Le Fleuron et le Modéré^ coulant 
bas d'eau^ avaient été obligés de se retirer du feu. 

Le vice-amiral de Toùrville n'abaudonna pas les avan- 
tages qu'il venait d'obtenir. Profitant de la marée et des 
folles brises qui s'élevèrent, il poursuivit les vaissaux enne- 
mis. Pour échapper, les uns se jetèrent à la cdte, d'autres 
furent détruits par leurs propres équipages. Le lieutenant 
général de Villette-Mursay parvint à en atteindre 7 qu'il 
livra aux flammes; il en força à autres à s'échouer. 
\ quelques jours de là, on en brûla 2 autres, 1 anglais et 
1 hollandais. 

L*armée française mouilla à Torbay le 1 *' août ; le che- 
valier de Noailles l'y rejoignit avec les galères. Le 5, un 
petit corps d'armée, composé d'un détachement de chaque 
vaisseau, débarqua à Tinmouth sous la direction du vice- 
amiral d'Estrées; on s'empnra d*uiie batterie qui fut dé- 
truite. 12 vaisseaux eurent le même sort. L'armée navale 



(1) Aa dire d« Caapbell. Linet of Ihe Britith admnrûis, lit Atllâû ^r- 
ëiriat 1 TaiiMM •! !•« HolUadjii Z, 




202 BATAILLES.— 1690. 

reprit ensuite la mer, brûla encore 5 vaisseau ei mouilla, 
le 17, dans la baie de Bertheaume. 

Des plaintes nombreuses s'élevèrent, en Angleterre, sur 
la conduite de l'amiral Herbert. Les Hollandais raccusërent 
de les avoir sacrifiés. Cet oflTicier général fut mis à la Tour 
de Londres et traduit devant une cour martiale qui l'ac- 
quitta honorablement : il fut cependant remplacé par l'a- 
miral llnssei dans le commandement de l'armée navale. 

Voici ce que dit Campbell au sujet de cette bataille : 
(( L'arrivée inattendue de cette formidable armée française 
dans la Manche jeta un grand effroi en Angleterre et dé- 
cida l'amiral Herbert à prendre de suite la mer avec les 
vaisseaux qui étaient prêts, laissant aux capitaines des 
autres l'ordre de le rejoindre dès qu'ils le poùmdenL Le 
ralliement se fit chaque jour et le commandant en chef 
put bientôt disposer de 34 vaisseaux anglais et de 22 hol- 
landais. Ce nombre ne lui paraissait cependant pas encore 
assez élevé pour livrer bataille lorsque, le S juin, il reçut 
l'ordre de combattre afin d'éloigner les Français dont la 
présence sur les côtes d'Angleterre faisait craindre un 
mouvement jacobite. C'est alors que l'amiral Herbert laissa 
arriver; mais ses dispositions étaient mal prises et les 
Hollandais se battaient déjà depuis une heure lorsqu'il se 
])résenta au feu avec le corps de bataille. » D'après l'auteur 
anglais. Tannée française comptait 78 vaisseaux et 22 brfi* 
lots. 11 prétend aussi que les pertes des alliés s'élevèrent 
en tout cl T) vaisseaux hollandais brûlés pendant la bataille, 
3 brûlés à la (*nte et 1 vaisseau anglais de 70" incendié par 
son propre é(|uipage. 11 dit que 3 nîivires de pèche furent 
seuls détruits à Tinmoulh. On voit que les additions an- 
[glaises sont loin d'être d'accord avec les additions fran- 
çaises. 

La défense des droits de l'ex-roi d'Angleterre Jacques II 
avait déterminé Louis XIV ù envover un secours de 
7,0U0 hommes en Irlande au commencement de cette 




ïl AT AI Ll.KS. — \ 690. «03 

année. Ces troupes, dont le commandement avait été donné 
au comte de Lauziui, avaitM)t pris passage sur 36 Vaisseaux 
aux ordres du lieutenant général d'Amfreville. Cet officier- 
général les avait débarquées à Corke, vers le milieu du 
mois de mars, et il était retourné de suite à Brest. Le ré- 
sultat de cette nouvelle tentative est connu : les troupes 
Irançaises furent défaites à I/unerick. 

Peu de jours après sa rentrée, le vice-amiral de Tour- 
ville reçut Tordre d'envoyer une partie de ses vaisseaux à 
Corke pour recueillir les débris de cette expédition. Cette 
opération ne présenta aucune particularité. 



Dans les premiers jours du mois d'avril 1090, le vice- 
amiral anglais Killegrew reçut Tordre de se rendre devant 
Toulon avec une division angio hollandaise pour surveiller 
les armements de ce port. Assaillis en route par une série 
de mauvais temps, les vaisseaux ennemis firent de nom- 
breuses avaries et, renonr.-înt mon^enianément à remplir 
sa mission, le vice-amiral anglais relâcha à Cadix; il y re- 
çut Tavis que (5 vaisseaux étaient sortis de Toulon. Cette 
nouvelle lui fit reprendre de suite la mer. Le lendemain 
11 avril, ayant appris par les capitaines de quelques vais- 
seaux qui se rangèrent sous son pavillon, qu'une division 
française aviiit été vue dans la baie de Tétouan, sur la 
côte septentrionale du royaume de Maroc, il se dirigea de 
ce côté avec 12 vaisseaux anglais et 5 hollandais. Les vais- 
seaux qu'on avait signalés au commandant en chef de 
Tannée anglai>e étaient, en effet, sortis de Toulon pour 
se rendre à Brest avec le lieutenant général de Chàteau- 
rcnault; voulant éviter, autant que possible, d'être aperçu, 
cet oflicier général s'ét«iit constamment tenu sur la côte 
d'Afrique, mais sans s'arrêter. Aussi, lorsqu'il se présenta 
à l'ouvert de la baie de Tétouan où il pen>ait trouver les 
Français au mouillage, le vict-aipiial killegrew vit-il ses 
espérances déçues; il se mit de ^uite à la recherche de la 




204 BATAILLES. -* 1690. 

division française qu'il supposa avec raison 8*ôtre dirigée 
vers l'Ouest, et il ne tarda pas à l'apercevoir et à la gi- 
gner, la marche des vaisseaux français étant entravée par 
un convoi. Bientôt les vaisseaux anglais avancés n'en 
furent plus qu'à 2 milles. Malgré cet avantage, la diviâoo 
française ne fut pas attaquée; le lieutenant général de 
Gbâteaurenault continua sa route et il arriva à Brest sans 
autre rencontre. 

Les relations françaises disent que le lieutenant général 
de Châteaurenault fit prendre chasse à son convcM, se plaça 
derrière lui et qu'il diminua de voiles pour se maintenir 
dans cette position. Un auteur angliûs (1) trouve cette 
version tellement incroyable^ sinon extravaganle^ qu'il dé- 
clare s'abstenir de toute réflexion (2). L'expression peu 
mesurée de l'historien anglais doit surprendre d'autant 
plus, que voici comment il raconte lui-même cette ren- 
contre : « vers 1^, ils (les chasseurs anglais) étaient à moim 
« de deux miUes de la division française qui semblaU fuir; 
« nos bâtiments mirent leurs perroquets et Us ehaeséret^. Ce 
a fut sans résultat^ car les vaisseaux français sarimieni dm 
pori et avaient leurs carènes propres^ tandis que plusieurs 
a des nôtres en étaient absents depuis 1 7 mois ; il ne$t dôme 
i, pas surprenant que les premiers aient pu échapper* Le 
«c chasse continua jusqu'au jour suivant : ramiral la fU 
« alors lever ; il n avait avec lui que h vaisseaux. Venmemi 
« avait douze milles d^ avance; les Hollandais et un des veû- 
« seaux anglais étaient à la même distance de f arriére (S). • 



(t) Cânpbell. Uvtsof thc Uriiish admirnh. 

(i} There is fomcthiog >o vory improluible, not lo »ay cxlraTa^aat il Uii 
•tory, that ihere wanted notbiii^ but Ihe bistorian's reflectioD to render ît per- 
fecUy riiliculoait. He roocludes this tedioos détail wilb obj^erriog thai lfe« tuy 
eoemy ihemseWes could not but admire Ibe ability aud inlre|iidity of tht etMt 
de Cbateaorenault. Surh flourisheii are so natural to Ibes^e aulbon^, Ikal alWr a 
very few ioiitaDce*, 1 ^ball content myself with a bare relatioa «f lkt«» ma 
leave ibeir crédit to the caodid cons^ideration o( OTery impartial rcadtr. 

(S: About one o'clock, they were witbiD tmo mileit of theFreicll f^itilM 
wbii b appeared to be in tbe run, and tberefore ov i>bip« aet tbdr tip nlJMt 




BATAILLES. — 4690. 905 

Cette dispersion de l'escadre anglo-hollandaise occa- 
sionnée par une chasse en route libre explique suffisam- 
mont, il nous semble, pourquoi le vice-amiral Killegrew 
n*atiaqua pas tt vaisseaux rangés en bon ordre sur l'arrière 
d'un convoi. Je ne vois donc pas en quoi consiste l'ex- 
travagance dont parle l'historien Campbell. Croit-il que 
son amiral eût levé la chasse s'il n'avait eu que des navires 
de commerce devant lui (1) ? 



BATIME!«rrS PRIS. DÉTRUITS OU NAUFRAGÉS 
pendant l'aDii^e 1690. 

A5CLA1S. 

t TiiffM! Coolé à U baUille du tO join. 

• ▼aiiMMi Incendiés À la fuite de U bataille du IOj«in. 

11 faieMaoi Détraiu k Tinmouth. 

FniSLAir» (Tatffteau) Pris à la bataille du 10 juin. 

1 TaliMaoï. . Rrûlén à la bataille du 10 juin. 

ft TatSMasi Détruits à la ^ttite de la bataille. 

■rXAPlTCLATIOH. ' 



9%k%çAin. 



Vai«Mau\. . . 
Bâtiment» inf 
*«rf *. • VaiMMUX. . 

-—- !Bîi;;;;e;:c-.nf: 





Di>iraiL% 






Pri* 


on 


Inc^r *.. « 


TmTAL 


II 


» 


u 


u 


M 


» 


» 


o 


» 


.1 


» 

• 


«1 


II 


m 


i> 


m 


1 


7 


■ 


S 


V 


m 


• 


• 



•aiU and crovded after tbf m. but to little purpo^c , for Ibe Froncb »bip beini; ail 
deaa tbip«, ju.«t corne oui off port, «hereas »oine of our^ b.iYe beeo tetenteen 
MOQlJis off tbe gronnd; it iii no nonder tbey çot rlear them. Tbe cbace «ère 
rottUnued till tiie neit day, «ben tbe enemy mère four le^iues a-bead, and 
Ibe Dutcb and one of tbe Englitb sbipt as macb a stern. UsiMBueb tbat tbe 
ateiral bad witb bin no noro tbaa fo«r tbips, wbicb iadaeod bia lo gtvo ovor 
tbe ebate. 
(1) On lit dans les nemoires de Tov^iUe que l'etcadre eoaoflue élail c«i- 




206 BATAILLES.— 4691. 



AxNiNÉE 1091. 



L'année 1091 fut peu fertile en événements raaritiines. 

Dans rOcéan, le vice-amiral de Tourville sortit de Brest 
avec 69 vaisseaux, dans les derniers jours du mois de juin. 
Ses instructions lui enjoignaient d'attaquer un riche con- 
voi de navires anglais et hollandais qu'on savait être parti 
deSmyrne, et de préserver les côtes de France d'agressions 
({uon soupçonnait les Anglais de vouloir diriger contre 
elles. Cette croisière, qui dura une cinquantaine de jours, 
n'eut pas tout le résultat sur lequel on comptait. Aucune 
insulte ne fut faite an territoire, mais le convoi échappa; 
Tounille rentra à Brest dès qu'il eut acquis la certitude 
de son pass<'ige. Un vaisseau de 50^, la Mahie-Rose, lafré- 
p^ate Constant Warwick et A autres navires de ce convoi 
furent les seules prises de la campagne. 

Diverses croisières établies, plus tard, de l'Irlande au 
détroit de Gibraltar, furent également inhabiles à' inter- 
cepter les convois dont le ministre de la marine avait conçu 
l'espoir de s'emparer. 



\y capitaine Jean Bart, sorti de Dunkerque avec une 
petite division de frégates pour inquiéter le commerce des 
Hollandais dans les mers du Nord, aperçut, le 27 juillet 
au soir, i navires escortds par un vaisseau anglais de 40* 
rt un second de 50. La journée était trop avancée pour 
commencer une lutte que l'obscurité de la nuit pouvait 



lit iiiiiér par le \ico-amiral Papachîn. Cette asMrUoD ne ^att •■tackét #ii- 
^x.irtiluile. L historien angliis que j'ai cilê D*eûl pai pUidè la eaut 4% «■- 
iiianiiaiit en diff. «oniinfl il Va fait, ii\ avait pu l.iisser la respoBMMM 4ê 
relte affaire à un étranger. 




BATAILLES - i69i. 207 

contrarier. Le leDdemain, dès quil fit jour, Jean Barl atta- 
qua le vaisseau de AO"" et le força d*ainener son pavillon 
après une heure de combat. L'autre vaisseau et les navires 
niarchands furent également enlevés. 

Peu de jours après ce combat, Jean Bart rencontra une 
flotte de pêcheurs hollandais. Il enleva à Tabordage deux 
vaisseaux de iO' qui rcscorlaient et s*empara d'une partie 
des navires pêcheurs. 



Le bombardement d'Oneille, celui de Barcelone et celui 
d'Alicante sont les seuls faits de guerre qui eurent lieu 
dans la Méditerranée. 

Le 9 mars, le vice-amiral d'Estrées sortit de Toulon afin 
de seconder les clTorts de (latinat qui assiégeait Ville- 
franche. Cette pKice ayant vir prise le 5 avril, la division 
navale se rendit devant ()neill«\ Le vice-amiral d'Kstrées 
somma de suite la j;arni>^ofi; los canons de la citadelle ré- 
pondirent à cette sommation. Los vaisseaux ri[)ostèrent, et 
des bombes furent lancées sur la ville. In coup de vent 
pré.-^erva Oncille d'mn» (lesuuiiion complète, en forçant la 
division à aller chercher un abri .lux îles d'Hvères. Le 
commandant en chef y reçut Tordre de se porter sur la 
côte d'Kspagne, et de bombarder les villes prin<*ipales pour 
en obtenir une contribution. La di\ision était alors com|>o- 
sée de 4 vaisseaix, 5 frégates, ^ i;aliotes à bombes et 
2r» galèn'S; celle<-ci étaient sous les ordres du chevalier 
deNoailles. Le S juilb-t. le vire-aniiral d l^trées bombarda 
Barcelone; pliirieurs rpiariiers furent incendiés : c'est à 
peine si celle \ille ri[)t).^la. L* escadre, renforcée de S vais- 
seaux et de 10 tartanes, ])rit ensuite la route d'Alicante; 
contrariée par le vent, elle n'arriva que le 22 devant ce 
port. Le commandant en chef sonmia inrmédiatement le 
gouverneur de payer une contribution, sous peine de voir 
la ville rédnii*» '^u cendres. Pmir ti.ule réponse celui-ci fit 
tirer sur les chiUoupes qui portaient les ancres au moyen 




t08 BATAILLES —i691. 

desquelles les galiotes devaient se haler; ces bfttimeDts 
ripostèrent à A^ de l'après-midi. Le feu de la ville fut d'a- 
bord assez bien nourri ; mais quelques bombes firent aban- 
donner les batteries, et, ainsi que le dit le commandant en 
chef dans son rapport, à partir de ce moment, les galiotes 
demeurèrent aussi tranquilles que dans un simple exerdœ. 
Le bombardement continua jusqu'au 2A sans interruption ; 
ce jour-là, l'état de la mer força de le suspendre. Le gou- 
verneur n'ayant pas voulu répondre aux nouvelles proposi- 
tions qui lui furent faites, le bombardement recommença 
et dura jusqu'à l'épuisement entier des munitions; on était 
au 27. L'incendie de la ville était généraL « On peut s'as- 
a surer, écrivait le commandant en chef au ministre, que 
« cette ville, qui a brûlé pendant cinq jours et cinq nuits, 
« est bien châtiée ; et si un pareil exemple n'intimide pas 
« les autres, il ne faut plus espérer de tirer d<i l'argent, par 
u ce moyen, de quelque endroit que ce puisse être. » Le 
châtiment était complot, en effet, mais Alicante ne donna 
pas d'argent. I^ 29 au matin, 17 vaisseaux espagnols, 
2 galères et plusieurs brûlots furent signalés arrivant avec 
des vents d'Ouest; à la côte, la brise soufflût faible de 
l'E.-N.-E. Le vice-amiral d'Estrées donna Tordre aux ga- 
lères de prendre les galiotes à la remorque et fit appareiller 
les vaisseaux. Les Espagnols les chassèrent, mais le len- 
demain on les avait perdus de vue. L'escadre française se 
dirigea sur les Baléares, où elle trouva l'ordre de rentrer 
en France. 



BATIMENTS PRIS. DÉTRUITS OU NAUFRAGÉS 

pendant l'année t69t. 



A>r.LAlS. 



M»* Marik-Rosk Prifie par one escadre. 

1 vai!*^aa de 50* i ,. . .... 

(U»>bTAKT-\VAawicK (frégate). . Pri^e paraae etcadrt. 




BATAILLES. — 1694-1699. 



S09 



RÈCAFlTULATIOir. 



I VaiitMax. . . 
riAJiçAis. . I muaeiiU inf 

iVaift^MOI. . . 
B&UimrU inf. 
EÎu^ls'ini: 





DétnriU 






Pris 


Ott 

naufragés 


loModiés 


TOTAL 


» 






» 


9 






» 


S 






s 


• 






» 


» 






» 


» 






» 



ANNÉE I69S 



Vers le milieu de Tannée 1692, Louis XIV voulut tenter 
on nouvel effort en faveur de Jacques II, qui s'était encore 
réfugié en France. Une année de 12,000 hommes fut réu- 
nie sur le littoral de la Hanche, et le port de Brest reçut 
Tordre de tenir prêts tous les vaisseaux en état de prendre 
la mer; Toulon devait fournir un contingent de 13 vais- 
seaux. Malheureusement le 18 mai, à la sortie du détroit de 
Gibraltar, ces derniers furent assaillis par un violent coup 
de vent qui jeta deux vaisseaux à la côte, sous Ceuta, et 
désempara tellement les autres (|u*ils ne purent arriver 
à Brest avant la fin du mois de juillet C'était trop tard; 
Tannée navale de TOcéan avait mis sous voiles. Le roi 
de France, ayant été informé de la sortie de Tarmée navale 
d'Angleterre, avait ordonné au vice-amiral de Tourville 
de prendre la mer avec les A 5 vaisseaux et les 7 brûlots 
qui étaient réunis à Brest, en lui enjoignant de poursuivre 
les Anglais avant leur jonction aux Hollandais, et de les 
combattre forts ou faibles^ et quoi quU pût en arriver. Cet 
ordre était de la main du roi. Des vents très-frais de la par- 
tie du N.-E. retinrent les Français à l'entrée de h Manche 
I. u 




tiO BATAILLES. — i69i. 

et permirent aux Hollandais de se réunir à Tannée anglaise, 
le 25 mai. 

Quelques mots expliqueront le motif de Tordre envoyé 
au commandant en chef de Tarmée française. Le roi dé- 
trôné, Jacques, avait donné à Louis XIV l'assurance qu'à 
la vue de Tarmée française, plus de la moitié des capiiaines 
et des équipages des vaisseaux anglais se joindraient au 
Français pour combattre ceux qui resteraient fldèles au roi 
Guillaume : de là cet ordre de combattre TeiineiDi fort oa 
faible. Mais Guillaume d'Orange avait eu connaissance de 
ce complot, et il avait fait arrêter immédiatement les capi- 
taines qui Tavaient formé. L'infériorité numérique de Tar- 
mée française depuis la jonction des deux arniées ennemies 
nécessita dès lors l'annulation du premier ordre, et des 
bateaux furent expédiés de Barfleur pour prescrire au com- 
mandant en chef de Tarmée navale de ne pas combattre 
avant Tarrivée des renforts qui lui étaient annonoéa. Ces 
embarcations cherchèrent vainement Tarmée française qni 
était retenue à l'entrée de la Manche par les venta con- 
traires, (:t le commandant en chef, qui n'était pas initié aux 
secrets d'État, dut se conformer aux ordres qu'il avait reçus. 

Le 29 mai, à à^ du matin, Tarmée anglaise, dans la- 
quelle on put compter W voiles, fut aperçue sous le vent. 
Le temps était brumeux et la bri^e souillait faible du S.-0. 
Le <-ap La liaguu, extrémité occidentale de la presqu'île 
du (lotentiii, restait à 21 milles dans le Sud, Le vice-ami- 
ral de Tourville assembla de suite les officiers généraux 
en coiiSL'il : tous furent d'avis qu'il ne fallait pas combattre. 
Le commandant en chrf leur montra les ordres du roi : il 
iir nstaii |)lus qu'à ul éir. Chacun retourna à son bord, et, 
à 10*', TtKuxiile laissa arriver sur Tarmée ennemie qui était 
tn bautiilt', Its amures à tribord, le petit hunier sur le mit. 
Vil s \V 30'", il lit tenir le vent aux mêmes amures que 
reiinrmi, et, clia(|ue chrf d'escafire se plaranl par le tra- 
vers de l'oflicier général (|ui lui correspondait dans la ligne 
anglo-hollandaise, le combat s'engagea k portée de fosiL 




BATAILLES. -- i€M. m 

Voici l'ordre dans lequel les valafleauz français ae pré- 
sentèrent au combat : 



CanoQw 


64 


BourhoH 


•0 


Monartfue 


68 


Aitnable 


60 


Saint- hiuis. . , . 


60 


DtamarU 


68 


Gatliard 


76 


Terrible 


9i 


Merveitieux, . . . 


76 


Tonnant 


60 


Saint-Michel, . . 


6i 


SaHM'Pareii, . . . 


68 


Sérieux 


nt 


Foudroyant. . . . 


68 


Brillant 


60 


Fort 


61 


Henri 


96 


Ambitieux 


76 


Crmronne 


SI 


Maure 


S8 


Courngtux. , . . 


56 


perle 


64 


Glorieux 


84 


Conquérant, , . . 


104 


Soleil Royal. . . 


84 


S4itnt'Phtlippe. . 


90 


Admirable, . . . 


64 


Content 


84 


SouiTram 


70 


lHuftrr 


Si 


M'» lé ri* 


60 


Esctltent, . . . . 


60 


prince 


76 


Magnifique, , , . 


64 


Laurier 


S8 


H'Oi'e 


60 


Entendu 


76 


Triomphant. . • 


94 


Orgueilleux. . . . 



eêpÉUina éê PirriBei. 

— Bfti^vis de Nesmond, eM é'êtmâm. 

— càeTtlier de RéAl». 

— de Laroque Pereui (I). 

— chevalier de Feuquière*. 

— ohetaliw d'AsCreTiUe. 

— de SepTïlIe. 

— de MoDS. 

marqQts d'AinfreTille, lieQteBttt géDérâl. 
c4piUuoe de Septènes. 

— chevalier de Vilar?. 

— de Ferville. 

—' marquis de Blenac. 

— de Reliogaf,cM4*6eaidf6. 

— commandeur de Coabii. 

— ^ de Larongère. 
^ Rochalar (i). 

— SaujoB. 

Barquii de Villette Murtay, liBvlMiaBt |èneral 
capitaiBe chevalier de MoatbrtB. 

— De»auger^. 

^ de Laluzeroe. 

" chevalier de ForbiB. 

— CLàlraumorasI. 

— du Magnon. 

— Dfitnon. 

cumie de Tourville. vice-amiral. 
capitaine chevalier d'IntreviUe. 

— de Bfaujeu. 

— chevalier de Sainle-Maare. 

— marqgif de LâBgeron, chef d'e»f adre . 

— de r.ombet. 

— Devrv. 

» Duriv«ult Hael. 

— de Bagofui. 

— narqui* de Co<*llogoB, chef d'etcidre. 
~ chevalier d'Hfr^ault. 

— chf^alifr de Chalaii. 
de Riroui. 

— de Machault BelflMBl. 

— CourboD Blenac. 
Gabaret (Louit/ lieutenant gèBèral. 



^t Laroque Percier d aprè* MM E. Sue et de LapeyrooM, Hittoire de In 
tnarine françat*r. 

ti) Laroche £«aard d'aprè« let meoMiret de ToQrrille. LarBqse EbmH *•!•« 
MM. E. S«e et de l^peyroa«e Hutoire de la marine fir^nfHit, L'ofdMfnifht 
qie )*adopt« e^t celle de la »iKi>aliire -^a '-«m^fp^^ant 4b HÔmré. 



âià BATAILLES. — 1692. 

76 Fier capitaine de La Harteloire. 

58 Fleuron ^ cbeTaliar de MoBtgOB. 

64 Courtisan ^ de Colbert Saint-lUn. 

54 Vermandois, ... — chevalier de Léry. 

84 Grand — Pannetiery chef d'eicadn. 

74 Saint-Esprit. . . — de LagaliasoDoièn. 

64 Sirène — Daqieroe MosDÎer. 

Ed toat 45 Taisseanx (1). 

AlHti ARCLO-IOLLAHDilSB. 

Escadre blanche ou avant-garde. ^ HolUodtif. 
Yao AUemoDde^ amiral [t). 
Callemberg, Tice-amiral. 
Yao Dergoeiy contre-amiral (S). 

Canoiii. CtDoiif. 

IKomcwiLHEH. / Gabsteilaii]». 

Branduoic. \ RipraaiiA. 

PaiNTz. M) \ SiATiBiorr. 

PaiKTZESs. ( Boom. 

90 ZCELARD. ( ESTWODT. 

86 Castkl Medeublick. ) RiDiMcasiAP. 

i Bescbirmcr. . I Paisn Casixhib. 

I CaPTAIR CElfERAL. ( FaiftlA. 
76 7 PaOTUITZCN. 68 NORTI R0LLA3lft. 

74 ErSTE EdCLE. / GCUHERLARD. B. 

iNuRlCKERDAH. ( HaERLER. 

Geldelrard. a. 1 Zeala.'vr. A. 

Stadt Muydem. 46 < Leyde5. 

I Tercoes. j Amstkri>ar. 

{ Delft. f Velew. 

51 Stadde.n la.*«d. \ Maecht vax Dort. 
50 Mererblice. 63 Yere. 
Si vaisseaux. 
14 (régates oa brûlots. 

Escadre rouge ou corp* de bataille. — AosUùs. 

Hooorable Edouard RosmII^ amiral. 

Sir Ralph Délavai, vice -amiral. 

Sir Cloudesley Shovel, cootro-amiral (4;. 



yly M. LéoaOuérin, Uiftoit-e de la marine française^ ajoute deux faiiscui, 
le Pr^ritfus, capitaine d'ilervault, et ÏAnlent^ capitaine chevalier d'Amfre- 
ville. Iji relation olHcielle ne parle pas de ces vaisseaux et elle donne na che- 
valier d Arofreville le commandement du tlniflard. Je dois dire cepenëanl 
qu(^ le nom du capitaine d Hervault »e trouve dans cette relation. 

^i} Elmonde. contre- uiiiiral, selon MB. E. Sue et de LapoyronsOi Htdoimlr 
tu mariw* franraise. 

(5; Campbell, lÀves of thtf British admirais. — Berkley^ The noM/Aûfory 
of Britam, dit Soutbv Nacht. 

(4) Claudesly Sowhel .-c'an M. E. Sac.. Histoire delà marine 




BATAILLES. — 1 692. 

Canons. 



21.1 



too 



90 



Rot AL William. 


80 


1 Breda. 

1 DEYO!«!»aillE. 


LONDON. 


Griat-Bkitaiii. 




1 Cambridge. 


Saikt-Akdriw. 




L Ketit. 


Royal Sotirsicii. 




1 SwirrsuRE. 


Saiht- Michel. 


70 


< HAMrtOif's COURT 


Saxowicm. 




j Grapto.x. 


Royal Catikiiiiii. 




1 RETARUMEVlIfT. 


• 




\ Eagle. 


Elixabiti. 




/ RURY. 


BuiiroRD. 




1 OxroRO. 


CAriAllV. 




1 Saitt-Alra^s. 


LiKitox. 


M 


/ Grcexwicr. 


ROPERT. 




1 Cm ESTER. 


York 




f CE5TURI0N. 


Flymoutr 




l Bo5A0YE?m'RE. 



70 



60 



SI TâiMOtU. 

Bêcadre bleue ou ar r iè re-garde, — ÀRgltif. 

Sir John Ashby, aminl. 
George Rooke, rico-ftmirRl. 
Riehiril ('.;irtfr, contre -tniiral (I). 

Canoot. 

too ViCTORY. 

Alrermalk. 

WlICMOR CaKTLK. 
NEPTtTIE. 



Canons. 



74 



7i 



VaJ«€OARO. 

DCKSiS. 

OsftORY. 

Ddxr. 

CoRKOOAiLLRIt. 

/Royal Oak. 
Resolotioii. 
experitio!!. 
northcmrerland. 
Bbrwick. 
Dehauce. 
Warsnte. 



MoxMiitrru. 
Ekard. 

Sterling Ca^tle. 
SirroLk. 

E^»EX. 

E»rERA^CK. 



60 



Si YRifMAU. 

tS frégalei oa Mlolt. 



MoilR. 
Ll05i. 
MO-TfACO. « 

Drearxoocrt. 

woolwich. 

Cratam. 

Deftort. 

Aryice. 

Aryextcrb. 

Crowiv (1). 



La t>ataiUe s'engagea dès que, de part et d*autre, od 



(t) Boiamèlé, Histoire générale tie ia morime, écrit Caater; M. Sm. Hift. 
fie ia marime framçaise, Cofter. 

(2) Cei 97 TattMRttt «uni riiès pjr Campbell et Berklef La r^lalîoo (marRlH 
4tt cofOtdRBt qa'oR n en complR (|ue Vt. 



214 HATAILI.es. -1692. 

jngeala distance convenable. Lorsque le lieulenant général 
d'Amfreville se fut placé par le travers de l'amiral hollan- 
dais, le chef d*escadre de Nesmond fit forcer de voiles à 
sa division jusqu'à ce que le Bourbon^ qui en était le chef 
de file, eût atteint le travers du premier vaisseau hollan* 
dais, afin que l'avant-garde ennemie ne pût doubler la 
ligne française à cette extrémité. Cette manœuvre empê- 
cha en effet Tamiral hollandais «rexécuter Tordre qui lui 
avait été donné de virer dès que quelques-uns de ses vus- 
seaux pourraient passer au vent des Français, mais elle 
distança quelque peu les deux premières divisions de 
l'avant garde. Du reste, le soin pris par le chef de chaque 
escadre de se mettre à la hauteur des vaisseaux des ami- 
raux ennemis, établit un vide assez considérable entre la 
première et la troisième, la première et la deuxième esca- 
dre, puisque le nombre des vaisseaux anglais et hollandais 
était plus que double de celui des Français. Un întenalle 
plus ^rand encore existait entre la première et la troisième 
division de l'arrière-^arde parce que cette dernière n'avait 
pu se mettre en ligne en même temps que les autres. Vers 
2% le vent adonna de S (|u.irts en passant au N.-O. Le 
contre -amiral Shovel en profita pour couper la colonne 
française sur l'avant de la troisième division de Tarrière^ 
garde (1). Cette manœuvre lui permit de mettre le corps 
de bataille français entre deux feux. A 7% le vent étant 
complètement tombé, le contre-amiral anglais mouilla une 
ancre. La confusion devint alors générale. Les vaisseaux 
se trouvant abandonnés à Taction du courant, Français, 
Anglais et Hollandais se mêlèrent sans aucun ordre. Sur 
quelques points, c'était un combat corps à corps: sur 
d'autres points, une simple canonnade. Chacun oiouiUaou 



(1 . MM. E. Soe et (le Lipeyrnu«f>. Ni^roirf. (h h manne françaùe^ disctt ^ 
I e fut reMraire bleue, forte <le r».*! v:ii><eaiii, qui nmpa la ligne. (^ romaai- 
liant en chef de l'armc" ennemie a érrit qu'il avait eu d'abtrd la penM» qM 
cette mantruTre avnit v\v fiito p.-ir l'e-radre bleue maU qn'elle de^ûlêlrt at- 
tribuée au rontre-.iniir.il de la roupie Je le répète aprt^ laî. 




BATAILLES. - 1692. Îi5 

^ ihmh aller bù dérive à sa convenance ; toas les vaisseaux 
de Tavant-garde française laissèrent tomber Tancre. Les 
choses restèrent dans cet état jusqu'à 8^ SO*; une brume 
épaisse fit alors cesser le feu de part et d'autre pendant 
une heure; le brouillard reprit encore plus tard; à lOV il 
ne permit plus de rien distinguer. Le corps de bataille avait 
été le but principal des navires incendiaires de l'ennemi, et 
le Sofeil royal avait été accroché par 6 brûlots. Les Français 
n'avaient cependant pas perdu un bàiiaient dans cette 
horrible mêlée. Un des vaisseaux ennemis avait été coulé ; 
an autre avait sauté. 

Telle fut, à proprement parler, la bataille dite de l{k 
Hougue, bien que le cap de la pœsqu'lle du Cotcntin dans 
le voisinage duqôel elle fut livrée se nomme la Hague (t). 
Nulle bataille n'eût été plus glorieuse pour la marine frao 
çaise, ai elle n'eût été suivie de plusieurs journées désas- 
treuses. A5 vaisseaux français avaient, en effet, lutté 
pendant douze heures contre 97 vaisseaux anglais et hol- 
kndais et 87 frégates et brûlots. 

Le lendemain 30, à 1* du matin, le vent s'étant élevé 
à rB.-N.-E., le vice-amiral de Tour\ille fit le signal d'ap- 
pareiller. La brume et le grand éloignement des vaisseaux 
empêchèrent d'apercevoir ce signal et 8 vaisseaux seule- 
ment exécutèrent cet ordre. A 7^, 35 avaient rallié le 
commandant en chef: 6 s étaient dirigés d'abord sur la 
Hougut avec le chef d'escadre de Nesmond et ensuite sur 
Brest, ainsi que S autres qui avait'nt fait route pour ce port 
avec le Heulenant général Cabaret. Le^^ Français étaient à 
• milles au vent de l'ennemi ei bien que celui-ci les chas- 



1 Cellf bataille eut deui pba«e!t, ain«i qu'on le verra bientôt. Le premier 
!• m prtnd dras*, ti l'oa pe«t «'eiprtmer atMi acte qui fon*tîtue réélit- 
iK«l la t>alaillc, et lUn» lequel iei Fran^ai» earviii U ïftAU r^éC, »• paiMi «ik 
prè* du cap U Hafiue. 1^ »econd acte, qui oe fut pa» une bataille et dan» leoo«l 
a l'y evl l éi a pM dt cMnWt. w^mh q«i fut lool à n«tre dé«avafil.-if e. etit iiev 
iMM le cap U Uoufue. Nu« t ooemi* ont c«ai|>ri* U MmM ««Mi la iici>«uin n <iii M 4e 
WlAilte de la Hougue c-t l'on a adopte en Fraocr rette «l^nomination ronuDmie. 



216 BATAILLES. — 1692. 

sât, ils eussent pu espérer n'avoir plus à le combatire, >l 
le Soleil royal, dont les avaries étaient très-graves, n'eût 
retardé les autres vaisseaux. A 6^ du soir, la force da cou- 
rant obligea tous les vaisseaux à laisser tomber Fancre 
devant Cherbourg ; le commandant en chef passa alors 
sur Y Ambitieux. A 11% l'armée navale remit sous voiles 
et se dirigea sur le raz Blanchard ; 20 vaisseaux réusurent 
à atteindre Saint-Malo ; le renversement de la marée fit 
mouiller les 15 autres; mais leurs ancres ne tinrent pas, 
et ils furent entraînés dans le Nord et sous te vent de l'ar- 
mée ennemie. Le commandant en chef fit entrer le 5oleii 
royal, Y Admirable et le Triomphant à Cherbourg et il 
mouilla, le 31 au soir, à la Hougue avec YAmbiiieux^ le 
Slerveilleux^ le Foudroyant^ le Magnifique^ le Saini^Phi^ 
lippe, le Fi>r, le Fort^ le Tonnant^ le Terrible^ le Gail^ 
lardy le Bourbon et le Saint-Louis, 17 vaisseaux anglais et 
hollandais et 8 brûlots s'établirent devant Cherbourg avec 
le vice-amiral sir Ralph Délavai. Après avoir fût caDonner 
le Soleil royaU Y Admirable et le Triomphant par ses petits 
vaisseaux, cet officier général chercha à les incendier avec 
les brûlots. Le Soleil royal et le Triomphant furent accro- 
chés et brûlés. Le capitaine de Y Admirable fit couper ses 
câbles et jeta son vaisseau à la côte. La canonnade fot 
alors dirigée de nouveau sur lui. L'Admirable fut abaiH 
donné ; il fut incendié par des embarcations enneoiie& 

Après avoir vainement poursuivi les vaisseaux qui fai- 
saient route au Sud, le commandant en chef de Tannée 
anglaise se dirigea sur la Hougue. Dès qu'on raperçot. le 
vice-amiral de Tourville convoqua le conseil de guerre. 
On y constata l'impossibilité de sauver les vaisseaux, 
même en combattant, et il fnt décidé qu'on les mettnût an 
plain et qu'on tâcherait d'empêcher lennemi de les dé- 
truire. En conséquence de cette délibération, 6 vaisseaux 
furent échoués sous le fort de l'Ilet et les autres sous le 
fort de la Hougue. On travailla immédiatement à enlever les 
vivres et les approvisionnements ; mais, le 2 juin an soir. 




RATAILLES.— 169S. M? 

et avant que cette opération eût pu être terminée, une 
flottille de 200 embarcations auxquelles on ne put opposer 
que 12 chaloupes, vint incendier les 6 premiers vaisseaux ; 
les autres eurent le même sort le lendemain. 

L'amiral Russell retourna en Angleterre avec Tannée 
combinée, laissant l'amiral Asbby avec 12 vaisseaux anglais 
et hollandais à la recherche du reste de l'armée française. 
Le mauvais temps fit rentrer cet officier général en Angle- 
terre peu de jours après. 

Le désastre de la Hougue causa une consternation géné- 
rale en France, et pendant le reste de l'année on se borna 
à faire une guerre de course et d'escarmouches qui troubla 
cependant beaucoup le commerce des Anglais et des Hol- 
landais. 



BATOIENTS PRIS, DÊTRUrrS OU NAUFRAGÉS 
p«n4tnt ranné* leM. 

164* Sùteii-Royai Détniil à Chtrbovrg. 

90 Admimbie Détrail k Cherbovrg. 

•4 Saimi'Phiiippe 

•t Fomdroyani 

ifo^m^. • • • I DétmUà U Hoi««e. 

Terrible 

< Triomphamt néCnûtàChtrbovrff. 

U Gaillard \ 

•* ST'^TL* ? DélmiU à U HoQieae. 

i Stunt'Umu i ^ 

•• I Fort J 

AX6UUf. 

I TaiiMM SaatéàUtounUdaUHacM- 

ttOLLA3(»Alll. 

1 TaifMM Co«lé à U Ulaillt U la H«ffi«. 




2t8 



BATAILI.RS. —1699-1693. 



bAcapitvlatiok. 



FRANÇAIS 



iOiALAlli. 



HOLLANDAIS. 



( TaiMeaox. . . 
\ Bàli«eils lût. 
1 Vaiii{ieaax. . . 
i Râlimeau iaf. 

{ Bàlimenta inL 





Mmiii 




. 


PriM 


00 


iBctaditt 


MAL 




Naiifngéfl 






» 


15 


• 


ts 


• 


» 


• 


■ 


w 


» 


1 


f 


» 


» 


• 


• 


» 


1 


» 


1 


» 


• 


» 


V 











ANNÉE 



«F* 



Il n*y eut pas de bauûUe na?âle pendaiil TsMiée 10OS: 

la marine fut exclusivement employée à molester le com- 
merce des ennemis. 

Le 26 mai, le maréchal de Tourville sortit ds Biwt nm 
71 vaisseaux et 20 bâtiments légers ou brûlots, afio d'in- 
tercepter un convoi deiUO navires du commeraaqse Ym 
s:ivait devoir quitter les ports d'Angleterre pour se rendre 
dans la Méditerranée •.!). Ce convoi était «oorté par 
23 vaisseaux aux ordres du vice-amiral anglais sir Gooi^ 
Rooke et du vice-amiral hollandais Van Dergoes. L'année 
navale mouilla, le à juin, à Lagos, port sitné sur la cAte 
méridionale du Portugal. Les éclaireurs placés an laige 
pour sur\eiller le passage du convoi le signalèrent te S6aa 
soir. L'arméi; ap|)areilla de suite ; mais les renseignements 
donnés par les capitaines des découvertes étaient si peu 
précis, que le commandant en chef crut devoir attendre la 
nuit pour se porter à sa rencontre. Le vent soufllait da 
N. O. Le lendemain au jour, l'année mit en panne et les 



(|| Berkiey, The navul hi.ttory oi Britain. 




BATAILLES. —1IW3. «19 

capitaines forent appelés en conseil. Des coaps de canon 
répétés indiquaient le voisinage de Tennemi: le convoi fol, 
en effet, bientôt aperçu courant vent arrière. A H\ le 
lieutenant général Gabaret reçut Tordre de le poursuivre 
avec les 22 meilleurs voiliers; peu de temps après, le si* 
gnal de chasser fut fait h toute Tarmée. Le convoi fut 
promptement joint, mais l'attaque fut quelque peu retar- 
dée par sïiite de Tordre que donna le lieuten<int général 
Galiaret de fornier la ligne de bataille. Celte précaution 
était d'autant n)oins nécessaire qwe Tamiral anglais, n'ayant 
pas l'intention d'accepter le combat, avait pris chasse avec 
le convoi; il n'y eut que quelques engagements partiels 
et isolés *2 vaisseaux hollandais furent attaqués et captu- 
rés par les vaisseaux des capitaines Paunetler, Devry et 
jiar celui que montait le lieutenant général Gabaret. \ vais- 
seau anglais amena aussi son pavillon. Le commandant en 
chef de Tef^cadre légère l>orna lA son attaque; il mil en 
panne pour attendre le retour dune embarcation qu'il avait 
envoyée au commandant n rhef ; le convoi s*éloigna pen- 
dant ce temps. Les capiiaines de Belile Erard et Du- 
cbailard du Saint-Eaprit et du (muiuèrant ne crureut pas 
devoir imiter la manœuvre du liiMitenant généra) Gabaret; 
ils poiirsïiivirent renneuïi toute la nuii, rombatiant les 
bâtiments de guerre et capturant les navires du commerce 
qu'ils |vouvaieijt atteindre. Le i8 au matin, le commandant 
en chef leva la chasse, rallia tousses vaisseaux et se dirigea 
sur Cadix (1). Les navires du convoi se réfugièrent dans 



li L««» hi<>ionrr)« m* «unt |)«^ d'arrord .«ur U 4ata df cet anitafêBfiil. Sai- 
▼â«l Burrhrtt, lh^U>ry af Ihr m'ut rfmarkn^tle tranâO' ttoHM ai tta. it ai- 
mit au lifu \r \H juin; le 16 d'apra* l>»Aqur kfnnfl, C'mitieat Ai»/om/ «/ 
Kmff/ttmd. Sr«iD de Ouiocy, daoi loy Ht*tfne miitltinf c/u if^tf </<• 
l/)mtt \t\\ la plara le t7. |k>i#iné!e, !ii%f trr yuâuie at ia marim^, dùù%% 
U même dale. Tourulle, dan« ttp uroiuiri'», dit que ce tut le iS. Ici ■ou» trva* 
voim d\% our« d'inlarvallf entre le» dai4*» fraDi 4i«e» et te •> date» as^Ut»€* L'a 
lii*Urien aoclai* dit que le jour t^ui mu^h It* • 'inb-it rlAil oa Mniedi. D'aprft 
CUmpbeit. le \H juio 169S lomhait un ^«niedi. 4.ette «fâiie Atraii doAC eu lien 
le 17, dale aof;laii»a. 



220 HATAILLËS.— 1693. 

les ports qu'ils purent atteindre ; 60 firent route pour Ma- 
dère avec l'amiral. 

Les capitaines Glanié et de Blénac furent détachés, le 29, 
pour brûler 3 navires qui s'étaient échoués entre le fort 
Santi-Petri et Cadix. Le même jour, le lieutenant généni 
de Châteaurenault fut dirigé sur le cap Spaitel. De aoo 
côté, le chef d'escadre de Coêtiogon réussit à détruire 
à navires qui s'étaient réfugiés à Gibraltar et à en eomieDer 
li; il coula aussi 1 vaisseau hollandais. PoarsaÎTant sa 
course vers la Méditerranée, le maréchal de Toorville se 
présenta devant Malaga, le 21 juillet, et y détruiût encore 
5 navires : l'un d'eux était une frégate anglaise ; il se ren- 
dit ensuite à Toulon. 

Cette affaire n'eut pas toute la réussite qu'on pouvait 
attendre d'un armement aussi considérable; il coûta ce- 
pendant à l'ennemi: A vaisseaux, 1 fr^ate et 90 navires do 
commerce, sur lesquels 61 furent détruits (1). 

Le vice-amiral d'Estrées, qui faisait le blocus de Roses, 
devait rallier le maréchal de Tourville avec 22 vaisseaux. 
Mais, après la capitulation de cette place qui fut signée 
le 10 juin, le vice-amiral d*Estrées avait passé le détroit et 
la jonction n'eut pas lieu. 



Le jour où le cabinet de Saint-James arrêta le plan d'une 
campagne de dévastation sur les côtes de France, Saint- 
Malo ne pouvait manquer d*étre un des premiers et des 
principaux buts qu'il désignerait à ses amiraux. Les An- 
glsds avaient, en effet, dans les Malouins des ennemis de 
toutes les époques. Ils n'avaient pas oublié que le roi 



(t) Forbio, dans Mt Mémoires, dit t vaisseaox etSO MTÎrtt; BcioUlè, 
HUtoire générale de la marine, t TUMeaiu et 7t MTirM ; M. Eig. Sm, Bi»" 
toire (te la marine, t Tai»Maax et tt5 Davireit; M. de LapeyreaM, HùMrw éf 
In marine française, i vaUMaax et 70 Dafires. Le chiffre ^M f ai 
e.tt emprunté aux relationii aDglaisen. Celleit-ci éfalneat la perle à t 
«terlîDg (t5 millioDii de fr.K 




BATAILLES— i 693. Ml 

Charles VII, les remerciant par ordonnance de 1A25 d'a- 
voir fait lever aux Anglais le siège du mont Saint-Micbd 
et de les avoir battus, leur avait rendu le témoignage de 
s'être toujours montrés entièrement affeclUmnés à la cou- 
ronne de France et malveillans envers no$ anciens ennemiz 
et adversaires les Anglais; pour lesquelles causes et autres 
dommaiges quils ont faicts et font chaque jour contre nosditz 
ennemiz^ au lieu de nous et de notre seigneurie^ iceux enne- 
miz les ont en haine morteUe. Ces paroles du prince qui 
chassa de France l'étranger étaient comme une prédiction 
du duel acharné dans lequel, pendant les siècles suivants, 
Anglûs et Malouins se cherchèrent et se prirent tant de 
fois corps à corps. A Tépoque où nous sommes arrivés, 
Saint-Malo était le refuge de hardis corsaires qui ne ces- 
saient de harceler la marine de nos voisins d*outre-Manche 
et fusaient le plus grand mal à son commerce. Détruire les 
fortifications de Saiut-Malo et rendre son port impraticable 
était une œuvre digne d'appeler l'attention du gouverne- 
ment anglais. Cette entreprise devait offrir d'autant moins 
de difficultés que les observations de Vauban sur l'impor- 
tance de cette place iravaient pas encore été écoutées, et il 
n'était pas possible de repousser une attaque régulière. 
Cette faiblesse de la défense, les Anglais ne la soupçon- 
naient probablement pas, et ils s'arrêtèrent à un genre 
d'attaque qui pouvait avoir de grands résultats sans expo- 
ser beaucoup d'hommes. Un brûlot de grande dimension, 
auquel on donna en France le nom de machine infernale^ 
devait être employé dans ce but. C'était un navire de 
S50 tonneaux, maçonné à Tintérieur et rempli de poudre, 
d'artifices et de matières inflammables. Une escadre an- 
glaise de 12 vaisseaux, à bombatdeset 10 brigs, sous les 
ordres du commodore Bembow, parut devant Saint-Ma- 
lo (1). Le 27 octobre, l'ennemi fit un débarquement sur 



(1 ) Cuipbf 11, Ut^M ofthe Bnlùh admtrtUs M. Bao^f . tfaii iB u^U paMst 




288 BATAILLES. --4693. 

nie de Cézambre qui avait pour tout édifiée ua coavem 
de Récollets : les Anglais le brûlèrent, puis, le 2S et le fi>, 
ils lancèrent des bombes sur Saint-MaJo. Le S novembre, 
la machine infernale fut lancée contre les murailles. Uû 
Saint-Malo ne devait pas succomber sous une semblable 
aUaque; le brûlot s échoua avant d'atteindre le bat et ii 
fit peu de dommages. Voici ce que dit le dnc de fA^^iinot 
qui commandait la place. « Le 3 novembre, à 7^ du soir, 
H lorsqu'on y pensait le moins, il se fit une décharge du 
tt canon du rempart. Inconliuent après, tout Saim-lblo 
(( paraissait en feu ; toute la ville fut ébranlée ; on enteo* 
« dit le tintamarre le plus horrible, semblable à un coup 
« le plus épouvantable de tonnerre. Partout il tomba une 
(i grêle de clous, de chevilles de fer, de câbles, de bois 
u de navire. Tout trembla. Chacun crut sa maison écrou- 
u lée ; chacun chercha dans son logis en quel endroit élaii 
u tombée une bombe. La grande porte de Téglise, mise 
tt en morceaux, arracha ses gonds et les pierres qui les 
u tenaient. Ou ressentit la commotion à Chftteauueuf ei 
« u Plaubalay (12 kilomètres de distance). C'était kma- 
« chine anglaise qui éclatait; elle était dirigée vers la tour 
u de la poudrière; mais le vent tourna, et la Providence 
(( prenant en main le gouvernail, fit échouer le brûlot sur 
(( la roche Malo; il s'y creva, se renversa sur le côté; 
u une grande partie des poudres se mouilla ; le reste pro- 
<( duiâit son principal effet sur le fond de la mer. Le brûlot 
« ctait un grand vais:j('au à trois ponts qui ne tirait que 
(( 7 pieds d'eau : ayant éclaté plus tôt qu'on ne comptait, il 
(( ne lit périr que ses conducteurs (i). » — «Les dem 
u tiers de la ville furent ébranlés et toutes les rues furent 
(( un moment pleines de tuiles et d'aidoises. L'effet qui 



liit li vaisTam. Hoismèlé, Histoire Qénérah ttr In marine, prètearf qv'îl y 
avait S5. M.df Laprvronse, fliKtoiretlt» ta ninrri^ pnnçtine, porte àSÎ ItM 
bre des vaisseaux sou» l'amiral Sbovel. 
fi) Ârrhir^s tî» hi ffuerr*'. lottre du duc de Chaulnêi^ la 1* déc«bw 1 




BâTAILLES.— ttiS. 

tt parut le plus surprenant fut que tous les remparts furent 
a couverts d'eau de mer. Nous avons trouvé sur le rivage 
tt un reste du vaisseau qui a sauté. On a déjà compté 
« 230 bombes qui n'ont point agi (1). » Le commodore 
anglais se retira fort peu satisfait du résultat de son expé- 
dition (2). 



Pendant que Tescadre anglaise se tenait sur les côtes de 
France, le capitaine Jean Bart sorti de Dunkerque au mois 
d'octobre, avec S bâtiments, se porta sur les côtes d'An- 
gleterre, fit un débarquement dans les environs de New- 
castle, brfila SOO maisons et retourna en France avec 
11 pris^. 



BATIMENTS PRIS, DÉTRUITS OU NAUFRAGES 
pendant l'année lft9S. 



ANCIAIH 



Tir CAVMincft Naufragé à Gibraltar. 

I MfftU. . C««lé« à Malifia. 

Suawn, koabarde. . . Sombrèe à Gibraltar. 



I vaiMêao. 



HULLA.'VUAi.H. 

Coule a Ctibraltar. 

atCAriTDLATlOII. 



~'*^- • î BilinenU inf. 

-....- 4 Vaiféeama. . . 

^*"*^*- • • î BAtimenU inf. 





DHmiU 






Pni 


ou 


liictadtÉ» 


TOTAL 


• 


» 




m 




» 




» 




t 




1 




f 




1 




1 




1 




1 




• 



fi) knfn l«!tf« eu éwt éè Cliatinei. 

(•i Vê^iéê im nïêùQBê aa|lii*ta. It bo a fcêfi tt at de Saint Mal» attMil 
ta beu le 16, le 17 et la tS juin ; le navire incendiaire aurait élr lance contn 
!•• Muraillef la 19. 



224 BATAILLES. *-i 694. 



ANNÉE 1694. 



Dans le courant du mois de juin, le capitaine Jean Bait 
fut envoyé dans la mer du Nord pour protéger Tarrivée 
d'un convoi de blé. Sa division était composé des vaisseaux 
le Fortuné^ le Comle^ le Maure^ le Mignon^ YAdroU et k 
Gerzey. Le 29, il eut conniûssance de 8 bâtiments de guerre 
hollandais qui semblaient escorter un grand nombre de 
navires du commerce. Ayant acqub la certitude que c'é- 
tait précisément le convoi à la rencontre duquel il avtit 
été envoyé et qu'il avait été arrêté par les Hollandais qui 
élsûent en vue, il se décida à attaquer ces derniers. Jean 
Bart rangea ses bâtiments dans l'ordre ci-dessus, donna 
un équipage provisoire à la flûte le Portefaix qui suivait 
la division et prescrivit au lieutenant Labruyère qu'il 
nomma à ce commandement de prendre poste dans la ligne. 
La division ennemie se présentait camme il suit : Psikcesse 
Emilie, Oudenârde, Offer Stelungh, Pbincr de Fuse, 
Staoenlând, Zeereepe, Bescuermers, Ville de Flessirgue. 
Le Fortuné aborda la Princesse Emilie, mûs ses grapios 
ne tinrent pas ; le Comte réussit mieux et enleva ce bâti- 
ment. Le Mignon manqua son abordage, y revint, réussit 
et se rendit maître de son adversaire. V Adroit aborda 
également son antagoniste *, mais ses grapins ayant rompu, 
ce bâtiment fut pris par le Fortuné. Le Gerzey ne put réus* 
sir à aborder la Ville de Flessingue. Les Hollandûs, 
ellVayés de la brus(]uerie de cette attaque, s'éloignaient 
sous toutes voiles; les avaries du Maure ne permirent pas 
de les poursuivre, 30 navires du commerce furent con- 
duits en France avec les trois prises. Le capitaine Jean 
Bart reçut des lettres de noblesse à la suite de cette affaire. 




COMBATS PARTICULIERS.- 1694. fl5 

Les Anglais profitèrent du moment où les priocipades 
forces maritimes de la France étaient concentrées dans la 
Méditerranée pour mettre à exécution les projets de des- 
truction qu'ils nourrissaient contre les ports de France. 
Le 17 juin (1), 27 bitiments de, guerre commandés par 
Tamiral Berkley mouillèrent devant Camaret 10 à 11,000 
hommes de troupes embarquées sur des transports furent 
débarqués le lendemain dans la baie même, à la faveur du 
feu de 2 vaisseaux, 3 frégates anglaises et 3 frégates bol- 
kodaises. Les 800 premiers hommes qui touchèrent terre 
furent repoussés, et toutes les embarcations se trouvant 
échouées par suite du retrait de la mer, il ne leur fut pas 
possible de se rembarquer : presque tous furent tués par 
des paysans. Cet échec découragea l'amiral anglais, et, le 
19, il remit à la voile pour l'Angleterre. Cette expédition 
avait coûté aux Anglais et aux Hollandiûs 700 hommes 
tués, blessés ou faits prisonniers, en outre de AOO tués ou 
blessés à bord des bâtiments. Une bombarde avait été 
coulée et la frégate hollandaise de 30* Teesep, qui s'était 
échouée, amena son pavillon (2) . 



Au mois de juillet, l'Angleterre essaya de réparer, en 
bombardant quelques villes maritimes, l'échec qu'elle 
avait reçu devant Camaret, le mois précédent. Ses bombes 
brûlèrent la place de Dieppe qui était alors presque en- 
tièrement construite en bois; mais elles ne firent pour 
ainsi dire pas de mal au Havre qui fut attaqué après 
Dieppe. 

Au mois de septembre, l'amiral Cloudesley Shovelprit 
la direction des opérations contre les ports de France* Cet 



(I) CaBpbell, Lives of tke Bntùh admiratt^ place celle affairt . ee«i»e 
iMlM cellet ^tt'il rapporte, dii joart plu lAl qte ae le faîl la rt lalioB fraaratoe. 

(1) Voir, poir plos de déUiU, VHiHoirt de ta ville el dm port de BrttI, 
HT P. UtoI (t. Il, p. kO-U). 

I. 15 



2M COMBATS PARTICULIERS. - i6»4. 

oflicier général fit lancer contre Dunkerque des ■•rhinp'T 
incendiaires qui furent sans effet. Il bombaida ensuite 

Calais. 



Au commencement du mois de mai 1691, le maiéchal de 
Tourville sordt de Toulon et se dirigea sur la c6le de la 
Catalogne avec l'armée navale qu*il commandait ; il y fut 
rallié par une division partie de Brest avec le Beatenant 
général de Chàteaurenault. Il avait ordre de seconder ks 
opérations du duc de Nosdlles dans ce pays et, en même 
temps, de s'opposer aux tentatives que rennend poumit 
faire dans la Méditerranée. Une partie de la Catalogne 
était conquise et la campagne allut être terminée par la 
prise de Barcelone, lorsqu'on apprit l'entrée d'une armée 
navale anglo-boUandaise dans la Méditerranée. L'amiral 
Russell faisait route, en effet, pour Barcelone, avec une 
partie des vaisseaux qui opéraient sur les cdtes de France. 
La saison paraissant trop avancée pour entreprendre le 
siège de Barcelone dans de semblables conditions, le 
maréchal de Tourville reçut l'ordre de rentrer à Tooloo. 



La frégate de 30"* la BouffontUt capitaine Laroche Ve- 
zansay, était partie de La Rochelle pour escorter la flûte 
ïl^spérance qui portait des approvisionnements à Cayeane. 
Favorisés par le vent, ces deux bâtiments arrivèrent en 
quelques jours au point qui avait été fixé pour leur sépa- 
ration, et la frégate fît route pour rentrer au port. En pis* 
sant à rOuest, le vent, d'abord contraire, fit espérer an 
capitaine Laroche un retour aussi prompt que l'avait été 
hi première partie de son voyage. Mais une telle chance 
eilt été un grand hasard, vu le nombre considérable de 
cioiseurs que l'Angleterre et les États-Généraux entrete- 
naient dan« le golfe de Gascogne. Le 28 octobre, au point 
du jour, 6 bâtiments furent aperçus, mais la brume les 
OUI bientôt soustraits à la vue du capitaine de la frégaie 




COMBATS PARTICULIERS. — 4694. iTT 

française. Le temps s*èclaireit à midi et Ton put alors dis* 
tinguer ftoilement ô bàtiiieats de guerre qui hi.asèrent le 
paviliOD des Provinees-IMes^, et dont léf>lbs fUble portait 
S^^ t atteignirent la Bouffonne et comteenoèk'eiit f attaque; 
fai riposte ne se fit pas attendre et tous les toups arrivident 
à leur but, car c'était à portée de pistolet que lesïdllan* 
dais avaient ouvert le Teu. Isa mousqoeterle etles canons 
français faisaient merveille, et les 84>itimenti ennemis se 
laissèrent culer pour réparer leurs aviries. Les 8 derniers 
prirent leur place et continuèrent le combat. Cependant, 
ceux qui s'étaient éloignés ne tardèrent pas à revenir à la 
charge. On d'eux se plaça sur l'avant de la Bouffonne^ 1# 
second par sa hanche de tribord, et l'autre par son travers 
dtt même bord. La lutte, du côté des Français, prit alors 
we vigueur nouvelle. Quoique fatigué par quatre heures^ 
de combat, l'équipage de la frégate françai.se suffisait ce-' 
pendant à tout. De part et d'autre, les mâts, les vergued" 
et les manœuvres étaient hachés. Un des bâtiments enne- 
mis tenta un abordage : il fut repoussé. Un autre se pré^ 
senta: il eut le même sort. 11 y avait six heures que Ton 
se battait lorsque la nuit vint mettre un t'arme à cette 
lutte héroïque. La Bouffonne ne manœuvrait plus : ce 
furent par conséquent les ennemis qui s'éloignèrent. Un 
d'eux s'obstina cependant et se plaça sous le beaupré de 
la frégate à laquelle il envoya une bordée d'enfilade. Mais 
une fausse manœuvre le mit un moment par le travers 
de la Bouffonne et une volée heureuse l'obligea à la re- 
traite. Les pertes de la frégate française étaient grandes. 
Quoique tous blessés, capitaine et ofliciers étaient restés à 
leur poste. La Bouffonne entra à la Rochelle le IS no- 
vembre. Son grand mât s'était abattu le lendemain do 
combat. 

Une brume épaisse et le mauvais temps avaient séparé 
le Téméraire^ capitaine Descoyeux, de la division du baron 
de Paille avec laquelle ce vaisseau était sorti du cap Fran- 




228 COMBATS PARTICULIERS.-* 1694. 

çais de Saint-Domingue et se rendût en France. CoasUm- 
ment contrarié par le temps, le capitaine Descoje&x se yit 
dans la nécessité de réduire la ration de vivres, alors que 
son vaisseau était à peine à la hauteur des Bennodes. 
Enfin, après une navigation des plus pénibles pendant la- 
quelle le nombre des malades avait atteint un chiffre cos* 
sidérable, le Timirair$ arriva sur les sondes, mais pour j 
recevoir un coup de vent qui, dans la nuit du 7 décembre, 
détermina une forte voie d'eau. Toutes les poudres furent 
mouillées, à l'exception de quelques gargousses; les soutes 
à biscuit furent inondées et l'on ne put préserver que quel* 
ques sacs. Le Téméraire fut mis à la cape sous la gramte 
voile ; la misaine avait été déchirée et emportée par le venL 
Cependant le temps devenait de plus en plus manvaisetles 
pompes ne franchissaient plus. Le mAt de misaine ne tarda 
pas à céder à la violence des coups de tangage ; en tom- 
bant, il entraîna le beaupré, la grande vergue, la vergue 
du grand hunier et défonça le passe-avant à tribord. Toute 
la nuit fut employée à se débarrasser des débris de oiAtnre 
qui biilardûent le bord. Cette opération était à peine ter- 
minée, que 3 navires furent aperçus au vent. Lorsqn'ib 
furent à demi-portée de canon, le Téméraire hissa son pa- 
villon ; celui de la Grande-Bretagne se déploya à la corne 
des 3 étrangers : c'étaient la frégate de A8* ENCLAHoet deux 
navires du commerce. A 8^ du matin, le Téméraire ouvrit 
son feu sur la frégate. Celle-ci évita de se placer par son 
travets et se tint tantôt sur son avant, tantôt sur son ar- 
rière. La nuit fit cesser le combat. Les pompes n'avaient 
pas cessé de jouer à bord du vaisseau. Le 9 au jour, le 
vaisseau anglais de OO*" Mortaigu rallia I'Engund, et, à8\ 
il joignit son feu à celui de la frégate, mais il prit poste de 
l'autre côté du Téméraire. Peu de temps après, le capi- 
taine Descoycux eut la mâchoire fracassée par une baOe. 
Obligé de quitter le pont, il fut remplacé par le lieutenant 
chevalier de Rollon. Deux heures plus tani, cetoflkier 
^tait tué et remplacé, & son tour, par le lieutenant de 




COMBATS PARTICULIERS. - 4694. 229 

Beaomont Le capitaine Descoyeux qui, malgré son état, 
n'avait cessé de donner des ordres, craignit de voir son 
équipage faiblir faute de chefs et, par suite, de direction: 
il fit reconnaître tous les garde-marines comme officiers. 
Épuisés par la longueur de la lutte, les deux anglais se 
laissèrent culer. Le capitaine dn Montaigu envoya un 
canot à i)ord du Timiraire et fit dire au capitaine que, s'il 
voulait se rendre, il aurait égard à sa défense honorable ; 
que, dans le cas contraire, il allait l'aborder et qu'il ne 
serait fait quartier à personne. L'officier anglais rapporta 
un refus à son commandant. Le capitaine Descoyeux se fit 
alors monter sur le pont. Une seconde embarcation vint 
renouveler les offres el les menaces du capitaine anglais. 
L'équipage du vaisseau français commençait à éprouver 
quelque effroi. Le capitaine Descoyeux assembla les offi- 
ders et les maîtres en conseil. Tous furent d'avis que, 
dans l'état où était le Timiraire. on pouvait accepter une 
capitulation honorable. On demanda qu'aucun Français ne 
fftt dépouillé ni fouillé, et que l'équipage entier fût ren- 
voyé en France. Ces propositions furent acceptées. Le 7f- 
wUraire ne put arriver en Angleterre ; les capteurs se virent 
forcés de le livrer aux flammes. 



BATlIIEfrrS PRIS. DETRUITS OU RAUFRAGES 
peidâBt l'aBBée 1694. 





Français. 


Téméraire (f atiiMai). . . 


Prit pêt aa vaitMaa tl «aa fréftla 




Amgfait, 


1 kMikirit 


CMilé« à l'attaqia da Caaartt 




itoilondait. 


10* iwttw. . 


Prita à railaqia da Camaral. 




230 



BATAILLES.— 1694-1695. 



RÉCirrruLATioii. 



FRANÇAIS. . I BJïïïïîîSu'inf! 



\m;i.ais. . 



( Vaijiseaax. . . 

' ( BÂtimeoU inf. 

« .. .w*».e i Vai?M«nx. . . 





Détroit! 






Prii 


on 
ninfriffli 


tacMdiét 


TOTU 


1 


V 




t 


» 


a 


- N 


« 


n 


» 




■ 


u 


1 




1 


)) 


>i 




» 


>l 


1 




t 



ANNÉE 169» 



Le 18 janvier 1606, les vaisseaux le Tridau de ft2*, m- 
pitaine comte. d'Aulnaj» et le Contint de 54, capiUÛK 
comte Ducballard, furent cbassés» entre le cap Bon de la 
régence de Tunis et l'Ile de la Pantellerie« par les 6 vv^ 
seaux anglais Plymouth, Carlisu de 60*, Faumhtib, 
NEwcASTLEde 56% Sodthampton et AvENTuaiER de 50", pla- 
cés sous le commandement du capitaine James Killegrew. 
Le vent souillait de l'Ouest. Vers 2^ de raprès-midi, le 
Plymouth joignit et attaqua les vaisseaux français; une 
heure plus tard, le Falmouth était en position de le sou- 
tenir. Démâté de son petit mât de hune, le premier de ces 
vaisseaux se retira au commencement de la nuit; son ca- 
pitaine avait été tué : c'était le commandant de la division: 
le second vaisseau ne tarda pas à imiter la manoBUvre da 
Plymouth. Mais le reste de la division ennemie avait eu le 
temps d'arriver et le Trident succomba bientôt : son capi- 
taine avait perdu la vie. Tous les eflbrts des Anglais se 
portèrent alors sur le Content. Ce vaisseau combattit toute 
la nuit et le jour suivant ; la chute du grand mAt et du mât 




BATAILLES. — 16M. 



i3i 



d* artimon qui défoncèrent le pont, rendirent alors la dé- 
fense impossible. Le 10, à à^ du soir, le pavillon du Can- 
ietU fut amiHié, après un combat de vingt-six heures (1). 



La guerre de destruction que les Anglais faisaient aux 
ports de commerce de la France au moyen de machines 
et de projectiles incendiaires, procédé qui malheureuse- 
ment avait été mis en pratique par celle-ci, d'abord à 
Gènes et en dernier lieu à Alicante, du moins en ce qui 
concerne les projectiles, ce genre de guerre, dis-je, trouva 
un grand nombre d'adversaires en Angleterre. Le cabinet 
de Saint-James n*en tint aucun compte et, dans le courant 
de cette année, l'amiral Berkley reçut de nouveau Tordre 
de bombarder Saint-Malo, Granville, Dunkerque et Calais. 
Cet officier général ne réussit pas mieux que ses prédéces- 
seurs à occasionner de bien grands dommages à ces ports. 



BATIMENTS PRIS, DÉTRl'ITS OU NALFRAGES 

ptfndiDt l'aonèa 1695. 

Franrais. 



M' ConîmL 
H Trtdeni. 



• • • • 



' I Pri» par une dÎTi^ton. 



ri4iiçAi« 



RtCAPITTLATIO». 



VaiMeaai. . . 
Râtniietla inf. 





I>»trtiiK 






Prit 


on 


IncênAiè» 


Txnu 


i 


II 


» 


i 


• 


H 


m 


• 



{,%) D'aprff M. de LapemoM, Hutoire dt la martn^frûnçûtm, U roaitety 
ronatacé U ft, â 9 heurt* du maiîn, aurait été tf nniaé à f beoref do MÎr. 
La rtlaltoB qull donne ée rf Ile affaire difTére , do reite, beaaroap de rtllt di 
fafiUàM Docballard. aa rapport doqael jai eaipraaté le r^tqa'aa TittI dt 
lire, rapport qni e«t d'accord arrc \t* ▼rrniont ao|tlai«e«. 




tu BATAILLES.— 16%. 



ANNÉE 1696. 



Au mois d'avril 1690, les Anglais recommencèrent lears 
tentatives de bombardement et d^incendie contre Calais, 
mais sans plus de succès que les années précédentes. Le 
feu de la place fit autant de mal aux bâtiments qu'elle en 
reçut elle-même des brûlots et des bombes de Tennemi. 

L'amiral Berkley fit aussi un débarquement sur les Iles 
Houat* Hédic et Groix ; bombarda Sûnt-Hartin-de-Bé et 
Olonne et jeta Talarme sur toute cette partie do littoral de 
a France. 



Le 17 mai, les bâtiments ci-après sortirent de Donkerqoe 
sous le commandement du capitaine Jean Bart, poor aller 
croiser dans la mer du Nord. 

Canons. 

5i Maure capitaine Jeaa Btrt 

iO Gersey — de Doreigie. 

."SS Alcyon — de Stinl-Pierrt. 

ii Miymn — de Saint-Pol. 

iO ComU — de ReoBevUli. 

il Adroit - de Ville-Liitiil. 

50 MU fort — de Lakrayère» 

Le 1 7 juin, vers 7^ du soir, après trente et on jonrs d'une 
croisière infructueuse, 80 navires du commerce forent 
aperçus au vent ; 5 vaisseaux hollandais les escortaient. 
Le Texel restidt alors à environ A8 milles dus le Sod. 
Jean Bart, après avoir consulté les capitaines, se borna 
à observer ce convoi pendant la nuit, et il parvint à lai 
gagner le vent. Le chef de la division française anut émis 
ravis qu'au lieu de s'amuser à canonner l'ennemi, expres- 
sion dont il se sert dans son rapport, il fallait tenter de 
suite l'abordage, afin de ne pas laisser au convoi le temps 




BATAILLES.— i696. 133 

d'échapper. A 0^ du matin, il laissa arriver suf escorte 
dans l'ordre indiqué plus haut. Les Hollandais : rangè- 
rent en bataille, tribord amures, comme ci-aprës)endant 
que le convoi fusait vent arrière : 

CAiioat. 

St Com-M-Houiis câpiUioe Mtrmart. 

SS Wkl»ai \ . • — Sweert. 

il Maisor-k -Ville- ok-Haklsh. — Bokem, commodon 

ti Dui-Abiiit — Hallowin. 

U Saulimck — Van Deoberg. 

Jean Bart choisit le commodore pour adversai; mais 
avant de l'aborder, il prolongea le Den Arent et ht ame- 
ner ; ce bâtiment fut amariné par le MUford. LMaure 
aborda ensuite la Maison de ville de Harlem, etenleva 
après une heure de lutte corps à corps. Le Gerseti l'Ai" 
qfon s'emparèrent, l'un du Comte de Holmes et l'tre du 
Weldam. Le Mignon eut sa barre de gouvernail bée, et 
ne put réussir à aborder le Sadlsdeck ; il força tendant 
ce bâtiment â amener son pavillon. Les Français chsèrent 
alors les navires du convoi et en br&lèrent un bon mbre. 
La vue de 13 bâtiments de guerre arrêta cette pcsuite. 
Tous les prisonniers furent placés sur le Den Aar dont 
les canons furent encloués, et les autres bâtimenfurent 
Irrrés aux flammes : âO navires furent incendiés, divi- 
son française alla relâcher en Norwége et rentra Dun- 
kerque au mois d'octobre. Le résultat considérabk-elaté 
plus haut avait été obtenu sans de grandes pertes i côté 
des Français. Les capitaines hollandais Bokem et Bowin 
avaient été tués; les capitaines Sweers et Marmartaient 
blessés. 



Le 10 août, une escadre commandée par le viceniral 
de Châteaurenault, en croisière sur la côte mérbnale 
d'Espagne, chassa S navires hollandais qui avai( été 
aperças sous le venu Le vaisseau le Bon^ capitaiioailH 
de Lorraine, réussit à en atteindre un à â5 milles cap 




S34 COMBATS PARTICULIERS— 4696. 

de Gat c'était la Sainte-Marguerite, capitaine Chrôtiaii 
de Lio armé en guerre et en marchandises et portant 
40 pièe de canon. Ce bâtiment courait vent arrière. Après 
une hre de canonnade aans, grands résultats, car l'état 
de la 3r empêchait le Bon de se servir de sa batterie 
basse, oulant mettre fin à une lutte qui pouvait durer 
longteps encore et qui lui coûtait toujours quelques 
homni, le capitaine de Lorraine envoya à son adversaire. 
à boulortant, une volée à double projectile et Taborda. 
Les Handais n'en furent pas intimidés; et ce fut seule- 
ment très un combat, qui en tout dura deux heureSi que 
le capine Lion amena son pavillon. 



HATIIIENTS PRIS, DETRUITS OU NAUFRAGES 

pendâDt l'année 16M. 

Hollandais 

Canous. 

I so?i-i>i-Ville-dïHaiilcii. \ 

^^ i ILSDBCI I 

I «TEDE-HoLMiLs Piis ptT Une difiiion. 

•^ j :ld4M l 

ii i-Arent ) 

RtCAPlTl'LATION. 



— .«^. I Vai«*eâux. . . 

s Vaisseaux. . . 
âNfiLAi . , ]min„p„t> inf. 

Vui«>eaux. . . 
limcnU inf. 



( Vai 

H01.L4I*. j „., 





Winiit* 






Pri» 


on 


iDCflUiiif 


tOTAL 


» 


n 


» 




u 


1» 


» 




H 


» 


» 




11 


» 


M 




)l 


• 


» 




:> 


)* 


» 






BATAILLES. — 1697. ttS 



ANNÉE 1697 



Aucun armement considérable n'avait été fait depuis la 
bataille de la Hogue; la guerre de détail, la guerre de 
course avait seule occupé la marine de la France. Les bâ- 
timents de l'État et les officiers de vaisseau étaient prêtés, 
sous certaines conditions, aux armateurs ou aux compa- 
gnies qui voulaient tenter ce genre d'entreprises aux- 
quelles, du reste, les ministres eux-mêmes ne dédaignaient 
pas de s'associer. 

Le plus considérable de ces armements particuliers est 
celui qui fut placé, cette année, sous le commandement du 
chef d'escadre de Pointis, dans le but d'obtenir une con- 
tribution de la ville de Cartbagëne d'Amérique. Cet officier 
partit de Brest, le 7 janvier, avec une escadre qui, ralliée 
en route par quelques bâtiments, se trouva composée comme 
il suit : 



Hi Sceptre 


capitaine 


Guillotin. 




do Pointi#y rhef d'o«fadre. 


*tO FoH 


▼icomto de Co4«Uof(oo, faÎNiot fooetiott do coBlro-MBÎral 


«i Satnt-Lf>uû. . 


de Lety, 


faisant fonction de vice -amiral. 


i Vfrmandoii 
J Apoilom 


capitaine 


D«bQi»»oo. 


— 


de GombaaI. 


•" i FuneuT. . . . 
' Satmt'MicM.. 


— 


de Lamotte-Michel. 


— 


chevalier de Marollet. 


U Chntt 


— 


chevalier de Lamothe d'Airaa. 


40 Ponichartrain . 


— 


de Mornay d'Ambleville. 


U MuiiÊtt 


— 


do Maffiae. 


SO Avenami. . . . 


... 


chevalier de Fraociao. 


M Marin, .... 


_ 


Vaodnlle. 


fi Francitqwe, . . 


.-. 


de Lavillea»-Clamat. 


1 ProvtJence. , . 


_ 


chevalier do LotcovéL 


Bombarde. Éclatante, — 


Demoiif. 


1 tdtof. 






i triverfiot de 1 cAnon et t mortier. 


7 conairoff do t« à 1 


1 COBOBf, 


montée par dot iibttUort ot dto •#§¥«• 



Ces bâtiments portaient 2780 hommes de tnmpes. 



236 BATAILLES.— 1697. 

L*escadre mouilla devant Garthagëne le IS avril ; mais 
le lieu choisi pour faire le débarquement étant inabordable, 
il fallut en chercher un autre ; elle jeta Tancre le 16, de- 
vant Bocca-Chica. 

La ville de Garthagëne est bâtie au miliea d'one lagme 
dont les eaux ajoutent à la puissance de ses fortifications ; 
un banc de sable et une chaîne de rochers la relient à l'Ile 
de Tierra-Bomba. Quoique entièrement barré, TesiMUie com- 
pris entre cette lie et la terre a reçu le nom de Aoeco-ffrandr, 
par opposition & celui de Bocca-Chica donné an passage 
réel qui se trouve entre Tlle de Tierra-Bomba et Tlle de 
Baru. Cette passe» la seule praticable pour entrer dans k 
rade formée par les deux Iles, est défendue par les châteaux 
San Fernando et Angel, élevés sur 'nerra-Bomba. Une 
distance de 6 milles la sépare de la ville. 

L'attaque du premier chftteau commença immédiate* 
ment: il répondit faiblement et capitula le lendemain. Les 
bâtiments purent dés lors s'approcher librement, car les 
autres défenses avaient été abandonnées. Les troupes ei« 
péditionnaires marchèrent en même temps snr Carthagèoe, 
et l'attaque de la place commença le 20. La tranchée fot 
ouverte ; on donna l'assaut : le gouverneur capitula aux 
conditions qui lui furent imposées. 

L'escadre avait de nombreux malades et elle perdait tant 
de monde qu'il fallut presser le départ. Les habitants aTÛent 
payé une forte contribution (1). Les fortifications de la ville 
avaient été détruites; les canons étaient embarqués. Le but 
de l'expédition était donc complètement rempli. L'escadre 
mit à la voile le 1*' juin. L'intention du chef d'escadre de 
PoinUs était d'aller faire de l'eau à Saint-Domingue ; msis 
ayant été informé qu'une escadre anglûse était à sa re- 
cherche, il se décida à se rendre directement en France. 
Le 6 juillet, 2i bâtiments anglais furent aperçus. Cette ren- 



(1) 9 million, d'Après U rapport do M. do PoiiUf. CaapMI 
BOBtft à to millioDi. 




BATAILLES. — 1697. 237 

contre» dans Tétat des équipages, était un contre-temps fâ- 
cheux : chaque bitiment avait plus de la moitié de son 
équipage sur les cadres ; les capitaines du Foft» de l'Apol- 
lon, de V Avenant et du Marin étaient malades; les officiers 
qui les remplaçaient n'exécutèrent point le signal qui leur 
fut fait de se ranger en ordre de bataille. Dans cette situa- 
tion critique, le commandant en chef prit chasse, et il par- 
vint à faire perdre ses traces pendant la nuit. Cependant 
Tétat sanitaire des équipages lui ayant fait prendre le parti 
de diriger sa route au Nord, le A août, et bien que IMle de 
Terre-Neuve appartint à l'Angleterre, il alla faire de Teau 
dans la baie de la Conception. Une division anglaise, qui 
se trouvait sur laYade de Saint-Jean, ne fit rien pour con- 
trarier cette opération, et les Français purent continuer 
leur route avec une ample provision d'eau. Le 2i, 5 vais- 
seaux anglais, sous les ordres du capitaine Harlow, furent 
aperçus sous le vent; Tescadre française laissa arriver sur 
eux. A S^ SO* de l'après-midi, celle-ci tint le plus près, 
i portée de fusil, et gouverna au N.-O. 1/A N., comme 
l'ennemi. La canonnade s'engagea sous cette allure ; mais 
cette route éloignant les Français de leur destination, ils 
remirent le cap à l'Est à 7 heures, et, le 29 août, ils 
mouillèrent sur la rade de Brest. 

L'expédition de Carthagène fut la dernière affaire mari- 
ritime de cette guerre. La paix fut signée à Riswick, le 
21 septembre 1607, avec la Hollande, l'Espagne et l'An- 
gleterre. 



238 



BATAILLES. — 1697. 



RECAPITUUTION GÉNÉRALE DES BATIHENTS PRIS. DÉTRUITS 

OU NAUFRAGES DE 1689 A 1697. 





UétruiU 






Pris 


ou 


Incendiés 


T*nAL 




lunfngés 




1 

t 
1 




15 


» 


M 


» 


» 


H 


• ! 


i 


iS 


î 


ts 


i 


1 


» 


s 


1 


9 


u 


10 


8 


5 


» 


il 



— ^...... s VaisMaux. . . 

rRAN.Aih. . j iJâiiroenU »f. 

if/-i».c i Vaisseaux. . . 
AKf.LAis. . . j B-^timeni, inf. 

HOLLARDAifc. J BAliiiicnls inf. 



A côté de ce relevé des pertes meotionoées dans ces 
notes, je donne, d'après Campbell (1) , l'état des bâtiments 
pris, détruits et naufragés pendant la même période. On 
remarquera de grandes différences qui tiennent peut-être, 
en ce qui concerne les Français, à ce que TbistorieD anglais 
n'a fait aucune distinction entre les bâtiments de TÉtat 
proprement dits et les bâtiments prêtés aux armateurs, 
lesquels étaient généralement armés en guerre et en mar- 
cbandises. 





Fianraj*. 








AngUis. 




i b&limenU de 


101 canons. 


f bâtiment de 


76 


CUOM. 


1 — 


de 


90 


— 




— 


ëe 


fti 


-* 


i — 


de 


80 


-- 




— 




iS 


-^ 


5 — 


de 


76 


— 


^ 


— 




46 


— 


1 — 


de 


7i 


— 


Oi 


<— 




if 


.— 


1 


de 


70 


— 




— 




56 


.— 


1 


de 


OH 


— 




— 




ôi 


— 


2 — 


de 


60 


— 




— 




50 


— . 


i — 


de 


:>6 


— 




— 


de 


U 


— ~ 


1 — 


de 


hO 


— 




— 




18 


— 


t ■ - 


de 


iM 


— 




— 




16 


->. 


1 — 


de 


ii 


— 




— 


de 


12 


-^ 


1 — 


dp 


(0 


— 


U 


-• 


de 


10 


— 


5 


de 


5i 


— 




-- 


de 


8 


■^ 


5 — 


de 


TM 


— 




- 


de 


6 


■— 


ô — 


de 


tH 


— 




— > 


de 


4 


— 


1 — 


de 


26 















t) /.i/> '»/ th'- H*'itisft mhmitil^ 



BATAILLES.— 1617-1702. 



5 — 


i* 


M 






u 


II 






da 


tê 






dt 


11 






1* 


16 




1 


di 




_ 



La mort du roi d'Espagae Charles II occasiona, on le 
sait, uoe nouvelle guerre; la cour de Vienne vulut dis- 
puter la succession de ce royaume au duc d'.njou. Le 
7 septembre 1701, l'Angleterre et les Provinc«-l)nies se 
joignirent à l'empereur, d/ln de procurera Sa Maptt Impé- 
riale ufM Matiifaction raùonnabh Imirhant la $ueeetio» iEi- 
pagne; à la Graniie-Brttagne et aux Prorincti'Iniet une 
tùretr tuffitanU pour leurs lerrei, pour leur commtrct eOeur 
navigation. 

Le parlement anglais hésitait cependant à recommei)c>r 
la guerre universelle; mais le roi de France fotimit à tiuil>_ 
laume une arme dont celui-ci sut habilement user. Bien 
que Louis XIV eût rormellemeni reconnu ce prince comme 
roi d'Angleterre par le trmîté de Byswick, à la mort de 
Jacques qui eut lieu au mois de septembre 17<H , et malgré 
l'avis de son conseil, il donna au prince de (Galles, fila du 
roi décéd*. le litre de roi d'Angleterre, d'Éoosse et d'Ir- 
lande. CuillBume III ne put, touterols, diriger la nouvelle 
coalition : il mourut le 15 mars 170*2; Anne fttoarl, qui 
lui succéda, »e mît à la t£te de la ligtie d'Augsbourg. Le 
h mai, l'Angleterre et l'Allemagne déclarèrent la guerre à 
laKrance;leHRtat»-Généraux lefirentlel&dD même mois. 
Louis XIV expédia de» troupes dans le Milanais dès que 
la guerre fut déclarée. Ce mouvement détennioa l'empermir 



240 BATAILLES— 1702. 

d'AIlemage ày envoyer le prince Eugène avec raimée des 
Impériau; mais comme le pays ne ponvut sat&re à la sob» 
sistance es deux armées, le prince était obligé de tirer 
ses vivresdes pays situés sur le littoral de la mer Adria- 
tique. Lecapitaine de vaisseau chevalier de Forfain fat 
dirigé su ces parages avec i frégates pour enlever les 
convois d(tinés à Tarmée du prince Eugène. La Pefrle^ qu'il 
montait, prtait 16 canons; les trois autres frégates, com- 
mandées {ir les capitaines de Fougis, de Beancaire et Clai- 
ron, avaiat 12, 10 et 8 canons. Cette division, arrivée 
dans l'Adatique au mois de juin 1702, prit et brûla un 
grand nomre de navires, détruisit plusieurs forts et batte- 
ries. La cpisiëre des frégates françaises, dans laquelle le 
commandât de Forbin déploya à l'égard des neutres une 
sévérité qi motiva son rappel, fut marquée par un acte de 
barbarie dut les croiseurs tirèrent du reste vengeance : le 
capitaine Oairon fut assassiné avec une partie de son équi- 
page, sur me petite lie de la Croatie dans laquelle il ne 
commettai aucune déprédation. 



iix galères, sous le commandement du chef d^escadre 
bûUi de La Pailleterie, sortirent de Nieuport, le l** juillet, 
jour reconnaître 12 bâtiments zélandais qui étaient en 
:alme à quelques milles au large ; un de ces vusseaox était 
éloigné des autres de 3 milles environ. Le chef d*e8cadre 
de La Pailleterie forma le projet de l'enlever. Il chargea le 
chef d'escadre de Langeron d'attaquer ce vaisseau d'un 
côté avec 3 galères, pendant qu'il l'aborderait de Tantre 
avec les 3 dernières. Ce fut en vain que les Zélandais se 
firent remorquer par leurs embarcations, afin d'aller sou- 
tenir leur compatriote ; l'attaque était trop vive pour qne 
celui-ci résistât longtemps : il était enlevé avant qœ 
compagnons eussent pu lui porter secours. Ce 
était la Ligoeih, de 56 canons. La crainte de ne pouvoir 
conduire sa prise jusqu'au port détermina le chef d'escadre 




BATAILLES. ^ i7M. S41 

de La PaiUeterie à la livrer aux flammes. La briae 8*éleva 
dans la soirée, et les galères entrèrent à Ostende. 



Dès que la déclaration de guerre de l'Angleterre fut no- 
tifiée, le vice-amiral de Cbàteaurenault fut nommé au com- 
mandement d'une armée navale à laquelle les débris de 
la marine espagnole s'adjoignirent, et cet officier général 
reçut Tordre de se rendre dans la mer des Antilles. Toute- 
fois, avant d'y aller, il devait protéger l'arrivée d'une flotte 
que l'Espagne attendait prochainement du Mexique. Le 
vice-amiral de Cbàteaurenault parvint à rencontrer cette 
flotte; mais Cadix, son port de destination, étant bloqué 
par SO vaisseaux anglais et 20 hollandais, il entra à Vigo, 
sur la demande expresse de l'amiral espagnol. L'amiral an- 
glais sir George Rooke qui commandait l'armée ennemie, 
venait d'échouer dans une tentative contre Cadix. II n'eut 
pas plutôt connaissance de la relftcbe de l'armée francor 
espagnole à Vigo, qu'il forma le projet de s'en emparer, 
ou du moins de la détruire. Le 20 octobre, il parut devant 
ce port avec 25 vaisseaux, quelques frégates, des bom- 
bardes et des brûlots. L'armée qu'il allait attaquer était 
composée comme il suit : 

CaAooi. 

(Fort eapiuiie d« Conbet. 
coBta à% ChAleaaraaaalt, vic^-Muril. 
Prompi CApitaiaa narquis de Bea^iei. 

la Fenme — de BeaiMÎer (Fèlti). 

our^iM de NeMDotd, càef d'eecadre. 

f Bfpéramee — mârqoif de Ligaliiioiieière. 

^^ I Smperhe — Bottefille. 

•s B<mrhom — de MoelUalL 

Btrqmit de RoMnadee, clief d*ei«adre« 

•ê AsntrL cafilaiae narqiii d'Aligrt. 

•i Oriflamme — TrioiBkailt 

•i Fmdent — de Graadprè. 

to Stréne — de Meagea. 

i Soitfie •— Ckaapneelia. 

*• ( Modéré - LaUitr. 

4 Dauphin, — Da^liwii Uaac— rt. 

** i Volotàmire — éê Serti. 

4t TWIon — da Cawt 

L 16 




342 BATAILLES. ^1702. 



Bntrtprenani — Mipac 

18 Choquante — SaÎDt-OimaB. 

70 Jésus 'Maria ) 

( Buffona | TâisMaai espagiob (f). 

i Capitan-de-Assogns, .(!).) 

La ville de Vigo est bâtie sur la c6te mêridioaaie da 
golfe de ce nom et presque à l'entrée, ri Ton conridère les 
pointes Borneyra et de Mar comme les limites eztérieoits. 
Il n'y a que 8/10 de mille entre ces deux caps, oo plutôt 
entre les récifs qui les prolongent. Le vice-amiral de Chi- 
teaurenault fit établir une estacade d*une de ces pointes à 
. autre et construisit une batterie de chaque cdté ; 6 Tus- 
seau x s'embossèrent en dedans de ce barrage. Pendant 
qu'on faisait ces dispositions, l'argent des galions fat dé- 
barqué et envpyé immédiatement dans l'intérieur. Le 22, 
l'armée ennemie mouilla à 6 milles dans lé Sud de Vlgo, et 
débarqua 3,000 hommes qui marchèrent sur la balterle éta- 
blie de ce cdté et sur la ville. Toutes deux furent abandonnèei 
sans avoir été défendues. L'armée anglrise appareilla alors, 
et, favorisée par la brise du large, elle donna à toutes voiles 
dans la baie ; le vice-amiral Hopson était en tète, sor le 
ToRBAY. L'estacade fut rompue, et il s'en suivit une mêlée 
dans laquelle la supériorité dut rester au nombre. Le Toi- 
BAT fut accroché par un brûlot dont il ne se dégagea qu'à 
grand' peine et après avoir beaucoup souffert; le vice- 
amiral Hopson passa sur le Monmouth. L' Assogiatioh perdit 
son grand mit dans l'attaque de la batterie de gaucbe ; le 
Barfleur eut aussi son grand mât abattu. La Hait perdit 
son beaupré. La seconde batterie fut promptement détruite. 



'. I ) Cette nomencUtire ëiffèrf, poar let ■omi de plosiein 
taioe», de celle que doBie M. de LapeyrouM, Histoire de ia 
Cellt> que je donne eti puifée daat le rapport officiel. 

(t) M. de I^apeyroQse, Histoire de ta marme française, Bt ptfto Mi 
^eaux e^papnoU, mtit il ^jottt* leti troi« Taii^i^eaui fraDçalt VEêëÊ, i 
de Ferrières; le Hfttnrfteus, capitaine CbAteaamorand ; le 
Uucoudray; les deux frégalet la Saiade et le Sieuport tl tnii kHIeli. Oa 
peut suppo>er que M. de Lapayroaie fait erreur; cariai hiittritM mf/lÊÊÊW'mt' 
»ent pa5 manqué de citer cat bàtiventd, i>i le rapport avail mms 4s Ib faM 




BATAILLES. -« i70i. t43 

Accablé p&r TeiiDeini et perdant tout espoir d'échapper, 
soit à un désastre, soit à un autre, le commandant en chef 
de Tarmée française donna l'ordre de mettre le feu aux 
vaisseaux et aux galions. Cet ordre fut exécuté immédia- 
tement, mais tous les bAlîments ne furent pas consumés 
par les flammes ; quelques-uns furent relevés de la cûte et 
emmenés par l'ennemi. Le Fart^ lOriflammtt le Pnidtfnl, 
le Solide, le Dauphin, YEntreprtnanî et la Choquante fu- 
rent brûlés; YEipérancê, YAaurit le Prompt^ le Ferme ei 

6 galions furent emmenés par les Anglais, Le J^ourboN, le 
Superbe^ la Sirène, le Modéré, le Volontaire, le Triton et 

7 galions furent pris par les Hollandais. Les pertes étaient 
considérables de part et d'autre. L'amiral Rooke laissa i 
l'amiral Cloudesley Sbo vel , arrivé le 26, le soin de mettre 
les prises en état de reprendre la mer, et il retourna en An* 
gleterre. 



8 transports portant des troupes à Cartbagène d'Amé- 
rique sous la conduite des vaisseaux 

VHiurtux câf ittiat DteaMt, 

VAçréMe — de Rtscy, 

If Phénix — 4é Ro«d«M, 

VApoUon — d« Msiit 

furent chassés, le 20 août au soir, à la hauteur de Sainte- 
Marthe, par la division du vice*amiral anglais Bembow, 
qui était composée comme il suit : 

70 Bniiâ c^piUite V%$. 

Bembow, vice-emirel. 
•i DiriâMt cef4UiM BieètN KM»y. 



&4 Gatowici. 
Ri ftl» . . . 



FAUtOCTH 



C«efer Wadt . 
George* WaIIob. 
Tk«»a« H«4fM. 
Jeiie C^eU^le. 
Sesvel VieceeL 



La division française courait le long de la terre avec dea 
vents du N«-£. Le capitaine Ducasse, auquel son ancien- 
neté donnait le commandement, fit prendre chasse au 




244 BATAILLES. — 1709. 

convoi et se plaça derrière lui avec Fescorte pour protéger 
sa retrdte. A A% les Anglais s'étûent assez rapprochés pour 
lancer leurs premiers boulets aux vaisseaux français. Hais, 
soit que pressé d'attaquer, le vice-amiral Bembow n*eût 
pas réglé la marche de son vaisseau sur celle des plus 
mauvais marcheurs de la division, soit que les vaisseaux 
anglais n'eussent pas fait toute la toile posâble pour le 
suivre, le Breda, le Falmooth, le Defiarcb et le Wihdsoi 
se trouvèrent seuls d'abord en position d'attaquer ; à la 
deuxième ou troisième bordée, le second et le troisième 
serrèrent le vent et se tinrent hors de la portée du canon; 
les autres combattirent jusqu'à la nuit Le vice-amiral 
Bembow continua la chasse en route libre. Le SO, au 
point du jour, le Breda et le Burt se trouvaient très-rap- 
proches des Français, mais les autres vusseaux étaient 
trop loin de l'arrière pour que le commandant en chef de 
la division anglaise pût songer à attaquer. Le commandant 
Ducasse, de son côté, mit la sûreté de son convoi avant 
l'honneur d'un avantage à peu près certain et il continua 
sa route. Le 1*' septembre, h vaisseaux anglais étaient en 
position d'attaquer les Français. Le Busy commença le feu 
sur le deuxième vaisseau de tète de la colonne française; 
mais l'accueil qu'il reçut l'obligea bientôt k se lûsaer ca- 
ler. Le Breda se vit dans la même nécesûté. Le Wuioooi 
et le Défiance restèrent spectateurs du combat et ne ti- 
rèrent pas un coup de canon. La brise, en passant ao Sud 
dans raprès-midi, mit les Françûs au vent; les deux divi- 
sions prirent la bordée de l'Est. Le lendemain, elles échan- 
gèrent quelques boulets. Le A, vers 2^ du matin, la divi- 
sion anglaise, alors parfaitement ralliée, attaqua le vais- 
seau de queue de la ligne française ; mais le Wumsoi, le 
Pendenris, le Greenwich et le Défiance ayant laissé arri- 
ver à la première bordée, et le Busr n'étant pas encore en 
état de combattre, le Breda et le Falmootr se trouvèrent 
seuls engagés. Le commandant Ducasse fit signal de sou- 
tenir le vaisseau attaqué, et il y alla lui-noéme ; le Banâ 




BATAILLES. — nos. 



%U 



86 retira alors, mids criblé dans toutes ses parties. Bn outre, 
d'une blessure grave & la figure et d*une autre à un bras, 
le vice-amiral Bembow avait eu une jambe emportée par 
un boulet. Du côté des Français, le capitaine de Huin avait 
été blessé h l'un de ces engagements; cet officier mourut 
de ses blessures. Il semblait y avoir cbez les capitaines 
anglais parti pris de ne pas combattre ; ni les signaux ni 
les ordres verbaux n'avaient pu changer cette détermina- 
tion. Le commandant en chef se décida à faire route pour 
la Jamaïque. Un conseil de guerre y condamna à mort le 
capitaine du DEPiAiiCE et celui du Geeenwich pour lâcheté 
et inexécution d'ordres. Le capitaine du Pendenmis mourut 
avant que le conseil eût prononcé sur son sort, qui eût été 
le même que celui de ses deux collègues. Le capitaine du 
WiNDsoa fut renvoyé du service et condamné à la prison 
pour inexécution d'ordres. Les capitaines du Falmouth 
et du BsEDA furent suspendus de leurs fonctions, pour 
avoir pris l'engagement de ne pas combattre les Françab. 
Les capitaines Kerby et Cooper furent exécutés en Angle- 
terre. 



BATIMENTS PRIS, DÉTRUrTS OU NAUFRAGÉS 
peBdaal l'asBée 170t. 



VaiM€aax. 








iHmiU 






Pri» 


uufragét 


lof^iidlAi 


TOT4L 


10 


5 




is 


» 


t 




• 


m 


m 




■ 


m 


m 




• 


f 


m 




1 


M 


m 




• 



t46 BATAILLES.— 1703. 



ANNÉE 170S. 



Le 21 avril 1703, le chevalier de Sûnt-Pôl, en croiâère 
dans la Manche avec 

V Adroit de. . . 50 canons, qn'il coiMiindait, 

le MU fort de. . 40 — Capitaine Damu do Marillae, 

la Dryade de. . 40 - — et Graloi, 

la Reine d Espagne — BmUabist, 

rencontra un convoi anglais escorté par le vaisseau de 60* 
Sausbury, capitaine Cotton, et deux autres bfttiments de 
guerre. Placés au vent qui soufflait frais du Sud, les Fran* 
çiûs laissèrent de suite arriver sur rennemi. Un des bâti- 
ments de l'escorte amena son pavillon aux premières vo- 
lées. Le Salisbusy prit chasse ; il fut joint et attaqué par 
VAdroii. Après une heure et demie de canonnade, celui-ci 
l'aborda de long en long, mais ses grapins cassèrent, et les 
deux bâtiments se séparèrent: l'arrivée de la Dryade dé- 
termina le capitaine Cotton à ne pas prolonger la lutte da- 
vantage. Le convoi qui avait été chassé par les autres UU 
timents fut pris en partie et conduit à Dunkerque ; k S* 
bâtiment de guerre réussit à faire perdre ses traces. 



Le chef d'escadre de Coétiogon, se rendant de Toulon i 
Brest avec les vaisseaux 

le Monarque qn'il montait^ 

VOrgueitieux capitaine Dnpalais* 

la Couronne -^ CbâlMortsaolt, 

!e Vainqueur ~~ Daily, 

VEoie — Démons 

rencontra devant Lisbonne, le 22 mai, un convoi de 100 
voiles escorté par 5 bâtiments de guerre anglùs et hollan- 
dais qu'il attaqua. 1 des bâtiments de l'escorte fut coulé; 




iâTAILLBS. ^ ITit. 147 

les k aatres imeDèreDt leur pavillon. Le convoi échappa à 
la poonoite de la diviaion française. 



Après nn court séjour à Dunkerque, le capitaine cheva- 
lier de Saint-Pol sortit pour aller croiser aux tles Orcades 
avec 

U Saiisbury d« 50 eanoBs, doot il tfait ^rif le cMunatéMMat. 
le Mil fort de. • 40 — capitaîBe Damât de MariUêC. 
V Adroit de. . • SO — — de Seiae. 

le iMdtom de. . SO — - de Reqaefeail. 

Le 22 juin, il rencontra un convoi de pécheurs escorté 
par h bâtiments de guerre anglais qu il réussit à atteindre. 
2 de ceux-ci furent enlevés à Tabordage par le SalUbury 
et le Ludiow. Après un échange de quelques bordées, le 
capitaine de Seine réussit aussi à aborder un des bAtiments 
ennemis; il était à peine accroché que son adversaire sauta 
en l'air. L'explosion démâta Y Adroit et l'ébranla au point 
qu'il coula peu de temps après, entraînant avec lui dans 
Fabtme son capitaine et la presque totalité de son équi« 
page. L'ennemi profita de l'émotion causée par ce dés- 
astre pour se retirer. Le capitaine de Saint-Pol le pour- 
suivit et parvint i détruire presque tous les pécheurs. 



Le vaisseau de 60* le Hasardeux^ capitaine Delarue, fut 
chassé à l'entrée de la Manche, le 2 novembre, par l'année 
navale de l'amiral anglais sir Cloudesley Shovel et atta- 
qué, à 8^ du soir, par les vaisseaux Wasspite. de 70*, Ox- 
foao et LiTCHPiiU), de 60. Criblé et démâté de son petit 
mât de hune, le Hatardtux amena son pavillon à 2^ du 
matin. 



248 



BATAILLES. —1703-4704.' 



BATIMENTS PRIS, DETRUITS OU NAUFRAGES 

pendaot ranDé« 1705. 



«•^n/*^.. i VâisMaux. . . 
A'«rLAm i Vaisseaux. . . 

HOLLANDAIS. { S[{œ i„Y 





DétniiU 






Pris 


os 
luafrafét 


laemâiik 


TITAl. 


1 


» 


» 




» 


1 


» 




2 


» 


■ 




4 


S 


» 




» 


» 


j» 




3 


j> 


• 





ANNEE 1704. 



La guerre de course à laquelle le capitaine cheralier de 
SaîDt-Pol avait été employé pendant Tannée 170S avait trop 
bien réussi pour n*étre pas continuée l'année soiTante. Dès 
que la saison le permit, cet officier fit route pour la mer du 
Nord avec S bâtiments. Le 19 mû, il aperçut un cooToi 
de 16 voiles sous Tescorte de 2 bâtiments de guerre hol- 
landais. Deux des français les attaquèrent; le troisième 
courut sur le convoi. Un des bâtiments de guerre ennemis 
et 6 navires du commerce furent pris et conduits à Don- 
kerque. 

Au mois d'octobre, le capitaine chevalier de Sdnt-Pol 
entreprit une nouvelle croisière dans le Nord avec : 

le Saiùbury de 50 canons^ qa'îl commaidaity 
le Triton. . de 50 — capitaiaa Dtscoytii, 
le Proiée. . de 48 — — de RoqMfMÎI, 

le lAuUnu\ . de SO — — Henieipiii, 

et 5 corsaires. 

Le 31, il rencontra 12 navires anglais escortés par S bi- 




BATAILLES. -1704. 249 

timenta de guerre. Bien que le Triton fût alors Tort éloigné» 
le commandant de Saint-Pol lança les corsaires sur le con- 
voi, et il se dirigea sur Tescorte avec les autres bâtiments 
de sa division. Cet intrépide officier ne put voir le résultat 
de son entreprise c il furtué à la première bordée du bâti- 
ment qu'il attaquait. Le lieutenant comte d'illiers le rem- 
plaça sur le Saliibury. La confusion momentanée qui résulta 
de cet événement permit au bâtiment ennemi de se retirer; 
mais il fut de suite attaqué par le Protêt^ et, quoique ce 
dernier eût déjà pris un bâtiment anglais à l'abordage, il 
l'aborda et l'enleva au moment où le Triton lui arrivait en 
aide. Le capitaine Descoyeux eut un bras emporté par le 
seul boulet qui fut tiré sur le Triton. Le Ludlow fit amener 
aussi le bâtiment qu'il avait attaqué. 11 navires du com- 
merce furent conduits à Dunkerque (1). 



Les Anglais faisaient, à cette époque, de nombreux pré- 
paratifs d'expéditions maritimes. Désireux de contre-balan- 
cer leur puii»sance sur mer, Louis XIV' ordonna un arme- 
ment considérable et nomma le comte de Toulouse, en 
faveur duquel la charge d'amiral de France venait d'être 
rétablie, au commandement de l'armée navale qui allait 
être formée. Parti de Brest, le 6 mai, avec 23 vaisseaux, 
l'amiral toucha à Cadix, et arriva le mois suivant à Toulon, 



(1} M. dt IJiptjfroaM, Uiitoirt de la marine françaitr, donne, à la daU) d« 
th aoOt t70S, un autre combat da capitaine de Saint- Pol. Ce combat est pro- 
bableneitl«h de ceux que j'ai déjà decritf , car Boiftmélé, dans ion Histoért 
générale de la marine, et Campbell, Ltvet of the Britit h admirait, f'accor- 
deni à faire mourir cet oflcier an combat du il octobre 1701. éfénemont quo 
M. de LApenouM renvoie au tl octobre 170S. M. de LapeyrooM eat dote daat 
l'erreur en ce qui concerne l'année, et lei deux antree auttvi M trompont 
éfalement en disant que le combat eut lieu le 11, car il e*l dit, en tormoe ex- 
pré», dan* larle de décé« du commandant de Saint-Pol, rapporté le • novem- 
bre 1704 par le patteur de Dunkerque, • que ce dernier a eniorré le mémo 
jour, dans la cbapelle de Saint-Georget (l'une dot cbapolloe de l'éf liflo Saînl- 
ÊloiS le corpt de M. do Saint Pol qui a été taé en mor duM m c«mbit qi'U 
donna contre une lotte aaflaife, le dernier Jomr d'octobre , ut a ttlé r up pifté 
dans cette ville le troifiéme jour de nof embre. ■ 



150 BATAILLES.— 1704. 

OÙ un pareil nombre de vaisseaux devaient se joindre à hiL 
Sans le mauvais vouloir du ministre de la marine Pontckar- 
train , cette armée navale eût pu prendre la mer avant li 
jonction des forces navales de l'Angleterre et de la Hollande. 
Mais, dans le but» assure-t-on, de rendre les chances de 
succès moins favorables au comte de Toulouse, le ministre 
entrava l'armement des vaisseaux de la Méditerranée, de 
telle sorte que l'armée ne put sortir de Toulon avant le 
22 juillet : la jonction des escadres ennemies avut eu lieu 
à cette date. Le 22 août (1), à S^ de l'après-midi, l'armée 
navale, qui était allée faire de l'eau à Hadaga, eut connais- 
sance de l'armée anglo- hollandaise. La brise était trop 
faible pour qu'un aussi grand nombre de vaisseaux pussent 
sortir de Malaga avec sécurité ; ils mirent sous voiles le 
lendemain avec une jolie brise d'Est; l'armée ennemie était 
au vent à une grande distance; le 2&, elle était encore à 
9 milles. L'amiral anglais se décida cependant à laisser 
arriver ce jour-là sur les Français. Le comte de Toulouse 
fit ranger ses vaisseaux sur la perpendiculaire du vent« 
bâbord amures, dans l'ordre suivant, et attendit Fennemi 
les huniers sur le ton. 

66 Eclatant rapitaïDe de BelIflfoBtalie. 

sa Eole — marquis Danna. 

ùÈ Oriflatmne — de Cbâteanraaaalt. 

W Saint-Philippe — 

(rinfreville. vice-amiral. 

70 lieuttux oipilaiDe Colbert Saiot-Han. 

.'»<» Rubis — de Renneville. 

5K Arroynnt — Debberbien de l*fiUidBèrt. 

TiH Marquis — Patoulet. 

m Constant — comte de Saiate-Mâvt. 

«0 fier — 

niarquÏ!» de VilleUe-Mursay, tica-aairal. 

Hi Intrépide capitaine DuCAMe. 

60 Excellent — Rochalar, alaé. 

!M Sage — MoDlbaull. 

611 krueil — DariRDir. 



xt^ l.f IS itelon Campbell, Lit^s of tke British ntimimi». 




BATAILLES. -«ITté. Ml 

M MQfmifiqm capiuiie — 

Si Mwutrque capiUiM Cka^rt 

7 gilèrM dt FnuMt ttl d'Etpaoe, comnaidéM ^r >• ^ ^ Toflli. 
Furieux eapiUiae mar^it d« Bléaie. 

60 Vermamdoii, . • — conie de Bèlkut . 

71 Parfait — marqdt d« CliâteauMraid. 

90 Totmamt « — 

comte de Co4*Uogoe, viee aairil. 

7i Orffueiileux capiuiee de Beeaieier (Félii). 

50 Mercyre — ckeralier de LasBéoi. 

60 Sérieux — Chaii|NBeftliB. 

ii Fleuron* •* chefalier de GraaceY. 

66 Vainqueur Bailli de Lorraiae, chef d'eteadre. 

101 Foudroyant capitaioe cooile d'Kftlreet, ■"* de Cipvnet. 

comte de Toelottie, amiral, 
tôt Terrible . de Reliagoe, chef d'eitcadre. 

S6 Entreprenant eapitaiae comte d'Haatefert 

>i Fortuné — de Bagaesi. 

66 Henri » de Serquigay. 

74 Magnanime. — de Poiatit, ckef d*eec6df6. 

66 Lyi « comte de Villart. 

64 Sreptre — chefalier d'Albj. 

S6 Fendant — de La Laterae. 

9 galèreu commandée» |>ar le marquis de Ro)e. 

60 Zélande . capitaioe de Semlle. 

60 Saint-Umit — chevalier de Beaojea. 

tt AdmtraUe — comte de Sep^ille, ehtfd'etcidre. 

76 Couronne ^ de Champiga? . 

U Chet^l-ÈlanM — de Pootac. 

M thamant — Darogae. 

hi Gaillard — chevalier d'Omoad. 

66 tnvtnctble BMrqait de Romy. 

tôt SoleU-Hoyal - 

marqois de Laageroa, lieateaaat gioérai. 

64 Ardent capitaiao d'Aligro. 

M Tndent - chevalier de Modèae. 

60 Cont'mt — chevalier de Phelyppoatt. 

&4 Maure — Saiate-Claire. 

60 Toulon — DaqaeMe MoMiier. 

M Trwmphant » de La Harteloire, chef d'oieadrt. 

71 SniHt'Ftprtt,, ...... — Doqaetae Gaitioa. 

8 galeret commaadèei par le capitaiao de Fenrille. 

Eo tout, 50 vaisseaoi et 2i galères, plus 7 ffégiteft et 7 
brûlots qui se ieDMeoi eo dehors de la ligne avec les oor- 
vettes et les bAtimeots^bôpitaux. 

L'armée anglo-hollandaise était composée comiM U soll : 




252 BATAILLES. — 1704. 

CanoDs. 

80 SoMMERSET capilaïoe Price. 

70 EssEx — Hnbtr. 

50 Tritoîc — Trevor. 

80 DoRsETSHiRE — WîlUker. 

80 Ranelagh >- Bnch. 

George Byog, coDtre-iBiril. 

80 ToRBW capitaine Caldwell. 

50 (Ienti'rion — Heine. 

60 Ki>csTOw:<f — AshtM. 

70 FlKME - Wild. 

70 Ghafto:! — sir Andrew Leake. 

70 Nassau — Dow. 

60 MoMTAGir — CleTelaid. 

96 Saint-Georce — Jenaingt. 

96 Royal-Catheri>e — — 

sir George Rooke, aminl. 

70 Eagle capitaine lord ilaiiilton. 

70 MoNTMorrH — Baker. 

50 Panther — Bartye. 

80 Shrewsrury — Growe. 

70 Bedfort — Thonai Hards. 

50 SwALLow — Haddock. 

70 Sl'ffolk — Ktltoa. 

76 Royal-Oak — Elwid. 

70 Kem — — 

Thomas Dilkes, coatre-aairal. 

80 Caibridge capitaine Esloe. 

60 MoxE — Milles. 

50 Léopard — Gnlloford. 

70 Bi-RFORu — Ross. 

70 Warspite — Loades. 

GO NiiTTiNGHAM — Borkes. 

66 AsM'RA.NCE — Hankock. 

70 OxFuRD — Nowd. 

96 H^RFLEl'R — — 

Clondesley-ShoTel, tiet-aairal. 

96 Namlr capitaine Mings. 

70 SwiFTsiTRE — Vinn. 

50 TiLBi'RY — Delafal. 

70 LE.NXUX — GoBiper. 

80 Nkwark — Glark. 

50 Amelope ~~ Legg. 

80 RuY.NEs » lord Mnay. 

90 pRl?iCE-GEORGE — — 

John Leakes, contre. amiral. 

70 Rerwick. capitaine Fairfax. 

80 NoRFOLs — Knapp. 

50 TiGER -. Cavendish. 

70 YARMotTH — Lykes. 

70 Hampton-Golrt — Uagger. 

I)uRT. Flesshgesc. 

(irELOERLAXTI». AlDERMALE. 

l M»»N. liETWAPE.% (Ylerht). 




BATAILLES. — 170i. 263 

Catwick. Hxtwapc5 (Frietland). 

NiHEGcnE. %i ft aotrei viiiMâox dont Je a'ti p« b« 

Bataiua. procurer le oom. 

LEwpi. EBtoat,6ivaiMeAiiietlbr41oU(l). 

Damiitte 

L'amiral AUemonde commandait les Hollandais (2). 

Le mouvement d'arrivée des vaisseaux ennemis ayant été 
mal exécuté, et l'avant-garde anglaise ayant dépassé presque 
entièrement la ligne française, le comte de Toulouse or- 
donna de serrer le vent dans Tespoir de la couper et de l'en- 
velopper. Mais, comprenant son intention, Tamiral Rooke 
fit forcer de voiles à ses deux autres escadres; venant en- 
suite au vent tous à la fois, ses vaisseaux se trouvèrent 
rangés sur une ligne parallèle aux Français et toujours au 
vent. Le feu commença alors ; il était 10^. Le Royal-Ca- 
THEEiNC, qui avait choisi le Fowiroyanî pour adversaire, ne 
put soutenir longtemps le feu de ce vaisseau. Obligé de se 
laisser culer, il se trouva par le travers du Vainqueur^ déjà 
combattu par I'Eagle. Le vaisseau amiral anglais ne fut pas 
plus heureux dans le choix de ce nouvel antagoniste; tou- 
tefois son attaque coûta la vie au bailli de Lorraine qui fut 
remplacé par le capitaine Grandpré. Le capitaine Champ- 
meslin, du Sérieux^ tenta par trois fois d*aborder le MorvK, 
et trois fois il fut repoussé avec de grandes pertes. Le Fleu- 
ron^ qui le suivait, eut aussi affaire à forte partie et fut 
très-mal traité. A l'avant garde, le Baipleub cboi3it l'/nlré- 
fide pour vis-à-vis, quoique ce vaisseau ne portât pas de 
pavillon. La lutte fut longue, mais le capitaine Ducasse 
força le vice-amiral Shovel à se retirer. Après s'être suc- 
cessivement débarrassé de quatre adversaires, le Fïir fut 



(1^ Caapbell, Ut*i of the British adwurah, Berieley. The mêvai AiWory 
of Bntaim, dit qs'il y âTait 4S TUMeaai a«f Uie, 11 kellMidAit, 1S Crègatef. 
MloU tl boflibêrdet. M. E. Sae, Hittoére de U wmrime firmtçmiêt, ptrle le 
Msbrt des vAis«een à tft. 

(t) BoiflBèlé, Hutoirtgéméraiede U mm-ime, et H. de Lipeyreite, BiHoàn 
de û tmarim framçaùe, diieiC qee Teecadre keUaadêiee éUit coMMaadée per 
rasiral CâUenboerg. 




t&4 BATAILLES. — 1704. 

attaqué par le Kent. Le lieutenant général de Villette Mnr- 
say ne s'effraya pas de cette nouvelle attaque ; mab uoe 
bombe qui tomba sur la dunette de son vaisseau y mit le 
feu, et il crut devoir laisser porter sous le vent de la ligne 
pour réteindre. Malheureusement les capitûnes de son en- 
cadre, qui ignoraient les motifs de cette manœuvre. Vimi- 
tèrent et compromirent un moment le succès de la jour- 
née. Le feu fut mis aussi par une bombe k bord du 
Magnifique (i) . V Excellent^ auquel le BiarLEUR présentale 
travers en quittant Ylntrépide^ fut obligé de sortir de la 
ligne entièrement désemparé. Un des vaisseaux de Far- 
riëre-garde fut compromis par le grand nombre de boulets 
qu'il reçut à la flottaison. Le feu cessa entre A et 5^ à 
r avant-garde, et vers 7^ au corps de bataille ; à la nuit« 
quelques coups de canon se faisaient encore entendre à 
l'arrière-garde. Les vaisseaux anglais n'avaient pas été 
moins maltraités que les français, et l'arrivée de la nuit fat 
pour eux une circonstance heureuse, car plusieurs avaient 
complètement épuisé leurs munitions. £n somme* les deui 
armées avaient beaucoup souffert. Deux vaisseaux hollan- 
dais, dont l'un était I'Aldermale, monté par le lieutenant 
amiral Callemberg, avaient été coulés à l' arrière-garde. La 
France eut bien des pertes à déplorer à cette bataille. Les 
chefs d'escadre de Lorraine et de Belle Isie, les capitaines 
Pbelyppeaux et de Chftteaurenault avaient perdu la vie. 
Le chef d'escadre de Relingue avait eu une jambe emportée 
par un boulet, et il mourut de cette blessure ; il avait été 
remplacé par le capitaine Rochalart cadet. Le capitaine 
Ducasse avait reçu plusieurs blessures. Enfin, le comte de 
Toulouse avait été légèrement blessé par un éclat. Les deni 



(t) Campbell, tti^t nfihe Bhlùh tftimintls, nie qie le fta ail p« Un m 
à bord du Fier par une bombe, parre qu'il o'j avait paa do btMlfeuiw toi 
l'arméf . C'e*{ la uni* oiihiilile ik laquelle on ne doit pa« ii'arrftlir. S'il m*j awA 
■i bonbarde^ ni mortiers, il pout ait y avoir à bord dea vaisioau 
4 fei.qael qae >mI d'ailleora le non qa'on veuillo lear doaMr,^ 
projectile!* crvux et inrcodiairo. 




BATAILLES«^l7f4«l7«5. 

«méM t'obiinrèrent pendant dmis jours. Lt 17» lit Fru* 
çais entrèrent à Malaga et lee Anglais rspassirent le dé«* 
tfoit, après avoir jeté des troupes et des approvisionne- 
ments dans Gibraltar. 



SATiiucirrs pris, ntrauirs ou NAunuGEs 

peidA»! l'uiéf nS4. 



nujiÇAis. 



I VaiMMH. . . 
I BâlûMsU m(. 

****'^*' • • l llàiûMBU iaf. 





DéinitU 






PrU 


on 
MnfrKfés 


loceftdJ^s 


TOTlt 


M 


1* 


» 


» 


» 


m 


» 


» 


t 


» 


• 


1 


m 


» 


» 


S 


» 


f 


» 


t 


1 


• 


1 


f 



ANN£E 170tt. 



Pressé de montrer à l'Espagne oe à quoi elle s'exposait 
en contractant une alliance avec la France, le gouverne* 
ment anglais ordonna à l'amiral Rooke de prendre la mer 
avec une armée navale anglo-boUandaise qui, i^près avoir 
déposé à Lisbonne un corps d'armée destiné k appuyer les 
prétentions de l'arcbiduc Charles au trône d'Espagne, de- 
vait faire route pour la Méditerranée. Repoussé dans une 
tentative sur Barcelone, cet oflQcier général s'était porté 
sur Gibraltar et, le i août 170A, il avait surpris cette for- 
teresse dans laquelle, par une négligence inqualifiable, les 
Espagnols n'avaient que 100 bommes de garnison. Au 
avantages d'une situation unique dans le monde, les An» 
glms ajoutèrsnt immédiatement toutes les combinaisons di 



S66 BATAILLES. — 1705 

génie militaire. Louis XIV comprit bien vite qoelle impor- 
tance cette citadelle allait prendre entre les mÛDs des An- 
glais, et il voulut tenter de s'en emparer avant qu'ils Feos- 
sent rendue imprenable de vive force. Cependant, quoique 
les Espagnols et les Français en eussent établi le siège, le 
comte de Toulouse n'avait dirigé aucune attaqoe contre 
cette place ; il était rentré en France après la bataille de 
Malaga. Le soin de coopérer aux opérations commencées 
fut confié au chef d'escadre de Pointis, et le blocus de Gi- 
braltar fut établi par mer par 13 vaisseaux. Mable manque 
de vivres ayant promptement obligé cette escadre à aUer à 
Cadix, le vice-amiral anglais Leake en profita pour jeter 
des secours dans la forteresse, à la fin du mois d'octobre 
170&. Ce renfort fit traîner le siège en longueur, et le chef 
d'escadre de Pointis reçut de nouveau l'ordre d'établir on 
blocus rigoureux. Cet oflicier général représenta que les 
Anglais ayant une trentaine de vaisseaux dans le Tage, il 
était à craindre qu'ils ne vinssent tomber sur l'escadre 
française quand ils en connaîtraient la force, et il demanda 
à se tenir eu dehors du détroit jusqu'à l'arrivée des ren- 
forts qui lui étaient annoncés. Il fusût remarquer que, 
dans cette position qui lui offndt plus de sécurité, il lai 
serait facile d'intercepter les convois destinés à Gibraltar. 
Ses obsen'ations ne furent pas écoutées, et il dut mettre i 
la voile dans les premiers jours du mois de mars 1706. A 
peine arrivé devant Gibraltar, son escadre fut dispersée 
par un coup de vent ; 8 vaisseaux prirent le large. Les 
autres qui étaient 

ClDOIU. 

80 Magnanime de PoÎDtiii chef d*eieadi«, 

88 Lys capitaine comle de Villarty 

64 Ardent — d*AligT«, 

s Arrogant — Desherbien de l'fiUadièn, 

** i Marquis — Patoolet, 

furent joints par une escadre anglaise et attaqués, le 10, 
{Kir les vaisseaux Revenge, qui portait le pavilloo du 
contre amiral sir Thomas Dilkes; Newcastu, AimiMi, 




BATiULLES. - i70S-!706. 257 

Expédition etl vaisseau hollandais; ils étaient alors fort 
près de terre. VArrogant, Y Ardent et le Marquii ame- 
nèrent leur pavillon. Le Magnifique et le Ly$ se jetèrent à 
la côte près de Marbella, dans l'Ouest de Malaga et furent 
incendiés par leurs propres équipages. 



BATIMENTS PIUS, DÉTRUITS OU NAUFRAGÉS 
p«adaot rtaièt I70S. 

U Arétnt ) 

^ i ArrogaiU I Ctptirét ^ mt divitiM. 

•• \ MMrfuiê J 

uÈcinrvLknon, 



ni4]iC4i]i. . 

45€Ullft. . • BâlÎBMBU iif. 





Détrattf 






Pris 




tscffodirt 


TOTAL 


S 


% 


» 


S 


•• 


1 


» 


» 



ANNÉE 170». 



Il n'y eut pas un seul armement quelque peu important 
pendant l'année 1700; la guerre de course occupa seule la 
marine. Le 28 octobre, le capitaine de Forbin rencontra 
dans la mer du Nord un convoi hollandais de 100 voiles 
escorté par 6 bâtiments do guerre. Scm parti fut bientôt 
pris. 11 fit signal d'attaquer aux trois bâtiments placés sous 
ses ordres, et il aborda le commandant de l'escorte: ce bi- 
timent amena son pavillon, mais après une vigoureuse ré* 
abtance. Au moment où le transbordement des prisooniert 
I. 17 



2M 



BATAILLES. — n06-l7iT. 



allait se faire* le capitaine de Touroane, qui n'avait pa 
réussir à accrocher le bâtiment sur lequel il s'était dirigé, 
tomba en travers sur les deux bâtiments abordés. Four 
comble de malheur, le feu prit à txNrd du hoUao4iis: 
chacun travailla à se dégager. Les deux français y avaient 
à peine réussi que le hollandais sauta en l'air. Le vaisseau 
du capitaine de Forbin fut de suite attaqué par un nouvel 
adversaire. Celui-ci ne résista pas longtemps à la canon- 
nade qui fut dirigée sur lui, et il coula presque au moment 
où il amenait son pavillon. Les capitaines Cornil Bart et 
Hennequin, qui commandaient chacun une frégate, enle- 
vèrent un bâtiment ennemi ; les deux autres se sauvirept. 
Le convoi échappa aussi aux poursuites des Français. La 
petite division rentra à Dunlierque avec ses prises. 



BATIMENTS PRIS, DËTSUITS OU IfALTRAGËS 

pendant l'aanée 1706. 



) Vai^^caux. . . 
( Bâtiments inf. 
■0L1.4XDAIS. B4iimeDl9 inf. 



AMCLAIS. 





UétniiLt 






Priii 


on 


luceotliés 


TOTAL 




naufr!U.> 






M 


M 


w 


» 


1 


» 


» 


1 


1 


S 


» 


• 



ANNÉE 1707. 



Le commandant de Forbin fut encore enfoyé, eetfe 
année, molester le commerce des ennemis de la Franet 
dans les mers du Nord. Le il mai, il sortit de DmkafqM 
avec les vaisseaux suivants : 




BATAILLES. — 1707. 259 

(lanon*. 

60 Man capitaiflo chevalier de Forbio. 

t nnuphine — de Roqaefeoil. 

^ ( FitiHê — baron d'Arcy. 

54 Bitirkoai — de Tourouvre. 

50 ^liifhurt/ — chevalier de Vczins, 

44 Griffon — chevalier de Nangir. 

4H proff' — conte d'IUiers. 

|>€lits corsaires se joignirent en outre & lui (1). Le lende- 
main soir, 55 voiles furent aperçues ; c*était un convoi sorii 
(le la rade des Dunes sous Tescorte des vaisseaux anglais 
de 70 canons 

RovjiL Oak capiUiM baron Wylde. 

Graftom * Edonard AcioD. 

Hamito^ CorRT — George ClemeoU. 

L'abordage fut immédiatement résolu ; mais il fut dé- 
cidé qu'on se bornerait h observer rennemi pendant la 
nuit. Le Protée fut désigné pour soutenir le Mars; la Dan- 
phinê reçut le Griffon pour aide; enfm le Fidèle eut ordre 
d'appuyer l'attaque du Salisbury, Le 43, à 10^ du matin, 
au moment de joindre Fennemi, le Mars mit en pantoe pour 
donner à la Dauphine la faculté de passer devant lui ; 1q 
capitaine de Roquefeuil devait attaquer le Gkaftor qui 
était placé au centre de la ligne ennemie; il lui fut pred« 
crit de commencer de suite le combat. Au lieu d'exécuter 
cet ordre, cet oflicier imita la manœuvre du Mars. Ltt 
A/(icAoa/, auquel aucun poste n'avait été assigné, força 
alors de voiles et aborda le GtArroM; mais ses grapins ne 
tinrent pas et il dépassa ce vaisseau. Le capitaine de U 
Dauphine fit senrir dès qu'il vit le Blackoal engagé, et il 
aborda le vaisseau qui lui avait été désigné pour adver- 
saire et que le capitaine de Tourouvre n'avait pas réussi h 
accrocher. L'attaque fut conduite avec vigueur car, dans 
ces conditions, il s'agissait de forcer un équipage da 
&50 hommes avec 380. L'audace l'emporta sur le nombre 



(I) r,Aai^ll, Li9*^$ of the ih'itùh admtraiif qui place cette affaire le i mai, 
e«t dao!i l'erreur eo diMil que U divi^oo fraoçaiM a>«pUil 10 fai w aa ai , 
I frégiâle f t 4 cor«aire». 



260 BATAILLES. — 4707. 

et, après une vaillante résistance qui coûta la vie à beau- 
coup d'hommes et notamment au capitaine Acton, le 
Grafton amena son pavillon ; le Griffon venait d'accoster 
la Dauphine pour lui donner des renforts. Le 3fars aborda 
le Hampton Court; mais après une lutte acharnée et meur- 
trière, ses grapins cassèrent et les deux vaisseaux se sépa- 
rèrent. Attaqué alors par le Salisbury. et plus tard par le 
Blackoal, le vaisseau anglais amena ; son capitaine était 
blessé mortellement : le capitaine de Vézins avait été 
blessé à la première bordée. Le Fidèle tenta d'aborder le 
Royal-Oak : il fut mis de suite hors de combat et le vais- 
seau anglais parvint à atteindre le mouillage des Dunes. 
Les cors£Ûres s'emparèrent de 22 navires de commerce. 



Profitant des bonnes dispositions du gouvemenaent qui, 
ainsi que je l'ai dit, prêtait ses bâtiments aux particu- 
liers désireux de faire la course, le capitûne Duguay- 
Trouin arma une division de six bâtiments et sortit de 
Brest avec le capitaine de Forbin, devenu comte et chef 
d'escadre, pour surprendre un convoi de troupes et de mu- 
nitions qui se rendait d'Angleterre en Portugal. Voici la 
composition des deux divisions : 

(lAnOD9. 

74 Lyt capitaine Dogoay-TroaÎB. 

6i Arfiiifr -. de Beaaharnaia. 

54 Jnsim .. de Coarseric 

40 Cintre — de Lajaille. 

36 Amazone — de Nesmcod. 

50 Maure — de Lamooerie Mniac. 

60 Mars comte de Forbin, chef d'e«caire. 

56 Fidèle capitaine Henoeqain. 

56 DttufJiinf — de RoqoefeniL 

51 Blarkwil — de TourooTre. 

ht Saiishury — chevalier de VenM. 

48 Mercure — comte d'illiert. 

44 Gnffon — chevalier de Naiigit. 

U Oerzey — Comil Bart. 

Le 21 octobre (1), à la hauteur du cap Lixard d*Angle- 

(1) Le 10 d*aprê^ Campbell, U\rs uflh*' BrUiih nif/mmii. 




BATAILLES. * 1707. 161 

terre, un convoi de 80 voiles fut aperçu sous lèvent; il 
était escorté par les vaisseaux anglais 

Canons. 



CniBtRLAXB capitaiae Richard Edwirds. 

DKTO?(]iNlRE — — 



76 Royal Gai 

Ihcsteiu 






50 . "-.gY, 



Les Français les chassèrent de suite. Dès qu'ils se virent 
poursuivis, les bâtiments de guerre mirent en travers et 
le convoi fit vent arrière. La chasse ayant été libre, l'at- 
taque ne fut pas simultanée; les bâtiments de la division 
du chef d'escadre (le Forbin l'avaient d'ailleurs disconti- 
nuée pour prendre des ris. Le capitaine Duguay-Trouin, 
qui avait pris ses précautions d'avance, ne crut pas devoir 
les attendre et il fit le signai d'attaquer l'ennemi. A midi, 
le Ly$ aborda le Cimbcrland ; la Gloire vint bientôt prêter 
assistance à son commandant et le vaisseau anglais fut en- 
levé. L'i4cAil/« allait se rendre maître du Royal Oak lors- 
que le feu prit à son bord. Les travaux que cet événement 
nécessitèrent donnèrent à l'Anglais le temps de s'éloigner. 
Le Jason et Y Amazone enlevèrent le Chester; le Maure 
combattit le Ruby ; le Blackoal, qui eut le premier pris ses 
ris, s'adressa au Uevon^hire : le Lyi lui vint en aide dès 
que le pavillon du Cumbesund fut amené. Les cbodes 
étaient dans cet état lorsque le chef d'escadre de Forbin 
arriva avec le reste de sa division. Le Mars aborda le Ruby 
par l'arrière et décida le vaisseau anglais à se rendre. La 
défense du Devonshibb était opiniâtre ; une affreuse cata- 
strophe la termina. Le feu se déclara à bord de ce vaisseau, 
et l'incendie se propagea avec une promptitude telle qu'on 
ne pût s'en rendre maître, et il sauta: 200 hommes seuls 
sur plus de 900 échappèrent à ce désastre. Le convoi fut 
chassé par les bâtiments de la division du chef d'escadre 
de Forbin : 60 na\ires furent capturés (1). 

I Le Monit^ttr 4e ta flotte doon», dani lOD B«Bér« dtt 14 )ABTitr ItM, «■ 



262 



COMBATS PAUTICLLIEUS» — 4707-1708. 



BATIMENTS PUIS, DETRUITS OU NAUFRAGÉS 
pendant l'aDoée 1767. 



r».», .^ ( Vaisseaux. . . 
FRAX.Ais. . j pi^ijinenls fnf. 

.«riàiv * Vaisseaux. . . 
HOLi iNDAis < Vaisseaux. . . 

HOLLANDAIS. ^ Bi^tin,j,nig inf^ 





DétrixiU 




1 
1 


Pris 


on 
n.iafniurôs 


Incndiïf» 


TOTAl 


» 


» 


» 


■ 


M 


• 


I» 


u 


9 


1 


» 


e 


» 


)> 


» 


1» 


1» 


» 


» 


• 


i 


» 


» 


i 



ANNÉE 1708. 



La frégate la ThHi%^ ca|)itaine Hennequio, fut chassée 
près (1c la Havane par une division anglaise et jointe, d'a- 
bord par le vaisseau de 70" Wim>sor, puis par FUteiiest 



article non signé, maiii qui c>l extrait d'un ouvra|ce publié, je craii, par H«lt 
lieutenant de vaisseau JonijuifTes .>()»> le titro de : Hi.\toire de têos Mtimtemiê 
de f/uen"^. L'article auquel j'ai eniprtinté lo rôrit qu'on Ta lire est inlitalê 

« Arrivé non sans poino ju'^qu'à !'*t\lrc'niitô arriôre du Royal Oak, bb conirc- 
maître fran«;ais, nommt* Toscan Honoré . paninl à anieuer le pafilloB qii 
flottait A la corne du vai^^euu ant:lais. Séparé den sienii et bientôt enloaré d'en- 
nemis, lor>que les progrés du feu tirent aux a^-^aïUants un deveir de retourner 
i\ bord do VArhilh pour joindre leurs elTort-t à ceux de leur« camarades qui 
lra\ aillaient à éteindre l'incondie, l'intrépide olllcivr mariaier eal bien ?He ap» 
prénc sj position. Sa préM>nrr d'esprit ne l'abandonna pas. I«e irnscage à Ira- 
vers les ma««es d Anulais dont le pont du RmALOik était couvert c'était pa.* 
pos>ible; les flots «euls lui oflraient la po>>ibililc de conserver la préciewe dé- 
p(»uille don était rliargè. Il ^'etanea dans la mer, ecbappa aux balle» aas* 
quelles il servait de point de mire et. recueilli p.ir une embarcation francaîM, 
il fut reconduit n hor^l de 1' [rhilh\ ou il fut arcueilli par lef boorae ëê !'•- 
quipa::e. Toscan eut l'hnni l'iir lii' i|cptH>r hii-m«''nie à Nolrr-Damo réiraiard 
britannique qu'il a\ail ifinn::i-. le jt^ur M\ un r- D^nu fut ebanlé dan< ctlW 
è'^'li>e a l'oira^iiMi de l.i Mrlnire n-iiiporlee par iMiguay-Trouin et Kurbin. car 
la «li^pff»»!!! du (oii\oi décline aux K«paguul> porta un coup fatal aux aCwo* 
<lc l'arcbiduc. » 




GOHAiTS PARTlGti LIBUS ^ t7tM709. M3 

de 58 qui rattaquërent des deux bords. Quoique décimé 
|)ar la fièvre jauue, l'équipage de cette frégate opposa une 
résistance vigoureuse. Enfin, après trois heures de lutte 
héroïque et après avoir obtenu les honneurs de la guerre 
ainsi que le renvoi en France de ce qui restait de combat- 
tantSf le capitaine Hennequin fit amener le pavillon. La 
ThéiU n*aveil plus de mâts, et elle ooidâii baa d'eaUé 



ANNÉE 1709. 



Le 20 avril, les vaisseaux VF!rlat(în(, ca|)Ualne Cassard, 
le Sérieux, capitaine Deshayes, et la coi vette la IHUgmtese 
rendant de Tunis à Toulon avec un convoi, furent chassés 
par une division anglaise qui accompagnait aussi un convoL 
Les deux divisions échangèrent une canonnade qui fut sans 
résultats et elles continuèrent leur route. 



A la fin du mois de juin, la frégate anglidie de S2* 
FowET fut prise par un vaisseau dans la Méditerranée. 



Envoyé sur la côte occidentale d'Afrique, au commeii- 
cément de Tannée, avec i vaisseaux et 1 frégate» le com- 
mandant Parent réduisit d'alord le fort de Gambie et« le 
le 20 avril, il s'empara de Tlle Saiut-Tliomé qu'il frappa 
d'une forte contribution. 



264 COMBATS PARTICULIERS. -1710-1711. 



ANNÉE 1710 



Dans les premiers jours du mois d'août 1710, le Tus- 
seau le Superbe arriva à l'entrée de la Manche avec un 
convoi qu'il était allé chercher dans les ports d'Amérique 
et qu'il escortait en France avec la frégate la Concorde. U 
vue de Tescadre anglaise de l'amiral Matthew Aylmer dé- 
termina le capitaine du Superbe à faire faire fausse route à 
son convoi ainsi qu'à la frégate et à attendre rennemL 
Joint par le vaii^seau Kent, capitaine Robert Johnston, il 
amena son pavillon après un combat de quatre heures. 



ANNÉE 1711. 



A la fin de l'année 171i, la France perdit le Toiiloiiie 
de ôO*", capitaine de Grandpré, qui, accompagné du vais- 
seau le Trident^ aussi de 50% fut attaqué près des Ba- 
léares par les vaisseaux anglais Hampton Coubt, capitûne 
Mighells, Sterling Castle et Nottingham, et amena après 
deux heures de combat ; sa mâture s'abattit eu entier pen- 
dant la nuit. Le Trident parvint à se soustraire à la pour- 
suite de l'eunemi. 




COLONIKS.— 1711. 



M5 



ANNÉE 1719. 



Vers le milieu de Tannée 1712, le capitaine Docaase 
partit de Toulon avec 6 vaisseaux et 2 frégates ; ses in- 
structions lui enjoignaient de faire tout le mal possible 
aux colonies anglaises, portugaises et hollandidses de 
TAtlantique. 11 débuta par s'emparer de San Yago, ville 
portugaise de Tune des Iles du cap Vert. Après en avoir 
détruit les fortifications, il se dirigea sur les Antilles, où il 
arriva dans les premiers jours du mois de juillet. Il atta- 
qua d'abord Ttle anglaise de Montserrat dont il se rendit * 
facilement maître et qu'il abandonna après quelques jours. 
11 fit ensuite route pour la côte ferme et rançonna forte- 
ment l'établissement hollandais de Surinam. 

Cette expédition fut le dernier fait maritime de cette 
guerre. Une suspension d'armes, acceptée de part et 
d'autre, précéda de quelques mois le traité de paix qui fut 
signé à Utrecht. 



BAT11I£XTS]PR18. DÊTRtlTS OU NAUFRAGES 
peodMl Ici êMBét* 1706, 1701, 1710 tl 1711. 



rii4.%vAi» . 



A5CiJU%. 



( VttiMMl. . . 
i BâllUMBU IftC. 

tVâisMAïu. . . 





UrtnuU 






Fnt 


lUittfrMéi 


loocttOiét 


TOTAL 


i 


m 


• 


1 


1 


• 


• 


1 


s 


» 


ft 


t 


1 


» 


m 


1 











266 COMBATS PARTICULIERS.— 1718. 

Le 27 juillet 1712, une suspension d'armes, reDoavelée 
le 22 décembre, fut convenue euue la France, l'E^ngne 
et l'Angleterre ; le Portugal y adhéra au mois de novembre. 
Le 11 avril 1713, la paix fut signée à Utrecht entre h 
France, la Hollande, TAngleterre, le Portugal, la Pnune, 
l'Espagne et la Savoie. On sait ce que ce tndté coûta à h 
France ; la destruction du port de Dunkerque, la ceswm 
de la baie d'Hudson, de l'Ile SaintrCbristophe, de Tlcadie 
et de Terre-Neuve , sauf réserve du droit de pèche, ne 
furent que les principaux avantages concédés aux An- 
glais. 

Ce fut seulement le 7 septembre 171A que la mgnatnre 
de la paix avec l'empereur d'Allemagne donna à laFraoee 
le repos dont elle avait besoin après la lutte qu'elle venait 
de soutenir contre la puissante coalition à laquelle elle 
avait tenu tète. Cette lutte avsdt proCtéà sa marine. Elle 
avait eu pour premier résultat de lui faire prendre un dé- 
veloppement considérable : le contact incessant des bâti- 
ments français avec ceux des grandes puissances maritiaiee 
et les combats fréquents qu'ils durent livrer, la placèrent 
au niveau des marines de ses plus redoutables adver- 
saires. 

Ce fut, je l'ai déjà dit, sous le r^ne de Louis XIV que 
l'on commença à suivre une tactique navale et i ma- 
noeuvrer pendant les batailles ; jusqu'alors, on s'était en 
quelque sorte battu corps à corps. Les batailles navales 
étaient des mêlées dans lesquelles on ne se quittait d'ha- 
bitude que lorsqu'un des adversaires avait succombé. D 
n'en pouvait Nre autrement : le défaut de signaux enlevait 
au commandant en chef la possibilité de donner des ordres» 
Aussi n'y avait-il ni ensemble ni unité. L'emploi des â- 
gnaux permit la transmission immédiate des ordres et 
l'exécution des évolutions navales. La ligne de bataille lut 
admise comme l'ordre le plus convenable pour le combat: 
on peut uiAmc diiv qu'on n'en connaissût plus d'autre. 
L'emploi des brûlots avait continué à être d'un usage gé» 



COHMTS l'AEtTICVLIBRS. S67 

néral -, ils faisaient indispcnsableinciit partit! des escadres ; 
et malgré te peu de résultats «{u'on en obienait ea génénl 
dans les combats sous voiles, on n'en avait pas moins per- 
sisté it s'en servir. Les perfectionnements apportés & l'ar- 
chitedtire mytie amenèrent nécessairement la suppression 
des galères. On ne les volt plus figurer dans tes comlMts 
des dernières années de cette guerre, et elles cessèrent de 
fait, avec le régime de Louis \IV, de f^re partie de la 
Aotte de guerre de la France. 



Je ne veux pas clore cette période de notre histoire ma- 
ritime pendant laquelle la guerre de course fut, pour ainsi 
dire, seule pratiquée, sang rapporter les prindpaux fûLs 
d'armes qui ont illustré la carrière de Duguay-Tronin. Ce 
marin célèbre, compris dans le cadre desofGciers de vais- 
seau, n'a i-n que|r]uc sorte navigué que sur des b&iiments 
du roi armés en course. Ce serait donc ét-tblir une la- 
cune regrt-ttabic que de tenir entièrement dans l'ombre la 
plus belle figun' qui ait paru au commencement du 
iviii* siècle. 

En 1602, commandant la frégate de 30* YHertule, Du- 
guay-Trouin attaqua et prit deux frégates anglaises de la 
même force que la sienne. 

Celte même année, avec la frégate de ^0' la tHligtnle, 
il attaqua 4 bAtinients hollandais de 24 à •10' et en 
prit 1. 

A quelque icinp^i de là. celle frégate la Diligente fut atta- 
quée, sur la c6ic d' Angleterre, par H vaisseaux anglais de 
60 à 7if ; elle succomba après une dt-fcnse de quatre heu- 
res. Duguay-Trouin fut blemé à cette affaire. 

Duguay-Trouin s'échappa des prisons d'Angleterre avant 
la fin de l'année et prit le commandement du vaùaeaa de 
48* le fVaHraif. avec lequel il se rendit mattre, dans le 
courant de l'année l6t)S. après ^ jours de combat, des bA- 



if,% COMBATS PAKTICL'UERS. 

timents aoglais Boston de 30* et Nohscoi de ftO qui es- 
cortaient UD CODTOi. 

Pendant l'année 109ï, naviguant de compagnie arec le 
capitaine Beaubriand du Fortuné^ il attaqua S bfttiiMits 
anglais de 56, 52 et 32* qui amenèrent leur paTilkm a|ffès 
deux heures de combat. 

Notre béros commandait le Saru^Pareil eo 1 095 et ne 
donna que iO à ce vaisseau. Accompagné d*iine frégate 
d«.' 16' commandée par un de ses frères, il fit on débar- 
quement sur la côte d'Espagne, auprès de Vigo, et brûla 
un gros bourg après en avoir détruit les retrauichements. 

En 1000, comman^lant une division composée du Saaf- 
Pareit de AO*, du Saint-Jacques de i6, de la frégate h 
h'oHore de 10, et de 2 autres frégates de Saint-llalo, Da- 
^Miay-Trouiii attaqua 3 bâtiments hollandais de 56, 52 et 
:US'' qui escortaient un convoi. Le Sans-Pareil aborda soc- 
Cfissivement les 2 premiers et les enleva après un oombat 
sanglant dans lequel il perdit la moitié de son équipage. 
Ix* troibit'itic bâtiment de guerre et une partie du coovoi 
furent amarinés par les autres bâtiments de sa dÎTinoa. 
(le combat valut à Duguay-Trouin le grade de ca[HtaiPB 
de frégate. 

En 1702, il enleva à l'abordage une frégate hollandaise 
lie 30^ avec la frégate de même force la Bellone. 

En 1703, il sortit de Saint-Malo avec les vaisseaux ]'£- 
rlatant de 62% le Furieux de 56 et la frégate de 30 la 
iiienvenue^ pour poursuivre les baleiniers dans les men 
(lu Nord. Pendant cette croisière, il tomba dans une esr 
cadre hollandaise de \h vaisseaux à. laquelle il échappa 
après un échange de quelques bordées. 

Duguay-Trouin prit la mer, en 170A, avec le vaîaaean 
de 54*^ le Jasou, en compagnie de Y Auguste àe même forte* 
capitaine Desmarques, et de la frégate de 26 la Falmr, 
capitaine do Bourgneuf Gravé, combattit le vaisseau an- 
glais de 72' l\bVA>r.nK, rt .Veiiipara du vaisseau de 5à* 




COMBATS PARTICULIERS. 269 

CoTEPrTBT et d'une partie du convoi que ce vaisseau es- 
cortait. 

Commandant encore le Jason accompagné de YÀugusle^ 
alors sous les ordres du capitaine chevalier de Nesmond 
et de la frégate la Valeur, capitaine Duguay-Trouin, jeune, 
il attaqua les vaisseaux anglais Elizabeth de 72' et Cbatam 
de 5&. Le Jason enleva le premier; Tautre parvint à 
échapper à ses conserves. 

Peu de jours après, Duguay-Trouin s'empara du corsaire 
hollandais Aiiazoiv de 30% 

Deux prises, une frégate anglaise de 30* et le corsaire 
hollandais de 30*^ Mablborough constituèrent ses exploits 
pendant l'année 1705. 

En 1706, Duguay-Trouin se disposait à reprendre la 
mer avec le Jason et le Paon de 2œ, capitaine de Lajaille, 
lorsqu'il reçut Tordre d'aller se mettre à la disposition du 
capitaine général de l'Andalousie pour coopérer à la dé- 
fense de Cadix, menacé d'être attaqué par les Anglais. Le 
vaisseau de 50^ Y IlercuU, capitaine de Ruis, fut placé 
sous ses ordres. En se rendant dans ce port, la petite di- 
vision française eut un engagement très-cbaud av^ bâti- 
ments de guerre portugais; elle put cependant continuer 
sa route et arriver à Cadix sans avoir fait d'autre ren- 
contre. Les équipages français furent de suite mis à terre 
pour armer les batteries; mais l'attaque qu'on redoutait 
n'eut pas lieu, et la division retourna en France. En route, 
elle sempara de la frégate de ih'^ Gaspabd et de 12 na- 
vires, aussi anglais, qu'elle escortait. 

J'ai relaté, en son lieu, le combat que Duguay-Trouin 
livra, dans le courant de l'année 1707, en compagnie du 
chef d'escadre de Forbin. 

Il sortit de nouveau à la fin du mois d'octobre avec le 
Lys, V Achille, la Dauphine^ le Jason et V Amazone pour in- 
tercepter un convoi anglais qui (Hait attendu des Antilles. 
Ce convoi fut dispersé par un violent coup de vent à une 
centaine de lieues des côtes et ce qui en restait arriva à 



iVf COMBATS PARTICULIERS. 

VftniT&i de la Manche avec les 2 vaisseaux Haxpsbiu et 
(îiJx:h9,7LR. l^ division française les aperçât le 6 novembre. 
Grâce à la défense opiniâtre des 2 vaisseaux, le convâ 
put échapper ; mais le Glocestek fut forcé d'ameoer son 
pavillon. 

Au mois de mars 1700, commandant le vaisseau rAckilk 
de 00 canons, et ayant sous ses ordres la frégate de iO Or 
nons la Gloire, capitaine Lajaille, YA^trée de 22, capitaine 
Kerguelen et Y Amazone de 36, capitaine chevalier de Cour- 
serac, il combattit les vaisseaux anglais Assubasice. de 
70 canons, capitaine Tollard (1), Haupsuiie et Assutaxe 
de 50, et enleva 22 navires au convoi qu'ils escortaient 
Un coup de vent lui fit perdre le fruit de sa victoire. Le ci- 
pitaino Tollanl et le capitaine Tuder de rAssisraiiCE avaient 
été bl(*ssés. 

Ayant repris la mer avec les mêmes bâtioieDts dans le 
courant de l'année 1710, il enleva le vaisseau de 58 canons 
BnisTOL & l'abordage, en vue de Tescadredu contre-amiral 
Dursley. Ce vaisseau coulant bas d*eau, il fut obligé Je 
l'abandonner, ainsi que les hommes qui l'avaient amariné, 
afin de n'être pas pris lui-même (2). 

( iC fut h cette époque que le roi accorda à Duguay-Trouin, 
cipitaine de vaisseau depuis la fin de 1706, et à son frère 
atné, les lettres de noblesse qu il sollicitait. 

Au commencement de l'année 1711, le capitaine de 
vaisseau Leclerc tenta une expédition contre ia capitale de 
Brésil. La mauvaise conception de ses plans et le peu de 
vigueur qu'il mit à pousser les opérations lui firent perdie 
h*s avantages (|u il avait d'abord obtenus. Obligé de se 
rendre, il fut lâchement assassiné, malgré la promeM 
déchange qui lui avait été faite. 

Le ca|)itaino Duguay-Trouin demanda au roi la permit- 



(1) r.ampb«»ll. hvet nf thr Britith wlmiraff, dit Tollet. 
(i' Le mêiiit* autour preleDd que U iUntre Col CAptwét. Ll 
t:ua>-TrnuiD n'«n font pa:» mention. 



0MDAT6 PARTICULIBItS. «1 

non d'aller Yenger l'offense faite à la Frtnoe. Void, au 
sojet de l'expédition particulière qu'il proposa de diriger, 
an document trës-curieux qui indique les arrangements 
que le gouvernement prenait avec les armateurs dans les 
entreprises de ce genre. 

« S. M. accorde au capitaine de vaisseau Duguay-Troaio 
c les vaisseaui le £{fi, le Magnanime, le Glorieux, le 
> Brillant, le Fidèle, le Man, le Blaekoal, tes frégates 
« VAmazone, l'Ârçonaute, YAigk, YAitrée, une corvette, 
« S gaUotea et une flûte. 

■ Elle lui fera remettre tous ces b&Umenta carénés et en 
« bon état, avec leurs garnitures, rechanges, agrès et ap- 
« paraux, canons, armes et munitions nécessiûres poar 

■ une campagne de 9 mois; mais si S. M. n'était pas en 
« état de faire la dépense de la main-d'ceurre, des façons 

■ d'ouvrage et journées d'ouvriers, comme aosû des mar- 

■ efaandiaes et munitions nécessaires pour cet armement, 
• qui ne se trouveraient pas dans les magasins, ledit sieur 

■ Dnguay sera tenu d'eu faire toute la dépense, dont il fera 
a arrêter les états par les intendants et contrftleurs de la 



« Elle fera lever les officiers mariniers, matelots et sol- 
t dats nécessaires pour les équipages de c«8 vaisseam, 

■ par lus commissaires de la marine et aux clastrs, comme 
« il se pratique pour l'armement des vafMeaoi de S. M., 
< et aux mêmes soldes et gages que ledit sieur Doguay 
« payera, aussi bien que les frais de levée, la conduite et 

• demi-solde, et l'armement et désarmement. 

q Les officiers mariniers, matelots et soldats qui seront 
M embarqués sur ces vaisseaux et qui (léserleroDt, seront 

• mis en conseil de guerre et jugés suivant la rigiMur des 

■ ordonnances, comme s'ils servaient peur le aervice et 

■ le compte de S. H., et ce, conforméowDt à l'ordra- 
« nance qui a été ci-devant rendue en faveur des annateurs 

■ dudit sieur Duguay. 

« Elle accordera les odkiers qui seront proposés par ledit 




272 COMBATS PARTICULIERS. 

<c sieur Duguay, qui conviendront pour commander et 
a vir sur ces vaisseaux ; ces officiers seront payés de 
« leurs appointements pendant qu'ils serviront, oomoie 
(( s'ils étaient dans le port, et ledit sieur Duguay payera 
« leur table et le surplus de leurs appointements. 

« S. M. voudra cependant bien agréer, pour commai»- 
« der 3 de ses vaisseaux, trois sujets dont la Takor, 
« l'expérience et la capacité sont connues, qui fleront pio> 
« posés par ledit sieur Duguay, et S. H. leur 
a dera un rang dans la marine pendant la campagne 
a lement. 

Elle donnera aussi audit sieur Duguay le nombre de 
« gardes de la marine dont il aura besoin, et ils senxtt 
« payés de leur solde pendant la campagne , comme s'ib 
étaient présents au port, outre le supplément qn'ils re- 
« cevront dudit sieur Duguay. 

« Elle lui donnera 2,000 soldats pour les équipages de 
a ces vaisseaux dont la solde sera payée par S. IL comme 
« s'ils étaient présents au port ; mais ledit sienr Dngnay 
u payera leur nourriture et celle des officiers marinieis 
a et matelots et de tous les gens qui composent les éqm- 
a pages des vaisseaux. 

c( Ledit Duguay et ses armateurs payeront, sor les pio- 
« fits d'armement, SO livres pour chaque soldat qui monr^ 
« ra, sera tué ou désertera pendant la campagne ; et, en 
cas qu'il n'y ait pas de profits, ils seront déchargés de 
u faire ce payement. 

(( 11 fera embarquer la quantité de vivres, de nfiraldûs- 
u sements et médicaments nécessaires pour la campagne; 
A la visite en sera faite par les officiers des vivres et des 
« hôpitaux, pour connaître s'ils sont des qualités et quan- 
ti tités requises, et la distribution en sera faite sur cas 
(i vaisseaux, conformément à l'ordonnance de S. H. 

11 sera établi sur chacun de ces vaisseaux, frégates on 
« bâtiments, un écrivain pour veiller à la consommation 
« des agrès et apparaux : à la distribution des vivreSt po- 




COMBATS PARTICULIERE 973 

« ser les sceaux sur les prises et tenir des rôles exacts 
« des équipages, ainsi qu'il se pratique sur les vaisseaux 
« armés pour le compte de S. M. Ces écrivains auront 
tt même part, dans les prises qui seront faites, que les 
(I enseignes ; leurs appointements leur seront payés comme 
« dans le port et ils seront nourris seulement par les ar- 
« mateurs. 

« Le cinquième du produit net des prises que ces vais- 
« seaux feront, déduction faite du dixième de M. l'Amiral, 
« des dépenses faites pour l'armement et désarmement, 
« des frais de justice, de magasinage et autres, de quelque 
« nature qu'ils soient, y compris même la somme de 
« 120,000 livres que ledit sieur Duguay et ses armateurs 
« se sont-engagés à avancer pour la dépense des munitions 
« et marchandises qui ne se trouveront pas dans les ma- 
« gasins et celles de la main-d'œuvre et journées d*ou- 
u vriers, appartiendra à S. M. qui veut bien ne le recevoir 
« que sur les profits clairs, en considération des avances 
« que le sieur Duguay et ses armateurs seront obligés de 
« faire pour mettre les vaisseaux en état d'aller à la mer; 
<i sur lequel cinquième S. M. voudra bien tenir compte à 
M SCS armateurs du surplus de ce qu'ils auront avancé au 
Il delà de 120,000 livres, pour ces munitions, main*d'œu- 
« vre et journées d'ouvriers, suivant les états qui en auront 
(I été arrêtés; mais les avanœs qui seront faites par ces 
u armateurs pour cette destination seront en pure perte 
« ix)ur eux, supposé que ces vaisseaux ne fissent aucune 
« prise. 

« Les officiers et équipages de ces vaisseaux auront la 
« dixième partie de ce produit net, après que le cinquième 
« de S. M. aura été déduit, si ce produit monte à un mil- 
le lion et au-dessous; et s'il excède ledit million ils auront, 
tt outre le dixième de ce premier million, le trentième de 
(t l'excédant, à quelque somme qu'il puisse monter. Bien 
a entendu qu'ils ne feront aucun pillage, voulant S. M. 
a que c«^ux qui s'en trouveront saisis, ou qui en seront 
I. IS 



274 COMBATS PARTfCULlSRS. 

convaincus, soient déchus de cette grâce et punis sidniit 
« la rigueur des ordonnances, et que ceut qni les déesa- 
(c vriront auront la moitié de ce qui leur serut refera. 

u S. M. ne lèvera aucun cinquième sur les ▼aisseun de 
« guerre qui seront pris par ledit sieur Dnguay, oonfonné- 
K ment à l'ordonnance rendue en faveur des armateon 
tt dudit sieur Duguay, le tb mai 1705. 

u S'il arrivait par malheur que lesdits vdsseatiz Yinsseoi 
(( à être pris par l'ennemi, ou perdus par aveoture de mer. 
« ledit sieur Ditguay ne pourra en être recherché» pas plus 
«I que ses armaieurs, et ils seront entièrement déchargés 
o envers S. M. , laquelle supportera la consommation de 
« tous les agrès, apparaux et munitions de guerre pendant 
« la campagne, sans que S. M. puisse en prétendre le rem- 
« boursement; mais il ne sera pas permis an siear Dognav 
(I de laisser lesdits vaisseaux dégradés dans les paya étran- 
« gers, à moins qu'il n'y soit forcé par des aoddeMs ini- 
tc prévus, auquel cas il sera obligé de rapporter des pn^ 
« cès-verbaux en bonne forme pour sa décharge. 

« S. H. laissera audit sieur Duguay et à ses annateon 
tt l'entière disposition des vaisseaux de cet armement, pour 
« être employés à cette destination. Elle a annulé tooslei 
« traités particuliers qui pourront être £uts par les inlen* 
« (lants des ports pour l'armement des vaisseam dénoo- 
« mes ci-dessus. » 

Fait à Versailles, le 19 mars 1710. 

Signé : LOUIS. 

Et plus bas : PHÉUPEAUX. 

Revenons à notre expédition. Le juin 17ii, le capitaine 
Duguay-Trouiu partit de la Rochelle avec les bâtiments 
dont les noms suivent : 

VAIMIAOK. 

('•a lion». 

74 Lffs capiUiM Digity-IVoiiB* 

7i Mugnanimr — cbeYAlîer 4ê 

CG Achille — chaTalierdt 



COMIIATS PA11TICL1.IEHS. 

lilorie», — Jg I^jvlte. 

Fitlfte — Lumintna Uisiu. 

Mort — d» LjciU lluDfcu. 



Argtinau'' ilievjlicr UuLuis iji 

J13/' - de L«miire Dcmd. 

A»mtimi- Duchtiru) LtUu 

Hélium . ~ Kecftneleii, 

Àitrie ds HogDD. 

Concfdt - da Piadd UtDMl. 



U Chnneelif — ttaroch«r Uuiteu. 

SÔ CI'Ti'uif. — di Lspertha. ' 

Daat tntertint portant rbacuB deux mortier*. 

l* Mloot ■lail vitu deui Morliart. 

^100 hoRuna* doiroipM aïkiealateofflbM^Héiuir coU« ueadn. 

Prévenus de bonne heure de la destination de cet armo- 
ment, les Portugal» mirent la ville et les fortiQcations de 
Rio Janeiro en lurfait éiat de défease ; des baileries dou- 
vellea furent élablieâ sur plusieurs poiats, et h vaisseaui 
et S Trëgates furent embossés à l'entrée de la rade. L'es- 
cadre française arrira en vue de Rio Janeiro le 12 sep- 
tembre. Esliinant qu'il devait obtenir un résultat d'autant 
. meilleur qu'il IdsMtait moins aux Brésiliens le temps de 
K reconnaître, le commandant Duguay-Trouin rangea son 
escadre en ordre de convoi, et, profilant de la direction de 
la brise qui souillait du large, il donna de suite dans la 
passe, qui fut forcée malgré le feu des forts et des vais- 
SL'.iux qui la défendaient. Ceux-ci ne voulurent pas engager 
une lutte plus sérieuse, incapables d'arrêter désormais les 
bàtimcnis français, ils coupèrent letâ? câbles et se retirè- 
rent au delà (le la ville. 

Il n'existe pa^i dans lu monde entier uod rade qtii puisse 
Hn comjiarée à celle de Riu Janeiro, Cette baie magnifique 
n'a pas inoinsde lit niiUus de profuudeur du Nord au Sud, 
sur lûdaiis s;i plusgraitJe largeurdti l'Eât àl'Uuest. L'en- 
trt-H; de ce vaste baasin est siiuëe à l'eitrémité méridtonajt; 
du grand diauiètre : elle n'a p^is 1 mUle de large. Le fort 
de S»n(a Cru:, qui, d'après le rapport de DuKoay^Trouiii , 




276 COMBATS PARTICULIERS. 

était alors armé de A& canons, et, un peu plus en ddion, 
une batterie de 6 pièces, défendent le passage du côté de 
TEst. Le fort San Joao et 2 l)atteries présentaient à FOoest 
un front de 48 canons. Dès qu'on a dépassé ces fortifica- 
tions, les terres s'évasent pour former à droite la baie de 
Boa viagem^ au fond de laquelle il y avait une batterie de 
10 canons, et à gauche la baie de Boia fogo^ sitoée aa 
pied de la montagne appelée le Corcavado. La ville de Bio 
Janeiro est bâtie sur la côte occidentale, à 2 milles 1/2 de 
Santa Cruz. L'Ile dos Cobras^ située à rextrénûté septen- 
trionale de la ville et à petite distance de la terre, en fonne 
le port ; plusieurs batteries le défendent Avant d'arriver 
devant la ville, on rencontre l'Ile de ViUegagnom^ sur la- 
quelle il y avait une batterie de 20 canons. Rio Jandro 
était alors, comme aujourd'hui, une ville oaverte dont les 
principales défenses consistaient dans les ouvrages qœ 
je viens de décrire. 

Le 13, l'Ile das Cobras fut enlevée. Eu se retirant, les 
Portugsds firent sauter 2 de leurs vûsseaux ; quelques jootb 
plus tard, ils en détruisirent un autre et 2 fr^^ates. Des 
sommations furent faites de suite au gouvemenr. Sur son 
refus de livrer la place, l'investissement commença et le feo 
fut ouvert le 21. La ville fut abandonnée sans réaistanoe, 
et les Français y entrèrent le lendemain. Le 2S, les forts 
de la rade se rendirent. Le même jour, le gonvemenr 
proposa de racheter Rio Janeiro moyennant 610,000 
zades (1) et 500 caisses de sucre : cette offre fut 
Tous les navires portugûs dont on ne trouva pas à se dé- 
faire furent livrés aux flammes, et, le IS octobre, Teacadie 
lit route pour France. Dispersés par un violent coup de 
vent aux Açores, les bâtiments prirent des direcUons diflé- 



(1; Le rapport omet de dire ft'il s'agît de rniiirtii il'ir nn il rrin<n j'i 
g«»Dt. U cruzade d'or vaat S fr. SO; Tautro 9 fr. 94. Lm béaéieM étoiéti 
(|!jôs \t\m b.'u doivent faire «luppoMr qo*il est i|uefltiDD de cmadct é'm, Ln 
GtO^Oou accordée:» formeraient alors une sommo de 9,01S,0S0 fir. 




COMBATS PARTICULIERS. ST7 

rentes. La frégate Y Aigle relftcba à Cayenne où elle ooola. 
Le Magnanime et le Fidèle sombrèrent probablement en 
mer, car on n'en entendit plus parler. Les autres bâtiments 
arrivèrent à Brest dans les premiers jours du mois de fé- 
vrier 1712. 

Cette expédition rapporta 02 pour 100 à la Compagnie 
qui en avait fait l'armement. 



L'historien anglais Campbell (1) donne comme authen- 
tique le chiffre suivant des pertes éprouvées pendant cette 
dernière guerre (1702 à 1712) : 

Aoglait. Ffin^iif. 

t tiUmau ëe tO CAAOBf . i TtiMMii de 100 caMM. 

— de 70 — 9 — de 90 .— 

— de 90— 9 — de 99 — 
g. de 50— 1 — d•7i — 
l — de 49 ~ S — de 70 — 
9 bitÙDenU de 40 — t — de 94 — 
1 _deS9— t — deM — 
4 — deS9— 4 — de M — 
l-deS0~ 9 — de 90 — 
I — de M— 1 — dea — 

tt — de 94 — t MUÎMtt de 40 — 

l-de99— 9- de 89- 

t - de 94 - 

1 - de 99 - 

9 — de 90 - 

1 - de 99 — 

9 — de 94 — 

S - de 99 ^ 

J'ignore où l'historien Campbell a puisé ses renseigne- 
ments. Voici le relevé que j'ai fait sur les notes qu'on 
vient de lire : 

1709. , 

CattcMM. 

, . I FoH Brtié à Vigo. 

^* \ Prompi 
79 Ferme 

'«l.t^';.:::;.::l-"'*^'-- 

99 Homrhom 
99 Aituré. 



• ••••••«• 



J ) Urti ofthe Brtittk i.timirali. 




278 COMKATS PAKTICIjLIER& 

64 Oriflamme ) j^. „. 



60 Sirène Pris à Vigo. 

/ So/*V/^ PrAlé à Yigo. 

*• f 3MiW. Pris à Vico. 

( ^"^P^^" Brûié à Vigo. 

1700. 

.VO Haznrdeux.^ Pri? par wne «liTision. 

50 Admit Coulé pendant an combat. 

1705 

?? îf *• ■ *. \ DëtruiU à U cAta. 

W) Magnanime J i/^^mmi» • ■• w». 

04 i4r</<7if J 

IArrmjnnt > Pris par aoe difirioa. 

Marquis \ 



5H 



1708. 

Frégate. Thétis Prise par deux ftwitcau. 

1709. 

Yaiiti^au. Superfte Pri 4 par an Ttisscau. 

1710. 

.V) Toulouse Pri» par une dÎTiiiOD. 



ANGLAIS. 



i7or,. 

50 SU.ISBIHT 

f liAtimi^nt de guerre. 

I — — . 

« — - . 
îl — 

I - — . 



I Pri< par une difision* 

Coulé à la raite d'an combat. 
Pris par une divi»ioB. 
Knlrvéit à Tahordage. 
Sauté pondant le combat. 



170i. 

70 Ki.iZABF.TR KnleTé à l'abordage. 

■>» CovK.NTRY Pri^parane difïMOB de eomires. 

5 b<\timent« de guerre. . . Knlevé^ h Tabordage. 

1705. 

1 rré^rate de Tiù' PriM par on coruire. 

1706. 
r>i C\M'\nriE Prise à l'abordage* 



1707 

(ÎH\ITnN 

HO r.ivKKHi.\M> KnMé» à l'abordage. 

it'.Hi.sri.ii i 
hih^ 1 



_^ I (iH\ITIl> , 

'Mh» ' 



JO 




66 



COMBATS PARTICULIERS. 979 

DifiWMiBi Sailé pei4tiU &• CiinlNU. 

IT10. 

Sirr:::::::::h- '"•«•--«-• 

RULLAFIDAIS. 

17M. 

Licotvs* Prit par d«i galèrt f. 

1 frégate de S6' Prise par une frégale tnnèd en coant. 

nos. 

t bâUmeols de guerre. . . Pris par une dWifioD. 

1704. 

1 TanMiQx Collés a« combal de Malaga. 

I liAiiaent d# guerre. . . . Pri« par oae diYÎMOO. 

17M. 

4 MUintDts de guerre. . . EoleTés à l'abordage. 



RECAPITULATION CI^ERALE DES BATIMENTS PRIS, DÊTRU1T8 

OU NAUFRAGES DE I70i A 171i« 



.... I Vai«»eau\. . 
raaiivAiv • J lUuaeoU iaf 

AM^iAi. i Vai*»eam. 
■«>UA«»Ai« i Vaiweaui. . 





ftrinriu 






Prlf 


oa 
naafraf^ 


loModiét 


TOTU 


IS 


7 


» 


to 


1 


S 


» 


4 


10 


1 


» 


II 





t 


ji 


il 


1 


1 


• 


3 


7 


» 




7 



Il n'est pas hors d'intérêt de jeter un coup d'œil ré- 
trospecUr sur le long règne dont je viens d'esquisser 
quelques pages, et de rechercher à qui l'on doit attribuer 
r honneur d*avoir placé la marine de la France au rang 
élevé qu'elle occupait déjà à celte époque parmi les puis- 
sances maritimes. 

Louis XIII fut le premier monarque qui rèra pour la 
France une suprématie à laquelle ses prédécesseurs n'a- 
vaient pas sérieusement songé ; et si l'idée appartient h son 



S80 PARALLÈLE. 

ministre, le cardinal de Richelieu, ce n'en est pasmoios sons 
son règne qu'eut lieu la création d'une marine militaire. O 
fut en effet cet homme d'État qui comprit le premier qu'une 
nation dont le pays est baigné par trois mers, doit èin 
puissance maritime autant que puissance continentale. Les 
débuts étûent difficiles; mais l'idée était émise; elle fut 
comprise, et le succès ne tarda pas à comminer Fentre- 
prise. En tète des personnes qui contribuèrent le plus à 
apiK>rter des améliorations dans la partie pratique de cette 
grande œuvre, on doit placer Henri d'Escoubleaa de Soor- 
dis, archevêque de Bordeaux. Ce prélat, que le cardmal- 
ministrc considéra comme le plus capable entre tous, sinos 
de bien conduire les armées navales au feu, da moins de 
Io!( organiser et de les diriger, ne resta certainement pas 
au-dessous de la mission qui lui avait été confiée. 

l«cs bases de la grande organisation maritime pressentie 
l^ar Richelieu étaient donc jetées lorsque parut Cdbert, 
l'organisateur par excellence, le ministre qui comprit la 
marine à ce point, qu'après près de deux siècles, quelques- 
unes de ses institutions sont encore en vigueur, et sans mo* 
difications sensibles. De grandes difficultés surgirent ce- 
pendant tout d'abord, car il fallut combattre avant même 
qu'on eût organisé. Golbert trouva fort heureusement, chei 
quelques-uns des officiers généraux de son époque, une 
grande intelligence pratique ; ou plutôt, il sut reconnaître 
les intelligences d* élite, et il leur donna le moyen de se 
faire jour. Quel fut, parmi les nombreux officiers généraux 
de la marine de Louis XIV, celui qui fut le plus heoieiue* 
ment doué, celui auquel revient la plus grande part des 
lauriers recueillis dans la longue guerre maritime de ce 
règne? 

Le vice-amiral Armand de Maillé, duc de Bréié, qipanit 
d'abord sur la scène. A lui le premier appartient Thonnenr 
de combattre et de vaincre les Espagnols avec une année 
exclusivement composée de bâtiments de guerre apparte- 
nant à l'Ktat. Mais, quelque grand que fût le mérite, on 



PARALLÈLE. 281 

saurait roir dans les succès du Yice-amiral de Brézé qu'un 
emploi heureux de la force contre la force, et l'on y cher- 
cherait en vain le résultat de calculs ou d'une combinaison 
savante ou intelligente. 

Le chef d'escadre commandeur Paul, cité comme un des 
ofliciers les plus distingués de son temps, finissait sa car- 
rière précisément au moment où la France commençait à 
s'occuper de la marine. 

On ne peut rien dire de l'amiral duc de Beaufort, sinon 
qu'il devait sa position à son nom : aussi c'est à peine si 
sa mort, à l'attaqué de Candie, produisit quelque sensation 
dans l'armée navale dont il avait le commandement. 

Le vice-amiral Jean, comte d'Estrées, montra une grande 
intelligence du métier; et, quoi qu'on en ait dit, il fit preuve, 
dans les commandements importants qui lui furent confiés, 
de connaissances que la plupart de ses détracteurs ne pos- 
sédaient certainement pas. S'il ne montra pas toujours au- 
tant de jugement qu'il en déploya dans plusieurs circon- 
stances, on ne peut lui refuser d'avoir joué un très-grand 
rôle, précisément au moment où les Anglais venaient d'inau- 
gurer une ère nouvelle pour la marine, en appliquant les 
signaux et les évolutions à la navigation. 

Son fils, le vice-amiral Victor-César, comte, puis duc 
d'Estrées, se montra constamment à la hauteur des diverses 
missions dans lesquelles il fut chargé du commandement 
en chef. 

Le duc de Vivonne ne peut guère être cité que pour 
mémoire, car si, bien que général des galères, il se trouva 
& la tête d'une armée navale importante, et s'il commanda 
une autre fois une escadre de bâtiments à voiles, ce fut ex- 
ceptionnellement, et, en bonne conscience, on ne saurait pas 
plus faire peser sur lui le blâme de l'échec que les annes 
de la France éprouvèrent devant Candie, que lui attribuer 
les avantages remportés pàt l'escadre française devant la 
Sicile. 

Le lieutenant général marquis de Martel avait certaine- 



ttS PARALLÈLE. 

ment tout ce qu'il fallait pour réosBir; œ foimfc peuMln 

les occagions qui lui manquèrent. 

L'amiral comte de Toulouse devût aa position à sa sait* 
sance. On ne saurait lui attribuer le résultat de la batailb 
dans laquelle il commanda; et, si celte batûlle fot mus ré- 
sultats, le tort en appartient réellement à celui qui avait 
désigné le commandant en chef de la dernière vipéo la- 
vale qui sortit des ports de France pendant ce règne. D 
fallait, ainsi que cela s'était fadt juaque-lA, lainaer ^ vee- 
sieur l'Amiral les bénéfices de la position, et ae bien gaider 
de lui en faire supporter les charges. 

Le chef d'escadre de Poinfis se signala plnlôt eoaiae 
chef de corsaires que comme oflScier gtnéraL 

Le chef d'escadre comte de Forbin se montre Ttonle, 
l'égal des plus hardis corsaires dans les entrepriaee et le 
courage et l'audace marchaient au premier rang. Se lépo- 
tation eût ^alé sans doute celle des plus illostree de ses 
contemporains si, au lieu de servir dans les escadres, II se 
fût tout d'abord livré à la guerre de course. 

Le chef d'escadre vicomte de CoStlc^n ne se distingn^ 
que dans cette guerre de course à laquelle les ofllders de 
la marine royale ne dédaignaient pas de prendre perL 

Le lieutenant général Rousselet, marquis de Chftteatt- 
renault joua un grand rôle dans la marine de cette ^loqne; 
mais la dernière affaire dans laquelle il commanda en chef 
vint singulièrement amoindrir sa réputation à*ofBiàttr géné- 
ral et donna quelque valeur aux griefs que, dans une antre 
circonstance», se» sous -ordres avaient élevés contre Ini. 

Les vice-amiraux d'infreville, de Villette-Nursay, mai^ 
quis de Coëilogon ; les lieutenants généraux marquis d*Al- 
meïras, marquis d'Amfreville, Cabaret, marquis de Lange- 
ron, marquis de Laporte; les chefs d'escadre conte de 
Sepville, de La llarteloire, chevalier de Léry, marquis de 
Nesmond, de nelin^ne, chevalier de Valbelle, de Bdile 
£rard et Bailli de Lorraine, tous vaillants et intelfigents 




PARALLÈLE. 233 

capitaines* ne purent montrer ce qu'ils eussent fait comme 
commandants en chef. 

Viennent ensuite Duguay-Trouin et Jean Bart, noms 
trop populaires en France pour que j'omette d'en parler, 
quoique ces deux chefs d'escadre n'aient pour ainsi dire 
pas sen i dans la marine de l'État. Dans un pays comme le 
nôtre, où le courage a toujours été considéré comme la pre- 
mière des vertus militaires, le courage heureux nrpouvait 
manquer d'attirer les regards. Duguay-Trouin et Jean Bart 
furent le type de l'intrépidité et de l'audace; mais ces qua- 
lil(!*s, quelque développées qu'elles fussent d'ailleurs chez 
ces deux marins, n'auraient probablement pas été autant 
remar.'juées et célébrées, s'il leur avait fallu les déployer 
dans toute autre espèce de guerre que celle qu'ils faisaient 
avec tant d'intelligence ; en un mot, si le mal et le dommage 
au commerce eussent été l'accessoire au lieu d'être le prin- 
cipal. Tous deux le comprirent, et le gouvernement se 
garda bien de les détourner de cette voie. Cela ne diminue 
certainement en rieu leur mérite; ils étaient plus redoutés 
en Angleterre et en Hollande qu'aucun des oiOciers de leur 
époque. Il ne faut cependant pas les mettre sur la même 
ligne que ceux de ces ofliciers généraux qui ont eu à com- 
battre avec des armées navales contre des forces régulière- 
ment organisées; conservons à Duguay-Trouin et à Jean 
Bart la place honorable qui leur revient parmi les illustra- 
tions maritimes du siècle de Louis XIV; mais n'oublions 
pas qu'ils ne connurent ni les difficultés de l'organisation, 
ni lo"^ **oucis des grands commandements ; que leurs voyages 
ou leurs expiditions — à part la dernière ex|)édition de 
Dupuay-Trouin — ne duraient que quelques jours; qu'en 
un mot. leur carrière doit être considérée comme une série 
d'audai ieux et d'heureux coups de main. Leur part est en- 
core assez belle comme cela pour que leurs partisans quand 
!nème soient satisfaits. 

Y a-t-il, en eiïet, une comparaison possible entre la car- 
ière de Duguay Trouin et de Jean B.irt. et celle de leurs 



2i)4 PARALLÈLE* 

collègues Tourville et Duquesne? A ceux-là le eommÊttàt- 
ment en quelque sorte déga^de la responsabilité ; àœoi-d, 
au contraire, la lourde préoccupation qui accompagne tou- 
jours les grands commandements. Les premiers sortaiest 
pour courir sus à un convoi annoncé, souvent esooflé fl es 
vrai par des forces imposantes ; le rencontraient presque 
toujours dans les passages resserrés qu*U était oUigé de 
traverser ; surprenaient l'escorte par la brusquerie et Taii- 
dace de cette attaque ; le dispersaient ou s*en emparûem 
par l'emploi d'une tactique dont l'usage n'eût pas été pos- 
sible en escadre : c'en étdt dès lors fait du convoL Cbas- 
gez le théâtre, les rôles changent aussi. Ici le chef a des 
instructions dont il ne peut s'écarter qu'à ses risques ec 
périls ; car en s' écartant des ordres qu'il a reçus, il Cut 
qu'il réussisse. C'est là que se dévoile le génie de ce chef; 
mais, quoi qu'il fasse, il ne peut marcher sans œtle ïïtMfùù- 
sabilité si lourde aux chefs vulgures, responsabilité que 
savent si bien exploiter les sous-ordres insoumis et ceux qui 
sontmuspar de petites passions. Mettezle commandant d^one 
division de lettres de marque, de corsaires, dans la posi- 
tion où se trouve placé le chef d'une diviûon de bitimenti 
de l'État; en d'autres termes, retirez au premier la fiicolié 
de choisir les capitaines qui doivent senâr sous ses ordres, 
l'entente cessera, et vous verrez se produire ce que Fob a 
vu plus tard : le chef n'aura qu'un titre sans autorité* « 
ses mouvements seront paralysés par l'inertie de se 
pagnons. Dans de semblables conditions, la guerre de 
saires en division n'est pas possible. Telle est cependast 
la position dans laquelle se trouvent souvent les ollkiers 
généraux placés à la tète des escadres. En outre du cou- 
rage personnel, toujours nécessiure à la guerre, il leur bot 
les connaissances qu'exigent les longues navigations avec 
un grand nombre de bâtiments; une énergie dans le 
mandement qui n'est pas la moindre des qualités 
saires au chef d'une armée navale, enfin, et par-dessus tout, 
il leur faut ce génie des batailles qui a fait si souvent dé- 



PARALLÈLE. SSS 

faut à des marins qui s'étaient constamment distingués 
comme capitaines. 

11 me reste à parler des deux premiers hommes de mer 
de l'époque, de deux marins dont le caractère ne s'est pas 
un instant démenU pendant une longue et ptnible car- 
rière, de TourvUle et de Duquesne. Ici, j'en conviens, j'é- 
prouve un certain embarras : j'hésite à placer le maré- 
chal comte de Tourville avant Duquesne , et cependant 
je n'ose pas mettre Duquesne avant Tourville, car je 
reconnais à ces deus officiers généraux toutes les qua- 
lités qui disUoguent le chef éminent. Si les diverses mis- 
ions confiées à Tourville furent plus difficiles à remplir, 
dans ce sens que cet officier général navigua et combattit 
dans U Uéditerranée, dans l'Océan et dans la Hanche avec 
de» armées que, de nos jours, on hésiterait à envoyer dans 
ces derniers parages : si Duquesne ne fut jamais placé qu'à 
la tète de forces moins considérables et se tint dans des 
mers où la navigation est relativement plus facile que dans 
l'Océan, et surtout dans la Manche, on n'en peut pas con- 
clure que celui-ci ait rendu au pays moins de services que 
son collègue. Duquesne avait une vigueur de commande- 
ment et un esprit d'organisation que le maréchal de Tour- 
ville ne possédait certainement pas au même degré- Autre 
chose — cela est incontestable — est de diriger et de con- 
duire au feu une escadre ou une grande armée. Hais c« 
que Duquesne a fait prouve suffisamment ce qu'il pouvait 
faire. Deux choses lui manquèrent pour être l'objet des 
distinctions et des honneurs dont Tourville fut entouré : 
un litre nobiliùre, car à cette époque la noblesse était 1« 
premier degré de l'échelle qui conduisait à la fortune; et 
un autre titre, plus indispensable encore que le premier, 
celui de catholique romain. Si Duquesne eût été noble «t 
catholique, Tourville n'eût pas eu comme le monopole du 
Commandement de tontes les grandes expéditions de la fin 
de ce siècle, et le premier eût montré, dus les comnuuH 
demenls les plus importants, qu'il était toujours le chef 




:286 COMBATS PARTICULIERS. — 1726* 

qui le premier osa signaler au Roi riDsoudAnoe et le peo 
de discipline des capitaines; qui demanda et obtint de ks 
casser s'ils ne voulaient pas plier; qu'il était toujours le 
chef comprenant la dignité au point de reftiser de céder 
aux fantaisies d*un ministre qui, se croyaot marin puce 
qu'il avait la direction des affaires de la marine, Yonlat on 
jour commander une escadre et diriger une attaque contre 
une ville maritime, en plaçant auprès de lui un officier gé- 
néral de renom auquel il eût enlevé la gloire tout en loi 
laissant la respons2d)ilité. Tels qu'ils furent, Toimrilk et 
Duquesne ont été l'honneur de la marine et de la France, 
et tous deux ont rendu au pays des services qui les placent 
à la tète des marins du règne de Loms XIV. 



o>e4M 



ANNEE 1725. 



Le gouvernement voulut profiter de la paix pour étendre 
les possessions de la France dans l'Inde. A eet eAt« fl 
prescrivit au conseil supérieur de Pondicliéry de diriger 
une expédition contre Mahé, ville située sur la cAte occi- 
dentale de la presqu'île de l'Inde. Le capitaine chevalier 
de Pardaillan, qui reçut cette mission, arriva devant Malié 
le 29 novembre 1725, avec la Danaé. la Badine^ la Fifrft 
de Grâce, le Diligent et le Triton. Après une étude atten- 
tive de la position, la division ouvrit son fen, h 2 dé- 
cembre, sur les retranchements élevés par les Indiens aor 
le rivage. AOO soldats et 100 matelots, qui ftnrent ensoile 
mis & terre, enlevèrent crs fortifications et se rendirent 
maîtres de la ville après un combat opiniâtre. La diiWoa 
retourna à Pondichéry, après avoir mis la place en état de 
défense. 




COMBATS PARTICULIERS.- l7M*i741. 8t7 



ANNÉE 17a8. 



Le bey de Tripoli de Barbarie ne cessait de commettre 
des infractions aux traités qu'il aralt conclus avec la France 
et restait sourd aux remontrances qu'on lui adressait. Cet 
état de choses durait depuis trop longtemps pour qu'on 
n'essayât pas d'y mettre un terme. Le chef d'escadre de 
Grandpré reçut l'ordre d'aller demander satisfaction : le 
bey refusa de faire droit aux justes réclamations de la 
France. 11 vaisseaux, frégates ou galères, qui avaient été 
placés sous le commandement de cet officier général, ou- 
vrirent leur feu sur la ville, à laquelle on se contenta de 
faire quelques dommages, et la division retourna en France. 



ANNÉE 1741 



Marie-Thérèse était montée sur le trône d*Aatriebe (no- 
vembre 17A0) malgré les prétentions de l'électeur de B^ 
vière qui en appela à l'Europe. L'Espagne, la Sardaigne 
et la Prusse répondirent à son appel ; la France elle-mènie 
ne sut pas résister à l'entralqement général. La politique 
habile de l'Angleterre ne tarda pas à détruire cette ligue 
formidable, et la France resta seule l'alliée de la Bavière. 
L'Angleterre ne fit ce|)endant pas encore de déclaration de 
guerre ; elle se borna à agir comme auxiliaire de llari^-> 
Thérèse. Cette neutralité n'était toutefois qu'apparente. 
Des hostilités furent commises, et la mer devint le prin- 




288 COMBATS PARTICULIERS.— 4741. 

cipal théâtre de la déloyauté de cette puissanœ. Cette 
conduite nécessita Tenvoi à la Martinique, d'abord d'une 
escadre placée sous le commandement du lieutenaot gé- 
néral marquis d'Antin» ensuite de trois divisions que con- 
duisirent les chefs d'escadre de Roquefeuil, de Radooay et 
de Rochalar. Peu de temps après l'arrivée de ces bfttiinents, 
la fièvre jaune se déclara parmi leurs équipages et le lieu- 
tenant général d'AnUn prit le parti de retourner en Fimoe 
avec le gros de son escadre et de laisser M. de Rognefeofl 
aux Antilles avec 6 vaisseaux. 

Le 18 janvier 17ii, le capitaine chevalier d'Épinay, le- 
venant de Saint-Domingue où il avait été envc^ par k 
lieutenant général d'Antin avec les vaisseaux VÂrénUt le 
Mercure^ le Diamant, et la frégate la ParfaUe^ aperçut. 
à 15 milles du cap Tiburon, un fort convoi escorté par les 
Tûsseaux anglais Pbinge Fbedebigk, Oxroao, WEmooTi, 
Lion, Augusta, et un sixième dont je ne connus pas le 
nom, delà division du contre-amind Sir Cbaloner 0^ 
Ces vaisseaux se dirigèrent sur la division française^ et 
lorsqu'ils furent à portée de voix, on cria du Painca FasDEp 
RICK à V Ardent d'envoyer un canot à bord. 11 était 10^ da 
soir ; tous les vaisseaux français avaient leur pavillon d6- 
ployé. Sur le refus du capitaine d'Épinay, le vaissean an- 
glais tira deux coups de canon auxquels Tilrdefif rfipoodit 
par une bordée entière. Le combat devint alors gteéral; 
après une heure et demie, les Anglûs se retirèrent. Trois 
heures plus tard ils revinrent à la charge et s'élMgnèrent 
encore : cette seconde agression n'avait été qu'une escar- 
mouche. Lorsque le jour parut, un canot portant painOoi 
parlementaire se dirigea sur V Ardent; Tofficier anglais qm 
le montût était chargé d'expliquer la méprise. Traie on si- 
mulée, qui avait fait tirer sur les vaisseaux françaia; il dit 
que le capitaine lord Aubrey Bcauclerck, qui conunandait 
le Prince Frederick, les avsût crus espagnols (i). 

0/ BeatsoD, Saval ami miiitary memoirt of Gréai Britain^ plan 

reiicoDlre ù \à Go du moi» d'octobre 1740. 



IÏATAILI.ES.— lîiS. Sr. 

UcuK mois plus lard, la divinion fit route pour Franob, 
emmenant avec elle le Bourbon, vieux vaisseau qu'on n'avau 
pas jugé prudent de laisser naviguer seul. Le Bourbon fati- 
gua beaucoup pendant la traversée; de fortes voies d'eau 
se déclarèrent et, pour comble de contrariétés, il se sépara 
de la division pendant un gros temps. Après mille angoisses, 
ta terre fut aperçue ; mais les pompes ne fonctionnaient plus , 
le vaisseau s'immergeait incessamment et le capitaine de 
Boulainvilliers perdit l'espoir de pouvoir l'atteindre. Onifl 
officiers, dans te nombre desquels se trouvait son Gis, et 
onze matelots furent embarqués dans deux canots pour aller 
chercher des secours. Une demi-heure après leur départ, 
te Hourhon disparaissait dans les flots et avec lui le reste 
de son équipage. L'Ile d'Ouessaut était en vae. Cet événe- 
ment eut lieu le 11 avril. 



L'attaque, on pleine paix, de la divisiMt dn captaine 
d'Ëpinay, n'est |>as la seule infraction commise par tel 
Anglai-t aux r^f^lcs internationales que j'aie à signaler. 
Le ib juillel, \crs 10*' du matin, lo capitaine chevalier de 
('.avilis (1^, du vaisseau de 62 canons le Borée, revenant 
Cl) France au'clc vnisstiiu de 46 f/ifiiilon, capiuine comte 
t\<i PiinLiillan, rt la î'inre de 2(( canons, eut connaissance 
di' 3 bàiimeiiK dans lu N.-0. du détroit de Gibraltar. 
r.ilnient les v-iissenux le nitAGon de 60 canons, capitaine 
Ciirtis llarnctl, Folkestonb de AO, capitaine G. Balcfaen, 
et FF.vEH9nAti, auftsi de 40 canons, tous tes trois anglais et 
fnisanl partie de l'escadre du vice-amîral Haddock. Un seul 
diï res \aissi'an\ Iiiss.-v cependant te pavillon anglais; les 
couleurs de la Hollande se déptoyèront & la corne des au- 
tres. Les Français hissèrent leur- pavillon dès qu'ils les 
virent se diriger d*: leur cOté. A 1 1^ SO" du soir, le Diacoit 



1 M. i» La^irouM , Uiitoin Ue la manme framçaùf, dil U*il«, 




290 BATAILLES. —1743^744. 

é(ût assez près de Y Aquilon pour que le caiMteine de ce 
dernier vaissseau pût demander au nouvel arrivé ee qall 
désirait. Il lui fut répondu par une invitation de mettre ee 
panne pour attendre un canot qu'on allait envoyer à M 
bord. Le capitaine de PardaiUan pria de s'adreaser an Bt- 
rie; il ajouta que ses deux compagnons et loi étaient Uii- 
ments de guerre françsds. Le capitaine anglais ne tint aocn 
compte de cette observation et» après qaelq[neB ponrpv- 
1ers, il Ura successivement quatre coups de canon dont loi 
boulets passèrent dans la mâture de VAquitoHm Cdiii-d n- 
posta par une volée, et le feu continua des deoz côtés : le 
capitaine de PardaiUan fut tué aux premiers ooiq»; k lies- 
tenant Tillet le remplaça. Le capitûne da Fouivram qn, 
de son côté» interpellait la Flore, imita l'exemple da e^î* 
taine Baroett; puis enfin le Feversham et le Bari^ ae aatifr* 
rent à l'engagement qui dura jusqu'à 3^ da matin. Ai 
jour» un canot avec pavillon parlementûre porta aa eom- 
mandat de la diviaioa française les excuses da capitaine 
Bamett(l> 



ANNÉE 1744. 



On s^t ce que produisit en Allemagne ]% ^(oerèDsi d^ 
l'Autriche et de la Bavière ; l'Italie fut aussi bientôt d^KU^ 
pour cette succession autrichienne. Dès le mois de nu te n - 
bre 17&1, l'Espagne, qui réclamait le Milanais i|Qar ri|iifi|Bt 

■ ' ■ ■ i ■ » > . J l l 

(I) J'ai emprunté re rêrit au Hecueil historique et ckrtmoiogifmg eu /Wb 
memorafil'-.s et à Ihii'torien anglais Beat:ion, Satai and miUÙ^ wmmÊin 
of Great Britain. — C*e»t h tort que Tantcur de la ViepHvêedkimâiMift 
eo rapporlaot cette rencontre, dit qoa le conte da PwdalOaa «aBIsWI 
ÏEgukiùti, ••MT..I ^(i .If r 



BATAILLES. — 17ii. »1 

don Philippe, avait envoyé plusieurs corps de troupes es 
llfttic. L'infant y étaitentré lui-même plus lard parla Savoie, 
car les Anglais, en guerre avec l'Espagne depuis laGn de 
l'année 17S9. et opposés à la nomioalion de doD Philippe 
comme contraire & l'équilibre européen, les Anglais avùent 
empêché son débarquement dans le golfe de Gènes, et forcé 
l'escadre qui le porUil à chercher un refuge à Toulon. Uids 
si don Philippe avait réussi à se frayer un passage par 
terre, il n'en était pas moins nécessaire de lui faire par- 
venir les vivres et les munitions qui n'avaient pu le suivre 
et qui étaient restés sur les vaisseaux. Or, la sortie de Totl- 
Ion n'était pas chose facile; l'escadre anglaise qui surveillait 
la cAlc d'Italie s'était rapprochée de ce port, et sa supério- 
rité incontexlable, tant par le nombre de seav^sseaux qae 
par l'expérience de ses marins, ioiposait au commandant 
en chef de l'escadre espagnole une prudence qui ne lai»- 
sail pas que d'entraver la marche des opérations de l'armée 
de terre. Quatre mois s'étaient déjà écoulés depuis que don 
José Navarre avait jeté l'ancre sur la rade de Toulon. Ea 
ceiu> occurrence, la cour de Madrid s'adressa à la Pranee. 
Le roi consentit à faire protéger la sortie de l'escadn 
espagnole par les vaisseaux qui se trouvaient alors sur 
la rade de Toulon. Je répète, d'après quelques bislo- 
riens, que le lieutenant général Labruyére de Court, qû 
commandait ces vaisseaux, reçut l'ordre de ne tirer sur lea 
Anglais que s'il était attaqué. Cette assertion ne manque 
pas, du reste, de vraisemblance, puisque la France n'était 
point encore en guerre avec l'Angleterre. Afin de remplir 
d'une manitTC plus eflicace le but qu'on avait en vueeo 
faisant sortir l'escadre française, le lieutenant général de 
Court proposa d'entremêler les vaiswaux desdetu nations; 
le commandant en chef don José Navarre repoussa cette 
combinaiwn et tînt à ce que lea escadres fussent distinctes 
et séparées (1). Le lieutenant général français se i 



nj L«4 tqaipicw m^mU ttiMmbliitol k Itwi 




it^it BATAILLES. — 1744 

alors le corps de bataille et plaça le cher d*escadre Gabarit 
à l'avant-garde ; les Espagnols formèrent l'arrière-garde. 

Les deux escadres réunies sortirent de la rade de Toulon 
dans cet ordre, le 19 février 1744, avec des vents d'E?L 
Le 22, Tarmée anglaise fut aperçue au vent; les alliés 
étaient en ordre de bataille, les amures & bâbord ; mais ih 
étaient mal formés : un intervalle assez grand séparait cha- 
cune de leurs escadres. Voici la composition des forces 
qui allaient se trouver en présence : 

Terrible capitaine de la Jonqaière (1). 

Labrayère de Coart, lieotoMBt géiéfal. 

. Espérance capitaine Cabaret, chef d'eicaiire. 

' * ^ Duc d'Orléans — d'Ones. 

Ferme — de Sorgaes. 

Saint-Esprit — de Pioiin. 

Toulouse — d'Astoor. 

Trident — de Caylos. 

^. , Eole — d'Albert. 

** < Sérieux — de Cheyloi. 

Solide — de Chateaaneif. 

Borée — de Marquiiaa. 

Alcymn — de Lances MaBdatol. 

^ . Aquilon — Uoqaesne. 

^ Tigre. — de Saorin* 

Diamant ~ de Masiiac. 

Frégates de «T : /tphyr, Flore^ Volage. 
Trois brûlots. 

110 Real Felipe capitaine don Nicolas GiraldÎM. 

don José Navarre, chef d'escadre. 

80 IsnMla capitaine don Igoacio Dubatil. 

70 CouKiaute — don Angiisto ItDriaqoe. 

6i Hercules — don Cosme AUarez. 

Oi San Fernando ~ don Lavega Florida. 

Snhifro — don Jaan de Castro. 

i potin' • ' don Uodrigoes Ur«tta. 

GO < Brillante — don J. Barrero. 

I Orient v — don Jacome de Vilena. 

. Arneric — don Annibal Petmcbo. 



miiif râbles et, pour emprunter ^c\p^c^«ion \ulgairo employée dais la 
poncliince, la plupart n'avaifut qu'une rbcmi>c pourrie fur le corps. — 
Hisiotrr de la marine fruwyii^f.port de Toufon, 

1/ D'OrTCsi, d'après M. Kivière, Histoire de la marine /hli^pnsf J0« 
L/iuis A'V. 



BATAILLES. -17ii. 

Il Nepluna — d»i U. Olitarei. 

t6 Alcfm -- dop J«M Roliria. 



70 Stiklik CitTLi. . . . C4fil«Ba Cowpar. 

60 WtBWICI — W«*l. 

TO KiMii' — LI«t'. 

M CtiiMiDCi — DniMnoad. 

M BiHrLic* — d« LiBgl*. 

RowlaT, coati* •tminl. 

m) Puxctu Ci>oLt5i. . . lapilsiae OabarM, 

TO ItEavici — Hawlia. 

M CiicauTu — Dilkaa 

M Ki^uTuvN — LotaU 

Trait frégate*. 

TO EtiaruBu ~ Watkiai. 

M l)Ki<.u!i — Wal«aa. 

TO Rii'ioib — TowMad. 

Tl l'iin..i>,<» - PiU. 

Hn \<>Rf<iu — Farbe*. 

wi Ntaii — lluj»al. 

Milhawr. TicB-amiral. 

EN) lltu«»Kor>.a upitaïug Corawall. 

Ml II..R>aT>BiKt. .... — Uomah. 

W) Rcraat — Aabraaa. 

70 RaiiL Uia — Willumi. 

QMtra rrt(al«i. 

L'a brùlgt. 

M lli^tiaa — Ptmt. 

M .Suaatii>iT — Slaanblar. 

TU Toiiaii. ....... Caacaigaa. 

» Nf.»Tv»» — SUpaaj. 

Ricbard Lattod 

Ml ni*i>ïL Mpilaïaa Laaii. 

70 nicki!>«at« — Tawray. 



70 »:iiiiai.Ta — Liacaa. 

70 HiiiMi ~ Barkalar (I). 

TrawMtaUa. 

liabrtW. 

Les Anglais Iftissèrent urÏTCr sur les alliés «t, à I* SO-, 
serrant le vent, blbord amures, ils engagèreot le combat 
loritque leur avant-garde fut rendue par le invers du corps 



il Ilfiliaa. Smiil aiul mnhlary mrmoirt of Grtat Brifut. L'ti^ana » 
aaiiUit Clarrk . A nrihoAral etio^ om Ihe «dm/ lartteki, 4il faa l'anM m- 
tUi-t ramplail 3S laïuaaat *l > Irtfata*. t^ ralalwi Imijàian Uà- n it b 
cbtlia df t lauvaaat 4 U. 



294 BATAILLES. — i7li. 

de bataille français. L'avant-garde française et rarrièie* 
garde anglaise se trouvèrent ainsi sans adversaires, le tke» 
amiral Mathews ayant probablement tenu & combattre ha- 
mème les Espagnols. L'affaire fut chaude à cette partie de 
la ligne. Le Constante, matelot d'avant du Real Ftlifê^ pia 
et sortit de la ligne ainsi que ÏHercules^ matelot d'arrière 
du vaisseau amiral espagnol. Au centre, le combat eut peu 
de durée ^ Tavant-garde anglaise se replia et dirigea M 
feu sur les Espagnols à k^. Depuis une deaû-henra, le c^ 
pitaine du Real Felipe avait quitté le poDt g rl èfemcat 
blessé. Une blessure légère avsût déddé le cbef d'escadre 
Navarro à le suivre. Le capitaine de vaisseau Dehge de 
Cueilly (1) , qui avait été mis à la disposition du chef d'si» 
cadre espagnol, prit alors le commandement du lUal Félifi 
et s'occupa de rétablir Tordre dans Tescadre espagnole. II 
fit rallier le Brillante, V Hercules, YÊUsabeih et le San Fer- 
nando qui étaient loin de l'arrière et qui n'avaieot posr 
ainsi dire pas encore combattu ; ces vaisseaux soutioresi 
alors convenablement le Real Felipe, sur lequel était diri- 
gée la principale attaque des Anglais : un brûlot avsît faii 
explosion à portée de pistolet de ce vûsseau et TaTaic coo- 
vert de débris enflammés. Dès que le lieutenant géDéffiI 
de Court avait vu l'isolement dans lequel la retraite dn 
Constante et de Y Hercules Isdssait le vaisseau aodral 
gnol, il avait signalé à son avant-garde de se porter à 
secours ; ce signal n'avait pas été exécuté. Mais la 
tration des vaisseaux espagnols détermina l'amiral anglau 
à faire virer son arrière-garde d'abord et, peu de temps 
après, l'armée anglaise tout entière. Une canonnade 
nourrie à contre-bord termina le combat à 7\ Le vi 
espagnol le Poder avait été capturé. Incapable de saivn 
l'armée anglaise, ce vaisseau fut repris avec l'oflBcier et les 
23 matelots anglais qui avaient été placés à son bord. 



fl) M. Hrun, ilistnirr tic In uinrine fraurmse; f>nH de Tomit 






BATAILLES. — 17il. tt^ 

Les vaisseaux espagnols avaient de nombreuses avtrtosil 
plusieurs étaient entièrement dém&tés. Le capitmne Giralur 
dîne tétait mort de sa blessure, et le capitaine OliTUett 'dai 
Neptune, avait perdu la vie. Les viùsseaux t^-ançaisalvientl 
peu souffert. Dans l'armée ennemie, le Marlboioo»! étiili 
dém&té de son grand mât et de son mAt d'arllmoai BolP 
capitaine avait eu les deux jambes emportées par VU boolOb'' 
Les avaries du Nahdx avaient forcé le vice-amiral Uatbews 
à passer sur le Rossel ; les capitùnes de ces deux vaisseaux 
avalent été tués. -> 

Le lendemûn, au jour, les Anglrà étaient à «ne doo^ 
laloe de milles au vent. L'année combinée, KDOofaot tiu^' 
mentanément à entrer dans le golfe de Gènes, fdaait roatw 
à rOuesl; les Anglais la suivirent, mais ne rattâqu6milpa&' 
VOrreulet seul, qui s'était laissé arriérer, eat na «ngBg»*^ 
ment d'une demi-heure avec le SoHMtlsit l S i S Vaitu 
seaux français le dégagèrent. / /' . ; 

Le vice-amiral Lestock fut renvoyé en AngfeMtre potl^ 
rendre compte de sa conduite devant dd eomeil dtr guerrél' 
Il était accusé de n'avoir pris qu'oite part tris-reMrelot* 
au combat. Le conseil déclara que, l'ordre de baUdlte ayant 
été signalé, cet officier général anit en rtàsM dene |M 
quitter son poste et d'attendre l'ordK de se porwr au fen^ 
Il fut acquitté. Le vice-amiral HktMtts <iimp«rui4 i Uk 
tour, devant un conseil de guert« :'11 fbt cae34 èldMllM 
incapable de servir. Plusieurs CipHaines'niMit^kkMRH 
cassés. ' 

La conduite de ta plupart â<9 Ottltàinee cipagmls tÉé- 
rilait le bl&me; plusieurs s'étalent éloignés du ekttap d« 
bauille sans y être obligés par aucune kvarie de Ittor Mt^ 
ment. Ceux du Heal FtUpf, du Ptàer, M l'Oh»ii» «I de 
r^ffl^ric avaient seuls, eti réalité, sontenti rtnimHn'deleér 
pavillon. LegouvememetitespiigDOljtkniteepeodftnteÉtlih' 
fait da résultat obtenu (Hif st uAritte^, H êlen doit Ma 
Navarre an grade de OentetiCBt gAfénl et 1« tréà mai^ittî 
de la Victoire. Par t6titte, U aiu»>tttr« «t }a «ba^ulte M 



296 BATAILLES. —4744. 

Français furent grandement décriées. On accusa le lieute- 
nant général de Court d'avoir laissé ses vaisseaux trop long- 
temps inactifs; et, bien qu'il eût prouvé qu'il avait fait à 
l'avant-garde le signal de virer, une heure après le ooni- 
mencement du combat, et qu'on dût dès lors admettre que 
ce signal n'avait pas été aperçu, il fut démonté de soo 
commandement. 



La France avait supporté avec une résignation des |das 
grandes les affronts et les exactions dont sa marine était 
l'objet de la part de l'Angleterre depuis plusieurs années. 
Les bâtiments de guerre étaient attaqués, ses navires de 
commerce étaient capturés sans qu'aucune déclaration de 
guerre eût justifié une semblable conduite. La dignité na- 
tionale l'emporta enfin sur l'apathie avec laquelle le roi 
Louis XV acceptait les actes inqualiflables de ses vcMsins 
d'outre-Mancbe. Le combat qui venût d'être livré devant 
Toulon détermina ce changement ; le 15 mars, la France 
déclara la guerre à l'Angleterre. 

Une armée navale de 26 vaisseaux, escortant des trans- 
ports chargés de troupes, sortit de suite de Brest et de 
Bocbefort, sous la conduite du chef d'escadre de Roquefeoil, 
et se dirigea sur l'Irlande pour rétablir le prince Edouard 
sur le trône : le maréchal de Saxe commandait en chef. 
Hais un coup de vent dispersa les vaisseaux, et cette nou- 
velle tentative d'expédition en Irlande n'eut pas de suite. 

De son cAté, l'Angleterre confiait au vice-amiral Sir 
Charles Hardy la conduite d'un convoi qui se rendait dans 
la Méditerranée sous l'escorte de 11 vaisseaux. Obligé de 
relâcher à Lisbonne, le vice-amiral anglais fut bloqué par 
1& vaisseaux aux ordres du chef d'escadre Rochambean, 
Ce blocus fut de courte durée ; le chef d'escadre français le 
leva et se rendit à Cadix, en apprenant qu'une armée de 
20 vaisseaux hollandais, commandés par l'amiral Bacbe- 
rest, et ià vaisseaux anglais, sous les ordres de l'amiral Sir 



IIATAII.LES. nu. «7 

Jiiliii It.'iklicii, il'ta'U sortie du Spithead pour se mettre à sa 
recherche. Cette armée combinée parut devant le Tage, 
le l> septembre et, après avoir escorté le convoi k Gibral- 
tar, elle retourna en Angleterre Dispersés par un violent 
coup (le vent, le 3 octobre, presque tous les vaisseaux 
firent de graves avaries. Le Victorv, sur lequel l'amiral 
Balchen avait sou pavillon, fut séparé de l'armée et on n'eu 
entendit plus parler. 

L'annonce de l'arrivée prochaine d'un riche convoi de 
la Havane détermina le gouvernement français à envoyer 
à sa rencontre Iti vaisseaux et h frégates qui étaient réunis 
i^ Toulon, sons le commandement du chef d'escadre Caba- 
ret. Cet officier général reçut l'ordre de rallier l'escadre 
espagnole ù Cartha^'ène. ou le chef d'escadre Rochambeau 
à Cadix. Le vice-amiral Rowlcy, qui avait pris le comman- 
dement de l'armée anglaise de la Héditerranée, se mit à Ift 
poursuite des vaisseaux du Toulon ; mais, informé de la 
Koriie de l'escadre de Cadix, il se borna k les faire observer. 
I,e coup de vent qui avait été si funeste au Victoby dis- 
jtersa l'escadre de Toulon et celle de Cadix; la première 
•-■élait emparée de^ corvettes anglaises de 20 canons Sole- 
iiAv, rapitaiiie Bnry, Seafobd, capitaine Prye et Grampis 
de lu, capitaine Collins. 



BATIMENTS l'RIS, DETRUITS Of I>CFJ(01ES 
pendanl la nota tlH. 



Il» ^ »i .Njutrant daR4 11 Niarbï. 

■" I tKi,..i '. , Nwlra;* ju Mniqnc. 

00 Hllp.-rtN — MI AoUll*>. 

j ' "1 -n n — lur le> r6\t% d'Al|l*l«rte. 

i-) < liait <»i ». . , t la Januqa*. 

F Miii Ai>i' — a la JaouifM. 

"" î Simiiii ' î l'f"** P*t «•• J '""••■ 

, >»Li[..>. XiMlraftf. 

' l.«.m;ï. . ..... tfHf pjf DBr «tudrl. 

Il li<iMnt. t(ia(ta(«« A t4 Jabai^m. 



298 



COMBATS PARTICULIERS.— 1745. 



RÊCAPIDTLATIOII. 



ANGLAIS. • . Vaisseaux. . . 

Frégates. . . 

BAtim. de moiodre force. 



Pris 


iKtitUts 

«m 
nantîtes 


IneMdife 


VfEAl 


1 

■ 
5 


6 

» 
S 


m 

• 


7 

• 



ANNÉE 1745. 



Quoique la situation des aSSûres maritiineÉ de la FriMe 
fût déplorable, les Anglais n'obtinrent cependant pis, alto 
année, des succès proportionnés à leur puissance. 

La corvette de 20 canons YÊUphantj capitaine SeDet, fiit 
prise, le 20 février, par les vaisseaux anglais Cnsnt ei 
SuNDERLAND, daus sa traversée de la Louisiane en 



A la fin du mois de mars, la corvette de SO canoW la 
Panthère^ capitaine Kéruzoret, fut prise à Fentrée de la 
Manche par la division du vice-amiral anglab Martin. 



De leur côté, les Anglais perdirent la frégate de ftO 
nons Anglesea, capitaine Jacob Elton, qui fut capturée, le 
22 avril, par le corsaire de 50 canons Y Apollon, Et plus tari, 
les corvettes de 20 canons Falcon et BLAHOfoaa fnraM 
prises, ainsi que les con'ettes Wolf et Meigoit de Ift, ks 
deux premières aux Antilles, les autres dans les 
d'Europe. 



Le vaisseau de 64 canons le Ftgtiani, caiHtalnedeMsiaoa- 




COMBATS PABTICtLfERS.^ilU. t99 

fort, qtii portidt des monlUons et des approvisionnemeûts 
à Louisbourgf fut pris, le 19 mai, au moment où il alldt 
atteindre le port, par une division anglaise aux ordres du 
Commodore Warren. 



Le 21 mai, le capitaine chevalier de Caylus, qui com- 
mandait une division aux Antilles, dirigea une expédition 
contre l'Ue anglaise de TAnguille. Cette attaque fut sans 
résultats. 



Le capitaine Macnémara du vaisseau de 80 canons le 
Magnanime, escortant avec le vaisseau le Rubis un convoi de 
plus de 200 navires qui se rendait aux Antilles, fut chassé 
sous la Martinique, le SI octobre au matin, par 1& vaisseaux 
anglais et cinq autres bâtiments de moindre force, aux or- 
dres du vice-amiral Towsend : SO navires du commerce 
furent pris ou brûlés (1), I^ RtUfis, qui s'était échoué à la 
côte, auprès d'une batterie, fut vigoureusement canonné, 
mais sans succès, par plusieurs vaisseaux ennemis. 



Le vaisseau anglais de 70 canons NoinutfBttuiiD fin 



(1) M. 4ê LtptyrMM ^laet c*U< ftiiîrt m ilU H la rac«a«« 4iff«rtMMtl 
eu» tM Huioére de la marimê frûn^iât. Il t Mis d'artrlir wt l«ctMrr^|«ll 
M l'a pai Iravvéa ëaai It ëotttar ém ra^Haiat Macaènara tt ^'11 t'a N la 
procartr ai la aaai dat MUIaMaU ai calai dat fapilaiaat, mêh il a«at da élri à 
f otilf taoTM il « faite laa détaib ^'11 daaaa. D*afrèf lai, ^afiaart dat tala- 
»eaai àufnu 4a l'etcadra da baalaaaat géaéral dXaHUa laniiaal ailla 
mouiller à Saial-DooiiogQe ai la capitaiaa Maeaèaura altaadail aaa aeeaaiaa 
fi^orablt poar »ortir avtc aa fort coavoi. ProtUal da l'arritéa da ca raaiarty 
cet officier, juM|ae-U |Mirta|ié eatre 1« craiata da l'aaaaaii et calla da la Sèfra 
jâBoa, *a décida à faire fortir ttê aafiret ea deai divttiaai. La praaiière, daat 
il pnt le comaiaBdameat ea pertoaae, te dirigea ae Nord ; raaira goaveraa aa 
Sad. Le viceaniral aaglai« Tov»eod, qui bloquait le port, le mit à la poarMÛla 
do coBToi du Mord avec 11 taiMoanx, et 4 de tafl BMilleart failiert l'aUai* 
goireat à qaaraote lieaat da Saiat-Domiague. Aprèi ua combat da piasiawi 
benret, l'eaaemi, aa poataat taira plier aacaa vaitéeaa fraaçais, larra la ?aal 
et lai»»a le convoi contiaaer ta roote. Dèt que le Tice-amiral* aaglait avait élè 



300 COMBATS PARTICULIERS.— 1745. 

pris, dans le courant de cette année, par S vûsseaox fnui- 
çais (1) . 

BATIMENTS PRIS, DÉTRUITS OU INCE!«DI£S 

pendant l'année 1745. 

FRANÇAIS. 

CanoD^. 

6( Vigilant Pria par ane divisioi. 

\ Éléphant Prise par an Taîseeaa. 

^^ ( Panthère PrUe par ane dWif ios. 

ANGLAIS. 

70 NoRTHiMBKHLAM) PHs par troU Tiiffêaoz. 

40 Akglesea Prise par on conaire. 

IFox Naufragée sar les cAlea d'ÀBglelsfre. 

Falcon Prise par ose dmsioB. 

Blam)fohi) Prise par une difisioi. 

Lyme Sombrée à la mer. 

I„*^" \ Prises par une dlTuioo. 

F.vxK Sombrée. 

Saphirs puise Naufragée. 

12 IIazaru Prise. 

10 Medutor Sombrée. 



prévenu que ses chasseurs avaient joint les FiaAçaiSy il avait reaaac A à Wf 
poursuivre et il faisait route pour aller reprendre sa'croisièray lonqaa la hasard 
lui fit rencontrer le convoi qu'il ne chassait plus et il atlaqia à aaa laar lc# 
vaisseaux franrai:>. Le combat fut long et opmidtre. Qnùiire comirt ttfi : 
c'était une lutte inégale et glorieuse, dit M. de LapeynNua. Dtmx inai'iM—r 
furent pris ; les autres résistèrent toujours ; une partit des marekÊmis /W 
capturée. 

Les invraisemblances de ce récit doivent inspirer des donlat tar Kaatkaalicill 
de:* documents auxquels il a éle emprunté. 

Si je huis, parfois, en contradiction avec M. de LapoyraaM, ea a*aslfM par 
un esprit préconçu ilc critique. La partie technique de l'Histoire deim 
empruntant au carattèrc d'oflicier de vaisseau de son aalcar bm valaar 
qu'on ne saurait accorder au même degré aux écrits des hiatariaaa ^ 
étrangers à la marine, j'ai cru devoir indiquer les motifs dea divargaacat d t 
pinion qui pourraient jeter des doutes sur l'exactitude da sa relaliaa. 

(1) Beutaon, Snvnl nwl military memoirs, etc. 



BATAILLES. -174<. 





Wlrti» 






Pfi. 


Dinfnro 


rnc'Bdlr. 


mil 




: 








i 




10 



In convoi de 90 voiles, parti de la Martinique pour le 
Cap Français de Saint-Domingue, avec S vaisseaux et 1 fré- 
gate aux ordres du capitaine de Conflans, Tut cbassé, à la 
liauleur du MAlc Saînt-Mcolas, le 13 août au matin, par 
b vaisseaux anglais et une corvette détachés, avec le com- 
modore Hilchel), de l'encadre de la Jamaïque, o(i commau- 
dait le vice-amiral Davers. La poursuite ne Tut pas de longue 
durée ; après un échange de boulets à toute volée, le com- 
modore anglais laissa les vaisseaux français et leur convoi 
continuer leur route sans être inquiétés. Voici les causes 
de cette détermination. Dés que les Français avaient été 
aperçus, le commodore Mitchell avait appelé les capiuines 
à »on bord, cl il avait été résolu en conseil que l'attaque 
serait remise au lendemain. Quelles raisons furent données? 
Je l'ignore; toujours csl-il que le lA, le convoi et son 
escorte étaient à l'abri do toute agression. Une cour mar- 
tiale, chargée d'examiner la conduite du commodore an- 
glais, déclara cet officier supérieur iocapable de seiirir. 




302 BATAILLES.— i 746. 

Il existait à cette époque, entre la Compagnie fran^ùe 
des Indes et la Compagnie anglaise, une rivalité qui pc»- 
vait avoir des conséquences fâcheuses pour Tune comme 
pour l'autre. Le Conseil général des colonies françaises avait 
vainement tenté, pendant la paix, de conclure on traité de 
neutralité avec la Compagnie anglaise. Le capitaine de frè* 
gâte Mahé de La Bourdonnais, gouverneur des lies de France 
et de Bourbon, convaincu que celle des deux natioDS qui 
prendrait l'initiative s'assurerait un avantage déôsif à h 
déclaration de guerre, demanda des bftliments de goerre an 
ministre, car la France n'entretenait pas de forces naviks 
dans la mer des Indes. On tint malheureusement peu de 
compte de ses observations : aussi, dès q[ue les hostilités 
furent dénoncées, les croiseurs anglais s'emparërent-ib de 
la majeure partie des navires françûs qui se troutaîeot 
dans l'Inde. Pressé parles instances du gouverneur, le mi- 
nistère se décida à engager la Compagnie à lui envofer 
quelques vaisseaux, qui arrivèrent i i'He de Franca à h 
lin de l'année 17A5. Le gouverneur de La Bourdonnais fat 
invité en même temps h armer en guerre tous les navirei 
qu'il jugerait capables de porter de l'artillerie; à prendre 
le commandement de cette petite division et à combattre iei 
Anglais toutes les fois qu'il en trouverait Toccasion. D^ 
à cette époque, la situation de l'Ile de France étût fort pié- 
caire -, cette lie était sans approvisionnements et elle com- 
mençait à manquer de vivres. Aussi la division du goufer- 
neur de La Bourdonnais ne put-elle mettre à la Toile qw 
le 29 mars 1 7A6, et encore avait-il fallu compléter les 
équipages avec des noirs et donner aux b&timents des ca- 
nons destinés à la défense de l'Ile. Le 5 avril, un violeat 
coup de veut occasionna à cette division des avariée géné- 
ralement considérables et la força de relâcher dans la bais 
d' Antongil de Madagascar. Le 22 mai, les bâtiments ci-e|vtl 
purent faire route pour la côte de Coromaodel : 



BATAILLES,— 17i«. . 30! 

Athillt. .... capiUii* Lobtj IM* 

Mkkt ia La BaanlMBii). 

PhiniT uftUlif LmIhIm. . . . ptret pwu U*. . . SU 

B-'urbon. ... — d> Stila. ... — M ... (M 

' Seplutt. ... - Potta Utrrt. . — M . . . IW 

isaimiUxàt.. . - Pallia — U.. . SM 

) latuJaire. ... — Labaume. ... — SO ., . SM 

i Lyt — Dadttert. ... — 40 . . . SM 

1 Onc-tTOrUant. - duMplaii. . . — M ... m 



Je feni observer que les vaisseaux de la Compagnie 
ne portaient pas toujours le rn^me nombre de canons. 
L'expérience seule pouvait, en effet, indiquer l'artillerie 
qu'il convenait de donner à ces navires qui n'itaieut pas 
des b&liments de guerre et qui, d'habitude, ne portaient 
que 20 canons. Hais comme ils avaient un plus grand 
nombre de sabords, on crut tout d'abord, lorsqu'on les des- 
tina à un service de guerre, pouvoir leur donner autant 
de canons qu'ils avaient de sabords. On reconnut bientôt 
l'erreur que l'on commettait. Construits pour prendre de 
grands chargements et peu d'artillerie, ces bâtiments ne 
portaient plus la voile, et ils étaient obligés de tenir leur 
batterie basse presque constamment Termèe. Ce ne fut que 
par t&tonnements qu'on arriva à leur donner un nombre 
de canons convenable. Ces vaisseaux n'avaient, d'ailleurs, 
que des canons de 12, de 8 et de ; i'AehiUt seul avait 
du 18 en batterie, 

La division Trançaise était à l'ancre devant N^apatam (S) 
lorsque, le 7 juillet (8) . bâtiments anglais furent signalés 
au vent, gouvernant sur elle, toutes voiles dehors; la brise 
soufflait fraîche du Nord. La division ennemie était com- 
posée comme il suit : 



ti| IWfa^Ua. uritaU iu tUbbucBHU baUudai* •« la cM* 4* Cara- 
MaiiJ ( Il iMaai ai M il* PwdkUn. 

(1) BarUay,rA,MMfAijlory..^«r.MrH,a(BMUt.nMrMtf»fnil% 
mimm of Gnat BnUM^ém^l la «iju^ ' "' '* 



304 HâTAILLES.— 1746. 

Canons. 

60 McbWAY Commodore PeytoD. 

II^RESTON capitaine lord Norihesk. 
Harivich — Philip Cartoret. 
Winchester — lord Thomas Bartie. 

44 (prise française). . . » Griflith. 

SO LivELY — Nath. StOTon*. 

Les Français appareillèrent de suite et se formèrent eo 
bataille, les amures à bâbord, dans Tordre suivant : le Lgs, 
Y Insulaire^ le Bourbon^ le Neptune, Y Achille^ le Saini^Louis^ 
le Duc d* Orléans j le Phénix et la Renommée. A h^ de Faprès- 
midi, la division anglaise serra le vent et se rangea en ba- 
taille, à grande distance au vent et aux mêmes amures que 
les Français; la canonnade commença immédiatement 
A 7\ les Anglais virèrent de bord et firent route pour Tile 
de Geylan ; ils ne furent pas poursuivis, quoique cette Ca- 
nonnade lointaine de trois beures n'eût occasionné aucune 
avarie. Mais les bâtiments français n'avaient que peu de 
vivres, et le but principal de leur sortie était le transport 
de fonds arrivés de France pour Pondichéry (1). Le com- 
mandant en chef se dirigea sur ce port et y arriva le 9 juillet 
Cette première partie de la campagne de la division de l'Inde 
avait permis au gouverneur de La Bourdonnus d*appréder 
les mauvaises qualités des vaisseaux de la Compagnie comme 
bâtiments de guerre. Il fit de suite les modifications com- 
mandées par l'expérience, en augmentant le nombre des 
canons de quelques-uns et diminuant celui que portaîènt 
les autres. 

La division quitta Pondicbéry, le i août, pour scj^'nkettre 
à la recherche des Anglais, et, après quelque^ jonc;^ de 
mer, elle retourna à Nagapatam. 

Le 17, le 18 et le 49 (2), la division ennemie parut âa 
large; le dernier jour, les Français appareillërent et loi 



•«- 



^m ^m^'-^ti^'mmmmé^ 



i\] PcDdichèrr, capitale des établifsanents fnmflfcfs daai Pli^, ClAt-tflla 
AiUiéa car la c6U de Coromaoder, avait été acheûo ai fii ti mttiir 
ea 1671. : ^ ' ' ,'-!3 <r7r 

(i) l\tat*Oïi,SnvalanHtmii[artf memoirs, cit.^àWUi^WimWV^ 




BATAILLES.— i746. 105 

donnèrent la chasse pendant soixante-douze heures, et ils 
retournèrent à Pondichéry. L'éloignement du Commodore 
Peyton permettait de diriger une attaque sur quelque place 
du littoral sans avoir rien & craindre du côté de la mer. 
1,500 hommes de troupes furent embarqués, et le comroan- 
dant en chef se dirigea sur Madras (1) où il arriva le li sep* 
teuibre. Les troupes furent mises à terre et le siège fut en- 
trepris immédiatement. Madras capitula le 21 (2). Trop 
faible pour conserver cette place, La Bourdonnais se con- 
forma aux ordres du ministère de ne garder aucune des 
conquêtes qu'il pourrait faire dans l'Inde (S); il la rendit au 
gouverneur anglais moyennant une rançon de 15 millions de 
francs. On sait que le gouverneur général Dupleix cassa cette 
capitulation, entra dans la ville et la saccagea, La protesta- 
tion énergique à laquelle cet acte donna lieu de la part de La 
Bourdonnais eut pour conséquence l'arrestation et l'envoi à 
la Bastille du gouverneur des lies de France et de Bourbon. 
Le lA octobre, la division française fut compromise par 
un ouragan ; tous les bâtiments firent des avaries considé- 
rables. Le Duc d'Orléans fut jeté à la côte et s'y perdit 
Les autres bâtiments étaient de retour à l'Ile de France le 
10 décembre. 



La renonciation du prince Maximilien Joseph à la suc- 
cession d'Autriche, au mois de mai 17A5, semblait devoir 
mettre fin à la guerre; mais l'Angleterre avait des vues 
plus étendues : elle voulait ruiner la marine de la France 
et s'emparer de ses colonies. 

La frégate la Volage^ capitaine Falkengreen, officier sué- 
dois au service de la France, se sépara pendant une chasse 
d'une division commandée par le capitaine Delage de Cueilly 
dont elle faisait partie et qui se trouvait alors à la hauteur 



(I; Madr4*, romploir aofUu 4 quelqae» litst* dM« If .Nord de raadicàtn. 

fi; U 10. Mioa BcAlioa. 

(S) VolUirt, 5Wc/e de Umt AI. 

1 tQ 




306 COMBATS PARtlbbLlfitlS.— «7«&, 

du cap MttMt) , sar la cOte nléridionàle d'B^ÉlgnK Lftlfaid. 
vers lé lllllièti da jour, tin ghwilaviHi tét mpmpi tm tw. 
Pensant qne ce pbnvtit èM un ôm hÊàmamâBmÊfi' 
mon, la c&^taine Falkengrebn fit ffx&fmtet fMèknBv: 
et comme bet Uicbilnti se dMgMit M-ttMÉto Mr IR flipft 
française, l'offider sàéddis {Hti prbUl|HèilMMIl tëMBMttn 
son erreur : ce bfttUnent était le iraiMëiil «i|^dl» fa 7* » 
nons Srnuna tistUi tt^itiM FaMibti Ui ffOÊlfàÊtÉm 
tent arrière; mais la mahshb dit ttfWëW éMit Êâfèliim 
à la idenne, et ce l«dontabIè adteitaltè ib tMnMI Uailt 
en pdtitioti de M entôyer «ne bordflB {lirbàlNM t kM- 
gate f l^tKmait immédiUtelfaënt M tt feMMlÉI IMMIMB Mi 
fceite «llnl«: Gepëndiint lé tsUlHltf MttHflil m §rtl àh 
fregite fce (jnë ctilë-d Idi dtenih m OHÊiÊt «I 
tion ad-dessn^ de l'ëkd ireiiaiii l'éflil aë 
certain et tl««-menrtrië^ : tOtàAt liMf|M It liÉI lUilt k 
ntbgé ile gonyerilait plnë ({àe iWai èê MHéûiI II fliédi 
ta mtiitié de toil éqniptlgè était iMfCB db «ÀnlIiM: ■■%lflitili 
l'e^ir qtlë les détonsticfnd de l'iriilUiHe illIilinUMlHl •- 
ti^on françidse dduiënût le codinge Bëè teMb %li lÉlat 
encore tàlides. FatigdB dé <iett« réiiiMilltitt teM|Ms li 
capitaine anglûs se mit en travers sor TvnBÉt l|lill%kli 
et déclara qu'il était décidé à la couler ai elle aToMMit pv 
son pavilMn : lefea oesea. Un àmot ae iaoliit è toi d» 
la VoUi§e et l'amarina; le TÛaeean k pHlàlÉ 
Au jour, pluneurs ydiles furent afNtrfnei t ki 
de l'équipage français se réaliaaieot; hwvrtki iléatli 
division du capitùne Delage et se diiigerilnl é^ «Mf il 
cet offiâer avait entendit k eanonnadei La 
de suite ; le Yaissean angliûs ftit cHak6i 
marche; le capitaine Fawler largua k 
nant sa prise et les hommes qu'il avait. mn9jé$ à fciriL 
Les couleurs nationales furent rehissées à kudda k Fakfik 
mais le Stibung Gastlb ne put être attdnt. 





COMBATS PARTICULIERS.— 1716. 307 

Le combat de là frégate la Volage n'est pas le premier 
qui fut livré cette année. Rasé comme un ponton, après une 
lutte de deux heures, le yaisseau de 60 canons Yàugu$U 
avait été pris^ le 9 férrier, par le vaisseau anglais de M 

POHTLAND. 



Le h août, le vaisseau de ^4 canpns la Ferme^ armé en 
transport et chargé de matéri^ et de munitions pour Qué- 
bec, fut pris, sur le banc de Terre-Neuve, par le vaisseau 
anglais Pembhoke, capitaine Fincher. 



Le 1 f octobre, le vailèeàu dé 6A tehons le Mair$i capi- 
taine de Colombe, un des vàisieiut de Fescadre du doc 
d'Enville, fut pris prèâ du êap Cleàr d'Ébôsse, àptèi dèùz 
heures de coitibat, par le talssêàd angfads de 60 Norrifio- 
HAM, ea(AtAlne Philip SàtitniÉ^ez. 



Le capitaine de Cdnflans retournait de Saint-Ddmingue 
en France ivec ses S vaissêaul et si frégate lorsque, le 
29 octobre,* Il eut cdntiaissance d'un cohvoi anglais escorté 
par les vaisseaux de 50 canons Woolwich, capitaine Lingen, 
et Sevebii, capitaine Liffle (1). Ce dernier fut pris après un 
combat de trois bëures avec le Neptune^ vaisseau du capi- 
taine de Conflans, ei conduit à Brest. Le Woolwich ne ptit 
être atteint et arriva en Angleterre avec le convoi entier. 



A la fin de cétie aiitièe, les Anglais dirigèrent une expé- 
dition cotitre Lorient, qui était le dépôt des richesses de 
l'Inde, et dont les fortifications avaient n&nmoins ^u 
d'importance. Des transports, portant 7,000^ de troupes, 
mouillèrent, le 28 octobre, devant là rivière de Quim- 
perlé, avec 10 vaisseaux, 8 frégates oit 2 bombaltles, sous 



(t) ■. àû LifeTrOQM, tftifmrr th h uMtHmt framfûite^ écrîl et liftle. 



308 COMBATS PARTlCUUBRft. — ITM. 

les ordres du vice-amiral LestodL. La SOt las troupei f«* 
rent mises à terre. Le lieutenant gtoénl Siiiolair« që 
commandait l'expédition, fit lancer des bombes el tirar à 
boulets rouges sur la ville et sur le porL Le 7 nofwhre, 
les habitants étaient réduits à la dernière egfréwilé; h 
capitulation fut décidée et le commandant de k phoe or- 
donna de battre la retraite. Cet ordre fàt mal c o mpris ; m 
battit la générale. Cette sonnerie étonna les Animais; ib 
crurent à un retour agressdf des Français et, pria da pa- 
nique, ils se rembarquèrent, abandonnant leur arliDBrie et 
leurs munitions. L*armée anglaise alla mooOler daaakbsis 
de Quiberon. Le vaisseau VArâmU^ qui se tmifail k es 
mouillage, se mit de suite au plûn* Les Anglaia iTi 
rèrent du fort de Quiberon, mirent le fea aa 
retournèrent en AngleterrOt après s'être firilement 
maîtres des îles Houat et Hoddic, qui n'étaient paa 



La frégate de 26 canons la Subiil$ fut captnrâet 
vembre, par le vaisseau de 60 PoaTLàRo'a nisa^ 
tile prit le nom d'AiiAxoH dans la marine 



Dans le courant de cette année, la frégate le CMsriTi 
para de la corvette anglaise de lA canons Auamrt 
Colby, qui se rendait de Louiabourg à BoatOD. 



La frégate de àO canons VEmbuêcadê fot prias» apièi 
deux beures de combat, par le vaisseau an^ak Dnuîo, 

capitaine Pawlet* 

L'aimée fut close par la prise de la corvette ap^Usa de 
1 A canoQ3 Hornet. 

Une expédition, conçue et montée par qoebpiea baUlaflls 
1(1 la Nouvelle-Angleterre, avût été dirigée, vefa k 



COI-ONIES.-n«. 309 

de l'année 1745, sur l'Ile Royale; le corps expédiiionnairs 
avait été porté et appuyé par la division du commodore 
Warren. La ville de Louiabourg, dont la rade oiTre un 
excellent abri aux vaisseaux, avait été attafpiëe la première 
et avait succombé, k ta fm du mois de juin, après ud 
Rîége de cinquante jours. 

Le nom d'ile BoyaU. ou de Cap Breton, a été donné par 
los Français à la partie de l'Acadic, ou Nouvelle-Ëcosae. 
la plus rapprocbée de l'tle de Terre-Neuve. Le périt détroit 
<Io Fronsac la sépare de la terre ferme. Celle Ile forme par 
conséquent la panie Sud du golfe de Saint- Laurent. Louis- 
bourg, qui est la ville principale, a une enceinte fortifiée. 
Lne batterie construite au pied de la ville, une deuxième 
(le l'autre c6té de la baie et une troisième établie sur l'Ile 
dite de YEntrft, défendent la rade. 

La France devait naturellement désirer rentrer en pos- 
session de ce point important. Les Anglais, de leur côté, 
enhardis par la réussite presque inespérée de leur expédi- 
tion contre Louisboui^, jetaient un œil de convoitise sur 
<Jiiébec. La France prit l'initiative. Une escadre de 10 vais- 
seaux. 3 frégates, S bombardes, -t brûlots et 78 transports, 
l>ortant S,500^ de troupes, sortit de Brest, sons le com- 
mandement du lieutenant général des galères, duc d' En- 
ville, le 22 juin. Voici sa composition : 

Ta S'irHiumierlaitd. .... rtpiliiae — 

dae d'EBtill», licatenint frmrtl, 

(Tridnil cipiUioa ri Httoonullr. 

.In/nti — Ihipïrrirr. 

Si ' «'rr. ... — d« Cftlomba. 

I Ij/nfioril. ......... — d* S«nn»». 

' .il'i,lr - d«<:»B». 

«1 C'iu'A — lie NoiiIlM, 

M T.qft. — Dw|ur>*«. 

, /iMiinin/ — de lliuuc. 

'" > H-'f rbeiiliït d« BI«Ut. 

'j» lÊfyrr — d* ti*r}MK. 

. . ) Ar^ni.'.ulf — Ar UMtUia. 

** ■ P-.,^ <lltr.mqf — t- V.mttLitK 

M J(«' •>!*, ra 11 t, Uiii'al. — U«k«i* 4a IamU*. 

Le 17 juillet, re»cadre fut dispersée, en vue de la cAte 



310 GQL0IfIBS.-*t7M. 

d' Acadie, par un yicdent coup de reiit. Le 33» 1 »*f 
encore an rendez-vous de GhiboucttNi, qne 7 
2 frégates, i brûlot» i bombarde et tO tranapvto. VAt- 
dmt était retou|iié en France; le Mon (i) ai ElUif 
avaient fait route pour la Martinique; la 
été capturé par le vaisseau anglaia Blaaip» 
Boscawen ; un grand nombre de truaBOds Makat pin. 
Une épidémie qui se déclara presque unn|ftdiitaMapt àbori 
des vaisseaux exerça dîafteui ravages parmi laa (i guip a gi» . 
Le commandant en chef, 8Q0 matelots et l^BOO aoldat^la- 
rent enlevés en peu de temps (S). Le aqiitMtte d^lpaMi^ 
melle succéda an duc d'Enivilla. Dpoz joon apvla tptmt 
pris le commandement, cet officier se paanit wam épée à 
travers du corps dans un accès de fièviB chiiida. ûa pai^ 
vint à lui conserver la vie, mais il dut remettia la 
dément au capitaine de Lajonqoière. Daas 
ditions la prise de Louidbourg était iapoiaiblei On 
l'attaque d* Annapolis, ville située sur la oâla 
de rile Royale. Les troupes fureqt ^ébarqoéeSt à 
tion d*un millier d'hommes et, lé li octoliia« là ékéÉm 
mit à la voile. Des vents contraires retardirem aa 
tion. L'état des équipages et la pptite qoaâtili de 
qui resudent à bord détenniné|»nt le gqpitaiBa da 
quiëre à renoncer à l-ezpéflitioa d! ânnapolii at à iÉka 
route pour Brest où il arriva le mois suivant 



BATiiiENTs mi, oËTRiirrs ou NAUFiaiita 

fêuàÊûX riMèe rtêê. 

riUHÇAlt. 

( Mars Pris par n Tiifteai. 

^^ ( Arrient Détroit à It e«ta. 



(1) L'aateor de U Vie privée de Lmtis XV dit ^m la itov ^ff^fi^ 



assertion e»t exacte ; wnleBenl ee Tatueai fat caplwè 
son en m reodaat à la Nartiaiqae. «• • 

(9) M. de LapeyrooM, Histoire de la marine, dit qta la en CTstMl » 
' à naa atta«|iie rapopleiie. «lîc i r ^ . i 



BATAILLES. — tW- 
tp A-futte Pri* ptf n n 

M M'rrvrt, n MM^WL . . — — 

U Ferme, — .. . — — 

iO Kmbiueade Priw H' ■■ **i***f >• 

M SvlHiU. — — 

» DwtiOrtiQmi I(ulra«t4«ar)'M«(l). 

M ScTu> Pm|krM TÛMMu 

IAlmut Prii» pM •!• IriiàU. 

li ! RôMtt — — 

f siLTu l^ilr^*•• 

RIC4riTILlTI<». 



PrtgMM. . 





IMnio 






Prit. 


^bHt^ 


loMDdléL 


ICTII- 


1 
1 


1 

a 
1 


: 


1 
t 

I 



Sorpria par le mtuTaîs temps à la sortie de Lorient, dans 
le!) derniers jours du mois de mtn. le capîtjJae de vaisseau 
Grout, chevalier de Sûnt-Georges, qai se rendait dans 
l'Inde avec 2 vaisseaux, 1 frégate et plnsieura bJUlnMOts 
de la Compagnie, relâcha sur la rade de l'Ile d'Ati, où se 
trouvait déjA le cher d'escadre de Ijkjonqnitre avec S vais- 
seaux, 2 rrëgales ft un convoi de AO navim qu'il devait 
conduire au Canada. Retenues par des vents contraires, les 



il aa iiiMf*!! df la CMiptfiit in lato. It m I» 



3i2 BATAILLES.- 4747. 

deux divisions ne parent mettre à la voile qoe le 10 ml 
Le capitaine de Saint-Georges acquiesça à la deeMede qâ 
lui fut faite par le chef d'escadre de Lajonqoièra de eni- 
guer de conserve jusqu'au cap Finistère. Le 14» à 7^ èi 
matin (1) , plusieurs voiles furent signalées^ l'Eu ae diri* 
géant sur le convoi : le vent soufBait do Nord, boa firû. 
Les bâtiments francus se rangèrent de suite en balaiOe, 
tribord amures, dans l'ordre ci-aprèa : 

Canoof. 

64 Sérieux eapiUîM llMUsijr. 

de L^M^rtycM i'MOiin. 

55 DiamatU cipilaiM Hm^mt!. 

40 Gloire — chiralier éê 

» Emerauâe •* i« h^/HÊifiàkM 

M Rubis, flûte — Maewif . 

74 Jmnncible — 

50 Jason — Beeem 

56 Chimène — • 

▼AISSlAin K COMPAim. 

30 Phiiibert ^ Gellié. 

30 Apoliom — 

M Thétit — Mlliei 

fO Viciant — Vauelli». 

ts Modeste. — Tiiieelea. 

Pendant que l'on prenait ces dispositlODS, le câpitaiBode 
Lajonquière TaSismel reçut l'ordre d*aJler reeomiallie Fee- 
nemi : à 9^, cet officier compta 14 vaiasoaosc. SBoalfelfiii 
immédiatement au convoi de prendre chaise et à F AMraeii 
de l'accompagner. La CAtmér« reçut aussi Foidre dose jsie- 
dre à cette frégate. 2 des 6 vûiKeau de la fnmimrtii qw 
devaient se mettre en ligne, leFtgîIaiiiet le ifedsrts» qwtiè" 
rent le poste qui Jeur avait été aangné et wdiJiif k 
convoi. 

Le retard que les circonstances atmosphériguss 
apporté au départ des divisions de Lorient et de 
avait permis au gouvernement anglais d*ètie 
l'armement et la mission de ces deux divisioDS et il 
envoyé le vice-amiral Anson croiser dans le goUe de 



(1) BeaUoD, Naval emimUUary memetW, elc» iil IsS. 




BATAILLES. -1747. 313 

cogne pour les intercepter au passage, avec une escadre 
composée comme il suit : 

90 P»i5cc GioMK capitaine John Bentley. 

An»on, vice-amiral. 

lÈ NAMirn capitaine honorable Edooard BofctwtB. 

6«» Dktox&hiii — Temple We»t. 

Sir Peter Warrcn, contre-amiral. 

( Moimoim capitaine Henry Harris^on. 

ft* 1 pRiNcc FutotRic — Harry Norrii. 

I Yahioith — Piercy Brett. 

' pRi!icES!i LouiSA — Charles Watfon. 

i DEru>cc — Thoma< Gren? ille. 

co > NoTTiftCHAii - . — Pbilip $aumarfi. 

I Pcnaott — Thomas Finchcr. 

W iMMOR — Thomas ilanway. 

' CK.HTraioif — Peter Deonis. 

M) I Falklakd — Blom Barradel. 

Bai»ToL. ~ honorable W. Montaga. 

40 AvtciicAOK « John Montagu. 

10 Falco» -> Bichard Gwynne. 

tn brûlot. 

Dès que la Torce de l'escadre anglaise pût être appréciée, 
les vaisseaux de la Compagnie V Apollon et la Thétis imitè- 
rent l'exemple qui leur avait été donné par deux de leurs 
compagnons; ils laissèrent arriver. Ce nouvel affaiblisse- 
ment des forces françaises fit prendre aux commandants 
des deux divisions la détermination de faire aussi cette ma- 
nœuvre pour ne pas se priver de la coopération entière des 
vaisseaux de la Compagnie, et de s'établir en ligne de con- 
voi , les amures à bibord. Les Anglais chassèrent sans 
ordre et avec une indécision qui sauva les navires du com* 
merce ; ils approchaient cependant, et l'engagement deve- 
nait inévitable. Les deux divisions françaises furent établies 
de nouveau en bataille, tribord amures; le Diamani prit la 
tète; r/yirifiri!j[^ suivait; le Srneujt venait ensuite; le Ja- 
Kort fut placé en serre-file. La fréf^atc la Gloire^ les vaisseaux 
He la Compagnie Y Apollon, le Phiïifert^ la Thétis et la flûte 
In lliihi» complétaient la lij;ne. Vers 4^ de* l'après-midi, les 
vûss<*aux anglais CETtruRioN, Namuk, l>KriA!«CE et VViKosoa 
r:4ionnèreiit la qncue de la lip:ne française sans s'arrêter, 
(lette attaque fut répétée successivement par tous les vais- 





3i4 BàTAlLLBS.— 1747* 

seaux ennemis; mais lesnns pissèrail à 
les autres prenaient poste à bâbord» do UBm wmtm qÊ^ 1m 
Français se trouvèrent entre deux feux. Cette ywitioa Ml 
trop désavantageuse pour qu9 Tordre aignalé flît 
A ^9 les bâtiments français n-râ obaenraiaoft plas 
ils purent dès lor^ coipbattre av^c moins 
se secourir mutuellement La rtastance de f ^mBm 0t ds 
la Thiiii fut courte : ces deux vaisseaiix de I|| ÇggfÊgim 
se bornèrent à tirer quelques bordées. Le Jeewi ae « dé- 
fendit pas dav^t4ge« P^ ituftit combattit pl^ |i|||||jpBpi; 
son mât de misûne menaçait de sTabtttre et no eMnpMl 
était plein d'eau |oi:squ*i| amena. La Ghin OMÉM f** ^ 
sistance plus grande encore. Le capitaine de 
eu la tète emportée p^ un boulet» le KfNrtejiBl]!^ 
niëre le remplaça et prolongea sa défense jMfifà T. 
L'équipage de la GUrire était alors en presque toiaBlé 
de combat; les mâts, les vergues de là feigile 
cbés et sa cale était remplie 4'oaa. Fendsiit ee tSM^ b 
Sérieux luttût coptre le DsvoiuHiuit le l^■^pl el sft mtm 
vaisseau qui le combattaient par les deux hsndiai ^ |V 
l'arrière* ▲ 9^ SO", la vaisseau français lance sor Mbsiiit 
envoya une bordée d'enfilade au Dsvonuu. GcHe mtèm^ 
dée fit incliner fortjBment le Sërimix, et %vsnt qaffSS eUpi 
laisser tomber les mantelets des sabordst Fête 
telle abondance dans la batterie basse, qu-il 
sible de rentrer les canons pour fermer les ssbQsds* Qi 
essaya vainement de revenir en route poifr rsdrpSSir h 
vaisseau; les bras étaient coupés, et Ton M pnt 
à mettre les voiles en ralingue. La riposte de 
glais fut désastreuse; tous les mâts do Mrffiui 
vement endommagés, sa grande vergue fet ebettPMkbf)^ 
chef d'escadre de Lajonquière reçut une fortfi UssSHiS il 
y avait près de 8 mètres d'eau dans la cale 9 le 
du Sérieux fut amené. Le Diamani^ qui ooiQbetlsitS 
seaux, tenait encore; il était rasé comme un 
qu'il se rendit. Restait Y Invincible. La chute dl| 





B4TAILLSS.— 1747. 3i6 

ù» cp yaiwe^u fofiit entratoé le m&t de perroquet 4e fougue, 
et Teau cDyabissait la cale au point 46 doonei: de Q^euaes 
ioquiétude^. Assailli dans cet état p^r 3 vaifseaui, ï In- 
vincible ne pouvait plus riposter ; pee mupitions iUAeut oa 
épuisées ou immergées. La résistance n'était plus possi|)le; 
le pavillon de 17firtnctè/e fut amené. 

Le chef d'escadrp d§ ^jonquière et le capitain)^ de Saint- 
Georges se dévouèrent pour sauver leur convoi et ils y 
réussirent; car, quoique les vaisseaux anglais llocmocTp, 
Yarmodth, NomiiGHAM et la corvette Falgon eussent été 
détachés pour le poursuivre, la majeure partie arriva à 
Québec. En dehors des vaisseaux de Compagnie, S na- 
vires seulement furent capturés. 

Les pertes étaient considérables et à peu près égales des 
deux côtés. Le capitaine Grenville, du Depiahce, avait perdu 
la vie, et le capitaine Boscawen, du Namcr, était blessé. 
Les avaries des vaisseaux anglais nécessitèrent le renvoi de 
sept d'entre eux en Angleterre. Le gouvernement anglais 
décerna une récompense aux deux oflSciers généraux de 
l'escadre; « et cependant, dit un écrivain anglab d^ Té- 
(( poque, la grande supériorité des forces de l'amiral Anson 
t( devait faire regarder sa victoire plutAtcomme une faveur 
« de la fortune que comme un véritable triomphe. » 

Le Sérieux prit le nom d'IirraEPiD et le XKaituiril fut 
nommé Isis dans la marine anglaise (1). 



(t) J Al éUi4ié «ffc M Mil panic«ii#r c«l épiMdt 4« toi fitirtf «aritiat», 
Unt »ur 1m rapport! ofllcieli ^m éêh* U* oovrafet tAgUît. i*ii dote |Ϋm 4*«f- 
pérer q«ê la ftrtïMi qTM titM éé lirt tft t&actê. Oi a pt tolr'il IM tk^k- 
uiB«§ (leé bAUmaaU éê l'Etat luiaqaèrflBt à U on 4f toin al ti |t» c^fli abâ»- 
donnf^rf ni let aa^irtf d« comnartf qu'iU avaieo^ aittioa da prollf |r, fil y ait 
f afin daa* la coadaite de» ««• at dai autre* qialqaa ^toêê qai ^ aa b lAl a« 
iuuf ffut jttut général aa^aal aaiat» d^l^Mlear» oat laiaié craira. Ea eipo*aat 
le« faiu (J;in» loale leur xinié, j'etpèra réu«fir à prouver q«a plitfieart |ii»to- 
riaa* qai oat parlé da U mariaa do cette époque ae U eoaaaiiialaal pasi lora* 
quiU oat |éaér4ttaé qipalqaat tàulêt; et qae, u la |o«faraaaitaf »e Iraiapa. 
le« officier» de Mariae payéreal léaéralaaMat da laar panoaaa poar réparer laa 
effoart. 



316 BATAILLES. — 1*747. 

Le 6 octobre, un convoi de 250 oâTirÉB, p0V 
Domingne , appareilla de la rade de Tfle d^Aiz «lee !■ 
▼aisseaux ci-aprës, placés sous les ordres du cImT d'aKrin 

Desherbiers de TÉtanduère : 

Canons. 

n Intrépide captttiM ùêêêèê êê Yi 

64 Trident — fAiÉMtosat, 

74 Terrible — emÈê Big«| 

SO Tùmumt — PagfcilÉilt 

74 Manarqve capHiitt dt ftiiisftii, 

50 Sevem — DvMral. 

64 Fougueux — DaTifuiH. 

70 Neptune — éê 

64 Content, TaiiMaa 4e la cospagait ëaa Maa. 

SB Castor eapitaîaa — .. 

Le iA, le convoi fut chassé par une 
aperçue dans le Sud et dont voici la 



Canons 

70 EDixBDaci capitaiaa 

66 DEfORSBiaE — Jalia 

Edoaar4 Havka, 

64 YAaaoïmi capitaiaa Gharlaa 

64 Ksinr ^ Tkaaaa F«r. 

H4 JfoMvoirni » Baaty 

60 Lioif — ArIhvScall. 

60 PaiNCEgg Louisa — Ckailaa Wi 

60 Ea6lb ~ Ca atgaa BiMt* 

60 TiLiuiT — Rokait HariaM. 

60 NommiAV — Philip Saïaana 

60 DanANGE — Ma Baallajr. 

60 Wi.MMOR — TkaaaaHaâwif. 

50 GLoucESTBa — PhiUp Dwal. 

50 PoRTLAxo — Charlaa 



La division française naviguait grand largue es 
colonnes, avec des vents d'Est ; le convoi ttait phei) 
lieu. Dès que rennemi fut signalé, le dwT d*éieidvi dt 
l'Étanduère rangea ses vaisseaux en bataille» bâbord aai^ 
res, dans Tordre indiqué plus haut et efljoigoil M ce- 
pitaine du Content de faire route au N.-*N»«0» Mee 11 
convoi. La division française se trouva ainsi eetre le cavri 
et l'escadre anglaise qu'elle attendit août lee iMriens 
celle-ci cba.ssait sans ordre. A H^ 80" dtt ■Mtti»m 
vaisseaux avancés attaquèrent la queue de le l%ee 



BATAILLES. —lli?. 317 

çaise, mais uns s'arrtter ponr la combattre. Après aTtur 
envoyé leur bordée aux vaisseaux qui s'y trooTaieut, 
ils les abandooDërent aui nouveaux arrivants et remon- 
(ëreol, les uns à droite, les autres 4 gaucbe, jusqu'à la 
tâle de la colonoe. Cette manauvre ayant été imitée par 
toud les vaisseaux ennemis, les Françùs se trouvèrent ainsi 
engagés des deux bords, après avoireu à recevoir la bordée 
des vaisseaux anglaisqui combattaient devant eux. L'Eacle 
eut de suite la roue de son gouvernail brisée et tomba sur 
le Devokshiie qui combattait le Secvm, et l'entraîna sous 
le vent Le Nepltine, rasé de tous ses œ&ts, amena son pa- 
villon le premier; il était i^ C« vaisseau obéissait alors an 
lieutenant Kerlérec : le capitaine de Fromenlière avait eti 
une cuisse emportée par un boulet, et son second, le lieu- 
tenant Longueval d'Harancourl, avait été tué presque an 
moment où il recevait cette blessure. Une heure après, le 
Fougueux, le Severn, le Motwrque et le TVtdftil succom- 
baient sous le nombre; le premier et le dernier n'avaient 
plus un seul mit. A "J^. c'était le TtrriMt qui se rendait, 
entièrement démâté. Après huit heures de luue acharnée, 
le feu cessa de part et d'autre, sans qu'aucun des deiu 
clief!) connût le résolut positif du combat Le 7oi»iaiil et 
ï'Iulrfpidt étaient alors les deux seuls vaisseaux qui por^ 
tassent leur enseigne déployée ; le premier avait perdu stn 
mât de misAioe. Le capitaine de Vaudreuil, qui n'avait 
cessé de soutenir le vaisseau amiral, ne voulut pas 1'»- 
baudooner dans cette situation critique; il le prit à la 
remorque, et tous deux firent route à l'Ouest; ils par- 
vinrent k atteindre Brest sans autre rencontre. Grtce à 
l'opiuiAlreté de la défense de l'escorte, le convoi fut sauvé ; 
2àO navires furent conservés k leurs armateurs par le dé- 
vouement du chef d'escadre de l'Ëianduére et des capitaioea 
placés sous ses ordres : ce dévouement ne peut être mil 
en doute, car 8 vaisseaux avaient bien peu de cbaoces de 
ne pas succomber en en CMobatiaot 14; et non-seulement 
le commandant en chef de ces 8 vaÎMeaax accepu un ooo» 



318 COMBATS PAMlOOUIML— 17». 

bat aaqael il eût probablemott pi W 

sat inspirer iine grasde cCMflaifni à àkÊ 

tous soutinrent cette fattte tfec hmlûimki M fli 

rent portant les traces les Hidltb tébttllMdi Ai 

et énergique défense : ft tabWMt éhîiill mÊtÊtéÊÊÊt # 

mités; 2 n'ataient plus qob iMr mit Ai iAMMl la 

pertes des Français étiâem àNHUtttUhK Bi 

Fromentière était mort} to eiltf ff êiSilMr dV 

avait reçu deux blessures, h inyltiAte IMdhri^^ 

une. Les Anglais andeitt, dd MlHt fcllM lll WÊt^ 

toire : ils furent obligtt ûm îéUMt eÉ ÊÊffÊÊÊlih. Il» 

pitaine Saumares artlt pwih M tlK 

La frégate le Cûkan ifOl «Mit MM II «hMfcll lA frik 
par le vaisseau anglub 




t m^^ -^ 




Chassé près du cap Finist^ d'] 
l'amiral anglais àr Peter Wairen, ki ifjiKfÊmJîm 10? fJ- 

îotto chercha un refuge dénigre la petite Qi fiqpqp» *9^ 
5 navires du commerce qu'il escnrtâb Le "wétmm ta 
évacué et livré aux flammeSt ainsi qa*in 
cbands; les quatrà autres furent captait 



ue capitanie uodois ue iMuniMf 

«tèe ad fort tdaim de Hilëé ^S dMsiflMr Mb â 

mènts de (^uchië; fttt dMaéUSv H 1* iflUR P/t dBift 

N.-O. 8ti bftp Ortt^àl ffDDIUgMt plr ASMMlHrS|r 

t«me «DgUiiil ^bx: Ur eSjtiiiBMIliJlMs M 

aa eontoi de ftlrtr tcrtM la fdle fiSliiW âft Jb 

les derrières piôttr ph)t^er ia liDiUk 

ment, il ne mMliitiitt |Mtt cësMîHKft 

qtf il pat reebmiittrti ^'i> ftgrèft HiijiiiWirt • 

l'ennemi. U laUsH fcbtl^ae èipHilinelttMaf WVlVIi 






■ ■ M^— ^^i^^w^pijww 



ri) BealiM, Wa«à/ mef iMKtof iMM^, Jlfc/dlW VJML* 



COlBàTS PARTICtILIBRS. — 17(1. SU 

qui loi conviendrait. 47 navil-es da commerce fnreDt ci^h 
turés; les antres pirrlDreiit h attândre diflérents jrarts. 



La frégate de 32* la Benomwtit, qui se rendait à Stiot- 
Domiogue avec le gonvemear de cette colonie, fut prise 
le <S septembre* ^vAs nn rnde combat, par la frégate an- 
glaisa Dona. 

Le c^titaiDe Dubois de Lamotle fut eDC<He cbaigi 
cette année de l'escMte d'un convoi destiné à la Harti- 
niqae et k Saint-Domingue ; le vaisseau de Oi* le Magna- 
nitHT qu'il commandait et la frégate de 42* VStoile, ctHlK 
posaieot l'escorte. Après avoir cmdoît la première paitie 
du convoi à sa destination, il contboa sa route sur Saiot- 
Domingne. Le 29 novembre, lendemain du jour où 11 avaU 
quiué la Martinique, A bAtiments furent signalés au venti 
à 1' de l'après-midi, on reconnut en eux des vaisseaux 
anglais. Le capitaine Dubois de Lamotte signala au ctmvoi 
(lu forcer de voiles et à l'Êtoit» de protéger sa retraite. 
Quant i lui, il se mit en paime avec le Magnaninu, et il 
y resta jusqu'à ce qu'il eût vu tons les navires du commerce 
défiler devant lui. La fermeté de cette contenance ne rassura 
cependant pas tous les capitaines maicbands ; plusieura 
prirent des directions autres que celle qui avait été indi- 
quée. A -i^, le vaisseau le plus avancé, fort de W, pat en> 
gager la canonnade avec le Magnantwu. A 7^, on vais- 
seau de 60* joignit son feu au sien. Ils se retirèrent ven 
1^ du matin; les deux autres vaisseaux ne parant ap- 
procher asses pour prendre part à la lutte. Le ca^talne 
Dubois de Lamotte fit de suite réparer le* avatiM qo! poo- 
vaient ralentir ta nurcbe du Magnanimt et il continua sa 
route. Les quatre vaisseaux ennemis le chinèrent tout le 
juur suivant, mais sans pouvoir l'atteindre, et la soir ils m 
mirent à la recherche du oonvoi. C'était un peu lard; 
celui-ci avait pris OM arance qu'il oonserra et U arriva. 



3f0 COMBATS PAKHODUnS.— «nX* 

ahifti qne le Magnamimê^ le S déeeMbra» mi 
Cap Fraoçais. Les navires, ao b om I k c de 6, 
pas suivi ]a roate qui leur avait été 
capturés. 





La Grande-Bretagne avait, par «a 
de forces, ressaisi la dominatioD des aen. Cm aH 
en quelques mois que de longues années d 
se réparer, et les escadres françûaes, maigié T 
l'Espagne, étaient inciq^ablea de Intier 
de l'Angleterre, grossies encore par la 
Les combats de Tannée 1747 avaieal 
r État ; mais de «mples particoliert, des 
immortalisés par des eflbrts frios 
gouvernement, et les prises nomfanomqaila 
nées dans les ports étûent une 
éprouvées par la marine royale. Le timiii 
mit Gn à cette guerre de corsaires qui avnt éM ai 
geable au commerce anglûs. 





BATUIEirrS PRIS, DËnCITS 00 
ftméêMi Vêmwéê 1747. 

CaiNWi. 

ÎimtîneiUe Pru^Mt 

Monanpie — — 

TerriUe - - 

70 Nepiwte — -- 

Sérieux — — 

Fougueux -* " 

Trident — — 

M Dùmumt — — 

^ ISevem - — 

46 EtoUe DitniK à U célt. 

40 Gioire — — 

55 Renommée Prise ^ IM fréfilt. 

S8 Cflf/or PriM pu u YalMOÉS. 

56 Ruhiu 0ÛU PriM par ■MOMito. 

40 Maikto» Kaifraiét ei Fmct. 

FuwKi NMfr»c«tàU 



COHHATS PARTICULIERS.— «»8. 



Frtfiaïu. . 
BltimenU de maindr* 

Frtfaia* . 



Pr». 


Déinilu 


ln«Bji«. 


1 
1 


10 
S 

1 




- 



Le traité d'Aix-la-Cbapelle, qui Tut signé le 18 octobre 
1747, ne mit pas immédiatenient fin auihostililéa. Dans la 
unit tlu 30 au 31 décembre, par uu grand vent de S.-0. 
1 1 une brume très-épaisse, le vaisseau de 6A* le Hagna- 
iiiiiif, monté par le chef d'escadre marquis d'Albert, fut 
ï^éjukré de la division avec laquelle il était parti de Brest 
pour l'Inde depuis quelques jours. Le chef d'escadre d'Aï- 
liTt mit son vaisseau k la cape dés qu'il fut certain de son 
i^iiloinent; mais malgré celle sage précaution, \e Magna- 
tmiie démdta successivement de »es trois mit^ de faune; 
ihiiis leur chute, ces mAts brisèrent les trois bunes. Une 
\uilurc de Tortune Tut installée, et le clief d'escadre d'Al- 
Liji i prit le parti de rentrer à Brest, quoiqu'il eût la presque 
certitude de rencontrer quelque croisicur anglais. Ses 
cruiutc» étaient fondées. Le 11 janvier 1718, au jour(l), 
i: >u trouva au milieu de V vaisiseaux ennemis k la cajie : 
:ino milles le séparaient encore de Uuessant. Le conire- 



lIcalMt, Natal amd wmJiltrji m 




iU COMBATS PARTlCVLIERS.--it48. 

amiral Bawke, qui commandait cette escadre, fit chasser 
le Magnanime par le Nottinghâm de 60", capit^e Har- 
land, et le Portland de 50, capitsûne Stevens. Ces vais- 
seaux Tatteignirent à 8^ du soir, mais se bornèrent à 
l'observer pendant la nuit. Le lendemain, à 9^ du matin, 
profitant de la difficulté qu'il avait à manœuvrer, ils l'at- 
taquèrent par les hanches et par Tarrière. La mer était 
très-grosse et le Magnanime ^ qui n'avadt pas de voiles 
hautes, roulait au point de rendre impos^le l'usage de sa 
batterie basse ; il ne répondit donc qu'avec ceux des canons 
de la deuxième batterie et des gidllards qui pouvaient aper- 
cevoir les vaisseaux anglais. A 5^ du soir, presque toute 
son artillerie était hors de service ; une plus longue résis- 
tance ne pouvait changer la destinée du Magnanime» Le 
chef d'escadre d'Albert fit amener un morceau de flamme 
attaclié aux haubans d'artimon, seul signe de nationalité 
qui restât au vaisseau dont le commandement lui avait été 
confié. 



La frégate le Duc de Cumberlandf capitaine de lléiedem, 
qui servait de découverte à la division du chef d'escadre 
d'Albert, fut aussi séparée pendant le coup de vent de la 
nuit du 30 au 31 décembre 17&7. Cette frégate fut même 
compromise un moment, et le capitaine de Mé«edem se vit 
dans la nécessité de couper son mât d'artimon ; il leUcba 
à la Corogne. Le 27 mars 17&8, trois jours après son dé- 
part de ce port, il eut un engagement de nuit avec un 
vaisseau anglais. Le Duc de Cumberlaud arriva à Bourbon 
le 3 juillet. 

BATIMENTS PRIS. bÊTKUlTS OU INCENDIÉS 

peodaDl l'oiiDée 1748. 

FRA.HAi5 

<'.inon5. 
tii Matjnnmme Vm par deux vaiMeaux. 



PAnALLÊLE.-i748. 



323 



lltC4MT1JLATI0ll 6t9tlALK DES ftATlHENTS Ptlf, DtTftOrTS 00 INCIICMis 

fts ITii A 1748. 



riiA5rçAi8. . TiitMioi 

FrégatM 

lUUiDenU de moindre 
force. .••.•••. 

A5CUIS. . . VaisfeaoY 

Fréf^alef 

BâUnenU de moindre 
force 





DiiraiU 






Prii. 


oa 
naufk'agét. 


laccndiéa. 


TOTAL. 


16 


3 


M 


18 


» 


S 


» 


7 


S 


» 


» 


S 


% 


6 


» 


8 


. 1 


1 


1» 


1 


10 


9 


» 


19 



Nous venons de parcourir l'époque la plus triste comme 
la plus désastreuse de notre histoire maritime. A part quel- 
ques rares exceptions, la marine de la France n'éprouva que 
des échecs de 17ii à l'année 17A8. Je répéterai ici oe 
que j'ai déjà dit : ces désastres ne doivent pas être attri- 
bués aux odiciers auxquels on confia le commandement 
de nos forces navales ; une grande part du bl&me incombe au 
gouvernement. La marine était abandonnée; et lorsqu'une 
circonstance quelconque obligeait de mettre plusieurs vais* 
seaux à la roer« leur nombre était si restreint^ qu'ils étaient 
écrasés à leur sortie du port. Cela eut constamment lieu 
pendant la guerre à laquelle la paix d'Aix-la-Cbapelle mit 
un terme. On peut dire que, dans de pareilles conditions, 
il était impossible de réussir mieux que ne le firent les 
ofliciers généraux de cette époque. Mais si ces ofliciert 
firent ce que le devoir et l'honneur leur commandaient, 
s'ils déployèrent les talents qu'on était en droit d'exiger 
d'eux dans la position qu'ils occupaient, aucun d'eiu ne 
peut être cité comme ayant dominé les autres par sa valeur 
ou |>ar son génie. 11 faut des occasions au génie militaire 
pour qu'il se fasse jour. 1^ dix-neuvième siècle n'eût pas 
vu toutes ces illustrations qui ont porté si haut le non 
français, si les circonstances n'eussent servi ceux-là aux- 



32i PARALLELE. —17W. 

quels la France doit uoe si grande partie de sa gloire. 
C{iii occasions firent défaut à la marine de Louis XV, ou 
plutôt, ce monarque ne donna pas à sa marine le moyen 
de montrer si elle avait ou non dégénéré. 

Le lieutenant général Labniyère de Courts eut le premier 
à se mesurer avec un ennemi qui ne s'était pas arrêté d^ns 
la voie du progrès et il le fit dans les conditions les plus 
df^plorables. Donner secotu^ et assistance à une escadre 
alliée et l'aider à repousser l'attaque d'un enneoii avec le- 
quel on n'est pas soi-même en guerre, avec TinjoDCtion 
foi melle de se défendre, mais de se bien garder d'attaquer, 
n est pas chose facile sur n>er. Telle fut, on le sait, la mis- 
sion qui fut donnée au lieutenant général de Courts; et 
quoiqu'il l'eût remplie dans la limite do possîUe, il fut 
sacrifié à celui pour lequel il avait combattu, celui-ci 
n'ayant pas trouvé d'autre moyen de cooTrir sa propre 
faiblesse. 

Le chef d'escadre Desherbiers de l'Étanduère défendit 
un convoi ainsi que, sur terre, on défend une position lors- 
que l'on veut sauver un corps d'armée ou assurer aœ ma- 
nœuvre : il se fit écraser. L'occasion ne se présenta pas 
[Kiur cet oUicier général de montrer si, à forces égales, il 
était capable de lutter contre l'ennemi expérimenté avec 
lequel la France était en guerre. 

Le chef d'escadre de Lajonquière se trouva dans des con- 
ditions plus défavorables encore. A la tête d'une division 
en presque totalité composée de bâtiments de petite espèce 
et de vaisseaux de la Compagnie des Indes, il eut à com- 
battre une escadre qui comptait plus de vaisseaux qu'il 
n'avait de bâtiments de toute espèce. Il n*eût été donné 
à personne de réussir dans de semblables conditions. Tout 
ce qu'il était possible de faire fut fait. Le combat qui au- 
rait peut-être pu être évité fut accepté ; les bâtiments de 
guerre luttèrent dans la limite de leurs forces et, grâce 
à celte résistance inattendue, 38 navires du convoi sur AO 
furent sauvés. Ce fut la seule aflaire dans laquelle le chef 



RATA1LI.es. — 1755. 325 

d'câcadre de Lajonquiëre commanda. A l'occasion, il eùl 
peut-être réussi à prouver aux détracteurs de la maiine 
qu'il était, autant que qui que ce soit, capable de vaincre 
lorsqu'on lui donnait le moyen de combattre h armes égales. 
Aucun autre otTicier général n'eut à combattre comme 
commandant eo chef. 



AprèA quelques années de paix, l'Europe fut de nouveau 
troublée par l'ambition île l'Angleterre et par les projets 
de Marie-Thérèse d'Autriche. Le traité d' Aix-la-Chapelle 
n'avait terminé ni leH luttes lointaines de l'Inde, ni les 
hostilités entre les colons français et les cotons anglais de 
l'Ami^rique sepleniriunale. Dans l'Inde, le gouverneur Du- 
pleix luiiait contre la Compagnie anglaise pour conquérir 
à 1.1 France la domination de l'Indoustan. Les deux partis 
en venaient sans ce^se aux mains, couvrant leurs actes du 
nom de:) r.tdjahs et des nababs qui leur servaient d'in- 
sirumenis. Kn Amérique, l'Angleterre ne voyait pas sans 
alarmes les Français maîtres du Canada, et elle pensait 
avec rainoii qu'il ne pouvait y avoir de repos pour ses co- 
lonies, <lans cette partie du'monde, tant qu'un tel état de 
choses durerait. HéjJk elle en avait fait l'expérience. L'Ile 
du Cap Breton, h l'entrée dn Rolfe Saint- Laurent, avait été 
occupi^ en 171 S par les Frnnç.ii* qui lui avaient donné 
le nom d'i'*' Royale. Trente-deux ans plus tard, en 17A&. 
]e<i Anglais s'en étaient empari^et l'avaient gardée jusqu'à 
h paix de 17AH. La restitution qu'ils en avaient faite à 
relie époque avait consterné les Anglo. Américains, ei ils 
n'attendaient qu'une circonstance favorable pour expulser 




.')26 BATAILLES.— 4755. 

des voisins qu'ils n'avaient pas cessé de considérer comme 
des ennemis, d'un poste dont ils avaient pu apprécier Tim- 
por tance. Les limites des possessions des deux puissances 
avaient été si mal défînies dans le traité de paix, qu'U était 
difficile de décider entre les récriminations des deux par- 
ties; aussi l'animosité était-elle extrême, et Ton s'accusait 
sans cesse d'empiétement Les choses étaient dans cet état 
lorsque l'assassinat de l'officier français parlementaire Ju- 
monville, par un détachement d*Anglo-Américados, devint 
le signal d'une guerre violente. Los deux gouvernements 
ne rompirent cependant pas encore leurs relations et la 
cour de France fit preuve d'une modération qui eût dû 
amener un accommodement. 

Le gouvernement anglais engagea la lutte par une de ces 
grandes violations du droit des gens qui furent plus tard 
établies en système par le ministre Pitt. Sans déclaration 
de guerre préalable, ordre fut donné aux b&timents anglais 
de courir sus aux navires de la France : 300 navires du 
commerce furent ainsi capturés; plusieurs bfttiments de 
de la marine royale furent même enlevés par trahison. 
La chambre des communes d'Angleterre recula devant Tin- 
famic de cette vaste piraterie-, elle déclara les prises irré- 
guliëres : le gouvernement refusa de les restituer sans né- 
gociations. 

La France se lassa enfin. Des armements furent ordonnés 
dans tous les ports et des renforts furent disposés pour être 
env oyés dans les colonies. On songea d'abord au Canada. 
Le 3 mai 1755, le lieutenant général de Hacnémara partit 
de Brest avec les vaisseaux et les frégates ci-après : 

Cahois. 

go FofnitlaUc capiuioe (U KerMLÏDi. 

comte de Xarnèmârt, IteateDiit géiéral. 

^1 H*^roM cu|iiUiDe de Meolotttt, ckef d'ttcadrt. 

' \ Pnlmier — chevalier de BtaufreBOiL 

. i Èvfitlé — de Fontai». 

\ Inflexible — de (surbriaal. 

41 Atgie - de Cun^af:e!(. 

Kntrqtrtnuni - Duboi;: de LamoUt, cM d'tsc. 



BATAILLES. - 4755. 3«7 

) Biiam * Perriarée Sait eri, chif d'HC. 

•* I Àicidi — Hoeqoart 

!/ Il* llauphin Royal. — de MooUlais. 

/ li Algonquin. ... ~ de LâfilléoD. 

^ 1 ii Défenseur» . . . — Beansiier de Lille, Loab-JoMpk. 

70 ^ I Si Espérance, ... ~ vicomte de BootUU. 

IS I n Opiniâtrt. ... - de llollieo. 

^ ( ti niustrt — de CboiMMl. 

» I Si Actif. — chevalier de CaumoDl. 

•S I tl Lyt — de Lorgeril. 

il I tf Léopard» .... ~ Saiot-Latare. 

\ tt Apollon, hôpital -~ de Gomaio. 

^ Ifl il^m'lofi — — de Larigasdière. 

Fréiatea de 50* : Améthyste, Flevr-de- Lys, Béroine, Sù-éne, Comète, 

Diane, Fidèle (1). 

Les préparatifs de la France furent bientôt connus en 
Angleterre et plusieurs escadres sortirent^ pour les sur- 
veiller. Cependant le lieutenant général de Macnémara 
trouva la route libre; mais il fut suivi par une escadre 
anglaise qui était sortie de Plymoutb avec le vice-amiral 
Boscawen. Rendu en debors du golfe de Gascogne, il laissa 
le commandement au cbef d'escadre Dubois de Lamotte et 
rentra à Brest avec les six premiers vaisseaux et les trois 
premières frégates de la liste ci-dessus; le reste de Tes- 
cadre continua sa route pour Québec. Séparés par la brume 
et le mauvais temps sur le banc de Terre-Neuve, les Fran- 
çais arrivèrent isolément à leur destination; les uns entrè- 
rent i)ar le passage habituel, les autres par le détroit de 
Belle-Ile, dans lequel aucun vaisseau ne s'était encore en- 
gagé. Le 22 juin, ils étaient tous réunis, à l'exception de 
VAlcide et du Lyi. Le 10, à Tatterrage, ces deux vaisseaux 
avaient été chassés par une escadre anglaise. Sur leur refus 
de saluer le pavillon de la Grande-Bretagne, ils avaient été 
attaqués, VAlcide par le vaisseau le Duifaïaa de 60*, ca- 
pitaine honorable Richard Ilowe, et Tobbay de 7A*, capi- 



(I; J'ai indiqué jttftqo'a préMBt lei diff^reiKe» qoi eii»leBl ealre U« (aiu coa- 
•igoéf daa« 17/if r. de la marine de M. de Lapejreiue et ceai deat ]e doaae la 
reUiieo. Ce* ditèreaces defitBaeal »i aoBibreii*et^ ^ ie Bi'èbêiieodr«ii de le 
faire dctomait; je ae le» «igaalerai que lor»qa'ellMlMiclifrooi a 4e* |ioiau ca- 



328 COMBATS PARTICULIERS. — 1755. 

taine Charles Colby, qui portait le pavillon de Famind 
Boscawen; le Lys^ par le Défi ange de 60*, capitaine Tho- 
mas Andrews, et le Fougueux de 6i*, capitûne Richard 
Spry. Les deux vaisseaux français avaient amené leur pa- 
villon après cinq heures de combat (1) . L*envoi deFescadre 
française à Québec n'avait d'autre but que l'approvifflonne- 
ment du Canada ; aussi, dès que le chargement des vais- 
seaux eut été mis à terre, le chef d'escadre Dnbois de 
Lamotte reprit-il la mer. Il mit sous voiles le 15 août, et 
Tescadre mouilla à Brest le 21 septembre. Plasienre vais- 
seaux entrèrent à Rochefort. Le vice-amiral Boscawen quitta 
la côte d'Amérique à peu près en même temps que le chef 
d'escadre Dubois de Lamotte et rentra en Angleterre, lais- 
sant dans ces parages une faible division sous les ordres 
du contre-amiral Holburne. 

Quoique la déclaration n'ait eu lieu que le 17 mai 17&6, 
le commencement de la guerre date, à proprement parler, 
des combats du Ly$ et de YAlcide. Dès que le roi de France 
eut connaissance de la prise de ces vaisseaux, il enjoignit 
à son ambassadeur de quitter Londres. Le cabinet de Saint- 
James répondit à cette mesure par l'arrestation des na- 
vires français qui se trouvaient dans les ports d'Angleterre, 
et par l'ordre de se saisir de tous ceux qui seraient ren- 
contrés à la mer. Du reste, dès le mois de juillet, il avait 
chargé le contre-amiral West d'inquiéter une divinon avec 
laquelle le capitaine Duguay portait des approvisionnements 
aux colonies françaises de l'Ouest. Cet officier supérieur 
parvint à tromper la vigilance du contre-amiral anglais; 
il remplit sa mission et rentra à Brest, après avoir pris h 
Tatterrage la corvette anglaise de 20* BLADPOftD, capitaine 
\Valkins. 



(t) C'était la troi.<ièiue îoin qae It capitain«* Ilocquarl defeBâit le pruMoifr 
•Iti viceamiral Boscawen. Il était .<ur la AÊéfU^ lorsque cett« (régal* fat priM pcr 
le l)KrAD?(ocr.iiT en t7U. Il f-c. frooTait en 17(7 i^ar le Diamant çii tat 
par If N^nuii. Ce« denx vaiMeaux portaient le pavillon dn vice-amiral Bm 



COMBATS PARTICULIERS.- «755. 329 

Le vaisseau de 70*, armé en flûte avec 2h*^ ÏE$pirancê^ 
capitaine vicomte de Bouville, n'avait pu quitter Québec 
en môme temps que Tescadre du chef d*escadre Dubois de 
Lamotte dont il faisait partie. Peu de jours après son dé- 
part, il fut assailli par un violent coup de vent et cassa sa 
grande vergue. Le 11 novembre, 4 vaisseaux, aperçus dans 
le Nord, le chassèrent; la mer était grosse et le vent souf- 
flait du Nord. Le capitaine de Bouville fit gouverner au 
S. I S.-E. ; il ne tarda pas à être joint par TOxpord de 7A', 
capitaine Stephens. Après avoir bien reconnu la force du 
vaisseau français, TOxpord arbora le pavillon de la Grande- 
Bretagne, se plaça à portée de pistolet et l'attaqua par la 
hanche de bâbord. VEêpérance répondit par une bordée 
à double projectile et continua un feu si bien nourri que 
le vaisseau anglais se laissa culer. Le capitaine de Bouville 
prit alors le plus près tribord amures. Le capitaine anglais 
imita cette manœuvre dès que cela lui fut possible et il 
recommença le combat. Bientôt la brise devint tellement 
molle, que les deux vaisseaux, ballottés par une grosse 
houle, furent en quelque sorte abandonnés au gré des flots 
et ne se canonnèrent plus que lorsque leur position leur 
permit de se découvrir; le vaisseau français était alors en- 
tièreinent dégréé et sa .soute à poudre était noyée. Mal- 
heun'usement la brise fraîchit avant la nuit, et elle amena 
le Reveïvue, capitaine Cornwall, et le Bucki^giiam, qui por- 
tait le pavillondu contre-amiral West ; ces vai5seaux prirent 
position dans les hanches et sur l'arrière de VEspéraïue 
qui ne gouvernail plus. Une plus longue défense était im- 
|>ossible; le capitaine de Bouville fit amener le pavillon. 
1/ Espérance était dans un état tel, que les Anglais y mirent 
le feu. Les nombreuses avaries de TOxpord témoignaient 
de la résistance héroïque des Français. Les vaisseaux 
ennemis rallièrent IVscadre du vice-amiral Byng et ren- 
trèrent en Angleterre avec elle. 



330 COMBATS PARTICULIERS. - 47iM756. 

Ud autre acte d'hostilité eut lieu pendant qm Tescidre 
du chef d'escadre Dubois de Lamotte effèctniit son reUwr 
en France. Séparé des autres vaisseaui, TOptniAlr» de 6A*, 
armé en flûte avec 22*, capitmne de Mollien, eat on enga- 
gement de deux heures avec une frégate anglaise» en tm 
de 8 vûsseaux de la même nation. 



batihents pris, DÉTRurrs ou ifAonAOts 

pendant l'année I7ft5* 

FlAirÇAlS. 

Canons. 

70 Espérance. I armés en flôte ( Si* Pris par «ne diritloi. 

c Lys } avec. . . . ) S9 Pris par ieni fiiieaawi 

^* I Atcide Pris par deu TaûMaax. 

ANGLAIS. 

6i Mars Navfragé en AftirîfM. 

20 BLA^nroRD Prise par ine difiaien. 

RCCAPITULATIOII. 



FRANÇAIS. . Vai»caai 

A>cLAi.s. . . Vai«eaux 

Bàtimenb de moindre 
force 





DetraiU 






Pris. 


on 
naufragés. 


loeesdiéi. 


TOtâL. 


1 


to 


B 


S 


}> 


1 


1» 


1 


5 


m 


» 


1 



ANNEE 175». 



On commençait enfin à comprendre en France qu'il fallait 
à tout prix sortir de la position humilûinte dans laquelle 
la marine était tombée. De grands efforts furent faits, et 
grâce à laciivité que le miuistre de la marine sut imprimer 
au service, une escadre et plusieurs divisions surgirent, 



BATAILLES.— itSe. 331 

comme par enchantement, dans les pofts. Le 40 a?ril, le 
lieutenant général Barin, marquis de La Galissonnière, sor- 
tit de Toulon et alla mouiller aux lies d'Hyères avec 12 yûs- 
aeaux, 6 frégates et 150 navires du commerce, sur les- 
quels 15,000 hommes avaient été embarqués; le maréchal 
de Richelieu les commandait. L'expédition à laquelle ces 
troupes étaient destinées était tenue secrète. Après deux 
jours employés aux installations particulières des vaisseaux, 
la flotte remit à la voile ; le soir même elle reçut un coup 
de vent qui dispersa plusieurs navires. Le 18, elle mouilla 
devant Ciutadella de Minorque. Cette ville, située sur la 
cAte méridionale de TUe, fut abandonnée par sa garnison et 
occupée sans coup férir par les Français. 

En 1713, le traité d'Utrecht avait donné Tlle de Minorque 
aux Anglais, déjà maîtres, depuis 1708, du fort Saint-Phi- 
lippe qu'ils avaient enlevé à Philippe V d'Espagne, dans le 
but, avaient-ils prétendu 4 de le rendre à l'archiduc Charles 
d'Autriche. Depuis cette époque, ils entretenaient dans le 
magnifique port de Mahon une force navale stationnant 
comme avant-garde près des côtes de Provence. La France 
avait pris la résolution de s'emparer de cette lie, et c'était 
pour mettre ce projet à exécution que le lieutenant général 
de La Galissonnière s'éuit dirigé sur Minorque. Le 24 au 
matin, les troupes, l'artillerie et tout le matériel étaient à 
terre ; l'escadre appareilla alors pour établir le blocus du 
port de Mahon et, par suite, celui du fort Saint-Pnilippe, 
situé à l'entrée même de la passe qui y conduit. Les vais- 
seaux anglais DEproKD et Prificess Luisa et les frégates 
Chesterfield, Pbgb.mx et Dolphin, qui étaient dans le port, 
avaient pris le large dès que le débarquement des Français 
avait été connu. 

Absorbée en quelque sorte par les craintes que lui cau- 
sait la présence de l'armée récemment formée sur les côtes 
de Normandie, l'Angleterre avait fait peu de cas de l'arme- 
ment de Toulon. Cependant l'incertitude était bien grande 
à Londres dans ce moment. Où se porterait le premier eflbrt 



332 BATAILLES. — 1756. 

de la France? Telle était la grande préoccupation du gou- 
vernement, la grande question que personne n'osait ré- 
soudre dans un pays qui avait des possessions dans toutes 
les parties du monde. Convaincu enfin de la réalité des 
bruits d'une expédition sur Mabon, bruits auxquels on avait 
jusqu'alors ajouté d'autant moins de foi que le duc de Ri- 
chelieu avait mis plus d'empressement à les répandre, le 
gouvernement anglais prescrivit à Tamiral Byng de se diri- 
ger sur l'Ile de Hinorqueet de tenir l'escadre française blo- 
q uée dans le port de Habon, dans le casoù elle y serait entrée ; 
h ,000 hommes de trou]>es furen tembarqués sur les vaisseaux 
anglais. L'amiral Byng partit de Spithead le6 avril, et arriva 
à Gibraltar le 2 mai ; il y apprit, par le capitaine de la Ptui- 
C£ss LtisA, la destination de l'escadre française. L'amiral 
an^liis ({uitta Gibraltar le 8. Le 16, il fut rallié par le 
1\ tWMX, qui lui confirma la nouvelle du débarquement des 
Kt Auvais à Hinorque ; contrarié par le vent, il ne pat arri* 
\n iiue le 19 en vue de cette lie. Ce jour-là, les décou- 
vortes françaises signalèrent l'escadre anglaise. Le vent, qui 
:Hitifl1aitdu Nord, passa du côté du Sud, mais très-variable. 
Les deux escadres manœuvrèrent toute la journée pour 
sï'Ievcr le plus possible. Dès que les Anglais avaient été 
aperçus, le commandant en chef avait adressé au duc de 
Richelieu une demande de soldats pour compléter les équi- 
]>ai;es; on lui envoya A50 hommes : une des embarcations 
qui les portaient fut prise par l'ennemi. Le lendemain, 
le vent se fixa à l'Est, joli frais. Les Français se trouvèrent 
sous le vent et se formèrent en bataille, les amures à tri- 
bord, dans l'ordre suivant : 

*>^ f'"*fi rapilaioe marquifi de Saint Aignan. 

«»i Triton _ de Mercier. 

71 H^doutaht - de Vilanel. 

toniii.undeur de Glaodefès, chef d'tKaéra. 

6 S Orphée capitaine che? alier de RaymODdi*. 

•»'► AV/T _ d'Herfille. 

"» (hirrri^r. , . . . Villam de I^broêfe. 

Ai) Fowtmtfnnt _ FroRer de l'KitiiilIt. 

i:«iiiii.Murq. de La GaliaMMif re, lieit. ftéa. 



BATAILLES. - nw. 333 

Tt Témirttire «piuiot de BetOBMl L«B>)lr«. 

M Hippopotame — de Rocbanera. 

•I ConItHl — de Sabrân CrmaHent. 

Ti C'ourtuuw — GabuoBi. 

de Ltcloe. chet d'cKidra. 

Si .S<i^ capiUiRe Direveii. 

Fré|alu : W Jtuum, SO Ao», IS Pléiade, » Grocitute, Topùu, Nymphe. 

Les Anglais laissèrent arriver pour se rapprochei', et se 
formèrent en bauille, les amures à tribord, par le travers 
des FrançaÎB, dans l'ordre ci-après : 

60 Dirusct Mpiikiae Tbomu Andrew*. 

M PoKTiiMi , . — P»i. Burd. 

M Li^cuTEK — bo««nble George Edfcdtibe. 

TO BicKi.%uiii> — Hichul EtwiU. 

Tenple W«rl, eonlra-uiral. 
TO CimiK capiUine Cbtrie* CtlTard. 

10 llTKIFlB — itUM* V0tD|. 

TO RivKxci — Frederick C«nwall. 

•0 Paixitiu Loi!'* — heeenble Th. Noël. 

TO T«iMn ~ Philip Donll. 

M lltaiLitit — Artkar Gerdoei'. 

Jeha Bjni, «Birtl. 

1i d'LLuntx rapilaioe Hearj Wtrd. 

M DirrroMB . — John Ankeit. 

•0 kiHMiuKi — W, Patry. 

Fr^fitet : •0' CHkinritui, 10 Pnmmx, Dolmi'i, tiriaiNiin. 

Cenrita : 11' ^■^>»It■^ï. 

A 1' 15*, les vaisHCaui anglais mirent un hunier sur le 
mât. Croyant que l'intention de l'amiral Byng èlait de 
laisser dèGler les deux premières divisions de l'escadre 
française pour tomber ensuite sur l' arrière-garde, le lieu- 
tenant général de La Galissonnière mit aussi en panne; 
mais les Anglais ayant de suite fait servir, les Français tes 
imitèrent. A 2^ les deux escadres étaient à portée de fusil; 
toutefois, elles n'éuient pas placées sur deux lignes paral- 
lèles ; elles formaient un angle assez prononcé qui avait 
son sommet à ta léie des colonnes : aussi le feu commença- 
t-il par celte partie, puis il s'étendit succesaivement sur 
touie la ligne, line demi-lieure après le commencement du 
comliai, rixTXEpiD, dernier vaisseau de 1* avant-garde enne- 
mie, perdit son petit mit de hune qui s'abattit sur la misaine ; 
ce vaisseau, ne gouveniani plus, tomba sur celui qui éuit 
derrière lui et l'obligea, ainsi que ceux qui le suivaient, h 
mettre loulfs leurs voiles sur le mil pour ne pas être 



33i BATAILLES.-^ 1716. 

abordéï^. Cette manœuvre établit un grand vide aa centre 
de l'escadre anglaise, et le corps de bataille des Français 
n'eut bientôt plus d'ennemis par son travers. La comman- 
dant en chef lui commanda alors de serrer le vent et de 
passer dans ce vide pour mettre les Anghda entre deoi 
feux : cette intention fut déjouée par la mancsavre de Tar- 
rière-garde anglaise qui força de voiles et barrmle punge. 
Le mouvement qui avait été ordonné au corps de bataille 
français, et qui avait reçu un commencement d'exécatk», 
avait éloigné le commandant en chef du gros de son escadre; 
à A ^ 45 *", il en était à une assez grande distance. 11 signala 
alors à l' avant-garde de virer de bord tout à la fois; mab 
les vaisseaux, plus ou moins désemparés, eurent de la peine 
à exécuter ce mouvement : les uns virèrent vent devant, 
les autres vent arrière, et lorsque l'évolution fat achevée, 
les Anglais étaient trop éloignés pour qu'il fût possible de 
songer à en obtenir quelque résoltat : l'amiral anglais avait, 
en effet, fait virer ses vaisseaux pour couvrir TlirraiPin. U 
était 6'' du soir; les vaisseaux français mirent en panne et 
travaillèrent à réparer leurs avaries qui avaient générale- 
ment peu d'importance; un seul vaisseau, le Sage, avait 
perdu une vergue de bune. Les mâtures des vaisseaux an- 
glais étaient toutes fort endommagées. U fut décidé, dans 
un conseil de guerre qui se réunit à bord du Rahues et 
auquel assistèrent les ofGciers généraux de l'année de terre 
embarquùs sur l'escadre, qu'il n'était plus possible de se* 
courir Mahon et qu il fallait retourner à Gibraltar. L'escadre 
anglaise mouilla sur cette rade le 10 juin et y trouva 5 vais- 
seaux arrivés d'Angleterre pour la renforcer. L'amiral Byng 
reçut dans ce port l'ordre de remettre son commandement 
à l'amiral Sir Edward llawke et de se rendre en Angle- 
terre pour donner des explications sur sa conduite. Le 
nouveau coniniandant en chef appareilla immédiatement et 
arriva devant Minorque pourvoir le pavillon français flotter 
sur cette Ile. Le maréchal de Richelieu avait en effet quitté 
(riutadelia le 21 avril ; deux jours après, il était entré dans 
.M.iiiuii sans avoir tiré un coup de fusil. Le lieutenant gou- 



BATAIt-LBtt.— 1756. 331 

vernear de l'tle s'était coDtenté de lui écrire pour lui ei- 
primer sou étonnemeut de ce débarquement et de cette 
agression en pleine paix. L'attaque du fort Saint-Pliilippe 
par lerie et par mer avait été immédiatement résolue. 
L'occupation de Mabon sans cette forteresse était cboae 
inutile, puisque, ainsi que je l'ai dit, elle est b&tie sur 
le c6lé gaucbe de la passe qui y conduit. Le fort Saint- 
Charles, situé sur le cdté Nord de l'entrée, fut d'abord 
attaqué par les chaloupes des vaisseaux et par de grandes 
embarcations qui avaient été emmenées de Toulon et qui 
croisaient à l'entrée du port sous le commandement du 
lieutenant de vaisseau Guilton. Le fort SaÎDl-Pbitippe ca- 
pitula le 30 juin. Le but de l'expédition était rempli ; les 
troupes furent rembarquées et, le 8 juillet, la flotte fit 
route pour Toulon où elle arriva le 10. 

Disons pour terminer que l'amiral anglais Byng fut cou- 
damné à être arquebuse, et que, bien que les juges l'eussent 
recommandé À la faveur royale, la sentence reçut son eié- 
culion. L'amiral fut condamné, non pour poUroniierie, 
mautaiit inUntion ou ignorance, mais pour n'avoir pai fait 
tout ce qu'il aurait pu faire pour prendre ou détruire Ut 
rai$$eaux fronçait : pour n'avoir pat fait Ut demieri effortt 
pour tecourir U fort Saint- Philippe, et pour n'avoir pat 
attittr comme il taurait du Ut vaiiteaux du roi enyagi» 
avrr Ut Françait. 

La guerre fut déclarée le 17 mai k l'Angleterre. 

Il n'est pas sans intérêt de voir comment les dispositions 
de combat étaient prises à bord des vaisseaux & cette époque. 
Voici le rAle ùk combat du vaisseau le Foudroyant , qui 
portait le pavillon du commandant en chef & l'affaire de 
Mabon : 

Cviti da panllM Si 

^ 1 IttSU* r4B4B«i*r ... Il 

ï I Sccoirii nalUM tMMiKr) . . • l.it» 

^ '. %i ïUMt d* U * U boBset tu ( "' 

^ f SclbMlIct >■! «mUIIm. . . 01 

•■ ' )>.iMt* «c* pM4r»t. « I 



33G 



BATAILLES. — i 756. 



■< 



xii 



•< 
o 



c 






r. u 
S o 



s V. 



Gardes du paTÎIlon S 

Maître caooonier t 

Seconds maitres canonoiers S \lti 

I 16 canons de 18 à 11 hommes 17€ i 

[ Paisage des poudres S/ 

t Garde da pavilloo Il 

A\ant. I Aide canonnier 1 > Si '. 

f 5 canons de 8 ù G hommes 30 } f 

. l Garde do pavillon IJ / 

f Arrière, j Aide canonnier l|t§| 

( 4 canons de i à 6 hommes Si ) 

< Gardes du pavillon S I 

DuneUe { soldais. . • 30 i 

.. Ml j i Gardes du pavillon S 

Gaillard ^^^^^ / ^ 

darrière. | armurier I 

Coursive. Soldats «u \m 

.- -.1 j ( Gardes du pavillon S 

Gaillard ) ^^^^^^ ^ ,^ 

***^*"^ (Armurier i 

I Grande hune '8j i % 

Hunes. | Hune de misaiae 8 

( Hune d'artimon i 

Grande hune i 

Hune de misaine i 

Hune d'artimon 8 

Dunette 10 . 

Gaillard d'arrière SS '*•' 

A la harre 9 

Coursive 10 

\ Gaillard d'avant 30 

Aux ( Canonoiers 1 1 

. , . colTreb. « Valets il * . ^, 

Avant. < p^^^^ Gardiens 1 ) ' *■ 

aux lions i Valets 4 1 

( Canonnier» % à 

^"* { Au fanal 1 } 9 

coffres. I Valets 6 j 

Couloir des valets ^\«t 

Arrière. / La soute à pain. ^ ** 
sur j 
le thé&tre (Gensdumonitionoaire. 8) 

du maître ( Valets 8 i 

valet. ) 

I (Paieries < Charpentier:: Si 

i et pompes. ( Calfats 3/ 

] Théâtre ( Chirurgiens 6 ) 

< du j Valets 8 1 15 > tS 

chirurgien. ( Kgalier t ) 

Fos»e \ Gardien t i 

aux câbles, i Matelot 1 | * 

Canut arOiV 19 

Total Mtth 




RATAILI.KS.— 1756. 

Vers le milieu de Tanuée, le capitaine de vaisseau Beaus- 
sierde Lisle (Louis- Joseph) reçut Tordre d'aller porter des 
troupes à Québec et des fonds à Tile Royale, avec le vais- 
seau de 74* armé en flûte avec 16* le Héroi , qu'il com- 
mandait, deux autres vaisseaux également armés en flûte, 
r/Uiolff, capitaine Monialais, le Léopard^ capitaine Ger- 
main, et les frégates de 32* la StVMe, capitaine de Breugnon, 
la Licorne^ capitaine de Larigaudière, et laSauro^e, capi- 
taine de Tourville. Le capitaine de Beaussier avait rempli 
sa mission et sa division faisait route pour effectuer son 
retour en France lorsque, le jour même de sa sortie de 
Louisbourg, le 26 juillet, il eut connaissance de deux vais- 
seaux anglais et de deux corvettes qu'il fit chasser : c'étaient 
le Grapton de 70% capitaine Holmes, le Nottinghaii de 60*, 
capitaine Marshall, le Bornes de 1A% capitaine Sali, et la 
Jamaica de même force, capitaine Samuel Hood. Le vent 
était au Nord. Un peu après midi, la Licorne parvint à appro- 
cher assez la Jâmaica pour lui envoyer des boulets; cette 
attaque ne fut suivie d'aucune riposte et la corvette rallia 
les autres bâtiments de sa divbion. De son côté, le Héros 
canonnait les vaisseaux anglais, mais seul, et sans que 
Y Illustre^ le Léopard^ la Sirène et la Sauvage songeassent 
à lui venir en aide, ou pussent y réussir : les capitaines de 
ces bâtiments prétendirent que la faiblesse de la brise les 
empêcha de le faire. La Licorne elle-même ne l'approcha 
pas. Les Anglais ne jugèrent pas à propos d'engager un 
combat sérieux, et ils séloignèrent lorsque la brise le leur 
permit. Le capitaine de Beaussier, blessé dans cette escar- 
mouche, entra à Brest sans autre rencontie. 

Un historien français (1), faisant probablement allusion 
à cette affaire, dit, à propos de la rivalité qui existait entre 
les ofijciers nobles de la marine et les oflkiers de port, ou 



(I) Htftii MtrUi, Huioért dt f*nmv, I. ft, ^, M. M. CaMl lit»! U 
laigAUt 4âBf tôt Htitoift du battit de S»t/frtm, 




338 BATAILLES, «-i.756. 

officiers bleus : « Dans un combat livré mr la Me de TUe 
n du Cap Breton f en juillet 1766, tin capitaine de vaiiseau 
N et un capitaine de frégate avaient abandonné leur chef 
« d^escadre quij attaqué par deux vaisseaux anglais plus 
it forts que le 5t>n, eût succombé sans le secours d'une autre 
a frégate. Cette lâche trahison n'avait pas eu d'autre motif 
a que la roture du chef d^escadre. Le capitaine de frégate se 
c fit justice à lui-même; il ne put résister a%êx rewMrds et 
u au mépris des honnêtes gens : il se pendit* L'autre officier 
it fut acquitté par le conseil de guerre, » 

La version que j*ai donnée est empruntée au rapport 
du capitaine de Breugnon. On n'y trouve aucune trace 
des sentiments signalés par Thistorien français ; le comman- 
dant de la division française n'appartenait d'ailleurs pas i la 
roture, et aucune frégate ne vint au secours du vaisseau 
qu'il montait Beatson (1) attribue également au calme la 
non-coopération des compagnons du Héros. Je pense donc 
qu'il ne faut accepter qu'avec une extrême réserve la 
pensée de haine attribuée» dans cette circonstance, aux 
officiers de la marine française. Le seul officier qui, avec 
le capitaine Beaussier de Lisie, attaqua les bâtiments an- 
glais, appartenait d'ailleurs à la noblesse, et ce fut cet offi- 
cier qui, plus tard, mit fin à ses jours. Ce fut probablemeni 
par un sentiment d'honneur exagéré, puisqu'il avait été 
au feu. 



Le capitaine Daubigny, pani de la rade de TUe d'Aix 
avec 1 vaisseau et 2 frégates, rencontra, le il mara, à sod 
atterrage sur la Martinique, le vaisseau anglais de ttt* 
A\ ABWicK, capitaine Shudliam, qu'il fit chasser par sa di» 
\ision. La frégate de SA"" l'Atalanie réussit à l'atleiiidre la 
première et, sans attendre l'arrivée de ses deux compa- 
gnons, elle engagea le combat. Le capitaine Duchaffiuilt 



^i; l^avùi and mtlUary mematri ofGntU Uriiain^ 



COMBATS PARTICULIERS. — 1756. dSd 

sat neutraliser xme partie des forces de son formidable ad- 
versaire par une suite de manœuvres habiles, et le vaisseau 
ennemi fut canonné avec un succès tel, qu'il fut bientôt 
désemparé. Incapable de soutenir longtemps désormais une 
lutte dans laquelle les chances avaient d'abord paru devoir 
être de son côté, le capitaine Shudham se rapprocha du 
vaisseau français, et il amena son pavillon dès qu'il en fut 
à petite distance. Cette tactique, probablement destinée à 
sauvegarder la réputation de l'officier anglais, n'eut pas 
l'effet sur lequel il comptait. Le capitaine Daubigny, appré- 
ciant bien vite la position des deux combattants, ne voulut 
pas enlever au capitaine Duchaffault l'honneur qui lui re- 
venait à si juste titre; son vaisseau ne tira pas un seul coup 
de canon, et il resta paisible spectateur de cette lutte iné- 
gale qui se termina par le triomphe de YAtalante. 



Vers le milieu du mois de mars, le vaisseau de 50* l'i^rr- 
en-cif/et la frégate de 86* le Chariot royal, chargés Fun 
et l'autre d'approvisionnements pour Louisbourg, furent 
pris, le premier par les vaisseaux anglais Litcupield et 
NoRTUwicu, l'autre par le Torhay. 



Un convoi qui se rendait à Rochefort sous l'escorte du 
vaisseau de 50* Y Aquilon j capitaine de Maurville, et de la 
frégate de 30* la Cybéle, capitaine de Lizardais, fut chassé, le 
l7août. par le vaisseau anglaisde 50* Colcoester, capitaine 
O'Brien, et la frégate de 30* Lviie, capitaine Vornon. A la 
hauteur de Maumusson, laissant les navires du commerce 
continuer leur route, les deux convoyeurs mirent en panne 
et attendirent l'ennemi. A 6^ du soir, le combat s'engagea 
entre le vaisseau anglais et Y Aquilon : tous deux s'arrêtè- 
rent, comme d'un commun accord, à 1^ du matin. Le ca- 
pitaine de Maurville avait eu un bras emporté par un boulet 
dès le commencement de l'affaire. Pendant que les deux 
vaisseaux étaient aux prises, la CyM- avait combattu U 



340 COMBATS PARTICULIERS.— 4756-1767. 

frégate enoemie; mais celle-ci s'était retirée à 11^30*. 



L'historien BeatsoD (1) comprend le vaisseau anglais 
de 50* Grecnwigh dans la nomenclature des bâtiments 
capturés en 1757. Je crois qu'il fait erreur ^ la prise de 
ce vaisseau doit appartenir à la présente année, car le 
Gkeenwicu faisait partie de la division qui partit de France 
sous le commandement du capitsdue de Kersûnt à la Cn de 
cette année 1756. 



Oinoiu. 
50 
36 



64 

50 



BATIVELMS PRIS, DÉTRUITS OU NAUFRAGÉS 

peDilant l'année 1756. 

;FRA.NÇA1S. 

Arc-en-ciel Pris par deux TaisMân. 

Chariot royal Prbe par un TaisMaa. 

ANGLAIS» 

WàKwicK Pris par one (régate. 

Greekwicb Pris par une difJsioD. 

EÊGAMTDUTltN. 



l'RA'CAlS. 
A.NCLAIS. . 



\ VaisseaQx. . . 

} Frégates. . . 

Vaisseaux.. . 





Uétmili 






Pri5 


ou 


iDceodiéi 


TflTAl 


1 


M 


» 


1 


1 


» 


» 


t 


2 


>• 


» 


9 



ANNEE 1757. 



Justement effrayé des préparatifs que faisait l'Angleterre 
cl instruit que cette puissance eipédiait des troupes au Ca- 



(l) ?iai'aiund mUitury mtmoirs, elc. 



BATAILLES.— i757« 341 

nada, le gouTernemeDt français jugea qu'il était urgent 
d'envoyer du secours à Louisbourg, capitale et port prin- 
cipal de l'île Royale. Le lieutenant général Dubois de La- 
motte partit de Brest, à cet effet, le S mai, avec les vais* 
seaux ci-après : 

Caaoïu. 

(Formidable eapttâioe de Gaicheo. 
comte Doboi« de LamoUe, lienlesaDt gés. 

Duc de Bourgogne capitaine Daubigay^ chef d'escadfe. 

IHéroi — Chateloger. 
Glorieux — CbaTagiac 
Dauphin-Bntjai — d'L*rt«bie. 
Superbe, — marqnit de Cbotsenl. 

i Belliqueux — d'Orrillierf. 
Bizarre • . . . . ~ de Moalalaif. 
Célèbre — de Lajooqvière. 

et deox frégates. 

Cette escadre arriva à Louisbourg le 19 juin ; les vais- 
seaux le Célèbre et le Bizarre furent de suite détachés h 
Québec, d'où ils retournèrent directement en France. 

Le chef d'escadre de Beaufremont, qui avait été chargé 
de porter des troupes à Saint-Domingue dans le courant 
du mois de février, avait fait route ensuite pour l'Amérique 
du Nord et se trouvait sur la rade de Louisbourg, depuis 
le 2S mai, avec une division composée des vaisseaux de : 



Tonnant cheTalier de Rea^freoMêt, dief d'aeeadrt. 

i DéfenMeur capllaiae de Blénac. 

^* ( Diadème - de Re*ilf . 

( Eveillé — Merrille. 

•* I Inflexible - de Tîlly (I). 

et de la frégate de Sr ta Brune, 

Le lieutenant général Dubois de Lamottc trouva encore 
sur la rade de Louisbourg les deux frégates la Benakise de 
36*, la ComHe de 32 et les vaisseaux ci-après, arrivés de 
Toulon le 15 juin : 

Cauoum. 

74 Hector capitatae DarefCit. 

Achille - PaaaaU 

té ( VatUuni Saavm« MaraL 

Sno^ - dAbôt. 



vil La OMrt de cet eAcier fit paner ce Tateeeaa *%m% le cespaiéMMM H 
capitoiM SajBl4«aareat 



342 BATAILLES.— 1757. 

Le & avril pendant la nuit, i leur sortie do détroit de 
Gibraltar, ces quatre vaisseaux avaient eu un engagement de 
deux heures avec les vaisseaux anglais Cullooeii,Buwick« 
Pbingess Luisa, Portland et Guerneset, placés sous le 
commandement de Tamiral Saunders. Le lieutenant général 
Dubois de Lamotte avait doue 16 vaisseaux et 5 frégates 
sous ses ordres. Son premier soin fut de s'occuper de la 
défense de Louisbourg. Il établit des batteries sur divers 
points de la rade et embossa 10 vaisseaux en demî-ceicle 
devant la passe. Ces dispositions étaient commandées par 
celles que faisaient alors ouvertement les Anglais. Ils ne 
dissimulaient plus, en effet, le projet de faire tons leurs 
efforts pour rentrer en possession de l'Ile Royale» dont ils 
avaient pu apprécier Timportance et qui, en leur livnnt 
l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, devait faciliter leurs 
opérations contre Québec, objet incessant de leur convditiae. 
5,300 hommes étaient arrivés à Halifax, au mois de juin, 
sur un convoi que le contre-amiral Hardy avait escorté avec 
2 vaisseaux et à corvettes. Le mois suivant, le vice-amiral 
Holburne avait mouillé sur cette rade avec lA vaisseaoi et 
11 autres bâtiments de guerre ; un 15* vaisseau lui avait été 
envoyé au mois d'aoûL Le vice-amiral anglais parut defiot 
Louisbourg le 19 de ce dernier mois ; mais, surpris d*qier- 
cevoir au mouillage autre chose que les vaisseaux partis de 
Brest avec le lieutenant général Dubois de Lamotte» il r^ 
nonça à ses projets d'attaque et retourna à Halifax. Son 
absence fut, toutefois, de courte durée, et ses instructions 
lui enjoignant d'attaquer Louisbourg, il reparut bientAt de- 
vant ce port avec un renfort de h vâdsseaux. Cette fois» ce 
fut une circonstance atmosphérique qui entrava ses projets. 
Le SA septembre, un violent coup de vent dT.-S.-E. dispersa 
entièrement son escadre. Le vaisseau de 00* Tilbcst fut 
jeté à la côte : le capitaine Bainsley et plus de 200 hmines 
se noyèrent. Le Fekret de 10' se perdit corps et biens. 
Le BEoroan, le Devoksuire, le Nassau et le Captair de flA, 
le Prikce Frederick, le Slndekukd, TEagu de fiO et k 



BATAILLES.— 1757. 343 

CsimjiiON de 60, furent rasés comme des pontODs* Le 
GiAPTON de 74 démâta de son petit mât de hune et de son 
grand mât L'Invincible, aussi de 7A, perdit son grand mât 
et son mât d'artimon. Le Nottingbaii et le Nightingale 
perdirent leur mât d'artimon. Le vice-amiral anglais ren- 
voya les vaisseaux les plus avariés en Angleterre avec le 
contre-amiral Hardy, et rentra lui-même à Halifax (Voix il 
fit bientôt route pour l'Angleterre, laissant au capitaine 
llelvill le commandement de la division irAmérique. 

L'escadre française ressentit aussi ce coup de vent au 
mouillage, mais elle fut beaucoup moins maltraitée que 
l'escadre anglaise : elle courut cependant de grands dan- 
gers, car les vents S.-S.~E. donnent en plein dans la rade 
de Louisbourg. Plusieurs vaisseaux cassèrent leurs câbles 
et s'échouèrent; d*autres s'abordèrent. Le vent changea 
fort heureusement le lendemain, et l'on en fut quitta pour 
abattre en carène le vaisseau le Tonnant et la frégate là 
Benakise qui avaient touché sur des roches. Persuadé que 
les Anglais ne feraient aucune tentative sur Louisbourg 
cette année, le lieutenant général Dubois de Lamotte fit 
ses dispositions pour rentrer en France. Ce départ lui était 
impérieusement commandé par le manque de vivres et 
aussi par l'état sanitaire des équipage* parmi lesquels une 
maladie épidémique faisait de grands ravages* L'escadre 
appareilla le SO octobre. Le soir même, elle reçut un coup 
de vent de S.-E. qui lui fit courir les plus grands dangers. 
Elle était, en effet, dans la position où celle du vice-amiral 
Holbume s'était trouvée un mois auparavant; elle s en lira 
avec plus de bonheur. Presque tous les vaisseaux lir eot 
cependant des avaries, mais aucun ne se peitUt Le Oia- 
dèmê^ V Inflexible et le Défenseur durent rentrer à Louis- 
bourg ; les frégates se séparèrent aussi. Les vaisseaux ral- 
lièrent le 9 novembre. Le 20. l'escadre chassa un bâtiment 
qui fut joint par le Taîsseau le Diadème : c'était le vaisseau 
anglais de 7h* Vasacaso. Quoique l'équipage du DiaddM 
fût réduit à 200 bommes, le capitaine Rosily combattit 



344 BATAILLES. — 1757. 

seul le vaisseau ennemi pendant six heures conaëculîfcs 
et il ne l'abandonna, à la nuit, que sur l'ordre du oom* 
mandant en chef. Enfin le 23 novembre, après une série 
presque continuelle de mauvais temps, l'escadre mouilla 
sur la rade de Brest. Elle était dans l'état le plus déplo- 
rable. La mortalité n'avait fait qu'augmenter pendant la 
traversée. Le Tonnant^ le Duc de Bourgogne et YÊveilU 
durent entrer directement dans le port sans mouiller sur 
rade, faute de monde pour manœuvrer. à 7,000 malades 
furent mis à terre ; et les hôpitaux ne pouvant les contenir 
tous, on en plaça dans les églises et dans les musons par- 
ticulières (1). On perdidt de 60 i 80 hommes par jour. 
Trois frégates entrèrent à Brest le même jonr que V 
cadre ; la Benakise et YHermione avaient été capturées. 



Le capitaine de vaisseau comte de Rersaint, parti de 
Brest pour les Antilles à la fin de l'année 1760, avait reçu 
l'ordre de tenter, en passant, un coup de main aur les éta- 
blissements anglais de la côte occidentale d'Afrique. Après 
avoir, dans le courant du mois de février de la présente 
année 1757, détruit plusieurs comptoirs et capturé les na- 
vires du commerce qui s'y trouvaient, il avût fait route 
pour sa destination avec la division dont le commande- 
ment lui avait été confié. Au moment où, après avoir rem- 
pli sa mission, il allait quitter Saint-Domingue avec nn 
convoi composé de tous les navires prêts à retourner en 
France, il apprit que le capitaine anglais Forrest avait été 
détaché avec plusieurs vaisseaux de l'escadre de la Jamaïque 
ei l'attendait à l'entrée des débouquements. Cette nonvélle 
décida le commandant de Kersaint à modifirr les dispon* 
tions qu'il avait prises; il sortit pendant la nuit du 20 oc* 
tobre, mais il n'emmena avec lui que le vaisseau de 



• m» 



■l) Voir pour plo« de déUil» V Histoire de la tille et du poHdt Bmtf 
Var 1*. Levot (t. t, p. lU;. 



BATAILLES. — 1757. 345 

7k' armé en flûte le Scepire, capitaine ClaveU et la gabare 
VOuiardê. Sa diTiaion se trouva dès lors composée de ces 
deux bâtiments et des vaisseaux : 



74 Inirépide, qi*il conouiDdail. 

•4 Opitiiâtre ea^iUioe MoUien. 

10 Grtemwich » Fo«ca«lt. 

tl dM fréf»tos de Sr Samvagt et Licorne. 

Les renseignements qui étaient parvenus au comman- 
dant en chef de la division française étaient exacts. Dès que 
le jour parut, il Tut chassé par quatre vaisseaux anglais; le 
DnBADROOGRT ct la PaiRCEss AuGDSTA de 00*, capitaines 
Sockling et Ar. Forrest, et rEoiRBuac, capitiûne W. Lang- 
don« l'atteignirent à h^ du soir. Le commandant de Rersaint 
rangea ses vaisseaux en bataille et prit la tète de la ligne ; 
le Gfttnmeh le suivait ; le Seepire qu*il mit en ligne et 
V Opiniâtre venaient ensuite; les deux frégates et la gabare 
furent placées du côté opposé à Tennemi. Les vaisseaux 
anglais engagèrent le combat au vent et dans le même 
ordre que les Français. Dès la troisième bordée, les trois 
huniers de V Intrépide furent mis hors de service. Quoique 
le feu eût été très-vif sur toute la ligne, à la nuit, aucun 
avantage bien marqué ne pouvait faire présumer de quel 
côté resterait la victoire. Peu désireux probablement de 
s'engager dans les débouquements, le commandant anglais 
serra le vent et le feu cessa à 6^ SO". Tous les vaisseaux, 
mais particulièrement le Drbadrodgrt, avaient de graves 
avaries. Neuf blessures reçues pendant ces deux heures et 
demie de combat n'avaient pu déterminer le commandant 
de Kersaint & quitter le pont; la mauvaise apparence du 
temps et Tétat de ses biliments lui firent prendre le parti 
de rentrer au Cap Français. V Inirépide démita pendant le 
trajet. 

Les combats particuliers furent peu nombreux pendant 
l'année 1767. Le premier que j'aie à relater eut lieu 
entre deux frégates. VÊmeraude de 2i% capitaine Péri- 



346 COMBATS PARTICULIERS —1757. 

gny, rentrant à Brest après avoir escorté i une soixaDtaine 
de milles au large un navire qui portait des vivres à Ttle 
Royale, fut attaquée, dans l'après-midi du 21 septembre, 
par la frégate anglaise de 36 Southampton, capitaine Gil- 
cbrist. Après une heure et demie du feu le mieux nourri, 
la frégate française avait de nombreuses avaries dans sa 
mâture ; sa voilure et son gréement étaient hachés. Le capi- 
taine Périgny, dont les canons de 8 ne produisaient pas 
grand effet, songea à établir le combat sur un terrain qui 
lui offrirait des chances plus favorables; il aborda la Soc- 
THAMPTON et se mit en devoir de sauter à bord à la tête de 
son équipage. Il ne put malheureusement pas conduire 
cette entreprise ; une décharge de mousqueterie Fëtendit 
mort, ainsi que deux autres officiers; le commandement 
passa dans les mains du lieutenant chevalier de Ravenel. 
La lutte fut vigoureusement continuée par le nouveau chef; 
mais, deux autres officiers ayant été mis hors de combat, 
et les rangs s éclaircissant de plus en plus, les Français 
furent repoussés. Tout espoir de réussite ayant désonnab 
disparu, le pavillon de YÊmeraude fut amené. 



Depuis la reprise des hostilités, au mois de mai de Y 
née précédente, les armes de l'Angleterre n'avaient eu de 
succès ni dans les mers d'Europe, ni dans celles d'Amé- 
rique. Le gouvernement anglais espéra être plus heureux 
en agissant contre les côtes de France. L'amiral sir Edward 
Hawkes partit de l'ile de \Vight au commencement du mois 
de septembre, avec une flotte de 17 vaisseaux, 9 bâtiments 
de moindre force et 55 transports portant douze régiments 
de ligne, quelque cavalerie et de l'artillerie. Les instruc- 
tions du commandant en chef lui enjoignaient de détruire 
d'abord les fortifications de la rade de Rocbefort. L'armée 
navale anglaise entra le 22 dans la rade des Basques: 
rilc d'Aix, prise sans difficulté, fut livrée u pliage. Cet 



un 



BATAILLES. — 1758. 



RtCÀTinrUTIOR. 



FRAKÇAis. • Vaisseani 

Frégates 

ANGLAIS. . . Vairaeaox 

Bàtimenbi de moindre 
force 





DarniU 






Pris. 


on 


iDOiadiét. 


TOVAL. 1 




nanfragi>s. 




1 

1 


» 
3 


1 




1 

5 


• 


1 


• 


• 


» 


S 


m 


2 i 

1 



ANNÉE 1758. 



Le chef d'escadre de Laclue partit de Toulon au com- 
meDcement du mois de décembre 1767 avec les Taisseanx 
ci-dessous pour aller prendre le commandement de la 
division des Antilles : 

80 Océan de LaclM, chef d'eecadre. 

iRedoutab/r capitaine de Saint Atgnai. 
Guerrier de Rochemore. 

Centaure - de Castilloa. 

64 Content ^ de Cabaoooi. 

M Hippopotame ^ de Laborde. 

Le vice-amiral Osbome, qui commandait rescadre an* 
glaise de la Méditerranée, eut bientdt connaissance de la 
sortie et de la destination de la division française^ et Q 
alla s'établir en croisière sur son passage devant le détroit 
de Gibraltar. Cette nouvelle fit prendre au chef d'escadre 
de Laclue la détermination d'entrer à Cartbagène où les 
vaisseaux le Souverain de 74'' et le Lion de 6A, capitaines 
Lemotheux et Colbert Targis, et la frégate de 21* YOiieau 
lui furent envoyés en renfort La division française, ain^ 
composée, remit à la voile le 6 février ; mais, sur l'avis des 
capitaines réunis en conseil/ il fut décidé qu'elle se tien- 
drait sous le cap Palos jusqu'à l'arrivée d'un autre renfort 



BATAILLES.— 1758. 349 

qui était annoncé. Le commandant en chef attendit ce ren- 
fort pendant douze jours ; ne ]e voyant pas arriver, U rentra 
à Carlhagëne. Enfin, le 25, tes b&limeDts annoncés furent 
signalés au large; c'étaient les vaisseaux de : 

Cuou. 

M Foudroyttnl upiUiaa DDi)a«n«. 

4i lirpkéc - dUenille. 

M Orifiamm* — PogH*. 

tl U frégiU d* le- P/<iu /. . 

Le cbef d'escadre de Lacluc ayant l'intention de partir 
le lendemain, fit signal au capitaine Duquesne qui com- 
mandait la petite division de renfort de ne pas entrer à 
Canhagène et de jeter l'ancre dans la baie ouverte d'Es- 
combrera, à l'Est de la rade. Cet officier supérieur fit des 
représentations sur la mauvaise poûtion de ce mouillage 
et resta sous voiles. Le commandant en cbef n'iusista pas 
sur l'exécution de son ordre auquel il n'attachait qu'une 
importance assez secondaire. Il laissa au capitaine Duquesne 
la liberté de prendre le parti qui lui paraîtrait le plus con- 
venable et se borna i lui faire observer, qu'en l'engageant 
i mouiller dans la baie d'Escombrera, il avait en vue de 
prévenir les dilTicultés. qu'on pourrait éprouver à la sortie 
de Carthagène ; que d'ailleurs, U comme ici, il leur serait 
possible de prendre les dinpositions que leur réunion né- 
cessitait, dispositions dont il serait peut-être difficile de 
s'occuper & U mer. Le capiuine Duquesne ne tint aucun 
compte de ces observations et resu sous voiles. Le temps 
devint mauvais pendant la nuit; un gros vent de N. O. 
éloigna de la cftie tes nouveaux arrivés. Le 2A, \ S* du 
matin, l'Ori/Tamme aperçut plusieurs bltimenlsqui furent 
jugés ennemis ; mais afin de ne pas dévoiler la présence de 
la division dont il faisait pariic, te capitaine Duguay ne fit 
aucun signal et prit In bord^-e de terre. Poursuivi par les 
deux vaisseaux anglais Hoxarcb de 7&* et HofrrAGO 
de â&. il alla cbcrcLer un refuge dans le petit port de 
Las Aguilas d'où il ne put sortir avant le 15 nurs; il 
entra alors à Cartfaagtne. Ces deux vaisseaux anglais fu- 




350 BATAILLES. ^1758. 

saient partie de Tarmée anglaise de la Méditerranée dont 
voici la composition : 

Cinont. 

Prince capitaine Edouard CUrlu 

90 l Henri Osbone, Tice-aminl* 

Sai.nt George capitaine Alexandre HimhI. 

Charles Sannders, contre -aminl. 

CuixonEN capitaine Smith Callis. 

74 l Mo.NAKCH — • John Montago. 

SwiFTsrRE — Thomas Stanbope. 

Hampton Cor ut — honorable John Htfrey. 

Reve.nge. • — John Storr. 

^^ ) Berwick — Robert Hagnes. 

MoxMouTu — Arthar Gardiner. 

MoNTAGU — Josuah Rowley. 

Saim Albans — James Baker. 

^ I Pri!«cess LuisA — John Lloyd. 

Jersey — John Barker. 

l PORTLAND — — 

50 I GuERNESEY — Mark Milbaïk. 

( pRESTON — John Evans. 

l Ambcscade — Richard Gwynne. 

*^ j Raihbow — Christopher Basstt. 

Frégates : 28* Lyve, 20 Sirêxe, Deal's castli, GiMULTan, 

Glasgow, Sheerness. 
Corvettes : 16< Favoitrite, 14 Fortukb. 

La prudence et la manœuvre du capitaine de l'Orî- 
flamme n'empêchèrent pas la petite division française 
d*être aperçue et chassée. Dès que le jour parut* le capi- 
taine Duquesne signala liberté de manœuvre à YOrphit; 
le capitaine d'IIerville prit de suite le plus près b&bord 
amures. Atteint par le Re venge et, un peu plus tard, par 
le Berwick, YOrphée amena son pavillon à 7^ du soir. Le 
Foudroyant courut grand largue ainsi que la Pléiade* Le 
capitaine Taulanes ayant reçu Tordre de forcer de voiles, 
cette frégate fut bientôt hors de vue. U étaài h^ du acûr 
lorsfque le Foudroyant reçut les premiers boulets du Hou* 
MOUTii ; le SwiFTSLRE et le Hampton court ne tardèrent 
pas à le canonner aussi. Trouvant que cette canonnade en 
chasse ne produisait pas assez d'effets, le capitûne da 
HoNMOCTH vint en travers et envoya au vsdsseau français 
une bordée entière qui fut sans résultat. La nuit appro- 
chait ; le Foudroyant f qui courait presque vent w arrière» 



BATAILLES.— 4758. 354 

goarenia de quelques quarts plus sur tribord. A 7**, le 
MoNMODTH était par sa bancbe de bâbord. Lançant subite- 
ment de ce côté, le vaisseau français lui envoya une bor- 
dée d'enfilade de l'avant à Tarrière et reprit sa route : 
cette manœuvre n'eut aucun effet. A quelque temps de là, 
le capitaine Duquesne la répéta sans pins de réussite. Se 
voyant alors dans la nécessité d'accepter un combat qui 
allait permettre aux autres vaisseaux ennemis de le joindre, 
il prit le parti de combattre bord à bord. Le feu fut d'abord 
très-vif de part et d'autre, mais celui du Foudroyant oe 
tarda pas à se ralentir d'une manière sensible. La cause en 
fut bientôt connue : les hommes de la deuxième batterie 
abandonnaient leurs pièces; à 11^, la première batterie 
seule tirait. A minuit, les deux vaisseaux démâtèrent de 
leur mât d'artimon (1) : le Monmooth se retira; son capi- 
taine avait reçu, vers 9\ deux blessures qui Tavaient 
obligé de remettre le commandement à son premier lieute- 
nant. A 1 ^ après minuit, le grand mât du Foudroyant 
s'abattit sur l'avant et, en tombant, il fracassa la hune de 
misaine. Le Swiptsurk était alors par son travers, et le 
Haupto?! codbt à portée d'engager le combat. Le capi- 
taine Duquesne ne voulut pas continuer une lutte désor- 
mais inutile et qui pouvait coûter la vie aux quelques 
braves qui l'avaient secondé jusqu'à ce moment ; il fit 
crier qu'il se rendait : il était i^. Les pertes étaient peu 
considérables en égard à la durée de rengagement. Cela 
s'.cxplique par la défection des hommes de la deuxièmi^ 
batterie qui avaient quitté leurs postes pour se réfugier 
dans les parties basses du vaisseau. Le Foudroyant fut 
pris à la remorque par le Moniiolth et conduit à Gibraltar. 
Le jour, en se faisant, le 28, avait permis au chef d'es- 
cadre de Lacloe de voir les vaisseaux français poorsuivis 
par Tarmée anglaise : il avait fait de suite le signal d'ap- 

(t) hnum. KauU amd wmdumry mewHMrs, pUc« !• Uomovn Um li ptii* 
tlw laàfito, à • ^Mm, «1 ëU qit et iéMAlâff ftl Hm à f . 




352 BATAILLES. — 175S. 

pareiller; mais le veDt, en passant à TOnest, aTÛt mis 
obstacle à la sortie de sa division. Le désastre dont il 
avait en quelque sorte été le témoin et la présence de l'en- 
nemi sur la côte d*Espagne, le décidèrent à rentrer à Tou- 
lon le 26 avril (1) . 



La prise de Louisbourg que je relaterai à son lieu, et 
de rile Royale du Canada, dont cette ville était la capi- 
tale, rendait désormais inutile la présence da capitaine 
DucbaOault à Québec ;2). Le 18 septembre, sa diviâon 
mit à la voile pour France, composée des vaisseau : 

Canou. 

I Dragon ctpiUifte DydMlnlt 4« talé. 

^^ I Belliqueux — MartoL 

( Sphinx, en flûte ^ dt VwidM TvgiL 

*^ i Hardi — — LatsMor ia LalMcke. 

56 Brillant — ^aisseto de comp'*. — da Saiit Médari. 
et def frégates Zéphyr et Rhinocéros, 

Le Bizarre^ capitaine de Breugnon, sortit avec cette 
division. Peu de jours après le départ, ce vûaseaa et les 
frégates se séparèrent. Le Rhinocéros fut pris par on vais* 
seau anglais : quelques heures après il coulait Le 27 octo- 
bre, la division française, réduite à un état fort trisie par 
le grand nombre de ses malades, faisait route à l'Est avec 
une grande brise de S. O. et sans ordre; l'Ile de OoeanuL 
restait à 70 milles dans le S. E. Vers 2*" SO* de T^irte- 
midi, le. Hardi, le Sphinx et le Brillant^ qui étaient bean- 



■ 



(1/ Le« cheh d'escadre de I^ Clue et Doquesne tortirant aaianbla da Ta«- 
loD. La nuit les $èpara et M. de La Clua aatra à CaithaicèBa. La Jaadaaaia. 
iS février, Doquesne »e montra avec quatre TaÎMeanx, Mai* il a'asa pas aalrar 
dans la rade dangereufie d'Escombrera et il préféra eitayer d*échappar à Tn* 
cadre anglaise qui était en vue. .. VOrifiamntt se perdit aa cawaat lar ta 
terre. Rivière, //i.«/. tltf la marine française sous Louis XV. Catta ▼ariiaa fit 
loi» d*êlre d'accord avec le rapport officiel auquel j'ai eBpnatè la rédl ^'aa 
vient de lire. M. Brun, Hitt. de la nmriney port de Toulon, prélaad qM la 
chef d'escadre de La Clue recul Tordra da reveair à Toaloa. 

(S) Oa verra à l'article I^ise de Louisbourg, coaaMal, aaivyé paw in- 
farter la divisioa de ce port, le capitaioe Docbaffaalt atatt él* abUfé d'allar à 
Québec. 



1BAT\ILLES. - 175S. »3 

coup souvenlés, signalèrent plusieurs bitiments de l'avant: 
c'était le vice-amiral Boscawen qui retournait en Angle- 
terre avec 6 vaisseaux et 1 frégate. Pendant que les b&U- 
ments anglais s'élevaient au vent pour se rapprocher des 
Français, ceux-ci, conservant leurs seules basses voiles, se 
formèrent eu batuUe, b&bord amures, sur les vaisseaux 
aouventés et dans l'ordre suivant : le Dragon, \e Btlliqueux, 
le Brillanty le Sphinx et le Hardi. A 4^ SO-, le vaisseau 
amiral anglais échangea une bordée à demi-portée et & 
contre bord, avec le bragon; puis arrivèrent successive- 
ment UD autre vaisseau qui passa de l'avant et à la même 
distance que le premier, et la fr^ate qui traversa la ligne 
entre le Dragon et le BeUiquiux. Un troisième vaisseau 
passa au vent, à toucher le chef de lile, en infime temps 
qu'un quatrième élongeait la colonne sous le vent. Les 
deux autres vaisseaux restèrent à grande distance. De part 
et d'autre on (ît feu dès qu'on s'estima à portée; du cdté 
des Français, les vais.seaux de tète purent seuls tirer quel- 
ques bordéeii. Lorsque tous les bâtiments ennemis eurent 
dépassé la division française, celle-ci vira lof pour lof et 
établit ses huniers. Uais le Itmgon ayant déchiré son 
grand hunier et la nuilélant d'ailleurs close, te comman- 
dant DucbafTault renonça à tenir le vent et il continua sa 
route. L'amiral anglais ne jugea pas à propos de le suivre. 
Aucun bâtiment n'avait reçu d'avaries dans cette escar- 
mouche. Le vent fraîchit encore pendant la nuit. Le Dra<jo» 
cassa sa barre de gouvernail et fut séparé de la diviVioo ; 
le 31, il mouilla sur la rade des Ba.sque3. Le 28, la divi- 
sion française fut chassée par i\ vaisseaux anglais. Le capi- 
taine Marlel du vaisseau le Helliiiueux qui, par suiti: de 
la séparation du Dragon, se trouvait inv&sti du comtiutrule- 
ment en chef, ût prendre chasse au S. E. Mais le BeUùiui ux 
ayant dém&lé de son petit mât de hune, il signala bienldt 
liberté de manœuvre et gouverna à l'E. 1/A S. K. Le llarii 
et le Sphinx niouillèreni sur la rade de Brest. Le Belli- 
queux perdit les chassi-iir-4 de vtn.- 4 l'entrée du la nuit; U 




334 H.VTAILLES. — 17o8. 

avait déjà aperçu une terre qu'on savait être celle d'An- 
gleterre, et quoique le capitaine Martel ne sût trop sur 
quelle partie il se trouvait, il laissa tomber l'ancre dès qm 
le fond le lui permit. Deux vaisseaux qui parurent M 
large le iirent appareiller le lendemain ; mais la violence 
du vent qui soufllait toujours du S.-O. l'obligea à mouiller 
de nouveau auprès de l'ilc Lundy, à l'entrée du canal de 
Bristol. Le 30, le HeUiqueux cassa ses câbles et entra plos 
avant dans le canal ; son capitaine fit mouiller la dernière 
ancre qui lui restât. La position était fort délicate; k 
mauvais temps le retenait en pays ennemi et son vaissean 
n'avait plus que pour cinq jours de vivres. Sachant qoe 
pendant la guerre précédente une frégate anglaise, dans 
une situation analogue à celle dans laquelle il se trouvait, 
était allée demander des secours à Brest, le caiNtaine 
Martel se décida à entrer à Bristol. Le 2 noTembre itt 
matin, et alors qu il était en route pour ce port, il aperçut 
le vaisseau anglais de 50' Antelope, capitaine Thomas 
Saumarez, vers lequel il se dirigea avec le pavillon de par- 
lementaire. L*Antelope lui tira trois coups de canon au- 
quels il ne répondit pas, et un ofllcicr anglais se rendit à 
sou bord. Le capitaine Martel lui exposa sa situation et lui 
fit connaître :suii intention d'entrer dans le port de Bristol. 
11 ne laissa pas ignorer à ToUicier anglais qu'il ne comptidt 
pas amener son pavillon ; que, si forcé par les circonstances, 
il entrait clans un port ennemi, il s'en lapportait à la loyauté 
britannique pour obtenir rentière liberté de ses mouve- 
ments. Le capitaine Saumarez lit répondre qu'il ne mettait 
pas en doute (|uc son fj:ouvernement ne prit en considéra- 
tion la position pariiculi(';ru dans la^iuelle se trouvait le 
IklU(nu':.r : li.aiscnatientiant, il d'jmanda quelques Otages: 
on lui <*n <i(Miiia({uau'e; un lieuttMjant anglais passa aussi 
sur le vai-stau iVaiiçiis. Lt* capitaine Martel ayant, plus 
lard, iHû lui-iiiiiiHj iii\iiù à se rendre à bord de TAïm- 
Lori:, y lut itttnu prisonnier, et le pavillon et la flamme 
dtî la OnunU'Ihi'iatjnc furent alors arborés à bord du M^ 



RAtAILI.ES— nsfl. MS 

Uqueux au-d«fl9U3 dva couleurs de la France (I) ; t'éqat- 
page entier du vaisseau fut déclaré prisonoier. 

Le précédent sur lequel le capitaine du Beiliifueux»'»^ 
puyait en allant cbercher des vivres dans un port d'Angle* 
terre était probablement la relâche qu'une frégate anglaisa 
avait faite sur la rade de Brest, le 17 février 1744. GetM 
Trëgate n'ayant plus d'eau en avait fait demander ta Iten- 
tenant général de Roquefeuil qui commandait sur t«de. 
Une citerne lui avait été envoyée et la frégate avait pU con- 
tinuer librement sa route. 

L'exemple invoqué par le capitaine Martel n'est pu Mi 
Aeul qu'on puisse opposer à la conduite déloyale de l'An-i- 
gteterre. En 17Att, le vais-ieau anglais EtisABETR se trou- 
vant en perdition sur la c6te de l'Ile de Cuba, entra h tt 
Havane et son capitaine, après avoir teroiiné ses rép*' 
rations, put non-seulement sortir du port, mais il obtiM 
encore un sauf-conduit jusqu'au delà desBermudes. L'Ab- 
gleterrc était alors en guerre avec l'Espagne. 



La division de l'Iude, rûdiiîiL' au siiicl nécessaire pen- 
dant la {>ai\, avait été augmentée, à la lin de l'année 1767, 
do à bàtimenU que le clief d'&tcadre d'Aclié, nouveau 
couiniandaut en clief des fnrces navales que la Franc* 
ciilrelpnait dani, ce» mers, avait conduits lui-uiéme k l'ilfl 
de Frarin-. Le lieutenant (;L-iiùr&l, cumte de Lally. nommé 
au gouvi-rncment des possessions de l'Inde, était arrivé sur 
un de 'CS bâtiments. Le '1" Janvier 17j8, lu comniaiidaot 
enc)i(>f miià la voile avec toute sa division pour allercoD- 
duire à Fundjcbéry le gouverneur et les troupes qu'il avaU 



ia UliinrBl raiilarc. 

■■«u> l>dillriiiiiii if iKifon. rt *Hn ie IM nillrf à bIb* ir |B|i*t 4* l'iM- 
fanijJitr Jet Mltan >Rj>*'>' t^ rcBioi» 4n\ mcmoirat M«Uq«< tl mltUtn* 
dtllcalMB.— .\'at«lBi«rfiu/ilBry ncmulri ef tittét fiKwa, T*l. t,p. M. 




356 BATAILLES.— 4758. 

amenées de France, et il arriva à Karical (1) le 26 aTri], 
après une courte relâche à Bourbon, où il était allé prendre 
des rafraîchissements. Cette première partie de la cam- 
pagne avait été très-pénible ; une série de mauvais temps 
avait occasionné de nombreuses et graves avaries à la diri- 
sion. Malgré cela, le chef d'escadre d'Aché tomba d*accord 
avec le gouverneur de Lally sur la nécessité de profiter de 
Tarrivée inattendue de la division sur la côte de Coroinan- 
del (2) , pour attaquer de suite Goudelour (S) , et il remit 
sous voiles le 28. Dès que les Français furent signalés, 
2 frégates anglaises, qui étaient au mouillage de Goude- 
lour, appareillèrent. Chassées par les meilleurs Toiliera de 
la division, et estimant probablement ne pouTCÛr leor 
échapper, elles gouvernèrent sur la terre et s'échouèrent 
BOUS le fort Saint-David, principal ouvrage de la place ; 
elles y furent incendiées par leurs propres équipages; 
c'étaient le Tbiton de 22*^ et le Brigwater de 20; LÀ divi- 
sion françsdse mouilla devant Goudelour, mais le lieute- 
nant général de Lally ne voulut pas attaquer de suite ; il 
continua sa route sur Pondichérv avec le vusseau le Cornu 

m 

de Provence et la frégate la Diligente ^ sur lesquels les 
troupes passagères avaient été placées. Son intention était 
de marcher sur Goudelour avec toutes les troupes dont il 
pourrait disposer et de laisser à la marine le rôle secon- 
daire de l'investissement par mer. Cependant le vice-ami- 
ral Pocock, qui commandait les forces navales de l'Angle- 
terre dans les mers de l'Inde, fut promptement informé de 
l'arrivée de la division française dans ces parages ; et, sup- 
posant avec raison que sa présence sur la côte dénotait 
quelque projet d'attaque contre les possessions anglaises, 
il se dirigea de suite vers le Sud ; le 29, il paraissait devant 



(1) Karicat, petit purt à GO mille» au Sud de Poodichéry. €• comptoir atail 
été cédé à la coiiipagoie française de» Inde» par le roi de Tanjaoar #■ 17St. 
(i) Coromandel, partie de la côte orientale de la prefqulle d« Tlidt. 
(3) Goudelour, comptoir uo^slai» à 36 mille» au Sud de Pondicbèry. 



BATAILI.BS.— 1758. 307 

Goudelour ; le veat soufllaît du S.-E. La division fnnç^se 
appareilla et se forma en bataille, tribord amures, dans 
l'ordre ci-après. Signal de rallier fut fait au vaisseau et à 
la frégate détachés qui étaient alors en vue : s'étayant 
d'an ordre émanant du gouverneur de Lally , le capitaine 
Lachaise n'exécuta pas ce signal immédiatement. Il en 
résulta que le Comte de Provence et lu Diligente ne purent 
pas prendre part au combat que je vais relater. 

ClOOBI. 

y . (H Bint-Aimé niiiliù* Bob**!, Jimùt. 

T*r ** yengew - Pillltn Cliràly. 

"• " . tt Condi - Karitre da Roibo. 

«•f ■«■'•■ ( M Ok fTOrlAm: ... - d« Sanilla, udM. 

1» Zaéiaqm — GMbo. 

twBt* d'Acké.ehaU'Mcadra. 
chTtUtr U llMlMl,adiWut ■«•. 

TiltMtii 1 U Satmi-Umit tapiUlH d* J»MaU. 

4e U \ U Mont. - BMdaMm. 

Frugal* la Vf Sflphidt (I). 

Les craintes du vice-amiral anglais se confirmèrent lors- 
qu'il vit les vaisseaux français à l'ancre devant Goudelour; 
aussi n'bésita-t-il pas à laisser arriver grand largue pour 
aller les attaquer; à 'i^ de l'après-midi, il forma sa divi- 
sion en bataille au vent des Français et aux mimes amurea 
qu'eux, dans l'ordre suivant : 



Jahi Stakaly SmmmI. 

— RkhaH kaM^MltlI. 
CbariM SU<r«ii, caoHMdAT*. 

. Hpiluaa lahi HamuM. 

Gearf* P*rock, ik* -■■■»!. 
. capiUÎM Willùw Brarataa, 

— C«n|a LaMa. 

— KKktlu Viacaai. 



Frttala it 14' ; Uix 

Le feu commença i l'avant-garde et devint bientAt 



(I) Jt CTou da*air raMarplar iri l'abMrralMa ^a j'ai taito aillaw* i 
M|f> ^ l'arMHMal dai «aiM«aai da la raafaiiw. La a— >ra da* eaa— a ii 
dt^a» »•> mIii qa'aa l*« atail rt» Mtrcptibl» da potlar à lair 4éfan i 
Fiaatf ; Kau|aa'aaanMa*aat«f ^aitt InataMaIrMUaaMilajaardaeaata 




368 RATAll.LES. — 1758. 

général. Le Bien-Aimé eut pour adversaire le chef de file 
de la colonne anglaise. Le Vengeur combattit le SAUsacai, 
et, après avoir presque entièrement désemparé ce vaisseau, 
il dirigea son feu sur le Tiger. Placés dans un vide entre le 
deulième et le troisième vaisseau ennemi, le Condi et le 
Due d^ Orléans ne purent envoyer que quelques boulets à 
ces deux vaisseaux. Le Yarmouth, qui était combattu par 
le Zodiaque^ se laissa culer après une demi-heure et se 
trouva par le travers du Saint Louis. Bien que combattant 
déjà le CuMRERLAND, ce vaisseau l'obligea à chercher un 
autre poste. Attaqué par le Newgastle, le 3lora$ eut, de 
bonne heure, sa batterie haute presque entièrement dé- 
montée ; plusieurs trous de boulets à la flottaison lui firent 
chercher un abri sous le vent. Le Duc de Bourgogne ne 
prit, pour ainsi dire, aucune part au combat ; il fit, dès le 
commencement, une arrivée considérable et se maintint en 
dehors de la portée des boulets. La Sylphide était trop 
faible pour se placer en ligne. A 6^ 15"*, le chef d'escadre 
d'Aché apercevant un vide à la gauche de la colonne an- 
glaise, forma le projet de couper quelques vaisseaux ; à 
cet effet, il fit signal de virer lof pour lof tout à la fois. 
Mais, impatient de tenter cette manœuvre, il n'attendit pas 
que tous les vaisseaux eussent répondu à son signal et, 
commençant de suite une évolution qui devait être simul- 
tanée, il força les vaisseaux qui étaient derrière le Zodiaque 
à imiter sa manœuvre pour n'être pas abordés, tandis qoe 
ceux qui étaient en avant continuèrent à courir tribord 
amures pendant quelque temps encore. La division fran- 
çaise fut bientôt en grand désordre : le vice-amiral Pocock 
ne sut ou ne voulut heureusoment pas on profiter : il serra 
le vent, ot les deux divisions s'écartèrent incessamment; 
à O"* du soir, elles n'étaient plus à portée de canon. Les 
Français allèrent mouiller à Alemparvé (1). Le séjour de 
la division française sur cette rade, bien que réduit au 



1} AleuiparTc. comiilnir .< io uiiVc» au Sud de Pondichén. 



BATAILLES. — 17U. »9 

tamps strictement nécessaire pour faire les réparations ïq- 



blea, fut marqué par le naufrage du Bien-Aimé. 
Ce vftisseau fut jeté à la côle pendant un coup do vent, et 
il ne fut pas possible de le relever (I ) . Le 7 mai, la division 
laissa tomber l'ancre sur la rade de Pondicliéry et débarqua 
ce qui lui restait de troupes passagères, ses blessés et ses 
malades dont le nombre atteignait un cliilTre fort élvé (2). 
Le chef d'escadre d'AcIié ne voulant pas agir avec iu..ie la 
rigueur que méritait la conduite du ciipiiaine du Due de 
Bourgogne, se borna à engager cet oITtcicr à se démettre de 
son commandement qu'il donna au capitaine Bouvet Le 
vice-amiral Pocock. fut moins indulgent; il lit traduire plu- 
■eurs officiers devant une cour martiale. Convaincus de 
n'avoir pas obéi strictement aui ordres du commandant en 
chef, mais cela seulement par défaut de jugement et non 
par mauvaise intention nu manque de courage, ils furent 
condamnés à l'unanimité, le capitaine du Cdmberund à 
perdre une année de son rang d'ancicnueié ; le capitaint 
du W'EyMODTH à ]>erdre son commandement : le capitaine 
du NEwCASTi.t à être cassé. 

L'apparition de la divii^înn anglaise devant Pondicbéry, 
le 1" juin, fit appareiller les vaisseaux français. Mais l'in- 
tention du vice-amiral Pocock n'était |>a.s de lenler tm 
nouvel engagement ; il se retira i^ Madra^^ (.1), laissantau 
chef d'escadre d'Aché le passage libre pour aller à Goude- 
lour sur lequel le Rouvcnienr de Lally marchait avec ses 
troupes. Bien fiiée di'^'^rm.-iis sur l'appui '|ue la marine 
pouvait lui donner, la (;aruison du fort Saint-David capitula 
le 2 juin. La marine revendiqua ajuste titre une part d'hon- 




360 BATAILLES.— i7S8. 

neur dans la reddition de Goudelour, car le combat da 
29 avr il avait mis la division ariglûse dans TimpossilHlité 
d'introduire des secours dans cette place. 



Après la prise du fort Saint-David» le chef d'escadre 
d'Ach6 retourna à Pondichéry pour y continuer des répi- 
ratii M> que son départ pour Goudelour l'avait forcé d'in- 
terrompre. Troublé dans cette opération, le 27 juillet, pv 
l'apparition de la division anglaise, il mit sous vcHles mi- 
gré l'afTaiblissement numérique des équipages ; le Zodiaque 
était réduit à 500 hommes ; les vsdsseaux de 60* n'en avaieot 
que 330 à AOO ; les autres 250. Et encore, pour attdndre 
ce chifTre, avait-il fallu désarmer la fr^te la SylpJUde et 
répartir son équipage sur les vûsseaux. Les deux divisions 
m'an-Buvrërent pendant plusieurs jours en vue Tiuie de 
l'autre en remontant la côte. Enfin, le S août, à la hauteur 
de Negapatam (1), les Anglais laissèrent arriver sur les 
Français qui étaient en bataille, bâbord amures, dans 
l'ordre ci-après. Le vent souillait de l'Est : 

Canons. 
vdi>>rau\ { 54 Comte de Prm^enr^. capitaine de LichaîM. 

fiu la I ii Moras — Becdtlièfre. 

compagnie | 54 Duc d'Orléajis. . . — de Svrîlle, cadet. 

74 Zodiaque — Gotke. 

comte d'Achèy chef d'eteadie. 

154 Saint'I/)uis capitnine]Foi^erat de LaB|try (I). 
54 Due de Bourgogne. — Beavet, jeWM. 
44 Condé. ....... ~ Kerlero de Reebe. 
54 Vengeur ~ Pallîére 

Frivatft •• Diligente. 

La division anglaise était composée comme il suit ; 

r.anoiis. 

l YxHMOLTH capitaine John Harrifoa. 

6( ' George Pocock, ▼ice-amiral. 

t Klizabeth capitaine Richard Kempeefeld. 

Charles SteTens, coninodore. 



(1) Nrcapatam, dans la province de Tanjaour, capitale des ètaUîi 
holhmdaiii «ur la cAte de Cororoandel. 
i'j Ia' capitaine Joannis qui commandait ce faisMaa était HMlide à lem. 



BATAILLES.— 1758. 361 



i TicKft capitaine Thomaf 

I WiniauTH — John SUikely SomarMl. 

t 



CtmuaLA.o(D — William Martin. 

Nkwcastle — honorable John CoWiK. 

SAUsauRY — William Breretoa. 



Le combat commeDça entre midi et 1^ et ne dura pas 
plus de deux heures et demie ; il fut très-vif et très-san- 
glant. Le feu prit au mât d'artimon du Comte de Provence^ 
et ce vaisseau eut probablement succombé si le Due de 
Bourgogne ne fût venu à son aide : celui-ci, en combattant 
TElizabeth et le Sausbuby, les empêcha de s'occuper du 
vaisseau français, et lui donna la possibilité d'éteindre 
l'incendie qui s'était déclaré à son bord. Trop faible pour 
se maintenir en ligne, le Moras se tint constamment hors 
de portée. Le Zodiaque, combattu par le Yabmodth et le 
TiGEB, eut sa barre de gouvernail coupée par un boulet et, 
cessant de gouverner, il aborda le Due d* Orléans. Cet évé* 
nement aurait pu avoir des suites fâcheuses si le Vengeur 
ne fût venu s'interposer entre les deux vsûsseaux français 
et Tennemi ; les premiers purent ainsi se dégager. Le feu 
se déclara plus tard dans la soute aux poudres du Zodiaque. 
Le Condé imita la manœuvre du Moras. Le Saint-^Louiê 
canonna les vaisseaux anglais qui se trouvaient par son 
travers. Le concours de circonstances malheureuses qui 
contrariaient le Zodiaque, détermina le commandanten chef 
de la division française à faire cesser le feu et à laisser 
arriver. La prudence lui commandait, en effet, de ne pas 
prolonger une lutte de laquelle ses vaisseaux ne pouvaient 
sortir désormais sans avoir des avaries fort difficiles à ré- 
parer dans ces parages où il n'était pas possible de sup- 
pléer au manque presque complet de rechanges. Très- 
maltraités eux-mêmes, les Anglais ne les inquiétèrent pas 
dans leur retraite et ils retournèrent à Pondichéry. Le 
chef d*escadre d' Aché et son capitaine de pavillon, le vice- 
amiral Pocock, les capitaines Martin et Stevens étaient 
blessés. 

Le commandant en chef de la division française trouva 




36S BATAILLES.— 175S. 

à Pondichéry assez de ressources pour réparer les gréoents 
et les mâtures; mais tous ses vaisseaux avaient {besoin 
d'ôtre calfatés dans les fonds et cette opération n'était pu 
praticable à la côte. Aussi, et maigre les ordres da gou- 
vernement qui lui enjoignaient de ne pas partir avant le 
15T)ctobre, prit-il la résolution de ne prolonger son séjour 
à Pondichéry qu'autant que sa présence y serait indispen* 
sable. Mais lorsqu'à l'impossibilité de calfater les vais- 
seaux vint se joindre celle de se procurer des vivras, il 
provoqua la réunion d'un conseil de guerre mixte pour 
faire statuer sur la question de départ et sur celle de la 
prolongation du séjour de la division sur la côte* Le conaeQ 
émit l'avis que la division navale devait rester à Pondi- 
chéry jusqu'au 45 septembre. Cette décision contraria le 
chef d'escadre d'Aché qui avait eu l'espoir de voir soi 
opinion partagée par la majorité des membres du cooseU. 
Il réunit alors tous les capitaines de sa division pour avoir 
leur opinion comme marins. Après avoir examiné Ui eomt' 
quences du départ de la division et Us ineonvinimU qui ré- 
suUeraient pour les affaires de VInde en général^ M pour 
celles de la marine en particulier si elle était forcée de litnf 
un troisième combat, puisqu'il n'y aoait plus ni apréf ni 
fournitures à Pondichéry, ces ofliciers déclarërept que lei 
vaisseaux ne pouvaient |)as rester plus longtemps dans ces 
parages. La division mit à la voile dans la nuit du 2 sep- 
tembre et arriva le I «^ novembre à l'tle de France. Ce grand 
désir que le chef d'escadre d'Aché éprouvadt de quitter la 
côte avait, on le sait, autant et plus peut-être pour causât 
sa mésintelligence avec le gouverneur de l'Inde que les 
besoins de sa division. Son départ mécontenta tout le 
monde : le gouverneur de l'Inde protesta, et le conseil de 
nie de France vit avec peine les vaisseaux revenir daoa 
une colonie ou les vivres commençaient à devenir fort 
rures. 



CÛMllATii l'AItTICULlBHS. — 17S8. 363 

Les combats particuliers, pluR aombreux en 17&S que 
r«iui6e précédente, se balancept en avantages i peu près 
Agaux pour les parties belligôranteB. Uais, si les expédi- 
tioas dss Anglais sur le littoral de la France se terrainè- 
nnt généralement par des défaites, ils détruisirent cepeu- 
diot UD de nos ports de guerre, et leurs attaques contre 
DM colonies réussirent et comblèrent le plus cher de leurs 

Sortie de Bordeaux, au mois d'avril, avec 12 navires 
qu'elle escortait b. l'Ile Royale, la Trégate de 24' la 6'ala- 
$hé4, capitaine Dubois, fut chassée et attaquée par les 
rùsseaux anglais de 6V Essex et Pluto de l'escadre qui, 
■oot les ordres de l'amiral Hawke, bloquait les ports de 
l'Océan. La frégate amena son pavillon après un combat 
de trois heures. Cette longue résistance donna au convoi 
)• tempe d'échapper : 3 navires seulement furent cap- 
turés. 

Le vaisseau de fift' le liaisonnablf, capitaine chevalier 
de Rohan, de la division qui se rendait h Loiiisliourg avec 
le commandant Des^outtes, fut cbasHé sur les cAics de 
Frauce, le 20 mai, par une division anglaise commandée 
par le capitaine Pratten. Joint h 7* du soir, il fut combattu 
pendant deux heures par le vaisseau DonsETsaiRE, capi- 
taine Peter Denis. I.'arrîvt^e d'un second vai-^seau ennemi, 
l'ACRiLLM, capilaine Bnrrington, dont il reçut quelques 
bordées, lui fit amener son pavillon. 



Bien que l'activité déployée par le ministre de la marine 
Machault eïtt l'^lé extrême, il n'en fallut pan moins re- 
noncer 4 l'espoir de voir ren.-ittre la vieille i;li>iie navale 
de U France et la marine fut sacrifiée à l'armée de terre. 
La France n'ayant plus d'escadres, les Aii^l.iin puren. 
occuper leurs vaisseaux inactif- à commettre de.-i dépréda- 




364 COMBATS PARTICULIERS. — i75S. 

tioDS sur les côtes et contre les ports. Dans la nuit do ft aa 
5 juin, 5 vaisseaux anglais « 10 frégates, 5 corvettes, 
2 brûlots et 2 bombardes, sous les ordres du coouDodore 
Howe, mouillèrent dans la baie de Gancale et mirent i 
terre li,000 hommes de troupes, quelque cavalerie et du 
canon. Pendant que ces troupes travaillaient à rétaUisse- 
ment d'un camp retranché dans une position parfaitement 
choisie entre Gancale et la Houle, des détachements em- 
ployèrent la journée du 6 à brûler les maieona qui les 
gênaient et à faire de grands abatb d'arbres. L^ maDifeste 
du commandant en chef de rexpédition indique claire- 
ment le plan que le gouvernement anglais se proposait de 
suivre, ce Nous, le haut et puissant prince Charles, doc de 
« Harlborough, margrave de Blandfort, comte de Sonder- 
u land, baron de Churchill, chevalier de Tordre illustre de 
(( la Jarretière, conseiller intime de S. M. Britanoiqae, 
(( grand maître d'artillerie et commandant en chef de ses 
(I armées, etc., etc. 

u Faisons savoir à tous les habitants de la Bretagne, 
f< que la descente que nous avons fûte sur cette côte avec 
« la puissante armée sous nos ordres et le fonnidable ar- 
ec mement que nous avons sur mer, n'est point avec inten- 
« tion de faire la guerre aux habitants do pays, sinon i 
(( ceux que nous trouverons armés, ou autrement en c^po- 
« sition à la juste guerre que nous faisons à Sa Majesté le 
« roi Très-Chrétien. 

a Qu'il soit donc connu à tous ceux qd veulent rester 
u en paisible possession de leurs biens et de leurs habi- 
« tations, qu'ils peuvent demeurer tranquillement dans 
(( leurs domiciles respectifs et vaquer à leur méder ou pro- 
(( fession ordinaire, et que, hormis les taxes et les droits 
<( coutumiers qu'ils payaient à leur roi, on n'exigera rien 
u d'eux, soit en argent, soit en marchandises, que ce qui 
u sera absolument nécessaire pour la subsistance de Tar- 
<i mée et qu'on payera en argent comptant toutes les pro- 
* visions qu'on apportera. 



COMBATS PABTICULIEHS.-nSS. 365 

• Au contraire, si malgré cette déclaration que noua 

■ avoDS bien voulu donner, le» habitants des villes et vil- 

■ Uges emportent leurs meubles, effets ou provisions et 
a aluDdonoent leurs maisons, nous traiterons tels délin- 
• quants comme ennemis, et détruirons par feu et flammes, 

■ on tout autrement qu'il sera en notre pouvoir, leurs 

■ villes, villages ou maisons. 

<i Au quartier du roi, ce 7 juin 1758. 
a Signé : Uarlbokodgb. » 

Le 7, l'ennemi se porta sur Paramé et sur Saint-Servan 
où il brûla 80 navires. Tous les bâtiments qui étaient à 
Solidor eurent le même sort le lendemain. Le genre de 
gaerre auquel se livrait le général Mariborough donna aux 
marins et aux bourgeois des environs le temps de s'oi^a- 
oiser en compagnies de volontaires; d'autre part, toutes 
les troupes disponibles accouraient de tous cdtés vers Saint- 
Halo. Les ëclaireurs du général anglais lui ayant signalé 
ces détachements comme des tètes de colonne, il donna 
l'ordre de plier les tentes et de se retirer vers la mer ; et 
le 1*2, le haut et puissant duc de Mariborough se rembar- 
qua, mais non sans avoir été harcelé rudement par les 
Français, Les dommages occasionnés par une expédition ai 
formidable furent en résumé bien au-dessous de ce que le 
gouvernement anglais avait le droit d'en attendre. Aussi 
les journaux de Londres publiérent-ib que le duc de 
Mariborough avait pris les t-Hles de Caiicale, de Saint- 
Coulomb, de Saint-ldeux, de Paramé, et qu'il était maître 
d'une partie de la Bretagne (I). 

En retournant en Angleterre, l'escadre anglaise captura 
la frégate de 22* la Guirlande. 

Au mois d'août, les Anglais dirigèrent leurs attaques 

ii/okW (Ai léjeur dt U fUMe an- 




3GG œMBATS PARTICULIERS.— 1758. 

contre Cherbourg. Leur escadre, augmentée d*nn yab* 
seau, mouilla le sur la rade et débarqua le tendemain on 
corps d'armée dans la baie du Marais. Le lieutenant géné- 
ral Bligb, qui le commandait, marcha de suite sur la fille, 
et comme elle était h peu près sans défenses, il 8*en em- 
para facilement. Dans cette circonstance, les Anglais se 
dédommagèrent largement du peu de succès de leurs eip6- 
ditions précédentes sur le littoral ; ils détruisirent le port 
de Cherbourg dont la création récente n'étaût pas aans leur 
donner de grandes inquiétudes pour l'avenir. Les fortificar 
tions, les jetées et les magasins furent abattus; tons ki 
bâtiments furent livrés aux flammes et les canons enlevéSt 
Cette vengeance satisfaite, l'escadre rembarqua ses trospes 
et, le 17, elle s'éloigna de ces parages. 



Le succès de l'expéditioa Ue Cherbourg, qu'il o'afsit 
pas dirigée, exalta le duc de Marlborougb. Il voulut allsr 
demander raison aux habitants du littoral de la haute Br^ 
tagne de l'échec qu'ils avaient fait éprouver, il y atait 
trois mois à peine, aux armes du Uoy.iume-Uni. Le S sep- 
tembre, une flotte anglaise mouilla dans la baie de Saint- 
Lunaire et débarqua 3,000 hommes qui marchèrent nr 
Saint-Jacut après avoir détruit quelques barques de 
pécheurs et brûlé la petite ville de Saiut*Briac, lesgranges« 
les moulins et jusqu'aux meules de fourrage des environs. 
La marche de l'ennemi fut bientôt arrêtée par quelques 
troupes et par des volontaires que le duc d'Aiguillon était 
parvenu à réunir ; alors, les rôles changèrent : les Français 
harcf lurent les Anglais sur tous les {)oints ; ceux-ci perdi- 
rent du terrain et ils se repliùrcm sur l'anse de Saint- 
Cast. Lu 1 1 , ](.* duc d'Aiguillon lus lit attaquer avec vigueur 
sur le bord de la mer; une charge & la baïonnette acheva 
la (lélaitu dus Anglais : ceux qui m* purent atteindre les 
eiubarcarMiiis unvoyéus pour les recueillir furent précipités 
dans lus flots. Dans de semblables conditions, le rember» 



COMBATS PARTICTU.IRKS. - 17S8, 367 

quetnenl des troupes n'était pas chose facile; presque tout 
la corps expéditionnaire fut pris ou détruit ; ce qui échappa 
h la légitime fureur des Français périt dans les eaux. Od 
compta 7S2 prisonniers anglais et on enterra IICO morts. 
La flotte resta encore deux jours au mouillage pour attendre 
des absents qui ne revinrent pas, et elle appareilla le lA. 



Le 1" septembre, au muinent d'entrer au Port-au-Prince 
de Saint-Domingue. le vai:3.scau de 'h' le Palmier, capi- 
taine kéruzoret, fut cliassii par Ich vaisseaux anglais Assis- 
TincE de 50', capitaine David Edwards, et Dreaonought 
de 60, capitaine Maurice Sucklîng, Joint par le dernier à 
4^ du matin, le Palmier réutisit à mettre le vaisseau an- 
glais dans l'impossibilité de ronlinuer la lutte avant que 
son compagnuii eitt pu lui venir eu :iide, et il entra au 
Port-au-Prince fmna être autrement inquiété. 



A quelques juurs ilc l;i, le inCme capitaine Kéruzoret, du 
TÙsseau de 74' le Pabnirr, s'ompara de la corvette anglaise 
de 10" Stobk, dans les environs do Saint-Domingue. 



Le 7 septembre, le v;i|i;i.iii.tr ilr MaurvîHc, du vaisseau 
de 74" le Flnrifuanl. escortant avec les-frégates de SS' la 
BtUont et \' .\<ijreUr. capilaiiifs de Deauliarnais et de Méie- 
dem, un convoi churu^- île vivres pour la Maniiiitiue, fui 
chassé, à son 8llerrnt,'e, par un vaisseau anglais de 74' et 
an« frégate de '20. L<- capil.iiue du M:inrvi]le ne crut pas 
devoir repousser l'espèce de iléli ([ui lui élaii porté; il 
laissa le convoi continuer sa ntiite aM-c les deux frégates et 
attendit en panne son audarieux enuemL A S* 50~ de 
l'aprOs-inidi, les premiers bonl'ts de chasse et de retraite 
furent échan^é-i i-nir« les dem vaii^seanx; mais l'anglais 
sembla ne pas vouloir s'eii(;;\u'''r ila\niitagc. et il se main- 
tint k grande portée dans les eaux du f'IerûMNl. Cette 




368 COMBxVTS PARTICULIERS.— 1758. 

tactique ne pouvait convenir au capitaine de Hannrille; 
aussi fit-il arriver pour se rapprocher et mettre son adver- 
saire par son travers. Celui-ci accepta le combat dans cette 
position et, pendant une heure, il le soutint avec énergie. 
Se rapprochant alors à son tour, il aborda le Flori$$ani de 
long en long et son équipage sauta à l'abordage. Hais 
une pluie de mitraille et de grenades et un feu de mous- 
queterie bien nourri qui partirent du vaisseau français 
éclaircirent tellement les rangs des assaillants, que le capi- 
taine anglais renonça à son entreprise, et les deux vais- 
seaux se séparèrent ; l'anglais serra le vent 11 était alors 
7^ du soir. La frégate anglaise s'était tenue à distanœ et 
n'avait pas pris part au combat. Lorsque le Florissani eut 
réparé ses principales avaries, le capitaine de Uaurville fit 
route pour le Fort-Royal où il mouilla avec son convoi et 
les deux frégates. 



J'ai dit que peu de jours après la sortie de Québec, 
le vaisseau de OA*" le Bizarre^ capitaine de Breugnon, 
s'était séparé de la division du commandant Ducfaaf* 
fault avec laquelle il rentrait en France. Le 9 octobre, à 
la nuit, ce vaisseau chassa la frégate anglaise Winchelsea, 
capitaine John Haie, et l'atteignit facilement, car elle 
avait un grand mât de fortune. Cette frégate tira une bor* 
dée et amena son pavillon. Le Bizarre éisii dans la même 
situation que les vaisseaux avec lesquels il éudt parti da 
Canada : il avait un grcind nombre de malades et peu de 
vivres. Dans de semblables conditions, le capitaine de 
Breugnon ne pouvait songer à conserver sa prise ; il prit 
le parti de la livrer aux flammes dès qu'elle serait évacuée. 
Mais pendant qu'on travaillait au transbordement de Téqui- 
page, la brise fraîchit, la mer devint grosse, et la Wm- 
CHELSEA disparut pendant la nuit suivante, enlevant 2 offi- 
ciers et hh matelots français. Le Bizarre entra à Lorient 
J'ignore ce que devint la frégate anglaise : les reUtions 



COLONIE«v-(75H. »» 

togluMS la comprennent dans la liste des bftUmeots cxp- 
turés pendant l'année 17fi8. 



An mois de mars, une division de S vaisseaux, 1 fri- 
gâte, 1 corvette et plusieurs bâtiments de moindre force 
partit d'Angleterre sous le commandement du capitaine 
Henry Harsh, pour attaquer les établissements français de 
la cAte occidentale d'Afrique. La ville de Saint-Louis dn 
Sénégal fut prise le 1" mai. L'Ile de Corée fut ensuite atta- 
quée, mais sans succ^, et la division ennemie retourna en 
Angleterre. 

Le gouvernement anglais tînt à réparer cet échec A la 
fin de l'année, 3 vaisseaux, 2 frégates, 1 corvette et 2 bom- 
bardes attaquèrent l'Ile de Corée et la firent capituler le 
29 décembre. 



La non-réussite de l'eigiédition dirigée contre Louisbourg 
en 1757 n'avait pas fait renoncer au projet de conquête 
que le gouvernement anglais nourrissait depuis la reprise 
des hostilités. Une nouvelle expédition, dont la direction 
fut confiée au vice-amiral Boscawen, partit d'Halifax à la 
fin du mois de mai et mouilla le 2 juin dans la baie de 
Gabarus, à un mille et demi de Louisbourg ; 160 navires 
ayant & bord lA.OOO hommes de troupes marchaient avec 
l'escadre aDgIaisc. 6 vaisseaux dont S armés en flftte et 
2 frégaie» étaient alors au mouillage de Louisbourg; Ifl 
capitaine de vaisseau Desgouttes les commandait, c'étaient : 

I ^'^'"^ ttpiluaa Barqaii DtKMUt*. 

I Halrrprtnanl -~ de BtiBMitrJ* lJil«.L»«i*-J ■!■><■ 

•I Bi-^ir.r da BreiftM. 

.CtlHuy. jrmc ri Mlr . — Nirellti. 

•i ê-fo/auuHt — DaM. 

' Cifii-cim^ — — cbdiliat d* TMnillt. 
FrtgtUi : ,l;W/<«.. (.A'r.r. 

Trois autres frégate») <|ui faisaient partie de cette divi- 
sion, la Btchf, ï'Êcko et la Ftdrle avaient été coulées dans 




570 COLONIES.— 17W. 

la passe. Cette division avait dû être renforcée par plu- 
meurs vaisseaux expédiés de Rochefort sous le commande- 
ment du capitaine Duchaflfault; mais en arrivant devant 
Louisbourg, cet oflicier avait trouvé le port barré et, le 
29 mai, il avait jeté l'ancre dans la baie de Sainte-Anne 
du Fort-Daupbin, d'où les troupes que ses vaisBeanz por- 
taient s'étaient rendues par terre à leur destination. Après 
avoir de nouveau constaté que la mesure prise de couler 
des frégates dans la passe rendait désormais rentrée de le 
rade de Louisbourg impossible, le capitaine DuchafEuilt fit 
route pour Québec avec sa division composée des vaie- 
seaux- de : 

Canons. 

/ Dragon capitaioo Dachaffailt de Bané. 

< B«//«7M«*ap — Martel. 

I Sfihinx, armé eo flûte. . . — de VeadetTvgot 
^ Hardi — ... — Lerassor de Laloncte. 

56 Brillant, Taisseaii de com- 
pagnie armé en flûte. • — de Saiot-Médard, 
et les frégates Zéphyr, Rhinocéros, 

Les Anglais hésitèrent encore à débarquer leurs troupes ; 
enfin, après six jours, ils les mirent à terre dans Tanse du 
Cormoran et marchèrent sur la ville de Louisbourg qu'ils 
bombardèrent. Leurs bombes incendièrent les vaissesiix 
Y Entreprenant , le Capricieux et le Cilibre; le Pinubnt, 
le Bienfaisant et les deux frégates restaient alors seuls sur 
rade, car le Bizarre s'était rendu à Québec avant que la 
passe eût été obstruée. Le vice-amiral Boscawen, quelque 
satisfait qu'il fût d'ailleurs du résultat du bombardement, 
comprit la force que deux vaisseaux et deux frégates don- 
naient encore à la ville, et il résolut de tenter un coup de 
main pour s'en emparer. Le 25, pendant la nuit, favori- 
sées par une obscurité des plus grandes et par le bruit de 
l'artillerie, les embarcations de l'escadre anglaise entrè- 
rent dans la rade et arrivèrent inaperçues auprès des deux 
vaisseaux qu'elles enlevèrent presque sans résistance, car 
leurs équipages étaient à terre, tant pour prendre part ans 
opérations du siège, que pour se mettre à l'abri des bombei 




CÛ|.0NIP:6,-I75t. Ml 

de rennemi. La brise qui soufflait de terre permit de les 
q>pareiUer ; nuûs le Prudent échoua et les Anglais le livrè- 
irent aux flammes. Le capitaine de vaisseau Drucourt, qui 
eomuMuadait àLouisbourg, ne recevant pas les secours qui 
loi avaient été annoncés, capitula le 17 juillet. Les frégates 
fÀpoUen et la Chéwre devinrent la propriété des vain- 
ifMiirs. 

BATHENTS PRIS, DETRLTTS OU NAUPIAfitS 
pendant l'aBDée 1758. 

•0 Pcmàroyant , Prii ^ wi difiiioB. 

TA ( Snirtprenant \ 

0^i^,\mé en éùit, i ^^^^ * Uuiikonrf . 

bienfaisant — Prit à Lonifboorg. 

^ { Bûimmmbl: Prit p«r deox faiMnit. 

MHqmeux Prit dans nn port anglais. 

Oqi^hét. Prif par dnnx ? aiaMAU. 

0pimiâir9 Na«lra|è inr la ra4« d* Bnit 

|§ iien-Aimé, taiu. de corn- 

Hfsii • • Nnnfrasé dan* l'Inde (|). 

|# Gretnwich Nanfrigé Mr la rade de Brt il. 

•4 Gûiathée Prise par deni vaÎMeanx. 

il Qmrimnéê PrïM par «ne encadre 

ffilr-.::;::::::) »''*-, . 

Bkkê ) ( * UfUibeyii 

Scho . ! conlèei ' 

FidèU ) 

fUkin^eér^i Prise par m Tnieiean. 

AntLAIS. 

il WuiarttiCA Pri»e par on vaissean. 

5 IV^^ î Detmitf s à Goodelonr. 

fi BnmwATsn. » 

ta Srons Prise pir nn faisseati. 



i 



(t) Je cite ce faiiiiMi pnrtn ^'il Cai»ait «oscaiantBent le nnice de M* 
tiàenide fnerre. 




3t2 



BATAILLES. — 1759. 



RfiCAMTULATlOr. 



piuKÇAis. . Vaisseaux 

Frégates 

ANGLAIS. . . Frégates 

B&timents de tnoîDdre 
force 





DétrtiiU 


Pris. 


«m 




naufragés. 


5 
5 
1 


7 

m 

S 


1 


» 



loeendiés. 



TOTAU 



m 



It 

S 
3 



ANNÉE 17tf9. 



Les agressions des Anglais sur les côtes de France don- 
nèrent à la cour de Versailles l'idée d'une expédition en 
Angleterre. Cette pensée fut accueillie avec une faveur 
d'autant plus grande, que l'état actuel d'infériorité de la 
marine française rendût impossible tout autre genre d'en- 
treprise contre la puissance anglaise. Des troupes furent 
réunies sur le littoral des provinces maritimes de TOcéan ; 
et comme il n'y avait pas à Brest un nombre de vaisseaux 
suffisant pour protéger leur passage de l'autre cdté de la 
Hanche, ceux qui se trouvaient à Toulon reçurent l'ordn; 
de se joindre à eux. En conséquence de ces instructions, 
12 vaisseaux et 3 frégates appareillèrent de Toulon, le 
5 août, sous le commandement du chef d'escadre de Laclue 
et se dirigèrent vers le détroit de Gibraltar. Voici la com- 
position de cette escadre : 

Canons. 

SO Océan capilaioe comte de Cariey. 

de Licloe, chef d'eKtdre. 

Hedoulable — Saint-Aignaa. 

Guerrier — de Uocbemore. 

74 i Centaure — de Sabran-GfUUioil. 

tytuierain — de Panoat. 

Téméraire d'Hère ille. 




BATAILLES. — 1759. 373 

IMùduie. . — chefalier de Moatftrl. 

IWfoii — de Vénel. 

Lion - do ColberUTargif. 

Fantoêque - chefilier de CftstilloB. 

^ I Fier — Mar^oitao. 

•• I Orifiamme — d'Abon. 

Frégates de M* : Minerve, Chimère, Gracieuse, 

L'amiral Boscawen, qui commandait Tescadre anglaise 
de la Méditerranée, venait de se retirer à Gibraltar après 
une attaque infructueuse contre 2 frégates en dehors de 
la rade de Toulon ; mais il avait échelonné un grand nom- 
bre de croiseurs entre ces deux ports. Averti par eux de la 
sortie de l'escadre française, il appareilla, le 16, avec une 
armée navale composée comme il suit : 



ft Pâmes eapitaioe Joaepb Peytoe. 

Tbomaf Broderick, fiée-amiral. 
fO NAMm. . • capiUioe Malhew Buckle. 

Bo5caveo, amiral. 

•• Kiw^at capitaiee W. Holbunie. 

-. ( CnxoMtsi » s. Callifi. 

^* \ WAMimt — J. Bentley. 

f Cosgcamoa — W. Lloyd. 

♦ Swimma. — T. Staobope. 

êi Sujrr Aliaks — E. Verooa. 

ilTTratriD. . — E. Prattee. 
JiRMET — J. Barker. 
AuaiCA. — J. Kirk. 
Pamcuti Lcihk — B. Harlaad. 

^ I Gota^uiET — Kfamj. 

I PoiTtAU» — Jer? is llappletdei. 

1 ASBl-SCAK — 

I lUiJieow — ...... 

Frégates de Si* Siauhou, Acnn. 

— SS TiLTIf. 

— fi Ltmc, Gibrutai, Glakow, Seuanun, TaBTAft'e rttis. 
«— 16 Favoritl, GaAvaoT. 
De» bembardef : BacAa el 



L'escadre française donna dans le détroit de 
le 17« avec un vent d*Est très-frais et par une nuit trèa- 
obscure qui ne put cependant la sotistraire à la vue des 
Anglais; l'amiral Boscawen se mit de suite à sa poursuite. 
A minuit, par le travers du cap Spartel, l'Océan diminua 
de voiles et alluma ses feux de poupe pour indiquer sa 
position; mais ne voulant |>as que ces feux servissent de 




m BATAILLES. -^4769. 

direction à Fetitieini, le commandant en chef les fit bietitôt 
éteindre et, dès que son vaisseau fut en dehors da dMroit, 
il fit gouverner à l'O.-N.-O. Les vaisseaux les plus rappro- 
chés de Y Océan imitèrent sa manœuvre; mais tous ne le 
voyaient pas, et ces derniers prirent une autre route. Cette 
séparation était inévitable : le vaisseau amiral n*avait, en 
effet, pas asseï diminué de voiles pour que les mautûft 
marcheurs pussent le rejoindre. Or, comme le comman* 
dant en chef avait fait connaître son inteniiofl d*entrer à 
Cadix, les capitaines des vaisseaux arriéréa qm nevoyaleDi 
plus VOeiéfi^ et qui depuis 8^ du matin reoevaieilt les bmi* 
lets des chasseurs anglais» gouvernèrent au Nœrd dès qu'ils 
eurent dépassé le cap Spartel. Lorsque le jour parut* ils 
cherchèrent vainement YOeiûnf le Fanîasquêt le Xfen, k 
Triton^ l'Orî/Iamm^, le Fier et les frégates étûent seuls en 
vue. Ces vaisseaux et frégates louvoyèrent toute la journée 
entre Cadix et le détroit dans Tespoir de voir rallier le 
reste de l'escadre ; le soir, la Chimère ayant démftté de son 
petit mât de hune, le capitaine de Castillon, auquel son an- 
cienneté donnait le commandement de cette di^M, la fit 
mouiller devant Rota i elle entra le lendemain & Cadix. La 
consternation du commandant en chef fut grande lorsque, 
au jour, il put apprécier sa situation ; il n*avait plus que 
7 vaisseaux. Vers 8^ du matin, il eut un moment TMpoir 
de voir rallier les bâtiments séparés; 8 vcnles vtniient 
d'être signalées dans l'Est ; il fit gouverner poUf b*êli rap- 
procher. Son espoir fut de courte durée : les voiles aper- 
çues étûent les éclaireurs de l'armée anglaise. Dès qu'il en 
eut la certitude, il signala la route vent arrière et rangea 
ses vaisseaux en ordre de marche sur la ligtie dtt pitia près 
tribord, dans l'ordre suivant : le Témiraire^ le Mûieiîét \t 
Redoutable^ le Souterain^ l'Oeëan, le Bnertier et le Cm* 
taure. A 2^ 80" de l'après-midi, le CulloDbii était âfeiet 
près du Centaure pour échanger des boulets avec lui; 
l'AiiEBiCA, le PoRTURD, le WARsriTB et le GtJEHiiBsiT te 
canonnèrent bientôt aussi* La défense du YtiéMttt fttB* 



BATA1L1.es. - 1759. 375 

{âb ftit opiniAtre ; mais, accablé par le nombre, il perdit 
tes trois mâts de hune ; et réduit, par suite des pertes qu*il 
aurait éprouvées, à ne pouvoir plus armer que sa batterie 
basse, le capit^ne de Sabrau fit amener le pavillon à 7^ 
M)*; cet officier avait reçu onze coups de feu. Le Centaure 
fut amariné par T Edgar. Cette opération était à peine ter- 
odnée, que le mât d* artimon du vaisseau français s'abattit, 
fla coque était tellement criblée que, i)endant vingt-quatre 
heures, on se demanda s'il resterait à flot; il fallut jeter 
les canons et les ancres à la mer, et ce ne fut qu'avec la 
plus grande peine que I'Edgab parvint à le conduire à Gi- 
braltar. VOcéan^ le Guerrier et le Souverain eurent aussi 
i soutenir le feu des vaisseaux ennemis ; mais leur marche 
leur permit d'éviter un combat corps à corps dans lequel 
ils eussent infailliblement fini par succomber. 1^ nuit fit 
cesser le feu. Le chef d'escadre de Laclue avait eu la jambe 
gauche cassée et avait reçu une blessure à la droite. Le 
Namui ayant été dém&té de son mât de perroquet de fougue 
et ayant perdu ses vergues de hune, Tamiral anglais avait 
aihoré son pavillon sur le Newask à 5^. La diviiiion fran- 
çaise continua sa route à TOuc^t. Le 19 au jour, elle était 
réduite à quatre vaisseaux ; le Guerrier et le Souverain 
avaient fait fausse route : le premier atteignit Rochefort ; 
Fautre se dirigea sur les Canaries d'où il se rendit aussi à 
Kocbefort : il eut un engagement avec un vaisseau anglais 
avant d'arriver à ce mouillage. La brise avait beaucoup 
molli. Perdant l'espoir d'échapper à l'armée ennemie qui 
le poursuivait toujours, le chef d'escadre de Laclue donna 
Fordre de gouverner sur la terre et, & 9^ du matin, il jeta 
son vaisseau au plain sur la côte du Portugal, entre Lagos 
et le cap Sidnt-Vincent, dans une petite crique défendue 
{Mir une batterie nommée Aima Doua ; la mâture de VOeian 
s'abattit dès que le vaisseau toucha. Le Redoutable s'échoua 
à côté de rOr^an, auprès de la batterie Ezaria. Ces deux 
taisseaux furent abandonnés par leurs équipages qui se 
sauvèrent à terre. La dt^termination prise par le chef d'es- 




376 BATAILLES.— i759. 

cadre de Laclue n'arrêta pas les Anglais « et plusieurs 
coups de canon tirés par la première des deux batteries 
portugaises n'eurent aucune signification pour leur amiral. 
L' America et I'Intrepid envoyèrent à YOcian quelques 
boulets qui lui firent amener son pavillon. Le capitaine, 
une partie des officiers et un petit nombre de marins 
étaient restés à bord. Les couleurs du Redoutable s'ame- 
nèrent à une agression semblable du Jebset. Confiants 
dans la neutralité du Portugal, les capitaines du Timirair$ 
et du Modeste mouillèrent au large de leur amiral, le 
Téméraire^ devant le fort Figuerao, l'autre par le travers 
de la batterie Sagrena. Leurs illusions ne durèrent pas 
longtemps -, le Prince et I'Albars les attaquèrent Lescapi- 
tidnes d'Herville et de Montvert ne crurent pas devmr ré- 
pondre à cette violation du droit des gens ; ib firent éva- 
cuer leurs viûsseaux et se rendirent à terre avec leurs 
équipages. V Océan, le Redoutable et le Moâêiie forent 
livrés aux flammes par les Anglais ; le Téméraire fat con- 
duit à Gibraltar. Cette opération terminée, l'amiral Boa- 
cawen fit route pour l'Angleterre et chargea le nce-amiral 
Broderick de bloquer les vaisseaux qui étuent entrés à 
Cadix. Le chef d'escadre de Laclue mourut de ses bles- 
sures. 

Cette afl'airo donna lieu, de la part du Portugal, à une 
demande de réparation et à une amende honorable de la 
part de l'Angleterre. Lord Knowles fut envoyé à Lisbonne 
en ambassade extraordinaire, et en présence du corps di- 
plomatique étranger, il fit, au nom du roi d'Angleterre, 
des excuses au roi de Portugal sur la violation de son 
territoire, et ajouta que les officiers de la marine anglaise 
avaient reçu Tordre de se conduire désormais avec plus de 
circonspection. 

De son côté, le gouvernement portugais fit examiner la 
conduite des officiers qui commandaient les batteries aux- 
quelles les vaisseaux français avaient demandé protection. 
Il ne paraît pas que cotte enquête ait eu pour résultat la 




BATAILLES.— 1759. 377 

punition d'aucun de ces officiers; et la seule satisfaction 
qu'obtint la France fut Tamende honorable faite à la cour 
de Portugal par le représentant de l'Angleterre. 

On fort coup de vent de S.-O., qui la fit beaucoup souf- 
frir, força l'armée anglaise à mouiller devant Rota, le 
9 novembre. Le Newark et le Culloden se trouvèrent dans 
la nécessité de couper leur mâture; le Prince eut son 
gouvernail démonté ; le Conqueror cassa sa vergue de 
grand hunier. Tous les vaisseaux furent en perdition ; fort 
heureusement pour eux, le vent mollit le lendemain et le 
vioo-amiral Broderik fit entrer 8 vaisseaux dans la rade de 
Cadix. Le capitaine de Castillon songea à profiter du désar- 
roi de l'armée anglaise pour sortir, et il mit le capitaine 
général de Cadix en demeure de faire observer les lois de 
la neutralité. Il fut convenu que Français ou Anglais ne 
pourraient appareiller qu'à vingt-quatre heures de distance 
les uns des autres; et comme plus anciens sur la rade, les 
premiers eurent la faculté de mettre sous voiles le 20 dé- 
cembre. La division française appareilla; mais le temps 
avait mauvaise apparence et elle reprit son mouillage. 
Le 22, elle fit une nouvelle tentative, sans plus de succès. 
Pendant ce temps, les Anglais avaient poussé leurs répa- 
rations avec une grande activité ; le 23, ils purent appareil- 
ler à leur tour, mais ils cherchèrent vainement à sortir. 
Le 25, ils furent plus heui*eux; toutefois un coup de vent 
les ayant forcés d'aller chercher un abri & Gibraltar, le 
capitaine de Castillon sortit le 2 janvier, passa le détroit 
et entra à Toulon le 17. 

Voici comment M. de I^pcyrouse (1) raconte la sépara- 
tion des vaisseaux de Tescadrc de Toulon, c Vers 10^ du 
c soir, il (M. de Laclue) doublait les derniers courants et 
c entrait danr^ l'Océan. Prévoyant que lcH\onts d'Est et 
«d'E«-N.-E., qui augmentaient d'heure en heure, ne lui 



(I) l/itfoirf de iti mnrtne frcnrane. 




378 BATAILLES. — 1759. 

« permettraient pas de mouiller sur la rade de Cadix, et 
« pensant que Tennemi tiendrait la terre d'Espagne pour 
u le joindre dès que le jour paraîtrait, il signala à son 
(( armée la route à l'Ouest. Cet amiral s'étant assuré que le 
(( Redoutable et le Centaure^ les deux vaisseaux les plus 
V éloignés, avaient répété le signal, gouverna & la route 
(( indiquée. A minuit, l'escadre française se trouva Nord et 
u Sud du cap Spartel. M. de Laclue compta 13 voiles autour 
« de lui. Satisfait de ce qu'il voyait, il attendit le lendemain 
c avec sécurité. Mais la nuit, en cachant les mouvements 
< des vaisseaux français, avait servi de prétexte i Tigno* 
a rance et à la trahison : quand le jour parut, au lieu de 
(( toute son armée qu'il comptait trouver, M. de Laclue 
c n'avait plus que 6 vaisseaux; les autres avaient dis- 

(( paru 

u Ceux-ci Pavaient décidément abandonné, emportant 
(( leur propre déshonneur et celui de notre marine. Ce 
(( n'était point par une fatalité dont on ne peut se rendre 
(( raison, mais bien par indiscipline et découragement que 
(( 6 vaisseaux et 3 frégates se séparèrent de leur amiral. 

u C'est ainsi que se termina ce combat désastreux où 
« l'indiscipline, le manque de patriotisme et Toubli dtt 
« devoir éclatèrent de toutes parts. 

c M. de Laclue méritait, par ses malheurs et son cou- 
c rage, l'indulgence du ministère ; msds comment qualifier 
« la conduite de ceux qui se séparèrent du vaisseau ami* 
« rai? 11 n'y eut cependant pas d'enquête. » 

Cette appréciation de la conduite des capitaines de Tea- 
cadre du chef d'escadre de Laclue est sévère; elle Test 
d'autant plus qu'elle contraste singulièrement avec les 
quelques mots qui concernent le commandant en chef. 
A-t-elle été suggérée à M. de Lapeyrouse par la lecture 
des documents officiels qui existent sur cette affaire? Je 
ne le pense pas, et je suis porté à croire qu'il a accepté, 
avec trop de confiance peut-être, les impressions des nar- 



BATAILLES. — 1769. 379 

au récits desquels son caractère chevaleresque 
lottnidl un ffuule crédit. Sa version prête à cette supposi- 
lloo. U atancCt en effet* une chose à laquelle il ne croyait 
Certiineinent pas lorsqu'il naviguait lui-même : la possi- 
MBtéde signaler un air de vent pendant la nuit. Ne vaut-il 
pas mieux admettre, dans l'intérêt de cette marine dont 
■L de Lapeyrouse tient tant et si justement à sauvegarder 
f bonoeur, que la séparation des vaisseaux au détroit de 
Gibraltar eut lieu autant par la faute du chef d'escadre 
de Laclue que par celle de ses capitaines? Après avoir fait 
oonnaltre son intention d^enlrer à Cadix, cet officier géné- 
ral devait, du moment qu'il modifiait ses projets et qu'il 
se décidât à continuer sa route, se tenir en position d'être 
Êf9fça de tous les vaisseaux: car si, de nos jours, les 
algoaui de nuit sont d'une exécution difficile, que devait-ce 
être alors? C'est à cette manière d'envisager les choses, 
et non à l'état de désuétude dans lequel nos institutions 
étalent tombées, qu'il faut attribuer le voile dont on sem- 
bla vouloir couvrir cette affaire après la mort du chef qui 
Tavait conduite (1). 



Pendant que l'escadre de Toulon perdait une partie de 
vaisseaux sur la côte de Portugal, l'armée navale de 
l'Océan qu'elle était destinée h renforcer, retenue sur la 
rade de Brest par l'indécision du vice-amiral et maréchal 
deConOans, son commandant en chef, était bloquée par 
15 vaisseaux anglais aux ordres de l'amiral Ilawke; é autres 
vaisseaux, 8 fn^gates et A bombardes croisaient en outre, 
àvsc Is oommandant Duff, sur la côte du Morbihan. J*al 



(1) H Mit uM^é, §• ^Ml^tt ••ri* flMicré wm, è Mrtir 4t mm fUê éè 
MrraMir tl A ruf lire ai« opioioo «ur quf Iquf t afâiret. Jt •• 1« fait, tovUftit^ 
fÊÊ Imv^m jt troaTt dam le» aateor* qui obI èrnt l'IiiMoIr» 4t l« nariM ém 
ippfÉaaiMM ^11 caftai étrt taciltOMai caalra«ar4M. It at eralt fê» é«v«li 
U^r yaiiar, coaiat choMi «ir le^qoelk» aa aa pt it aaMtlit 4a 4atUa, ém 
^ If « docinciu fSeieli coatrvdiitat taurat ta lait oa an fitêè. 




380 BATAILLES.— 1759. 

dit que l'armée navale de Brest avait mission de coo- 
voyer les navires qui portaient les troupes destinées à 
l'expédition projetée en Ecosse. Ces navires devaient partir 
de Nantes, de Lorient, du Morbihan et de tous les ports 
ds la côte comprise entre Brest et la Loire. Les vaisseaux 
avaient déjà reçu tous les soldats qu'ils pouvaient prendre 
sans trop s'encombrer. Le lieutenant général comte d'Ai- 
guillon était désigné pour commander 19,900 hommes 
dont se composait l'expédition. Voici la composition de 
l'armée navale : 

Canons. 

Soleil Royal capitaine de Chezac. 

maréchal de Conflaos, fice -amiral. 

, cheTalier Desroches, maior. 

^ ^ Tonnant capitaine ch" de BeaofremoDty ch. é*aK. 

Formidable — Saint- André Da?erg«r, ck. 4'mc. 

Orirnt — de Guébriant de Bndes, ch. ë*«K. 

Intrépide — Cliateloger. 

Magnifique — Bigot de Morogaet. 

Glorieux ~ Villars de Labrosee. 

74 ( Thésée — do Ker^aint. 

Héros — Ticomte de Sauay. 

Robuste — marquis de Vienao. 

Northumberland. .... — chevalier de BeUiigul. 

Juste — Saint- AUonarn. 

Dauphin Royal — vicomte d'Urtobie. 

Inflexible — chevalier de GaamonU 

Dragon ~ LevaMor de Lalooelia. 

70 < Éveillé, — chevalier de Lapré?alaja. 

Sphinx — chevalier de Coilaac^-LaatU*. 

Solitaire — vicomte de Langle. 

Brillant — Boischateaa. 

\ Bizarre — chevalier de Rohai. 

Frégates : Vestale, Aigrette. 

Corvettes : Calypso, Prince Soir. 

L'expédition d'Ecosse rencontrait beaucoup d'adver- 
saires. Contrariée d'abord par le mauvais vouloir des ca- 
pitaines et par les tergiversations du commandant en chef 
de l'armée navale, elle devait échouer par l'issue malheu- 
reuse de la bataille qu'il fallut livrer à la sortie de Brest. 
Le capitaine de vaisseau de Morogues avait primitivemeut 
été chargé, avec 5 vaisseaux et plusieurs frégates, d'éclairer 
la marche du convoi et de l'accompagner à la distance qu*il 
jugerait convenable; il était autorisé à le conduire dans 




BATAILLES. — 4759. 38i 

k golfe de Clyde et à appuyer le débarquement des troupes 
à Inrioe (1). Les hésitations du maréchal de Conflans firent 
modifier ce projet. « La timidité de notre marine m'afllige 
et m'humilie, écrivait le maréchal de Belle-Isle au duc 
d* Aiguillon, surtout après l'état où je l'ai vue au com- 
mencement du siècle. II faudra bien que le roi donne des 
ordres absolus à M. de Conflans. Celui-ci ne demande pas 
mieux, à ce que j'entends dire; mais cela ne suffit pas. 
n y a sur cela de bien tristes réflexions à faire ; mais ce- 
pendant il faut aussi espérer que quand les choses seront 
une fois décidées et ordonnées, on se piquera d'hon- 
neur (2;. » Le maréchal de Conflans demanda effective- 
ment à escorter le convoi avec son armée entière, a Le 
maréchal, écrivit alors le ministre de la marme Berryer 
to duc d'Aiguillon, le maréchal n'est pas assez manoBU- 
Trier pour pouvoir espérer de son habileté une campagne 
savante qui puisse contenir les ennemis, et je regarde un 
combat comme inévitable; alors il vaut mieux qu'il se 
donne avant que notre convoi soit au large. S'il nous est 
âvantageuT, nous passerons facilement; s'il est douteux, 
il peut encore faciliter le passage ; si l'escadre est écra- 
sée, les troupes de terre ne seront pas perdues (3) . » Le 
ministrede la marine accéda donc au désir du commandant 
en chef de l'armée navale de l'Océan. Le maréchal de Con- 
flans appareilla le 1& novembre, à 11^ du matin, avec une 
jolie brise de N.-N.-E., et se dirigea sur la côte du Mor- 
bihan. La croisière anglaifve ne fut pas aperçue. Le 16 
à midi, l'armée était à la cape avec des vents de S.-O. 

Avant son départ, le commandant en chef avait fait 
connaître ses intentions dans l'ordre du jour ci-aprte : 
c Peu après notre sortie, nous devons nous flatter de ren- 



(I) InrÎM. Ptiit port à Itinboscbure dt U rivif ro IrtiM qii M )tU« 4aM to 
f«lft éê Ojéê, vit Afi« de Hle d'Arran, Mr la cdia ocddattAlt d'EcMM. 
(t) Àrchtpes du ti€f>dt des certes au mimulere de la 
(S ///. /«/ 




38« BATAILLOS. — 1759. 

u contrer les Anglais réunis ou dispersés. Si nous les Iroa- 
« vons dans ce dernier cas, chaque affaire que nous aurons 
« successivement avec chaque peloton doit être biçfftAt et 
(( heureusement terminée. 

c S'ils se présentent à nous tous rassemblés, leur nombre, 
a égal à celui de nos vaisseaux, ne leur donne aucun avan- 
tage sur l'armée du roi^ le zèle que je connais imieçsieiirs 
« les capitaines pour la gloire, ma confiance en efu» ipon 
« amitié et les sentiments réciproques qu'ils ont ponr moi, 
« me donnent au contraire l'assurance du succès le plus glo- 
a rieux. Il faut peu d'instructions aux ofiiciers que de pareils 
« motifs animent : aussi je me borne à ce qui paraît indis- 
tt pensablement nécessaire et à indiquer les poiiits pur les- 
« quels il convient d'établir l'unité de vues et de manoBayres 
« sans lesquels la victoire reste toujours imparfaite, avec 
c quelque valeur que Ton sût combattu. 

(( Mon intention est de prendre l'avantage du vent sur 
« l'ennemi pour le combattre du plus près qu'il sera pos- 
sible. 

(( Si le hasard, néanmoins, lui procure cette poâtion et 
« qu'il s'en serve pour se tenir trop éloigné de nous, je ferai 
« porter un peu plein jusqu'à ce que le combat soit établi 
« dans l'éloignement qu'il aura été maître de régler >ntre 
(C lui et nous ; alors je ferai venir au vent le premier vais- 
tt seau de la ligne au plus près, et tous les vaisseani fiûsant 
« successivement de même dans ses eaux, si cette manœuvre 
fi est brusquement exécutée, nous raccourcirons par ce 
(( moyen la distance trop grande qui serait entre notre ligne 
a et la sienne. 

(( 11 faut parvenir, autant qu'il dépendra de nous, à op- 
<( poser le feu de nos plus grands vaisseaux à celui des plus 
(( gros vaisseaux ennemis. Il serait fâcheux que les plus 
a faibles (les noires se trouvassent exposés à la supériorité 
« des plus forts d'entre eux ; il ne faut pas, d'un autre côté, 
a s'attendre i ce que cela arrive, vu que les Anglais ont le 
« même intérêt k l'empêcher, 




BATAILLES.— 1759. 38S 

• Si cependant cela arrivait, on fera son possible ponr 
•e secourir mutuellement, et les plus gros vaisseaux sou- 
lageront les plus faibles autant que cela dépendra d'eux. 
« D'un autre côté, un vaisseau qui combat avec avantage 
et même avec égalité l'ennemi qui est par son travers, 
ne doit faire aucune difficulté à recevoir le secours que 
son camarade lui présente ; au contraire, tous deux doivent 
concourir mutuellement à réduire bien vite le vaisseau 
ennemi qui pourrait tenir encore longtemj^ contre un 
seul des nôtres. 

« Notre but doit être de/éduire successivement, en pareil 
cas, les forces ennemies, et de tirer des nôtres tout le 
parti possible, en les ménageant dans les occasions où il 
est inutile de les prodiguer; dans celles où il serait né- 
cessaire de se sacrifier, je n'ai pas d'observations à faire 
à messieurs les capitaines. 

« Si nous avons le vent sur l'ennemi, je suis résolu à le 
combattre à portée de mousquet. Il faut apporter une 
grande attention, en nous approchant d'eux, à ne pas 
arriver en pointe : par cette position désavantageuse, 
nous nous exposerions à être désemparés avant d'avi^ 
combattu. Afin d'éviter un inconvénient aussi fâcheux, 
dès que notre ligne sera un pou en arrière de celle de 
l'ennemi, à une grande portée de canon Je la ferai mettre 
en bataille. Alors, en arrivant en dépendant, et en lui 
présentant toujours le côté, nous viendrons nous établir 
par son travers, à la ()etite distance qui a déjii été déter- 
minée. 

« Tandis que nous serons éloignés de fennemi, il est 
à propos de ménager notre feu ; il suffira de tirer asses 
pour engager l'ennemi h perdre beaucoup de poudre et 
k échauffer ses canons inutilement ; nous échaufferoos 
les nôtres, à notre tour, lorsque nous serons à portée de 
ne pas perdre nos coups. 
« Si la ligne de l'ennemi arrive , nous arriveront aosii 
c ew elle, nous tenant toujours à portée de moosqoft aC 




3 84 BATAILLES. —1759. 

a même plus près, dans cette circonstance, s'il est pos- 
(( sible. Si elle essaye de se retirer en ordre, nous la pour- 
« suivrons de même; si enfin elle plie, on la poursuivra 
'( vivement, mais cependant sans se séparer. En ce cas, on 
« réduira le plus promptement que Ton pourra les vais- 
u seaux que Ton joindra successivement; mais nos vais- 
a seaux ne s'amuseront pas aies aroariner, tandis que nous 
« aurons desfrégates pour faire cette besogne, et jusqu'à ce 
(( quelavictoire soit décidée; on se contentera d'en retirer 
a tous les principaux officiers et les principaux officiers 
(( mariniers, et on laissera le soin du reste aux frégates. 

« Si un vaisseau ennemi sort de la ligne pendant le 
combat, on ne s'amusera pas à le poursuivre, mais on se 
<( servira de cet avantage pour réunir plus de feux contre 
(c ceux qui restent. 

Si quelqu'un des nôtres est obligé de se retirer pour 
« se raccommoder, la place sera aussitôt remplie par celui 
c qui le suivra, et la ligne se serrera successivement de 
« manière à ne laisser aucun jour. 

c( 11 ne me parait guère possible d'aborder dans un com- 
« bat en ligne. Si, cependant, cela me paraissait avanta- 
u geux, j'en ferais le signal, et alors, tous en même temps, 
« nous aborderions chacun le nôlre. 

u II se peut aussi que, par un changement de vent ou 
(( par quelque autre événement, un vaisseau particulier se 

4 trouve on position d'aborder un ennemi : il ne faut pas 
c( suivre son ardeur si le succès du combat général se trou- 
u vait compromis; mais dans le cas où il n'y aurait aucim 
(( inconvénient à prendre ce parti, messieurs les capitaines 
« peuvent le suivre. 

a Messieurs les commandants de l'avant-garde et de l'ar- 
a rière-garde, si l'un ou l'autre n'avait pas un nombre 
(( d'ennemis pareil par le travers, pourront détacher quel- 
(( ques vaisseaux de leur division et leur donner les ordres 
« qu'ils jugeront convenables pour les employer utilement 
« ailleurs, o 



RATAII.LKS.— 1759. 3S5 

Use coîDCidence Tatale voulut que l'ainirat Hawke , qui 
ôlùt ailé chercher un abri contre le mauvais temps dans 
UD port d'Angleterre, reprit la mer le jour mfime où les 
TÙaseaiiz français franchissaient le goulet de Brest. Les 
dcQz armées ne se virent pas ; mais la sorUe de celle des 
Français n'échappa pas à la vigilance des éclûreurs enne- 
mis; et comme le but de sa sortie était parfaitement connu, 
l'amiral Hawke n'eut pas d'indécision sur la roule qu'il de- 
vait suivre pour la trouver. Voici comment son armée était 



H Wuurm MpittiM tir lobn B«bU«7. 

M Kiw»T<" — Th. Shiriey. 

W Swimt» — >ir Thomu Staobop*. 

n Uni — Uriita. 

N tKtwr — EfUK. 

»jr Cbarir* Hardj, Tifa-«niral. 

H HikCELU rapiuinc W. l'orlTKar. 

W Icrmtri» — J. ll>p[ilpMlea. 

M lloMTici' — la<af Ka*lrt. 

M RlTEiiGK . — I. Slurr. 

n Ouutnuwi. — l'ïler" beoni-. 

Tt ToMtT — bonoiablf Av^U'tai Krpp«l. 



oit Kdonrd >la«L(, amirjl. 

1» Hicxtitat tapiUiPr lord llovt, 

n Kl»"». . — J- (■■■nbirr. 

n LaxaiMiK — W. S. Willd. 

H Ih-MiRt — II. Iticbv 

7» Turlt . ■ — bnBorible W.Shirk», 



7i 11ÏM.I.H10S. .... _ K, SpiLr. 

« t"»\ -- 1- Il Hf.»o. 

•0 lli:iii».K . — I'. Hiird. 

74 llia — bonorabi* J. t,ife< • 

Ht KuiaL-Tl.*, l'.lHIIOK. K.tklOO. i:illTMf 



Je vais lais-ser le niar/-rlial di> iionllans raconter lui- 
même sa navigation et son combai. Voici la relation qu'il 
envoya au ministre de la marine : 

« Je M vous ferai pas, monsieur, le détail de ma navî- 
■ galion depuis le M de ce mois, jii»|irà la nuit du Ht 
i m 




386 BATAILLES, -- 1199. 

d au 20; des contrariétés continaellea ont nittdé fllèo 
(( arrivée à Quiberon où, sur les iiou?dliS que fatau 
u reçues, je n'avais pas lieu de m'attendro à la Blipèriorilé 
a dans laquelle j'ai trouvé les ennemis, et à la millMifWÉe 
« journée qui a si tristement terminé la eampagM. 

« A la suite d'un calme assez long» le veai a'ilefÉ ^ la 
tt partie de TOuest, le 19, à environ 11^ do aoîr« Je ae 
a faisûs alors à 23 lieues dans le S.-0. i/A 0. da BéUa-^fala. 
« Je fis signal à l'armée de servir, e( je dirigeai la roala 
a sur Belle-Isle, afin d'entrer le lendemain dans la llar<^ 
(( bihan pour suivre les ordres du roi et me conformer à ce 
c que vous m'aviez particulièrement marqué daas Votre 
tt lettre du ô de ce mois. 

tt Le vent augmenta considérablement pendant U nuH 
tt et vint à l'O.-N.-O. ^ je fus même obligé de faire très-peu 
de voiles, dans la crainte de me trouver trop lAt Mur fa| 
tt terre. Au point du jour, on découvrit plusieurs vaiaseaua 
tf devant nous, et je fis faire successivement le Bigflàl dc 
« ralliement, celui de faire le branle-bas, de faire atlantion 
tt aux signaux de combat et celui de s'y préparer. 

€ Quand le jour fut plus clair, on compta juaqu'è 17 
tt ou 18 bâtiments; mab comme on ne reconnut dailséif 
c nombre que 7 ou 8 vaisseaux de ligne, sur les nottfeUai 
« positions que j'avais reçues régulièrement du Mkntihan 
« tandis que j'étais sur la rade de Brest, je ne doutai pas 
tt que c'était l'escadre de 8 vaisseaux qui était depidft long- 
tt temps en station dans la baie de Quiberon, celle dm corn* 
tt modore DulT, lesquels, avertis de ma sortie de Brest « 
tt sortaient pour éviter d'être rencontrés par l'aiMéa da 
tt Roi. Je ne songeai à établir aucun ordre de batBlIte, et 
a je fis le signal général de la chasse ; je fis même crier au 
tt Tonnant^ qui se trouvait à portée de voix, que j*étals 
tt résolu à poursuivre vivement l'ennemi, à le fiedre attaijuur 
tt sans ordre, puisqu'ils étîûent en aussi petit nombret M]6 
tt m'abandonnai moi-même sur celui qui ma ym ■iaaall le 
« plus gros. Il n'y en avait que A qui avaieot pria 




388 BATAILLES. - 1759. 

<( 21 vaisseaux, Tennemi osât m'y suivre, malgré sa supé- 
« riorité, qui devait elle-même embarrasser ses mouve- 
« ments dans ud endroit aussi resserré. Voici le plan que 
« je me faisais, et vous en jugerez vous-même, monsieur, 
a en l'appliquant sur une carte* 

« Je ne pouvais pas disputer le vent à l'ennemi tandis 
8 que j'étais au large, parce qu'il venait vent arritee sur 
tt moi. Je comptais que j'avais lieu de me flatter que mes 
« 21 vaisseaux seraient rentrés dans le MorUhao avant 
« aucun des ennemis. Dès le moment que j'y serûs, je de- 
« vais tenir le plus près les amures à bâbord et m'élever 
« en bat^dlle, à ÏBÎde du jusant, jusque dans le fond de la 
a baie de Quiberon (1). Je comptûs y tenir de même à la 
« voile, en louvoyant jusqu'à ce que l'ennemi eût pris on 
a parti. S'il restait en dehors, il lui fallait gagner le large, 
CI vu le gros temps qu'il faisait et, en ce cas, j'aurais 
« mouillé en bon ordre au vent de la baie, et j'aurais pris 
« là toutes les mesures convenables pour me préparer à 
« tous les événements auxquels la proximité de l'armée 
Il anglaise m'exposerait. • 

« Si, au contraire, l'ennemi prenait le parti de me suivre 
ff avec toutes ses forces dans la baie, je devais me trouver 
« au vent à lui, je l'aurais combattu avec avantage; et 
(( quoique j'eusse bien envisagé combien les manodovres 
« d'un semblable combat seraient délicates et critiques 
c dans un lieu aussi étroit, il étiût cependant naturel de 
a penser qu^elles le seraient encore bien plus pour l'ennemi 
« qui serait sous le vent, entre l'armée du Roi et les dangers 
a de la côte ; qu'étant en plus grand nombre, il serait en- 
core plus gêné que nous, et qu'étant enfin à une cAte 
« ennemie, il ne devait s'attendre à aucune des ressources 
« qui étaient toutes pour nous. D'ailleurs, le parti était 
(I forcé, et le lieu où j'étais contraint d'aller était celui où 
u les ordres du Roi m'appelaient depuis longtemps. 

(1) La bai« dt QQiberoo fait partie du littoral da départoamt di MmMIhii, 




BATAILLES. — 1759. $99 

« Afin de marquer la route, j'avais choisi Tordre de 
marche sur une ligne. Dans cet ordre je marchais en 
tête, et pour former l'ordre naturel de bataille, je n'a- 
vab qu'à me mettre au centre de la ligne, ce que je 
comptais faire sur le second bord aussitôt qu'elle serait 
toute entrée dans la baie. 

« Je fis donc route de même, avec autant de voiles que 
j'en pus mettre pour ne pas courir risque de me séparer 
de la tète de la ligne ; je fis signal à toute l'armée de 
serrer la ligne et, paniruliùrcment à l' arrière-garde, de 
forcer de voiles : la lôie de l'ennemi l'approchait, et je 
craignais à tout moment de la voir engager contre mes 
Toes. Effectivement, lorsque je doublais les Cardinaux (1) , 
la tète de l'ennemi commença à tirer sur la qoeue de 
notre armée, qui répondit avec une vivacité qui me donna 
quelques moments Tespérance que cet engagement n'au- 
rait pas les suites que j'avais tant de raisons de craindre. 
liais bientôt le vent devint au N.-N.-O. : ce funeste 
changement donna à l'ennemi le moyen d'employer sa 
supériorité contre deux de nos vaisseaux, et leur donna 
en même temps la facilité de nous joindre plus tôt. 
% J'étais alors assez avancé dans la baie de Quiberon ; 
l'avant^garde et le corps de bataille me suivaient d'assez 
près, mais il n'y avait plus d'ordre de bataille établi; le 
changement de vent l'avait totalement dérangé, sans qu'il 
eût été possible de l'empêcher. L'ennemi entrait lui-même 
dans la baie, pèle-mèle avec les derniers de nos vais- 
seaux, dont plusieurs étaient enveloppés, ce qui ne les 
empêchait pas de combattre avec une intrépidité digne 
des plus grands éloges. 

« La nécessité de marquer la route et les mouvements 
que je voulais faire exécuter m'avait obligé de rester 
jusque-là à la tête, et je n'avais pas encore combattu. 







dM BATAILLES. ^1759. 

Je revirai de bord pour me mettre aa milieu de là ligne 
et, en même temps, à portée de combattre renneai foi 
se multipliait considérablement Je dis à Ylmtr^fidêt qui 
me suivait immédiatement, de faire de même, et comme 
la sûreté de la navigation exigeait que tous les yiioeeam 
missent également à l'autre bord, je fis en même temps 
le signal de revirer par la contremarche, dans Fespé- 
rance que nous pourrions de même rétablir Tordra de 
bataille sur une ligne. 

« Peu après j'arrivai lof pour lof dans les eaux de jdiH 
sieurs de nos vaisseaux que la saute de vent avait anMio* 
odes sans ordre, comme je l'ai dit plus haut. Ed CûmoI 
œ mouvement, je couvrais aosû le JmUê qui était éerasi 
par le feu de plusieurs vûsseanx ennemis; feu forçai 
quelques uns à se retirer, et aucun ne tint par bob tra« 
vers. J'envoyai aussi alors une bordée à ramiral anglais. 
« Ayant repris les amures à b&bord, j'eus des eonemis 
à combattre au vent et sous le vent et, malgré eela* Imr 
feu réuni sur nous ne nous fit aucun mal. Cette tordée 
ne put être longue, à cause de la terre que noue ^ffto* 
cbions de trop près, et cela, joint aux approefces de la 
nuit, me détermina à rerirer encore de bord, dans Tin- 
tention de doubler le Four (1), de sortir de la baie et de 
me faire suivre an large pur l'armée, dont je m voyais 
aucun vûsseau rendu malgré la durée et la vielenoe do 
combat qu'ils avaient soutenu. 
« Au moment où je faisais arriver le Soleil jRoyai vent 
arrière, l'amiral anglais se mit a devoir de m'env<»yer 
une bordée dans la poupe ; mais l'/nfrépide, en présên* 
tant le côté à l'ennemi avec une audace et onecontenaooa 
que je ne saurais trop exalter, attira tout le feu sur lui 
et y répondit avec une vivacité incroyable, et me tira de 
l'embarras où cette position désavantageuse me mettait. 



(1) ÏA F<mr eil w ^tota d« roche* tilaé à Iti mUlm éàM It S.-B. éê la 
baie d« QoiberoD. 




BATÀlLLES.*-i759. Ui 

• Jtnpm 8ar4e»ebamp les amures à tribord, et je comp- 

• tiit oooil>attre cet amiral banc à banc ; mais M. de Cbas- 

• tdoger continua de le serrer vivement, et tout Tavant de 
i m nûsseao, jusqu'au grand mât, resta toujours entre 

• Vmatmà et moi« en sorte que je ne pus employer que la 
« moitié de mes canons contre lui, tandis que Y Intrépide 
m m CPOvraU l'autre partie et se servait sans relâcbe de 
i ioQi les siens. 

€ U ne m'est pas possible de pousser plus loin le détail 
$ d0 œtte affaire. Depuis longtemps tout étiût mêlé» et la 
nuit qui survint me déroba la connaissance du parti que 
cbacoo prit* Quant à moi, j'étais toujours résolu à sortir 
par les Cardinaujc et à me mettre en dehors de Belle-Isle ; 
IMb je fus abordé successivement à b&bord par on de 
DOS vaisseaux, et à tribord par un autre : ce dernier ne 
nie fit pas de mal, mais le premier me désempara entiè- 
irenent de Tavant: et comme d'un côté j'avais beaucoup 
4 craindre des suites du choc que j'avais reçu» comme 
de Tautre tous ces accidents m'avaient fait tomber sous 
le vent du Faur^ et qu'il ne m'était plus possible de sortir 
de la baie, je pris le parti de venir chercher un mouillage 
dans la baie du Croisic (1). J'y ai passé la nuit du 20 
au Si dans l'incertitude du parti que je pourrais prendre 
le lendemain ; mais j'employai toute cette nuit à me dis- 
pooer aux événements, quels qu'ils pussent être, 
c Le 21» au point du jour, je vis 32 vaisseaux ennemis 
mouillés au vent à moi, un vaisseau que je ne pus recon- 
naître échoué sur le jpour, et un seul vaisseau français 
mouillé sous le vent, que je reconnus peu après être le 
Bifoê. Je ne pouvais songer, dans une pareille position, 
qu'à empêcher que le vaisseau du Roi que je montais 
tombit entre les mains des ennemis. Je vis d'ailleurs des 
mouvements dans Tarmée anglaise qui m'annonçaient 



(I) U TÊéê éi Crtétk» à rtilr^« 4i rk«Ml rimé éê U Uir«. Hk 4t«ial« et 
%k BinM i« u bai* ë« OttiUroo. 




3« HATAILLES. — 1759. 

« qu'elle allait appareiller. Je ne pouvais pas douter de ses 
tt de<':>eiiis par la facilité qu'elle avait de les exécuter. Je 
tt coupai uioo cdble et je fis route pour me rendre le plus 
« près possible du petit port du Croisic, devant lequel je 
• ufecfaouai. Le Héros avait pris le même parti peu de 
4 temps avant moi. 

4 II ne m*est pas (possible, monsieur, de vous détailler ce 
a qui couoerue chaque vaisseau; il y en a plusieurs dont 
«& j'ij^uore le sort. Voici ce que j'ai appris des autres : 

«4 Le GloriftLr^ le Robuste^ Y Inflexible^ le Dragon^ le 
« ^phinjc^ XEttilU et le Brillant sont entrés dans la Vi- 
« laïue ,1\ et MM. de Labrosse et de Laprévalaye ont 
a eu beaucoup de peine et ont couru beaucoup de risques 
H ;ivatii d*y parvenir. Les frégates YAigretie^ la Calflp$o^ 
« la Veslalif et le Prince Noir y sont aussi. 

u Le TonHani^ YOrient, Y Intrépide^ \e Magnifique^ le 
u Morihamberlandy le Dauphin royal, le Superbe et le Bi- 
«I ^arre ont vraisemblablement pris le large, et je suis per- 
u suadê qu'ils sont tous à Rocbefort. 

«K 11 paraît presque certain que le Thésée s'est rempli 
^ li'eau par les sabords de dessous le vent de la première 
. b^itterie. On m'avait rapporté que le même malheur était 
u arri\o au yorthumberland^ mais il y a aujourd'hui des 
^. itouios sur cela; on pense que c'est un vaisseau ennemi 
u que Ton a pris pour lui. C'est ce qui me détermine à le 
. iiteiitc dans le nombre de ceux qui ont pris le large. 

.. ^>ucl afl'ivux spectacle, mon^sieur, que celui du Thésée 
, abiuio dans uu clin d'œil I Quelle perte que M. de Ker- 
.. <HUhii|ut commandait ce vaisseau et qui, pendant toute sa 
» \ic, ^\'iit ili^tin^ué par des services continuels, par les 
« u'iiou.i Ic^ plus l)iillantes et par un grand nombre de 

^;u-ouic.<i lu>uoral>Ics! 11 ne paraît pas possible qu'il se 



1^ viki^M 14 iikiU«j d« U hàiê de Quiberon à V ^ÉÊf^^^ 







BATAILLES.— 1759. 393 

aoii saové un seul officier ni un seul homme de l'équipage 
de ce vaisseau. 

« J*ai appris depuis que je suis ici que le Juste s'est 
perdu à l'entrée de la rivière de Nantes, et qu'il ne s'est 
sauvé qu'environ cent cinquante hommes. MM. de Saint- 
Allouam, frères, ont été tués dans le combat Tous deux 
capitaines de vaisseau, ils étaient sur le Juste; l'un 
commandait ce vaisseau, l'autre en était second. C'é- 
taient d'excellents officiers qui, dans plusieurs occasions, 
ont donné des preuves des talents les plus distingués, du 
zèle le plus ardent et de la plus grande valeur. 
« J'ai appris également que le Formidable^ commandé 
par le chef d'escadre Duverger, a été pris par l'ennemi, 
qui a donné à cet officier général le témoignage le plus 
glorieux de l'estime qui est due à la vigoureuse résistance 
qu'il a faite. J'ai moi-même été témoin d'une partie de 
son combat; il était environné d'ennemis sans que son 
feu ait été ralenti un seul instant. 11 a lui-même, une fois, 
dégagé le Héros et, à la fin, a été obligé de céder à des 
forces aussi supérieures. Il vous rendra compte de son 
combat et vous intéressera à un sort qu'il a su rendre 
aussi brillant qu'il est malheureux. 
« Le Héros^ qui s'est échoué ici en même temps que moi, 
a soutenu le combat le plus glorieux contre S vaisseaux 
ennemis. Une fois il a été dégagé par le Formidable. Cela 
n'a point empêché qu'il ait été abordé par un vaisseau 
anglais de <(0*. H. le comte de Sausay, quoique déjà plus 
de 200 hommes de son équipage fussent tués ou hors de 
combat, quoique le corps de son vaisseau, sa miture, 
ses voiles et ses manœuvres fussent criblés de coups de 
canon, força l'ennemi à l'abandonner. Il aurait à la fia 
succombé, et il était obligé de se rendre si quelques uns 
de D06 vaisseaux n'étaient survenus, ce qui obligea les 
4«gUia (le se retirer. Il profita ensuite de la nuit pour 
WBir ici; elle l'empêcha de reconnaître ceux auxquels il 
f itviit cette obligation, et il n'a pu me les nommer. M. de 





M4 BATAILLES. -** 1759. 

Sansay est au-dessus de tout œ que je pourrais vous diie 
de lui ; il est à la tète des capitsdnes, et pononue w 
remplirait mieux que lui les premiers emplois» 
(1 Je ne saurais vous exprimer, monsieuTt tout os qoe je 
dois à la valeur, au zèle et à rintelligoDoe des olBèwis 
qui servaient sur le Soleil Hoyal que je moBtoûs» Le ekoix 
que j'en ai fait vous prouvait déjà toute mon eetioMpoor 
eux. Je n'ai de regrets que de n'avoir pu les employer 
plus longtemps et plus utilement IL de Ghéiac, qui les 
commandait, vous est déjà connu et a mérité votre eoo» 
fiance par la manière dont il remplit Templcd important 
dont il est chargé à Brest. Les places les plus bonmMes 
ne sauraient être confiées à quelqu'un qui mAt plos ea- 
pable que lui de les occuper, et personne aussi n'ett en 
état de commander les plus gros vûsseauz du roi et de 
les faire servir plus utilement et plus glorieusement, lors- 
qu'une égalité de forces rendra la chose possible. 
« Je ne dois pas oublier de faire valoir près de vou la 
sagesse et l'habileté avec lesquelles M. le chevalier de 
llontaiet a exécuté l'ordre de brûler le Soled jRoyolf Ion- 
qu'il a été reconnu qu'il n'étût pas possible d'empèeber 
l'ennemi d'y réussir lui-mime dans peu de momeata. Il 
l'a prévenu d'un quart d'heure, et a rempU «et objet arec 
la promptitude et la prudence inséparables de loat ce 
qu'il fait Après que le feu fut mis au SoM Aof«it «ne 
frégate anglaise s'approcha pour protéger deux ohilMpee 
et deux canote destinés à couler le Hiro$ qui était plos 
en dedans; ils y parvinrent à la faveur de la fumée 
qu'occasionnait l'incendie du Soleil itoyol. M« le eiMBte 
de Sausay se disposait alors à l'envoyer brûler, et D*avait 
retardé que dans l'appréhension où l'on était que lee 
poudres des dsux vaisseaux agissant à la fois, M fis s en t 
quelques explosions dommageables à la ville. Hearewe- 
ment il était plein d'eau et il n'y avut personne ) cela est 

tt audacieux et n'a fait d'autre effet que celui qu'on se pro- 

« posait de faire avec plus de prudence. 




BATAILLES. ^ 1769. iW 

• H ftm» nonsieiir, avec tonte la vérité que rien ne 
■Tifclige à tous âiflaiiniiler, que tous les officiers gêné* 
rtUt tous les officiers, tous les subalternes, Je dis plus» 
les équipages employés dans cette armée, auraient 
Pi aussi utilement que glorieusement , s'ils avaient pu 
leur force et leur valeur contre un ennemi qui au- 
rait est une supériorité moins décidée et si l'espace eût été 
pRqK>rtionné au nombre des vaisseaux qui ont coml>attu« 
e ^ M saurais trop exalter la contenance ferme de M. le 
oasste de Boisgelin, des officiers et des soldats de son 
fégiBieot, ni trop vous témoigner la satisfaction que J'ai 
rtsefiitie en voyant leur sagesse, leur bonne volonté et 
lew contenance dans les adversités que nous avons épron- 



e IL Dulac, commandant les gardes-côtes embarqués 
snr k Soleil Royale a également su, par son exemple ec 
par sa valeur, inspirer à ses miliciens les sentiments et 
ràoie des vieilles troupes les mieux disciplinées (1). » 



(Il Os vsil4ati tê nçfoti It ^rtmière impreifion qM rttMnlit !• ■êféchd 
éê CmÊÊÊê après cette déMetreo^e affaire à laquelle on te peut néme paa 
iMsar li M« de bataille. Pour lui. les choses ont soit i lear martbe sataretle 
il S s*s fti SMft d'éleges |>e«r mi teii^HMrdree. 11 parle di eembal de m% 
amèe cettre reaoemi et coatre les éléneitii, avec U tatisUctioa d'oo beause 
fsl M iMpfMiBe Même pas conibieB est graade la refpoaiabilité de celai qtl 
caaHSsdt fC fii se €r«H à l'abri de IMU reprocèt, paiet qill eetuM avair (ail its 
dttair a« pittijtvceqae llMaaear— rboftae«reomMq«elquef*Biis l'eBtaftdaieal 
slaft ^ M eesttMuidalt de (aire. Malt les lltieioaf da eooimaadaat ei ebet le 
r«8iéS wesit da I*0e4aa (weal de cearte daréa.LonqM la craade taiida l« 
saliaB eiS parié et qae le cri de dé^approbalioa de la Fraace eatière eat (rappd 
Ma srtfftoy leaarifbal de Conflansoutrit lf« rfui et. déclinant la re^poaiabilHè 
4i«l U ■'Btatt d^ord semblé (aire aurao cas, 11 cbiagea de laaf a|te. Il éartril 
SM eae ainau aataient pas été eiecaie«; que rarrière-farde a'ifait psi 
mté éê taUee poar le saitre; enfin, qe'il était été abaadonaé par la plapait 
Sie nâaiiMi lenqa'il avait viré de bord poor aller seeevrir ctlla arriéft-cÀ'ds 
CMipée par les Anitlais. On peut. »ao« tfipoi^r à n'être pas dans It vnu, dire 
fM €• secead rapport est au«»i eia|:ere que 1 était le preaiier. t>rtef , loin de 
■ai U paaaé t de mettre entièrement sur le compte da ciHamaadant en cbe( la 
rétallAt de cette désastreuse jeumée ; non, la responsabilité d'ane boaae partie 
Ste (aHi iMMibe aai eepiteiaes. Mais. ? a-t-il une eicoee à allèfBer en lavew 
#M aaaaMdaal aa eèaf qui coadait «ae batailla coaHM le il et comme la r»» 
aaaia ■. da CMtaBs! q«i q«ilte le ebamp do baUille aaae dirt à eee Maaiats» 
ce qa'ile doteent ea ce qu'ils p^at eel faire : en favear du conmiandant ea cbaf 




3t4 BATAILLES. •*• 1760. 

Sauaay est aa-dessusde tout ce que je penmisfoiit diie 
de lui ; il est à la tète des capitaines, et penoiiM oe 
remplirait mieux que lui les premiers emplois* 
« Je ne saurais vous exprimer, monsieur, tout oe qve je 
dois à la valeur, au zèle et à TintelUgenoe des oflkieit 
qui servaient sur le Soleil Royal que je montais. Lo elK>îx 
que j'en ai fait vous prouvait déjà tonte mon astimepwir 
eux. Je n'ai de regrets que de n'avoir pu hé empkijer 
plus longtemps et plus utilement IL de Ghésac, qui les 
commandait, vous est déjà connu et a màrité votro ooo» 
fiance par la manière dont il remplit remjdd important 
dont il est chargé à Brest. Les places les plus honorables 
ne sauraient être confiées à quelqu'un qui soil ]diis ca- 
pable que lui de les occuper, et personne aussi B*est en 
état de commander les plus gros vaisseaux da roi et de 
les faire servir plus utilement et plus glorieusementt lor^ 
qu'une égalité de forces rendra la chose possible. 
« Je ne dois pas oublier de faire valoir près de vou la 
sagesse et l'habileté avec lesquelles M. le chevalior de 
llontaset a exécuté Tordre de brûler le SoleU jReyoly lora- 
qu'il a été reconnu qu'il n'étdt pas possible d'empèoher 
l'ennemi d'y réussir lui-même dans peu de nomeali» D 
l'a prévenu d'un quart d'heure, et a rempli «et objet aitec 
la promptitude et la prudence inséparables de toal ce 
qu'il fait. Après que le feu fut mis an SoMBêfÊi^ «ne 
frégate anglaise s'approcha pour protégw deux obaleapee 
et deux canote destinés à couler le Hiro$ qui était pios 
en dedans; ils y parvinrent à la faveur de la fuinée 
qu'occasionnût l'incendie do Soleil Royal. H. le conte 
de Sausay se disposait alors à l'envoyer brûler, et n'avait 
retardé que dans l'appréhension où l'on étiit que les 
poudres des deux vaisseaux agissant à la fois, ne fissent 
quelques explosions dommageables à la ville. Henreos^ 
ment il était plein d'eau et il n'y avait personne ^ cela est 
audacieux et n'a fait d'autre effet que celui qu'on se pro- 
posait de faire avec plus de prudence. 




BATAILLES.*^ 1769. %H 

i H teii# nonneor, avec tonte la mérité que rien ne 
a ■Tifclige à rems diaaiiimler, que tous les ofllders géaé^ 

• rm» tous lea officiera, tous les subal ternes, Je dis plus» 
a IMS laa équipages employés dans cette armée, auraient 
a isrfi aussi utilement que glorieusement , s41s araient pu 
s aeeurer leur force et leur valeur contre un ennemi qui au- 
s raiteaune supériorité moins décidée et si l'espace eût été 
« proportionné au nombre des vaisseaux qui ont combattu* 

e Jf M sauras trop exalter la contenance ferme de M. le 
s oosste de Boisgelin, des officiers et des soldats de son 
s lifineot, ni tarop vous témoigner la satisfaction que f ai 
s itseentie en voyant leur sagesse, leur bonne volonté el 
c Inr contenance dans les adversités que nous avons éprou- 
sféea. 

s Mê Dulac, commandant les gardes-côtes embarqués 

• sur le SoUil Royale a également su, par son exemple ec 
« par sa valeur, inspirer à ses miliciens les sentiments eC 
« Yànê des vieilles troupes les mieux disciplinées (1). » 



(tl Ils ttil éam tê nçfori la prtmière iapruaion ^— rMMiiCit 1« BârichAl 
éê CmÊàÊê aprèfl cette dèsMtreose affaire à laquelle on ae peat nème paa 
êanar H ttn Û9 tetâille. Pour lui, les choses ool soifl leor marcba Batiretle 
•I s's fit Sim ë*èlexes poar ms toof-ordrea. Il parie da e^mkêl de aat 
anaèt castre raaoami et coatre les éléneat», atec U latisfactioo d'ao bomne 
fé m aMpçMme ■ême pas combien est fçraade la respoosabilité de eehi qtl 
ciaaMét fi firi se craH à l'abri de to«t reprocba, paret qi'il eatûM af«ir (an its 
Sentir as platée, ce ^ae llMatear — rbooaeor cosom «faelquee-ans l'eataadaieal 
slaft — lai caanaaaéalt de (aire. Hais lea lllafloat da eenmaadaat ta cbef Sa 
rsnis asaala 4a l'OeAaa (areat de cearte daréa.Lanqae U iraade fttiia la 
aalias a«l parlé et qae le cri de dè^approbalioa de la Fraace eatière eut (rappd 
«a artffla, leaariebal de Conflansoutrit le< tfoi et. déclinant la re»poaftabitHé 
éaal U s'avait d abard semblé (aira aurau cas, il cbiafea de laaga|te. Il éartfil 
eaa aae ainaai o'afaieot pas été eierutèn; que l'arrière-iarde o'ifait pas 
larcé Sa Twlei poar le saine; enfla, qu'il atalt été abandonné par la plapait 
Sae aaiwiiai lafiqa'il avait viré de bord poar aller secaarir catta arriért-cif^a 
caapéa par lea Anglais. On peut, Mn« tVipo^er à n'être pas daas le vrai, dire 
fÊê ca sacaad rapport est auwi et4|:rre que l>tait le premier. Certe*. loin de 
■al U paaaé e de mettre entièrement »ur le compte du comaundant en che( le 
rètaltal de cette désastreuse journée ; non, U responsabilité d'une boaae partie 
Sae laili iaca«be aai capitaines. Hais, y a t-il uae eieate à alléfraer ea (kvear 
4^m aa«a«i4aat aa ebaf qui coadait aae baUille c a a u ae le SI et i sawis la ra> 
aaaia H. Sa CaaSaas ! qai qaitte le cbaap de bataille aaae dira à eae liea i aaaa i i 
ce qa'ila daiveat ou ro qn'iU peuvent faire : en faveur du commandant ea cbaf 




396 BATAILLES. — 1759. 

Toute réflexion sur ce rapport me partit inutile; il ne 
peut y avoir qu'une appréciation sur la conduite et le hn- 
gage du vice-amiral de Conflans. Je me bornerai à com- 
pléter la relation du conunandant en chef que l'absence de 
documents, ainsi qu'il le dit lui-même, ne lui permit pis 
de faire aussi détaillée qu'il l'eût désiré. J'aurai recours, 
pour cela, aux rapports de quelques-uns des ca^taines de 
l'armée navale et aux historiens anglais. 

Le 20, il ventait grand frais et la mer était grosse. 
kl vaisseaux et 10 frégates et corvettes allaient se trouver 
engagés d'abord, dans l'espace long de 5 milles et large de 
6 1/2 compris entre la presqu'île de Quiberon et la pointe 
du département du Morbihan sur laquelle s'élève le cou- 
vent de Saint-Gildas, espace qui constitue la partie de la 
baie de Quiberon accessible aux vaisseaux; et ensuite, 
dans renfoncement formé par l'intersection des côtes des 
départements du Morbihan et de la Loire-Inférimiret en- 
foncement que le vice-amiral de Conflans semble avrâr con- 
sidéré comme le prolongement de la baie de Quiberon. 
Mais, cette baie de Quiberon, réduite aux dimennons que 
je viens de donner, par le peu de profondeur des eaux à 
l'approche de la terre, diminution de fond que la sonde seule 
peut indiquer, cette baie de Quiberon et celle qui ia touche 
contiennent des bancs et des hauts-fonds qui sont autant 
d'écueils pour les navires qui naviguent dans ces parages. 
Les abords de ces deux baies sont d'ailleurs si diflteilest 
que c'est à peine si, dans des circonstances favorables, l'une 
ou l'autre des deux armées eût osé s'y engager. Les lies 
Houat et Hoadic, les autres petites lies et les rochers qui 
s'y rattachent et que Ton a compris sous la dénomination 
de Cardinaux forment, en dedans de Belle-Ue, une cein- 



qui jelle M»n \tti^^eau à l.i rAi^ et le livre aux flammes dans la prévisMNi 4*om 
attaque qu'il n'eût peut-être pa* été impowible de npouatr; •! qii s'a pat 
attendu, pour prendre une pareille détermination, à y éln foroi par lai ciicM- 
âlanceti! 




BATAILLES.— 4759. 397 

lare de récifs que le navigateur regarde rarement sans 
effroi^ el qu'il ne franchit jamais sans émotions. C'était au 
nûliea de ces innombrables récifs que 57 bâtiments de 
graades dimensions allaient se trouver péle-méle, car il 
D'4Uit pas possible d'y faire des manœuvres d'ensemble. 
Chaque vaisseau allait avoir à choisir son adversaire et à 
le combattre avec le désespoir de la situation. La mort 
8*offraitt en effet, de tous côtés, dans les formidables bat- 
teries de l'ennemi comme sur les brisants. Et certes, le 
comnMUidant en chef de Tarmée française pouvait, selon 
iDutee probabilités, supposer que Tamiral anglais s'arrête- 
rait, à la vue de ces nombreux dangers, à la pensée de la 
responsabilité immense qu'il assumerait en acceptant, on 
peut presque dire, en choisissant un pareil champ de ba- 
taille. Mais non ! rien n'arrêta Tintrépide amiral! et la tac- 
tique qu'il avait toujours suivie le servit admirablement 
dans cette circonstance. Ses vaisseaux, éloignés les uns des 
autres par une chasse prolongée, ne se génèrent pas dans 
l'attaque, et ils purent combattre facilement un ennemi qui 
ne songeait qu'à fuir. A 2^ 30*, le Warspitc et le Dorsbt- 
sHiac commencèrent à canonner les derniers vaisseaux fran- 
çais, et bientôt après, le Revenge, le MAGriA?fiifE, le Torbat, 
le MoifTAGU, le Resolution, le SwirTstsE et le Défi ange 
engagèrent le combat. Vers à^ 30"*, percé de toutes parts et 
n'ayant plus qu'une soixantaine d'hommes en état de com- 
Iiattre, le Formidable amena son pavillon ; il fut amariné. 
I^ Tkéêée fut attaqué par le Magnanime; mais le vaisseau 
anglais fut désemparé par un autre vaisseau de sa nation 
qui tomba sur lui et l'obligea à se retirer : le Torbay prit 
:ia place. Pressé avec vigueur, le capitaine de Kersaint or- 
donna d'ouvrir les sabords de la batterie basse que l'état 
de la mer avait forcé de tenir lennés jusque-lJu L'eau 
entra alors à pleins sabords dans le vaisseau, et le Thésée 
fut englouti avec son équipage : vingt hommes seulement 
furent sauvés. 
Dès que le Magnaniiib se fut dégagé, il se dirigea sur le 




S«8 BATAILLES.-* 1759. 

Eiros qui était boub le vent^ déjà dégtéé. Plaoi à IV 
garde» le capitaine de Sausay arail tout d'iimd Wné 
arriver pour n'être pas pria entre deoi Ibqz« car iei Jjh 
glais mancBuvraient pour passert les ans an ?eiitt lee 
sous le vent de Tarmée française. D fut inalkei 
seul à faire cette manœuvre qui l'isola. Entouré «I onwhitfta 
par plusieurs vaisseaux ennemist il amena son pofUkMi et 
laissa de suite tomber une ancre. La difficulté dee cooim- 
nications empêcha les Anglais de faire amariner to Aim ; 
la mâture de ce vaisseau» presque entièrement abiltMi les 
laissait d'ailleurs sans inquiétudes enr les mouteiMQts qu'il 
pourrait faire. Ils se trompaient. Dès que la nuH flit Usn 
close, le capitaine de Sausay ordonna de oouper la dUe et 
se dirigea sur la rade du Croisic, où il jeta ion vaiiMMi à 
la côte. L'équipage entier fut sauvé. 

Après avoir beaucoup souffert dans la batailla, le iuM 
toucha sur le plateau de Fen, à 6 milles de Saial-Naiaiiu, 
et coula à l'entrée de la Loire» dans laquelle le Ueutnant 
DuchAtel voulait le faire entrer. Le capitaine de SaiawAl- 
louarn avait été tué ainsi que son frère^ qui était aeooBd do 
vaisseau* 

Le SolfU Aoyei, dont j'ai déjà indiqué les maMMVfUSt 
mouilla sur la rade du GrcMsic pendant la nuit du SO» et 
le lendemain le vice^miral de Gonflans ordonna du Jeisr 
à la côte le vaisseau qui portait son pavillon, bieu quH 
n'eût aucuoement souffert pendant la bataille et qu*U 
ne fût alors menacé par aucun bâtiment ennemi. D pfus- 
crivit ensuite l'évacuation du vaisseau et, lorsque Téquipags 
fut à terre, opération qui ne put être terminée daûs la 
journée et qui ne fut pas contrariée par les Anglais, Il fit 
mettre le feu au SoUU RogaL 

A 5' 30", le T0nnanU Y Intrépide, le ifofut/lfue, le ITsT^ 
thumberland, le Dauphin Jtoyal, le SoUiéirê el le âiêÊM 
n'apercevant aucuns signaui firent route pour BoebelMt et 
mouillèrent sur la rade de l'Ile d' Aix sans avoir élé 
suivist 




BAT41LL£S. — 1759. 399 

Sift mtiM Taiateaux» le Ghrimmf VlnfUsMe^ le Ao* 
, la DmgfOM, YÊvHlU, le Brillani, le SpMiut, les M- 
gales at les corvettes se retirèrent dans la baie des Priiru, 
aaaa avoir* pour ainsi dire, reçu un seul coup de canooi et 
la landamain ils entrèrent en deux marées dans la Vilaine. 
OiM lia rapport portant la date du 21 novembroi le capi- 
taîiie ViUars de Labrosse, auquel son ancienneté donnait le 
coamandeinent de cette division , explique les motifs qui 
le déitrminèrent à entrer dans cette rivière. « Vers 2^, dit 
est Officier supérieur, le combat s'engagea à rarriène- 
garde et s'étendit jusqu'à H. de Guébriant et moi qui 
éliens au centre de la ligne, mais faiblement de notre 
partf les ennemis ayant plusieurs vaisseaux sous le vent 
auxquels nous ne pouvions répondre à cause de la force 
do vent qui mettait notre batterie basse bors d'état d'a- 
gir» Lor8f]ue M. le maréchal vira de bord, vers S^SO*, je 
recommençai le combat et manmuvrai pour m'aller pla** 
œr au devant de lui dans la nouvelle route qu'il faisait ; 
celle que nous avions suivie jusqu'alors nous avait en- 
foncés dans la baie de Quiberon. Le gros des vaisiseaux 
qui n'eut plus lieu de s'étendre en se formant par la 
eoDtra^marche, se trouva en paquet. Je me vis» malgré 
mm, au milieu d eux t et la nécessité de manœuvrer pour 
éviter les abordages et tes roches qui nous environnaient, 
nous conduisit jusqu'à l'embouchure de la rivière la Vi« 
laine. M'y trouvant par sept brasses d'eau, j'y mouillai, 
ainsi que les autres vaisseaux qui ont été obligés, comme 
moi, de faire la même route. Dès que je fus mouillé. Je 
m'occupai de reconnaître ce que je pourrais faire de 
sieox pour sauver le vaisseau du roi. Notre position ne 
nous offrait aucun espoir consolant. J'envoyai sootler 
dans l'enfoncement de la côte. Après les connaissances 
que Je pris et l'avis des capitaines mouillés près de mot 
et de mes principaux officiers, je me déterminai à donner 
à la pleine mer dans la Vilaine. Nous sommes parvenus 
à éakouer le vaisseau à l'entrée de la rivière et, à la ma- 




400 BATAILLES.- 1759. 

« rée de ce soir, je compte rentrer tout à fait. Au joar, 
(( j'ai eu lieu de m* applaudir du parti que j*ai pris; j'aû 
<( vu les ennemis mouillés à l'entrée de Quiberon... » 

Voici ce que, de son côté, le chef d'escadre de Beaufre- 
inont écrivait de la rade de l'île d'Aix : « A 2^ 1/2, TactioD 
(f se trouva engagée par l'arriëre-garde ; les Anglais tom- 
« bèrent vigoureusement sur les nôtres, que nous vîmes 
(( se défendre valeureusement. Bientôt après, les ennemis 
(( ayant gagné la tète de l'armée, le combat devint général. 
(( J'eus affaire à l'amiral, de 100*, que j'aurab chauffé bien 
« plus vivement si le vent m'avait permis de me servir de 
(( ma première batterie, dont je ne pus tirer que quelques 
« coups de canon. Après trois heures de combat, la nuit 
< venue, les ennemis se rallièrent et l'affaire cessa. Sur la 
(( fm du combat, je fus abordé par l'un des nôtres, de 6i', 
(( désemparé, dont je me tirai sans accident Un instant 
« après, le Soleil Royal vint m'aborder avec toute son erre; 
(( sans doute il avait quelque manœuvre cassée qui ne lui 
(( permettait pas de tenir le vent. Je crus que nous allions 
c( nous fracasser tous deux sans ressources; j'avais moins 
<( d'erre que lui, ce qui le rendait plus prompt à m'aborder 
tf que moi à l'éviter. Heureusement que ce vaisseau ne fit 
(I que casser sa civadière dans mes grands haubans et ne 
« me rompit que quelques morceaux de sculpture de ma 
o poupe. La nuit venue et le combat ayant cessé, je perdis 
(( le Soleil Royal de vue. Je l'avais vu porter, à l'entrée de 
« la nuit, dans un enfoncement de la terre. Ma première 
« idée fut de suivre sa piste, quoique je ne le visse plus. 
K J'avais déjà ordonné, en conséquence, de virer. Mon pilote 
tt côtiermereprésentadlorsquejen'avaispasunedemi-heure 
(( à courir si je m'opiniâtrais à faire route sur la terre, et 
(( que je perdrais certainement mon vaisseau^ qu'il y avait 
u des roches très dangereuses en cet endroit. Sur cetaver- 
« ti it, je jugeai que M. de Conflans, auquel ses pi- 

% l'auraient pas manqué de dire la même ciiose, pren- 

le parti de venir au vent pour doubler la terre et 





BATAILLES. - 1759. 40f 

« gigner le large. C'est le parti que je pris et le seul qu'il 

• y eut à prendre dans la position gênante où nous étions 
■ sous la terre. Les vaisseaux que j'ai trouvés ici ont pris 

• le même parti, et je suis surpris de n'y avoir pas ren« 
c contré \e Soleil- Royal » 

Presque tous les vaisseaux anglais mouillèrent à la nuit. 
Deux d'entre eux, le Resolution et I'Éssex, se jetèrent sur 
le plateau du Four et s'y perdirent. 

On a prétendu que, sans la jalousie du chef d'escadre 
Beaufremont, qui ne tint aucun compte des signaux du 
commandant en chef, la bataille n'eût pas été perdue; que, 
n'ayant pas viré assez tôt, ce chef d'escadre fit rompre la 
ligne, parce que l'amiral anglais, s étant apeiçu de cette 
mauvaise manœuvre, en avait profité pour passer au vent. 
Le capitaine de Guëbriant assura qu'il avait demandé, au 
porte-voix, au chef d'escadre de Beaulremont, s il ne voyait 
pas les signaux et que, levant le bras, celui-ci avait ré- 
pondu : Notu On en avait conclu qu'il ne voulait pas les 
voir (1). Quelle que soit la valeur qu'on accorde à ces as- 
sertions, on ne peut s'empêcher de reniarquer qu'elles con- 
cordent assez bien avec les plaintes que le commandant en 
chef formula, plus tard, sur Tinexécution de signaux qui. 
n'étaient peut-être pas exécutables, mais qui n'en avaient 
pas moins été faits. 

Voici, comme complément, la lettre que M. le maréchal 
de Conflans écrivit au duc «rAiguillon : 

« Au CroiMc, le il Dotfmbre 1759. 

€ J'ai eu l'honneur, monsieur le duc, de vous mander 
u mon départ de Brest le lA. Le vent ne m'ayant pas per- 

• mis de passer le raz le même j;>ur. et étant ensuite 

• devenu contraire, j'ai été obligé de me répandre jusqu'à 



I Dépôt dtt cartti et ftiant du mintît^^ de ht mnrtn^ 

I. w 




402 BATAILLES. —4759. 

K t^O lieues dans l'Ouest de Belle-lsle, par d'assez grosses 
a mers et de gros vents. S'étant ensuite tourné favorable, 
« je me suis rapproché dans le Sud de Belle-Isle, où j'ai ren- 
« contré 5 vaisseaux que j'ai chassés, et qui venaient sans 
« doute du Morbihan. Mais, découvrant 26 voiles au vent, 
c< qui étaient l'escadre ennemie, j'ai cru n'avoir rien de 
u mieux à faire que de passer par les Cardinaux, où l'en- 
« nemi m'a suivi. J'étais alors à la tète de la ligne. Us ont 
« commencé par en attaquer la queue et sont ensuite venus 
« au centre, en combattant 3 ou A contre chacun de nos 
< vaisseaux, qui se sont défendus avec la plus grande va- 
a leur. Dans ce même temps, j'ai reviré de bord et suis allé 
« me mettre au milieu du grand feu et à ma place. Mais 
tt comme les vaisseaux ennemis et les nôtres s'entremè- 
n laient et couraient même différents bords, j'ai été abordé 
« trois fois par nos vaisseaux, dont une légèrement, ce qui 
u me mit, le soir, dans le cas de mouiller dans l'anse du 
u Croisic où j'ai trouvé, ce matin, M. le comte de Sausay 
(( qui y était venu échouer comme moi. Le reste de nos 
u vaisseaux avait gagné le large pour s'y réfugier ou rac- 
u commoder. Les ennemis étaieni au nombre de 37, dont 
u plusieurs à trois pouls. J'ignore s'ils en ont pris, mats 
u ou m'a assuré que nous en avions 2 coulés à fond : 
u le Ilêros et le Soleil-Royal sont des vaisseaux perdus. On 
fait de son mieux |)our sauver les équipages. J'ai fait ce 
u matin, à mon âge, un prodige de force en me débarquant 
u le long de Tétrave. Si l'on peut sauver les hommes, je 
u me contrôlerai de la perte considérable que je fais. Les 
(( ennemis y oui aussi perdu quelques vaisseaux démâtés 
4 ou échoués à la côte. La nuit étant survenue après les 
u deux abordages que j'avais essuyés, j'ai été obligé de 
t mouiller. Cependant j'aurais appareillé dans la nuit si 
u des pilotes pratiques ne m'avaient assuré que je ne 8au« 
M rais doubler le four, ce qui s'est conlirmé. Au jour, j'étais 
u entouré par Tannée ennemie, à une lieue. J'ai cru qu'il 
tt valait mieux perdre le vaisseau à la côte que de leur 




BATAILLES— 4759. 403 

c laisser entre les mains J'ignore totalement le résullat de 
« ce combat, qui a été très-vif, jusqu'à ce que je sache 
c des nouvelles de ce que sont devenus nos vaisseaux. 
« Voilà une perte qui doit anéantir le projet de la flotte 
c du Morbihan ; mais rinég<alité des forces en est la cause, 
« et je crois, sur cela, avoir sauvé mon honneur et exécuté 
« ce que la cour désirait, avec la prudence convenable. 
« Mais il ne faut pas se mettre dans Tesprit de faire quelque 
c chose d'avantageux avec une infériorité aussi marquée, 
c Cela devrait bien corriger des entreprises qu'on n*a pas 
« assez combinées. Je reste, monsieur, la victime de mes 
« sentiments. 

<i J'ai l'honneur, etc. » 

Le mépris populaire fut le seul châtiment du maréchal 
de Couflans. Sous le régime qui pesait alors sur la France, 
rimpunile était assurée à tout coupable aflilié, de près ou 
de loin, à l'entourage de la maîtresse régnante. Aux causes 
générales d'indiscipline et de corniptic.n qui avaient gagné 
l'armée «le mer se joignait, pour compléter la perte des 
aflaires maritimes, la rivalité des ofliciers nobles sortis des 
gardes de la marine et des ofliciers de port ou ofji'iers Mtus^ 
ainsi qu'on les appelait alors, (*t qui n'étaient pas astreints 
à faire preuve dr noblesse. Les premiers afl'ectaient la 
morgue la plus insultante à l'é^^ard <les autres et les contre- 
carraient en tout. Ia*. résultat \te cette dé>or(:anisation uni- 
verselle fut ranéanlissement de la marine et la |HM'te de 
presque toutes les colonies de la Fiance. i\v qui me reste 
à raconter de crtt^* triste page de notre histoire maritime 
montrera jusqu'à quel point l'esprit d'antagonisme était 
poussé : c'est le récit de ce qui se passa dans la Vilaine 
a^..ès l'entrée des vaisseaux et des frégates qui s'étaient 
réfugiés dans cette rivière. 

Ne voulant pas supporter les dépenses que l'armement 
des 7 vaisseaux entrés dans la Vilaine allait occasionner 
sans aucun profit, le mini^lle de la marine donna l'ordre 




404 BATAILLES.— 1759. 

au capitaine de vaisseau Villars de Labrosse de sortir im- 
médiatement de cette rivière. Quelques observations forent 
faites par cet officier supérieur sur les difficultés que pré- 
sentait une pareille opération. Le ministre insista en re- 
commandant de ne pas ajouter de folles dépenses à un très- 
grand mal (1). Réunis en conseil pour délibérer sur cet 
ordre, les capitaines des vaisseaux de la Vilaine déclarè- 
rent qu'ils se trouvaient attaqués par la dernière phrase de 
la dépêche du ministre, et ils demandèrent que leur con- 
duite fût examinée par un conseil de guerre, seul juge com- 
pétent pour juger des faits dénaturés par d'indécenies et 
fausses relations. Ils ajoutèrent n'avoir pas lu sans douleur 
le passage de la lettre du ministre qui semblait les rendre 
responsables de leur retraite ; car ils n'en avaient pas plus 
eu le choix que de celui du champ de bataille, n'ayant eu 
à opter, à la nuit close; qu'entre la perte certaine des vais- 
seaux et des équipages et cette unique relâche qui parais- 
sait leur être reprochée comme préméditée. Ils terminèrent 
en émettant l'opinion que la barre de la rivière empêche- 
rait les vaisseaux de sortir, tant que les Anglais seraient 
dans ces parages (2). Le ministre de la marine accepta cette 
justification et cette déclaration, et il ordonna le désarme- 
ment des vaisseaux et des frégates. 

A peu de temps de là, et avant l'exécution de l'ordre de 
désarmement, ï Inflexible fut jeté à la côte pendant un coup 
de vent et il ne fut pas possible de le relever. Cet événe- 
ment fit modifier la détermination qui avait été prise. Le 
commandant Villars de Labrosse reçut l'ordre d'autoriser 
la sortie des vaisseaux dont les capitaines voudraient ten- 
ter la fortune. Ce fut à l'instigation du roi que cette faculté 
fut laissée aux officiers commandants. Sa Majesté ne cessait 
de dire qu'elle ne comprenait pas que des vaisseaux qui 



(t Tous le:» rooU soulignés sont eitraits lextuellement de la dépêche da b»i 
nitlro et du procés-verbal du conseil. 
(i Dépôt des cartes et pians du ministère de la marine. 




BATAILLES.— 1759. 405 

avaient pu franchir la barre de la rivière tout armés et en- 
trer dans la rivière en présence de l'ennemi, ne pussent en 
sortir dans des circonstances parfaitement identiques. Dès 
que la nouvelle de cette autorisation se fut répandue, plu- 
sieurs officiers de la Compagnie des Indes s'offrirent pour 
sortir les vaisseaux . Une considération de bouton empêcha 
d'abord de donner suite à cette demande. On pensa qu'il 
était préférable de confier cette opération aux officiers de 
la marine royale. Le lieutenant de vaisseau de Ternay de- 
manda à l'accomplir. Cet officier proposa de désarmer de 
suite tous les vaisseaux et de les remonter assez haut dans 
la rivière pour que les croiseurs ennemis ne pussent les 
apercevoir. Lorsque, tranquillisés par ce désarmement, 
ceux*ci s'éloigneraient de la côte, l'intention du lieutenant 
de Ternay était de réarmer les vaisseaux deux à deux, et 
de profiter d'un temps de brume ou d'un vent favorable 
pour les faire sortir. Ces propositions furent accueillies 
avec faveur. Les vaisseaux et les frégates qui étaient dans 
la Vilaine furent désarmés et remontés dans la rivière, mais 
ils ne sortirent pas cette année. 

Quelques jours après la bataille que je viens d'esquisser, 
l'amiral Hawkc détacha le capitaine Ouvry pour travailler 
au sauvetage des canons des vaisseaux le Soleil-Royal et le 
Héros. Cet officier fit savoir que, ces canons étant la pro- 
priété de l'Angleterre, il canonnerait, bombarderait et li- 
vrerait aux flammes les villes et les villages qu'il pourrait 
approcher, si un seul boulet était envoyé aux bâtiments de 
S. M. Britannique pendant qu'ils travailleraient à les enle- 
ver. Les menaces du capitaine Ouvry n'effrayèrent pas plus 
le marquis de Broc, qui commandait sur cette partie de la 
côte, que les raisonnements de l'amiral anglais ne l'avaient 
convaincu. Il répondit que si quelque bâtiment anglais se 
rapprochait du rivage, il rinploierait tous le<« moyens en 
son pouvoir pour lui faire prendre le large. Le marquis de 
Broc tint sa parole. Les bâtiments ennemis n «lyant fait 
aucun cas de 5on avertissement, il fit tirer sur eux. Le 




406 BATAILLES.— 1759. 

capitaine Ouvry . il faut le dire à sa louange,' ne mit pas son 
arrogante menace à exécution. 

Cette circonstance donna lieu, toutefois, à une corres- 
pondance assez suivie entre le duc d'Aiguillon et Famiral 
Hawke. L'amiral anglais trouvait extraordinaire qu'on eût 
tire sur ceux de ses vaisseaux qui, d'après ses ordres, al- 
laient travailler au sauvelage de l'artillerie du Soleil-Royal 
et du Béros^ artillerie qui, d'après les lois anglaises, était 
la propriété des marins de son armée. Bien que différant 
d'opinion sur cette question avec l'amiral anglais, le duc 
d'Aiguillon consentit à faire suspendre les travaux de sau- 
vetage qu'il avait lui-même ordonnés, jusqu'à réception 
des instructions du gouvernement. 

D'un autre côté, la conduite du capitaine de Sausay, du 
Héros, souleva une questioù de droit qui montra combien 
les prétentions des Anglais étaient grandes. Leur amiral ne 
se borna pas, en effet, à réclamer les canons des vaisseaux 
français jetés volontairement à la côte et détruits par leurs 
propres équipages. Lorsqu'on fit l'échange des prisonniers, 
il voulut considérer comme tels les marins du Héros, et il 
les réclama n parce que, disait-il, ce vaisseau avait amené 
son pavillon pendant la bataille, et que, pour s'éloigner, il 
avait profité de la nuit et du mauvais temps, qui avaient 
empêché d'en envoyer prendre possession. 

Les demandes de ramlral Hawke, que le duc d'Aiguillon 
traita avec raison de plaisanteries, furent soumises à l'exa- 
men (l'un conseil composé d'officiers généraux de la marine 
et de capitaines de vaisseau. Ce conseil déclara à l'una- 
nimité les demandes de l'amiral anglais inadmissibles. 
Il émit l'opinion que les Aftglais ne pouvaient avoir aucun 
droit sur l'artillerie du Soleil- Royal qui avait été brûlé par 
les Français eux-mêmeSy sans que ce vaisseau eût amené $on 
pavillon. Il repoussa également leur demande en ce qui 
concernait l'artillerie du Héros, parce que, disait -il, louie 
épave appartient à la terre, et que, si cet axiome du draii 
maritime était vrai pour les neutres, il devrait F être à phu 



nvTMi.i r.s. -\i:v} i07 

forte raison pour des ennemù. Sur le second poiut, le con- 
mI fut d'avis que, alors même que (équipage du Héros eût 
Ht féU prisonnier^ ee qui n* était pas puisque ce t>aisseau 
n'oMtï pas été omartné, U était du droit des gens que toui 
prisonnier qui n^a pas engagé sa parole a le droit de s'éfoa- 
ier^ et que le capitaine de Sausay n'avait fait qu'user de 
ce droit (1). 

Les Anglais renoncèrent à leurs prétendus droits et, À la 
fin de Tannée, on travailla au sauvetage des canons des 
deu vaisseaux. 



L'arrivée de la division du chef d*escadre d'Aché à l'Ile 
de France, au mois (Koctobre de lann^'e 1758, avait autant 
contrarié le conseil général de cette Ile que son départ de 
la côte avait peiné le conseil général de Pondichéry. L'tle 
de France était à cette époque, dans le dénûment le plus 
complet : la division navale, augmentée des vaisseaux le 
Minotaure, YlUmtreei Y Actifs qui venaient d'arriver d'Eu- 
rope avec le chef d'escadre Froger de TÉguille, l'aflania 
bientôt assez pour que son départ fût immédiatement de- 
mandé au commandant eu chef. Les réparations furent 
poussées avec activité et, au mois de novembre, le capi- 
taine clievaliiT de Ruis put mettre à la voile avec plusieurs 
vaisseaux pour aller chercher des vivres au Cap de Bonne- 
Espérance. Ces vaisseaux rapportèrent à la colonie les <^f 
cours dont elle avait m\ si pressaut besoin : mais ces vivp 
furent promptement consommés, et les instances pour It» 
départ tie la division reconimencèrent. Li situation dt'<« 
vaisseaux n'était pa^ moins précaire que celle de la colo- 
nie ; aussi, à ces demandes, le commandant en chef objec- 
tait-il le manque absolu d'ap])rovisionnementset de vivres, 
loi situation était telle qu'il fallut, à peu de temps de li, 
confectionner des mancruvres courantes avec des câbles et 



'I \jt*^ pkt4^^ «oalit:«4ê« «oui pilraitr» l^tluHIrinriii i4« rjpport H* U 




408 BATAILLES. — 1759. 

tenir une partie des vaisseaux échoués, afin de pouvoir 
donner leur matériel aux autres. Enfin, la division pot 
mettre à la voile le 17 juillet 1769 ; elle toucha à l'Ile Bour- 
bon et à Foulpointe de Madagascar, et fit route ensuite 
pour la côte de Goromandel. Ayant appris en route que 
l'escadre anglaise était à Trinquemalé (1), le chef d'esca- 
dre d'Aché forma le projet d'aller l'y attaquer. 

Avant d'entreprendre ce nouveau voyage à la côte, le 
commandant en chef avait rendu compte au ministre de la 
marine de la triste situation des vaisseaux qu'il comman- 
dait. Il ne partait, écrivait-il, que pour ne pas laisser les 
équipages mourir de faim. Il ajoutait qu'il ne falhut rien 
attendre d'important d'une escadre pareille, si des secours 
considérables ne lui étaient pas envoyés, car hommes et 
choses étaient dans un état déplorable. 

Telles étaient les conditions dans lesquelles se trouvait 
Tescadre française lorsque, le 10 septembre, à 6^ du ma- 
tin, l'escadre anglaise fut aperçue au vent, entre Porto 
Novo (2) et la Golram (3) . Voici la composiUon des deux 
escadres qui allaient se trouver en présence (A) : 

ESC40RE FRANÇAISE. 

GaDOOs. 

{Zodiaque capitaine Gotho. 
comte d'Achè, chef d'escadre. 
Minotaure capitaine Froger de rÊgulle, chef 

d'escadre. 

68 Centaure — de Sarrille, aîné. 

j Illustre — chevalier de Rtys. 

^* i Actif, — de Beaochesne. 

,, / 58 Comte- de- Provence, — de Lachaise. 

vaisseaux | . Vengeur - de Christy Pallière. 

, 1 \ Saint-Louis — de Joannis. 

compagnie ( ^^ ^ Due-d'Orléans.. . . - de Surrille, cadel. 

Duc-de- Bourgogne . — de Mahy. 

Fortuné — de Beaalieo. 

Frégates 30* : Sylphide, Pénélope, 



t Trinquemalé, mouillage excellent sur la côte orientale de llle de CeyUa. 

{% Porto Nuvo, comptoir hollandais for la côte de Carnate, à 10 
Sud de Pondichér). 

(3) Coiram, rivière qui .«^e jette dans la mer à DevicoUe. 

(i} M. RiTÏère, Htst, de la mttrine française sous I XVpkHi 
di»ant que la composition des deax escadres était la 





BATAILLES. --1759. 409 

ISCAD» 4NCUISE. 

•l EuunTH capitâÏDe Richird Tiddêman. 

M NiwcuTLC — Colio Michie. 

M TiciH — William Brereloo. 

M Grafton — Richard Kemp«Dfeldt 

Charles StaTeo», contre-amiril. 
9Ê SkMMOtm capitaine John Harri«$oo. 

»ir George Pocock, vice -amiral. 

M CciBEaL4!«D capitaine John Stukely Somerset. 

iê SAListCRY. — Digby Dent. 

êù Si'^pcRLon — honorable James Coiwill. 

iO WKTHom — >ir William Baird. 

14 QrccNnonorr.M — 

Le vent soufflait du Nord. L'amiral anglais, qui savait 
fort bien comment les vaisseaux français étaient armés, 
o'bésita pas, malgré son infériorité numérique, à laisser 
arriver et, à 1 1^ il forma sa ligne de bataille» les amures 
à b&bord comme les Français et dans Tordre indiqué ci- 
dessus. Le combat commença bientôt après et il continua 
avec acharnement jusqu'à A^ du soir, ciïort inouï de la 
part des équipages français réduits par les combats, par 
les maladies, et affaiblis par des fatigues et des privations 
de tout genre. L'ELizARErn combattit V Actifs à bord duquel 
le feu se déclara au bout iVnn quart d'heure. Cet événe- 
ment donna un grand avantage au vaisseau anglais. Le i/i- 
nolQure vint heureusement ou secours de son compatriote 
et força l'EuzAnETii h s'éloigner. Le Nlwcastle attaqua le 
Sainl'Louif^ et le Tiger le ilinotaure. Les 2 vaisseaux an- 
glais s'adressaient à de rudes atlversaires; bientôt ils fu- 
rent assez maltraités pour que le contre-amiral Stevens ju- 
geât prudent de leur venir en aide avec le GaAnoN : ce 
dernier vai<%seau avait déjà combattu le Vênfjeur. Le Yar- 
MOUTH se plaça par le travers du Zodiaque. Vlllutlrr ca- 
nonna le Gt)iiiERi.A.^i>. Le ScNnERLAM) prêta assistance au 
Salisrcry qui était écrasé par le Fortuné. Les autres vais- 
seaux français combattirent rmiiemi là oii ils purent le 
joindre. La lutte continua ain^i avec vigueur jusqu'à ce 
que le Zinliaque sortit de la ligne. Ce vaisseau, privé de son 
capitaine, qui venait d'étrt* tué, se trouvait m ce moment 





410 BATAILLES.— 1769. 

SOUS le commandement du second, par suite de robligation 
dans laquelle s'était trouvé le chef d'escadre d'\ché de 
quitter le pont pour faire panser une blessure. Les autres 
vaisseaux, qui ignoraient la cause de ce mouvement» l'imi- 
tèrent : il était alors A\ Les vaisseaux français counir^t 
largue pendant quelque temps et firent route au S.-S.-E. 
Les Anglais semblèrent vouloir les suivre, mais Us avaient 
trop d'avaries pour mettre ce projet à exécution ; les quatre 
premiers de leur ligne étaient entièrement désemparés. 
Les deux escadres se perdirent de vue à la nuit : les An- 
glais allèrent mouiller à Negapatam (1). Cette affaire avait 
été plus chaude qu'aucune de celles qui avaient encore eu 
lieu entre les deux escadres de l'Inde ; aussi les pertes 
étaient-elles considérables. Le capitaine Micbie, du Niw- 
CASTLE, avait perdu la vie. Les capitaines Brereton, do 
TiGER. et Somerset, du Cumberland, étaient blessés. Du 
côté des Français, les capitaine*Otbo, du Zodiaque^ Sor- 
ville, du Centaure, avaient été tués. J'ai dit que le chef 
d'escadre d'Aché avait été blessé. L'escadre française 
mouilla le 15 à Pondicbéry, mais elle ne fit qu'un court 
séjour sur cette rade. Craignant d'y être attaqué par l'es- 
cadre ennemie, qu'il savait devoir être renforcée de 4 vais- 
seaux et de 2 frégates, le chef d'escadre d'Aché ne tint 
aucun compte des sollicitations du conseil de Pondicbéry, 
et il appareilla, le i" octobre, pour l'Ile de France. Son 
retour mit encore cette colonie dans une position critique, 
et le gouverneur dut l'inviter à repartir immédiatement 
pour Pondicbéry où il avait des munitions de guerre i 
envoyer. 11 demanda cependant que quelques vaisseaux 
fussent envoyés chercher des vivres au Cap de Bonne-Es- 
pérance. Cette mission fut donnée à ceux qui purent re- 
prendre de suite la mer. 



^1) Negapatam* capitale de» établissement* hollandti» de la c6te de Coro- 
mande! , à S8 Vu ue> ao Sud de Pondicbéry. 




COMBATS PARTICULIERS — 4759. 4i1 

Le eomiDodore anglais Moore ayant, ainsi que je le 
dirai plus loin, eflectué un débarquement dans la baie 
du Fort-Royal de la Martinique, la position du vaisseau 
de 74* le Florissant et des frégates de !)2 la Bellone et Y Ai- 
grette, qui se trouvaient sur rade, ne tarda pas à devenir 
fort critique. La sortie fut résolue, et elle fut effectuée le 
10 janvier, à l'entrée de la nuit. Le blocus de la baie était 
malheureusement trop bien établi pour que ces bâtiments 
pussent passer sans être aperçus. Le Florissant, capitaine 
de Maurville, fut joint, entre la Guadeloupe et Montserrat, 
par le vaisseau anglais de 6A'' le Buckingham, capitaine 
Tyrrel, et la corvette de 14 Weazle, capitaine lîoles. On 
te battit avec acharnement de part et d'autre. (^ 1 !.j cl 
coulant bas d'eau, le Flormnnl amena son pavillon à la 
DuiL Les avaries du vaisseau anglais avaieut porté princi- 
palement sur la mâture et le rendaient incapable de faire 
de la voile ; le capitaine de Maurville ne tarda pas à s'en 
apercevoir. Mettant à profit l'avantage que les circonstances 
loi donnaient, il fit route et, grâce à l'obscurité, il perdit 
bientôt le Bcckingham de vue. 



Le capitaine de Beauliaruais, '|ui était sorti dr Fort-Royal, 
avec la fré;;ale de ^*1' la nelUwe, le tt> janvier, en mémo 
temps que le vairseau le riorissaut vi h\{vv*i^iQV Aigrette, 
parvint â se sou«itraire h la poursuite des An;r!ais et fit route 
pour l'Europr. I.f- 21 fevritT, à 7** du matii), vn vue du cap 
Fini.slère, la lillini fut rhîL-^s't» par les !'i« ^atfs an^^laises 
Ve Tirt «le 32\ capitaine Samuel Ilood, et TRfc>i de 28, 
capitaine Liu(N'iy, qui se rendairtit rn Ana*ru|ue a\ec le 
contre-amiral Iliiiuos; la Vlstai.k atteignit la // ///rit. Le 
combat, commoncr à P de l'aprù^-uâdi. continua jusqu'à 
5^ SO*". A cette heure, la frétraïf française avait perdu son 
grand mât et son mât d'artimon, et il ne restait qu'un seul 
officier pour seconder le capitaine : le pavdlon fut amené. 
1^ dernier mât do la BelUmr s'abattit avec le j»avillon 1^ 




412 COMBATS PARTICULIERS.— 1759. 

Vestale était très- maltraitée et avait perdu ses trois loAts 
de hune. La Bellone prit le nom de Repulse dans b marine 
anglaise. 

La Bellone portait 28 canons de 8 

et 4 — de 4. 
La Vestale avait 26 canons de 12 

et 6 — de 6. 
La frégate Y Aigrette parvint à soustraire sa marche aux 
recherches de l'ennemi. 



Le 6 juin, au moment où elles allaient entrer à Toulon, 
les frégates de 24" la Pléiade et V Oiseau, capitsûnes de llooy 
et Moriès, furent chassées par l'escadre de l'amiral Bosca- 
wen et forcées de demander protection aux iMitteries des 
Sablettes, de Saint-Elme,etdeFaubregas. Le chef d'escadre 
de Laclue, qui commandait une division sur rade, fit de 
suite renforcer les équipages des frégates et l'armement 
des batteries par des marins de sa division. La précaution 
était sage. La position choisie par les capitaines des fré- 
gates françaises n'effraya pas, en effet, l'amiral anglus, et 
il détacha le vaisseau Gulloden de 74"", capitaine Smith, 
CoNQUEROR de 70, capitaine Barker, et Jeaset de 60, ca- 
pitaine Harland, pour s'embosser sous les batteries. L*at« 
taque de ces vaisseaux fut vive ; elle n'eut cependant pas 
de succès et, à ô^ du soir, la brise étant entièrement tom- 
bée, l'amiral anglais envoya des embarcations pour les 
retirer du feu ; ils avaient, d'ailleurs, de nombreuses ava- 
ries : le Gulloden, entre autres, avait perdu son mât de 
perroquet de fougue et sa grande vergue. Dans cette cir- 
constance, les deux frégates durent leur salut au feu éner- 
gique des batteries de terre; l'escadre anglaise s'éloigna et 
elles purent entrer à Toulon. 



COLONIES.— 1759. 413 

Les nombreuse constructions de navires de flottille que 
roD faisait au Havre n'étaient pas sans jeter quelques in- 
quiétudes de l'autre côté du détroit. Le 29 août, les Angliûs 
bombardèrent ce port, mais sans résultats. Ils le tinrent 
ensuite bloqué par une escadre aux ordres de l'amiral 
Rodoey* qui avait déjà jeté des bombes sur la ville un mois 
auparavant. 



La conquête de l'tle Royale ne satisfit pas longtemps 
l'ambition de l'Angleterre. La France po.ssédait dans les 
mers des Antilles des colonies qui lui portaient ombrage, 
et, entre autres, celle de la Martinique, qui était pour elle 
uo objet de convoitise d'autant plus grande que cette tle est 
dotée d'une des plus belles rades qui se rencontrent dans ces 
mers. Aussi fut-ce devant la Martinique que le commodore 
Moore parut le lô janvier de cette année. Les troupes des 
▼aisseaux et des transports qu'ils accompagnaient, dé- 
barquées dans la baie du Fort-Royal, marchèrent de suite 
sur la ville; mais, battues dans plusieurs rencontres, elles 
durent se rembarquer le 17. 

Cet échec, dû en grande partie à la spontanéité avec la- 
quelle les habitants avaient pris les armes, ne flécouragea 
pas le commodore anglais ; il se dirigea sur la Guadeloupe 
dont il espérait avoir raison plus facilement. Hn passant, il 
canonoa les batteries de Saint-Pierre de la Martinique. 
Arrivée le 2t> devant la Basse-Terre de la Guadelou|>e) la 
division anglaise lança des boulets incendiaires sur la ville 
pendant la nuit; le lenileniaiu, elle attaqua les forts. I^ 
bombardement recommença le soir. Le 24, les trou|>es fu- 
rent mises h terre dans le Nord de la ville, et elles y en- 
trèrent sans rencontrer d obstacles : la garnison s'était re- 
tirée dans I intérieur de I Ile. Le commodore anglais ne s'é- 
tait pas trompé. La conquête de la Guadelou|>e fut faite en 
quelque sorte sans quon lui opposât de résistance, et le 
gouverneur capitula le 2 mai, précisément au moment où 




414 COLONIES. ^1759. 

des renforts lui étaient apportés par l'escadre de 9 Tais- 
seaux et S frégates du chef d'escadre Bompard. En appre- 
nant la reddition de l'Ile, cet officier général ne débarqua 
p')s même les troupes qui étaient à bord de ses vaisseaux, 
et il retourna en France. 

La capitulation de la Guadeloupe entraîna celle des Sain- 
tes, de Marie-Galante et de la Désirade. 



BATIMENTS PRIS, DÊTRUnS OU NAUFRAGES 

pendant l'année 1759 

nuxçAis. 
Canons. 

! Soleil-Royal. ....... Déirait à la cAte. 

Formidable Pris par ane escadre. 

Océan 1 

Uéros I DélniiU à la côte. 

Hedoutable ) 

li ( Thésée Sombré pendant le codImU. 

Téméraire I .* • . 

Centaure ! * "» P*' ''°« •*^*^"- 

Jutte Naufragé à l'entrée de la Loire. 

( Inflexible Naufragé dans la Vilaine. 



70 
Ci 
52 



74 

r»i 

M) 

12 

8 



Modeste Détruit A la côte. 



Belione. 



Prince (tkORCEs 
Im'i.ncirli:. . . 
Résolution. . 

ESSLX 

LlICHFILi.b. . . 
lUWKE 

Falcun 



Prise par une frégate. 

ANGLAIS. 

Incendié à la mer. 

Naufragé »ur les côtes d'Angleterre. 

I Naufragés sur les côtes de France. 

Naufragé sur la côte d'Afrique. 

Naufragé. 

Naufragé dans l'Inde. 



RtCAPITCLATlO!!. 



pra5çais. . Vaisseaux 
Frégatc.'t. 

ANGLAIS.. . Vai«sieauY 

Itfttimenls 

fofï e . 









IVtraits 










rri». 


ou 


Incendia. 


TOTAL. 








nanfragfii 








s 
1 

II 
n 


5 

4 

i 


3 

» 
1 

• 


H 

f 
S 

i 


• 




de 

• 


moindre 

• • a . . 




BATAILLES.— 1710. 416 



ANNÉE 1760 



RereaoDS aux vaisseaux et aux frégates dont les capi- 
taineSy peu soucieux du résultat de la bataille engagée dans 
la baie de Quiberon, avaient cherché un refuge dans la 
Vilaine, pour se soustraire à une perte qu ils regardaient 
comme inévitable. Le ministre de la marine n'ayant pu faire 
que ces capitaines, qui n'avaient pas hésité à demander un 
abri à une rivière dans les eaux de laquelle jamais vaisseau 
n'avait flotté jusqu'alors, consentissent à sortir, avait or- 
donné le désarmement de ces vaisseaux dans le haut de la 
rivière. Mais, espérant obtenir de l'amour-propre de ces offi- 
ciers ce qu'il n'avait pas cru devoir exiger d'eux comme une 
obligation, il offrit le commandement des vaisseaux aux 
officiers qui voudraient les sortir de la rivière. Ce moyen 
réussit. Les demandes qui lui fureiil adressées par plusieurs 
officiers de la Compagnie des Indes allëroiit au cœur des 
officiers de la n)arine royale, et le lieuieiiai.l tle vaisseau de 
Ternay demanda et obtint le commandement du vaisseau 
le Dragon ; le vaisseau le lîriUani fut donné au lieutenant 
de vaisseau Hector. Quelque eflicace qu'eût été le procédé 
auquel il avait eu recours. le ministre crut lui donner en- 
core plus (le lurce en numiii.nt au commaniK mciit du /?o- 
buste et du (ihtrii'ux deux odiciers de la C()m|)agnie des 
Indes, MM. Dufresne Marion et Duhoux Disai^cs. désarme- 
ments furejit poussés avec aciiviié, et lors'ju'ils furrnt ter- 
minés, les A vaisseaux de^ceudireut jusqu'à Trùhiguier, 
mouillage distant de 2 milles de l'embouchure de la ri- 
vière. Ce mouvement fit manquer le but que le lieutenant 
de vaisseau de Ternay s'était propo>é en désarmant. Les 
Anglais, qui se tenaient dans la baie de Quiberon, eurent 
bientôt connaissance des h vaisseaux français, et 9 dea 
leurs furent promptement en observation à l'entrée de la 




416 BATAILLES. - i760. 

Vilaine. Où fit alors remonter le Robuste et le Glorieux jus- 
qu'à Vieille-Roche ; Tescadre anglaise se divisa de suite. 

Les circonstances de vent et de marée déclarées néces- 
saires pour la sortie du Dragon et du Brillant^ qui devaient 
tenter le passage les premiers, se firent attendre longtemps; 
au mois de juin, le lieutenant de Ternay déclara ne pouvoir 
plus appareiller à cause du peu de durée des nuits qui 
étaient, d'ailleurs, éclairées par la lune, a Autre nouvelle 
tt fatalité, » écrivait au duc d'Aiguillon le chevalier de War- 
ren qui commandait sur la côte, u ce ne$t plue le veni qui 
a nous contrarie; cest la lune I » 

L'intention du lieutenant de Ternay n'avût jamais été 
de sortir de vive force de la Vilaine. Il considénût cette 
sortie comme une question de ruse et de vitesse; le premier 
expédient manqué, il fallait user du deuxième. L'escadre 
anglaise se tenait à Quiberon ou aux Cardinaux^ et toutes 
les fois que le temps le permettait, ses embarcations croi- 
saient devant la rivière. Cette réunion de bâtiments de 
guerre dans la Vilaine n'était donc pas absolument infruc- 
tueuse, puisqu'elle occupait des forces anglaises qui, pen- 
dant ce temps, ne pouvaient Atre employées ûlleurs. Aussi, 
plus tard, fut-ce le ministre lui-même qui ordonna de re- 
tenir les vaisseaux armés dans la Vilaine. Nous verrons 
qu'ils ne sortirent que dans le courant de Tannée 1701. 

La mésintelligence n'avait pas tardé à s'introduire dans 
cette petite division qui obéissait à deux chefs, u On a eu 
tort^ écrivait le lieutenant de Ternay. de confier te comman- 
dement du Robuste et du Glorieux à des officiers de la Com- 
pagnie; il pourra en résulter quelque sottise, n Et plus tard : 
<c Délivrez-moi du commandant du Robuste. Je ne puis faire 
aucune opération arec cet homme. Tous mes projets sont 
divulgués, parce que je suis obligé de les lui communiquer. • 
Cette aniniosité des ofliciers de la marine royale contre ceux 
de la Compagnie des Indes était telle, que H. Manon crut 
devoir refuser le brevet de lieutenant de vaisseau à demeure 
qui lui fut oiïert. Le duc d'Aiguillon, craignant les suites 




BATAILLES. — 1760. iM 

de Tâigreur toujours croissante qui réguait entre les deux 
cbe£s, écrivit au lieutenant de Ternay. La réponse de cet 
officier peindra, mieux que ce que je pourrais dire, la 
nature des relations qui existaient à cette époque entre les 
officiers des deux marines. « Vous me jugez trop sévèrement, 
lui disait-il ; je nai jusquà présent, vis-à-vis de la marine 
en généraU que des torts qui me font honneur et que j'avoue 
partout. Je sais très-bien que ce même corps que je cherche à 
ménager n'aurait pas pour moi la tnéme indulgence. On 
naime, peut-être dans aucun corps^ les personnes qui cher- 
chent à se mettre en évidence. Il serait donc ridicule à moi d*en 
rechercher C amitié; t estime me suffit. Dans ce moment, toute 
la marine a les yeux sur moi. Si je vivais intimement avec 
MM. Marion et Desages, on croirait que je peux être pour 
quelque chose dans leur nomination au commandement du 
Robuste et du Glorieux ; je ne peux trop faire pour éloigner 
cette idée, fai cependant été voir M. Marion à son bord : 
peut-être me saura-t-on mauvais gré de cette visite de politesse 
que fai faite avec M. Hector; mais je veux ménager la ma- 
rine sans en être ï esclave; ses idées sont parfois trop bizarres 
pour que je m* y soumette aveuglément (1 . » Pour mettre 
un terme à cette t;uerre de bouton, on prit le parti de dés- 
armer les vaisseaux dont le commandement avait été donné 
aux ofUciers de la Compagnie des Indes, et l'on arma les 
frégates. 



Le système d'armen*ents mixtes employés dans les der- 
nières années du règne de Louis XIV fut continué sous son 
successeur. Pendant qu*en Bretagne le maréchal de Belle* 
ble et le maréchal de (*onflans faisaient les préparatifs de 
l'expédition de Tlrlande, on armait à Dunkerque une petite 



(1) To«tCf le» phrj««4 ^o(ili|;oee> «ont eilr«il«f leituellrmettl de U corrtt- 
^ottfAftce du lieuteoaoi dt Ternay, depoMc «ui archive^ Jq dèpdt dt«CArU« •! 
fUa« d« BiAiattrt d« la nanat . 

I. r» 




418 BATAILLES. — 1760. 

division destinée à faire diverdon sur un autre point du 
Royaume-Uni. Le capitaine Tburot, corsûre célèbre de ce 
port, et alors capitaine de flûte, en avait le commandement. 
1,200 hommes de troupes, sous les ordres du brigadier 
Flabert, furent embarqués sur cette division (jai, grâce 
à un coup de vent de Sud, put sortir et faire route le 16 ec- 
tobre 1759. Elle était composée des frégates de : 

Canons. 

4i Maréchal de Belle-hle» . capitaÎDO Thurot. 

S6 Uégon — 

39 Blonde — Ltirégny. 

26 Terpsichore — Desnandai*. 

j Anutranthe — 

" I Ftkueon — 

Le passage suivant, emprunté à YËistoire é^Àngieterre 
de Smolett (i ) , montrera quelle était la réputation du chef 
de cette expédition : « Àu$sitôt que le ministère anglais eut 
connaissance de la sortie du capitaine Thurot^ il expédia des 
courriers à tous les commandants des troupes de la partie 
septentrionale de la Grande-Bretagne; ils eurent ordre de 
tenir les fortifications des cales dans le meilleur état de dé- 
fense et d'être prêts à repousser les Français partout où ils 
se présenteraient. Le plus grand éloge que ton puisse faire 
de ce fameux corsaire^ est de rapporter les alarmes que son 
petit armement causa en Angleterre, » 

Après beaucoup de contrariétés et une série de mauvais 
temps, la division arriva, le 30 janvier 1760, en vue de 
Londonderry, à l'extrémité Nord de l'Irlande, mais sans la 
frégate la Bégon qui avsdt été perdue de vue pendant le 
mauvais temps. La force du vent empêcha le débarquement 
et, le 11 février, le capitaine de YAmaranthe quitta la di- 
vision sans autorisation. La longueur presque inexplicable 
de la traversée et de petits sentiments de rivalité d*antaBt 
moins excusables que chacun avait accepté le rôle qui lui 



(1) A comfdite hùiory of England» 



BATAILLES. — 1760. lit 

anit été fait, avaient aigri le caractère des capitaines des 
frégates françaises. Les officiers de troupes ne cherchaient 
pM à dissimuler leur mauvaise humeur, et la conduite 
der<Aàer gënénd qui les commandait, envers le capitaine 
Tbanrt, contribua beaucoup à augmenter une animosité qui 
ne demandait que des occasions pour se faire Jour. La di- 
TiaioD. réduite comme je viens de le dire, mouilla, le 
SI mars, de\ant le lac Belfast, dans te canal du Nord. Le 
jour même, 600 homme» furent mis & terre et 5rent capi- 
toler la ville de Carrik Fergus et son chlteau. Mais les 
contrariétés sans nombre qui avident retardé la division 
et, par suite, le commencement des opérations, et surtout 
le désastre du maréchal de Conflans, rendaient inutiles les 
tenutives que pouvait faire cette poignée de Français. Les 
troupes furent rei)ib3rquil'e<i et tes frégates appareillèrent 
le 27, par une grande brise de N.-O. Klles avaient dépassé 
l'Ile de Mail et faisaicni route au Sud, lorsqu'elles aperçurent 
S frégates anglaises. Ces frégates, sorties de kingsale de- 
puis quelques jours [wur se mettre à leur recherche étaient : 

1 l>M.u> eipiUioa Hichirl Clrownl*. 

I Brillait — lunr- Lii|:i<i. 

St EoLi* — JobB LIMnl. 

Les frégates françaises prirent chasse sans ordre ; bientôt 
chaque ■captuiine gouverna à sa guise, et les signaux de 
ralliement ne purent empêcher celui de la Tfrpsichorr et 
celui de la Btonde de s'éloigner. HcRtéc seule en arrière, la 
frégate le Marfrhal de HfUr-Itle fut jointe et attaquée. In- 
capable de soutenir la lutte conire trois adversaires, le 
capitidne Thurot inann-uvr^i jtour alrardcr l'Eolts; il ne 
put uialheurcusemcni pas choisir sa po&ilion (.t fut réduit 
â engager le beaupré <lu sa Trégaïc dans les haubans d'ar- 
timon de In frégate .anglaise ; eelte-ci. qui avait une grande 
vitesse, rompit le beaupré de son adversaire et se dégagea. 
Cet abordage acheva de h.-iclier le grémcut du Maréchal 
d$ BtUe-hte: ses mdts de hune et son m&t d'artimon ne 
tardèrent pu i s'abattra sur le pont. Le capitaine du la 




4iO HATAILLES. — i?60. 

Terpsichore se décida alors à obéir au signal de ralliement 
qui flottait à bord de la frégate du commandant depuis le 
commencement du combat, c'est-à-dire depuis une heure. 
Il était trop tard ; le capitaine Thurot venait de perdre la 
vie et son second amena le pavillon. Poursuivies et jointes 
par les frégates anglaises, la Terpsichore et la BUmde se 
rendirent après une faible résistance. 

Telle fut r issue de cette expédition qui inquiéta un mo- 
ment r Angleterre; et quoique son importance fût devenue 
presque nulle depuis le désastre de Quiberon, on doit 
croire qu elle eût causé bien des alarmes sans la mésintel* 
ligence qui ne cessa d'exister entre l'officier expérimenté 
qui la dirigeait et le commandant des troupes. Cette més- 
intelligence paralysa entièrement, chez le premier, une 
ardeur énergique contre laquelle ne cessa de lutter la riva- 
lité jalouse des officiers de la marine royale qui avaient 
consenti à sei-vir sous ses ordres. 



J*ai dit que le chef d'escadre d'Aché avait quitté Pondi- 
chéry pour se rendre à l'Ile de France et que son retour 
avait, une fois encore, affamé cette malheureuse lie. Un 
ouragan qui eut lieu à la fin du mois de janvier 170O« vint 
augmenter les embarras de la colonie : tous les navires qui 
étaient sur la rade de Saint-Louis furent jetés à la côte. On 
put relever les vaisseaux, mais ils étaient tous plus ou 
n)oins endommagés, et l'on n'avait rien pour les réparer. 
La position n'était plus tenable. 11 fut décidé qu'on met- 
trait quelques vaisseaux en état de naviguer au moyen des 
agrès et des voiles des autres, et qu'à mesure qu*ils se* 
raient prêts à prendre la mer, on les enverrait vivre au 
jour le jour à Madagascar. 

A partir de cette époque, la France fut impuissante à 
kiUer contre sa rivale dans cette partie du monde. Au 
mois de janvier, les Anglais s'emparèrent de Pondicbéry 
et en détri:isirent les fortifications; et lorsque, au moiade 




BATAILLES. — 1760. 421 

décembret le chef descadre d'Aché retourna en France, 
laissant au chef d'escadre Froger de l'Éguilie le coroman- 
dement de quelques vaisseaux qui, faute de cftbles, étaient 
échoués dans la rade de Saint-Louis, tous les comptoirs que 
la France possédait sur la côte de Coromandel étaient au 
pouvoir des Anglais. 



Profitant de l'éloignement de l'escadre anglûse occupée 
à seconder les opérations de l'armée de terre sur la côte 
de Coromandel, le maréchal de camp comte d'Estaing partit 
de l'Ile de France pour Mascate, au mois d'octobre 1759 (1) , 
avec le vaisseau de la Compagnie des Indes de ôO** le 
Condé et la corvette de 8* Y Expédition. Après s'être em- 
paré d'un vaisseau de la Compagnie anglaise qui était 
mouillé sous les batteries de la place, la petite division 
française se porta sur Benderabassy, mouillage voisin de 
Mascate, et où les Anglais venaient de construire le fort de 
Gombroon. Une frégate anglaise s'y trouvait à l'ancre; elle 
appareilla dès qu'elle aperçut les bâtiments français; mais, 
chassée par le fondé, elle fut abandonnée de son équipage; 
toute son artillerie avait été jetée à la mer. Après l'avoir 
amarinée, le Condé alla s'embosser devant le fort sur lequel 
il ouvrit immédiatement son feu et le fit capituler; les 
caiions en furent enlevés et le comte d'Estaing fit voile 
pour Sumatra (H) avec ses deux bâtiments. Il débuta dans 
ces parages i>ar enlever, le 7 février 1760, le fort Marlbo- 
rough qui était défendu par une forte garnison et forra, le 
IS, les retranchements de Tanapooly (S). Le comte d'Ms- 
taing attaqua et saccagea avec le même succès plusieurs 



1. Mâicale, ville «le rOmAD, 9»ur lj c6te S K. de I Arabie, a l'eatree d« 
rolté l»er*iqur. 

<t> Sttmatra. une de» Ile» de la Sonde. 

(S> Taiid|>ooh. ville «or la côie ocrideauli de S«fliaifa, a la kattevr d« la 
^•tite Ile Niai 




422 COMBATS PARTICUUEPS.— i760. 

autres comptoirs anglais et retourna ensuite à l'Ile de 
Frapce. 

Cette expédition fit la fortune du maréchal de camp 

d'Estaing. Je ne pouvais omettre de la relater, car ce fut 

elle qui le décida à entrer dans la marine et motira 

sa nomination au grade de chef d*escadre, le i^ octobre 

762. 



Quelques combats particuliers, sans avantages bien mar^ 
qués de' part ni d'autre, furent livrés pendant Fanoée. 

Les fr^^ates la Malicieuse de 36*", capitaine de Goimpy, 
et Y Opale de 32, capitaine Dars, en croisière sur la côte 
du Portugal pour intercepter un convoi qui devait sortir de 
Lisbonne, s'emparèrent, le 28 mars, de la corvette anglaise 
de 20* Penguiii , capitaineHarris, et la livrèrent aux flammes. 

Le h avril, ces deux frégates furent chassées par les vais- 
seaux anglais Flambokough et Biddeford, capitaines Skin- 
ner et Kennedy. Trop faibles pour soutenir un combat en 
règle avec ces vaisseaux, les capitaines français profitèrent 
de la marche supérieure de leurs frégates pour borner 
l'engagement à une canonnade qui dura plusieurs heures, 
et pendant laquelle le capitaine du Biodefobd fut tué. 



Vers le milieu du mois de mai, le capitaine de Breugnon 
réussit à sortir {{'une manière fort heureuse d'une posi- 
tion assez critique dans laquelle se trouvait le vaisseau 
de 7^'' le Diadème, qu'il commandât. A peine en dehors 
de la rade de la Martinique avec quelques navires qu'il 
escortait en France, ce vaisseau fut observé par une fré- 
gati* anglaise. Impatienté de la ])ersistance de cet im- 
portun ({ui le suivait depuis plusieurs jours, et qu'il sut 
rtre la Niger de ^2\ le capitaine de Breugnon prit le parti 
de s'en débarrasser, le 10 mai, au moyen de quelques vo- 
lt^e>. Le but (lu capitaine anglais était rempli ; les coups de 




COMRATS PARTICULIERS. - 4760. 4i3 

ciMin échangés furent entendus, et le Diadème et son petit 
confoi furent chassés par les 3 vaisseaux anglais Argo, 
SniwsDnaY et Pallas. Le dernier seul réussit à joindre le 
▼aisseau français; mais, rudement étrillé, il abandonna la 
parUe sans avoir pu faire au Diadème une avarie capable de 
sa marche. 



L'ez-corvette anglaise de 12" Virgin, capturée au mois de 
mai, fut prise au mois de septembre» ainsi que 7 navires du 
commerce mouillés avec elle sur la rade de 1 lie de la Gre- 
oade, par le vaisseau anglais Temple et la corvette GRirrin. 



Les fr^ates de 32' la Sirène , capitaine Macarthy, la 
fifur-dr-Iys « capitaine Doizy, et la corvette de 20 la Va- 
leur, capitaine Talbot, furent chassée», le 17 octobre, à 
leiii . ortie du Cap Français de Saint-Domingue» par 8 bâ- 
timents que la faiblesse de la brise ne leur permit pas de 
reconnaître avant la nuit : c'étaient le vaisseau anglais de 60* 
lUiiPSBiaE. capitaine G. Norbury, et les frégates de 34 Bo- 
REAS, capitaine S. Uvedale et Livelt de 2i, capitaine ho- 
norable T. Maitland, de l'escadre de la Jamaïque, alors 
commandée par le contre-amiral Holmes. Le vent soufflait 
de l'Est et par grains. A 11^ du soir, la Boreas était asses 
rapprochée de IhSirèue pour que celle-ci, en faisant une arri- 
vée, put lui envoyer sa bonite de bâbord : cr fut It» signal 
du combat. Après trois quarts d'heure, la frégate ennemie se 
laissa culer et la Sirène continua sa route & TOuest. Au jour, 
la frégate anglaise était à environ 4 milles de Tarrière; plu- 
sieurs autres voiles éUiient vu vue à l'horizon. A midi 30*. 
la distance ontre 1«\h t> frégates avait beaucoup diminué 
et elles purt*nt éclian^fT une cinquantaine de boulets de 
chasse et <lc n*traite. Fatigué de l'obstination de ses ad- 
versaires, le ra[)iuiine Macarthy fit diminuer de voiles et, 
â I* 1^0", placé par le travers de la Boreas, il engagea une 




424 COMBATS PARTICULIERS.— 4760. 

canonnade des plus vives. Elle durait depuis deux heures, 
lorsqu'un événement imprévu vint donner une physionomie 
nouvelle au combat. Un canon de la batterie de la Sirène 
creva, tua ou blessa quatorze hommes, démonta deux pièces 
de cette batterie et, sur les gaillards, une troisième i la- 
quelle les éclats arrivèrent en défonçant le pont* Cet évé- 
nement jeta la consternation et Teffroi parmi l'équipage de 
la frégate française, dans un moment où il eût fallu un 
redoublement d'ardeur. Pour comble d'infortune, le feu prit 
à bord. Ce nouveau désastre occupa la majeure partie des 
hommes de la Sirène. Totalement dégréée et coulant bas 
d'eau, la frégate française n'était plus en état de lutter 
contre un ennemi dont l'énergie était d'autant plus grande 
que les embarras de son adversaire augmentaient. Le ca- 
pitaine Macarthy fit amener le pavillon. Le cap Saint-Nicolas 
(i<i Saint-Domingue restait alors à 2A milles dansie Sud. La 
.Sirène fut remorquée à la Jamaïque. 

La Valeur fut jointe par la Livelt, à 7^ 30* du soir, et 
amena son pavillon après un combat de cinq heures. Elle 
fut également conduite à la Jamaïque. 

La Fleur-dê'Lys^ poursuivie par le Hampshire, se jeti 
à la côte près du Port de Paix ; elle y fut incendiée par son 
propre équipage. Le vaisseau anglais envoya ensuite quel- 
ques boulets à deux navires du commerce qui s'étaient pla- 
cés sous la protection des frégates françaises. Un d'eux 
entra à Port de Paix ; l'autre fut incendié à la côte. 



BATIMENTS PRIS, DLTRUiTS OU NAUFRAGES 

p«DduDl rannéf 1760. 

rilAKCAlS. 

"â 1 ^"^'•^ ^''■'î** P'»'" «in© frpgtle. 

f Fleur-de-Lys Détruite a l.i cùtc. 

SO Vaieur i ., . 

a lirgin' î rn-rM'^ruDffrrC-Ur. 

90 Ramilies ?«aui'ijg.' fur la eùiç d'AofileUrra. 

70 llo^orK«oR — ,1 infi \'ind'\ 




COMBATS PARTICriJERS. - 1760-1761. 

• 

M CmntftLAsiD — aux Antilles. 

M Harwick " daos la mer du Nord. 

14 McRMAiD — AQX Antilles. 

Pim;di5 Pri» par deux frégates. 

Gtjrroiv Naufragé aux Antilles. 

Ltib •> dans la mer du Nord. 

LowKSTorrE — sur la côte d'Amérique. 

ECHUS ~ en Amérique. 

*L*iflérisqae iodiqoe uo bâtiment pris à renoemi. 

HÉCAPITCr ATION. 



425 



rr.A^çAif. 



a -«.LUS. 





• • 

de 

• • 


moiiiiirc 

• . • • . 


1 


Détroits 

ou 

Molraîf». 

■Il 


lilCfudirS. 


TOTAL. 


Fréftale^ 
Bâtiments 
force. . 
Vaisseaux. 
FréRaten. 


1 1 

1 t 

1» 
t 


1 

» 
4 

I 

4 


Il 

N 
M 

1» 

» 


i 

4 
1 

5 


BAtiments 
ferre 


de 


moindre 









ANNÉE 1761. 



Ce fut le 6 janvier 1761 seulement, c'est-à-dire quinze 
mois après la bataille de Quiberon, que les vaisseaux W 
Dragon et le BriUanl dont le commandement, on doit se 
le rapppeler, avait ^'té donné aux lieutenants de vaisseau 
chevalier de Ternay et Hector, franchirent la barre de la 
Vilaine. Ce jour-là, la brise était fraîche du N.-E. et une 
brume très-épaisse favorisa la sortie de ces deux vaisseaux 
qui purent se soustraire à la sun'eillance soutenue di! 10 
\aisseaux anglais; ils arrivèrent a Brest le 10 du môme 
mois. La corvette la falypso, les frégates la l>«fa/«*et IMi- 
greUe^ comniandées par les lieutenants de vaisseau Duchaf- 
fâult, Boiabeitbelot et Desforges, sortirent le 7. La première 
entra à Brest en même temps que Wn vai<(<<'aux. 




426 COMBATS PARTICULIERS —1761. 

La frégate de 32'' la Vestale fut chassée et attaquée, 
le 8 janvier, par le vaisseau anglais Unigobr, capitaioe 
Hunt. Le capitaine Boisberthelot parvint à se débarrasser 
de son adversaire et entra à Brest. Cet officier avait eu ime 
jambe emportée dans cet engageaient et il mourut le len- 
demain de son arrivée. Le capitaine anglûs avait aussi 
reçu une blessure. 

La frégate de SG"" V Aigrette eut un engagement, le 10 jan- 
vier, avec la frégate anglaise Seahorse, capitaine James 
Smîth. Ayant réussi à mettre son ennemi hors d*état de 
rinquiéter, le capitaine Desforges continua sa route et il 
atteignit Brest sans faire d'autre rencontre. 

Les lieutenants de vaisseau de Temay et Hector retour- 
lièrent dans la Vilaine et sortirent encore YÊveilli et le 
Uobmte. Poursuivis par 8 vaisseaux anglais, ils relâche- 
niit à la Corogne, où ils furent bloqués jusqu'à la fin de 
I année ; ils n'arrivèrent à Brest que le 6 janvier 1762. Le 
t:0 avril de cette même année 1762, le lieutenant de vais- 
seau Hector et le lieutenant de vaisseau chevalier de Pré* 
ville sortirent les deux derniers vaisseaux, le Glorieux et 
le Sphinx. Cette fois encore, les vaisseaux furent aperçus 
et poursuivis, mais ils échappèrent aux 6 vaisseaux an- 
glais qui leur donnèrent la chasse, et entrèrent à Brest le 
30 avril. 

Lllvbê sortit aussi de la Vilaine. Je ne saurais toute* 
fois dire à quelle i>po(|Ufî, quoique certaines relations fas- 
sent mention d'un engagement de cette corvette avec la 
fré|<ate anglaise Fomi ne. 



Les ressources de la France étaient épuisées. Cette 
unniM* 1761 vit à peine quelques bâtiments isolés sortir 
d«'s ports, et tous fuivni capturés. 

La fré^^ato th* 3!î* la iV/tri/r, lapitaine Donnel, partie 
ilr Cherbourg pour la Martinique, fut attaquée le 23 jan- 
\iei. avant «l'iti'' sdiiir dr la Man'he, par la frégate an- 




COMBATS PARTICULIERS— 1761. 4t7 

glaise de 32* RiGHMOiiDf capitaine Elpbinstone. Le capitaine 
Ponnel gouverna sur la terre et alla échouer sa frégate 
auprès du cap la Hague; le capitaine anglais imita sa 
mancBUTre. Cette détermination ne fit pas cesser le combat; 
mais Tavantage resta aux Anglids dans cette lutte entre 
deux l)âtiments qui aviûent cessé d'être des citadelles flot- 
tantes. Le capitaine Donnel ayant été tué, le pavillon de 
la FilicUi fut amené. Les deux frégates purent être remises 
à flot 



Le vaisseau de 60* le Warmdc, armé eu flûte avec S&% 
capitaine Levcyer de Belair, qui se rendait dans l'Inde 
avec des troupes et des approvisionnements, fut attaqué, 
le 28 janvier à 10^ du matin, par la frégate anglaise de 82 
MiREavA, capitaine Alexander Hood. Démâté, peu de temps 
après, de ses deux m&ts de hune, le vaisseau tomba sur la 
frégate et l'aborda par le bossoir de tribord. La mer était 
grosse et les deux bâtiments se séparèrent : la frégate dé- 
mâta presque immédiatement de son beaupré et de son mât 
de misaine. Après quelques heures employées h dégager le 
pont et les batteries, le combat recommença : trois quarts 
d'heure plus tard, & A^ âS", le H'anoick amena son pa- 
villon. 



La frégate de 32' la Brune fut prise, le SO janvier, après 
un combat de deux heures, par les frégates anglaises Venus 
de se et Jlno de 3!>. 



Le vaisseau de C2* VAchiUe^ capitaiue chevalier de Bay- 
mond Hodène, sorti de Cadix le 10 février, avec la frégate 
de 32 la ttouffimue, n ncontra, à 120 milles de ce port, une 
division anglaise compoM '•<• des vaisseaux TiiL'NOiiiiKii dt* TV, 
capitaine C Proby, M(n>iyr de OA, capîtaiiiL' lionuiable 
R. Boyie, et des fit-gati^ iiuris Ht Fa^ourmi. I.« « :ipitaioe 




428 COMBATS PARTICULIERS.— 4764. 

de Modèue n'eut pas la témérité d'essayer de se mesurer 
avec de pareils adversaires; il s*arrâta au sage parti de 
prendre chasse sous toutes voiles et dans une direction 
autre que celle qu'il signala à la frégate. Cette tactique 
lui réussit : les bâtiments ennemis se divisèrent et leur 
marche inégale les distança bientôt les uns des autres. Le 
Thunderer parvint seul à atteindre ï Achille^ et le lende- 
main à ô^ du matin, les deux vaisseaux échangèrent une 
première bordée; à 2^ de l'après-midi ils se séparèrent 
Les pertes étaient insignifiantes. 

L'auteur anglais Beatson, auquel j'ai parfois recours 
comme contrôle des relations françaises, donne à ce 
combat la date du 6 juillet. Il prétend que le Thunderer 
aborda Y Achille et que le vaisseau français amena son pa- 
villon. II ajoute que la Tretis parvint à atteindre la Bouf- 
fonne j et que l'arrivée du Mooest décida le capitaine fran- 
çais à amener son pavillon. Les documents officiels de cette 
époque sont malheureusement fort rares; le rapport de 
cette affaire n'existe pas. Il ne m'est donc pas possible 
de contester les faits avancés par l'historien anglais. Tout 
ce que je puis dire, c'est que les relations françûses n'en 
|)a rient pas. 

Le IG mars, hi lVùp:ate la Comète fut prise par le vaisseau 
a[)L^Iais Bedford, après une chasse de seize heures. 



La corvette de 16* le Faisan fut prise également par la 

corvette anglaise Alrany. 



I^ vaisseau de 50*^ VOriflamme, armé en flûte avec 40*. 
lut attaqué, le 1*' avril à 0^ du soir, sur la côte septen- 
trionale du Maroc par la frégate anglaise Isis, capitaine 
Wheler, qui raborda et le fît amener «^ 10^. Le capitaine 
:ini2:lais avait été tué dès le commencement de raffaire. 




COLONIES. — 4764. ii9 

Un corps de troupes anglaises, arrivé sur une division 
aux ordres du commodore KeppeU altaqua Belle-Ile le 
8 aTril, et fit capituler cette lie le 7 juin. Le commodore 
anglais se porta ensuile sur l'Ile d'Aiz et en détruisit les 
fortifications. 



Les entreprises du gouvernement anglais ne se bor- 
nèrent pas à Tattaque de quelques points du littoral euro- 
péen. Dans le courant du mois de juin, ses troupes 
s'emparèrent de Tlle de la Dominique, Tune des Antilles, 
et du port de Mabé« sur la côte de Malabar, dans l'Inde. 
Les Français s'étaient établis dans cette province en 1722. 



BATIKENTS PRIS, DÉTRUITS OU NAUFRAGES 
ptDdaat rioDit 1761. 

fRAKÇAlt. 

Warwick* Pri^i par one fréM^- 

iù Oriflamme, tû ûtiê. • . . Pris par un TaisMaa. 

'K:^r;:::.:;:l »•—<-—'"«-• 

Comèle PrïM p4r ud taùmm. 

Bnau. Prise pur une corvette. 

%k Drc D'Aoi'nài!«t \ 

, f]^ • >tiifrft(:e!i daoi l lade. 

M> Nli*ca»tle • ■ I 

to OiLi..*«aoRoi'ca / 

t( PaLA*4.M NâofraKé daos la BUache* 

10 SrtiPwiLL Prua aa moaillaga. 

' L'aHAniqae indiqua ua biliaeat pris a l'eaneoii. 

aiCAprrvLATioa. 



Vaif9«a«u 

Frtitatef 

Bilimeati de aoiadre 

forte. . • ...... 

VaiMaaai. .... 

B4tia»aati de laoïndre 

força. 





I>etraiU 






fri». 




loc«Ddiée. 


TOTAi 


t 


• 


m 


t 


i 


a 


m 


4 


1 


m 


• 


1 


• 


S 


» 


S 


1 


i 


• 


S 




430 



COMBATS PARTICULIERS.— 176S. 



ANNÉE 1762. 



Le 15 août 1761, les rois de l^ràhce, d'Bsi>agne, désireux- 
Siciles et le duc de Parme signèrent le traité d'alliance 
connu sous le nom de Pacte de famille. Cette grude con- 
ception arriva trop tard pour changer la face des ciioses. 
Ce fut en vain que les États de Bourgogne et Avl Ladgaedoc, 
l'ordre du clergé, la ville de Pans, les banquiers du roi et 
les compagnies des gens de finances offrirent les fonds né- 
cessaires pour construire plusieurs vaisseaux ; en vûn que le 
duc de Choiseul, réunissant le ministère de la marine à cdcri 
de la guerre, voulut donner aux affaires une impulsioD 
énergique ; les rares bâtiments qui prirent la liter fdrent 
capturés et l'on ne put sauver les colonies qui restaient 
encore à la France. 



Voici, d'après d'Expilly (1), la liste dee 
furent donnés au roi dans cette circonstance : 



qui 



CaooDs. 
90 



80 



74 



La Ville 'ffe-Paris. , 
Le Languedoc. 
Le Saint-Esprit. 

U Zélé 

Le Bourgogne. 
Le Marseillais. 
Le Diligent. . 
Les Six 'Corps. 
Le Citoyen. . . 



6i LUnion. 



Dontïé par la Tille de Paris. 

* l»ar les Ëuts de Lainedoie. 

— par l'ordre dtt Saiot-Esprit 

— par les rf ceTenrs génénuix des SMieee. 

* par les Etats de Boargogie. 

•» par la chambre de commerce de llarattUe. 

— par les régisseors de la poste. 

— par les marchands de Paris. 

— par les banquiers de la cov, les tréso- 

riers gènèraax de l'extraordiiiaire des 
goerres, de rartillerie et le onuitio»- 
aaire des Ti?res êê l'arBée. 
« par diforses offres résfliffl. 



HMMa 



(1) Dictionnaire géograi>hiqwe , historique et politique des Gmsiêi ei 4$ 

la France. 



..i. 




COMBATS PARTlCtJLlERS. — i762. 431 

l^p 1 Doonéi ptr les fermien gé&éranx. 

1 £« Flamand Donné par les Étals de Flandre. 

f le Bardelaii, ... — par le parlement et la fiUf de Borde au. 

44 VÀHésietme. .... — par les £taU d'Artois* 



Attaqué, le 18 août, près de l'Ile d'Aurigny, parle vais- 
seau anglais de 56* Rogdest£r, les frégates de 32* Haii>- 
8T01IE et la Renommée, la frégate de 26' la Guirlande, capi- 
taine Denis de Trobriant de Kérédern, se vit dans la 
nécessité d'amener son pavillon après une canonnade de 
tnris heures. 



La guerre maritime fut close par le combat livré le 23 oc- 
tobre, dans la Méditerranée, par la frégate de 20* l'Oi- 
leutf, capitaine cbevalier de Raymond Modène, à la frégate 
anglaise la Brune, capitaine Tonyn. Après une lutte éner- 
gique dans laquelle le capitaine de Modène eut un bras 
emporté par un boulet , le pavillon de la frégate française 
fut amené. 



La 7 janvier, 16 vaisseaux anglais, sans compter les fré- 
gates et les bâtiments de moindre force, sous les ordres du 
contre-amiral Rodney, débarquèrent 13,000 hommes de 
troupes à la Martinique. Le gouverneur capitula le 1 A fé- 
vrier. 

Sainte-Lucie se rendit le 2& du même mois. 

Le 5 mars, ce fut le tour de la Grenade et des Grenadins. 



La marine de la France donna un dernier signe de vie 
vers le milieu de cette année 1762. Un ofScier d'énergie, le 
chevalier de Ternay, partit de Brest pour aller détruire les 
établissements anglais de l'Ile de Terre-Neuve. Le 2i juin, 
cet officier supérieur parut devant Saint-Jean avec 2 viUs- 
seaux et 2 frégates et s'empara facilement de celta ville, 




434 COLONIES. — 17t>;i. 

dont les habitants étaient loin de s\\tteudre à une pa- 
reille agression. Mais l'arrivée d'un secours obligea le capi- 
taine de Ternay à évacuer la position, laissant à terre 
1,500 hommes de troupes qui durent promptemeot capi- 
tuler. Cette expédition coûta à l'Angleterre la corvette 
Grammont qui fut prise sur rade, et à son comoierce 460 na- 
vires coulés et brûlés avec tous les établissements de pèche. 



Les négociations entamées avec l'Angleterre à la mort 
de Georges II, amenèrent les préliminaires de paix arrêtés 
à Fontainebleau entre les puissances signatiûres du pacte 
de famille et l'Angleterre. Le trsdté de paix fut signé à 
Paris le 10 février 1763. Par ce tndté, la France cédait et 
garantissait à la Grande-Bretagne, en toute propriété, le 
Canada, l'tle du Cap Breton, toutes les autres lies et côtes 
dans le golfe et dans le fleuve Saint-Laurent, les lies de la 
Grenade et des Grenadins, le fleuve du Sénégal avec tous 
les droits et dépendances, la rivière et le port de Mobile et 
ses possessions sur la rive gauche du Mississipi, à Fexcep- 
tion de la ville de la Nouvelle-Orléans. La France renon- 
çait encore à toute prétention aux acquisitions qu'elle avait 
faites sur la côte de Goromandcl et d'Orixa. En dédoonmage- 
ment, l'Angleterre cédait à la France, en toute propriété, 
les lies Saint-Pierre et Miquelon, sur la côte de Terre- 
Neuve. Les mêmes puissances contractantes se partagèrent 
les lies du Vent : Saint-Vincent, la Dominique et Tabago 
restèrent à la Grande Bretagne; Sainte-Lucie fut restituée 
à la France. 



BATIMENTS PUIS, DETRUITS OU NAUFRAGES 

pendâDt l'aoDée 176S. 



rilAAÇUS. 

CanoQi. 



i Guirlande PriM par one fr^ato. 

\ Oiseau PrtM par une diviiiaB. 




PARALLÈLE. 

ANGUIS. 

7t { y*"^»**^*" I Naarrigés dans la mer des lodea. 

U RKAf054iL£. I jijjufragés aux AnUlles. 

CnaTcaricLD. ) 

iO ? S»A Castle I Naufragés en Océaaie. 

HnssAiiD 1 

BinLEronT } Naufragés au AnUlles. 

ScoRpio!! Naufragée dans la mer du Nord. 

Peuuruvc — aux AnUlles. 

li Emuutk — en Amérique. 

• Satace — en Angleterre. 

Conrette GEAMoirr Prise à Terre-Neuve. 

hécamtolutioii. 



433 



■•I 



fiaiiCAU. . 

AMLAtf . . . 





Pris. 


DétrniU 

os 
naufragés. 


loModiéa. 


TOTAL. 


FrégaUs 

Vaisseani 

Frégales 

Bàlimenls de moindre 
force 


1 


» 
S 

4 

& 


• 

m 

» 


S 

i 
• 







RËCAPrTULATION GENERALE DES BATIMENTS PRIS, DÉTRUITS 

OU INCENDIES DE 17&& A 176S. 



nuvcAis. 



AKLAIS. 





Prii, 


iHraitt 
o« 

DAufrtgé*. 


laccadié*. 


TOTAL. 


VaiMeaax. 

Frefsatef 

kUUmenU de moindre 
force 


I& 
16 

t 
1 


S 

■ 
16 

7 

15 


» 

m 
t 

» 

• 


Si 

If 

S 

19 

• 

10 


Vaifiteaux 

Frrgales 

BAiimenU de moindre 
force 





Là situatiofi fut quelque peu modifiée peiidaDt la secooile 
guerre maritime qui eut lieu 5oui le rCguc de Louis XV, 
1 i» 




434 PARALLELE. 

On ouvrit les yeux à révidence ; le nombre des vaisseaux 
fut augmenté et les escadres furent moins exposées à être 
enveloppées et écrasées à la sortie du port. Msàa il faut le 
dire, le choix des ofiiciers généraux qui furent placés i la 
tête des forces navales de la France laissa à désirer ; et bien 
que, dans cette période, les chances furent moins défavo- 
rables, il n'est guères possible d'assigner une place d'hon- 
neur h l'un de ces officiers généraux. 

Serait-ce, en effet, au chef d'escadre Barin de la Galis- 
sonnière que cette place pourrsdt être donnée? On ne peut 
constester à cet officier général d'avoir réussi dans la mis- 
sion qu'on lui avût confiée devant Mahon ; mais on ne sau- 
rait voir dans ce succès le résultat d'une combinaison 
savante ou audacieuse, et les circonstances vinrent grande- 
ment en aide au commandant en chef. Le chef d'escadre de 
la Galissonnière ne commanda du reste plus jusqu'à la fin 
de la guerre. 

Ce n'est pas au chef d'escadre Duchaffault de ^esné, qui 
n'eut qu'un simple engagement avec une division ennemie 
dont le chef ne semblait pas plus désireux de combattre 
qu'il ne l'était lui-même. 

Ce n'est pas davantage au chef d'escadre de Laclue, qui 
montra, pendant toute la durée de son commandement, une 
faiblesse dont les suites auraient été prévues par an goa- 
vernement quelque peu attentif à surveiller les actes des 
chefs dans lesquels il plaçait sa confiance. 

Encore moins au maréchal de Conflans, auquel la France 
doit la page la plus triste et la plus accablante de son his- 
toire maritime. 

Entre tous, le chef d'escadre, Comte d' Acbé, qui lutta avec 
avantage contre les Anglais dans l'Inde, eut le plus d'oc- 
casions de déployer ses talents et son activité, liais placé 
à un point de vue trop exclusif, il n'hésita pas à sacrifier 
r intérêt général aux intérêts particulicis, et cette conduite, 
peu digne d'un chef haut placé, ne permet pas de lui don- 
ner une place hors ligne dans un siècle où chacun semblait 




BATAILLES. — 1765. 435 

«foif 9^opté pour devise les paroles trop célèbres du roi. 
Il faut se boroef i constater quelques succès, sans c)ie{;- 
cbêr à les attri})uer à uue amélioration dans la situation de 
la marine en généfal , sans chef cfier à attribuer ces suc- 
c^ à tel ou tel menibre de l'é^t-major de la àotte en par- 
coiier. 



ANNÊB 47ffff 



Le traité de pûx qui venait d'être signé à Paris, au mois 
de février 176Si permit à la France dè'disposer des' quel- 
qae9 bi&timénts qu*elle tenait armés, pour essayer de mettre 
un terme aux pit^teries des M^^rocains. Ces audacieux for- 
bans ne cessaient de molesteir'les navires de commerce qui 
naviguaient dans la Méditerranée, avec de petits navires 
atixquels un faible tiraiit d'eau assurait toujours un refuge 
dans lès rivières et même dans les enfoncements de la cdte. 
Dans le courant du mois de mai 17GS, le chef d'escadre 
Docbaffault reçut l'ordre d'aller les poursuivre et de châ- 
tier les villes dans les ports desquelles ils trouvaient un 
abri. La division placée sous ses ordres fut composée comme 
il suit: 



M Vtik ctpiUJDt d« Latovcht BfiartftaH. 

DfKkaSaiilt 4t Htmé, clef d tméra. 

2^ I Terpfichorf captUÏM d« MarcbaiAvilU. 

*^ ) Héroïne — ' CINOU iê GratM di Bar, 

H Lkome — 4» BrtuCMB. 

ti (^ncieuie * cbevalitr d'Apcbon. 

fS HtromieUf — 



• • .«• 



CBtMct j Caméléon, ..... — cbivaliar dt Framotd. 
Galialct I .. 

I Saiainamdrt ^ 




436 BATAILLES. — i 765. 

Cette division mouilla devant Salé (1) le dernier jour du 
mois; elle canonna et bombarda les forts et les batteries, 
le 2, le 8 et le 11 juin. Satisfait du résultat de ces trois 
attaques, le chef d'csradre Duchafiault mit sous voiles le 17, 
et le 26 sa division jeta l'ancre devant Larracbe (2). Le 
vaisseau et les galiotes à bombes ouvrirent leur feu sur les 
fortifications le lendemain, et, à 10** du soir, les embar- 
cations furent expédiées, sous la direction du capitaine 
Beauregard, pour détruire un navire qui était mouillé dans 
la rivière Lixa. Le commandant de l'expédition se contenta 
de faire attacher aux flancs de ce navire trois chemises sou- 
frées, qui malheureusement ne brûlèrent pas, et il sortit de 
la rivière sans même attendre le résultat de cette opération. 
Le 28, la division entière ouvrit son feu sur la ^e qui 
fut bientôt abandonnée. Le soir, li embarcations entrèrent 
encore dans la rivière, mais cette fois sous un feu très-vif 
de mousqueterie qui partait du rivage. Cette fusillade n'ar- 
rêta pas les Français; ils atteignirent le navire et le livré* 
rent aux flammes. Enhardi par ce succès, le capitaine Beau- 
regard ne tint aucun compte de l'exaspération dans laquelle 
les bombardements réitérés de la division avaient jeté les 
Marocains; leur nombre, toujours croissant, couvrait les 
deux rives de la rivière, et il continua à la remonter pour 
détruire un autre navire qu'on apercevait à quelque dis- 
tance. Les balles pleuvaient littéralement sur les embarca- 
tions. Dans quelques-unes, les bommes furent tous» ou 
tués ou blessés assez grièvement pour ne pouvoir plus ma- 
nier les avirons. Ces embarcations allèrent en dérive. Sept 
furent jetées à la côte où leurs équii)ages furent tués ou 
laits pL isunniers ^ le capitaine Beauregard eut la tête tran- 
chée dans sou canot ; 300 hommes manquaient à l'appel qui 



i .-.iW, Mlle mIul-c a lio milles eniiroD du dèlroit de GibralUr, «ir la 
• '.[:• u ridcntale du Maroc. 

-. I^rracLi*, mIU' mIu«o ^ur I.i rôle occiu«'nlali> du lliroc, i QM MiuwUÎM 

do riiiii ^au Fiuril do S,ile 




BATAILLES.— 1770. 437 

fut fût au retour des embarcations. L'expédition n'eut pas 
d'autre suite. 



ANNÉE 1770. 



Une expéditon dut être dirigée, en 1770, contre une 
autre puissance barbaresque à laquelle la France avait de 
nombreux griefs à reprocher. Cette fois, c'était au bey de 
Tunis qu'elle allait demander raison de sa conduite. Le ca- 
pitaine de Brèves, qui reçut cette mission, mouilla devant 
Biserte, le 30 juin 1770, avec 2 vaisseaux, 2 frégates et 
2 galiotes à bombes; qurlqties galères et galiotes de Malte 
se joignirent à lui. La division française canonna et bom- 
barda altemativpment Biserte et Suza et se rendit ensuite 
au mouillage de Tunis. La leçon avait profité : le bey offrit 
de signer de suite les préliminaires de paix. 



FIN Dl PRKSIIER VOLIMK. 



^ 



52' -Î5 






< 

03 



I ^ 

'^.$ 



{5 



►5; «î: '.? ^ 



tO *»■ - 






(•i •• 



f$ ^; ^ -^ 



^'. <X3. -r^ ^ 



4 



^ 



4 



■¥ A~ 



k 



4 ^ 



%= % 



àr 

A 



W * îî 



4 ^4 



% 






^ â i^ % 

I lis. 



^4 



ÛK 






': ^ 






— Oj 



.A ? ^ ^: 

-^ 5 4 *• 
•«• T; ^': »* 



.1 






4 

4- 



4 



4 



^U^ 



4 



4 



<1 



a\ 









4 



# 



4^ 



^ 



^ 



4 
4 



>r 



4^ 



4^ 



V 










.^ 



i 



♦ - •- 



>j r*" *> - 






i 



•4 
I 

. k 

I : 
% 



•ê 
f 



î 







c^ 



'^^l 



■:,'^ 



/ 



> ' 



,/> 



ilil||*J 



I 



•f 
i\ 



t2 ^-^ 



OQ 



'•^ ^ \^ ^ 



trt •»• 






8 !i 



4 



4 



^ 






^K ;^. 



* 
* 



4 4 






O 



? » ï» 






II 



A4ù^ 






f-, oc. o ^ 



4 



~ ?i 



;;!: 



.^^ ^ i« - 

■> S 4 ••; 

•O f; >^' «- 






^"^ *, 



% 
^ 



4 



A 



J^ 



^ 



4 



4 ,-^'\ 



-^ 



y 



4 
1 






> 



\ 



J 



\ 



4 



»-• 



\ 



\ 
I 



I 



•>ê r*- --r 



t 



I 




TABLE DES MATIERES 



■^:eîe 



Page*. 

AVABl-^ivipOS V 

IftIrodBCtiol 1 

P(«C« ft«r rartillerie 6 

CUi»ifi€4ition des bâtiments do guerre franrai» et anglai:» ; compOHtion 

de leur artillerie H 

Mariae des Gaolois 59 

ANNÉt: 520. 
Combat sur la Neu^te il 

A>NÉE 755. 
CMibat dau la Frise 41 

MiStE 771. 
La BarîM Mai Cbarlema^oe 4S 

A^NEE 814. 
La aanaa iom Louis le Débooaaire et ses snccessonn 41 

A.NNEE 987. 
La ■uhae soas le» premiers rois capétiens 4t 

ANNÉE 106i. 
La Mahae soos Pbilippf I" 4S 

ANNEE 1149. 
l/NÛs VU. En^apemont de la flotte (ram à\-e r[ di* li floUt* de<^ (iiec!>. . . 45 




440 TABLE DES MATIÈRES. 

ANNÉE 1190. 

Départ de Philippe Auguste pour la Terre-Saiute. Son retour on Fnace. 45 

ANNÉE 1914. 
Combat entre la flotte française et la flotte anglaise à Dam 44 

ANNÉE 1916. 

Combat entre la flotte française et la flotte anglaise dans la Manche. ... 45 
Tactique suifie pour Tattaque 4ê 

ANNÉE 1948. 

La marine sous Louis IX 47 

Débarquement des croisés à l'embouchure du Nil. ~ Engagement avec In 
flotte égyptienne 4S 

ANNÉE 1970. 

Autre croisade 4S 

Philippe m. Expéditions contre les Maures 4S 

ANNÉE 1985. 

Philippe le Bel. Prise du fort de Boses. . v 49 

Combat de la flotte française et de la flotte espagnole 49 

ANNÉE 1995. 
Engagement de natires français atec des naTiret anglaif. 49 

ANNÉE 1995. 
Attaque de 111e de Ré par les Anglais 50 

ANNÉE 1996. 
Attaque de la TÎUe de DonTres 50 

ANNÉE 1504. 

Combat de la flotte française et de la flotte de Flandre à remboecbnra de 
l'Escaut * 51 

ANNÉE 1598. 
Philippe de Valois. Projet de croisade 51 

ANNÉE 1540. 

Combat entre la flotte française et la flotte anglaise dans la Manche. ... 59 
Sac de Portsmouth et de Guernesev 5i 

ANNÉE 1530. 

Combat entre la flotte française et la flotte anglaise & l'Éclnse 5i 

Observations sur ce combat. 

Manières diverses de combattre 

ANNEE 1549. 
4îombat entre la flotte française et U flotte anglaiiie devant Gaemesêj. . 




TABLE DES MATIÈRES. 441 

ANNÉE l.U«. 

Pft|if. 
DtMtitt des Anglais en France. Engagement deyant Calais. Prise de 
celte fille 60 

ANNÉE 157S. 
CombaU entre la flotte franraifte et la flotte anglaise de? ant La Rochelle, flo 

ANNEE 1377. 

Blorw de la Rochelle 61 

Uéhan|iiements en Angleterre 61 

ANNEK I38A. 
Charles VI. Anoementf contre TAngleterre 61 

ANNEK 1587. 

4A>aihats entre la flotte anglaise et cpIIc des Flamands dans la Manche. . 6t 
Coflihal ealre la flotte de Normandie et la flotte anglaii^e 6S 

ANNEE liOS. 
CMBhal, près de Saint-Mathieu, entre des vaisseaux français et anglais. 6S 

A.NNEE 1405. 
Coahat taire des vaisseaux français et anglais 65 

ANNEE 1457. 
La aarine sovs Charles VU et sous Louis \1 64 

ANNEE 1494. 

Charles VIII. Prise de Rapallo 64 

Preanier emploi des canons 64 

ANNEE 1901. 
Expédition rentre Mètelin 64 

ANNEE 1516. 

Comhat, i l'entrée de Brei^t, entre la flotte française et celle de* Anglais. 65 

Le vaîff^au la Cordeiirre 60 

Le capitaine Por»mogtter 67 

ANNEE 1515. 

r«omhal, dan« Ia haie des Blancs Sahlons, entre des galères françaises et 
des hâtimeatfi anglais. 67 

ANNEE 1514. 
Comhal devant Nirr 611 

ANNEE 15111. 

Comhal contre la lotte d'Espagne auprès de Se»tn 06 

Comhal entre la flot tr frin(ai«p et r^Wt d<* Natale*. . . 70 




TifalB Deb MÂTlkkÉiS. U3 
ANIMEE iess. 

pédêoAkm de gierr* à l'Eipâgne tî 

ëê eelte gierre 87 



ANNEE 1656. 

iMlriettoBf do roi 89 

Pnjot d'atUqne des lies Lériot 81 

EiiiigeBett de tiissetox françaiê avec dee galères espagnoléi. 81 

ANNEE 1657. 

Mae de la nlle d'Oristan en Sardaigae t • • • • M 

Frise des Iles Lèrins 88 

ANNEE 16S8. 

Mecos de Footarabie 85 

AttaqM de l'armée espagnole à Gatlary 84 

GeaM de galères, lastnictioa da général 85 

ANNEE 1658. 

AffaritieB de farmée laTale deyaat la Corogne 86 

AtUqie de Saint-Oigne et de Larrède 86 

Destrâctioi de deix galions dans la Colindre 88 

ANNEE 1640. 
GHiibal eatre la tette française et la lotte eepagaole doTaal Cadii. ... 88 

ANNEE 1641. 

Blecas de Tarragone 88 

l>èkarq«enent aax Alfages 100 

lagagoMeals de galères 160 

EagagoBeat a? ec la flotte espagnole 100 

ANNEE 1645. 

Loois XIV. ComlMt entre rarmée latale de France et celle d'Espagne 

dotant Gibraltar 101 

Aatre combat devant Carthagèie 101 

ANNEE 1646. 
Blecas d'Orbitelle. Combat entre rarmée fraaraise et l'armée espagMM. 188 

ANNEE 1647. 
Combat entre l'armée naTale de France et celle de Naples 166 

ANNEE 16St. 
Combat d'noe flotte française contre «ne anglaise 164 

année: 16&4. 

pAit de \\>«tpbalic 104 

Combat enlr^ larmèc nafile «1» France et relie d l>pagne aapre« d« lUr 
crionc 104 



k 




444 TABLE DES MATIERES. 

ANNÉE 1665. 
Croisière de la dî?isioD da commandeur Paul lOi 

ANNÉE 1664. 
Attaque de Gigeri 196 

ANT^E 1665. 
Croisière de l'escadre de Tamiral de Beanfort 166 

ANNÉE 1666. 

Déclaration de guerre à l'Angleterre 167 

Sortie de l'armée Davale de l'amiral de Beanfort 107 

Combat auprès de l'Ile Saint-Christophe 109 

ANNÉE 1669. 

Attaque de la ville de Candie 109 

Instructions du roi lU 

ANNÉE 1670. 
Blocus de Tunis 116 

ANNtX 167«. 

Déclaration de guerre à la Hollande Il* 

(loup-d'œil sur la tactique navale 117 

Instructions du vice-amiral d'Estrces 119 

Bataille navale, dite de Soutliwood, entre l'armée française et l'amée 

anglaise 1S3 

Observations sur cette affaire 1<9 

ANNÉE 1675. 

Bataille navale entre l'armée anglo-franraiso et Tannée des États. ... 151 

Engagement entre ces deux armées 157 

Deuxième bataille entre ces mêmes armées 157 

Knquéte sur cette dernière bataille liO 

ANNÉE 1674. 
Exactions des Hollandais sur les côtes de France Ii5 

ANNÉE 1675. 

Bavitaillement de la Sicile 145 

Combat d'une escadre française et d'une escadre espagnole dans le Nord 

de la Sicile .* 147 

Knvoi de renforts à Messine 146 

Croisière de l'escadre de l'amiral de Vivonne 146 

Kxpédition contre Barbette 149 

Knlévement de la frégate la Gracieuse par des galères napolitaines. ... 149 

Attaque de Beggio 149 

Prise d'AgosU 150 

Sortie d une division avec le lieutenant général d'Alroeiras 151 

ANNÉE 1676. 
Bataille navale entre l'armée franraise et l'armée hollandaise dans le 




TABLE DES MATIÈRES. 445 

N»rd 4e U Sicile 153 

OtoenratioDS tor la lactique de Tépoque 155 

Lettres da lieoteDaot général Duqoesne au ministre de la marine 156 

RataiUe aarale, dite d*Ago$ta,entre Tarmée française et Tarmêe liollando- 

tf^agBole /....' 157 

Attaqua de l'armée hollando-espagnole à Païenne 163 

HeftmctioD do fort de Roca 16i 

IMpart d'ine partie de l'armée navale 165 

Attaque de quelques places du liUoral 165 

Prise de Cayenne et de Tabago par les Hollandais.. 165 

Déprédations commises par une escadre hollandaise 165 

Eagaf ement do taisseau V Apollon avec uno divii^ion liollaDdaisc 1G5 

Cajeaae est reprise par les Français 166 

ANNÉE 1677. 

Attaqoa de la Tille de Tabago 166 

Combat d'one division française et d'une division hollandaise 169 

Prise des lies d'Arguin et de Gorée 170 

Deuième attaque et prise de Tabago 170 

ANN£E 1678. 

CtaraatîoB de la Sicile 17i 

Naufrage de l'escadre du vice-amiral d'Estrees 17i 

Causes de cet événement 17S 

Pati de Nimègue 17S 

ANNÉE 1681. 

Attaque de la ville de Scio 17S 

ANNÉE I68i. 

Bombardement d'Aller 17i 

ANNEE 1683. 

Bombardement d'Alger 177 

ANNEE 1661. 

Bombardement de Gènes 170 

Combat do vai»»eaa le Bun contre de^ galères 181 

ANNEE 1685. 

Bombardement de Tripoli 181 

ANNEE 1688. 

Combat do vai»»eao le Content et de deui frégates contre deux frégates 

espagnoles 11(3 

Boaibardement d Alger 188 

DMiaratioB de guerre à U Hollande et à l'Empire 188 

Combat de la frégaU la RatUeute tlduChet<ti'Mann 188 

ANNEE 1689. 

DoclaratioB de guerre a la Hollande, a l'Espagne et à l'Angleterre 188 




446 TABLE DQIS MÂTIËIIES. 

PlIM. 

Départ de Jacques II pour l'Irlande 190 

Combat, dit de Bantn-, entre les armées navales de France et d'Angleterre. 190 

Combat entre une division française et une dftisioo hollandaise. . . . 1 . 191 

Entrée à Brest de Tarmée navale du liéateiiabl général de TovTÎ|le. . . 19S 

Croisière de cette armée ' .'..'...« 19S 

Combat du vaisseau le Marquis. Prise d'un vaisseaa anglais 19ft 

Conibat des frégates la Hailléuse et les Jeux contre denï Valséeux angUii. 191 

B&liments pris, détruits ou naufragés pendant Tannée.' .'. .\ .'...'. . 19T 

ANN^IÏ; 1690. 

Combats entre l'armée française et Taraiée angle-hoUandiist duM la 

Manche 19T 

Coup de main sur Tinmouth Ml 

Envoi de troupes en Irlande. Rapatriement tOt 

Départ de la division du lieutenant gévéril de Ghateaurenaait pou Brest. •M& 

Obiervations sur la relation anglaise • im 

Bâtiments pris, détruits on naufragés pendant l'aniiée • . iOft 

ANNÉE 1691. 



)• • 



Croisières. Prise d'un vaisseau anglais et d'une frégate 

Bombardement d*Oneille ..'....'. 907 

— de Barcelone • 107 

— d'Alicante lÔ} 

Prise de deux vaisseaux anglais et de leur convoi par la ({ivisioi d« ca- 
pitaine Jean Bart 107 

Attaque d'un convoi hollandais par la division du capitaine Jean Bart. 

Prise de deux vaisseaux de l'escorte 107 

B&liments pris, détruits on naufragés pendant l'année 106 

ANNÉE 1691. 

Bataille de la Hague 109 

Suites de cette baUille ItS 

Bâtiments pris, détruits ou naufragés pendant Tannée 117 

ANNÉE 1695. 

Attaque d'un convoi anglais par Tannée navale du Baréchal de Tonrville. 

Prise de trois vaisseaux de Tescorte 119 

Attaque de Saint-Malo par les Anglais M 

Descente sur la côte d'Angleterre 

Bâtiments pris^ détruits on naufragés pen4aiit l'année. 

ANNÉE 1694. 

Combat de la division du capitaine Jean Bart avec une division hollandais!. 

Prise de 5 bâtiments de guerre et de SO navires du commerce ipi 

Croisière de l'armée du mwéchàl de TotitTiHe sur li c6tè d'Eqiagne. . . iÊH 

Débarquement des Anglahi à Gamaret. .'.•'... IHb 

Bokfabardement de Dieppe par les Anglais ; . . . Éb 

— du Havre îtt^ 

— de Dunkerque M 

— de Calais HO 

Combat de la frégate la Bouffonne contre six bâtiments hollandais. ... HT 




TABLB DES MiTIËRES. 447 

Pag«t. 
GiSlMt en TaiiMaM le Téméraire avec on TaîMeaa anglais et one (régate. tt9 
BâtisMlf fti», détruits en oaufrigés pendant l'année tlt 

ANNÉE 1695. 

CtBbtt des vaisseaux le Citent et le Trident contre six Taissêanz an- 
glais tso 

Boaltardement de Saint-Halo, de Granfille, de Calais et de Dankerqne 
fu les Anglais tSl 

Blliaients pris, détruits on naufragés pf ndant l'année tff 

ANNÉE 16M. 

BoAtardenent de Calais SSt 

Attaque des Iles Houat. Hœdic et de Croix par les Anglais tSf 

- de Saint-Martin de Ré et d*01onne tSt 

Coaitet de la dîTision du capitaine Jean Bart contre une division hollandaise. 

Destruction d'un convoi tSi 

Cetibat du vaisseau le Bon avec un tâtiment hollandais tS4 

Uthuents pris, détruits ou naufragés pendant Tannée SS4 

ANNÉE 1697. 

Biféditiott de Carthagéne tSS 

Engagement de la division du chef d'escadre de Pointis avec une division 

anglaise SS7 

Paix de Rpwick «T 

iâtteents pris, détruits ou naufragés depuis Tannée lt99 jusqu'à 1691. . ttt 

ANNÉE 1702, 

L'Angleterre. l'Allemagne et la Hollande déclarent la guerre à la France. tS9 

CfUésiere de la division do commandant de Forhin dans TAdriatiqif . . . têê 

Enlèvement du vaisseau zélandais la Licoa^a par des galères iéO 

Destruction de Tannée f^an<;al^e à Yigo til 

Engagements de la division du capitaine Ducasse avec une division anglaise. t44 

Bâtiments pris, détruits ou naufragés pendant Tannée fîS 

ANNÉE 170S. 

Attaque d'un convoi anglais par la division du capitaine de Saint-Pol. 
Prise de deux hitiments de Tescorle u% 

Attaque d'un convoi anglais et hollandais par la divition di chef d'esca- 
dre de Co^tlogon. Pn^^e de cinq hitiments d'escorte fié 

Attaque d'an convoi de pécheurs anglais par la divuion du capitaine de 
Saint-Pol. Prise détruis hAttment« de TeK^rte 147 

Prfse du vaisseau le Htuardeus par une division anglaise fit 

BâtuMuts pris, détruits ou naufragé» pendant Taanèe tét 

ANNEE 1701. 

Attaque d'un convoi hollandais par la dni»ioo du capitaine de Saint*Pol. 
Pns« d on dei hitiment» de TsKorte 14t 

Attaque d'un lotre convoi psrla diii»iun du capitaine de Samt-PoL Enlè- 
vement de Tetcorte fit 

Bataille, dite de Malaga, entre Tarmee navale de France et celle d'Angle- 
terre et de Hollande tl9 

Bitoenu prit, dètnuu ou Muifragés pendant Tainé«. MB 




448 TABLE DES MATIÈRES. 

ANNEE I7<». 

l'a;» 

HlocDs de Gibraltar. Combat de la din^iOB do chef d'escadre de P«ûiti$ 

contre une division aLç!aii« îîi 

BdlimeoU pri?, détruit* ou naufrages pendant l'aettée . . i&" 

XySEE 1706. 

Attaque d'un conroi hoUandaif par la dj^ifioB di ca^ftaise de For^u. 

Prife d'une partie de lejcorle iiT 

Bâtiments pri<, détruits ou naufra|;é« pendant l'aoïiée tS^ 

ANM:E 1707. 

Attaque d un cootoî anglais par la diTi«ion do capitaine 4e FotM». Prise 
de deux vai^^eaux et de Tiogt-denx navires. 

EnlèTcment d'un convoi anglais par les divisions do cipitaioe Digsaj- 
Trou in et do chef d'escadre de Forbin. Prise de la nMJeore partie de 
l'escorte , 

Bâtiments pris^ détroits oo naofragês pendant rannée 

ANNEE 1708. 

Cooibat de la frégate la Théiis contre deox vaisseanx «Aglais. iH 

AN7ÇEE 1709. 



Engagement de deox vaisseaox avec one divl^ion anglaise 

Prise de la frégate Fo»x\ 

Expédition do capitaine Parent sor la côte de Gambie MS 

ANNÉE 1710. 
Coiobat do vaisseao le Superbe et do vaiss^eao anglais kcrr Mk 

ANNEE 1711. 

Combat do Taisseao le Toulouse M4 

ANNÉE 171Î. 

Prise de San Yago, des lies du Cap -Vert, de l'Ile Montserrat, uie des 

Antilles. Attaque de Surinam par la division do conunaiidaat Docasse. • S6S 

Paix d'L'trechl M& 

Bâtiments pris, détruits ou naufragés pendant les années 1708, 1700^ 1710 

et 1711 MS 

Situation de la marine en France a la tin du rcgue de Louis XIY tt€ 

Aperru sur la tactique navale M6 

Cooibats de Duguay-Trouin Si7 

Eipéditioo de Riu-Jauciro S70 

Li>te des bâtiments pris, detruit^ et naufragé> pendant cette guerre. . . . S77 

Parallèle * «79 

ANNKK 17i5. 
Prise de la ville de Mabe SK 

ANNEE 17i8. 
Kipéditiou de Tripoli 117 




TABLE DES MATlfiHKS. 449 

ANNKKI7H. 

PHm. 

de l'Europe M7 

EiYoi d'oBe escidre aax Antilles S88 

Ettga^emeot d'one divUion franraii'O et d'une d.\iHOii aoKlaUe S8S 

Ifaafrâf e du vai^Mau le Bourtton 989 

Eaf(i^eBeni d'une division française et d'une divi->inn anglaise <H9 

ANNÉE I7(i. 

Conkat dit de Toulon, entre une escadre française et espagnole et une 

armée anglaise S90 

Déelaratioo de guerre à l'Angleterre SKm 

Projet d'expédition en Irlande S96 

Sortie et croisière de deux escadres S9C 

Priso des corvettes anglai»es Solebay, Scafuru et GRAMprs 197 

BAtÔBents pris, détruits nu incendies pendant l'année t»fi 

ANNEE !7i5. 

Prisa de la corvette VÉièithaut 996 

— de la corvette la Panthi^re 998 

— de la frégate anglaise A.Nf^LCiCA 998 

— des corvettes anglaises F «ix:o!f, Ri.ANnFoRD, Woi.r et MERCi'aY . . 298 

— do vaisseau le Viyilant 998 

Attaque do llle anglaise l'Anguille 999 

— do convoi du vaisseau le Mngnatnmf 299 

Prise do vaisseau anglais NonTHmnr.RLAXD 999 

Bâlineots pris, détruit<« ou naufragés pendant l'année. . tVmi 

« 

ANNEE 1746. 

EogageoMUt d'une division fr.io<;.iiM« avec une division anglaise SOI 

Le» vaisseaux de la tlompagnie de<> Iodes S09 

Cooil>at d'une division frao* aj«e et d'une division anglaise dans la mer 

des Iode* SOS 

Prise de Madra» S0& 

Naufrage du vai!*seau de la (Compagnie le Ihw ti'Orifans SOS 

Cooilftat de U frégate la V*»lngf et du vat%«eau anglais Stirli!«6 Castlk. SOS 

Comlftat du vais!»eau l'/luyu*/' et du vaijtiirau anclai« PoaTLA>u S4V7 

Pnse du vai^^eau-traofport la Fn //#♦ SOT 

(lomlMt du >ai«»eau Ir l/<ir«i>tilu \.ii«««*,iu iin;:iji'» Nottim;hau SOT 

— > du vats*eau le Sf-ftitur. |*ri»e du T.ii«»eau aoglai«Sr.>iii>. . . . SOT 

Attaque de la ^ille de Lorient par lr«AngUi» SOT 

UeMrortion du vaisseau \'Ani*'nt S08 

Pn«« de» lle<^ Houat et lliHic par les Anglais S08 

— de la (reuate la Suhtiir SON 

— de la conette anglaise A ihan^ S08 

tlombat de L frégate ^^.^/l'>lll'f^^ «•! liu \4i«*eau angUi« llitu^i i . . . 308 

Prt»e de la (unettr angUi<^ ll(tiiM I ... .VMI 

Pn*e de l'Ile Royale par le« An^l n*. . . ... S08 

Eovoi d ooe encadre pour repreodri* i cllr lli* S09 

Pn*e do vai>srau h«ipit4l le yrt^urr SIO 

lUtimeol* pn«. drlruit« ou locendif « pendjbl I annrt* ... SIO 

I i«^ 




450 TABLE PES MATlfiRBS. 

ANNÉE 1747. 

Combat d'ane diYÏsion française conire ane armée anglaise. • • . « t • « Ml 

— d'ane escadre française contre une armée anglaise. »,,.•.. Sl€ 

Prise de la frégate le Castor Slt 

Attaque d'un convoi français. Destruction du f aisseau VÉioiU, ^ , • , . Slt 

— d'un conyoi français , . . . • Slt 

Combat de la frégate la Renommée et de la frégate Dotki Stt 

Engagement du vaissean le Magnanime ^^^ deux Taisseaox anglais. . • SIf 

Guerre de corsaires SiO 

Bâtiments pris, détroits ou incendiés pendant l'année IM 

ANNÉE 1748. 

Traité de paix d'Aix-la-Chapelle ii| 

Gembat du Taissean le Magnanime contre deux vaisseaiix anglais, . \ . lit 
Engagement de la frégate le Due de Cumberland avec «n fâissenii 

anglais 3i3 

Bâtiments pris, détroits oo incendiés pencUet l'année 32i 

Récapitoiation générale des bâtiments pris, détroits oo incendiés de 1744 

à 1748 itS 

Pwalléle » 

ANNÉE 17&5. 

Sitoation respectite de la France et de l'Angleterre « . t . • Sii 

Commencement des hostilités sor mer SSS 

^rtie de la diiision do lieotenant général Macnémara. Sii 

Départ de l'escadre do chef d'escadre Dobois deLamotte pour le Canada. Sff 

Combat do yaisseao VAlcide contre deox vaisseaox anglais 398 

— do Taisseao le Lyt contre deox taisseaox anglais Si8 

Sortie de la division do commandant Dogoay Stt 

Prise de la corvette anglaise BLAnFonn 

Combat do Taisseao armé en flûte VStpérance et dn faisseao anglais 

OxFoan 

Engagement do Taisseao armé en flûte VOpiniâtre arec one frégnie 

anglaise 

iâtiments pris, détroits on naolragés pendant l'année 

ANNÉE 17M. 

Combat de Mahon." Uê 

Prise de Mahon et do fort Saint-Philippe SSS 

Déclaration de goerre à l'Angleterre SU 

Rûle de combat d'un yaisseau SSft 

Engagement du ? aisseau le Héros avec deox vaisseaix anglais. ..... Wl 

Appréciation de cette affaire S57 

Combat de la frégate VAUdnnte. Prise du Taisseao anglais WAnwica. . SS8 

Prise du vaisseau VArc-en-Ciei , SSt 

— de la frégate le Chariot royal SSt 

Eugagement du vaisseau \ Aquilon et do la frégate la Cybèk afec wi 

vaisse.au anglais et une frégate SS9 

Prise du vaisseau anglais Grlenv^ich S40 

IWtimcnU pris, détruits ou naufragés pendant l'année Sig 




TABLB DES MAf lËREiS. 45« 

ANNÉE 1757. 

ilÉtrt de l'eteadre da lieutenant général Dabbis de Lamotte peur Loiiif- 

Uu% M 

Mtitiov ds chef d'escadre de Beaafremont S4| 

inent de la diyision da commandant DareTest ti% 

en France de l'escadre du lieutenant général Dubois de Lamotte. i^iS 

ligaf eneot do Taîsssau le Diadème et du vaisseau anglais VAKcniai». SIS 

felfmetaUon des comptoirs anglais de la côte occidentale d'Afrique. . . . Sii 

GMDbat de la difiiiion du comnandant de Kersaint SU 

— de la frégate VEmemude contre une frégate anglaise S4S 

Prise de l'Ile d'Aix par les Anglais 546 

GoMbat da la frégate la Bennkise contre la frégate anglaise U5icor5. . . S47 

Prise de la frégate VHermionn $47 

Perte di vaisseau VAquiioa Z^^ 

BilMMits pris, détruiU ou naufragés pendant l'année S47 

ANNÉE 17511. 

Mpart de la division du chef d'escadre de Laclue pour les Antilles. . . Si$ 

St relâche en Espagne S4f 

DHtsioB do commandant Duquefoe S4f 

CMibat do vaisseau VOrfJtér contre deux vaisseaux anglais li$ 

ÊMbbat do vaisseau le FoudroyatU contre le vaisseau Moviiuito. . . . S51 

Prise de la frégate le Rhinocéros 55)1 

Engagement de la division du commandant Ducbaffault 5&5 

lUUche do vaisseau le liellufueux en Angleterre 554 

C^ftdoite do gouvernement anglais ilan> rette circonstance S54 

^4part de la division du chef d'escadre d'Acbé pour llnde 555 

CMibat devant ftoodelour • S5T 

Haafrage du vaisseau le B^en-Aitm^ . S50 

Prise do fort Saint-David S5i 

(iMibat devant NeKapalam S90 

IM»or de la divition navale à 1 Ile de France Stt 

Ceabat de la frégate la Galnthér contre den\ vaisseaui anglais B$S 

— do vaisseau le Hainunnaà/^ contre deot vaisseaux anglais. . • . StS 

ExpédiliMi des Anglais contre Canrale SiS 

Prise de la frégate la Gwrlatide S«5 

Expédition des Anglais contre Cherbourg 8t5 

MCaite des Anglais à Saint-Cast 366 

Cwttbat do vai*4eao le Palmier rt do vaisseau anglais DaKAnffoocoT. . . 567 

Prise de la corvette anglai«e St(»«k 567 

CMbbat do vais«eao le FlnHi^nni contre on vaisseao anglais 567 

Prise de la fregats anglaise Wi^rstLSEA 566 

— de Saint-Loots do Sénégal par les Anglais S6I 

^ de Corée par les Anglais. • 866 

Altaqoe et capitolatioo de Looisboorg 566 

fUtUoentspns, détroits et naofragé^ pendant l'anBée 571 

ANNÉE 1759. 

IMipcrséoa de l'escadre do chef d'escadre de l.aHoe 576 

Coabal do vaisseao le Ctniaurf S75 

lagagoMeol des vaisseaux rtteétm, le C$mrrrttT et le Sonfero/n S7i 

Autre tgigeuwut du vaisseau le Stmverum 575 

Prise du vaisseau le Tém^nitrt S76 




452 TABLE DES MATIÈRES. 

Destruction des vais^seaux rOc<*aw, \e Redoutable ei\e Modeste S7« 

Réparation donnée par l'Angleterre S76 

Convention pour la sortie des vaisseaux entrés à Cadix 377 

Observations. S77 

Projet d'expédition en Ecosse 579 

Ordre du jour du maréchal de Conflans S81 

Bataille de Quiberon S85 

Lettre du maréchal de Conflans au ministre de la marine 585 

— — — au duc d'AigaiUon iOl 

Ordres relatifs aux vaisseaux de la Vilaine inS 

Naufrage du vaisseau VInflexiUe 404 

Désarmement des vaisseaux de la Vilaine 403 

Prétentions de l'amiral anglais 405 

Questions de droit soulevées par ces prétentions 405 

Combat devant Porto-Novo ^ffl 

— du vaisseau le Flot^issant contre le vaisseau anglais Bcckikgbam. 41 1 

— de la frégate la Beliore contre la frégate anglaise Vestale. ... 4tl 

— des frégates la Pléiade et V Oiseau contre trois vaisseaux anglais. 41 S 

Bombardement du Havre par les Anglais. 415 

Débarquement des Anglais à la Martinique 415 

Division du chef d'escadre Bompard. 414 

Prise de la Guadeloupe, des Saintes, de Marie-Galante et de la Dèsirade. 414 

BAliments pris, détruits ou naufragés pendant Tannée 414 

ANNÉE 1760. 

Tentatives pour sortir les vaisseaux de la Vilaine 41S 

Antagonisme des officiers des deux marines 4U 

Expédition du capitaine Thurot en Irlande 417 

Combat de la frégate le Maréchal de Belle-isle 4!i0 

Prise des frégates la Blonde et la Terpsirhore 4iO 

Etat déplorable de l'escadre de l'Inde 420 

Prise de Pondichéry et des autres comptoirs de l'Inde par les Anglais. 421 

Expédition du maréchal de camp d'Estaing à Mascate et à Sumatra. ... 421 

Prise de la corvette anglaise Penguin 422 

Engagement des frégates la Malicieuse et VOpale avec deux vaisMau 

anglais 422 

Engagement du vaisseau le Diadème avec un vaisseau anglais et ane 

frégate 422 

Prise de la corvette anglaise Virgin 425 

— de la corvette Virgin par un vaisseau 425 

Combat de la frégate la Sirène et de la frégate anglaise Boreas 425 

Destruction de la frégate la Fleur de Lys 424 

Combat de la corvette la Valeur et de la frégate anglaise Livbly. . . 424 

BAtiments pris, détruits ou naufragés pendant l'année 424 



ANNEE 1761 
Sortie des vaisseaux et des frégates de la Vilaine. 



Combat de la frégate la Vestale et du vaisseau anglais rpticoni». . . 

— de la frégate V Aigrette et de la frégate anglaise Sea Hok^b. 
Engagement de la corvette VHt^hé avec la frégate anglaise FcaroiiE. 
Combat de la frégate la Félicité et de la frégate anglaise RicavoHO. 

— du vaisseau armé en flûte Warwick et de la frégate anglaise Mi- 
NtKVA . , 4i7 



425 
426 
426 
426 
426 




TABLE DES MATIERES. 453 

Pagti. 

Ctabil de là frégale U Brune coDire deux frégttes anglaises iiT 

~ da Taisieau VAchiileei do Taisseau anglais TauNDUEft it7 

— de la frégate la Bouffonne et de la frégate anglaise Tuetis. . . 418 

Prise de la frégate la Comète 4» 

— de la conrette le Faisan 4t8 

GMibttt dn f aisseau armé en flûte VOriflamme et de la frégate anglaise 

Is» 4S8 

Prise de Belle-lsle par les Anglais 4t0 

Attaqie de IHe d'Aix 4t9 

Prise de la Dominique par les Anglais 4t9 

' de Mahé par les Anglais 4S9 

Bâtiments pris, détruits ou naufragés pendant l'année iS9 

ANNÉE 176S. 

Traité de paix avec l'E'pagne, Parme et les Deux-Siciles 4S0 

Usie des vaisseaux donnés au roi .... • 4S0 

Prise de la frégate la Guirlande 431 

Coakat de U frégate VOiseau et de la frégate anglai^e Itai^r. 4St 

Prise des Iles U Martinique, Sainte-Lucie, la Grenade et lr^ Grenadin». 431 

Destruction des établissements anglais de Terre-Neuve 431 

Prelininaire^ de paix ... 43i 

Conséquences 4u traité de Paris 43S 

BâliBcnts pris, détruits ou naufragfs pendant l'année 43i 

Récapitulation générale des liâtiments pris, détruits ou naufrages de 1733 

à l'aonre 17W 433 

Parallèle 433 

ANNEE 1765. 

expédition de Salé et de Larrarhe 43S 

ANNEE 1770. 

BomlMrdemeat de Bixerte et de Suia 437 



UN IlE LA I \I»LK hUS MATIERES. 




BRRATâ. 



Page 66, ligne 3t de la oole, au item de Pottiiagiévr, iUn : ^itiiH|Mi. 

— 1S6, — iy 011 iieu de toat, lUez : Ëli tout 

^ 143, — 6, ati lieu de ilf •■ dian^^^Mt totif ItiK é% nito, lieet s 

toui deux ea ehangènal datx à% wte. * 
-^ 161, — aTanUderaièrey au lieu de les TaisiMiXi Uêea i wm fiiitem. 
^ 163, " 9 da texte, au lieu de était fenié» lien : élill imié* 

— 176, — 3* au /l^ de BariMuuM, liée» e Bakaiai* 

— iftft» — f , iM /lai «lé la Hoguè, ICiet .* là llgUi. 

— 14i, — li, au lieu de à antre, lisez : à Taotte. 

— i3i, — aTaot-deroière de la note, au lieu de da projeélilae, lisez : 

des projectiles. 

— 36S, — li de la Dote au lieu de doo èUit, lisez : dont il étaU. 

— 267. — 8, au lieu de régime, lisez : régne. 

— 315. — 6. de la note, a» lieu de qnl ressenblAt, /t«ez:qu res- 

sembla. 

— 4iJ. — 7, au lieu de 768, lisez : 1762. 



tarit. — Inpiimé ptr B. Tauiiofr tt C*. hm ftisiM, Il